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Hellfest 2014 : fil rouge de la journée du samedi 21 juin


Le weekend le plus infernal de l’année a commencé hier dans la ville de Clisson qui pendant trois jours connaît un boom autant démographique que sonore. Et comme tous les ans, notre équipe se mobilise pour vous faire vivre de l’intérieur ce Hellfest nouveau qui, en 2014, devrait devenir une nouvelle édition étalon, principalement grâce à une affiche – en tête de laquelle se trouvent trois légendes : Iron Maiden, Aerosmith et Black Sabbath – d’un niveau encore jamais atteint rien qu’en termes de prestige.

Comme nous avons pu le faire ces dernières années, vous allez pouvoir suivre le festival en direct via ce fil rouge qui sera fréquemment mis à jour de l’ouverture des hostilités vers 10h30, jusqu’à la fin des derniers concerts vers 2h du matin ! Suivez-nous donc dès maintenant via cet article mais aussi sur les réseaux sociaux – notre page Facebook et nos comptes Twitter et Instagram – pour tout savoir sur ce Hellfest 2014 et obtenir nos impressions à brûle-pourpoint. Nous vous conseillons donc de recharger cette page régulièrement car nos informations sont mises en ligne en temps réel. Par ailleurs, sachez que les live reports de ce fil rouge pourront être enrichis quelques jours après le festival et nous vous proposerons également, a posteriori de l’événement, des galeries photos entièrement consacrées aux prestations des artistes.

Cette nouvelle journée s’annonce radieuse !

10h59 : Pour ce deuxième jour dans la Valley, Jimbob Isaacs vient avec son groupe Hark pour sludger bien fort et réveiller la foule encore un peu endormie. L’artiste n’était pas revenu au Hellfest depuis sa première édition (alors avec son groupe Taint) et force est de constater que le bougre sait toujours tenir la scène et retenir l’attention. La musique du trio, lourde mais pas non plus sous somnifère, groove terriblement et, servie par des solos transpirant la classe, passe bien auprès du public. Court mais intense.

11h37 : Devant la Mainstage 1, où se produit Killers, groupe français, il y a du monde et des visages blanchis par la crème solaire ; sans doute pas une mauvaise idée après la journée qu’on a eu hier. Sur scène, les musiciens servent du bon heavy en français, tendant vers la NWOBHM, en passant par un petit côté punk binaire, malgré quelques saturations. A cette heure chaude de la matinée, ils offrent un concert honnête mais dont le chant et les riffs répétés peuvent lasser les néophytes, ainsi le public se montre intéressé mais timide. Nul n’aura manqué de remarquer la grande avant-scène installée aujourd’hui, sans doute pour le concert d’Aerosmith de ce soir. Sur la scène du Temple, bien qu’italien, Nefarium a distillé un black norvégien, avec de grandes envolées de batterie évoquant 1349, sans se laisser distraire par les fortes balances en face, sur l’Altar, où Mercyless attaquera ensuite les esgourdes à grands coups de riffs bien sales. Le combo de Mulhouse, vétéran de la scène death metal hexagonale et ressuscité en 2011, opère une mission de décrassage des cervicales et le fait avec soin. C’est avec des morceaux tels que « Substance Of Purity », « Without Christ » ou encore « God Is Dreaming » que la bande de Max Otero montre sa maîtrise du genre et son expérience. Le public ne se lâche pas encore complètement mais cela devrait décanter assez vite sur les prochains concerts.

Le Hellfest se réveille.

12h17 : Darkness Dynamite a assuré l’essentiel pour le premier concert sur la Mainstage 2. Le public présent, bien que peu nombreux, a formé le premier circle-pit de la journée et a pu témoigner d’un groupe mature scéniquement, bien en place, dont le chanteur n’hésitait pas à prendre la parole. Sur la même scène, un peu plus tard, Of Mice & Men et ses deux chanteurs proposent ses changements de rythmes propres au hardcore. L’audience est déjà bien compacte malgré l’horaire. Visiblement la foule apprécie ce mélange de hardcore et de metalcore et ne s’économise pas en mouvement. Ce fut le cas également lors du premier set dans la Warzone avec Stinky Bollocks, plein d’enthousiasme, avec les potes du groupe venus les voir sur les côtés de scène et les ont même rejoints sur un morceau. Un concert on ne peut plus hardcore avec au menu un chanteur hyperactif, du remous dans le public et une communication très authentique.

12h29 : C’est au tour du groupe de black/death français Temple Of Baal d’envahir… le Temple. A nouveau, la tente de l’ultra-violence est le protecteur idéal contre les ultraviolets, ce qui amène les curieux, mais ce qui fait aussi une masse de spectateurs qui bougent à peine, voire restent de marbre face à la musique très technique du groupe. Pendant ce temps, les gars de Benighted aiguisent leurs couteaux de boucher ; le metal français sous toutes ses formes est à l’honneur ce matin ! Sauf dans la Valley où les Hollandais Herder remplissent la tente de leur doom couillu tantôt atmosphérique, tantôt franc du collier. De « Stab » à « Sons Of Thunder » en passant par « Feet Eager To Run To Evil », ils montrent toute leur palette de sons et la fosse semble convaincue.

12h57 : Dans la Warzone, le jeune combo AYS est venu étaler ses tripes en place publique. Entraînés par leur chanteur survolté (arborant un magnifique T-shirt Kermit la Grenouille), les musiciens de Düsseldorf ont quelque chose à prouver et mettent le paquet pour clouer la fosse avec leur punk hardcore juvénile. Il n’est pas impossible que d’ici quelques années on revoie passer ces rejetons de Black Flag… A peine Temple Of Baal parti, le cuirassé Benighted démarre, un public gigantesque prêt à se le prendre en pleine face. Gros choc en perspective ! Les Stéphanois donnent tout, y compris leur nouveau bassiste Alexis Lieu qui a la lourde tâche de combler la folie de son prédécesseur. En cette pause méridienne, Julien Truchan, chanteur était indéniablement l’homme qui gutturait à l’oreille des festivaliers. Des festivaliers qui repartiront heureux chercher de quoi remplir leurs estomacs après s’être fait transpercer les tripes pendant une demi-heure.

Poussière et chaleur sont les stars du jour.

13h46 : Lez Zeppelin était une curiosité. Tribute-band 100% féminin d’un des plus grands groupes de hard rock de l’histoire, il y avait de quoi cimenter le public autour de certains hymnes comme « Rock’n’Roll » auxquels le public adhère. Mais l’ennui guette et on s’interroge sur la différence d’intérêt entre ce groupe de reprises et celui de votre village… La chanteuse a un mélange de charisme, de classe et de charme s’exprimant à travers une gestuelle bien dans le ton, et le reste du groupe offre une touche féminine (évidemment, nous direz-vous) à ces chansons. D’autres préféreront peut-être se tourner vers un Letz Zep, tribute-band dont la qualité musicale et le désir de s’inspirer physiquement des membres de Led Zeppelin pourrait avoir plus d’intérêt. Il n’empêchent que les dames repartent avec quelques applaudissements mérités. Tandis que le monde s’agglutine autour des buvettes, Borgne commence son set devant un parterre clairsemé. Se pourrait-il que le public commence à se méfier du son de la scène du Temple, au moins tant qu’il n’y monte pas de groupe majeur ? Les Suisses mettent pourtant du cœur à l’ouvrage, avec ses développements à la Behemoth, mais dans un style plus black-indus, avec boîte à rythmes et clavier. Mais le chant est faiblard, quasi inaudible, et le bassiste va en outre connaître des problèmes sur son instrument et devra en changer ; lui qui est gaucher prend une basse de droitier – original ! – avant de récupérer son autre instrument une fois réparé, mais continuera à grogner sur son matos qui sature… Tout ça n’arrange pas un set où la drum-machine donne un côté très redondant à l’ensemble.

13h55 : Déferlante de metalcore sur la MS1 où Miss May I balance ses riffs catchy et ses mélodies, enivrantes pour certains, écœurantes pour d’autres. La fosse n’est pas en folie mais les fans semblent comblés par les tubes qui défilent (« Day By Day », « Hero With No Name », « Hey Mister »…) et c’est là l’essentiel. Direction la Valley pour voir Mos Generator, power trio à l’efficacité remarquable. Embelli par de magnifiques lumières oranges, le groupe n’aura de cesse de partager avec un public qui aura savouré pleinement un show au son extrêmement clair.

14h49 : « Big Guns », « Piece Of Me », « Kings Of Demolition », « Youth Gone Wild »… Pour tous ceux qui voulaient entendre au moins une fois dans leur vie les tubes de Skid Row – et qui auraient manqué Sebastian Bach il y a deux ans -, c’est l’occasion en or ! Pendant une heure qui a semblé bien courte, les Yankees ont mis le feu à la MS1, attirant une foule monstrueuse dans la plaine poussiéreuse. Johnny Solinger, en chanteur et frontman exemplaire (malgré certaines difficultés sur quelques vieux hits ; mais Bach en a aussi), n’a cessé de haranguer le pit qui était aux anges. Un petit bout de légende. Du made in France encore (décidément, c’est la journée !), cette fois dans la Warzone avec les Burning Heads qui ont déroulé tranquillement leur punk-hardcore sous la chaleur, mais sans avoir l’air d’en souffrir. A contre-courant d’un Maiden la veille, le groupe exprime son aversion du foot et pour faire évoluer sa setlist fait voter le public. C’est beau la démocratie ! Les Orléanais offriront même un rappel à ce public qui aura pris bien du plaisir à se cramer la tête sous le soleil de Clisson.

15h02 : Rencontré au festival, Guillaume Bernard du groupe Klone nous a parlé de leur prochain album intitulé Here Comes The Sun. Il s’agira d’un album sans guitares saturées, mais tout de même quelques guitares sous-accordées, comme ils l’ont fait sur The Dreamer’s Hideaway, plutôt sombre, avec comme référence Deliverance d’Opeth, mais aussi des ambiances se rapprochant plus de leur propre album Black Days. Il est prévu pour mars 2015. Le titre ne se veut pas lumineux, ce n’est pas le beau soleil, plutôt le soleil dur qui vous file un cancer.

15h22 : Il y a chez Supuration, dans ses compositions, une profondeur qui prend une dimension encore plus cérébrale en live. Tous les musiciens sont mis au même plan et partagent ce death sombre tout en technique. Le batteur est ainsi placé sur un côté de la scène et non caché derrière les autres membres. De belles lumières et la fumée ne font qu’ajouter à l’ambiance d’un super set dont le public sort satisfait. Dans la Valley, on a été véritablement séduit par la musique poétique et incisive de Subrosa. Le sludge raffiné du combo de Salt Lake City, caractérisé par les deux violons de Sarah Pendleton et Kim Pack, a résonné de fort belle manière. Au chant et à la guitare, Rebecca Vernon a également attiré bien des regards. Tout simplement classe.

15h44 : Trollfest prend les clés du Temple, difficile d’accès puisque étant la seule tente à l’ombre pour l’heure, et donc assaillie de metalleux fuyant la puissance de l’astre du jour. Mais plus on est de fous… Le groupe accueille tout ce monde pour une grand-messe pour alcooliques notoires ou anonymes organisée par un orchestre qui pète un plomb. Et pour ne rien arranger, leur gros folk rentre-dedans, grand-guignolesque, à coup d’accordéon et de percus, ne laisse pas la poussière se reposer sur le sol. C’est un triomphe pour ces Norvégiens, à tel point qu’il va bientôt falloir engager un videur à l’entrée du Temple pour refouler tout ces organismes qui ne marchent pas à l’eau, poussés par le soleil brûlant. Les aficionados de hard rock pouvaient aussi trouver leur compte avec Buckcherry sur la MS2 : les tubes hard sont de sortie, ça sent bon le jam et la complicité, le chanteur faisant chanter le public dès le refrain du premier titre, leur hit « Lit Up », le groupe faisant un clin d’œil aux Rolling Stones en intro de « Crazy Bitch »… Naviguant entre hits rock et ballades, le groupe a su convaincre ses fans nombreux dans l’assistance mais aussi les amateurs de hard rock en général.

Quand on vous dit que le périmètre est dangereux !

15h57 : On n’aura pas trainé à la conférence de presse d’Extreme : en cinq minutes, c’était réglé. Le guitariste Nuno Bettencourt s’est dit « embarrassé » quand ils reconnaissaient que c’était la première fois qu’ils tournaient sans avoir de nouvel album… nouveauté discographique qui devrait tout de même arriver d’ici la fin de l’année. On aura au moins appris ça. Vent de fraicheur à la Warzone où Misconduct déboule armé de sa bonne humeur et de ses refrains endiablés. Inutile de dire que sous la chaleur ambiante, ce genre de musique fait du bien par où elle passe ! De « Family » à « Just A Second » en passant par beaucoup d’autres titres pas prise de tête, le punk mélodique du groupe suédois a soulevé à son tour beaucoup de poussière. Fredrik Olsson et sa bande semblaient comme des poissons dans l’eau et le pit aussi !

16h11 : Walking Papers, ce n’est pas qu’un super groupe (avec d’anciens Mad Seasons, Screaming Trees, Guns ‘N Roses) : c’est un sacré groupe ! Ses mélodies sont pleines de subtilités et le combo propose une musique qui sent bon le son de Seattle. Mais le groupe ne tombe pas dans le piège de la facilité en copiant ses pairs. Au contraire, il a une vraie personnalité et il suffit pour s’en convaincre d’écouter les lignes de basse de Duff McKagan, le groove bourré de feeling de Barrett Martin à la batterie, d’observer l’expressivité faciale de ce dernier ou l’élégance de leur frontman Jeff Angell. Après la grande fiesta Trollfest, on compte les morts dans la tente des musiques extrêmes devant le set death old-school d’Incantation. Comme d’habitude sur l’Altar, le son est très correct, mais le public montre un coup de mou, et se contente de bouger la tête. Les spécialistes du genre apprécient la grande justesse technique du groupe mais le gros de la foule se contente de se montrer attentif et ne s’embrase pas pour ce concert solide au demeurant.

17h14 : Deuxième gros groupe de metalcore sur la MS2 avec l’arrivée de We Came As Romans. En alternant grosses phases de jump et passages mélodiques, le groupe du Michigan aligne toutes les qualités comme les clichés du genre. Un concert entier et direct qui finira en grosse teuf’ sur « Hope ». Festif aussi le concert de Skyclad sur la scène du Temple. Ces Anglais alliant heavy et metal folk, souvent présenté comme faisant partie de l’avant-garde, mêlent chant féminin et masculin sur des ambiances celtiques, idéales pour réveiller les festivaliers. La fête est si folle que même la gendarmerie s’invite dans l’assistance ! Mais la chaleur et la poussière deviennent préoccupants et un membre du staff du Hellfest arrose au tuyau le parterre de l’Altar et tout festivalier qui le réclame. Ci-dessous la vidéo de ces deux concerts grâce à Arte Concert :

17h49 : Nouvelle déveine pour le Hellfest : Urfaust, qui devait jouer demain après-midi est forcé d’annuler sa venue (un des enfants du chanteur est à l’hôpital) mais est remplacé au pied levé par Heretic, autre groupe du batteur d’Urfaust : VRDRBR, qui y tient la basse.

Phil Anselmo, heureux comme un keupon dans la Warzone.

18h16 : Vous voulez un groupe qui mélange sludge, doom, et stoner ? Alors Witch Mountain est fait pour vous. Emmené par une chanteuse n’hésitant pas à aller loin dans les aigus à la manière d’un King Diamond, le groupe mélange les genres et propose même un ballade douce dans une gamme bluesy. Un cocktail original apprécié par le public. Depuis quelques années, un Hellfest n’est pas complet sans Phil Anselmo qui traîne dans un coin et devinez quoi : on l’a enfin vu ! Dans la Warzone, c’est Bl’ast qui a mis tout le monde d’accord dans ce projet hardcore où l’on retrouve deux ex-QOTSA – Nick Oliveri à la basse et Joey Castillo à la battoche. Et Anselmo sur le côté de la scène, tout content, tapant dans ses mains, avant de carrément aller faire un câlin aux copains. Et le public devant qui circle-pite presque non-stop pendant les cinquante minutes du set. Badass !

18h56 : On se souvient du fameux goulet d’étranglement de la Warzone, eh bien, le revoilà, sauf qu’on peut l’appeler le « corridor de la soif » maintenant. Ça bouchonne entre les sortants, les entrants et les assoiffés qui s’arrêtent au point d’eau… Mais notre direction pour le moment, c’est la Valley, qui déborde de monde, où nous attend une chaleur étouffante mais aussi Acid King, trio qui invoque la nostalgie de Black Sabbath par son tempo doom et ses riffs stoner. Le chant de leur frontwoman Lori S. est complexe, proche de ce qu’on entendrait dans les groupes de metal avant-gardiste, mais peut aussi vriller les tympans quand elle monte dans les aigus avec la réverb’ en plus. Il y a aussi du monde sur le côté de la scène avec moult invités et groupies. Le groupe distille des ambiances entre Morricone et Clutch (vous visualisez le truc ?) et finira dans un rock’n’roll mid-tempo à la Girlschool. Pendant ce temps, dans le Temple, notre photographe Claudia se faisait cracher dessus par Niklas Kvarforth (Shining)… « C’est de la tendresse » nous assure le staff du groupe sur Twitter (cf. ci-dessus). Et Dagoba… Dagoba ! Mais retournons d’abord un peu en arrière avec le concert d’Extreme venu interpréter (en grande partie au moins) son fameux album Pornograffitti : « Decadence Dance », « It’s A Monster », « Hole Hearted » (avec ce solo !)… dans une setlist entièrement basée sur leurs œuvres pré-1993. Nuno Bettencourt (guitariste) se montre impressionnant autant quand il assure les rythmiques que dans ses solos de très haut niveau, quand il fait les choeurs et même quand il s’agit de faire un discours. Ainsi avant « More Than Words » il explique qu’il s’agit de « leur chanson la plus heavy » avant d’ajouter : « sur le plan émotionnel ». Le public reprend le refrain du titre joué avec une seule guitare acoustique. Gary Cherone se montre lui aussi très dynamique et le principal bémol de ce super concert, ce sera les petits problèmes de son récurrents, obligeant les musiciens à passer pas mal de temps à se tourner vers leurs techniciens pour leur lancer des messages.

Ce tendre Niklas Kvartforth (Shining)

19h23 : Dagoba… Dagoba, disions-nous… Dagoba est désormais un incontestable poids lourd du metal (au moins français), ainsi rien de bien étonnant à voir toute la plaine de la MS2 remplie jusqu’au gosier. Pendant une heure, le quatuor marseillais va tenir à la gorge la fosse et la mettre dans tous ses états, notamment avec un wall-of-death (parmi tant d’autres et d’autres circle-pits de folie) qui devait mesurer plusieurs dizaines de mètres (« Je veux voir le mec au guichet de la grande roue ! ») et un moshpit en ébullition qui n’aura pas laissé la poussière toucher terre pendant cinquante minutes qui en ont paru vingt. Une tornade ! Comme de coutume, Franky Costanza est impressionnant de maîtrise derrière sa batterie, et Shawter (chant) sait déplacer les foules. Les morceaux, anciens et récents, font mouche. Le succès est complet. On s’attendrait presque à voir une larme au coin de l’œil de Shawter tant il se montre reconnaissant envers le public et envers le Hellfest lui-même, l’apothéose de toute tournée, dit-il. En tout cas, indéniablement, depuis leur tournée US, le groupe est grimpé en division scéniquement. Vous pouvez voir ou revoir ce concert ci-dessous grâce à Arte Concert :

19h54 : Shining et son frontman Kvarforth ont sur scène une aura maléfique. Mais durant ce set étrangement court la mayonnaise n’a pas vraiment pris. La faute aux soucis de son au début du show ? Ou peut-être la forme moyenne de Kvarforth ? On l’a en tout cas connu plus dynamique par le passé. Mais une fois les soucis de son résolus, le public des Suédois a au moins pu assister à un rendu des chansons musicalement parfait. On transite ensuite en face pour les comiques tripiers de Gorguts. Pronostic : ça va saigner ! Et, effectivement, si le public se prend au jeu de ce death technique old-school, les Québécois enchaînent surtout les chocs, comme « Forgotten Of Arrows », « An Ocean Of Wisdom », « Inverted » voire le nouveau « Colored Sands » tiré de l’album du même nom. Luc Lemay et sa bande n’y vont pas avec le dos de la main morte mais pour ça il faut se contenter du strict minimum côté communication. On prend conscience de tout le travail que le groupe a dû accomplir pour parvenir à ce niveau : sonorités chirurgicales et tranchantes, growl implacable… L’Altar se transforme en aire de pique-nique et de repos géante : tout le monde veut se poser et écouter Gorguts. L’une des meilleures prestations de la journée sous cette tente avec Benighted, Incantation et Trollfest pour l’heure. Sur la Mainstage, si le concert a été gâché par un son de basse épouvantablement trop fort, Status Quo a déroulé en moins d’une heure une setlist best-of – « Whatever You Want, « Caroline », « Down Down » et bien sûr « In The Army Now » – à un public réagissant très bien à ces vieux hits. La preuve que le boogie-rock a sa place dans un festival de metal.

20h07 : On ne peut reprocher au frontman de Protest The Hero de tenter de communiquer avec son public ! Car ce diable de Canadien peut vous parler de la Coupe du Monde qu’il déteste tout en se moquant de l’accent québécois, de ses problèmes capillaires (« J’ai beau aller chez le coiffeur, je ressors toujours avec la tête du méchant du Cinquième Element »), voire d’eux-mêmes : « Croyez-moi, on sonne mieux sur album ! » Alors qu’ils n’en mettent pas une à côté avec une maîtrise technique hallucinante. Les changements de rythme sont légions et cette complexité pourrait désarçoner le néophyte. Sans une connaissance préablable de leurs compos, il est surement difficile d’appréhender le groupe en live, mais avec un son très puissant, PTH aura fini par convaincre au moins ses fans au cours d’un set très riche.

20h55 : Tsjuder aura donné une leçon de black metal ce soir, dans les ambiances, le tempo et l’articulation des relances. Les Norvégiens sont clairement habités par une présence divine dans l’ossature des titres, sur des rythmes de décérébrés à la batterie pour une cavalcade inlassable dans les désert glacés du grand nord. Clutch est dans la Valley et pour l’occasion cette dernière est vraiment, mais alors vraiment remplie ! Les Américains, qui auraient dû en principe jouer l’an dernier, sont visiblement très attendus par le public qui hurlait déjà un quart d’heure avant le début du concert. Des grands classiques au mroceau-titre de leur album Earth Rocker, toutes les chansons du groupe passent nickel et Neil Fallon n’y est pas pour rien… Le chanteur et sa bande sont toujours aussi efficaces et dégoulinent de feeling. Le groove a frappé !

Hatebreed

21h54 : Un gros barbu avec un chapeau de cowboy qui hurle à la mort, ça vous fait peur ? Si c’est le cas, nous espérons que vous n’étiez pas à l’Altar, car Brutal Truth y était et ce n’était pas exactement pour les âmes sensibles. La bande de Kevin Sharp a balancé son grindcore à la face du pit de connaisseurs qui a pris sa ration pour un moment. Et pour l’éternité car c’était sans doute la dernière fois qu’ils voyaient le groupe qui fait là son ultime tournée avant extinction. Le chant du cygne, en somme. Ailleurs, devant la Mainstage 1, une foule compacte attend Soulfly. Max Cavalera et sa bande auraient-ils leur cote en hausse ? Quoi qu’il en soit, ils font tout de suite en sorte de leur donner la preuve que oui en dégainant très tôt « Refuse Resist » et c’est la folie jusqu’au bar ! Cela aura sans doute un goût de redite pour ceux qui étaient déjà devant Sepultura la veille, encore plus quand ce sera le tour de « Roots Bloody Roots ». Malheureusement, Max n’a pas l’air au top, sa voix ne porte pas la moitié du temps et il semble préférer un chant parlé. Cela n’empêche pas le Brésilien de se faire plaisir. Quand il harangue la foule, « Jump ! Jump ! », celle-ci obéit et saute comme un seul homme. S’il jette un coup d’oeil au tank qui ornemente la régie, il peut aussi se rincer la rétine sur les cracheuses de feu en petite tenue. Et comme ce n’est pas là pour rien, il arpente l’avant-scène d’Aerosmith pour être au plus près du public et lui faire chanter « Eye For An Eye ». On approche de la fin, insensiblement, car Soulfly ne va pas s’éterniser et s’arrêtera même dix minutes avant le terme de son temps alloué avec un bout de reprise de « The Trooper » de Maiden où Cavalera n’osera pas se mesurer à Dickinson et s’éclipsera pendant ce temps avant de dire au revoir une fois cet étrange épilogue terminé. Ci-dessous la vidéo de ce concert grâce à Arte Concert :

22h06 : Hatebreed, ce sont des images qu’on garde en mémoire : le public qui tourne à l’unisson casquettes ou vêtements, qui lève le poing sous les injonctions de Jamey Jasta (chant) et qui tape des mains ensemble. Le charisme du frontman et les tubes à gogo encouragent ce déchainement, ce mouvement perpétuel, autant sur scène que dans la foule, intense et plein de vie. L’enchaînement avec les coreux de Comeback Kid dans la Warzone est donc idéal. Le quintet prend plaisir et le dit. Ça moshe dans le pit à donf ! Musicalement, le groupe perpétue la tradition du style, mais que lui demander de plus. Qu’on se le dise : le style est plus que jamais vivant.

Mark Osegueda, chanteur de Death Angel, devant le concert de Deep Purple.

23h33 : Légende. Ce terme n’est pas usurpé quand on parle de Deep Purple et si on a pu avoir l’impression que le groupe prenait un coup de vieux au cours de la saison des festivals 2013, en 2014, il retrouve son statut. Même si on sent le poids des ans – ils ne gambadent pas partout – on sent aussi l’expérience et le début du concert est d’un groove absolu, ça jamme, l’ambiance 70’s est palpable. Et quand « Space Truckin' » retentit, sous le soleil couchant, dans des températures plus douces, le Hellfest a un petit goût de paradis dans lequel va bientôt tremper un bout d’histoire : « Smoke On The Water ». Les musiciens prennent aussi leur part de plaisir : Steve Morse (guitare) fait forte impression au public, sur « Hush » Don Airey (claviers) atteint lui-même l’orgasme musical. Et ce solo de basse de Glover sur « Black Night »… Deep Purple a mis la barre haut pour Aerosmith juste après. Du côté d’Eluveitie, le Temple aurait pu s’écrouler sous la pression de la foule qui hurlait déjà le nom du groupe un quart d’heure avant le début de leur concert. C’est dire si le groupe était attendu et dès son entrée, le public entrera en osmose au son des instruments traditionnels. Le groupe ne met pas longtemps à sortir ses plus grosses cartouches : « Luxtos » (sur l’air de « La Jument de Michao ») et « Inis Mona » (sur l’air de « Tri Martolod ») que le public reprend en choeur ; rien de tel pour se mettre le public breton dans la poche. Mais ce n’est pas ce tir « prématuré » qui fera baisser la tension, la foule en mouvement est inarrêtable et il ne faut guère la prier pour obtenir un wall-of-death. Les Suisses la récompensera donc en jouant un titre de leur prochain album : « King ». Encore un triomphe pour le folk metal aujourd’hui. A noter que sur ces deux concerts la sécurité a eu de quoi faire : d’un côté, un homme était monté sur la sono, à 10 mètres de haut, face à Deep Purple et a dû être délogé par la sécu – il s’agirait de l’un des monteurs du chapiteau (un cas de figure déjà vu l’an dernier) – de l’autre côté, dans une tente bondée, des spectateurs n’ont pas hésité à mettre leur vie (et celle des autres) en danger en montant sur les pylônes…

Il faut descendre maintenant monsieur…

23h56 : Monster Magnet, c’est la classe absolue et des hymnes tout au long d’un concert d’une heure. « Space Lord » bien sûr, mais pas que. Du stoner lourd et une identité musicale qu’on reconnait facilement. La Valley est bien remplie et chante à tue-tête les paroles du groupe. Tout est bon, rien à jeter. Le son est idéal. Côté punk, Against Me! propose ses compos bon enfant, énergiques et rock’n’roll à une Warzone qui a connu nettement plus violent aujourd’hui. Mais le public joue le jeu même si on l’a vu plus nombreux… En tout cas, bonne présence scénique du quatuor. Anecdote encore plus punk : un mec bourré prenant les grands urinoirs pour un point d’eau s’est versé dessus et a bu de… vous voyez… bref, c’était mythique ! Reparlons de la Valley où sont attendus Phil Anselmo & The Illegals, mais déjà avant le concert le chanteur s’amuse à pointer le bout de son nez et à taquiner le pit. Il se cache derrière la batterie, frappe la caisse claire et part en rigolant comme un gosse. Priceless ! Maintenant le public scande des « Philou ! »

00h35 : Quand Nile a pris la scène de l’Altar, après le succès d’Eluveitie juste en face, l’ambiance n’allait évidemment pas rester la même. Après un démarrage progressif, le brutal death technique aux accents orientaux a dégagé toute son ultra-violence, aidé en cela par un bon son, des samples bien liés. Et ce bruit de double-pédale clinquant, jouissif. Mais la technique finit par lasser et de nombreux spectateurs sont partis avant la fin, probablement pour prendre une part d’Aerosmith ou s’assurer une petite place au Anselmo Show.

01h24 : Le black et le folk auront été les rois du Temple – Altar aujourd’hui, avec un meilleur son global qu’hier et Gorgoroth est là pour poursuivre la liste. Le black metal norvégien n’est pas froid, avec des moments thrash/black et une attitude plutôt rock’n’roll, il gâte ainsi un public survolté. De son côté, après avoir fait le zigoto, Phil Anselmo a eu la charge de clore cette journée sous la Valley et il commence fort avec une reprise de Pantera : « Hellbound ». Il enchaîne avec un des morcaux de son album avec The Illegals, « Batallion Of Zero » et on se pose la question : est-ce qu’il fait exprès d’employer cette voix quasi black metal ou a t-il simplement du mal à chanter ? Sans doute a-t-il besoin de se chauffer les cordes vocales, mais quand, pour annoncer « Betrayed », il déclare : « Si vous connaissez les paroles, aidez-moi, je galère » faut-il croire qu’il déconne ou faut-il s’inquiéter d’une attitude je-men-foutiste. Enfin, sur « Usurper Bastard’s Rant », le frontman barbu commence à être plus chaud. Ça rassure et ça sonne déjà mieux. Le guitarsite n’est pas en reste et sortira un gros solo en shredding pour amorcer « Bedridden ». Anselmo est toujours bien loquace : « Tous les journalistes veulent que je leur parle de Pantera… Cette chanson, nous ne l’avons jamais jouée avec Pantera ! Ou alors je ne me souviens plus ! Remarque il y a des chances… » C’est donc sur cette affirmation pas si affirmative que débute « Death Rattle ». Plus tard, après avoir toussé et roté, Phil nous explique le thème de « Irrelevant Walls and Computer Screens » : ça parle de chattes sur internet. Entre autres… Un vrai punk, pas de doute, c’est à se demander pourquoi on l’a collé dans la Valley et pas dans la Warzone où on l’a aperçu plus tôt. Enfin, pour boucler la boucle d’une setlist caractérisée par un grand déballage de puissance, le groupe termine sur une nouvelle reprise de Pantera : « A New Level ». Enorme !

Bientôt l’heure de retourner prendre des forces…

02h42 : Si Aerosmith se sera fait désirer au Hellfest (il était espéré à l’affiche 2013), la bande de l’ultra charismatique Steven Tyler n’aura pas déçu au cours d’un grand concert de deux heures où chaque décennie d’existence du groupe aura bien été représentée (de « Sweet Emotion » dans les 70’s à « Eat The Rich » dans les 90’s) avec aussi une part offerte à leurs titres plus récents. Bien sûr, si Tyler bouffe toute l’attention, il laisse assez de place à son « jumeau toxique » Joe Perry – à défaut d’en laisser à Whitford et Kramer bien en arrière – mais d’autres sauront se faire remarquer en tant que choristes de luxe pour le final de « Livin’ On The Edge » : Gary Cherone et Nuno Bettencourt d’Extreme. Le groupe a bien profité de son avant-scène de quinze mètres pour faire le show qui s’est terminé avec fumée et cotillons. Il faudrait chipoter pour trouver de vrais défauts à cette performance, comme une utilisation un peu trop présente de samples pour doubler certains refrains. Enfin, une fois les gars de Boston partis, une masse de festivaliers considèrent avoir tout vu aujourd’hui et quitte les lieux. De son côté, Millencolin finit la soirée dans la Warzone. Ses refrains catchy en bandoulière, c’est sans trop de mal que le combo suédois mobilise les dernières forces du pit. A l’image de leur dernier album qui a fait jaser, on peut certes en vouloir à Avenged Sevenfold de manger à tous les rateliers, musicalement et iconographiquement, mais il faut bien admettre que le groupe assure sur scène. Solo maidenien, décors et pyrotechnie ambitieux, dès le départ A7X a gagné la bataille du spectaculaire. Il est loin le jeune groupe découvert par certains en première partie d’Iron Maiden en 2008, le combo a mûri et a complètement acquis la science du concert ainsi qu’une fan-base dévouée qui chante tous leurs refrains (« Bat Country », « Buried Alive »). Si le temps passe, la mémoire reste et M Shadows dédie « So Far Away » à leur ancien batteur The Rev. Le chanteur dira aussi sa fierté de jouer le même jour que Deep Purple et Aerosmith. Enfin, si le son était globalement bon, il n’y aurait à redire que sur une basse et des bruits d’explosions pyrotechniques souvent trop forts. Mais, objectivement, c’est Carcass, tête d’affiche de l’Altar, qui aura réussi le concert parfait : une setlist de fou, un son hyper clair, des lumières magnifiques, la technique parfaite et un public aux anges. Jeff Walker (chanteur-bassiste) se montre même blagueur et n’hésite pas à évoquer le fait qu’Avenged Sevenfold joue en même temps qu’eux et que, en gros, le public peut y aller… Mais qui voudraient abandonner l’un des concerts de la journée dans ces conditions idéales ?



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  • Carcass dans mon top 3 de ce fest, l’adjectif « parfait » n’est pas galvaudé. Un concert de death/grind dont on sort avec la banane !

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