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Hellfest 2014 : fil rouge du dimanche 22 juin


Le weekend le plus infernal de l’année arrive à son terme après un premier jour sous la signe de la Vierge (de Fer) et un second sous le patronage des patrons du hard rock dans la ville de Clisson qui pendant trois jours aura connu un boom autant démographique que sonore. Et comme tous les ans, notre équipe se mobilise pour vous faire vivre de l’intérieur ce Hellfest nouveau qui, en 2014, devrait devenir une nouvelle édition étalon, principalement grâce à une affiche – en tête de laquelle se trouvent trois légendes : Iron Maiden, Aerosmith et Black Sabbath – d’un niveau encore jamais atteint rien qu’en termes de prestige.

Comme nous avons pu le faire ces dernières années, vous allez pouvoir suivre le festival en direct via ce fil rouge qui sera fréquemment mis à jour de l’ouverture des hostilités vers 10h30, jusqu’à la fin des derniers concerts vers 2h du matin ! Suivez-nous donc dès maintenant via cet article mais aussi sur les réseaux sociaux – notre page Facebook et nos comptes Twitter et Instagram – pour tout savoir sur ce Hellfest 2014 et obtenir nos impressions à brûle-pourpoint. Nous vous conseillons donc de recharger cette page régulièrement car nos informations sont mises en ligne en temps réel. Par ailleurs, sachez que les live reports de ce fil rouge pourront être enrichis quelques jours après le festival et nous vous proposerons également, a posteriori de l’événement, des galeries photos entièrement consacrées aux prestations des artistes.

Le Hellfest est partout ce weekend… c’est parti pour le dernier jour !

11h34 : Pour ce dernier jour dans la Valley, Watertank ouvre le bal devant un petit comité d’irréductibles. Si les fondus de stoner sont bien dedans, le reste de la foule a encore un petit peu de mal à émerger. La prestation du combo nantais, dynamique et percutante, restera au demeurant très bonne. Le démarrage n’est pas aussi réussi sur la Mainstage 2 : avec six musiciens sur scène, Year Of The Goat fait son concert pépère. Si musicalement il y a quelque chose de The Devil’s Blood, avec des compos intenses, sombres et lumineuses à la fois, avec de magnifiques parties vocales, il ne se passe pas grand-chose scéniquement, ce qui n’aide pas les festivaliers, encore assez peu nombreux, à se réveiller. Par contre, nous manquerons le coup d’envoi dans le Temple avec Azziard en raison d’un embouteillage humain à la sortie du camping où l’on contrôle les bracelets, ce qui ralentit forcément l’entrée des festivaliers.

11h46 : Pas simple de mettre l’ambiance en ce matin du troisième jour et le public montrait clairement sa fatigue quand Carnal Lust demande un circle-pit qu’il n’obtiendra pas… L’heure semble trop prématurée pour captiver le public avec du death suédois abyssal hérité du passé, dommage pour le groupe français. Dans la Warzone on doit même souffrir du décalage horaire puisque Cobra souhaite une bonne soirée au public en déboulant sur scène. Encore plus décalé, leur discours : « On est content de jouer ici, y’a pas de pédés comme à Paris. Ici, c’est des vrais hommes, des satanistes ! » Et c’est avec des chansons comme « Pédé et Drogué » et « Les Lieux Associatifs Pour les Jeunes » – dont on ne sait trop parfois si c’est de la satire – qu’ils mettent un gros bordel pendant leur demi-heure impartie. La batterie est gérée par ordinateur (étonnant pour un groupe punk…) et l’ambiance par l’esprit fou du chanteur pour un gros nawak bien jouissif.

On trouve vraiment de tout au Hellfest !

12h06 : Après Year Of The Goat, l’enchaînement sur la Mainstage voisine avec Blues Pills est idéal. Emmené par une Elin Larsson à la voix soul et un Dorian Sorriaux toujours aussi impressionnant, le groupe a de la présence et balance son blues rock avec talent. Il y a quelque chose de Woodstock, le son est nickel et les quelques nuages dans le ciel apportent une fraîcheur bienvenue. Pour ce genre d’ambiance planante, on a aussi la Valley : la scène qui peut au moins se vanter d’avoir encore de l’herbe sur son sol. A peine Satans’s Satyrs a commencé que le guitariste doit déjà remplacer une pédale de disto ; un début difficile pour ce jeune trio. Une bonne partie du public choisit de profiter du concert assis voire allongé pour finir sa nuit. Pourtant ce rock énervé de la côté Est tente de mettre un peu l’ambiance avec cette basse lourde qui remue les tripes et des influences d’Ozzy dans le phrasé. Mais si Satan est matinal, il aime qu’on l’appelle gentiment. C’est ce que fait Blacklodge dans le Temple en déployant son black indus (à noter pour la deuxième fois ce matin l’absence de batterie sur scène, ce qui est toujours troublant au premier abord). Originale et maléfique, la musique du groupe français fonctionne relativement bien sur le pit qui se laisse entrainer dans cette ambiance toute particulière. Pendant ce temps, notre brave Spaceman trouve Fabio Lione fumant une clope… pas très sérieux pour un chanteur (quand on n’est pas Phil Anselmo) qui doit se produire dans quelques heures.

12h34 : Scorpion Child, c’est un peu le petit frère musical de Rival Sons : beaucoup de groove, un chanteur charismatique au visage christique et des compos à couper le souffle tellement c’est bon. Encore une fois, c’est un saut dans le passé qui est offert à une audience de plus en plus nombreuse et qui apprécie.

13h05 : Obliteration commence en avance sur l’Altar. Bien que jeunes, les Norvégiens sont bien en place et le public hoche gentiment la tête au son de ce death old-school. Près de vingt ans après leurs débuts, Crushing Caspars débarquent au Hellfest avec fracas. Frais comme des gardons, les Allemands mettent la sauce sous le ciel encore couvert de Clisson qui rafraîchit un public clairsemé de quelques gouttes.

13h57 : Pour leur premier Hellfest, Lofofora est attendu de pied ferme par une foule nombreuse et envoie le bois avec un grand sourire accroché aux lèvres. En commençant par « L’Oeuf », le combo donne le ton et Reuno déclare son soutien aux intermittents et aux bénévoles du festival. Lofo offre même quelques morceaux de son prochain album dont la sortie est prévue pour septembre. Il présente aussi Maxime Musqua du Petit Journal venu tester un circle-pit gigantesque lancé par le groupe. Inattendu, mais toujours un bon état d’esprit dans leurs concerts, du coup, bilan excellent, malgré ces seules trente minutes. Par contre, la tension va immédiatement baisser avec le heavy suédois d’In Solitude. Avec cette musique lancinante, ce mid-tempo permanent, une quasi absence de communication et un chanteur qui, en apparence, semble avoir hâte de rentrer chez lui, le public ne dégaine que de maigres applaudissements, voire s’endort, et quand le soleil chauffe enfin après quelques gouttes de pluie, la foule préfère déserter que d’aller au bout de cette molle performance. Dommage, car leur approche a toujours été assez sensible, d’autant plus sur le dernier album, Sister, et ses tons death rock et gothiques ayant composé l’essentiel de la set-list. Avec leur encens, leur bouquet de fleurs blanches et leur jeté de lavande (sur « Lavender »), on ne peut pas dire qu’ils étaient vraiment adaptés à une Mainstage en plein milieu de journée. Le chanteur Pelle Åhman était certes complètement absorbé en lui même, les yeux dans le vague, à marmonner entre les chansons, mais sans doute moins par désinvolture que sous le coup de l’émotion. En vérité, In Solitude a surtout pâti du contexte. Sur la scène du Temple, c’est l’heure de plonger dans la torpeur maléfique de The Ruins Of Beverast. Le groupe de black allemand aux relents doom ne semble pas non plus captiver absolument tout l’auditoire mais aura au moins su poser son ambiance.

A table !

14h09 : En ce troisième jour de fest, pas facile de résister à la fatigue… A moins que ce soit l’écoute en avant-première du nouvel album d’In Flames qui plonge notre reporter dans un semi-coma. Le groupe a tout l’air de faire un pas de plus vers un rock/metal alternatif, avec toujours du gros riff mais aussi beaucoup de passages lents et d’autres évoquant A Perfect Circle. Le son semble néanmoins très travaillé. Côté live, c’est Zodiac qui, dans une Valley bien remplie, propose un stoner du plus bel effet à la beauté rehaussée par les solos de guitare. Le quatuor parvient à mettre l’ambiance, naviguant entre morceaux calmes et plus rapides pour relancer la machine, et ne vole pas les applaudissements justifiés de la foule.

14h24 : Alors que le soleil reprend le dessus sur la grisaille, Crowbar arrive en seigneur du sludge sur la Mainstage 1. Groovy et sans fioritures, la musique des Louisianais est tout bonnement monstrueuse et servie par un son à la fois puissant et équilibré. Les classiques comme les petits derniers issus de Symmetry In Black sont très bien accueillis et font headbanguer lourdement la fosse. Pendant une heure Clisson a eu un fort parfum de Nouvelle-Orléans. Le punk a indéniablement sa place au Hellfest. Pas seulement parce qu’originellement il s’agissait d’un festival de hardcore (le Furyfest) mais pour des concerts comme celui de The Bones, un groupe « énerveux »… mélange entre énervé et heureux, qui donne la pêche aux spectateurs. Une ambiance joyeuse, un bon groove, la base pour obtenir un vrai triomphe dans la Warzone. En se baladant sur le site, on tombe parfois sur une paire de seins à l’air ; certaines festivalières entretiennent leur bronzage.

15h42 : Ulcerate délivre une prestation réussie bien que trop statique sur la scène de l’Altar. De belles lumières rouges entourent le groupe qui propose une performance musicalement irréprochable mais somme toute assez convenue. Il est vrai que l’enchainement avec Powerwolf ne peut que souligner la différence ! Maquillé, le groupe sort son habituel show théâtral pour un concert de qualité. Il y a beaucoup de monde devant la MS2 et le public est pour une large part réceptif même si on a connu une audience plus impliquée en Belgique ou en Allemagne où le power du combo séduit plus facilement. Du coup, le chanteur doit inciter plusieurs fois la foule à crier puisque celle-ci ne le faisait pas assez selon lui. Alors que le climat redevient sévèrement aride, quoi de plus logique que d’aller écouter du desert rock sous la Valley ? Lowrider distille son stoner dans la fraicheur (relative) du chapiteau des hippies et offre un bon moment gorgé de feeling au public.

16h25 : Atmosphérique Dordehuh ? Non, très, très atmosphérique le black metal des Roumains, anciens membres de Negura Bunget. Sur un tempo lent, dépressif, l’effet intimiste qu’est censé produire leur musique ne fonctionne pas dans ces conditions de plein air ; on entend parfois même la basse dans la Valley. Musicalement bien exécuté, très progressif, avec quelques moments plus énervés, le public nombreux reste passif, même quand dans la seconde moitié le ton monte d’un cran. D’où le choc quand Repulsion prend le relais un dixième de seconde après la fin du set de Dordehuh sur la scène en face, frappant immédiatement très fort avec son death-grind sans concession. Pendant ce temps, c’est la grosse fête dans une Warzone difficile d’accès. Ils ont beau avoir élargi l’entrée, ça bloque sérieusement, notamment autour du point d’eau. La fosse est surchargée et compacte pour Tagada Jones et survoltée avant même l’entrée du groupe qui enchainera ses hymnes à l’anarchie : « De l’Amour et du Sang », « Le Chaos », « Descente Aux Enfers », « Zéro de Conduite », « Vendetta »… des tubes issus de tous les albums du groupe pleuvent sur le public d’où jaillissent des slammeurs en flot continue.

17h13 : Seether propose un rock grungy somme toute assez classique. Sur scène, il ne se passe pas grand chose : les compos se rapprochant souvent de Nirvana et Godsmack sont censées parler d’elles-mêmes, cependant leur musique parait avant tout élaborée pour s’exprimer au mieux dans les salles obscures plutôt que dans le cadre d’une après-midi ensoleillée. On passe par-delà le statisme des musiciens quand on accroche et les fans de Seether auront donc apprécié. Heretic n’a rien à voir avec Urfaust qu’il remplace au pied levé, malgré la présence du très charismatique VRDRBR, batteur d’Urfaust qui tient ici la basse. La musique est plus à rapprocher des Stooges ou des Misfits. Ça bouge, le groupe ne manque pas d’attitude et parle de Satan (c’est cool !). S’il commence devant une foule assez éparse, ils ont quand même réussi à faire danser pas mal de déçus d’Urfaust et créer un circle-pit, et finissent par un hommage à Selim Lemouchi, semble-t-il une reprise de « It’s On », une vieille démo de The Devil’s Blood.

Conférence de presse avec Ben Barbaud

17h18 : Ben Barbaud est content. En conférence de presse, le patron du Hellfest annonce les chiffres : 152 000 festivaliers sur tout le weekend. Ainsi, sauf imprévu, cette édition 2014 devrait pouvoir contre-balancer le déficit de l’année dernière. Pour l’an prochain, rien n’est gravé dans le marbre concernant la date du festival qui pourra peut-être dépendre des examens du bac, contrairement à ce qu’il nous déclarait récemment en interview.

17h38 : Il y avait de la magie dans l’air pour ce concert d’Angra. Si le public avait déjà l’air ravi, voire excité, de retrouver le groupe, celui-ci va tout bonnement entrer en osmose pleine et entière avec ses spectateurs, notamment grâce au contact permanent entretenu par Fabio Lione (chant) avec eux. On avait pu très vite constater le plaisir pris par le combo sur scène mais on n’a pu que témoigner aussi de sa très grande maîtrise à créer une ambiance et la maintenir. Et bien sûr, il y a ces mélodies, un travail sur les orchestrations et les guitares, et les vocalises de Lione, le tout aidé par un son de qualité. On a vécu là l’un des meilleurs moments du festival, un show époustouflant et un triomphe mérité. Ça s’arrose ! Car, oui, il a bien fallu arroser le public : la canicule s’accrochant à Clisson, les pompiers, sur la gauche de la MS2 ont dû asperger la foule à la lance à incendie pour éviter que ceux-ci ne dessèchent. Pendant ce temps, Black Tusk, trio sludge dans lequel chaque membre donne de la voix, envoyait son gros son avec le sourire. Sur le côté, les membres de Kvelertak apprécient à sa juste valeur ce show puissant donné devant un public acquis.

Ça chauffe en Enfer !

17h46 : De retour sur les Mainstages où les équipes de sécurité continuent d’arroser le public tant que la chaleur de diminuera pas. Ce qui ne gêne pas le spectacle car c’est au tour d’Alter Bridge de proposer son gros hard sous ce soleil de plomb. Myles Kennedy est comme à chaque fois extrêmement en voix et bourré de classe. Le groupe terminera sur « Isolation »… « Insolation » plutôt. Dans la Warzone, l’heure est au punk oi! de Last Resort qui fait jumper le pit dégageant toujours plus de poussière. On commence à sentir la fatigue chez beaucoup de festivaliers, sérieusement travaillés au corps par la chaleur.

18h57 : Le Hellfest nous aura gâté en groupes « extrêmes ». Le festival est désormais un événement familial mais l’orga n’oublie pas dans sa programmation quelques grands noms du death. Et Unleashed, en tant que pilier du death suédois, était fortement attendu et sa venue sera appréciée à sa juste mesure. Et si le groupe est là pour envoyer le bois et fait le job, il est aussi ici pour fêter ses vingt-cinq ans, ce qui amène Johnny Hexlund à trinquer avec le public. Mais le thrash metal aussi aura bénéficié d’une belle représentation. Si on n’a guère vu le genre depuis vendredi, Annihilator vient combler ce manque. Les grands tubes sont de sortie (« Alison Hell », « Phantasmagoria », « King Of The Kill », « et The World On Fire ») et Jeff Waters est en pleine forme, gesticulant d’un bout à l’autre de la MS2. Dave Padden (chant) montre plus de réserve, la batterie sature un peu, mais cela n’empêche pas les Canadiens de se mettre tout le monde dans la poche du premier au dernier riff, et Dark Angel, autre légende du thrash, va devoir se surpasser pour acquérir le public à sa cause. Mais pendant que résonne l’intro de ces derniers sur l’autre Mainstage, une partie du public cherche surtout un moyen de s’hydrater. Ambiance grosse fête au village dans le Temple ! En effet, Equilibrium fait taper de mains et des pieds son public à tout bout de champs. Ce dernier, massif et très réceptif, se retrouve donc un moment à l’abri du soleil de l’enfer mais pas d’une atmosphère chaleureuse. Avec des titres comme « Blut Im Auge », le frontman Robse fait figure de chef de farandole géante et s’amuse bien avec ses compagnons de scène. Un show revigorant ! Vous pouvez revoir ci-dessous ce concert grâce à Arte Concert :

20h05 : C’est un concert événement qui vient d’avoir lieu sur la Mainstage. Séparé au début des années 90 et brièvement reformé il y a douze ans, Dark Angel est ranimé depuis peu pour la durée d’une tournée, c’est donc probablement la dernière fois qu’on pourra voir ce groupe dans ces conditions en France. Et de toute évidence, le public n’en avait pas vraiment conscience car les rangs étaient plus clairsemés après le set d’Annihilator, et il ne serait pas exagéré de croire que certains sont restés surtout pour garder leur place avant Behemoth ou Soundgarden un peu plus tard. Pour rappel, Dark Angel fait partie des fondateurs du thrash californien type Bay Area. Si le chanteur aura souffert d’un problème de micro qui aura duré cinq minutes, le groupe remonte en selle avec son style tranchant et généreux, jouant à grande vitesse. Le concert est bien tenu et va crescendo. Le pit est animé : slams, pogos, circle-pit… Dark Angel gagne son défi avec ce set à mettre au panthéon du thrash cette année. Un grand moment !

20h38 : House Of The Broken Promises est un trio qui envoie du très lourd dans la Valley. A la manière de Black Tusk plus tôt dans la journée et d’Ulcerate en début d’après-midi, pas besoin d’être nombreux sur scène pour faire du bruit. Si le stoner du groupe a tout de traditionnel, il n’en demeure pas moins que son efficacité est indéniable. On enchaîne avec les joyeux Mad Sin dont le bonheur d’être là fait plaisir à voir. Utilisant beaucoup d’artifices (papiers qui volent, jouets télécommandés etc), le groupe à un vrai côté déconne et potache. Musicalement, leur punk-rockab’ envoie avec une contrebasse forcément intéressante pour son impact scénique. Des jams, des pogos, du wall-of-death et le contrebassiste qui fait du stage-diving : what else ?

20h47 : Alors que pour le grand bonheur de tous le soleil commence à desserrer son étreinte, Dozer arrive sous la Valley. Psychédéliques et stoner, les compos des Suédois envoûtent la foule, hypnotisée aussi par le jeu des lumières vert orangé déployées. Hurlantes en réverb’, riffs entêtants et solos à la wah-wah, le combo magique ne peut que vous ensorceler. Ailleurs, sur un ring de catch, une sorte d’Eddy Murphy en costard met l’ambiance sur une musique techno-aggrotech bien agressive, pendant que, à droite, un catcheur dessine un homme tenant son chibre entre les deux mains et, à gauche, deux hommes avec des masques de mort dessinent quelque chose qu’on ne comprend pas très bien. Au milieu de la piste des nénettes hautes en couleurs dansent n’importe comment, cassent une chaise, et à la fin le maître de cérémonie demande au public de choisir son dessin préféré… On ne comprend pas trop ce qu’il se passe à l’espace VIP…

Au revoir Soleil, tu fus un chaleureux compagnon.

22h33 : Le black metal norvégien réinvestit le Temple. Guitares plaintives, claviers érigeant une ambiance de chapelle noire, Vreid a du métier et ça se sent. Technicité et groove séduisent et remportent l’approbation unanime du public. Un concert unificateur. Originaires de Detroit, les zicos de Black Dahlia Murder viennent secouer l’Altar et ne le font pas à moitié ! Le deathcore mélo du combo commence sérieusement à faire parler lui dans la sphère metal, et c’est donc sans surprise que les voilà devant un chapiteau débordant de festivaliers. Une prestation musclé de Trevor Strand et sa bande.

22h51 : Peinturluré et toujours aussi impressionnant scéniquement, Behemoth, qui a sorti les gros moyens avec non seulement tous les décors de scène et la théâtralité mais également de la pyrotechnique et autres geysers de fumée, représente la grandiloquence sanguinolente. Le groupe joue des morceaux de sa période actuelle comme de son passé lointain ; avec autant d’armes de destruction massive, comment ne pas assurer ! Les Polonais reçoivent un accueil très chaleureux de la part du public. Nergal est toujours aussi charismatique. Ses collègues aussi d’ailleurs (vous pouvez retrouver ce concert ci-dessus grâce à Arte Concert). Changement d’ambiance, changement de Mainstage : « Spoonman », « Black Hole Sun », « Fell On Black Days », « Beyond The Wheel »… Soundgarden a de quoi alimenter au moins deux best-of, aussi l’on ne peut que difficilement être déçu par un concert du groupe, si ce n’est qu’il n’ait pas la réputation aujourd’hui d’être toujours très juste et en place. Mais Soundgarden était là au top musicalement et épaulé par un son impeccable. Chris Cornell est plus que juste et sort des notes fichtrement difficiles, une performance ! Le combo mythique de Seattle a vraiment plus que de beaux restes. Paradise Lost jouait presque à domicile dans un Altar envahi de ressortissants d’Albion. Une bonne ambiance, des hits (« Gothic », « One Second », So Much Is Lost »…) et un Nick Holmes très juste. Le groupe assure un super concert, malgré tout un peu gâché par un son beaucoup trop fort qui grésille dès que Holmes prononce un « S »… et il peut en dire pas mal. Côté ambiance, la tente explosera sur « Say Just Words », dernier titre du set. Et côté setlist, l’absence de « As I Die » et « The Last Time », peut-être les deux plus grands classiques du groupe, aura pu surprendre. On aura aussi remarqué un gosse de 9 ans slammant avec son père, puis placé sur un banc dans le pit photo par la sécu où il a vécu le show à fond headbanguant et dressant les cornes, au point d’obtenir les félicitations de Gregor Mackintosh pendant qu’il jouait ! Un grand moment !

23h04 : Qui dit concert événement dans la Warzone, dit bouchon pour y aller, et c’est exactement ce que provoquent The Misfits, le combo horror-punk fondé par Glenn Danzig en 1977. Le public est à feu vif, la poussière vole à nouveau dans le moshpit. Si le son n’est pas au top et la voix un peu faible, le groupe envoie du « steak » (saignant, forcément) et les spectateurs apprécient. Les samples ajoutent à l’ambiance, comme la musique de du film « Halloween » » de John Carpenter avant leur grand tube du même nom. Au final, un concert correct, tout sauf décevant, par un groupe dont on sent tout de même qu’il mise beaucoup sur son nom, et si ce n’est que cette prestation ne fera pas oublier la poignée de chansons jouées par Danzig rejoint par Doyle l’année dernière.

23h23 : Voir Spirit Caravan en live, c’est comme fumer un joint au cactus en conduisant un monster-truck : c’est particulièrement badass ! C’est sur des titres comme « Undone Mind » que ce groupe montre qu’il a vraiment tout compris au groove. Le public de la Valley qui n’est pas encore parti se positionner pour Black Sabbath est conquis. Sur la scène du Temple, les Islandais de Solstafir jouent sans vergogne une musique qui allie viking énervé et rock’n’roll, enchainant avec ambiances feutrées et musique folk. Les spectateurs qui ne sont pas là par hasard apprécient, les autres apprennent à découvrir leur savoir-faire dans la construction d’atmosphères émotionnelles. Dommage que les balances sur l’Altar commencent à couvrir les phases ambient (vous pouvez revoir ce concert ci-dessus grâce à Arte Concert).

00h21 : Un concert d’Emperor prend tout son sens la nuit. Si le début de la prestation était très bien, le fait est que la musique torturée du groupe prend toute sa dimension en nocturne. De jolies lumières bleues, rouges ou vertes accompagnent ce show qui fête les vingt ans de leur album culte In The Nightside Eclipse devant un parterre blindé. Ihsahn est appliqué et juste et la magie aura opéré (à revoir ci-dessus grâce à Arte Concert). Juste que, dans le fond, si les compositions sont bien là, Emperor ne paraîtra pas aussi noir que dans nos souvenirs, donnant presque davantage la sensation de voir Ihsahn, l’artiste apaisé que l’on a connu en solo ces dernières années, que le groupe de black metal acrimonieux que l’on peut entendre, par exemple, sur un Imperial Live Ceremony. Sur l’Altar, le set de Soilwork aura été entaché par un effondrement d’un morceau de la scène juste sous les pieds du chanteur. Plus de peur que de mal, néanmoins. Speed n’a pas caché sa stupeur mais s’excuse, même si le groupe n’y était pour rien. Il était vraiment déçu. Et on le comprend car ce concert était vraiment gigantesque : la puissance sonore (un peu trop même), des compos au plans travaillés complexes, un frontman maîtrisant parfaitement voix claire et voix hurlée, des lumières magnifiques, de la fumée, et un public énorme et nombreux… Il y avait tout. Dommage donc que cet incident nous ait fait louper une ou deux chansons en plus. Mais, franchement, grosse claque quand même.

Techniciens en action pour réparer la scène pendant le show de Soilwork.

00h40 : En 2012, Dropkick Murphy avait retouné la Mainstage avec son punk celtique, dans le même style Flogging Molly pourrait bien faire de même cette année. Et inutile de faire trainer les choses : dès la première mesure c’est le grand bordel dans la Warzone ! Le groupe détient peut-être même le record de kilos de poussière envolée au cours d’un concert dans ce secteur et le bassiste se sert donc de son foulard blanc comme d’un masque. Une ambiance énorme, un groupe qui lance des canettes de Guinness dans le public et c’est un miracle que notre reporter ait pu nous envoyer ces mots depuis le coeur de cette agitation. Un grand moment qui n’a pas pâti de la concurrence avec Black Sabbath. Le punk celtique, c’est la vie !

01h09 : 1349 aura donné un concert autoritaire true black metal, avec ses qualités en matière de riffs et de breaks, et ses défauts : une mise en scène froide et un son qui viole parfois les oreilles même protégées. Malgré la forte concurrence des légendes sur la Mainstage au même moment, le groupe profite d’une petite affluence alors que d’autres prennent déjà leur place en face en attendant Opeth. En tout cas le public est attentif – au moins jusqu’à un certain point : on a bien vu des spectateurs lever le camp à un moment, peut-être pour voir la fin du concert de Black Sab’ – et il ne faudra pas trop s’attendre à plus qu’une communication froide et minimale de la part des musiciens – true black oblige. Enfin, côté son, si la batterie prédominante est un des atouts charme de 1349, ça peut aussi être lassant. Et cette grosse saturation sur la basse, c’est à croire que la régie le fait exprès…

01h20 : Attendu puis finalement annulé en 2012, Black Sabbath est bel et bien sur la Mainstage 1 du Hellfest en 2014. La foule massée devant la légende est littéralement gigantesque ; il est peut-être même à parier que c’est la plus grande qu’ait connu le festival. Ozzy Osbourne joue parfaitement son rôle de Madman, chante très correctement ou très faux – difficile de prédire quand il passera de l’un à l’autre. Le reste du groupe, quant à lui, maîtrise son sujet sur le bout des doigts. Tony Iommi et Geezer Butler sont comme à leur habitude assez complices, juste pourra-t-on reprocher au premier d’avoir les yeux un peu trop rivés sur sa guitare et au second son immobilité, et Tommy Clufetos maltraite avec amour sa batterie qu’il frappe d’une gestuelle ample et très visuelle. Le dernier album 13 sera bien sûr représenté avec, entre autres, le morceau « God Is Dead ? » bien accueilli. Les classiques seront un succès absolu, comme cette entrée en matière sur « War Pigs », mais qui aurait pu en douter. Une page du Hellfest s’est écrite, et pas la moindre, tandis qu’on s’interroge : que restera-t-il pour les metalheads quand ces Sabbath, Aerosmith, Deep Purple, Iron Maiden et autres prendront leur retraite ? C’est à vous rendre nostalgique avant même que le temps soit passé.

01h32 : Trois ans après son passage avec Kyuss Lives!, le chanteur John Garcia revient avec son autre groupe : Unida. Fidèle à lui-même, ce frontman a une classe naturelle alliée à beaucoup de feeling. Éclatant. Envoûtant. Arthur Seay, à la guitare, ne manque pas non plus de présence et fait plein de grimaces au-dessus de son instrument qu’il manie avec autant d’excellence que de feeling. Tout ce qu’il faut pour jouer de ce pur stoner avec un côté jam prononcé. Les connaisseurs sont là – certains, notamment dans les premiers rangs, ferment les yeux, en transe – mais en petit nombre pour assister à ce show exceptionnel et c’est presque une honte qu’il y ait eu aussi peu de monde pour voir ça (mais, bon, c’était difficile de sacrifier Black Sab’ ce soir). Dommage car la fête aurait sans doute été encore plus belle.

02h10 : La Warzone est pleine à craquer : Turbonegro n’est pas encore sur scène et déjà la turbojugend (les fans du groupe) scande « I got erection! » C’est sans doute le meilleur groupe pour conclure le fest, idéal pour terminer trois jours de fête car ses tubes à l’énergie punk sont par essence fédérateurs. Ce à quoi on peut rajouter le sens de l’humour, comme quand le chanteur porte un de ses collègues sur ses épaules, avec l’usage de cotillons, ou avec un discours sur la coupe du monde de foot complètement décalé. Résultat: un gros show, un public à fond et un son parfait, avec en prime une reprise inattendue du hit de Dire Sraits « Money For Nothing » à la sauce deathpunk, avant l’érection finale. Sous le chapiteau bondé de l’Altar, Opeth ouvre son bal avec « The Devil’s Orchard », morceau extrait de leur dernier opus Heritage et qui rappelle bien pourquoi Mikael Akerfeldt est si proche d’un artiste comme Steven Wilson. Le frontman, étonné de l’affluence, déclare : « Je sais pourquoi vous êtes là : c’est parce qu’il n’y a pas d’autres concerts ! » Alors que si… et le public aurait aussi bien pu aller se coucher à cette heure-ci. Enfin le groupe enchaîne en remontant le temps d’un cran sur « Heir Apparent », morceau qui fera très facilement remonter la tension dans le pit, tension qui restera à flux tendu jusqu’au dernier effort de « Blackwater Park » (encore un morceau qui rappelle Wilson, puisque l’album éponyme avait été produit par celui-ci). Mise en valeur par un son excellent et bien dosé, la musique des Suédois a violenté et bercé les festivaliers qui assistaient là à leur dernier concert du weekend. La nuit est belle.



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  • et quand je dis un 1/4 de ton, je suis gentil…

    [Reply]

  • Black Sab:
    – gratte/basse/batterie: énorme.
    – Ozzy: un quart de ton en dessous de la plupart des morceaux (sauf Black Sabbath, ouf)

    [Reply]

  • jeffrey lebowski dit :

    très bon set de behemoth…en tout cas dommage pour la pénurie de bière (quand c’etait pas toutes les boissons)dans certains bars après black sabbath…

    [Reply]

  • Un_Mec_Lambada dit :

    Perso j’ai été très déçu par Black Sabbath… Ozzy a perdu toute a niaque qu’il avait d’antan. Il ressemble a présent a un vieil homme fatigué. Et pour une tête d’affiche, son show était d’un vide affligeant… =/

    [Reply]

  • Black Sabbath n’a pas joué « End Of The Beginning »

    [Reply]

    Thorwald

    En effet, Black Sabbath a joué « Age of Reason » et « God is Dead ? ». C’était monstrueux, le meilleur concert auquel j’ai assisté. J’ai dû camper debout avec un pote pendant 5 heures devant la Mainstage 1 pour être aux premières loges, mais bon sang que ça valait le coup !

    Mentions spéciales: « War Pigs », « Black Sabbath », « Iron Man », « Children Of The Grave », « Paranoid », « NIB »…

    Le Phasme / RM

    Au temps pour moi, je voulais dire « God Is Dead ? », je vais aller dormir trois jours et ça ira mieux ! 😉

    Découvrez les Chroniques du Sabbat Noir, le site francophone consacré à Black Sabbath (avec version imprimable gratuite)…

    URL : http://www.black-sabbath.fr

    Que du bonheur !

  • OiseauTrain dit :

    Megadeth et Children of Bodom c’était de la folie pure !
    J’avais jamais vu le public aussi enthousiaste !
    Quand Dave Mustaine a commencé a jouer Run to The Hill, Le public a tout de régis et allant voter aux urnes, c’était transcendantal ! Un peu comme Shiva.

    [Reply]

    Bonded by blood

    Euh…????

    VicRattlehead

    ???!!!!

    Ottoroot

    LièvreMagik est de retour on dirait.

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