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CR De Festival   

Hellfest 2014 : fil rouge de la journée du vendredi 20 juin


Le weekend le plus infernal de l’année commence dans la ville de Clisson qui pendant trois jours connaît un boom autant démographique que sonore. Et comme tous les ans, notre équipe se mobilise pour vous faire vivre de l’intérieur ce Hellfest nouveau qui, en 2014, devrait devenir une nouvelle édition étalon, principalement grâce à une affiche – en tête de laquelle se trouvent trois légendes : Iron Maiden, Aerosmith et Black Sabbath – d’un niveau encore jamais atteint rien qu’en termes de prestige.

Comme nous avons pu le faire ces dernières années, vous allez pouvoir suivre le festival en direct via ce fil rouge qui sera fréquemment mis à jour de l’ouverture des hostilités vers 10h30, jusqu’à la fin des derniers concerts vers 2h du matin ! Suivez-nous donc dès maintenant via cet article mais aussi sur les réseaux sociaux – notre page Facebook et nos comptes Twitter et Instagram – pour tout savoir sur ce Hellfest 2014 et obtenir nos impressions à brûle-pourpoint. Nous vous conseillons donc de recharger cette page régulièrement car nos informations sont mises en ligne en temps réel. Par ailleurs, sachez que les live reports de ce fil rouge pourront être enrichis quelques jours après le festival et nous vous proposerons également, a posteriori de l’événement, des galeries photos entièrement consacrées aux prestations des artistes.

Première étape : le ravitaillement.

09h06 : Notre équipe est bien arrivée hier soir mais s’est aussitôt aperçue que la ville – comme le centre commercial (photo ci-dessus) – était assaillie de dangereux zombies sataniques… ha non, finalement, en y regardant bien, ce ne sont que de braves metalleux faisant le plein avant trois jours de folie.

10h08 : On approche de l’entrée du site sous le soleil. Tant pis pour la devise « Hellfest pluvieux, Hellfest heureux » qui permettait de profiter sans broncher du festival sous les averses lors de plus d’une édition passée. Mais qui va se plaindre de ce manque à la « tradition » alors que le ciel présente les meilleurs auspices. Au loin, les dernières balances résonnent avant les premiers concerts…

10h30 : Alors que les concerts n’ont même pas encore commencé, les premiers « soucis » d’organisation se présentent avec un premier changement de planning : Trivium, l’une des têtes d’affiche de la Mainstage 2 aujourd’hui, qui devait se produire à 1h cette nuit, pour la clôture, échange sa place avec Death Angel à 17h50.

11h08 : Thrash de bon matin et premier circle-pit poussiéreux devant Angelus Apatrida, à déconseiller aux asthmatiques. Comme prévu, la file d’attente est longue pour investir la zone du festival et malgré le petit comité présent pour l’instant pour les Espagnols les vestes à patches fleurissent, le drapeau basque flotte fièrement au côté de celui de l’Andalousie sous une météo idyllique avec un petit vent rafraîchissant. Les Ibères jouent entre autres leur grand tube « Give ’em War » mais également single efficace « You Are Next » issu de leur dernier album The Call (2012), et surtout relèvent parfaitement le défi d’ouvrir la fête par un concert tranchant qui a captivé son audience, avant de laisser la place, sur la scène voisine aux Grenoblois Nightmare qui auront sans doute à cœur de faire découvrir leur dernier album The Aftermath au public de Clisson. Pendant ce temps, l’ambiance est déjà posée dans la Valley. Devant une foule déjà conséquente, Mars Red Sky balance son stoner hypnotique et la sauce prend à merveille. Marie-Jeanne et ses adeptes s’éveillent avec délice, bercés par les riffs lourds et enivrants du combo bordelais. Un must pour se dégourdir les cervicales en douceur. Au Temple, c’est sous un déluge de blasts que débute fraîchement cette journée avec Necroblood. Malgré un son parfois un peu cradingue, les Français réveillent les premiers festivaliers massés devant la scène. La folie n’est pas encore là mais n’oublions pas que la moitié du camping dort encore.

11h44 : Premier concert à l’Altar et la poussière vole déjà dans les airs. Venu tout droit de l’Illinois, Weekend Nachos vient foutre son joyeux bordel et la foule, bien que réduite, se prête bien au jeu. En alternant riffs mammouthoïdaux et passages ultra-speeds (« Shot In The Head »), le combo ricain bat le chaud et le froid avec entrain. Une grosse claque bien folle, à la différence d’un Nightmare qui a eu du mal à convaincre au cours d’un set en dents de scie : une voix parfois trop criarde (le son étant, en outre, loin d’être optimal), batteur qui a du mal à se mettre dedans. Cela n’a pas empêché le public de rester et d’aimer ce set où la mayonnaise prenait doucement, comme apparaissait les cornes du diable marquant de plus en plus spontanément le tempo dans un public qui se laissait pourtant timidement enflammer par les harangues de Jo Amore (chanteur) et Yves Campion (bassiste) en début de show. On aura aussi remarqué durant ce concert, sur l’écran géant entre les deux Mainstages, pendant le film du concert, défiler en bandeau en direct les tweets #hellfest2014… C’est cool la modernité !

11h58 : Du bon vieux hardcore des familles avec First Blood ! Traditionnel et jouissif. Pour ce premier show dans la Warzone, le public est présent en nombre et très réceptif. Et surtout très chaud pour honorer la réputation de cette enclave de folie. Ainsi le premier circle-pit démarre au bout de deux minutes seulement de show ! Ailleurs, des choses plus commerciales ont lieu, notamment dans les stands de merch Iron Maiden où les T-shirts de la Vierge de Fer se vendent comme des petits pains.

12h17 : On traverse le décor de western post-apocalyptique des stands pour se rendre sous le Temple où nous attendent les Anglais The Order Of Appolyon et leur blackened death qui débuteront leur concert avec l’un de leurs meilleurs titres : « Ich Bin Das Licht ». Le jeu est carré mais le son, c’est autre chose : énormément de réverb’ sur la voix rend celle-ci lointaine voire inefficace, la guitare lead est quasi inaudible durant les solos, la basse sature… Le groupe montre beaucoup de bonne volonté et offre même une reprise de « Creeping Death » de Metallica à la sauce black metal, mais le show se répète, le public semble jouer à « le premier qui bouge a perdu » et finalement se tourne vers l’Altar, en face, où débarquera bientôt Kronos. C’est tout juste mieux sur la MS2… Si les harmonies à la guitare de Doyle Airence sont jolies, il n’en demeure pas moins que la linéarité des compos est vite lassante, même si le show est assuré par des zicos concernés et en mouvement. Une partie du public quittera vite la MS2 mais les aficionados de metalcore trouvent plaisir comme le montre la réussite d’un wall-of-death proposé par le frontman.

12h29 : Plus lourd que lourd, Conan prend d’assaut la Valley et assomme savoureusement la fosse. Particulièrement jusqu’au-boutiste dans la lenteur, le groupe de Liverpool n’arrive peut-être pas à captiver toute l’assemblée en début de show mais cela changera définitivement à partir de « Foehammer », morceau plus accessible et rythmé tout droit sorti de leur dernier album Blood Eagle. Tout au long du concert le trio a prouvé qu’il avait vraiment un très gros gourdin et qu’il savait bien s’en servir.

Les dieux du metal et de la météo sont avec nous !

12h54 : Sorti de sa momification devant la scène Temple, le public est carrément survolté pour le combo brutal technique Kronos sur l’Altar. Autant le dire de suite : ça scie du bois ! Le growl est monstrueux sur une musique de possédé rythmée par un couple basse-batterie en osmose. La communication avec la foule est au top et la poussière se mêle aux odeurs de chanvre tandis que jaillissent les slammeurs. C’est la guerre ! Un public de trépanés (où l’on voit vaches et Bob l’Éponge) qui aime se pulvériser transforme la tente en sac d’aspirateur plein vu de l’intérieur, face à l’une des premières grosses performances de ce festival ! Même folie dans la Warzone où Brutality Will Prevail a offert une prestation éminemment intense devant un public nombreux et actif. Dès les premières minutes, on a eu droit à un frontman dans les premiers rangs et de la poussière dans la figure et, là aussi, les premiers crowd-surfings de ce Hellfest 2014. Dans un tout autre genre, mais tout aussi efficace : « WE ARE CROSSFAITH FROM THE FUCKING JAPAAAN !! » A l’heure où certains se posent tranquille dans un coin pour se restaurer, la MS1 est survoltée par l’ouragan électro-metal nippon ! En frontman digne de ce nom, Kenta Koie sait déchainer le pit et provoque plusieurs walls-of-death bien vigoureux. Il faut dire que le groupe a des tubes pour le moins accrocheurs (« Countdown To Hell ») qui d’eux mêmes suffisent à mettre un sacré boxon ! Une grosse performance bien barrée, là encore.

13h54 : Fueled By Fire, un peu plus de deux heures après Angelus Apatrida, c’est la deuxième charge des revivalistes du thrash, type Bay Area des années 80 qui plaira aux fans d’Exodus, Testament ou Sacred Reich. Le pit est pas mal garni, probablement de curieux mais aussi de fans d’old-school. Le groupe groove, envoyant rythmes pour un bon moshpit mais ne manquant pas de mélodies et de riffs, le tout agrémenté d’un attitude parfaite. Son hymne « Thrash Is Back » agrémente la pause déjeuner des festivaliers ou de ceux qui font la queue aux stands de jetons boisson. Une mention spéciale à ce sujet : avec huit guichets prévus, si les files sont longues elles avancent vite et dans la bonne humeur. Fueled By Fire achève avec triomphe son set, un grand cru de thrash qui place la barre haut pour Toxic Holocaust un peu plus tard. Autre ambiance dans la Valley… Si vous aimez l’épaisseur et la profondeur musicale de The Ocean ou Sigur Ros, si vous aimez les mélodies qui parlent à votre âme et à votre cœur, Caspian est incontournable. Leurs compos, largement instrumentales, sans un mot, tout en beauté, vous prennent par la main, invitation au voyage. Le quintet, intégralement vêtu de noir, aura illuminé les lieux en quarante minutes bien trop courtes qui s’achèvent dans un final tribal exceptionnel où tous les musiciens entourent le batteur, frappant tous ensemble sur les percussions. Il s’est vraiment passé quelque chose sur ce set… Retour dans le Temple où, venus tout droit de Singapour, les vétérans Impiety sèment le chaos avec des titres tels que « Christfuckingchrist » qui emportent la fosse dans leur délire démoniaque. Bob l’Eponge lui-même ne résiste pas aux forces du mal déployées par ces blackeux fous. Un concert très cru, très true…

L’Apocalypse est partout au Hellfest, même dans l’espace VIP.

14h33 : Satan (le groupe, pas l’autre…) sur la MS1, c’est la NWOBHM sept heures avant Iron Maiden (dont on voit d’ailleurs le décor partiellement monté derrière). Le groupe qui a connu son heure de gloire dans les années 80, récemment reformé après une longue période de séparation et avec seulement deux albums sous le bras pour ce line-up (Court In The Act et Life Sentence, sortis respectivement en 1983 et 2013, un troisième, « Suspended Sentence », était sorti en 1987 avec Michael Jackson au chant, rien à voir avec qui vous savez…), signe-t-il un retour gagnant sur scène ? Au moins, sous le soleil inondant la plaine de chaleur, ils auront été rafraîchissant, leur jets de flammes généreux ne faisant qu’augmenter le côté kitsch, n’épargnant aucun cliché à un public qui aime les cultiver. Changement de décor, direction Warzone, où l’on trouve, bizarrement, qu’à part quelques personnes plus ou moins sobres, il ne se passe pas grand chose pour l’instant… en dehors des concerts, bien sûr. Et c’est au tour de Nasty qui débarque face à un public de connaisseurs, convaincus d’avance, toujours prêts à s’enflammer. Et avec un frontman qui cherche autant à partager (en allant dans les premiers rangs, faisant un effort pour parler français, avec son discours sur le fait que la musique est tout pour le groupe…), le public ne pouvait que s’amuser au cours de ce set hardcore. Sur l’Altar, l’heure était à la protestation ! Blockheads a pris la place et est, à son habitude, fichtrement remonté ! Les grindeux de Nancy matraquent sévère et, titre après titre, démontrent leur maîtrise du genre. Avec des brûlots tels que « Famine », « Polyformic Perdition » ou encore « Doctrine Of Assured Mutual Destruction », le combo crache ses idéaux avec véhémence et emportera tous ses fans dans un gros wall-of-death pour le dernier morceau « All These Dreams ».

15h04 : Spaceman vient de croiser le Heavy Metal Cook Gilles Lartigot dégustant une succulente salade que l’on devine bien diététique avec des sucres lents (du riz, vu d’ici) pour tenir la forme pendant le fest.

15h26 : Puissante, étrange, oppressante, la musique de Downfall Of Gaia est loin d’être facile d’accès. Mélangeant doom, postcore et une pointe de black, les Teutons arrivent néanmoins à hypnotiser leur auditoire et délivrent une prestation classe et sobre très agréable à regarder. Un beau moment dans la Valley. Mais remontons donc vers les Mainstages où le thrash a repris le pouvoir devant un public venu voir Toxic Holocaust, power trio à la Sodom ou Venom qui revitalise le genre avec son apport punk/hardcore. Le son est au poil, pas trop fort, juste ce qu’il faut pour être parfaitement audible. Envoyant une setlist best-of (« Nuke The Cross », « War Is Hell », « Death Brings Death », « 666 », « Bitch ») sans répit, sans oublier son petit dernier Chemistry Of Conciousness (“I Am Disease” et “Awaken The Serpent” ) qui avait marqué les amateurs du genre l’année dernière, le groupe offre un concert sans concession d’une cruauté infinie. Ce sera dur de s’en remettre. Joel Grind et ses potes ont prouvé que le programme thrash de la journée est sur la pente ascendante. On ne peut malheureusement pas en dire autant concernant ce qu’il se passe dans le Temple où la musique de Gehenna, venue des ténèbres, voit son discours maléfique terni par des soucis de son : voix trop en retrait, larsens… Dommage que ce set de qualité ait été autant entaché par de tels défauts techniques. Les musiciens corpse-paintés et leur true norwegian black metal mériteront donc d’être revus sur scène dans des conditions plus favorables. Mais tournons-nous vers l’Altar où la foule se presse en masse – Metalleux Futé annonce des embouteillages – pour voir Loudblast.

Powerman5000

16h25 : Mais offrons nous d’abord un petit écart, reculons pour mieux…. « Jump ! Jump ! Jump ! » Stick To Your Guns est bien décidé à mettre la Warzone dans tous ses états et va clairement y arriver ! Entre riffs assassins et mélodies accrocheuses les Californiens provoquent circle-pit sur circle-pit et prouvent que leur musique est avant tout taillée pour la scène. Notons sur le morceau « Such Pain » les magnifiques coups de pieds circulaires dans le vide d’un festivalier imbibé répandant avec insistance le contenu de son pichet sur ses amis. Sur la Mainstage 1, Powerman 5000 a la pêche et des tubes à la pelle. Son metal indus fait donc mouche même si on peut déplorer la trop forte présence d’overdubs qui nuisent à l’authenticité du rendu des compos en live. Les premiers rangs ont aimé et le reste de la foule a tapé du pied : un show réussi donc malgré un son trop brouillon. Et Loudblast alors ? Ne vous en faites pas pour eux : dès leur entrée, le public est déjà réuni, offert à leur cause, et les musiciens en place dès le lancement pour jouer ce thrash/death clinquant. Le groupe montre sa maîtrise et s’aventure au fil des morceaux (“My Last Journey”, “Cross The Threshold”, “Flesh”) vers l’extrême, tandis que le public s’amasse autour de l’Altar en quête d’un peu d’ombre et le tout se terminera sous les applaudissements. Encore une nouvelle belle représentation du metal made in France, qui n’est pas que pour plaire au public hexagonal puisqu’on aura vu un drapeau islandais flotter fièrement au dessus de la foule devant la bande à Stéphane Buriez.

Deströyer 666

17h25 : Pas question de lambiner, après Loudblast, Deströyer 666 prend directement le relais en face, sur la scène Temple, profitant de rampes d’éclairage métalliques formant les chiffres 666. KK Warslut parle un peu français et tente de rattraper les cinq minutes de retard. Le décorum est de sortie : pentagrammes, ampoules stroboscopiques formant un crucifix inversé… Ne manque que le diable pour chasser les problèmes de son. La saturation du son de façade est extrême, certes le groupe australien nous a déjà habitué à jouer tous amplis devant, et le chant ressortira un peu mieux à mesure que le concert avance, mais cela ne réduit la mauvaise réputation de ce coin du festival. Néanmoins, cela n’a pas pour autant empêché d’avoir un bon concert. Changement d’atmosphère sous la Valley avec les compos de Royal Thunder qui mêlent gros rock, blues et stoner avec beaucoup de groove. Emmené par une charismatique chanteuse, le groupe est plein de justesse et le public ne s’y trompe pas et applaudit à tout rompre. Royal Thunder : à découvrir si vous aimez le bon hard. Du classique, en veux-tu, en voilà : « Get A Real Job », « True Colors », « Milano Mosh », « Fuck the Middle East », les tubes old-school s’enchaînent sur la Mainstage 2 ! Et pour cause, M.O.D. (Methods Of Destruction) est dans la place et fait sa loi. A son habitude, Billy Milano a son franc-parler et une bonne dose d’humour lorsqu’il s’adresse à son public. Le bonhomme est visiblement heureux d’être là même si, d’après lui, « il a failli chier dans son froc ». Bref, de la finesse, toujours de la finesse ! Mais le public est à fond et en redemande. Ci-dessous le live d’Arte Concert pour juger par vous-mêmes :

17h45 : Avec Slapshot, c’est une nouvelle salve de joyeux riffs qui s’abat sur la Warzone. Le combo qui a maintenant trois décennies au compteur est encore bien vivace et balance ses hits avec une ferveur intacte ! « No Friend Of Mine », « No Time left », « Hang Up Your Boots », les titres s’enchaînent, qu’importe le choc cranien sanglant du chanteur ! Hardcore, quoi. Dans la tente Altar-Temple devenu un canot de sauvetage pour tous les rescapés de la canicule (un peu comme chaque coin d’ombre du fest), Hail Of Bullets offre un cours de death scolaire mais pas désagréable, surtout avec deux Asphyx dans le line-up, Martin Van Drunnen au chant et Paul Baayens à la guitare. Le groupe offre une bonne accélération, avec slams et toujours cette poussière – star de la journée – qui ne touche plus terre.

17h53 : Therapy? sur la MS1 aura soigné son public en jouant les trois-quarts de son album Troublegum qui fête cette année ses vingt ans, dont un « Die Laughing » dédié à Dimebag Darrell. Un moment des plus agréables pour ceux qui ont connu le groupe dans les années 90. Le groupe est en forme, le public content et plus encore quand les Nord-Irlandais décoche une reprise de « Breaking The Law » de Judas Priest qui aura mis le feu à la fosse. A voir ci-dessous grâce à Arte Concert :

18h55 : Armés techniquement, les Finlandais Impaled Nazarene mettent à sac le Temple. Mais faut-il encore préciser ce qui fut la faiblesse sur scène ? La régie a de gros soucis pour tenir un niveau audible et dans une salle équipée d’un coupe-circuit, nous aurions eu cinq coupures en une demi-heure. Mais le public se montrera content au terme d’un concert qui, sans être parfait, aura été généreux, avec notamment « The Horny And The Horned », un de leurs grands classique du début des années 90, qui aura clairement fait mouche. On avait été prévenu dès le début de la journée : Trivium renonçait à une place en clôture de cette première journée, à un show d’une heure dix et des conditions nocturnes qui lui auraient permis de sortir un beau light-show pour jouer cinquante minutes en plein après-midi mais avec un jolie scénographie à dévoiler (grands T métallisés sur les côtés, décor de faux rochers au pied des micros et de la batterie pour un style roi de la montagne). Et ces conditions diurnes ne sont clairement pas un handicap pour le groupe et son public y est pour beaucoup : scandant son nom sans cesse et partant en circle-pit sans qu’on le lui demande… pas étonnant que la bande à Matt Heafy affiche une telle banane. En outre, le son est parfait, la prestation super carrée, résultat : un sans faute. Mais si vous préfériez un climat plus planant, il fallait être dans la Valley, complètement blindée pour voir Kadavar pour un show rock psyché de haut niveau avec un groupe qui sait tenir la scène.

Trivium

19h08 : Pendant ce temps, sous l’Altar, on entend Rob Zombie entre chaque morceau de Nocturnus AD (pour After Death, question de droits, le groupe étant déclaré éteint). Marrant…

19h43 : Rob Zombie, parlons-en. En forme, joyeux, spontané, à l’aise, en mouvement constant, l’artiste a offert un concert remarquable, n’hésitant pas à aller dans le public, à blaguer (il porte sur scène une tête de cheval portée par un festivalier), brandissant le drapeau tricolore à la fin en disant au revoir en français… Le groupe balance tout ses hits depuis la période White Zombie, jamme sur la reprise de « School’s Out » d’Alice Cooper et même « Enter Sandman » de Metallica et « Am I Evil? » de Diamond Head. Et s’il ne fallait trouver qu’un bémol, ce serait la tendance de Rob de bouffer quelques mots dans ses paroles. De son côté, Nocturnus AD – mais qui joue bien les titres de Nocturnus (cf. paragraphe précédent, histoire de droits, etc.) – déroule son death technique aux thématiques sci-fi et occultes, s’étirant dans un domaine prog aux touches indus dans « Empire Of The Sands » et montre une belle générosité : quand y’en a plus, y’en a encore, et quand on pense que c’est fini, le groupe trouve encore un morceau à offrir au public.

Rob Zombie

21h00 : Kylesa et ses deux batteries : de la sauvagerie à l’état pur. C’est intense, puissant, tribal et envoûtant. Sludge mais pas uniquement, du psychédélisme aussi. Les musiciens paraissent transcendés. Nous aussi. La communion est parfaite. Kylesa, c’est l’art de la subtilité pachydermique. Moins subtil, plus barbare, plus festif aussi : Turisas ouvre sa taverne au Temple et attire autant les curieux que ceux qui sont venus chercher cette ambiance pagan/viking avec instruments folk (joués au clavier). On trinque à coups de cornes à boire dans une ambiance bon enfant face à ces brutes grimées en rouge et noir mais qui n’ont pas encore sacrifié leur reprise de Boney M, « Rasputin », et encore moins leurs hymnes guerrier, « Stand Up And Fight » et « Battle Metal », repris par l’assistance. Bref : du gros délire.

21h24 : La fureur brésilienne a parlé sur la Mainstage 2 ! C’est devant une fosse gigantesque que Sepultura a offert un set béton et ultra énergique, provoquant sans forcer de multiples circle-pits ! Si bien évidemment les classiques tels que « Ratamahatta » ou « Roots Bloody Roots » ont fait l’unanimité des milliers de spectateurs, ces derniers n’ont pas boudé la nouveauté, bien au contraire ! Extrait du dernier album The Mediator Between Head and Hands Must Be The Heart, le morceau « Manipulation Of Tragedy » a clairement fait bouger les foules ! Mention spéciale au jeune batteur Eloy Casagrande qui, une fois de plus, a été monstrueux dans son jeu, puissant et technique à souhait, un régal. Viva Brazil ! Vous pouvez revoir ce concert grâce à Arte Concert ci-dessous :

22h04 : Alors que le temps semble s’être arrêté sur la Mainstage 1 avec les légendes Iron Maiden, l’Altar vibre encore et vibre fort ! En effet, Kataklysm veille au grain et propose aussi sa dose de riffs cultes ! Pour leur seconde venue au Hellfest les rois de l’hyperblast ne lésinent pas sur le gras et enflamment toute la tente de leur death acéré ! Un concert pêchu comme la mort, tout simplement.

22h40 : Promis, on vous parle du concert de Maiden dans un instant, mais il se passe d’autres choses ailleurs… « IT’S TIME TO CELEBRATE THE GODS OF THE HELL ! » Pas de doute, Watain est dans la place. Magnifié par un jeu de lumières tout bonnement infernal, le show des monstres polymorphes du black scandinave fait vibrer tout le Temple. Encadrés de leurs tridents enflammés, les Suédois offrent à leur public un show vraiment réussi, misant quasi exclusivement sur leurs deux derniers albums, The Wild Hunt et Lawless Darkness, avec notamment un « Malfeitor » qui aura mit une sacrée ambiance.

Iron Maiden

23h18 : Fallait-il espérer autre chose ? Ce concert d’Iron Maiden a ressemblé à un concert d’Iron Maiden. Joué comme il faut – à part quelques petits pains et des difficultés pour Dickinson sur certaines longues notes (manque de souffle ? fatigue ? poussière ?), notamment durant « Seventh Son… » – et malgré la déclaration du chanteur comme quoi il y aurait des changements dans les chansons ce soir. Pourtant, on a bien eu une setlist (comme le reste du show) pas loin d’être identique à celle égrenée l’an dernier au Sonisphere (des enchaînements « Moonchild » et « Can I Play With Madness », « The Trooper », « Number Of The Beast » et « Phantom Of The Opera », etc.), à de rares exceptions près (« Revelations » à la place de « Afraid To Shoot Strangers »). Mais Dickinson a aussi affirmé que c’était l’avant-dernier concert où ils joueraient cette setlist consacrée aux années 80, avant le Main Square d’Arras. Ils en ont clairement fait le tour… Enfin, ce même Bruce Dickinson aura aussi bien papoté, parlant une demi-douzaine de fois (dont une fois en plein « Seventh Son… ») du match France – Suisse qui avait lieu en même temps, donnant l’avancée du score. Sorte de running-gag ou une façon de se faire pardonner de n’avoir pas voulu déplacer l’horaire de leur concert plus tard par rapport à cet autre événement… Dommage, car visuellement, la première moitié du concert qui s’est déroulé alors qu’il faisait encore jour avait de quoi décevoir. Enfin, l’ensemble était tout de même on ne peut plus contractuel, mais peut-être est-ce finalement ces garanties que l’on cherche chez Iron Maiden : les tubes heavy metal a chanter à tue-tête (« Fear Of The Dark », « Run To The Hills » et « The Evil That Men Do » qui permettent vraiment de mesurer la popularité extraordinaire de ce ténor du metal), les décors démesurés, des musiciens qui font le show avec leurs mimiques habituelles et un Bruce Dickinson intenable – chapeau de faire preuve d’une telle énergie encore aujourd’hui.

Slayer

23h30 : Là où cela devient enfin un peu plus « contractuel », c’est du côté de la Warzone où les fous sortent enfin de leur trous, où l’on peut trouver deux hommes vêtus en tout et pour tout de film transparent, l’un s’étant confectionné une jupe, l’autre un short. Et n’oublions pas ces tétons dévoilés pendant le set de Slayer, plus glam que jamais, la bande à Kerry King. Mais on en reparle un peu plus tard…

00h07 : Super enchaînement dans la Warzone avec les concerts de Pro-Pain et Walls Of Jericho. Le premier propose un hardcore hyper-mélodique et fédérateur. Gary Meskil (chant) est droit comme un I et se met le public dans la poche avec un son aux p’tits oignons et des tubes en série. Un des concerts de la journée. De son côté, Candace Puopolo de Walls Of Jericho aura dit au moins 175 fois le terme « Fuckin' » dans son set en s’adressant au public mais force est de constater que son attitude sur scène est bourrée de charisme. Toujours en mouvement, elle ne cesse d’inciter aux circle-pits une audience concernée qui ne se fait pas prier pour tout donner. Avec WoJ, la mosh-army était de sortie ! Sous l’Altar, le public était fin chaud pour la reformation-hommage Death To All, avec une belle prestation mais sur laquelle flotte forcément le souvenir de Chuck Schuldiner, irremplaçable. En raison de la durée des morceaux et du format festival, le groupe n’a pu interpréter « que » neuf classiques de Death, dont « Spiritual Healing », « Spiritcrusher », « Symbolic », « Crystal Mountain » ou surtout le très émouvant « Pull The Plug » en clôture du set. Mais les spectateurs en grands spécialistes en auraient voulu beaucoup plus…

01h18 : Sabaton allait avoir la lourde tâche de jouer sur la Mainstage après Maiden et Slayer et c’était à se demander ce que ces deux mastodontes allaient laisser aux Suédois et comment ils allaient tirer leur épingle du jeu une heure après les rois du heavy metal. Mais, bien sûr, vous voulez d’abord savoir comment était le concert de Slayer. Eh bien, à l’instar de Maiden : classique. On ne les surnomme pas les AC/DC du thrash pour rien… On aura tout de même noté un retour dans la setlist du duo « Hell Awaits / The Antichrist » en ouverture comme au temps de la tournée Seasons In The Abyss et du mythique live Decade Of Agression. Mais là où on se sera surtout changé les idées, c’est face à Sabaton, l’un des groupes les plus dynamiques du jour, malgré l’heure avancée. Et il en est de même pour le public qui leur offrait un parterre fourni de fans conquis d’avance malgré la fatigue d’une journée sous le soleil, et le groupe ne manque pas de les remercier pour ça. Et tout n’est allé qu’en s’améliorant car plus qu’un concert, c’est aussi un show de Joakim Broden, le chanteur, qui passe son temps entre chaque morceau seul sur la scène à plaisanter, comme quand il explique qu’en réalité, ils ne sont pas Sabaton, mais les Village People et qu’il faut crier ce nom là. Et si vous êtes sages, nous vous joueront « YMCA »… ce qu’ils ont bien été forcés de faire, au moins quelques mesures du refrain. Du coup, une partie croissante de la foule à continuer à les appeler Village People… Ou quand Broden prend une guitare, qu’il joue (mal) « Smoke On The Water » avant de se faire humilier par son guitariste auquel il rendra un doigt d’honneur… pour rire ! Enfin, la setlist n’était pas non plus pour déplaire : si le groupe mise beaucoup sur son nouvel opus (« Resist And Bite », « To Hell And Back », « Soldier Of 3 Armies »), il n’oublie pas les « The Art Of War » et « Primo Victoria » qui enchantent leurs fans.

02h14 : Enslaved et Septicflesh, telles sont les deux têtes d’affiche de la tente Altar-Temple aujourd’hui. Les conditions de ces deux sets sont idéales : lumières nombreuses, stroboscopes. Et fumée pour Enslaved. Les deux publics sont dévoués, en adhésion totale. Les copies sont parfaites, d’une grande maîtrise pour les deux groupes. Et cadeau : Septicflesh jouait pour la première fois sur scène un titre de son nouvel album Titan : « The Order Of Dracul ». Ambiance occulte aussi dans la Valley, mais différemment : « You want high ? You’ll find high, Hellfest ! » Ce sont les mots prononcés par le leader d’Electric Wizard Jus Oborn après avoir interprété « Super Coven » sous une tente bien pleine et bien enfumée (indéniablement). Le Sorcier manipule l’art total : du son, de l’image (avec projection d’images psychédéliques rappelant les lava lamps, beaucoup de jeux de lumières, de stroboscopes), l’odeur et même le toucher : appuyé contre un poteau, on le sentait vibrer, les cheveux vibraient, tout vibrait ! Le fuzz envahit tout ! Et eux aussi y vont de leur petit cadeau, casant un peu de nouveauté entre « Dopethrone », « Funeralopolis », « Black Mass », etc. Le set, à la fois vaporeux et puissant, fait balancer les nuques lourdement et captive toute la tente. Oborn lui-même semble planer dans son monde, absorbé par sa musique. Un voyage d’une heure qui aurait pu se prolonger sans problème.

02h33 : On aura vu défiler pas mal de groupes de thrash metal aujourd’hui sur la Mainstage 2 et c’est à Death Angel qu’incombe la responsabilité de clore cette série. Après avoir été déplacé dans la planning dans le dernier créneau, forcément, face à un public pas facile, car sans doute déjà bien fourbu, il va falloir convaincre et légitimer son double cachet en poche pour cette venue unique cet été en Europe. Les membres se font lourds, difficile de lever les bras pour offrir un champ de cornes au groupe, mais celui-ci aura quand même su stupéfier par ses prouesses techniques, un jeu carré et le chant de Mark Osegueda en grande forme, même en s’enfilant une bouteille d’alcool dans le gosier. Dur quand même de se mettre dans l’ambiance avec ce thrash très travaillé, pas direct, mais les Californiens, eux, se livrent corps et âmes. C’est le dernier opus en date The Dream Calls For Blood qui truste la setliste avec pas moins de six titres, ce qui laisse finalement que peu de place au reste de sa pourtant excellente discographie. Pour achever cette première journée d’hostilités dans la Warzone, le Hellfest a choisi probablement l’un des groupes les plus originaux et novateurs de ces dernières années : Kvelertak. Pendant une heure les Norvégiens fous enchaînent sans temps mort leur tubes (car, oui, ils n’ont quasiment que de ça) et déversent des torrents de bonne humeur sur le pit. Ce dernier, bien que fatigué, sera très enthousiaste pendant la durée totale du show, que ce soit pour les morceaux de l’album éponyme ou pour ceux de Meir. Toute cette grande fête se finira sur la chanson « Kvelertak », un bon moyen de remercier le groupe pour ce concert si intense en scandant son nom. Godflesh, victime d’un retard, aura dû passer après Electric Wizard, soit à 1h15, et à cette heure tardive, n’intéresse pas grand monde. Pourtant les deux larrons ne déméritent pas entre les vrombissements incroyables de la basse, le beat qui martèle comme sur des enclumes et les vocalises inhumaines de Justin Broadrick. Il y a quelque chose d’extraterrestre dans cette prestation, de quoi emporter définitivement le peu de public restant dans une autre galaxie avant de rejoindre leur tente.



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  • Putain vous êtes dur avec maiden. En considérant que pour énormément de monde, c’était la seule et unique fois qu’ils les verront, je trouve l’analyse un peu sévère.

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  • Si je peux me permettre un petit commentaire sur Sabaton : malgré la bonne ambiance personne n’as pu passer à côté des fosses notes du guitariste soliste sur « To Hell and Back »!

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  • Le dilemme du bachelier-métalleux qui n’ a pas pu venir au hellfest:

    1-« ouais le bac c’est super important , j’en ai mare qu’on dise que les métalleux c’est des branleurs , je continue de réviser comme un fou je regarderai les critiques de concerts quand j’aurais fini les épreuves. »
    2-« bordel j’en ai rien a foutre de Baudelaire! Qu’est ce qui se passe au hellfest !!!!!! »

    Statistiquement moins de 10pourcents des bacheliers-metalleux se situent dans le cas n°1. Alors merci à toute l’équipe de radio metal pour le fil rouge du hellfest qui permet aux lycéens de suivre l’actualité du festival.
    Courage les bacheliers dans un an ou 2 ony sera au Hellfest promis.

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  • je me permets de relever une petite coquille, dans le passage concernant le set de Sabaton: « Resist and Bite » fait partie du dernier album!!! ^^

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    Animal/RM

    Merci, c’est arrangé.

  • « Rien à foutre de la France »

    Victoire 2-5. Il a dû « beaucoup » parler.
    Et l’Angleterre dans tout ça ? Je ne dirais rien, parce que nous (peuple français), on de la classe.

    Prenez votre billet et cassez-vous.

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  • Merci pour ces comptes rendus. Un peu plus de commentaires « backstage » et ça serait parfait!

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  • Michèle et Jean-René dit :

    Bon festival au Doc et à tous les métalleux

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