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Hellfest 2013 : l’heure des constats


Comme chaque année depuis sept ans, la communauté metal de France et d’ailleurs se donne rendez-vous en Enfer dans la petite commune de Clisson en Loire-Atlantique. Le Hellfest est grand, mais le Hellfest, cette année, a vu un petit frère grandir. Et pour cette nouvelle édition, le festival de l’enfer, plus que jamais, se devait de montrer ses atouts. Irréprochable – autant que faire se peut – et à l’écoute de ses fidèles suivants. A l’instar d’un Sonsiphere français qui a su écouter les reproches fait à son égard, le Hellfest démontre lui aussi que depuis sept années Ben Barbaud et son équipe sont à l’écoute des festivaliers.

Trois jours en enfer avec quelques cent-soixante groupes mais aussi une météo taquine sur toute la durée du weekend – mais pas à même de décourager ces 100 000 festivaliers toujours dévoués et heureux de venir en ces terres celtiques boire de la bière (en masse !) et écouter cette musique qui leur est si chère.

Mais l’heure est aujourd’hui aux constats.

La fréquentation de cette édition 2013.

Lors de la conférence de presse donnée dimanche après midi, Ben Barbaud parlait d’une « très légère baisse de fréquentation » avec « 101 000 billets vendus sur trois jours, alors que l’an passé on était à 103 000. » Ceci s’explique sans doute par le fait que, cette année, le festival n’est pas parvenu à trouver de véritable poids lourd à mettre en tête d’affiche de la journée de dimanche, surement aussi par la présence du Sonisphere deux semaines plus tôt qui a su trouver les arguments pour attirer le festivalier, ou la faute à une météo qui laissait prévoir un temps orageux et pluvieux quelques jours encore avant le début des hostilités… Quoi qu’il en soit, le nombre d’entrée reste conséquent. Le festival clissonnais a fait lors de la journée du vendredi 31 000 entrées uniques, 30 000 le dimanche et 41 000 entrées uniques pour la journée du samedi (forte audience qui plus est liée à la journée du samedi en elle-même puisqu’elle marque le début de weekend). A ce sujet Ben Barbaud avoue : « On ne pensait pas honnêtement, quand on a bouclé l’affiche, pouvoir atteindre de tels scores, surtout sur le samedi. On était nous aussi un peu apeurés que le festival puisse avoir une baisse de fréquentation plus significative par rapport à l’an passé. Et finalement on est très content et très fier de constater qu’une majeure partie du public nous a fait une nouvelle fois confiance. »

Indéniablement, en raison du nombre important de personnes présentes sur le site et de la difficulté, qui en découlait de se mouvoir, la journée du samedi fut certainement l’une des plus éprouvantes. Le site du Hellfest a, semble-t-il, cette année, sur cette journée, montré ses limites en termes d’accueil. Tout particulièrement arrivé le soir sur les concerts de ZZ Top et de Kiss (un concert de Kiss où il était littéralement impossible de bouger, ce qui, très clairement, peut nuire à l’appréciation du concert, voire à la sécurité en cas de mouvements de foules). Un site qui s’est trouvé être très vite saturé pour certaines têtes d’affiches qui ont brassé un public hétéroclite et principalement régional, comme nous le détaillons plus bas.

Une capacité d’accueil et une disposition qui, tout comme l’an passé, montre également ses limites sous les chapiteaux – le concert « surprise » de Down dans la Valley qui, logiquement, s’est trouvé surchargée – ou encore pour la Warzone qui est pourtant passée en scène extérieure. Les concerts de Bad Religion et de NOFX ont notamment vu une surpopulation devant cette scène. Certains n’ont pas été en mesure d’entrer dans cette Warzone et sont restés bloqués à cause du goulot d’étranglement à l’entrée/sortie, néanmoins agrandie le dimanche, alors que de l’espace libre subsistait pourtant sur le terrain plus au fond.

Outre la difficulté de déplacement au sein même du festival, c’est la commune de Clisson elle-même qui a été quelque peu débordée ce samedi, avec un engorgement au départ du festival et des services de taxis submergés (attention à la note de taxi avec les détours que les chauffeurs ont dû emprunter pour quitter la zone). Toutefois, on relèvera l’habituelle bonne humeur des bénévoles et des conducteurs des navettes entre le site et le village. Cette année encore, c’est plus de 2000 bénévoles qui ont travaillé pour ce Hellfest (des bénévoles salués par Mouss lors du show de Mass Hysteria, et à juste titre) et environ plus de 500 salariés et techniciens.

Un samedi après-midi à Clisson.

L’affiche, les scènes, les concerts.

Mais au-delà de certaines faiblesses mises au jour suite à la forte fréquentation de la seconde journée, ce Hellfest 2013 a comme d’habitude brillé par sa programmation, la qualité de ses concerts et, majoritairement, du son de ceux-ci. Pour ceux qui ont régulièrement fréquenté la tente regroupant la Temple (consacrée au black metal) et la Altar (pour les amoureux de death metal), un constat ressort : la qualité étonnante du son. Très souvent clair, audible et relativement bien dosé dans son mixage, sans compter une programmation de premier ordre (Carpathian Forest, Marduk, Wintersun, Moonspell, etc.). Nombreux sont ceux à avoir littéralement campé durant les trois jours de fest sous ce chapiteau. Fait remarquable au final sur chaque scène spécialisée. L’ambition du festival étant de conserver cette sensation de petits festivals au sein du festival lui-même.

Ben Barbaud donne son sentiment sur cette approche : « Beaucoup de gens nous font des remarques sur cette nouvelle formule. On a décidé de cloisonner un peu les espaces pour que le public ait une meilleure visibilité sur ce que le Hellfest peut offrir. Je pense que certains artistes qui étaient programmés sous les chapiteaux avaient largement leur place sur les grandes scènes mais afin d’essayer de proposer au public quelque chose de correct il faut qu’on puisse créer à l’intérieur du Hellfest plusieurs festivals. Par le passé, à tort, on avait reçu des remarques affirmant que telle ou telle musique n’était pas assez bien représentée, alors que nous qui avions fait la programmation étions pleinement conscients du contraire. On a donc décidé de cloisonner. Après, c’est vrai que quand, comme cette année, on a une programmation très riche, avec des groupes comme NOFX et Bad Religion qui sont deux artistes d’un certain calibre, je peux comprendre que l’espace peut être trop petit. On a fait ce choix, je peux comprendre que ça déplaise à certains mais on a, d’un autre côté, des gens qui découvrent maintenant le Hellfest à travers cette offre-là qui est bien ciblée. Beaucoup de gens me disent qu’ils vont passer soit tout leur temps à la Warzone, soit à la Valley, etc. Et les Main Stages, on essaie de les diriger vers des styles un peu plus grand public. »

Six scènes donc qui, comme l’an dernier, impliquent parfois quelques minutes de marche pour passer de l’une à l’autre – mais les concerts prévoient généralement 5 minutes de battements dans les enchaînements. C’est ainsi que les amoureux d’herbe à fumer et de stoner ont pris position dans la Valley, les extrêmes sous la Altar/Temple et les keupons dans la Warzone. Excentrée pour des raisons logistiques, cette année, la Warzone s’est retrouvée derrière le petit bois, à côté duquel on trouvait quelques stands de nourritures (et un peu de calme). Encourageant très clairement un microcosme distinct à s’y former (avec ses propres toilettes et son propres bar, par ailleurs).

En ce qui concerne les concerts, on relèvera la présence d’un certain Phil Anselmo sur tous les fronts. En bord de scènes ou sur celles-ci. Avec Down par deux fois, mais aussi avec Accept et Voivod. Pour la mise en place du second concert de Down en remplacement de Clutch, Barbaud explique : « Ce sont des choses qui arrivent sur les événements. On a cent soixante artistes, donc évidement les probabilités de chances qu’il y ait un souci avec un artiste sont réels. Là, il y a eu un décès dans la famille [de Clutch]. Donc, évidemment, le groupe a dû repartir en urgence aux États-Unis et toute la tournée a été annulée. Ça nous a été annoncé vendredi matin. Parfois on a des bonnes surprises puisque les musiciens de Down nous avaient déjà prévenus qu’ils restaient ici le dimanche pour profiter du festival et nous ont gentiment proposé de les remplacer au pied levé en faisant un set spécial avec des reprises, etc. On aurait pu ne rien trouver car remplacer un artiste qui était quasi tête d’affiche sous la Valley n’aurait pas été simple, puisque, quand le festival commence, on a quand même beaucoup de travail. Donc là, l’opportunité s’est faite et on a foncé. » Résultat : un concert unique, accompagné de certains membres du crew de Down, mais aussi et surtout d’invités comme Jason Newsted (qu’Anselmo avait déjà fait monté sur scène avec Down et qu’il avait ensuite croisé pendant le set de Voivod) ou les mecs de Prong.

Autre changement qui est survenu en cours : l’échange de scène et d’horaire entre Danzig et Ghost. Barbaud explique : « Ça a été un peu compliqué. Ce sont les couilles de dernière minute qui nous arrivent à chaque fois. Certains artistes, quand ils arrivent, découvrent l’heure à laquelle ils vont jouer, alors que des documents leur ont été envoyés, bien évidemment. La problématique étant que ces artistes, quand ils découvrent l’heure à laquelle ils doivent jouer et l’heure à laquelle ils doivent être le lendemain à des milliers de kilomètres, font un calcul rapide en se disant que ce n’est pas possible. Alors c’est à nous de trouver une solution. On a essayé différentes solutions : on aurait préféré, par exemple, que Lordi puisse éventuellement inter-changer, mais après, pour des raisons techniques ou parce que certains artistes doivent repartir plus tôt, ce n’est pas toujours possible. Et les seuls qui ont accepté effectivement d’inter-changer étaient Ghost. Nous, en plus, on a trouvé que c’était une bonne idée puisque c’est un groupe assez visuel, donc c’était bien de finir le festival dessus. Après je suis bien conscient de l’affluence que ça implique dans la Valley pendant Danzig. Mais c’était soit ça, soit ils ne seraient pas monté sur scène. »

On notera que cette année, les scènes spécialisées ont été légèrement plus diversifiées que l’année dernière et sortaient parfois de leur cadre initial avec, par exemple, un Candlemass sous l’Altar, Leprous sous la Temple ou Treponem Pal dans la Warzone. De manière général, l’édition 2013 a été marquée par un Hellfest touche-à-tout qui a mis un point d’honneur à représenter un maximum de courants hard et metal. Là où l’année dernière on pouvait déplorer l’absence des courants industriel et metal progressif, cette année des groupes comme Treponem Pal et Punish Yourself d’un côté et Riverside, Symphony X et Leprous de l’autre ont rééquilibré le manque, sans forcément en créer d’autres ailleurs. Mentionnons également l’important capital sympathie dont profite les groupes de folk toujours fédérateurs en live et ce choix courageux de programmer Stille Volk (que certains ont déjà découvert sur la scène du Motocultor l’an passé) de si bonne heure le vendredi. Il y a bien sûr eu de vrais concerts événements qui ont tenu leurs promesses comme le caractère rare du show de Def Leppard qui a proposé une setlist de fans, Kiss qui a fait un show… à la Kiss ou l’éblouissante prestation de Whitesnake. Mass Hysteria, Gojira et Punish Yourself étaient là en fiers représentants du metal français – même si certains auront encore déploré le manque de mise en valeur de la scène hexagonale avec The Arrs, 7 Weeks ou Eryn Non Dae relégués en ouverture de journée ou Gojira qui aurait pu, ne serait-ce que pour le symbole et en raison de sa capacité d’attraction rien que dans sa patrie, prendre la position de tête d’affiche. Globalement, autant dire qu’il y en avait vraiment pour tous les goûts. Sans parler des nombreuses découvertes qui vont de paire avec une affiche proposant autant de groupes.

A ce sujet Ben Barbaud réagit : « Nous sommes un des rares festival à proposer autant d’artistes dans un panel aussi large. Après, je pourrais proposer dix scènes ou quinze scènes et aller chercher des artistes encore plus loin. Comme chaque année, avec 160 artistes, on se retrouve toujours avec des choix à faire. C’est une question de logistique : 160 artistes c’est plus de cinquante artistes par jour à accueillir, à héberger, à nourrir, ce qui est beaucoup pour tous les gens qui travaillent ici. Dans l’immédiat on n’a pas prévu d’aller encore plus loin dans la proposition de groupes. […] Tout le monde, tous les festivaliers qui participent au festival, n’ont pas les mêmes connaissances dans cette musique et peut-être qu’un artiste qu’untel estimera obscure sera un artiste bien trop connu pour le voisin d’à côté et c’est la difficulté d’essayer de contenter tout le monde. Donc oui, on pourrait aller chercher des artistes complètement obscures au Japon que seules trois personnes connaissent en France, si musicalement c’est intéressant. Mais il faut quand même garder à l’esprit qu’il y a beaucoup de gens qui n’ont pas forcément une culture musicale sur ces musiques là très importante. Leur donner la possibilité de découvrir des artistes, c’est très bien et il y a déjà beaucoup [de découvertes à faire] sur le festival. Je pense que les 10 000 fans de ZZ Top ne devaient connaître que ça sur l’affiche, voire un ou deux trucs après, et on leur a quand même donné l’opportunité – je ne sais pas s’ils l’ont fait – d’aller écouter autre chose et éventuellement d’apprécier autre chose. Mais partir trop dans des choses que personne ne connait, malheureusement il y a aussi un rapport économique qui fait que le festival aujourd’hui, malgré tout, est obligé de proposer des artistes qui parlent le plus possible aux gens. »

Cette année, plus que jamais, le festival a profité d’une large ouverture à un public plus « classique », brassant de nombreuse familles. « En huit ans, il y a une vraie curiosité qui s’est créée autour de l’événement en local, en départemental, voire en régional. » explique Ben Barbaud, avant de poursuivre : « Cette année, ce qui explique cette grosse différence, puisqu’on était à 10 000 de plus [sur le samedi], était cet effet curiosité. Ce qui nous a amené à vendre un certain nombre de billets à une population qui n’est pas forcément celle du début et celle qui est la plus amatrice du genre. Mais on leur a donné l’opportunité [de découvrir le festival], sans faire exprès, car programmer ZZ Top et Kiss n’était pas dans notre état d’esprit quelque chose de dérangeant, bien au contraire ça colle à l’esthétique de l’événement. Mais on ne pensait pas que ça allait prendre une telle ampleur. Moi-même, quand je me suis baladé sur le site, j’ai été surpris de voir autant de familles, de vieux, de gens qui ne sont pas forcément les premiers fans visés. Mais malgré tout, le festival n’est pas sur une économie facile. Surtout en ce moment où tout augmente et on doit faire face à beaucoup de nouvelles taxes, d’augmentation de cachets, etc. C’était une aubaine que ce public-là, malgré tout, même si ce n’est pas le public phare du festival, puisse venir découvrir. […] On reste sur une esthétique musicale considérée comme une niche. Donc, avant que le Hellfest devienne un festival entièrement populaire, il y a encore une marge. Il y a énormément d’éléments qui expliquent [ce public plus populaire] ; en plus samedi est la journée la plus facile pour que les gens puissent se déplacer et assister aux concerts. Ça dépend évidemment des têtes d’affiches. Mais le cœur du public, on le connait bien, il représente aujourd’hui certainement les 30 000 qui [sont restés dimanche], mais il faut quand même pouvoir ouvrir son affiche pour que le festival puisse continuer à exister. »

Malgré la qualité de l’affiche, on se souvient de certaines critiques qui s’étaient levées en amont du festival concernant les têtes d’affiches de cette édition. Notamment pour Kiss qui était déjà à l’affiche il y a seulement deux ans et Volbeat qui, en France, n’a pas la notoriété qu’il possède ailleurs en Europe. Barbaud rappelle que « c’est difficile pour les têtes d’affiches car les opportunités ne sont pas très nombreuses et nous amènent à prendre des choix pour essayer de faire quelque chose de cohérent. Lorsque l’on sait qu’on a Kiss et ZZ Top, on essaie d’avoir un programme avant qui coïncide, de manière à contenter le public qui va venir. Car on sait qu’un public va venir en masse pour ces artistes-là. Après on n’est absolument pas fermé. Je comprends : Iron Maiden n’est pas chez nous cette année, Rammstein non plus. Je comprends que ces artistes là auraient eu pleinement leur place ici. Les choses ont fait que ces artistes ont préféré jouer ailleurs. »

Mais la diversité du festival fait l’une de ses forces. Ce dernier se félicite notamment des bons échos qu’il a eu de la programmation intense de la Warzone pour cette année. Ben Barbaud, amoureux de la scène hardcore/punk s’avoue heureux « d’avoir réussi à remonter au sein du Hellfest les prémices qui étaient au tout début de mon premier festival qui s’appelait le Fury Fest. Je suis content d’avoir une scène dédiée. La programmation était riche cette année […] Les échos que j’ai sont très positifs. Comme quoi on ne s’était pas trompé sur le fait qu’une partie du public qui participe au Hellfest apprécie énormément ces styles de musique. ».

Hygiène, propreté et restauration :

Concernant les sanitaires, voilà un souci qui, malheureusement, touche tout festival. Bien que le nombre de toilettes ainsi que les vidanges de celles-ci aient été augmentées par rapport à 2012, il reste encore et toujours de longues files d’attentes et leur état laissait encore trop souvent à désirer. Arrivé le dernier jour, il était même commun de voir de nombreuses filles soulager leur vessie en plein air. Certaines parcelles de terrain ont d’ailleurs été arrosées d’urine du premier au dernier jour. Pissotière géante pour homme et, finalement, pour femmes également.

A ce sujet, Ben Barbaud avoue « que, surtout en France, bien plus qu’à l’étranger, c’est une problématique récurrente. Ça s’explique pour plusieurs raisons. Il y a déjà un défaut lié au manque de prestataires, surtout quand on arrive sur des événements de cette ampleur. Ils sont très mal équipés pour accueillir ce genre de manifestation. C’est difficile de trouver quelqu’un qui soit en mesure, aujourd’hui en France, en termes de prestation de service, d’assurer un nombre de toilettes suffisant, avec tout ce qui va derrière. La deuxième raison, contrairement à d’autres événements, le Hellfest se tient encore sur des terrains privés agricoles. Donc le Hellfest n’a pas la possibilité, légalement parlant, d’avoir des toilettes raccordables. Il y a deux solutions aujourd’hui : soit le chimique qui pue, soit les toilettes sèches qui demandent une manutention importante et, même si aujourd’hui effectivement les 2000 bénévoles qui travaillent sur le festival font un travail formidable, peu d’entre eux sont en joie à l’idée de vouloir s’occuper de ce genre de poste. Après, il y aura une solution : ce serait de faire payer les toilettes, mais ça c’est quelque chose qui est trop compliqué. On a également une troisième difficulté : le fait est qu’il ne faut pas parler de nombre de toilettes par nombre de festivaliers mais plutôt de nombre de vidanges, car les gens, ce qu’ils nous reprochent, c’est plutôt l’état des toilettes plus que le nombre. Là encore, on en arrive au même problème, nous n’arrivons pas à trouver un prestataire capable de faire énormément de vidanges tous les jours. Il y a quand même plus de toilettes que l’an passé, il y a plus de vidanges que l’an passé, mais je sais que les toilettes sont encore très sales. » Suivant ces constats, il y a donc fort à parier que les files d’attentes pour les sanitaires fassent encore râler quelques festivaliers sur la prochaine édition du Hellfest. Pour ce qui est des douches, celles-ci se sont retrouvées hors-services dans le courant de l’après-midi du premier jour. Un souci qui, apparemment, ne s’est pas reproduit lors des journées suivantes.

Là où le Hellfest marque une amélioration notable, c’est sur la restauration sur le festival. A la demande générale des commerçants, les stands de nourritures ont été regroupés dans une même zone afin de ne pas créer de désavantage économique entre un-tel et un-tel. A noter que plus de stands cette année acceptaient les payements par CB (ce qui est clairement un avantage quand un distributeur sur deux ne marche pas). Ainsi regroupés, les stands de restauration confèrent encore un peu plus de personnalité au Hellfest, accentuant son côté « village metal ». Un coin restauration ponctué par un espace constitué de bancs et de tables réservés à cet usage. Un petit espace en retrait relativement tranquille qui aurait mérité d’être partiellement couvert pour se protéger des averses pendant les repas. En ce qui concerne la nourriture elle-même, malheureusement, les prix restent très élevés pour la qualité souvent proposée, même si un choix plutôt large s’offrait au festivalier affamé. A noter que les stands se voyaient dans l’obligation de fermer boutique à 1h30 pétante, avant la fin des concerts – et ce même si des commandes de clients étaient en train de se faire. L’idée : forcer les gens à ne pas s’attarder sur le site une fois les shows terminés à 2h.

Le Hellfest, c’est un peu le Disneyland du metalleux…

L’avenir :

Aucun nom n’est officiellement annoncé pour l’édition 2014 du Hellfest – qui se tiendra du 20 au 22 juin – même si Ben Barbaud semble d’ores et déjà écarter la possibilité d’un Iron Maiden ou d’un System Of A Down sur la prochaine affiche de la « Fête de l’Enfer ». Deux mille cinq cents préventes ont déjà été vendues arrivé samedi après-midi. Mais, au final, l’annonce essentielle ne concerne pas l’édition 2014 mais bel et bien sa successeur. En effet, en 2015 le festival sera dans l’obligation de décaler ses dates puisque l’établissement scolaire voisin au site du Hellfest fera passer des examens. Une nouveauté qui, suivant les dates qui seront retenues, ravira peut-être nombre d’étudiants et bacheliers ne pouvant participer au festival en raison de leurs examens en cette période.

Nous avons appris que le Hellfest est arrivé à rentrer dans son budget de 8 millions d’euros (grâce aux buvettes, manne financière importante pour tout festival) alors que lui aussi connaît la crise et les augmentations de la vie : augmentation de la TVA, taxe sur la bière et une crise qui lui a fait perdre certains de ses partenaires privés. Une conjoncture économique qui pourrait bien continuer à encourager le festival à s’ouvrir à un public de masse et hétéroclite qui, comme l’a prouvé cette édition, sait répondre présent.

Il faut donc envisager l’avenir du festival de manière similaire à ce qu’il a pu offrir cette année. Toutefois il reste essentiel de noter qu’encore et toujours, le Hellfest sait fidéliser son public. Le festival reste un vrai monde fantastique et fantaisiste duquel il est toujours délicat de s’extirper après trois jours passés en son sein. Et une fois de plus, le Hellfest assoit sa place de second dans le paysage des festivals français (tous genres confondus, derrière les Vieilles Charrues, selon une étude SocialBand).

En attendant les premières annonces pour l’année prochaine, qui ne devraient pas apparaître avant cet automne, vous pouvez (re)lire nos fils rouges complets des trois jours. Ces fils rouges servent ainsi de compte-rendu « vivant ». Pour les consulter, ça se passe ici pour le vendredi, pour le samedi et pour le dimanche. Par ailleurs, les galeries photos seront bientôt disponibles pour ces trois journées.

La warzone par temps calme.

Bonus : « Le retour de la Warzone »

Comme l’an dernier, la Warzone, dédiée au Punk/Hardcore/Crust a pour notre rédaction été un fil rouge d’amusement, tant elle représentait la quatrième dimension de ce Hellfest, dimension dans lequel l’esprit des festivaliers semblait altérée, bouleversant totalement leurs normes de vie. Voici par conséquent une petite liste des comportements que nous avons relevés dans cette toute nouvelle société, qu’il faudra peut-être étudié de plus près et plus longuement dans les prochaines années :

  • C’est dans la Warzone que l’on pêche les plus beaux poissons, reconnaissables grâce à leur canne à pêche au bout de laquelle on peut y voir accrocher un VRAI poisson.
  • On peut également pêcher le Warzonard avec un bâton auquel est accroché du rubalise, au bout duquel est attaché… une cuisse de poulet.
  • Qui dit « microsociété » dit microclimat. Comme l’an passé, en trois jours de festival, le sol n’a quasiment jamais séché.
  • Mais il faut dire que dès le premier jour, ce sol était déjà le plus boueux. Un signe du ciel.
  • Pendant que certains punks se font dorer le poil, le Warzonard pratique quelque activité physique tel que le football-pichet. Du foot avec un pichet de bière (vide bien sûr)…
  • … Ou encore le jeu du poulet instauré par The Casualties, sorte de pogo où les ‘poulets’ doivent monter sur les épaules des autres et ne pas tomber.
  • La Warzone a été certifiée la scène la plus « sex » grâce au show de Punish Yourself.
  • La Warzone, c’est sur et en dehors de la scène, comme pour le batteur d’Anti-Flag finissant au milieu du public avec son kit complet de batterie.
  • Tout est fait pour le confort du Warzonard : bar, toilettes (même si celles-ci sont anecdotiques) et, à quelques pas de lui, de la viande cuisant à la broche.
  • Enfin, la Warzone a beau être étrange, elle n’en est pas moins généreuse. Un inconnu peut tout naturellement vous y offrir des frites s’il lui en reste alors qu’il n’a plus faim.

A voir également :

Galerie photo Def Leppard au Hellfest 2013.
Galerie photo Whitesnake au Hellfest 2013.
Galerie photo Kiss au Hellfest 2013.
Galerie photo ZZ Top au Hellfest 2013.
Galerie photos Ambiance et festivaliers au Hellfest 2013.
Galerie photo de la journée du Vendredi.
Galerie photo de la journée du Samedi.
Galerie photo de la journée du Dimanche.
Fil rouge détaillé de la journée du Vendredi.
Fil rouge détaillé de la journée du Samedi.
Fil rouge détaillé de la journée du Dimanche.



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  • HailAndKill dit :

    Article très instructif pour ceux qui n’ont pas pu s’y rendre !

    [Reply]

  • je suis un habitué du Graspop , et ce fut mon 1er HELLFEST .
    le HELLFEST n’a rien a envier a son homologue flamand.
    les points positifs : les 2 main stage cote a cote , regroupement des styles par site
    la diversité et de la qualité de la nourriture.(prix corrects)
    nos sauveurs les désoiffeurs.
    ambiance générale , aucune embrouille , accueil et bénévoles agréables.
    qualité du son , visibilité des scenes .

    les points négatifs :
    les toilettes (prendre exemple sur le grasspop svp , avec des chiottes impécables..et pas qu’ un seul point d’eau sur place)
    pas de bar au nivau de la nourriture
    les stands merch moyen , le stand artistes vide et les stands hellfest saturés!!

    mais j’y retournerais c’est sur !!!

    [Reply]

  • Breizhwarrior dit :

    Pour ma part, je suis d’accord avec les précédents, le son de la Altar n’était pas toujours de très bonne qualité, je prend comme exemple Wintersun, un show bon à mon gout, mais avec un son trop brouillon. De plus, le son pour Gojira sur la Mainstage 01 était absolument horrible, on arrivait pas à discerner les instruments, la voix de Joe était inaudible, et la batterie de Mario plate.
    Mais ormis ces détails, c’était un festival génial, une fois de plus !

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  • guillou.y dit :

    je veux bien que ben barbaud dise qu’il ne trouve pas de prestataires pour nettoyer ces chiottes mais moi qui suit metalleux et le vidangeur officiel des « vieilles charrues » et du « bout du monde à crozon » en tout cas il ne m’a jamais contacté..(remarquez ça me va aussi de regarder les concerts..lol)

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  • Bozo Le Clown dit :

    Pas d’accord pour le son de la Altar, ce sont les groupes d’abord qui font leur son avce leurs instruments leurs amplis etc …
    Les ingé sons ne peuvent pas faire de miracle si les zicos ont un son de merde.
    Par exemple le son de Rotting Christ était énorme et celui de Kampfar très bon

    [Reply]

  • cpt grindfucker dit :

    Je suis juste absolument pas d’accord pour le son sous la altar et la temple…la altar avait le plus mauvais son du festival, c’était écœurant, pour y avoir passé beaucoup de temps, très peu de groupe ont eu une qualité digne de ce son, y étiez vous au moins ? Il y avait beaucoup trop de basse, et le kick de grosse caisse, affreusement fort et insupportable par moment…la temple était mieux parfois un peu trop criarde mais voilà, la valley souvent un peu trop forte mais bon voilà la altar était vraiment à la rue en terme de son à tous les niveaux que ce soit et pas besoin d’avoir fait des études dans le domaine…

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  • Qu’ils fassent un festival peut-être un peu moins cher, et surtout, SURTOUT, PAS pendant les périodes de BAC / Rattrapages, et là ils auront bien plus de clientèle.

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