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Hellfest 2010 : compte-rendu du vendredi 18 juin


Festival : Hellfest 2010
Lieu : Clisson
Date : 18-06-2010 (vendredi)
Public : 20 000 personnes environ

Comme chaque année depuis sa création, Radio Metal propose à ses lecteurs un live report détaillé du Hellfest. Retrouvez les analyses de notre fine équipe présente à Clisson lors de cette cinquième édition du festival. Par ailleurs, n’hésitez pas à vous référer à notre fil rouge proposé en direct les jeudi 17, vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20 juin pour redécouvrir nos interviews backstage, photos inédites et autres goodies exclusifs réalisés lors de cette édition 2010. Concernant le live report de Radio Metal, vous en avez l’habitude, un jour de fest est résumé par un article. On démarre aujourd’hui par le compte-rendu de la journée du vendredi 18 juin 2010.


Gorod

C’est à Gorod que revient la lourde tâche d’ouvrir le fest. Les bordelais – auparavant connus sous le nom de Goregasm – entament leur set alors que les portes viennent à peine d’ouvrir. Une grande partie du public est donc privée de « Disavow Your God », le titre imparable de technicité et de mélodie ouvrant à la fois leur dernier album « Process Of A New Decline » et cette édition du Hellfest. La première chose qui frappe, c’est le son assez brouillon de la partie mélodique. Les riffs sont difficilement audibles à cause d’un chant mixé trop en avant. Les compositions alambiquées du groupe ne s’apprécient pleinement que lors des passages instrumentaux où le travail des deux guitaristes devient vraiment écoutable. Malgré la relative jeunesse du groupe, ceux-ci occupent bien la grande scène sur laquelle ils se produisent. Benoit Claus (basse) et Guillaume Mertinot (chant) – dont le treillis et les poils au vent dénotent avec les bouchons orange fluo dépassant de ses oreilles – font le show en prenant souvent le public à parti. Public qui réagit d’ailleurs plutôt bien malgré l’heure extrêmement matinale du set. Samuel (batterie) n’est pas en reste car, avec sa casquette Spinal Tap vissée sur la tête, il semble s’amuser comme un gosse. Ses grimaces de singe et le sourire qui ne quittera pas ses lèvres contribuent à véhiculer l’énergie positive du groupe et à réveiller les plus embrumés. Niveau setlist, le groupe ne jouera que 6 morceaux, mais ceux-ci seront tirés de chacune de leurs 3 productions. La technicité, la bonne humeur et l’énergie du combo nous feront passablement oublier les problèmes de son. La percée du soleil en fin de set laissait quant à elle augurer le meilleur pour la suite de la journée. Fl-L


The Faceless

En ce début de Hellfest, à 10h30, le festivalier motivé mais embrumé a le choix entre aller voir le set vivifiant de Gorod en plein air sur la Mainstage 2 ou bien rester dans la pénombre de la Terrorizer Tent. Ceux qui ne sont pas encore bien réveillé auront préférés cette dernière option pour éviter d’être éblouis par la lumière du jour. Et il y a fort à parier qu’ils n’ont pas regretté leur choix, car The Faceless était là pour les recevoir en bonne et dû forme. Fort de deux albums de death technique de haute volée, les musiciens sont bien décidés à montrer ce dont ils sont capables sur scène. Ce qui frappe d’emblée est un très bon son, clair et précis, qui met bien en valeur les prouesses techniques de ces derniers, en témoigne une basse – tenue par Brandon Giffin, au look faisant penser à Ben Harper – parfaitement audible sans être surmixée. Puis on est très vite pris dans la variété des ambiances déployées, entre les riffs complexes posés sur des rythmiques bancales et les ambiances éthérées et futuristes à la Cynic avec, à l’instar de ces derniers, un effet vocodeur en prime sur la voix. Et justement, niveau vocal, la variété est aussi de mise. Derek « Demon Carcass » Rydquist assure un chant death puissant et Michael « Machine » Keene, guitariste de son état, se charge de quelques voix claires du plus bel effet. Au final, The Faceless a délivré un concert sans extravagances mais très organique, palliant au principal défaut de ses deux albums et qui pouvait nous faire un peu redouter cette prestation : la froideur. Souhaitons que le groupe parvienne à retranscrire cet aspect plus chaleureux et humain sur leur prochain album. Ils nous ont prouvé avec cette prestation qu’ils en étaient naturellement capables, alors il n’y a pas de raison. S-F


69 Chambers

Le Hellfest 2010 sera sexy ou ne sera pas ! Chez le quator suisse 69 Chambers, Nina attire tous les regards. Le charme de la chanteuse est absolu et embellit les compositions du groupe qui se rapproche du rock/grunge de Drain (« The Day Of The Locust ») et d’Alice In Chains. Au début de la prestation, alors qu’un élément du décor tombe à cause du vent, le son n’est pas top mais ce dernier s’améliorera au fil du show même si on n’entendra jamais vraiment bien Tommy Vetterli. Car oui, ce matin à la guitare, c’est bien Tommy Vetterli (ex-Coroner) qui assure ses parties dans son coin, à la gauche de sa femme. Dans le même temps, Maddy – l’autre fille du groupe – martyrise sa basse tout en participant activement aux backings vocals dans la plus pure tradition des artistes grunge qui aiment doubler les voix pour plus de puissance. Signalons aussi la présence de Diego, un batteur plaisant à voir jouer qui proposera d’ailleurs au public un solo pas trop long et bien senti. Après une petite demi-heure, le concert se termine par un lancer de 5 cds au public : un bon moyen de promouvoir War On The Inside, le premier album de 69 Chambers sorti l’année dernière et produit par Tommy Vetterli. Une très bonne entrée en matière. D-L


Otargos

C’est au tour d’Otargos de passer sur scène. Les black metalleux bordelais seront les premiers à fouler les planches de la Rock Hard Tent. Le début de set laissait augurer le pire : Le black à relents atmosphériques du groupe n’est pas fait pour être joué en journée – et encore moins en matinée. Le look cheap et toc du combo passe aussi très mal l’épreuve de la lumière naturelle. Entre les corpsepaint frisant l’amateurisme, les armures en résine très « nanar des années 60 », les têtes de mort en plastique ornant les pieds de micros et la guitare aux micros vert fluo du guitariste chanteur, peu de chance d’effrayer qui que ce soit. Les mauvaises impressions se confirment encore quand le groupe commence à jouer : les guitares sont si mal mixées que la mélodie des chansons est quasiment inaudible. Pourtant, malgré ces défauts, Otargos arrive à proposer un set intéressant. Tout d’abord, les défauts mélodiques du mix se retrouvent compensés par une setlist intelligemment agencée. Les chansons les plus brutales composées d’un black rageur fort en Blast Beats se retrouvent séparées par des titres plus mid-tempo,ou épiques, soutenus par une section rythmique irréprochable. Cette intelligence dans la setlist permet au show de ne pas lasser quand bien même les reproches précédemment formulés ne s’estomperont pas avec le temps. A cela s’ajoute le plaisir de jouer non dissimulé de Astaroth (guitare) et quelques interventions de Dagoth (chant) pour respirer entre certains morceaux – comme lorsque, par exemple, il brandit une Bible en expliquant que « aucun Dieu n’a créé l’homme, c’est l’homme qui a créé Dieu ». Ce n’est certes pas excessivement original, mais ces petits éléments de mise en scène contribuent également à la réussite d’un show peu aidé par la technique. Le set se clôt sur un inédit du prochain album à venir. Le titre comporte tous les éléments de l’identité musicale du groupe : un démarrage en trombe sous une pluie de blasts suivi d’un break lent et atmosphérique avant de se terminer dans une déflagration apocalyptique de brutalité black metal. Au final, malgré toutes les réserves émises concernant le son, l’heure et le look du groupe, les Bordelais s’en sortent bien et délivrent un show des plus « agréables »…si tant est que cet adjectif siée à une prestation de black. Fl-Se


Carnifex

Succédant à leurs amis de The Faceless, Carnifex officient dans un style qui se développe énormément (pullule ?) depuis deux ou trois ans : le deathcore. Malgré une musique peu originale le groupe a déjà une fanbase conséquente. Il faut avouer que les guitaristes sont particulièrement habiles pour enchaîner des riffs mélodiques et entraînants. On peut souligner une basse présente dans le mix et pas désagréable, ce qui est un bon point pour une formation extrême ! Le chanteur Scott Lewis est très actif et ne cesse de demander des circles pit (il obtiendra satisfaction à plusieurs reprises, le public soutenant activement le groupe). Parfois ce dernier n’est pas franchement carré, Shawn Cameron n’est par exemple pas toujours fluide dans ses tapis de double mais on peut mettre cela sur le dos de la difficulté du genre et de la jeunesse de ses membres. Une prestation énergique mais manquant parfois de cohésion. Quelques dizaines de minutes auparavant, The Faceless avait été plus convaincant. Se-F


Swallow The Sun

Jouer à 11h40, en plein soleil, lorsque l’on s’appelle Swallow The Sun n’est naturellement pas adapté. Parce que le death/doom du groupe est d’une profondeur inouïe et prend toute son essence dans l’obscurité des salles de concert et pas dans la chaleur diurne des festivals. C’est l’avis de beaucoup de fans du groupe finlandais et il est aussi partagé par Mikko Kotamäki, le chanteur des Swallow The Sun avec qui nous aurons le plaisir d’échanger quelques mots. Et pourtant, en ce 18 juin 2010, la formation nordique a su passer outre les circonstances pour proposer un show intense, sombre et terriblement prenant. Il y a quelque chose d’unique dans les performances scéniques de Swallow The Sun. Un peu comme quand Aleksi Munter (claviers) entre sur scène et fixe, à l’instar de ses camarades, le public droit dans les yeux, droit dans les âmes. Les Swallow The Sun sont six et leurs visages fermés soulignent, s’il était besoin, l’atmosphère globale de recueillement que met en avant la musique des finlandais. Avec cette ambiance et la lourdeur des compos, on a l’impression d’assister à une cérémonie religieuse. Pas étonnant : voir Swallow The Sun sur scène a quelque chose de véritablement sacré. Dommage que le public n’ait pas pu savourer un morceau en plus. Mais on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre… Clisson avait quand même eu le temps d’apprécier à sa juste valeur un enchaînement « New Moon »-« Swallow » toujours aussi efficace. « Swallow » étant une ode au headbanguing avec ses riffs répétés à l’envi. Dans un contexte loin d’être évident, Swallow The Sun a largement réussi à convaincre son audience. Une claque. D-L


Evile

Evile : c’est un groupe de thrash comme il y en a beaucoup. En nous rendant sur la Mainstage 01 nous n’avions donc pas d’envies, d’appréhensions ou de désirs particuliers. Juste la curiosité de voir comment le groupe allait partager son enthousiasme sur scène. Et force est de constater que, questions riffs, les Evile envoient du lourd. Leur musique est du pur thrash qui mélange soli de haute volée et puissance des guitares. Il ne faut pas deux minutes pour que le public rentre dans le jeu et soit même très réceptif. L’énergie des Anglais est, en effet, particulièrement communicative et Evile est d’ailleurs le premier groupe a réunir autant de monde devant l’une des deux scènes principales. Le public vibre devant cette prestation homogène et sans temps faibles. Notons que Matt Drake, leader de la formation, a un timbre qui se rapproche souvent de celui de Tom Araya (Slayer). De toute façon, la musique d’Evile peut être qualifiée de mélange entre Metallica et Slayer. Pas mal comme influences… surtout quand le rendu est aussi bon. Si vous ne connaissez pas, allez jeter une oreille sur Enter the Grave et Infected Nations – leur deux premiers albums – pour vous faire une idée. D-L


Crowbar

C’est l’heure du déjeuner mais les festivaliers avertis savent qu’il est préférable d’attendre la fin de la prestation de Crowbar avant de s’offrir un de ces sandwich bourrés au cholestérol qui se vendent sur le site du Hellfest. Les autres, qui ont quand même voulu tenter l’expérience par ignorance ou goût des sensations fortes sont ressortis de cette prestation avec des hauts le c?ur. En effet, le sludge (on parle aussi de doom-core) de Crowbar est particulièrement massif, gras et boueux. Le moindre accord de guitare fait remuer les boyaux et en moins de deux on se retrouve avec l’intestin grêle en lieu et place de l’estomac. Alors forcément, pour la digestion ce n’est pas pratique. En revanche, pour les oreilles de l’amateur du style c’est du caviar. Et les amateurs de la scène de NOLA, justement, se sont regroupés en masse pour accueillir l’un de ses fers de lance et donner la réplique à l’attachant maître de cérémonie, Kirk Windstein – qui par ailleurs était déjà présent l’année dernière avec Down. En effet, le personnage inspire une réelle sympathie et n’hésite pas à communiquer avec son public. A noter qu’en ce vendredi, Kirk arbore un t-shirt vert orné du logo de Type O Negative. Il en profitera, d’ailleurs, pour lancer une pensée à Peter et Type O Negative. Quel délice de retrouver cette voix rauque, ces guitares aussi épaisses que la barbe du frontman et cette basse monstrueusement vrombissante. Les classiques du groupe sont là et tout particulièrement le superbe « Planets Collide » qui prouve que le sludge ce ne sont pas que de gros accords pachydermiques mais que cela peut aussi être une belle mélancolie lancinante. Le sludge, quelque part, c’est un peu le cimetière où les éléphants se rendent le pas lourd pour verser leur dernière larme. En tout cas, ici, à ce moment précis du Hellfest, si des larmes devaient être versées, ce sont des larmes de bonheur et des larmes de sueur. Allez, maintenant que c’est fini, il est temps d’aller se remplir la panse. S-L


Urgehal

Le black metal est à l’honneur ce vendredi matin et après les Bordelais de Otargos, c’est au tour des Norvégiens de Urgehal de fouler la scène de la Rock Hard Tent. Le black old school teinté d’éléments rock n’roll n’est pas fait pour être joué à midi. Il semblerait d’ailleurs que ce ne soit que la troisième fois en 18 ans de carrière que le groupe est amené à jouer de jour. Le début du set est assez catastrophique. Le son est brouillon et les musiciens enchaînent les problèmes techniques : bruit de basse parasite en début de show, nombreux larsens, jack de la guitare qui se débranche en plein riff, etc. Le public semble pourtant réceptif et les premiers rangs bougent voire pogottent et slamment quand bien même il n’est que midi. La setlist du premier quart d’heure n’est pourtant pas folichonne et les chansons se ressemblent. Toutes semblent avoir la même architecture rythmique composée d’une avalanche de blasts entrecoupée de 8 mesures thrash/punk en leur milieu, sans que les riffs ne soient différenciables ni que le groove rock n’roll ne soit perceptible. Les musiciens semblent rodés mais n’ont pas l’air d’être à fond, donnant parfois presque l’impression d’un show alimentaire. Cependant, tout n’est pas noir et la seconde partie du set est plus convaincante. Le son s’améliore et le groupe propose au public des titres plus variés et intéressants. Interrogé sur le sujet, Trandr Nefos (guitare et chant) avouera lui-même qu’il considère la première partie du concert comme une vraie catastrophe, relevée par la fin du set. Nous ne saurions lui donner tort, même si au final – et bien que l’atmosphère malsaine que le groupe cherche à développer n’ait jamais vraiment pris – c’est l’impression positive qui demeure. Fl-Se


Sigh

Nous voilà sous la Terrorizer Tent pour un autre concert de black metal. C’est Sigh, groupe japonais, qui officie à l’heure du repas. C’est un genre de black symphonique à tendance expérimentale qui nous est livré ici. Grosses guitares, batterie lourde et rapide, des choeurs bien sentis et le traditionnel chant guttural. Mais ce n’est pas tout ! On voit apparaître un saxophone, des mélodies plus ou moins expérimentales que l’on n’a pas l’habitude d’entendre dans le black metal normalement. Qu’est-ce que cela procure comme effet ? Un concert aussi agréable visuellement que musicalement. Costumes, surtout celui de la chanteuse Dr. Mikannibal, et mise en scène : tout est fait pour nous mettre dans l’ambiance. Et cela prend ! On se laisse porter par cette musique jamais redondante, qui repousse les limites et les frontières. Entre Orient et Occident, on ne sait plus vraiment où on en est… Malgré tout, quelques petites déceptions : les soli du guitariste ne nous transportent pas vraiment et le mélange évoqué précédemment est susceptible de ne pas plaire à tout le monde. Pas un sans faute mais une très bonne surprise ! F-F


Mass Hysteria

Le concert des Mass n’a pas encore démarré que le groupe est déjà en train de conquérir l’assistance. Le public entend en effet la voix de Mouss, chanteur des Mass Hysteria, qui remercie les « Boutin et De Villiers pour cette publicité rigolote » pré-Hellfest. Succès garanti. Si l’on note un certain décalage entre le phrasé très rap de Mouss et les riffs incisifs (« Get High ») du groupe, certains morceaux des Mass dégagent une vraie communion. C’est notamment le cas du titre « Une Somme De Détails » où le groupe saute et explose littéralement en même temps. Mouss a une gestuelle qui lui est propre, capable d’imiter le pistolet ou de tendre son bras droit dans le but de dénoncer le « fascisme économique » tout en critiquant les « enculés » de l’Equipe de France de Football. Le public sera très réceptif au show des Mass Hysteria, exécutant avec joie l’un des premiers braveheart du festival. Malgré des soucis de son sur le titre « Furia », Mass Hysteria nous aura proposé un bon set de furieux qui aura réuni sous sa chapelle tous les fans de metal/rock (« Respect To The Dance-Floor »). Fédérateur. D-L


Necrophagist

Cette année, en regardant l’affiche du Hellfest de bien près (pas trop quand même sinon on se mange le poteau), on peut entrevoir un petit air de rivalité. En effet, le vendredi nous retrouvons Necrogaphist et le samedi Obscura. Ce dernier comprenant en son sein le batteur Hannes Grossmann et le guitariste Christian Muenzner, deux déserteurs du premier. D’ailleurs, peu de temps après la prestation de Necrophagist on a pu croiser Hannes et lorsqu’on lui a demandé ce qu’il a pensé de la prestation de Necrophagist il a simplement répondu : « c’était chiant ! ». Forcément, une réponse aussi incisive requiert une explication, ce qu’il nous a volontiers donné : « non seulement je connais les titres sur le bout des doigts mais en plus ça manque sacrément de mélodie et d’accroche ». Ce dernier argument était parmi ceux qu’il avait avancés – avec le régime despotique du leader – lorsque nous lui avions demandé l’année dernière la raison pour laquelle il avait quitté le groupe. A la vue de la prestation de Muhammed Suiçmez et ses sbires, on peut comprendre ces propos. Necrophagist balance un death metal particulièrement technique et bien foutu. Dès les premières notes le groupe scotche l’audience qui s’est donnée rendez-vous en masse sous la Rock Hard Tent pour admirer la bête de foire. Le secret du groupe ? Aucun en particulier, si ce n’est des rythmes complexes et très physiques, des tappings et lignes de basse tape à l’?il, des sweepings de guitare en veux tu en voilà ainsi que, malgré tout, de très bon riffs. Un titre comme « Stabwound », à cet égard, fonctionne particulièrement bien et tous ont eu les yeux écarquillés devant tant de prouesses. Sauf que, en milieu de prestation, à cause d’un propos trop dense, un son pas assez clair, un manque évident de mélodies et de musiciens un peu trop statiques, l’auditeur même averti décroche. En ce qui concerne l’immobilité des musiciens, c’est, certes, souvent le lot de ce genre de groupes, mais Necrophagist en souffre peut être davantage de par une musique moins digeste que certains collègues du genre. Résultat, le show de Necrophagist s’est avéré étouffant, au mauvais sens du terme. Espérons que, pour le prochain album, le groupe saura évoluer vers une musique un peu mieux taillée pour le live. S-Se


Negura Bunget

L’année dernière, Wolves In The Throne Room avait été le moment magique du festival pour les fans de black metal atmosphérique. Autant dire que cette année ceux-ci plaçaient en Negura Bunget tous leurs espoirs. Watain aura aussi délivré une excellente prestation, mais il s’agissait plus d’un black metal classique. Negura Bunget est composé de 6 personnes et, hormis la claviériste, tout le monde joue au moins de deux instruments. De ce fait, sonoriser un groupe aussi riche, qui utilise beaucoup d’instruments folkloriques, n’est pas facile. Le premier morceau ne sera pas parfait, mais une fois le groupe lancé, une ambiance magique s’installera pour toute la durée du spectacle. Car oui, c’est un véritable spectacle que nous proposent les Roumains. Ils alternent morceaux assez longs et interludes instrumentaux dont la beauté est renversante. Un passage à la flûte de Pan est émouvant de beauté et de justesse, les percussions folks font leur effet aussi. La présence de deux chanteurs, officiant en voix claires et en voix criardes, est un réel plus qui donne une grande puissance visuelle et sonore au groupe. Les deux derniers albums de la formation (Om et Virstele Pamintului) sont mis à l’honneur. La prestation est émouvante et permet une bouffée d’air frais dans ce festival très metal et hardcore. Un groupe à revoir dans des conditions plus propices (dans l’obscurité d’une salle) et SURTOUT pour un show plus long. Les quarante minutes allouées à Negura Bunget ont en effet été bien trop courtes pour nous satisfaire…Se-Se


Finntroll foule les planches de la Main Stage 02 à 14h20 – soit une heure et demie plus tôt que l’horaire qui lui était réservé. Ce déplacement de show est dû au retard des membres de Walls Of Jericho ayant raté leur avion. Il semblerait que les trolls finlandais se soient spontanément proposés pour les remplacer sur cet horaire et aient laissé aux coreux du Michigan l’horaire qui leur était à la base réservé. Cette attitude est louable, mais les trolls ne semblent pas si bien préparés que ça et vont délivrer une des plus mauvaises prestations de cette cuvée 2010 du Hellfest. Le son restera brouillon tout le set, rendant les compositions du groupe quasi méconnaissables. Pire, le clavier est tellement sous-mixé que, même en tendant l’oreille, il est impossible de l’entendre. Quand on sait l’importance qu’il tient dans les compositions du groupe (il est le seul à interpréter tous les instruments folks), sa discrétion est vraiment dommageable au show. Ce vide est encore renforcé par l’attitude de certains membres du groupe. Si Vreth (chant) est un excellent leader qui arrive à tenir la scène à lui tout seul, les autres musiciens sont très statiques. Ce statisme pourrait ne pas être dérangeant si certains ne tiraient pas une gueule d’enterrement. On ne sait pas trop si Beast Dominator (batterie) s’ennuie ou s’il s’agit de son jeu tellement en retenue qu’il pourrait être qualifié « d’anti démonstratif ». L’aspect visuel dudit jeu n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Stephen « Mr Prozac » Van Haestregt (ex-Within Temptation). L’état d’esprit de Trollhorn (clavier) ne laisse de son côté que peu de doute : il se fait royalement chier. Immobile, les yeux dans le vague, il semble se demander ce qu’il fait là. Reste que la musique du groupe – de par ses influences Humppa – arrivera à faire danser les fans les plus éméchés sur « Trollhammaren » et quelques autres titres aux rythmes festifs. Les claviers parviendront enfin à se faire (très légèrement) entendre après les rappels, mais il est trop tard et lorsque le show se finit, c’est le goût amer de son début catastrophique qui reste en bouche. Fl


Ghost Brigade

Parfois la magie d’une performance réside dans le fait que, même s’il ne se passe par grand chose sur scène, tout y est malgré tout. C’est un peu le sentiment que l’on a après avoir assisté au show des Ghost Brigade. Sur scène, ça ne bouge pas trop mais l’intensité des compos et le talent des musiciens suffisent largement pour envoûter le public. Ce dernier offre en conséquence un véritable plébiscite au combo finlandais. La voix de Manne Ikonen est toujours aussi belle et l’homme a toujours autant de charisme, avec sa casquette noire vissée sur la tête. Les morceaux sont magnifiquement interprétés même si le son demeure brouillon (notamment sur « Into The Black Light ») à cause d’une basse un peu trop mise en avant. Malgré ces quelques défauts, Ghost Brigade aura encore une fois effectué une prestation lumineuse. Il faut dire que Guided By Fire (2007) et Isolation Songs (2009) sont deux albums incroyables que nous vous conseillons plus que vivement…D-F

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KMFDM

On se retrouve à 15h05 sur la Mainstage 01 pour un KMFDM qui nous arrive en forme. D’emblée, on aime ou on n’aime pas, industriel oblige… Mais si on aime, alors on sera conquis par ce concert. Les allemands nous livrent un set très axé sur leurs morceaux metal. On peut citer notamment «Hau Ruck», «Tohuvabohu», «A Drug Against War», «Saft Und Kraft» ou encore «WW3». Les musiciens sont très bons et savent nous faire rentrer dans leur univers. C’est avec un plaisir immense que l’on suit petit à petit le quintet dans son univers à la fois utopiste et sombre, mélange des restes d’un société industrielle communiste et d’un univers néo punk à la Blade Runner. Autant dire que si l’on se prend au jeu, on voyage dans les méandres de l’esprit de l’homme moderne, à la découverte de ses propres paradoxes et contradictions. L’envie d’headbanguer et de remuer son corps nous prend par les tripes, dommage que le concert soit en pleine journée, on aurait apprécié des lights pour parfaire le show… Mention spéciale au batteur pour sa performance et au couple de chanteurs pour leur présence scénique, qui conjuguée à l’énergie qu’il mettent dans le chant, nous feront encore plus apprécier la prestation. Le son aussi n’est pas aussi bon que le reste mais on pardonne. D-L


Kampfar

Le ciel se couvre et un vent glacial se lève sur Clisson au moment où Kampfar entre en scène. La météo semble vouloir coller à l’ambiance glacée du pagan black des Norvégiens et, dès les premières notes du show, on se croirait perdu dans la foret de pins de Fredrikstadt. Cette impression est renforcée par la banderole accrochée par le groupe en fond de scène et montrant les ombres de conifères issus tout droit d’une forêt scandinave. Dolk (chant) se fend même d’un « Bonsoir les Francs, vous aimez les chansons black metal » en français à la fin du premier titre, contribuant à se mettre un peu plus le public dans la poche. Le son est très bon : froid et puissant, il fait tout autant honneur aux différents instruments qu’à la voix éraillée de Dolk. Le public semble conquis par la prestation des norvégiens car dès la fin du second morceau – et jusqu’à la fin du concert -, il scandera des « Kampfar ! Kampfar ! » entre chaque titre. L’atmosphère développée par le groupe, déjà réussie en début de set, ne fait que s’intensifier alors que le groupe déploie son atmosphère et que la température continue de baisser – à moins que ce ne soit qu’une vue de l’esprit, la musique ayant parfois le don de se jouer de nos sens. Dolk, toujours au contact avec le public, ira même jusqu’à lui faire chanter a capella un traditionnel norvégien quand bien même personne ne semble connaître cette langue. Le groupe se fendra aussi d’un titre issu de leur tout premier album pour ravir les fans les plus connaisseurs. Après 45 minutes de jeu, le groupe quitte la scène sous les ovations d’un public conquis et nous prouve, en réussissant là où Finntroll a échoué, que le pagan/folk black n’a pas besoin de recourir aux instrumentations traditionnelles pour se montrer envoûtant et percutant. F-Se


Walls Of Jericho

A cause d’un retard, le groupe n’a pas pu monter sur scène avant 15h55. Ce retard n’a pas empêché la foule de se masser nombreuse devant la Main Stage 2 pour profiter du hardcore aux relents metal que le groupe propose. Dès le début du concert, Walls Of Jericho met tout le monde d’accord avec un son puissant, violent, crasse et groovy. Les musiciens se donnent à fond sur scène. Candace (chant), dont le charme n’a d’égal que la fureur, tient le public d’une main de fer et le pousse continuellement à mosher. Chris, Mike et Aaron (respectivement aux deux guitares et à la basse) font le show de leur côté en se démenant et en sautant dans tous les sens. Le groupe assure rythmiquement et de nombreux circle-pits ne tardent pas à se former devant la scène. Il est intéressant de noter que les prestations vocales de Candace sont meilleures lors de ce concert que sur CD. Sa voix a plus de relief et de puissance. Elle ne se gêne pas non plus pour communiquer avec le public, l’informant qu’il s’agit de leur premier concert depuis 7 mois, le remerciant pour lui donner le sourire ou l’incitant à aller se battre contre les gorilles de la sécu (« Jump over those fuckin’ security guys, I hope them to die »). La décharge d’énergie pure que constitue ce show a dû mettre à mal les premiers rangs et le concert se finit sur un circle-pit géant couvrant les 3/4 de la distance séparant la scène de la tour de l’ingé son. Le set n’est pour autant pas exempt de menus défauts. Le groupe est par exemple victime de quelques problèmes techniques à la fin du premier morceau. Ceux-ci sont probablement imputables au manque de préparation avant le set : à peine descendus de l’avion et rapatriés sur Clisson, ils sont montés sur scène. Ce manque de préparation semble aussi avoir empêché le groupe de monter une playlist et tous les membres se réunissent au centre de la scène avant chaque titre. Ce dernier point était un peu plus gênant car il casse le rythme d’un concert tout en puissance. Il n’empêche que ce concert reste une franche réussite et un bon coup de tatane dans les orphelines d’une grande partie du public. Fl-L


Secrets Of The Moon

Fumée, lumière rouges et musiciens dos au public : le show de Secrets Of The Moon démarre fort. On peut dire que SOTM fait du black avec une lourdeur qui se rapproche des riffs stoner. L’ensemble (compos et prestation live) est très travaillé et sacrément intense. La voix de sG au chant dégage beaucoup de sauvagerie mais manque clairement de variété. On note, plus globalement, de très bons passages dans la musique de Secrets Of The Moon mais un profond manque de diversité qui rend les morceaux des Allemands difficiles à différencier. Le public retiendra malgré tout une belle intensité dans ce show de quarante minutes effectué sous la Terrorizer Tent. Efficace autant que Privilegivm, le dernier opus des Secrets Of The Moon dans les bacs depuis l’année dernière. D-F


Deftones

Venus défendre Diamond Eyes, leur dernier album, les Américains ont un show de tête d’affiche programmé en plein milieu de l’après-midi, le groupe jouant en Allemagne le lendemain. Les compos des Deftones sont aériennes et reposent sur les atmosphères. Conséquence : pour prendre toute leur mesure sur scène, les compos doivent avoir un son irréprochable. Ce qui ne fut pas du tout le cas, le son étant même catastrophique pour un groupe de cette envergure… Larsens, voix qu’on n’entend pas bien sur « Rocket Skates », basse (?) trop mise en avant : on a droit à un vrai festival d’approximations techniques qui a bien gâché la performance des Californiens. Côté musiciens, c’est un Chino Moreno aminci qui a retrouvé son énergie d’antan : il paraît donc logique que sa chemise rose devienne violette au cours du set à cause de la transpiration ! L’homme court partout et aime jumper de sa plateforme légèrement surélevée par rapport à ses collègues. Justement, les autres zicos restent en retrait tout en faisant le boulot correctement. « Be Quiet and Drive (Far Away) », « Passenger » (ou Chino remplace à bon escient Maynard James Keenan), « My Own Summer (Shove It) » : autant de bons titres qui passent très bien l’épreuve du live mais qui sont complètement gâchés par un son indigne. Vraiment dommage. D-L


Ihsahn

Fort d’une trilogie de qualité, Ihsahn était très attendu. On pouvait d’ailleurs croiser au sein de l’audience quelques musiciens programmés à l’affiche du Hellfest venus se délecter du show du leader du défunt Emperor. C’était le cas, notamment, des sympathiques membres d’Obscura (encore eux !) qui auront avoué avoir été transportés par le show tout autant que les albums. Et pour cause, Ihsahn, que ce soit en solo ou avec Emperor, c’est avant tout un charisme imposant. Il se tient là, derrière son micro, la guitare fermement ancrée entre ses mains, avec une posture droite, presque dictatoriale. Alors, intimidé, le peuple écoute et ne perd pas une seconde d’attention. C’est à peine si les regards se déportent sur les autres musiciens. Il aura fallu un « Unhealer », sur lequel Ihsahn se mis un peu en retrait, pour remarquer le très bon travail de son groupe et notamment le claviériste et le guitariste qui respectivement assuraient sur le titre le chant clair et le chant death originellement assuré par Mikael Akerfeldt. C’est certain, les deux musiciens n’ont pas la voix de ce dernier autant dans un registre comme dans l’autre et on aurait aimé voir apparaître le chanteur d’Opeth pour retrouver l’impact de la version studio – d’autant plus que Bloodbath était programmé dimanche. Mais qu’importe, même ainsi, ce titre reste un vrai joyau. Dans un même ordre d’idée, une des surprises d’After, le dernier album de la trilogie imaginée par Ihsahn, était la présence du saxophoniste Jorgen Munkeby. Pourtant, aucune trace de celui-ci sur scène. Le titre « A Grave Inversed » est en effet joué en ce passant de l’instrument, sans même l’utilisation de samples pour palier au manque – fort heureusement – et au final la musique en a à peine souffert.

Quant au reste, Ihsahn crache sa haine, mais une haine adulte et réfléchie, donne vie à ses folies (le déjanté « A Grave Inversed », « Emancipation ») et transporte son audience dans des mondes insolites (le magnifique « Misanthrope », « Scarab » et ses passages ambiants beaux à pleurer, « Invocation », le « Frozen Lakes On Mars » de fin, etc.). Qui plus est, dans ce contexte, les titres se sont vus gagner, sur le plan sonore, un son plus épais et puissant que leur version studio. A côté de ceci, Ihsahn se permet le luxe d’occulter complètement la discographie d’Emperor, sans même que le public n’ait eu le temps de se poser la question. Ihsahn a gagné son combat identitaire et au final s’est ouvert des portes larges comme des hangars d’avions. La suite de sa carrière promet d’être encore grande. C’est certain. S-Se


Between The Buried And Me

Il est maintenant temps pour les cinq Between The Buried And Me (BTBAM pour les intimes) de défendre leur musique cérébrale sur scène. Premier constat : le son est brouillon. La batterie domine le mix et les autres instruments sont en retrait, formant un bourdonnement sonore difforme dans lequel il est difficile de distinguer la guitare de la basse ou du clavier. Ce problème laisse augurer le pire pour la suite du show. Cependant, après 6 minutes de bruit surgit le premier break progressif… Et la magie opère. Les instruments deviennent différenciables et la maestria dans l’interprétation rend ce passage d’une beauté sublime. Malheureusement l’extase n’est que de courte durée et dès que les riff heavy reprennent le chemin de la guerre, le son retombe dans les travers de début de set. La différence de production entre les passages core et jazzy/progs est flagrante et, alors que les premiers ont fait mal à la tête tout le show, les seconds ont laissé s’exprimer tant la virtuosité des musiciens que la beauté des compositions. Le concert ne décolle vraiment que lors de ces derniers passages, les premiers étant plus un supplice en attendant le prochain break. Cette impression est renforcée par le statisme des musiciens. Comment expliquer que dans des passages core rageurs, véritables invitations au mosh, Tommy et sa bande se cachent au fond de la scène, statiques, et se contentent de jouer leur partition ? La communication avec le public est réduite au minimum. En définitive, un concert en demi-teinte. Dommage car les compos du groupent valent mieux que ça. Fl-F


Hypocrisy

Quand Peter Tägtgren débute ce show français d’Hypocrisy, la première chose qui frappe est le son live. Puissant, fort, équilibré, il laisse suffisamment de place à chaque instrument pour qu’il s’exprime et semble aussi bon que sur album. Cela facilite la découverte et l’appréciation pour les néophytes du groupe mais est aussi à double tranchant : à jouer la partition d’une chanson avec la même production que la version studio de cette chanson, on finit par avoir l’impression d’écouter une version studio. La plus-value n’est que visuelle tant les musiciens sont précis dans leur interprétation et tant on a l’impression d’écouter un best-of au format CD. Ces remarques étant formulées, il convient donc maintenant de voir ce que ce concert avait à offrir pour les yeux. Contrairement à la production, rien de bien folichon à se mettre sous la pupille : en dehors de l’immense backdrop reprenant la pochette de « A Taste Of Extreme Divinity » et du regard habité de Peter retransmis sur l’écran géant situé à gauche de la Main Stage 2, la mise en scène est réduite à son strict minimum : Les musiciens, ancrés dans le sol, envoient leur riffs acérés en secouant à tête. Restent quelques moments sympathiques tels l’intro blues de « Killing Eyes » ou le speech introduisant « Let the Knife Do The Talking » (« Are you in the mood for love ? This is a perfect love song : Let The Knife Do The Talking ! »). Le public de son côté est très réceptif et reprend en ch?ur le refrain de la chanson sus-citée ou celui de « Roswell ’47 ». Au final, Hypocrisy nous a délivré un concert techniquement irréprochable auquel seul un supplément d’âme fait défaut pour devenir exceptionnel. Fl-L


Monkey 3

Retour sous la Terrorizer Tent pour du bon prog bien comme il faut ! On est pris par la main Monkey 3, un groupe à la croisée entre Queen Of The Stone Age, Pink Floyd et Incubus pour le son. Un univers bien particulier nous est proposé ici, un genre de stoner progressif. C’est original, vraiment bon et on se laisse surprendre. On est enveloppé, transporté par les compos qui sont à la fois douces et pêchues… Et ce son… Il remplit l’espace d’une manière hallucinante, il n’y a plus de place pour autre chose que la musique sous la tente. Le monde autour a disparu et on se retrouve dans un îlot au milieu du néant. L’heure de passage de ce groupe pourrait être discutée. En effet, 18h20, c’est en pleine fin d’après midi et les gros concerts arrivent après, il ne faut donc pas casser l’élan des festivaliers. Monkey 3 ne cassera pourtant pas cet élan bien au contraire. Le set est énergique, bien que le combo constitue une sorte de calme avant la tempête, et le public ne s’endormira pas pour autant et saura profiter de ce moment d’accalmie en ouvrant grand ses oreilles et ses chakras. F-F


Infectious Grooves

Mike Muir l’a confié à l’audience : « beaucoup de gens nous disaient que le Hellfest était un festival metal et qu’on avait rien à y faire. Mais on leur répondait que nous on s’en fout, on viendra et on fera ce que l’on a l’habitude de faire ! ». Mike est un têtu et croit en ce qu’il fait. Et il a raison le bougre ! Car, tuons le suspens tout de suite, cette prestation était l’une des plus hallucinantes du Hellfest 2010, au dessus encore de celle de Suicidal Tendencies l’année dernière qui en avait soufflée plus d’un. De toutes manières, la bande à Mike Muir n’a pas son pareil pour faire la fête. C’est d’ailleurs ce qu’annonçait le titre introductif : « These Freaks Are Here To Party ! ». Il n’a pas fallu plus que quelques secondes avant que le public ne devienne ivre du groove. Le groove, on ne le commande pas, c’est lui qui nous commande. Imaginez le pouvoir de la bande à Muir : le pouvoir de faire danser, remuer l’arrière train, la tête ou le bide de toute une assemblée hétéroclite. Ce pouvoir est grand et Infectious Grooves est passé maître dans l’art de l’exercer.

Notre hôte, Mike Muir, arpente la scène de long en large, à tel point qu’il devient difficile à suivre. Sans compter ses nombreux discours pendant lesquels il débite ses mots à toute allure. Une vraie leçon de dynamisme ! Mais, l’épine dorsale sans qui tout ceci ne serait pas possible est sans conteste la section rythmique qui, de par ses qualité, renvoie au placard celles du passé (dont un certain Robert Trujillo faisait partie) et qui a sans conteste tous les éléments en main pour marquer l’histoire : Steve Brunner à la basse et l’imposant Eric Moore à la batterie. Un duo dont la mise en place est à un tel point serrée qu’elle pique les oreilles. La virtuosité déployée est époustouflante sans perdre un centimètre carré de groove. L’aisance et le zèle de cette section rythmique, et même des musiciens en règle générale (ne délaissons pas les excellents Dean Pleasant et Tim Stewart) est telle qu’ils se permettent de revisiter n’importe quel titre au gré de leurs envies. C’est ainsi que des jams ont pu fleurir à tour de bras ainsi qu’un duel basse/batterie orchestré par Mike Muir lui même. Les titres que les fans connaissent sur le bout des doigts s’en sont retrouvés métamorphosés décuplant la sensation d’émerveillement. Ceux qui ont pu aller voir Infectious Grooves, que ce soit en début d’année ou sur la tournée 2008, savent aujourd’hui que chaque concert est unique, spontané et réserve son lot de surprises. Les fans ont même eu le droit à une petite blague : après un « we’re gonna punk it up and funk it up » chantonnée par Mike et le petit trémolo de basse caractéristique, le groupe entame spontanément – et à la surprise générale – sur le début de « Stop Funk’n With My Head » avant de réellement enchaîner sur le « Punk It Up » attendu. Un « Punk It Up », qui plus est, anthologique avec un jam final à se décrocher la mâchoire. De même, tous aurons souri lorsque Mike Muir a tenu à faire monter sur scène un membre de l’assistance, pris au hasard et du nom de Clément, pour lui donner la traduction en français du terme « monster ». C’est ainsi, dans la bonne humeur générale, qu’il répète maladroitement « monsss » avant de lancer « Monster Skank ».

Parmi les autres grands moments on pourra citer « Turtle Wax », « The Pagues That Makes Your Booty Move… It’s The Infectious Grooves » repris en c?ur par le public, un « Boom Boom Boom » explosif ou le « Violent & Funky » dont la monstrueuse ligne de basse a fait perdre la tête à plus d’un. Mais la plus grande des surprises est sans conteste l’apparition de Mike Clark, guitariste de Suicidal Tendencies – autant dire que ce dernier était désormais au complet – pour interpréter le classique de Led Zeppelin « Immigrant Song », revue à la sauce Infectious et à trois guitares, ainsi que le final : une reprise du « Pledge Your Allegiance » de Suicidal Tendencies. A partir de là les fans ont compris ce qui allait se passer : les « ST » fusent de toute part et Mike demande à l’assistance de les rejoindre sur scène. Une large frange du public – peut être 200 à 300 personnes – se rue alors vers la fosse aux photographes et saute les barrières pour escalader la scène. Cette dernière se retrouve en quelques secondes envahie par une marrée humaine sautillante le temps de terminer le set. Et oui, c’est ça le « infecto groovalistik style» ! S-L


Loudblast

Ce qui frappe tout d’abord dans ce show de Loudblast c’est la nouvelle coupe de cheveux de Stéphane Buriez (qui participera quelques heures plus tard à la table ronde organisée par l’émission Transbordeur de Télénantes.) ! En effet, notre Dave Mustaine national s’est rasé sa belle crinière rousse et bouclée ! Mais arrêtons les plaisanteries car les Loudblast ne sont pas là pour rigoler. Le groupe nous délivrera une prestation puissante et technique. Ce soir la playlist est axée sur des titres plutôt difficiles d’accès qui forcent le respect pour Stéphane qui doit assurer chant et guitares ! Les morceaux s’enchaînent à toute vitesse avec le soutien du public. On retiendra l’excellent « Flesh » et surtout « Cross the Threshold » (avec ses bruitages interdits aux moins de 18 ans !) qui est vraiment un moment fort du concert. La fin de la setlist est axée sur des titres plus groovy et directs. Après un court interlude instrumental de didjeridoo, le set repart de plus belle. Avec cette prestation, le groupe confirme sa place de ténor de la scène française. Hé oui les p’tits d’jeuns, en France, il n’y a pas que Gojira… Se-F

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Sybreed

Les Suisses de Sybreed montent sur scène en s’appuyant sur une intro cyber/orchestrale. Dès les premières chansons, Benjamin (chant) demande à ce que l’on monte le son de sa voix et ce, à forte raison. Assister à un concert en entendant de loin le frontman est, en effet, littéralement impossible pour le public… La prestation de Sybreed est très compacte, Ben parvenant bien a tenir les deux registres clairs et criés pendant que les autres zicos restent trop dans leur coin en envoyant malgré tout une musique martiale et électronique de bonne facture. Le show est carré mais manque vraiment de spontanéité. « Bioactive » provoque quand même un circle-pit dans le public lors de ce set qui sera correct sans être transcendant. Eh oui, on attendait un peu plus de surprises et de chaleur. Une semi-déception donc. D-F


Sick Of It All

La Main Stage 01 n’est pas encore vidée du tsunami de fans qu’Infectious Grooves a fait monter que LA légende du hardcore New Yorkais envahit la Main Stage 02. Il s’agit bien entendu des allumés du bocal de Sick Of It All. Encore une fois, le son de la Main Stage 2 est exemplaire. Il colle parfaitement à l’ambiance hardcore Old School développée par le groupe et participe à mettre le public sur les rotules. A ce titre, les frangins Pete (guitare) et Lou Koller (chant) ont donné un set exemplaire : bougeant dans tous les sens, interagissant beaucoup avec le public et, musicalement extrêmement performants, ils ont activement participé à la réussite du show. Le public leur rendra la pareille en moshant du début à la fin et en reprenant en ch?ur tous les refrains des chansons. Des circle-pits commencent à se former spontanément à partir de leur hymne, « Step Down », joué en milieu de set. Cette chanson finira de fédérer le public qui ne s’arrêtera plus de chanter, mosher, slammer et circle-pitter jusqu’à la fin du show. Il faut aussi savoir que Sick Of It All est le groupe qui à popularisé le Wall Of Death. Voilà presque 25 ans que le groupe en propose au moins un par concert. Alors quand, en ouverture de « Die Alone », Lou Koller annonce « Maintenant je vais faire un truc que j’adore : je vais opposer la gauche et la droite dans un combat », anticipant le tant attendu Wall Of Death, la fosse commence à se séparer en deux. Et c’est un Lou hilare qui enchaîne en disant « Non, non, ne bougez pas. C’est de vous affronter au chant que j’allais vous proposer ». Quel blagueur ce Lou. Plus tard pendant le show, il invitera les festivaliers à « faire le plus gros circle pit de 2010 », qui pousseront la ronde infernale de la scène à la tour de l’ingé son. Le tant attendu Wall Of Death fera lui son apparition sur le dernier titre, laissant les festivaliers exténués après ces deux lives de furie hardcore. F-L


The Young Gods

Beaucoup de groupes auront subi, lors de cette édition 2010, des problèmes de son. Le souci avec The Young Gods est qu’ils ont été dans l’obligation d’arrêter leur show au bout de 20 minutes car une coupure totale d’électricité a interrompu le concert après 5 morceaux. Terriblement cruel lorsque l’on sait que les Suisses avaient mis la barre extrêmement haute lors d’une prestation qui mélangeait fumée et lumières (spot également présent sous le micro du chanteur…) du plus bel effet. Franz Treichler est un frontman charismatique au possible. Il sait s’adapter aux compos du groupe en s’accroupissant pour laisser place à la musique ou en adoptant des danses personnelles dignes des ballets classiques. Il y a une vraie liberté chez The Young Gods sur scène comme dans leur musique. Cette dernière est expérimentale et remplie d’ambiances et sons industriels : depuis la new wave en passant par le metal jusqu’à l’ambient tout en lorgnant également sur le registre tribal d’un Killing Joke. Une des meilleures prestations du Hellfest 2010 que nous aurons probablement le plaisir de voir en entier l’année prochaine, Ben Barbaud souhaitant faire revenir la formation suisse en 2011… D-F


Watain

Un léger chevauchement d’horaire avec Sick Of It All nous fait rater le début du show de Watain. Le changement d’ambiance est extrême entre les Américains et les Suédois et un temps d’adaptation est nécessaire à votre dévoué serviteur pour rentrer dans la prestation de la bande à Eric Danielsson (chant). Malgré un soleil encore présent à 21h, l’obscurité offerte par la tente Rock Hard permet d’apprécier l’ambiance développée par le groupe sur scène. Et quelle ambiance ! Entre les corpsepaints bien faits, un jeu de lumière dans les tons rouges des plus fins et deux tridents en flamme de part et d’autre de la batterie, tout est fait pour rentrer facilement dans le black sombre joué par le groupe. La production est plutôt bonne pour du black et permet d’apprécier à leur juste valeur les parties atmosphériques des chansons. L’atmosphère s’intensifie d’ailleurs au fur et à mesure que le soleil se couche. Lorsqu’en fin de set, entre chien et loup, 3 braséros placés sur le devant de la scène se mettent à cracher leur matière ardente, l’ambiance sombre, magnifique et violente du groupe se trouve à son paroxysme. Le groupe ne communique pas du tout avec le public mais le show n’en souffre pas. On peut ici parler de communion, et la communion musicale avec le public n’a pas besoin de palabres. Tout n’est pourtant pas parfait : un son parfois moyen sur les parties criées, le soleil et certaines lights peu appropriées réduisent quelque peu l’impact global du show qui n’en demeure pas moins excellent. Probablement, avec Kampfar, le meilleur concert de Black de ce festival. F-Se


Sepultura

Depuis le départ de Max Cavalera la carrière de Sepultura a été bien difficile. Le groupe a été désavoué par de nombreux fans qui se refusent catégoriquement à l’envisager sans son leader historique. Un refus de considération borné, aveugle et même sourd. Car il faut vraiment être sourd ou borné pour ne pas reconnaître des qualités à Dante XXI et A-Lex, même si ce dernier a également vu l’autre frangin, Igor, déserter les rangs pour rejoindre la conspiration des Cavalera. Il était temps que Andreas Kisser, Paulo Jr, accompagné de Derrick Green et du petit nouveau Jean Dolabella, mettent une petite branlée aux impertinents. Et justement, après la lourde instrumental d’intro « A-Lex I », ça démarre en trombe sur « Moloko Mesto » extrait de A-Lex. Une parfaite entrée en matière, avec des riffs thrash sulfureux et un intermède groovy à souhait, qui ne laisse aucune place à la réflexion et à l’hésitation. Il suffira des deux titres suivants, les irrésistibles « Arise » et « Refuse/Resist », pour créer l’euphorie. Sepultura ou comment convaincre en trois temps une foule sceptique. Il faut avouer que les Brésiliens ont mis toutes les chances de leur coté avec une setlist faisant la part belle aux classiques : « Dead Embryonic Cells », les « Troops Of Doom » et « Escape To The Void » apocalyptiques, « Territory », les « Ratamahata » et « Roots Bloody Roots » de clôture. Ca fait rêver n’est ce pas ? Sans compter que le groupe affiche une forme olympique. Derrick Green possède à la fois un charisme et une sympathie indéniable et Jean Dolabella est époustouflant derrière les fûts faisant, le temps de la prestation, oublier son pourtant inoubliable prédécesseur.

Mais Sepultura ne se concentre pas uniquement sur son passé, preuve en est avec quelques titres du dernier album dont l’imparable « Filthy Rot » et ses rythmiques et chants tribaux ou le fédérateur « Sepulnation », pourtant tiré de la période creuse de la carrière du groupe. La bande s’amusera même avec un court jam aussi délirant que rafraîchissant, basé sur le « Aquarela Do Brasil » de Ary Barroso. Alors même si, de par l’orientation vocale de Derrick, Sepultura sonne plus hardcore aujourd’hui qu’à la belle époque, il ne lui en reste pas moins un grand talent. Au final, Sepultura a laissé ses détracteurs sur place et a fait passer un sacré bon moment au public du Hellfest. Muito obrigado Sepultura do Brazil ! S-L


Godflesh

Ce concert de Godflesh avait quelque chose de déconcertant. En effet, celui qui a attendu tout du long de ce set le metal industriel lourd pour lequel ces Anglais de Birmingham sont connus a forcément été déçu. Faute aux soucis techniques ? Volonté de la part du groupe ? Toujours est il que ce que le groupe a délivré était nettement plus dans une veine post-rock (ou post-metal voir post-érieur, enfin, peu importe, on sait bien que certains sont attachés à ces étiquettes mais vous avez saisi le topo). A cet égard, l’impression était plus de voir un show de Jesu, le groupe post-machin-bidule de Justin K. Broadrick, que de Godflesh. D’où la difficulté pour les fans, qui attendaient cette prestation de pied ferme, d’appréhender un show qui n’était pas celui qu’ils attendaient. Sans compter que certains auront jugé la scène bien trop vide avec seulement deux musiciens. Et pour couronner le tout, la technique a encore fait des siennes : début en retard de 15 minutes, faux départs de chanson, problèmes de son (particulièrement sur « Like Rats » d’ouverture), vidéo défaillante, etc. Autant dire qu’il y avait une montagne à franchir avant de trouver le truc, l’étincelle, qui allait nous faire vivre ce concert à la hauteur de nos espérances.

Pourtant cette étincelle était bel et bien présente. Un peu à la manière, dans un autre registre, d’Electric Wizard l’année dernière, il fallait s’imprégner de l’ambiance qui se dégageait. En effet, des lumières tamisées se diffusaient par l’arrière scène, créant une ambiance de pénombre où ce détachaient les silhouettes des deux musiciens. Une atmosphère qui s’avérait réellement prenante, pour peu que l’abstraction de l’environnement fût faite. Il fallait se sentir seul pour comprendre. Seul, comme ces deux silhouettes sur scène. Ce sentiment, conjointement à la musique lourde et hypnotique proposée, était en mesure de créer un vivier idéal pour mener l’auditeur à un état de transe. Malgré les a priori, les soucis techniques, le fait que le groupe n’a pas eu la possibilité de jouer tous les titres prévus a cause du retard (« Slateman » étant passé à la trappe), etc. on peut dire que ce show de Godflesh a été envoyé comme une lettre à la… post… N’est-ce pas, au final, le plus important : que les maux atteignent leur destinataire ? S-Se


Arch Enemy

Il est 22h30 quand Arch Enemy foule la Main Stage 02. Bien décidé à ravir le public avec son death mélodique, la bande à Angela Glossow est accueillie très chaleureusement par le public de Clisson. La première chose qui frappe lors du début du show, c’est le son de guitare brouillon qui empêche d’apprécier les riffs affutés des frères Amott. La seconde, c’est le look d’Angela : Pantalon noir, t-shirt noir, perfecto en cuir, chevelure blonde au vent… On croirait voir Doro Pesch jeune fouler les planches. Cette impression est encore renforcée par les interventions dont Angela Pesch se fend entre les morceaux : nous demandant de sa voix claire et féminine si nous sommes « ready to rock » et, à l’instar de son ainée, s’égarant dans des diatribes à la gloire de Dieu heavy metal (« It’s a summer night and we are playing heavy metal. It couldn’t get any better »). S’il est difficile de lui donner tort sur le fond, la forme est vraiment troublante. Sorti de ces considérations presque métaphysiques, les Suédois assurent un show correct : le son des guitares s’améliore le show avançant, les soli sont brillamment exécutés, les musiciens sont rodés et hallucinants de précision et le chant d’Angela Pesch continue de s’améliorer et ressemble moins à celui d’une Marge Simpson souffrant d’une angine. Il est pourtant l’élément qui plombe un peu le show. Si la chanteuse ne manque pas d’énergie et occupe brillamment la scène, son chant manque de nuance et rend le show linéaire. Heureusement que des soli de guitare inspirés et brillamment exécutés viennent à point nommé casser cette linéarité. Ca n’empêche pas une partie du public de se désintéresser petit à petit du show, tant et si bien que lorsque le groupe quitte la scène pour déclencher un rappel, le public quitte le site (pensant que le show était fini) au lieu d’acclamer le groupe. Les guitaristes réinvestissent rapidement la scène avant que toute la foule ne se soit dispersée et nous offrent un magnifique duo de guitares tout en feeling et en émotion pour le point culminant du show. Malgré de bonnes intentions et un show carré, Arch Enemy n’a pas réussi à transformer l’essai. Le chant linéaire d’Angela souffre désormais de la comparaison avec d’autres chanteuses autrement plus en voix qu’elle. F-L


Ulver

Ulver au Hellfest, c’est un peu le loup dans la bergerie. Le groupe prend en effet le festivalier métalleux lambda par surprise et l’emporte sur un terrain bancal qu’il ne maîtrise pas, pour mieux le dévorer. Dans l’assemblée on pouvait entendre des « mais c’est ça Ulver ? » quelque peu apeuré. Disons le une bonne fois pour toutes, malgré deux albums de black metal en début de carrière, Ulver n’a plus grand chose à voir avec le monde de la sidérurgie. En effet, la meute de Garm est passée de l’autre côté de la barrière. Pour ainsi dire, elle a même sauté toutes les clôtures à l’horizon pour atterrir sur un terrain encore à défricher.

Mais revenons-en à nos moutons. En ce vendredi soir, c’est avec « Eos » qu’Ulver accueille ses agneaux. Un titre calme et paisible à l’image du clair/obscur Shadow Of The Sun, le dernier album d’où est issu ce merveilleux titre. Un havre de paix s’installe sous la Rock Hard Tent, qui bénéficie pour l’occasion d’un son cristallin rarement égalé par les autres prestations s’étant produites en son sein. L’écran diffuse des images d’Afrique, chaleureuses par leurs tons orangés, relaxantes par leur rythme coulé. Un sentiment de sécurité et de réconfort envahit l’auditeur, tel un bébé dans les bras de sa mère. Après tout, le continent africain n’est t’il pas le berceau de l’humanité ? Notre mère à tous ? Mais le procédé dont use ici Ulver est sournois… Charles Perrault et les frères Grimm en parlaient déjà dans un de leurs contes. Qui ne connaît pas l’histoire du loup qui tente de tromper le petit chaperon rouge, déguisé en sa grand-mère ? D’ailleurs, Ulver en norvégien signifie « loup ». Un indice qui aurai dû nous mettre la puce à l’oreille et permettre de comprendre que cet état de contemplation ne pouvait pas durer. En effet, après un « Little Blue Bird » nuageux, le drame survient : « Rock Massif » déboule sans prévenir, après une transition tribale du plus bel effet, sur fond d’images d’Hitler, de sa jeunesse, de son armée, de son horreur. Encore plus martiales et graves que la version studio, ses trompettes et ses cordes se font assourdissantes, ses percussions nous tabassent à terre et nous laissent pour morts.

Pour la suite, le public lâche prise et se laisse emporter dans un univers abstrait à la David Lynch, en atteste un titre comme « In The Red ». Il n’est plus question de faire marche arrière, la seule porte de sortie est d’aller jusqu’au bout du tunnel. Et au bout du tunnel, justement, c’est la lumière : « Not Save », un long titre instrumental basé sur un thème de piano rhodes cristallin. Répété à l’envi pendant une dizaine de minutes et composé d’une poignée de notes seulement, ce thème est tout simplement beau à pleurer. Tore Ylwizaker berce l’audience au gré des variations d’intensité de ses notes, tandis que Garm fait résonner un gong qu’il frappe puis caresse langoureusement. Puis c’est le silence. Quelques clappements timides se font engendre, se changeant rapidement en une courte ovation (faut pas déconner, il y a d’autres concerts à aller voir…). Ulver est décidément une expérience à part entière. Un groupe qui, par ailleurs, a sans conteste su prendre de l’assurance et se roder depuis son premier concert l’année dernière. Un groupe à revoir vite dans l’intimité d’une salle. S-Se


Fear Factory

Après une intro planante, « Shock », le premier titre de l’album Obsolete (1998), démarre le set des Américains de Fear Factory. On a d’ailleurs l’impression d’assister à un Obsolete Tour avec un enchaînement de trois titres de cet opus, « Shock » – « Edgecrucher » et « Smasher/Devourer », ce qui comble les fans. Ces derniers apprécieront d’ailleurs à sa juste valeur une set-list qui mettra particulièrement en avant l’album évoqué ci-dessus, à l’instar de Demanufacture, le chef d’oeuvre du groupe. Malheureusement la mayonnaise ne prendra pas. La faute à une prestation relativement aseptisée d’une formation peu réputée pour ses performances scéniques. Si Burton C. Bell chante correctement, Byron Stroud et Dino Cazares se contentent du minimum syndical pendant que Gene Hoglan est, lui, toujours aussi impressionnant à la batterie. Résultat : on s’ennuie ferme avec un groupe qui ne parvient pas (le souhaite-t-il seulement ?) à partager sa musique et qui, surtout, ne dégage rien. L’énergie est absente du set et l’ensemble manque de relief. Nous avons en fait assisté à un show trop préparé où les rares moments de headbangs sur scène étaient prévus (« Zero Signal »). Fear Factory est-il encore authentique ? La question mérite d’être posée au même titre que cette demande en mariage incongrue effectuée en direct sur scène par l’un des proches du groupe… Une vraie déception qui prouve que la musique ne suffit pas, ou plus, quand on s’appelle Fear Factory, le groupe venant sur scène comme si il allait à l’usine… D-L


Oil Carter

Alors que Fear Factory mitraille à tout va sans prendre la peine de viser et rate sa cible, une délicieuse odeur de foin braisé se dégage du camping du Hellfest. C’est quoi ? Un feu de la saint jean ? Des campeurs qui font fumer de la cochonnaille sur la paille ? Eh bien non, c’est juste les Toulonnais de Oil Carter qui mettent le feu au Metal Corner – soit dit en passant, lorsque l’on voit la populace dans le pit, on n’était tout compte fait pas très éloigné de la vérité en pensant à la cochonnaille – et procède à une généreuse distribution de baffes. Lorsque l’on va voir Oil Carter on reçoit tout ce dont on attend véritablement d’un concert de Hard/Metal efficace. Aucun effort d’abstraction n’est à faire, aucun jeu de piste pour trouver l’accroche : la musique du quartet est une évidence et sa prestation sans aucune retenue. Les musiciens n’hésitent pas aller au charbon et mettre les mains dans le cambouis. Ils ont déjà l’attitude des grands, à la croisée de Metallica (comment ne pas penser au Hetfield de la fin des ’80 en voyant la prestance de Tof ?) et Guns N’ Roses (notamment Cédric et ses poses de guitar héro à la Slash). Sans compter que le groupe possède déjà ses tubes : « The Bitch Along The Highway » ou « Something Starts Here » et son solo d’ouverture, exécuté par Cédric, le pied sur la wah wah et la Les Paul à la verticale posée sur la cuisse.

Alors, oui, il y a eu quelques soucis techniques, mais ceux-ci sont toujours pris avec humour et déconne, voire sont mis à profit pour le show. Ce fut le cas lorsque Renan a cassé la corde de Do de sa basse : ce n’est pas grave, c’est la rock n’roll attitude et le bougre s’est immédiatement mis à adapter et improviser ses lignes de basse sur les trois autres cordes plus aiguës pour finir le titre. Résultat, à la fin de ce dernier, l’assistance est gratifiée d’un petit jam bluesy le temps que le bassiste change sa corde.

En trois Carter… heu… quarts d’heure les Toulonnais ont réussi à convaincre un public dont les rangs ne cessaient de croitre à chaque minute. On peut aussi mentionner un final hilarant, pendant lequel des amis du groupe, visiblement éméchés, sont montés sur scène faire une petite apparition surprise, plumeau entre les fesses et parties génitales au vent.

En réalité, c’était ça la tête d’affiche de ce vendredi ! C’était Oil Carter sous la tente du camping ! Blague à part, n’hésitez pas la prochaine fois à aller faire un petit tour au Metal Corner, il y a de belles surprises à avoir. N’y voyez pas encore un énième discours du type « les gros n’ont pas besoin de vous, venez soutenir l’underground et les petits groupes ». Non. C’est juste que les pépites d’or, pour les découvrir, il faut souvent chercher dans la boue. Et là, cette année, il y en avait une tellement grosse qu’il aurait fallu être aveugle pour la rater. S-S


The Devil’s Blood

La Terrorizer Tent revet un manteau funèbre alors que The Devil’s Blood se prépare à entrer en scène. Quelques fans un chouïa éméchés et bruyants se font copieusement insulter par l’audience alors que les techniciens allument une cinquantaine de bougies sur la scène. En attendant un show de The Devil’s Blood, on se tait et on se recueille. A minuit, ce sont neuf musiciens qui entrent en scène, maculés de sang – exception faite des 3 choristes encapuchonnées dans une robe de bure noire. Les deux guitaristes solistes arborent quant à eux un complet santiags / jean noir / perfecto en cuir (porté à cru) ensanglanté pour un effet des plus réussis. Quand enfin, Farida (chant) entre en scène dans une robe rouge lui comprimant la poitrine, l’ambiance est déjà installée et dès les premières notes, une partie du public se perd dans les méandres des compositions du groupe. Même si la majorité des musiciens sont issus de la scène black metal, on pouvait se demander l’accueil qu’allaient réserver les festivalier à ce groupe assez éloigné des contrées métalliques.

Le rock très typé « années 70 » que nous proposent les Hollandais fait pourtant mouche et la foule ne fera que se densifier durant les 1h40 de show. A ce titre, il faut savoir que ce groupe aura été, après Kiss, celui jouant le plus longtemps de ce festival. Niveau show, on a eu droit à une ambiance travaillée à base de lumières tamisées du plus bel effet, de bougies réparties sur les amplis et de deux backdrops reprenant le logo du groupe sur leur second EP Come, Reap. Le son est quasi irréprochable. Seuls les ch?urs sont difficilement audibles. Les guitares ont un son très roots, forcement typé seventies, et tout autant halluciné qu’hallucinant. Farida est très en voix et sa gestuelle tout autant que son immobilisme pendant les longs soli de Selim (guitare) renforcent encore plus l’ambiance du concert.

En parlant de solis, ceux-ci ont véritablement sublimé les chansons. Beaucoup plus présents que sur CD, ils viennent rallonger les chansons et développer encore plus leur atmosphère. Presque aucune chanson n’a duré moins de 10 minutes (quand la durée moyenne sur CD est de 4/5 minutes). La construction des solos était par ailleurs assez originale. Souvent, dans les groupes composés de 3 guitaristes, l’un joue le rythme en boucle pendant que les deux autres se renvoient la balle sur les gammes du rythme. Ici, on avait une hiérarchie dans les tricoteurs de manche. Salim Lemouchi, le fondateur du groupe, mène seul les solos – choisissant la gamme sur laquelle ses doigts vont s’affairer. Le second improvise en superposition aux solos de Salim. Ce côté improvisé donne naturellement lieu à quelques ratés où, par exemple, épiant les faits et gestes de Salim, le second guitariste attaque un solo sur une gamme et au même moment, Salim décide de changer de gamme. Mais ces légers problèmes n’entachent en rien le show. Au contraire, la fraicheur et le plaisir de voir des musiciens improviser sur scène donne du charme à ces ratés.

Ce concert est une réussite telle qu’il parvient à imposer le silence à un public hypnotisé. Pas évident pourtant d’intéresser 1h40 durant un public majoritairement composé de festivaliers ne connaissant pas la musique que pratique Devil’s Blood. Mais les curieux tout comme les connaisseurs se sont laissés subjuguer, entraîner, ont perdu la notion du temps et sont entrés dans une sarabande d’une beauté diabolique proposée par le groupe. Le set se termine sur une version de presque un quart d’heure de « Christ Or Cocaine » et c’est tout tremblant et les yeux humides que votre serviteur sort de la Terrorizer Tent pour aller assister à un show de Marduk déjà bien entamé par les 40 minutes de musique supplémentaire que se sont octroyés les Hollandais. Incontestablement un des meilleurs concerts de cette cuvée 2010. Fl-F


Biohazard

La déception Fear Factory passée, le public a la chance de se refaire la cerise avec Biohazard. Le set démarre par les accords d’une guitare acoustique et devient grand par la présence d’Evan Seinfeld et Billy Graziadei, deux chanteurs qui transmettent une incontestable énergie au public. Les Biohazard ont de l’envergure scénique. Ca bouge à fond et c’est plaisant à voir. Le public ne s’y trompe pas et les circle-pit se font de plus en plus nombreux côté fosse. Signalons aussi le remarquable travail de Danny Schuler, le batteur du groupe new-yorkais, à la précision diabolique. La performance de Biohazard nous aura donné une belle définition du terme « conviction », qu’elle soit musicale ou liée à l’attitude dégagée par la formation américaine. Biohazard, à la différence d’un Fear Factory, a su rester sincère. Les deux moments forts que furent « How It Is » et « Punishment » le prouvent encore une fois. Décidément, la foi ne s’achète pas. D-L


Marduk

Comment succéder à la claque monstrueuse prise lors du concert de The Devil’s Blood ? Difficile d’imaginer qu’une telle prouesse soit faisable. Et sur ce créneau, Marduk se plante lamentablement. Cependant il serait réducteur de dire que Marduk n’a raté que la transition après The Devil’s Blood puisque c’est tout le show qui s’est vautré dans la médiocrité. Il semblerait qu’avant l’arrivée de votre serviteur, Morgan (guitare) ait rencontré des problèmes techniques et que, dans un accès de colère, lui et Mortuus (chant) soient sortis de scène menaçant d’annuler le show. Tant de respect pour les fans laisse pantois (n’est pas Agnostic Front qui veut)…Mais le foutage de gueule ne s’arrêtera pas là. Le groupe, pourtant rodé sur scène, jouera avec un son, tantôt mauvais, tantôt atroce, desservant la musique déjà chaotique des Suédois. La scène est tout simplement vide. Aucun élément de décor n’a été apporté, exception faite d’un backdrop que le groupe prendra soin de rendre invisible durant la majorité du set. A cela s’ajoute encore un lightshow complètement inapproprié composé de lumières de couleur violette, bleu ciel, vert clair et blanc immaculé. Si telles lumières n’auraient pas juré dans un show de Sonata Arctica, qu’en dire en parallèle d’une musique sombre, malsaine et guerrière telle que celle proposée par Marduk ? Exception faite de quelques fans hardcore du groupe qui ont quand même réussi à prendre leur pied avec ce show indigne, la majorité des festivaliers ont rapidement passé leur chemin. Probablement à revoir dans de meilleures conditions, mais ce vendredi soir, Marduk a définitivement raté son set. Fl-F

Live reports et photos :

D : Doc
S : Spaceman
L : Lost
F : Fox
Fl : Florian
Se : Seb



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  • Je trouve le LR de Flo sur Finntroll juste. Je suis fan de Finntroll depuis presque 10 ans et j’attendais avec impatience de les voir sur scène. Hé bien, aussi bien pour la Pagan Fest et que pour le Hellfest, je me suis fait chié.
    Les gars « sourient », pourquoi pas, mais bon… niveau animation hormis Vreth, ça bouge pas.
    Vreth est un bon chanteur mais il n’a pas la voix profonde et la présence physique de Wilska. Quand je voyais Wilska (sur des vidéos live ou des clips), je voyais un troll : un mec costaud voir gros, poilu et pas un canon de beauté (c’est pas méchant hein). Vreth est un beau jeune homme, svelte et glabre.

    Et ne faites pas les vierges effarouchées en lisant mon com’ : « le plus important c’est la musique, pas l’aspect des musiciens… »
    Blablablah, du flan, quand tu vois Zakk Wylde, Johan Hegg ou Mortuus dans un autre registre, tu ne peux nier que le physique est une part du charisme développé par le musicien, qui plus est dans une musique « couillue ». Sur cd ça ne change rien mais en live ça joue.

    Concernant l’interprétation des titres, le son et le rendu, a Lyon c’était moyen et au Hellfest c’était très moyen.

    [Reply]

  • @tous:

    À Radio Metal, on permet ce qu’ailleurs on interdit, à savoir: faire de la pub sur un site sans se présenter.

    Regardez: cliquez sur mon nom et vous accéderez aux podcasts, dont ceux du magnifique Captain Spaulding’s Bizarre Freaky Circus!

    ps: en fait, je me suis déjà présenter depuis longtemps, suffit de jeter un ?il au forum de RM: http://www.radiometal.com/discussion-board/viewtopic.php?t=2621

    Silas, criminel dans la loi.

    [Reply]

  • Euh la chanteuse de Walls of Jericho c’est Candace Kucsulain et pas Candice (ça c’est dans Eths ;p).

    [Reply]

  • En effet, la nouvelle formation de Fear Factory avait de quoi inquiéter.

    On veut Christian et Raymond !!!

    [Reply]

  • Margoth/RM dit :

    @Josh: Chargé de comm’ n’est qu’une partie de mon rôle sur le site. Et ce n’est pas celui où je prends le plus de plaisir, je l’avoue, mais là n’est pas la question.

    Pour moi, il ne s’agit pas d’une question de politesse. Pour moi, un forum de fan-club d’un groupe aime avoir des informations sur leur groupe, que ce soit des interviews, des live report ou des concours. Du coup, cela va aussi vite de directement mettre le lien comme ça, plutôt que d’agir à envoyer un mail et tout. Après, dans mon idée, si tu agis comme ça, cela signifie que tu sélectionnes les infos à mettre sur le forum (donc ne mettre que les côtés positifs par exemple). Après, ce n’est pas comme si je m’étais ramenée comme une fleur pour dire: « rendez-vous sur radiometal.com pour vous prendre une bonne dose de brutalité dans les oreilles » qui est strictement de la publicité gratuite (et inutile?). Là, au moins, il y avait une cohérence entre votre forum et l’article en question.

    Mais bon, comme tu l’as dit, nous n’avons peut-être pas été élevé de la même manière et je m’excuse si cette intrusion t’as tant gêné que cela. Voilà mon point de vue à ce sujet et je pense qu’il doit rejoindre plus ou moins celui de Metalo.

    [Reply]

  • Metal'o Phil/RM dit :

    La politesse n’a rien à voir avec cet excès de formalisme. Depuis quand faut-il demander la permission à quelqu’un avec qui on veut partager une information ? On la partage et puis c’est tout. Ce n’est pas une agression, que diable ! La seule règle à respecter selon moi est de le faire avec le respect de l’organisation du forum. Par exemple ne pas créer un topic pour un report s’il y a un topic « liste des reports de Finntroll ». Ou alors ne pas flooder.

    Je ne pense pas que le forumeur lambda qui trouve un article sur Finntroll sur le net demande la permission aux modérateurs de le poster sur le forum, il le poste pour le faire partager et pour en discuter avec les autres, c’est tout. Pourquoi nous autres médias ne pourrions-nous pas jouir de la même liberté ?

    [Reply]

  • Margoth : Beaucoup de site et forum procède pourtant de la même manière que nous et c’est comme cela dans notre règlement après si tu ne comprend pas ces principes de politesse et d’éthique c’est qu’on a pas été éduqué de la même manière. Je veux bien que l’on fasse de la pub chez nous mais un mail ou mp pour demander ça coûte rien, quand on a lancer nos sites on a demandé à chaque personne où l’on faisait de la pub leur aval et moi aussi ça m’a pris une journée complète voir plus pour le faire mais quand tu es passionné c’est un plaisir si ça te rebute c’est que ce n’est pas autant un plaisir que ça.

    [Reply]

  • Margoth/RM dit :

    @Josh: Cela fait un petit moment que je tiens ce rôle. Et laisse moi te dire que tu es le premier à « crier au scandale ». Par exemple, le fan club français de Karelia a été très sympathique quand je leur ai relayé l’info de l’interview du chanteur du groupe à l’antenne. Arch Enemy France aussi… Et j’en passe. J’ai beau ne pas me présenter ni rien, je pense que chacun a réussi à déduire ce que j’étais venu faire là et je ne devais pas être la seule à le faire. Enfin, après, si tu n’es pas content et que tu n’acceptes pas cette manière de procéder, retire ce fameux compte, ce n’est pas moi qui criera au scandale pour ça.

    [Reply]

  • Metal’o Phil : Comme font de nombreux webzines, ils nous envoient un mail pour savoir s’ils peuvent mettre un lien de leurs chronique ou report etc… C’est de la politesse tout simplement.

    Flo : Après cela dépend ou tu étais placé également, à l’arrière j’ai constaté pour des groupes que la qualité sonore était moins bonne derrière que devant notamment Ensiferum et Arch Enemy. Après concernant Virta et Beast, ils sont toujours plus ou moins comme ça en live mais c’est dû a leurs timidité.

    [Reply]

  • Je sais pas, j’ai pas eu l’impression de me payer le groupe gratuitement.

    Je me suis porté volontaire pour le couvrir car j’aime vraiment ce qu’ils font. C’est peut être parceque j’avais de grosses attentes que j’ai été déçu, et critiquer un son mauvais et un batteur et un clavièriste amorphe, je ne penses pas ça gratuit. Y’a deux groupes qui m’ont dèçu sur le fest : finntroll et marduk.

    En même temps, pour avoir pas mal discuté avec des festivaliers lambda à la fois sur le fest et dans le voyage en car me ramenant chez moi, beaucoup sont tombés d’accord sur ces deux groupes au rayon des prestations qui ne l’ont pas fait.

    Aprés, tu sembles être un vrai Fan du groupe, et si tu peux apprécier leur prestation même quand elles sont imparfaites – pour ne pas dire mauvaises – aux yeux du profane, je ne peut qu’être heureux pour toi : il n’y a rien de pire que passer un mauvais moment dans un concert où on pensait se faire plaisir. C’est ce qui m’est arrivé à ce concert, et tu remarquerta que je n’attaque pas la musique du groupe dans ce papier, simplement ce show.

    [Reply]

  • Metal'o Phil/RM dit :

    @ Josh : Un mail pour demander ? mais pour demander quoi, voyons ?!
    Pour demander l’autorisation de vous informer qu’il y a un article qui pourrait vous intéresser ?

    [Reply]

  • Metal’o Phil : Dans ce cas suffit d’envoyer un mail pour demander c’est une question de politesse. Plusieurs webzine le fond chez nous.

    Flo : Descendre, j’veut bien quand c’est argumenté et constructif ce qui n’était pas le cas là.

    [Reply]

  • Sauf que là c’est le cadeau empoisonné : ca pointe vers un lien qui descend leur groupe préféré xD

    Blague à part, merci pour les précisions concernant la coquille dans le texte. Toutes mes confuses à ce sujet.

    [Reply]

  • Metal'o Phil/RM dit :

    @ Josh : Margot est notre responsable comm sur les forums, myspace, facebook, etc.

    Je comprendrai que tu te plaignes qu’un internaute s’inscrive sur ton forum et commence à échanger avec les autres sans même se présenter. Cependant, son rôle n’est pas de tchatcher sur tous les forums sur lesquelles elle s’inscrit, sinon elle n’en aurait pas fini, je pense que tu le comprends aisément. Son rôle est d’informer les forumeurs, de véhiculer un lien susceptible de les intéresser. Le principe d’un topic de présentation sur un forum est d’en savoir plus sur les gens avec qui tu vas échanger. Je ne pense pas que Margot ait manqué de politesse en ne se présentant pas alors que l’objectif n’est QUE de transmettre une info et pas vraiment de dialoguer. C’est du bon sens.

    Car, oui, c’est une information : Ce n’est pas QUE de la pub pour Radio Metal. C’est le partage d’un lien qui intéresse tes forumeurs, la preuve tu es là !Pourquoi faut-il toujours considérer la pub comme le diable ? Ca me rappelle les modérateurs d’un forum d’un certain groupe qui se plaignaient que l’on se soit inscrit JUSTE pour créer un topic sur un concours que l’on organisait et qui permettait de gagner des places pour un concert du groupe en question. Il me semble que c’est quand même sympa comme info ! Si j’étais un fan de Finntroll je serai bien content que quelqu’un m’indique un lien vers un article sur le groupe !

    [Reply]

  • Margoth/RM dit :

    @Josh: Si je me souviens bien, tu devais être dans le forum français de Finntroll, je me trompe? Donc oui, c’est moi la personne fautive de: « t’inscrire pour faire de la pub pour l’article de Radio Metal sans te présenter dans la partie adéquate ». Donc petite information pour toi, pense ce que tu veux, je me dis que c’est limite de faire ça, pas de présentation et tout de but en blanc mais sache que c’est mon rôle pour ce site. Je viens de me coltiner toute l’après-midi à faire le tour de tous les groupes qui apparaissaient dans l’article. Vas-y, je te laisse faire quelque chose de similaire et tu verras un peu le temps énorme que ça prend (entre facebook, myspace et les forums) donc si je devais commencer à participer activement à tous les forums auquel je m’inscris, je sais pas, plus de vie sociable peut-être?

    Désolée de ma réponse qui peut paraître un peu brutal mais j’ai sacrifié tout mon dimanche pour ça, à rester enfermée alors que le soleil t’incite à sortir te boire une bière en terrasse, à faire quelque chose dans l’idée qui est bien rébarbative. Donc, ça m’énerve légèrement de voir ce genre de commentaire (de quelqu’un qui ignore beaucoup de faits dans l’histoire).

    Quoique non, à la limite, le fait que tu montres ton mécontentement a du bon. Donc si je comprends bien, j’évite ton forum pour Eluveitie (vu que les 2 groupes sont réunis)? 🙂

    [Reply]

  • Et bien écoute, tant mieux si tu as apprécié la prestation de Finntroll. Je ne l’ai pas aimé, je ne vois pas pourquoi je devrais raconter que je l’ai aimée juste pour dire du bien de tout.

    Pourtant, crois moi ou pas, mais j’aime la musique de Finntroll. Simplement, je pense qu’en voulant remplacer au pied levé Walls Of Jericho ils sont passés à côté de quelques réglages. Ce que j’entendais ne ressemblait pas du totu à ce que j’attendais dans le sens ou c’était pas super équilibré.

    Aprés, pour la boutade sur l’ébriété des fans, le groupe en joue : c’est festif, ca donne envie de danser et de boire, j’avais des mecs complètement torchés a côté de moi qui semblaient s’éclater sur les titres bien hummpa et bien à contretemps. Tant mieux. Mais en comparaison des autres groupes qui se sont produit sur la MS02, ils avaient vraiment un son cradingue et moi ça m’a gâché mon concert (c’était la premiére fois que je les voyaient live et j’attendais beaucoup plus).

    Sinon, qui s’est inscrit sur quel site sans faire de pub?

    [Reply]

  • Déjà t’inscrire pour faire de la pub pour l’article de Radio Metal sans te présenter dans la partie adéquate, j’trouve ça limite et doublement quand je lit ce qui est écris sur le live report qui montre bien que plus le temps passe plus RM devient de plus en plus un torchon et bourré d’erreur.

    [quote]Cette attitude est louable, mais les trolls ne semblent pas si bien préparés que ça et vont délivrer une des plus mauvaises prestations de cette cuvée 2010 du Hellfest.[/quote]

    On a vraiment pas du voir le même groupe ou alors rachète toi des oreilles et/ou des yeux.

    [quote]Le son restera brouillon tout le set, rendant les compositions du groupe quasi méconnaissables. Pire, le clavier est tellement sous-mixé que, même en tendant l’oreille, il est impossible de l’entendre.[/quote]

    Seulement au début, personnellement j’ai reconnu tout les morceaux au premier rang. J’admet qu’il y a eut des fausses notes sur Jaktens Tid.

    [quote]Ce statisme pourrait ne pas être dérangeant si certains ne tiraient pas une gueule d’enterrement.[/quote]

    Le groupe était souriant tout le long et communiquait avec le public, concernant Beast, j’connais pas beaucoup de batteur qui ne sont pas « statique » sur scène.

    [quote]L’état d’esprit de Trollhorn (clavier) ne laisse de son côté que peu de doute : il se fait royalement chier.[/quote]

    C’est pas Trollhorn mais Virta. Car Trollhorn ne fait plu les tournées depuis bien longtemps, faudrait peut être te renseigner un minimum avant.

    [quote]Reste que la musique du groupe – de par ses influences Humppa – arrivera à faire danser les fans les plus éméchés sur « Trollhammaren » et quelques autres titres aux rythmes festifs.[/quote]

    Bravo la mentalité faut avoir un coup dans le nez pour s’amuser sur du Finntroll, continue comme ça tu vas pouvoir écrire sur M6.

    [quote]Les claviers parviendront enfin à se faire (très légèrement) entendre après les rappels, mais il est trop tard et lorsque le show se finit, c’est le goût amer de son début catastrophique qui reste en bouche.[/quote]

    Euh, tu peut me dire a quel moment y’a eut un rappel car y’en a pas eut. A moins que tu ne sachent pas ce que c’est.

    [Reply]

  • La journée du vendredi a vraiment été folle. DOmmage que j’ai raté quelques concerts qui sonnent très alléchants 🙂

    [Reply]

  • Margoth/RM dit :

    Et c’est quand je vois ça que je suis trop dégoûtée de ne pas avoir pu être présente (dit-elle avec une larme à l’oeil). Ne serait-ce que pour la présence de certains groupes. Biohazard dont je connais la musique depuis un certain temps maintenant et qui m’a toujours impressionnée de par l’énergie qu’ils arrivent à transmettre simplement avec leurs compos (en live je n’ose imaginer). Sigh auquel j’ai beaucoup de respect sur la diversité de leur discographie et leur démarche artistique (dommage qu’il a fallu attendre autant de temps pour les voir en France). Sepultura que je n’ai jamais eu la chance de voir en live et qui doit en jeter (bien plus que Soulfly ou Cavalera Conspiracy), surtout vu leurs albums les plus récents. Walls Of Jericho qui a été MA découverte du Hellfest 2007 (doublé d’une grosse claque). Ulver dont j’ai déjà pu voir des live report et qui m’intriguent bien au niveau de leurs prestations. Infectious Grooves, eh bien que dire, culte quoi! Et enfin, Ihsahn, artiste auquel je voue un grand respect (un peu à l’image de Peter Tätgren), sans compter le charisme incomparable qu’il dégage à lui tout seul.

    Enfin, la liste serait trop longue, je préfère m’arrêter là mais voilà, pour tous ceux qui y sont allés, j’espère que vous avez pu apprécier cette affiche énormissime à sa juste valeur(pas pour ses gros noms mais pour sa qualité dans son ensemble) ^^

    [Reply]

  • breizhfox dit :

    Merci pour ces petits souvenirs. Arrivé un peu tard pour les mass hysteria…

    Excellents infectious, sepultura, arch enemy (non pas déçu), sick of it all…

    pour biohazard et Fear factory, la bière commençait à faire un effet certain …

    Excellent Hell fest en tout cas …

    [Reply]

  • Drunkgromit dit :

    Complètement d’accord avec les live report des concerts que j’ai pu voir. Fear Factory qui ne retransmet rien, God Flesh ou MA grosse déception du festival mais Infectious Grooves qui fait le meilleur concert de la journée et l’un des meilleurs du fest, Crowbar qui se la joue rouleau compresseur et Biohazard qui impose le respect (même aux non fans du genre) … Beau boulot par l’équipe de rédaction =).

    [Reply]

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