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CR De Festival   

Hellfest 2012 : fil rouge de la journée du vendredi 15 juin


Suivez dès maintenant via nos trois plate-formes éditoriales – le site de Radio Metal, notre page Facebook et notre compte Twitter – pour savoir tout du Hellfest 2012 et obtenir nos impressions à brûle-pourpoint. Nous vous conseillons de recharger cette page régulièrement car nos informations sont mises en ligne en temps réel. Par ailleurs, sachez que les live reports de ce fil rouge seront enrichis quelques jours après le festival et nous vous proposerons également, a posteriori de l’événement, des galeries photos entièrement consacrées aux prestations des artistes.

Nous y sommes !

10h39 : Notre équipe s’installe sur place dans l’espace presse et ouvre ses mails. Oh tiens Florian, qui travaille pour Radio Metal, nous avait envoyé un message dans la nuit en provenance du camping… On vous le fait partager : « News express du camping ! Il est 5h et depuis quelques heures, plus personne ne hurle a l’apéro. Des voisins se sont cependant mis a crier des choses horribles dont la perversion n’a d’égale que l’atrocité. Ces « invocations » contre-nature semblaient vouloir dire « Hammerfall ! Hammerfall ! Hammerfall ! Hammerfall !». Espérons que l’alcool soit en cause… »

10h43 : Les groupes Betraying The Martyrs, Trepalium et Celeste ouvrent le festival.

10h52 : On se dirige vers la grande scène pour Alpha Tiger. Sinon sachez qu’il fait un temps correct sur Clisson mais apparemment il va pleuvoir un peu plus tard dans la journée…

Espace Presse

11h15 : Le temps est en fait idéal s’il ne pleut pas. Car le ciel est complètement voilé et la température clémente. Devant les Mainstages il y a de l’herbe et quand on revient du Download c’est juste… incroyablement génial !

12h20 : Alpha Tiger a proposé sur la Mainstage 1 un show typiquement heavy metal. Les jeans serrés étaient de sortie lors de ce concert où la voix du chanteur était suraiguë et sacrément lassante au bout de deux chansons. Mais les Allemands incarnent la joie de vivre et leur set fut plaisant malgré le gros point noir évoqué juste au-dessus. Parlant en français, le combo a également signalé la sortie prochaine de son album en septembre avant d’interpréter un nouveau morceau. On enchaîne avec Hamlet qui a fait partie des grosses claques de ce début de festival. L’intro qui retenti sur la Mainstage 2 est à l’image du backdrop du groupe qui met en avant un crâne : terrifiant ! La musique d’Hamlet est une sorte de mélange entre Black Label Society et Deftones intelligemment retranscrit. Malheureusement, le premier morceau a été victime de gros problèmes de son puisqu’on entendait pas du tout le chanteur ! Dommage car l’intro doom mélancolique était sacrément prenante… et on attendait justement d’entendre le frontman ! Ce dernier est d’ailleurs très vite allé sur les côtés se plaindre de la situation. Logique. Bougeant très bien, le groupe espagnol a largement convaincu l’audience et au bout de 30 minutes notre opinion est faite : il faut vite revoir Hamlet et ses compos puissantes et mélodiques sur scène !

12h24 : Sous la tente Valley (par ailleurs très éclairée) vient de se produire Doomriders, pour la première fois en France, comme le précise le chanteur. Doomriders, c’est un peu comme si Converge avait décidé de faire du stoner. Le groupe comprend dans ses rangs justement Nate Newton, le bassiste de Converge, que l’on retrouve ici à la guitare et au chant. Dans l’esprit, c’est donc presque aussi intense, notamment avec une voix hardcore, mais avec une sensibilité nettement plus rock n’roll, des soli digestes et inspirés. Scéniquement, l’expérience est toute aussi physique, si ce n’est un bassiste quelque peu statique. La communication est minimale, mais peu importe : ce que l’on veut, ce sont des riffs, du gros son et cette énergie. La communication se fait par le partage de cette énergie dégagée. Le chanteur adresse, en milieu de set, à son public une réplique forcément fédératrice : « Prêts pour tout un weekend à être ivres ? » Le set se conclut par un morceau de grande classe, introduit par un riff répété à l’envi soutenu par une rythmique de toms. L’adhésion du public aura été totale.

12h25 : SMS de Metalo : « Je viens de croiser un lapin d’un mètre 70 avec un appareil photo. Ce détail me semble essentiel ».

Le superbe carré VIP

12h45 : Deux heures plus tôt, les groupes Betraying The Martyrs, Trepalium et Celeste ont ouvert le festival. Derrière la Mainstage 02 sur laquelle se produisait Betraying, on a aperçu Stéphane Buriez (Loudblast), regardant la prestation. Le gratin du metal est au Hellfest, forcément. Les énergiques et souriants Betraying The Martyrs ont donc quitté la scène après avoir réussi dès le réveil à provoquer plusieurs circle pits ainsi qu’un Wall Of Death. Les Français, avec leur metalcore par moments complexe et technique accompagné d’une gestuelle très visuelle rappelant parfois le crabcore, auront efficacement réveillé un public légèrement et légitimement timide sur les premiers titres. Public néanmoins moins important que celui présent pour Trepalium. Le son est puissant. Un peu trop : la basse est beaucoup trop mise en avant et peu audible, donnant certes de la puissance aux rythmiques mais nuisant aux mélodies. Difficile ainsi de saisir certains des refrains clairs. On notera également une caisse claire et des toms pas assez sonorisés par rapport à la grosse caisse. Pour l’anecdote, le groupe compte un binôme de chanteurs. Un binôme dont le principal n’est pas français et s’exprime en anglais au public tandis que Victor, aux claviers, parle lui dans la langue de Molière. A ce titre, on peut regretter le manque de synergie entre deux frontmen pourtant charismatiques.

Les charentais de Trepalium ont réussi à fédérer le public malgré l’heure matinale, comme en témoigne un Altar plein dès la moitié du set. En dépit de divers problèmes techniques présent lors des balances, le son était bon, habillant parfaitement le death groovy de KK et sa bande. Un bémol cependant pour le chant, parfois trop en retrait. Au fur et à mesure du show, la température est montée, au point que Cédric (chant) tombera la chemise, nous exhibant son corps svelte aux abdos saillants. Par la suite, Yanikoon (déguisé en clown) a rejoint le groupe sur scène pour interpréter le morceau « Sick Boogie Murder ». Cédric sera aussi rejoint par Loïs, un ami fêtant ses 30 ans aujourd’hui, pour clore le set par « I’m Broken » (Pantera). Un sans faute pour le groupe qui a brillamment réussi à donner le coup d’envoi de cette édition 2012 du Hellfest.

12h50 : « Mais p*tain. Mais p*tain. Mais merde quoi ! » hurle le bassiste de Bukowski en fin de set, émerveillé par l’énergie déployée par le public. Le stoner rock de Bukowski a fédéré le public par son efficacité, mais aussi par la fraternité qui s’est créée. Lorsqu’on assiste à un concert de Bukowski, on a l’impression de participer à une partie de pétanque entre potes et/ou en famille. Le trio est ce groupe que l’on regarde fièrement en se disant « ils sont de chez nous ». Après « The Midnight Sons », le chanteur Matthieu lève les deux bras aux ciel. Un geste émouvant, comme pour dire « Après toutes ces années de galère, on y est arrivés ». Le groupe est énergique et charismatique, bien que l’on constate avec étonnement que c’est le bassiste chargé des choeurs, frère de Matthieu, qui communique le plus avec le public entre et pendant les morceaux (on ne l’entend cependant pas assez). Il semble particulièrement à l’aise et s’approche régulièrement du public, lui souriant comme si c’était une famille. Le batteur est également très à l’aise, tandis que Matthieu est plus en retrait. Seul bémol de la prestation, ce lointain mais présent sentiment d’avoir affaire à un groupe un peu trop pro et à la prestation un peu trop millimétrée, en rupture avec cet esprit franchouillard évoqué plus haut. A cet infime et très inconscient détail près, c’est une impression positive qui reste, après les sincères remerciements du groupe au public dans une fin de set clôturée par un riff des plus lourds.

13h30 : Atmosphère hypnotique sur la tente Valley avec le sludge obsédant et par moments éprouvant de Thou. Le genre de concert à regarder les bras ballants, la bouche ouverte et le corps vacillant, provoquant un état second. Le chanteur – pardonnez moi le cliché -, maigre, au crâne rasé et au regard possédé, pourrait être chanteur de Black Metal. Le groupe ne communique quasiment pas avec l’audience, probablement par timidité. Il est néanmoins agréable à regarder, car totalement dans son trip. Thou se fait plus souriant et communicatif en fin de concert. Le groupe distille de bons riffs lourds et crée de judicieuses ruptures (accélérations ou ralentissements de tempi). Si la prestation est par moments soporifique par la nature hypnotique des titres, elle reste globalement une expérience forte. Le troisième titre se démarque quelque peu des autres, introduit par un arpège hypnotique débouchant sur un titre de Black Metal lent, éthéré et contemplatif dans la noirceur et créant l’atmosphère de néant d’un monde où l’humanité aurait totalement disparu. Le choix du dernier titre, plus rapide et pêchu et néanmoins toujours aussi lourd, est une conclusion judicieuse.

15h03 : Maintenant nous allons vous parler de tous les groupes qui se sont produits au Hellfest depuis ce matin. On démarre donc avec Celeste. Le groupe originaire de la région Rhône-Alpes s’en est bien sorti en ouvrant la Valley avec, dès les 5 premières minutes, un évanouissement dans le public ! Quel démarrage ! Des stroboscopes ultra-présents devant une centaine de metalleux déjà plein de bières ! Céleste fait partager un son qui comporte une profondeur rappelant Tombs et Shining. Un bon concert d’ouverture. Cinq minutes plus tard Strong As Ten ouvre les festivités sur la Warzone ! Et le terme « festivités » n’est ici pas usurpé car ce show respire la joie et met la patate pour aborder la journée avec le plein de bonne humeur. Légère et sautillante, l’attitude scénique du groupe est appréciée du public. Un bon concert vitaminé entre thrash, punk et québecquoiseries effectuée par des musiciens tous en short de bain. Yeah!

Peut-on s’attendre à une vraie cascade au Hellfest 2013 ?

15h14 : Benighted est définitivement l’un des piliers de la scène brutal death comme le démontre la très forte affluence de ce set clissonnais. Messieurs les nabots retardataires, inutiles de vous presser et de vous désarticuler : vous ne verrez rien ! Par contre le son est bien palpable et les très bons morceaux « Slut » et « Identisick » recueillent les suffrages du public même si ce dernier restera gentillet, réceptif et slammeur. Par contre pas de circle pits matinaux : mais que se passe-t-il ?

15h22 : Barbouillés de sang de porc fraîchement égorgé et arborant diverses ustensiles pointus de quincaillerie, Merrimack nous livre un black metal conventionnel et tel qu’on pouvait s’y attendre. Quelques passages de groove viennent varier l’ensemble avec un son grave et cru à souhait. Mais bon c’est du black metal donc ça fait « bwaaaaaa » un peu comme le metal d’ailleurs qui fait aussi « bwaaaaaa ». Mince mais quelle est la différence alors ? Eh bien justement les amis, elle est là la nuance, dans la manière de faire « bwaaaaaa ». Bon allez on arrête de vous embêter, très chers fans de metal, et on poursuit avec Black Bomb A qui se produit sur la Mainstage 2 devant une audience nombreuse et motivée. Cette dernière n’hésite pas à s’amuser dans de vastes circle-pits. Si la setlist couvre toute la discographie, les grains de voix des deux chanteurs se ressemblent énormément. Cela ne nous empêchera toutefois pas de prendre notre pied avec les tubes du groupe que sont « Look At The Pain » ou « Mary ». Un concert énergique comme on aime.

15h35 : Vous êtes fatigués ? Hmmmmm… nous avons une solution pour vous et elle s’appelle Vitamin X. On vous jure : elle va vous remettre d’aplomb avec son gros punk hardcore en provenance des Etats-Unis. On note également des passages rock’n’roll sans concessions même si on ne comprend pas grand chose à l’ensemble. En même temps on sait pourquoi on a fait le déplacement dans la Warzone ! Grosse ambiance lors de ce set où la fosse était en feu malgré la boue jusqu’aux chevilles… Vitamin X a l’art de mettre une grosse ambiance avec ses compos qui se prêtent bien aux pogos. Quelques minutes plus tard, Victims propose sur la même scène son thrash hardcore qui défile à fond la caisse. Notons la présence d’un bon son exceptée la voix trop mise en avant. Quelques blancs entre tous ces morceaux qui se ressemblent beaucoup les uns les autres ne nous empêcheront pas de savourer un superbe lightshow.

15h40 : Sur la scène Temple, Belenos a servi un set de qualité. Sans backdrop et avec une mise en scène dépouillée, le groupe arrive à développer son ambiance typique. Loïc au chant communique un peu mais le véritable élément faisant la différence est une playlist variée et intelligente qui alterne morceaux atmosphériques aux teintes celtiques mélangés à du raw black. Le groupe passe en revue l’intégralité de sa discographie, le tout servi par une production perfectible (en ce qui concerne les guitares) mais malgré tout bonne dans son ensemble avec une batterie plus percutante que sur cd. Les guitares furent quant à elles plus tranchantes et le chant légèrement plus agressif, ce qui a d’ailleurs insufflé une nouvelle dynamique aux morceaux sans pour autant les dénaturer.

Au coeur du fest’

15h47 : Avant le concert de Solstafir, une question se posait : comment le groupe allait-il parvenir à retranscrire l’ambiance éthérée et mélancolique de ses albums sur scène, et en plein jour, dans le cadre d’un festival ? Déjà il faut savoir que les Islandais ont pris leur temps pour installer l’ambiance puisque le premier morceau n’a commencé qu’après plus de 5 minutes d’une longue montée en régime introductive. Mais après 4 titres, le public était déjà conquis. Mon voisin dira d’ailleurs : « Magnifique ! Magnifique ! De loin le meilleur concert de la demi-journée ». En même temps ce n’est pas parce qu’il le dit que c’est vrai ! De son côté Unexpect, nos cousins du Québec, ont tout pour plaire. Avec des musiciens en place, irréprochables techniquement sans oublier une production sans failles : ce concert fut une vraie réussite. Mention spéciale à la véritable star de la formation : le bassiste ChaotH qui, du haut de ses neuf cordes, délivre une prestation impressionnante autant dans la technique que dans la gestuelle furieuse. Un peu à l’image de la chanteuse Leïlindel, enrobée dans un amas de rideaux (ah c’était une robe ?), à la fois belle, élégante et démente. En plus de cela, Unexpect a du charisme, une bonne humeur communicative (l’accent toujours l’accent) et de l’énergie à revendre. Mais qu’il est dur de rentrer dans leur set ! L’hypercomplexité des titres demande un gros effort de la part de l’auditeur pour apprécier le show. Cet effort fait, leur set s’apparente à un sans faute.

16h : Difficile d’avoir un avis tranché sur le set des Allemands d’Endstille. D’un côté on a une prod’ compacte et massive avec une batterie très sèche, des guitares tranchantes et le chant malsain de Zingultus très en avant. Le public semble conquis mais il demeure que 40 minutes ininterrompues de blast et de double pédale peut amener rapidement à se lasser de la performance live du groupe. Plus tôt dans la journée, les quatre membres d’Extinction Of Mankind ont proposé leur punk/crust avec hargne et dynamisme. Une voix caverneuse et une basse claquante donnent au show un rendu sonore sale à cause d’un son presque mauvais. En effet, quand les festivaliers n’entendent que la basse cela donne un grand sentiment de linéarité musicale. Les compos sont courtes et « right in your face » tout en étant bien évidemment plus axé sur le riff que sur la mélodie.

16h22 : On poursuit avec Brain Police qui, en quarante minutes de show, a fait partager son stoner. Les quatre membres arborent de larges sourires avec leurs looks de bûcherons ! Leur musique bluesy est très efficace et suscite immédiatement l’adhésion. L’ambiance est rock’n’roll malgré des musiciens clairement statiques. Les plans musicaux sont archi-connus mais toujours agréables à écouter. Fait étonnant : le groupe propose un son lourd et chaud alors qu’il vient… d’Islande pardi ! Si le show a perdu en intensité au fil du set, on ne pouvait malgré tout que sortir emballé par cette prestation.

16h50 : Gros show du côté de la Mainstage 1 avec Lizzy Borden qui, pour son premier concert en France, a sorti du gros matériel : maquillage, sang, divers accessoires, filles dévêtues crachant du feu et Marseillaise reprise à la guitare ! Le groupe met en avant des compositions heavy intéressantes qui rappellent celles du groupe Hell. La comparaison tient d’ailleurs en live puisque les deux combos ont une présence scénique tous deux très orientés sur l’aspect théâtral. Mentionnons par exemple ce passage où une ravissante pin-up fait bouger ses formes sur l’avancée de scène, avant que n’arrive le chanteur avec sa hache et son masque de mort pour attraper et mordre la demoiselle dans le cou, laissant gicler une coulée de sang sur son buste. Le frontman est clairement le plus démonstratif mais ses acolytes compensent en courant partout et en participant aux chœurs. S’en suit le set de Street Dogs devant une foule réduite dans l’ensemble mais avec des premiers rangs totalement acquis à sa cause. La formation balance son punk avec énergie. Le chanteur se retrouve d’ailleurs très vite au cœur du public dans les premiers rangs et le set verra également la présence de guests dont l’un des membres des Dropkick Murphys dont le combo doit se produire sur la Mainstage 2 ce soir à 22h05.

17h : Les gars de Molly Hatchet ont de bonnes têtes ! Offrant à un public nombreux un set placé sous la bonne humeur, les musiciens garderont le sourire aux lèvres du début à la fin du concert. Un groupe âgé (trente ans d’existence tout de même !) mais qui n’a rien perdu de son talent en fournissant des solos subtiles mais toujours très précis. Cependant, des problèmes de son gâcheront quelque peu ce set. Alastor vient de nous le dire à sa manière : « je viens de découvrir que le gratteux faisait son solo…à la fin de son solo… ». Mais la bonne humeur sur scène et une musique groovy – preuve en est avec ces lignes de basse subtiles et toujours dansantes bien qu’un peu trop fortes – auront fait de ce concert un agréable moment musical placé sous le signe du rock sudiste.

Les journalistes travaillent

17h28 : C’est entouré d’un halo de lumière bleue, dans un nuage de fumée, dos au public que les Suisses de Darkspace entraient sur scène. C’est aussi ainsi qu’ils clôtureraient leur show, 50 minutes et 3 titres plus tard. Entre temps, ils ont donné une des prestations les plus étranges – à l’image des maquillages et lentilles de contacte des musiciens – qu’il ait été donné de voir sur un festival. Un son massif et opaque, plombé par une boite à rythme tantôt martiale, tantôt déchaînée avec trois voix écorchées, aliénées, possédées et, pour relever le tout, des nappes de clavier tantôt aériennes, tantôt psychédéliques. Le résultat fut une expérience planante, transcendante et aliénante. Le genre d’expérience qui ne peut emporter l’adhésion franche et massive du public qui, pour un bon tiers, quitta la tente avant la fin du show. Pour les autres, l’expérience fut sensorielle et les membres de la foule, les yeux fermés, se laissaient entraîner dans une transe méditative. Une foule qui, hypnotisée par les stroboscopes, fixait immobile un point vide de l’espace. Qui encore, sous une emprise quasi chamanique, « dansait » comme un pantin désarticulé sans plus tenir compte du rythme de la musique. Le groupe a aussi réussi l’exploit, entre chaque morceaux, d’imposer plusieurs dizaines de secondes de silence au public et c’est sonnée que l’assistance est ressortie de la tente. Comme le faisait pertinemment remarquer un confrère de uZine « Il ne m’était encore jamais arrivé de repartir d’un concert titubant car ivre de musique ». Darkspace a réalisé cet après-midi un des shows les plus intenses du festival.

17h38 : D’entrée de jeu, Unisonic ouvre avec le tube de son album, « Unisonic ». A l’image dudit disque, Unisonic joue un heavy rock rafraichissant pas kitsch, fédérateur avec de bons refrains à scander et des soli inspirés. Le style peut paraître daté, mais pas sénile pour autant et fait son effet. Au même titre, les musiciens ne sont certes pas des adolescents mais dégagent une énergie et un enthousiasme qui n’ont rien de forcé. Il est particulièrement plaisant de voir le duo Kiske/Hansen, dont ce dernier nous vantait l’alchimie, à raison comme il était possible de le constater. Mais les autres musiciens ne sont pas mis en retrait pour autant. Kiske, lui, dégage une aisance écrasante. Une aisance naturelle entretenue par expérience. Kiske n’en n’est pas arrogant pour autant et est un frontman particulièrement sympathique et plein d’humour. L’ambiance monte encore d’un cran lorsqu’en guise de dernier titre, Unisonic entame le célèbre « I Want Out », second titre de Helloween interprété après « March Of Time ». Une prestation au cours de laquelle Unisonic aura partagé son sourire et sa bonne humeur avec la foule. Alors que le groupe quitte la scène, Kiske continue de plaisanter en chantant a capella.

17h45 : Metal’O Phil n’arrive pas à taper le compte rendu d’Unisonic ci-dessus. Des demoiselles en petite tenue et sur des échasses posent non loin de l’espace VIP. Nous faisons vraiment un métier difficile.

18h40 : Doc arrive dans l’espace VIP et voit ce qui s’est passé à 17h45. Il fracasse de rage son ordinateur et se met à taper ses compte-rendus les larmes aux yeux.

18h52 : Non nous n’avons pas oublié Benediction qui s’est produit à 12h50 sur l’Altar ! Que vous êtes médisants… Avez-vous oublié que nous étions prêts à mourir pour le metal ?! Pensiez-vous sincèrement que nous allions omettre de la sorte les préceptes biblo-metalliques fixés par Manowar ?! Honte à vous ! Avec Benediction et son death old school on aurait presque l’impression de revenir au début des 90’s à Tampa. Et pour cause le son est limpide et permet d’apprécier les riffs acérés et une batterie efficace comme un bon vieux Bolt Thrower. Entre deux gargouillements bien gras, le frontman rend hommage au batteur officiel actuellement malade qui est d’ailleurs remplacé par un jeune bénit qui détonne. Quelques heures plus tard, The Atomic Bitchwax et son psychédélique fongiforme donne un aperçu de ce qui peut pousser dans le New Jersey : des champignons (presque alpestres) et beaucoup d’herbe ! Sur scène, on croirait voir un trio de vieux ados abonnés au Festivrac… mais ajoutez-y une grosse caisse qui malaxe le battant, un groove à s’en rendre guimauve et des soli cosmiques ! Une fois que vous avez fait cela, peut-être comprenez-vous pourquoi une demoiselle a jeté son soutif… The Atomic BITCHwax tu veux dire !

19h05 : Avec Discharge on pourrait vraiment la jouer bête et méchant et raconter (à tort) que le groupe a fini comme cette (géniale) nana du public, une blonde quinqua suintant le punk d’un air blasé, et surtout en tailleur ! Mais non, Discharge ne s’est pas embourgeoisé et demeure fidèle à lui-même. Un peu comme leur métronome et sociopathe de batteur qui nous fait dire : ça tape, ça vit et ça suffit ! Brujeria est pour sa part le premier groupe à vraiment nous décevoir. En effet, nous avons eu droit à un jeu parfois pas carré, un son en bouillie et un El Bruyo, chanteur leader du groupe, proche de l’aphonie. Il reste malgré tout ce soutien impressionnant du public sud-américain et les « Pito Wilson », « Brujerizmo », comme l’inédit « No Imitationes » donnent toujours cette envie de casser du blanc.

Oh le joli bébé…

19h25 : Gorod est l’archétype (un peu cliché) du groupe de death technique dans la veine de Necrophagist, c’est-à-dire impressionnant de vélocité et de précision. Pas de nuances ni de groove même si de rares parties mélodiques aèrent parfois les titres. Mais elles sont vraiment très rares ! Le batteur est impressionnant de décontraction, le groupe assez communicatif, souriant et enthousiaste. Le chanteur provoque efficacement le public en lui hurlant dessus mais son attitude relève parfois du cliché quand, par exemple, il annonce les titres des morceaux en chant guttural et que, du coup, on ne comprend rien. En fin de concert, le petit basse/batterie permet au frontman de saluer Benighted, Trepalium et tous les groupes français. La fin du set interviendra très tôt, un moment d’ailleurs étrange comme si le groupe ne savait pas s’il allait jouer ou non. La longue ovation finale accordée à Gorod montrera en tout cas sa très belle relation avec le public de ce Hellfest 2012.

19h47 : A l’instar du King Kong sur leur backdrop, les Californiens de The Bronx nous assènent une claque monumentale. Après une longue intro rappelant une sitar, c’est avec beaucoup de charisme que le groupe balance son hard/punk bourré de punch. Il n’est ainsi pas étonnant de voir le chanteur de The Bronx finir dans le public au cours de ce set extrêmement groovy. La classe dans ta face ! Sachez également que les grands noms commencent à rappliquer les amis. La preuve avec la présence de Gotthard sur cette affiche 2012 du Hellfest ! Une des grandes questions de la soirée était de savoir comment le nouveau chanteur Nic Maeder allait assurer. Steve Lee, le frontman historique du groupe, étant décédé récemment dans des conditions tragiques. Et il n’y a pas de doute sur le sujet puisque sa voix s’accorde à merveille avec les morceaux et le son du groupe. A tel point que lorsque l’on ferme les yeux on a presque l’impression d’entendre la voix de Steve Lee. Cependant, bien qu’il prend visiblement du plaisir à fouler les planches, Nic restera en retrait sur scène contrairement à ses énergiques acolytes, n’ayant peut-être pas encore tout-à-fait pris ses marques. Jouant les vieux titres comme les nouveaux, Gotthard rendra également hommage au défunt chanteur avec le titre « One Life One Soul ». Excellente prestation de Gotthard avec un super son.

Le temps commence à se gâter et, par conséquent, les tentes se remplissent car elles offrent un abri à la pluie. Ce n’est d’ailleurs pas plus mal pour Nasum qui s’y produit pendant ce temps. Leur sample d’intro mettant en avant des coups de feu et des bruits de guerre (rappelant « One » de Metallica parmi bien d’autres), le groupe enchaîne sur son Grindcore avec un premier morceau particulièrement indigeste. Pourtant le son est bon, c’est le blastbeat constant qui donne l’impression qu’il y a un problème avec la sono. Malgré tout, Nasum s’adresse en premier à son public qui semble ravi et à juste titre, car l’ensemble de leur setlist n’est pas nécessairement à l’image de ce premier titre, présentant des morceaux plus aérés voire même des passages particulièrement groovy ainsi que des riffs très recherchés. Le charisme froid du chanteur fera mouche car il parviendra à faire hurler toute la fosse en se contenant de parler très calmement dans son micro entre les chansons. Malgré tout, le Grindcore reste un style très ésotérique et certaines personnes y resteront à jamais hermétiques. Sur un tout autre sujet, la conférence de presse de King Diamond a été annulée pour cause d’extinction de voix du chanteur, tandis que celle de Lynyrd Skynyrd a eu 45 minutes de retard ainsi que celle de Megadeth.

20h30 : Le punk n’est pas mort. Le meilleur exemple que l’on ait trouvé aujourd’hui c’est GBH. Les Anglais de Birmingham ont livré une performance directe, concise est expéditive ! Un punk old-school et sans concessions, servi par un quatuor, bien que plus tout jeune, ayant toujours des ressources et une énergie impressionnantes. Le groupe s’appuie sur des compos courtes où quelconque technique n’a pas lieu d’être. En effet, les punks de GBH et notamment le batteur du groupe, auront fait preuve de sauvagerie, ramenant la musique à sa forme la plus primaire. Débauche de sauvagerie que l’on a pu constater également dans un public et une fosse gonflée à bloc. Durant près d’une heure les pogos auront été les maîtres du jeu. Une belle démonstration scénique qui est allée chercher dans une bonne partie du répertoire du groupe. L’enchaînement est idéal puisqu’on se retrouve sur la Main Stage 2 où se produit Turbonegro et leur deathpunk bourré de d’énergie. Avant même que la formation ne foule les planches, les membres de la Turbojugend dans les premiers rangs chantent déjà à tue tête le tube « I Got Erection » ! Tony Silvester, le nouveau chanteur du groupe, nous ferait presque oublier son prédécesseur. Un groupe qui, sur scène, ressemble un peu à la foire au n’importe quoi. Des musiciens maquillés et en grande forme devant un public qui n’hésite pas à affronter la pluie battante. Un public totalement acquis à la cause du groupe. Turbonegro enchaîne tubes sur tubes, faisant, à coup sûr, chanter son public en cœur. Le combo est totalement à l’aise dans cet humour grinçant et un peu gras. Il reste également très proche de son public en interagissant avec lui de manière constante avec joie. Un bon concert de Turbonegro qui aura sans doute pris une dimension supérieure grâce au fait de s’être tenue en plein air devant des fans sur-motivés.

21h15 : Orange Goblin a donné, sous la Valley, une prestation dantesque, incroyable, parfaite. Avec un son surpuissant aussi clair que sur album, le groupe aura livré un set magique dans une tente pleine à craquer. On s’emballe ? Eh bien oui on s’emballe ! Et on a raison de le faire car tous les éléments ont été réunis ce soir pour que ce concert soit idéal : un frontman prédicateur de grand talent, un guitariste à la technique parfaite, un public hyper actif qui tapera dans ses mains à l’unisson sur le fantastique « Blue Snow » et de somptueuses lumières. Mais outre sa setlist best of, le groupe a surtout assuré, comme indiqué plus haut, grâce à un son d’une qualité ahurissante. Un set véritablement impressionnant, et ce à tous les niveaux.

21h24 : Les Norvégiens de Taake ont fait partager en ce début de soirée un show ultra carré et pro. Si le charisme de Hoet (chant) et une setlist variée aident à suivre le show, c’est surtout la production parfaite qui a fait toute la différence. Tous les instruments étaient audibles et dissociables tant sur les morceaux rapides que sur ceux plus groovy. Le public est pour sa part resté compact de bout en bout. Un excellent show des Norvégiens.

Explications ci-dessous…

21h52 : Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus, juste à côté des toilettes, par terre, se trouve ce que l’on appelle « une merde ». Nous sommes dans l’espace VIP et soit certaines personnes prennent plaisir à faire leurs besoins en ratant la cible, soit elles ont délibérément choisi de mettre à la main le fruit de leurs intestins au sol. Tout cela est, quand on y réfléchit, assez étonnant.

22h10 : Integrity a terminé son set il y a 50 minutes. Notre éminent reporter Florian s’est donc rendu dans la Warzone pour un show en demi-teinte même si le groupe de hardcore avait un bon son et des compos efficaces. Cependant le statisme et le manque d’énergie des musiciens a laissé la foule apathique. Pire, le groupe a constamment tapé les enceintes de retour et les pieds de micro au grand damn du staff Hellfest… passablement irrité par l’attitude. Au final le groupe a balancé le pied de micro dans le public donc carton rouge pour cette attitude ouvertement irrespectueuse.

Plutôt jeunes les fans d’Endstille n’est-ce pas ?!

22h22 : Quelques heures plus tôt, Heaven Shall Burn produisait un set percutant sur la Mainstage 1. Néanmoins, nous avons ressenti la même impression que nous inspire les albums studios des Allemands, c’est-à-dire une musique surfaite et dont la puissance n’est que de surface. Oui, Heaven Shall Burn fait du gros son, a une grosse production, mais au final, les riffs et mélodies en eux-mêmes n’ont rien de fabuleux. Cela fait donc son effet, mais seulement un temps. Scéniquement néanmoins, le groupe dégage une énergie et partage une vraie émotion vis-à-vis de son public.

22h38 : Etant coincés dans les bouchons, les membres de Lynyrd Skynyrd et de Megadeth arriveront en retard à leurs conférences de presse respectives, ayant raison de la patience d’une partie des journalistes présents. Celle de Lynyrd Skynyrd sera rapide et riche en vannes. Le groupe donne notamment des nouvelles de son nouveau disque fraîchement finalisé. Décontractés et souriants, Dave Ellefson et Dave Mustaine de Megadeth s’expliquent tout d’abord sur les récents évènements croates. Mustaine répond notamment qu’il comprend la colère des fans vis-à-vis de l’annulation de W.A.S.P., qu’il n’aurait pas fait pareil, mais qu’il ne leur en veut pas. Sincères ou non, tous deux insistent sur l’extrême amitié, voire fraternité qui les lie. Et Dave Mustaine de rajouter que Chris Broderick et Shawn Drover sont les meilleurs musiciens avec qui il ait joué et qu’il est par conséquent dommage qu’ils soient aussi timides ! Lorsqu’on lui demande ce qu’il écoute de la génération actuelle de musiciens, il répond qu’il n’aime pas les groupes actuels parce « qu’ils ne font que crier ». Puis, à cette essentielle question sur la marque de shampooing qu’ils utilisent, Dave Ellefson répond « la pluie française ».

22h45 : Nous sauvons la vie de Cédric, représentant de Spotify, en rade de chargeur d’iPhone, qui nous doit par conséquent et très logiquement un respect éternel ainsi qu’une part de fortune personnelle. Ce qui est bien normal. Car tel le Calife Haroun El Poussah, nous sommes bons.

Peur de la pluie

23h01 : Contre toute attente, l’espace presse ferme. Nous sommes par conséquent contraints d’évacuer les lieux. Nous reprendrons ce fil rouge dès que possible.

2h : Dès que possible c’est donc samedi 16 juin au matin mais cela apparaît ici à 2h par souci de cohérence. Voici en conséquence les live reports détaillés de la journée d’hier que vous n’avez pas pu vivre en instantané.

C’est au coeur des 70’s que nous guident les germano-américains de Colour Haze avec un jeu de lumière sobre, bien loin des psychédélismes pseudo-hindous tapageurs. Des notes utilisées avec parcimonie, loin des prédications new age sous gellules. L’identité du groupe réside dans ces longues, très longues envolées Pink Floydiennes, qui seront mises en avant dans un set carré avec groove et pédale wah-wah. Colour Haze serait d’ailleurs une authentique découverte si sa musique ne rappelait pas énormément Kyuss. Une belle claque, de celle qui vous surprend par sa douceur. Moonsorrow démarre de son côté, et en toute simplicité, avec « In Slaughter Natives » en intro ! Autant le préciser : nous avons droit au Basile Poledouris de la darkwave et du glauque pour commencer. A côté de leur black païen, des cornes vikings et blondeurs scandinaves, on sort le coffre et on chante la virilité des choeurs du nord. Ok ça frôle le Bélénos s’en va en Norvège (cf : Gronibard) mais bon… il fallait tout de même s’échauffer avant Amon Amarth que diable ! Ce dernier aura pour sa part proposé un set qui fera honneur à ses nombreux tubes rapides. Il est à noter que nos amis spécialistes des hélicoptères ont été l’un des premiers groupes à utiliser de la pyrotechnie. Ce concert d’Amon Amarth, un groupe qui est habitué à tourner et que nous sommes donc habitués à chroniquer, fut à l’image de tous ces sets précédents : pro, sans fioritures et mine de rien assez linéaire. Malgré tout ce fut un plaisir d’assister à ce concert car la tente était archi-bondée d’aficionados du groupe. Le set des Suédois s’est donc déroulé dans une atmosphère idéale.

L’espace VIP en nocturne

Avec Cannibal Corpse, il ne faut pas s’attendre à un concert calme et s’est une Altar remplie à ras bord qui se retrouve en transe devant ce show. Rien de neuf sur scène toutefois : le groupe nous assène et nous martèle avec ses riffs lourds et tranchants. Un concert tout ce qu’il y a de plus classique chez Cannibal Corpse, c’est-à-dire l’impression de voir devant soi un bulldozer agrémenté de grunts et autres chants gutturaux bestiaux, de riffs bruts parmi des compos travaillées malgré un aspect forcément primaires. A nos côtés, un petit bout de femme d’1,60 mètres se laissera aller à la transe : c’est ça l’effet Cannibal Corpse. Pour sa part, Satyricon propose un concert hypnotique avec une avalanche de titre-phare dont « Mother North » chanté en coeur par le public. L’ambiance est bonne mais on note tout de même la présence dans le public de festivaliers bien alcoolisés, ce qui engendrent quelques frictions légitimes… De son côté, From Ashes Rise garde un côté très riffu à la Black Sabbath (en évidemment bien plus sobre) avec son punk hardcore. Peu novateur, le groupe garde une belle pêche en live mais reste très prévisible. Par ailleurs le tempo sera cassé par des prises de paroles un peu lourdes. Très chers From Ashes Rise, à minuit le public ne voulait pas de parlotte mais du gros son !

Plus tôt dans la journée, Lynyrd Skynyrd avait proposé ses belles chansons de hard sudiste qui sentent bon le foin grillé au soleil au public de la Mainstage. D’ailleurs, il semble que le septuor ait fait revenir l’astre du jour tout juste à temps pour sa prestation ! Deux danseuses assurent les choeurs au cours de ce set réussi où les musiciens sont tous à l’aise. Notamment le chanteur Johnny Van Zant (frère de Ronnie, chanteur d’origine, mort avec deux autres musiciens dans un accident d’avion en 1977) qui, chewing-gum à la bouche, a une attitude désinvolte et sereine. On sent vraiment que Lynyrd Skynyrd a de la bouteille en live. Ce concert d’une grande propreté dénote dans le festival : on se croirait vraiment dans un saloon avec tous ces tubes superbement interprétés que sont « Sweet Home Alabama », « Free Bird » ou « Simple Man ». Une setlist d’ailleurs aux allures de best of, bien que les plus au fait de la discographie de Lynyrd Skynyrd n’auraient sans doute pas boudé leur plaisir avec un peu plus de titres issus de God And Guns, l’excellent dernier album du groupe seulement représenté par le fédérateur « Skynyrd Nation ». L’adhésion du public sera en tout cas totale. Un superbe concert. Dropkick Murphys investit la Mainstage 2 aux alentours de 22h pour faire partager un rock cette fois à tendance celtique qui lui donne une identité propre. Les compos de Dropkick Murphys rappellent The Pogues (en un peu plus énervées). Et l’adhésion du public prouve que la présence du groupe sur cette programmation metal était un choix judicieux de l’organisation du Hellfest. Le combo joue ses titres les plus récents mais aussi ceux de sa période Oi! Une représentante de la gente féminine à la magnifique plastique montera sur scène durant le morceau « Dirty Glas » et Dropkick Murphys aura livré un très bon concert, interprétant même un titre inédit avec une ballade acoustique qui s’avérera par contre dispensable.

Hank III fut l’une des grandes découvertes de ce Hellfest 2012. Certes Hank descend d’une lignée de chanteurs country purs sang et côtoie Phil Anselmo (Down) au sein d’Arson Anthem… mais quand même ! Comment ne pas rester gueule ouverte face au violon, contrebasse, banjo, Stetson, voix nasillarde et drapeaux sudistes qui peuplent la scène ? Tantôt on entrouvre la panse des Apalaches pour y tâter « The Rebel Within » et la beauté hillbilly de « Deliverance », tantôt on danse madison, farandole et gigue, en bons pionniers de l’ouest… clissonnais. On enchaîne avec Obituary et son show sans grande surprise. La bande à Tardy nous a servi un set classique de death à l’ancienne, plein d’accélération thrash et de stop and go. On pourra reprocher à John sa voix trop mise en avant mais d’un autre côté, quel superbe duo furtif avec son batteur de frangin : l’un au tom basse, l’autre au reste. On aurait dit un défi kamikaze lancé aux Tambours du Bronx. We rot? Ah certes… mais pourri fait de la résistance !

Dancefloor Disaster

Megadeth a de son côté repris du poil de la bête depuis quelques albums. Si Dave Mustaine – qui nous montrera sa collection de guitare en les changeant sur presque chaque morceau – a toujours manqué de puissance vocale, il la compense à merveille par son charisme hors pair, son talent de guitariste, de compositeur, sans parler de sa capacité à bien s’entourer. En effet le line-up actuel est peut-être bien l’un des meilleurs que le groupe ait jamais eu. La prestation de ce soir était irréprochable à tous les niveaux, en particulier du côté de Chris Broderick (guitare) mais aussi de Dave Ellefson (basse). Il sera possible, en revanche, de leur reprocher ce coté propret et clinique du jeu de scène, à l’image de cette chemise blanche immaculé que porte Dave Mustaine. Ayant terminé en avance, le groupe reviendra jouer un medley de plusieurs morceaux dont « Holy Wars » et « Mechanix ». Le Hellfest se poursuit pour notre fine équipe avec Tragedy et son hardcore bourrin. Son chanteur communique avec le public juste avant de lancer les morceaux. L’audience est motivée malgré l’horaire et donne tout au cours de cet set où on constatera une grande synergie entre le public et le groupe. De l’énergie et de la violence négative partagée : voici un concert de hardcore comme on les aime avec du bon gros pogo bien violent. On passe maintenant à King Diamond, la tête d’affiche de la Mainstage 2, et son metal horror théâtralisé à l’extrême peu spontané mais parfaitement maîtrisé. Si des doutes pouvait être émis quand à la position de tête d’affiche de cet artiste, certes incontournable mais à la notoriété amoindrie de nos jours, il est clair que c’est un véritable show de tête d’affiche qui a été offert au public de Clisson. La place du frontman de Mercyful Fate n’a par conséquent en aucun cas été usurpée. King Diamond sur scène, c’est une pièce de théâtre mise en musique avec brio sur fond de décors somptueux représentant sans doute le lugubre manoir d’Abigail. Pendant le premier tiers du show les musiciens oeuvrent derrière une barrière prenant presque toute la largeur de la scène. Des actrices font également des apparitions dans divers costumes de manière à théâtraliser d’autant plus les titres interprétés. Le King est en grande forme vocale et ses musiciens ne sont pas en reste – surtout ce duo de guitariste de grande qualité représenté par Mike Wead et Andy LaRocque – bien qu’un peu en retrait. Pour sa deuxième et unique performance live en Europe cet été (l’autre a eu lieu au Sweden Rock), King Diamond a assuré et a complètement assumé son statut de tête d’affiche. La grande classe. On notera également la qualité du son proposé sur cette première journée, aussi bien sur les Mainstages que dans les tentes.

2h30 : Avant de rentrer à l’hôtel, un petit tour vers le Carré VIP et la performance de Dancefloor Disaster est indispensable. Le groupe reprend en effet des classiques pop (Britney Spears etc.) à la sauce metal. La reprise de David Guetta étant un franc succès ! On aura également eu le temps durant cette journée de refaire le monde avec la grande famille du metal francais : de Mass Hysteria à Ultra Vomit en passant par Lyzanxia, Loudblast, The Arrs… Mais pas que : Lucas Turilli est également présent pour faire la promo de son nouveau disque. Nous discutons avec Yann de Mass qui nous dit que l’album est terminé, confirme que ce prochain disque qui sort le 27 août chez Verycords est tres metal et qu’il sonnera… comme du Mass’. « Quoi qu’on fasse, une fois que Mouss pose sa voix, ça sonne comme du Mass ». Une affirmation tout-à-fait juste car les chanteurs à la voix très reconnaissable, comme par exemple Klaus Meine (Scorpions), finissent presque toujours par incarner l’identité musicale des groupes !

Après l’effort…

3h : Suite à un souci de voiture et l’impossibilité de joindre un taxi, deux des membres de notre équipe sont ramenés à notre hôtel par nos confrères de Metal Impact que nous ne connaissions pas avant cet épisode et que nous avons croisé par hasard sur la route. Nous souhaitons en conséquence les remercier ici pour clore ce fil rouge de cette journée du vendredi 15 juin 2012 passée au Hellfest !

4h : Extinction des feux.

NB : Le fil rouge de la journée du samedi 16 juin et du dimanche 17 juin est également en ligne. Ainsi que les galeries photos du vendredi, samedi et dimanche.



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  • will argunas dit :

    Vous m’avez donné encore plus envie de découvrir ce fameux hank 3 dont j’ai tant entendu parlé ce week-end

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  • kharrioth dit :

    Merci pour ce fil rouge.
    Je me suis laissé piéger par le muscadet au gite ou j’étais et j’ai pris une méga mule qui m’a fait rater tout ça, et je m’en bouffe les c****.
    tout raté…sauf la murge et le vomi!

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  • Merci les gars pour les infos ça fais plaisir.
    J’aurais aimer être là pour pas mal de groupes :
    Amon Amarth, Belenos, Cannibal Corpse, Darkspace, Endstille, Gorod, Lynyrd Skynyrd, Megadeth, Obituary, Satyricon, Solstafir, Taake !!

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  • « Dave Mustaine de rajouter que Chris Broderick et Shawn Drover sont les meilleurs musiciens avec qui il ait joué »

    Eh Dave, c’est se foutre de la gueule du monde. Mary Friedman et Nick Menza sont irremplaçables. Questions toucher, Megadeth n’a pas eu de musiciens à leurs niveaux.
    Ce serait comme si les mecs de Slayer déclaraient que Bostaph est meilleur que Lombardo. Oh, on va où là?
    A l’heure où les musiciens du métal sont des clones de leurs ainés, il faut reconnaitre que l’original est souvent supérieur à la copie question authenticité.

    Sincère ou non? Dave le dit lui même « Almost Honest » !

    Sinon super ce fil rouge, c’est un peu comme si on y était, les décibels et la boue en moins!

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  • « Car tel le Calife Haroun El Poussah, nous sommes bons. »

    C’est aussi pour ce genre de phrases que j’aime Radio Metal 🙂

    Content de voir que les potos de BTM ont bien fait leur part du boulot 🙂

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  • Y aurait il un merdeux chez les VIP???

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  • L’année prochaine j’y suis c’est obliger

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  • Ah…J’aurai voulu être là pour Moonsorrow, Amon Amarth et Satyricon.

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  • Report Nasum, je lis un truc qui pique les yeux : « à faire hurler toute la *fausse*…. » j’imagine que c’est la fatigue, hein et que c’est bien de « fosse » qu’il s’agit 😀
    Bonne continuation.

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  • Vitamin X est hollandais !

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  • Le hellfest c’est de la merde comme sur la photo des chiotes en bois

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    Pussyeater

    Une soudaine envie de passer dans la rubrique No comment?

  • Absent au Hellfest 2012 (maudit Bac), mais présent au Hellfest 2013 ! Promis !

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    MegaRalf

    Le BAC ! Tsss ! Et l’année prochaine ce sera quoi ?!? Y’a une SESSION DE RATTRAPAGE exprès pour ça !!! ^^

  • Merci beaucoup pour ces infos en temps réel ! C’est comme si on y était … Sans le plus important : Le son. En tout cas ça a l’air vraiment énorme ! Et bon fest’ !

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  • Un peu déçu que Moonsorrow ne soit pas représenté, mais bon report !

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    Stan

    Tu te rends compte que tu as posté ce commentaire une demi heure après la fin du concert de Moonsorrow? Je suis conscient qu’on est des oufs, et c’est bien que tu sois super exigeant avec nous, mais quand même! 😀

    Donc pour Moonsorrow, désolé si ça n’y est pas encore, on est trop occupés à écrire le live report du concert d’Ozzy qui a lieu après demain.

    Jérôme

    Oh, je suis désolé, je n’avais pas vu qu’ils jouaient s’y tard. Difficile de suivre le running order quand on est pas sur place.

    Bon courage

  • Dark_Casimir dit :

    Bon Hellfest à tous \m/

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  • Murderface dit :

    Je vous verrai au Graspop la semaine prochaine ?

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  • Fatal_Blood dit :

    Éclatez vous bien et fait un report sur le nombre de bière descendus par chacun

    [Reply]

  • Metal-trash dit :

    Bon fest’ à vous !!! éclatez-vous bien 😉

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  • King Asator dit :

    arf quand même un peu triste de ne pas y être

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  • Buvez de l’eau !!!

    [Reply]

    loverboy

    Et de la bière

  • Juste un petit message pour vous souhaiter un bon festoch’ et que la météo vous soit clémente.

    [Reply]

  • Le chanteur français et claviériste de Betraying The Martyrs s’appelle Victor, pas Eddy. (Eddy était l’ancien chanteur)

    [Reply]

    Metal'O Phil

    Corrigé !

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