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CR De Festival    Live Report   

Hellfest 2016 : fil rouge de la journée du samedi 18 juin


Après un dixième anniversaire célébré en grande pompe l’année dernière, le Hellfest Open Air entame en fanfare sa deuxième décennie : entre têtes d’affiche de luxe et sélection pointue, le festival met à l’honneur la diversité qui le caractérise avec une programmation très riche qui une fois de plus, aura rencontré un succès fracassant – les pass se sont arrachés en un temps record. Comme chaque année, notre équipe est présente à Clisson pour vous faire vivre en direct et durant trois jours cette fête de l’enfer devenue un rendez-vous incontournable pour tous les fans de metal français (et de plus en plus de fans européens).

Comme nous avons pu le faire ces dernières années, vous allez pouvoir suivre le festival en direct via ce fil rouge qui sera fréquemment mis à jour de l’ouverture des hostilités vers 10h30, jusqu’à la fin des derniers concerts vers 2h du matin ! Suivez-nous donc dès maintenant via cet article mais aussi sur les réseaux sociaux – notre page Facebook et nos comptes Twitter et Instagram – pour tout savoir sur ce Hellfest 2016 et obtenir nos impressions à brûle-pourpoint. Nous vous conseillons donc de recharger cette page régulièrement car nos informations sont mises en ligne en temps réel (si la connexion sur place le permet, ce qui a toujours été le cas jusqu’à présent). Par ailleurs, sachez que comme chaque année les live reports de ce fil rouge pourront être enrichis quelques jours après le festival et nous vous proposerons également, a posteriori de l’événement, des galeries photos entièrement consacrées aux prestations des artistes.

10:57 : Il fallait avoir l’estomac bien accroché pour se faire réveiller à la Valley ce samedi, car The Lumberjack Feedback emploie deux batteurs pour produire un mur de son massif qui s’apparente à un rejeton de Russian Circle et Mastodon qui aurait été élevé dans la culture stoner. Le groupe lillois formé en 2008 vient de sortir son dernier album Blackened Visions, et la prestation qu’ils fournissent ne peut qu’inciter à se le procurer. La symétrie entre les deux batteurs créé, au-delà de l’aspect sonore, un jeu visuel qui donne du relief aux compositions toutes instrumentales. On note en outre une production impeccable où chaque instrument respecte sa plage. Il n’en fallait pas plus pour convertir les lève-tôt du Hellfest, témoins d’une prestation très entraînante. La journée commence très, très bien.

11:02 : En ce samedi matin, l’Altar est bien calme pour le concert d’Undead Prophecies. Une soixantaine de festivaliers sont rassemblés sous la tente pour accueillir le quintette encapuchonné. En effet les membres du groupe sont cachés, un peu comme l’étaient les Ghouls de Ghost première époque, sous de grands habits de moines noirs et déguenillés. Ils portent aussi des masques équipés au niveau des yeux de deux lumières rouges. Ce petit artifice renforce leur côté « pestiféré revenu d’entre les morts ». Au milieu de la scène, le pied de micro n’est autre qu’une faux avec sa lame tournée vers le haut. Côté musique, ils jouent un death metal à la croisée des maîtres du genre : la voix est un mélange de Chuck Schuldiner et de Donald Tardy. Les riffs sont lourds bien que pas inoubliables. Les musiciens restent statiques sous leur accoutrement et King Obscuro au chant n’est pas un modèle de charisme ni d’interaction avec le public. Une sympathique mise en bouche au niveau visuel pour commencer la journée, sans plus.

11:07 : Amateurs de guitares 7 cordes et de riffs beatdown ultra lourds, votre place est probablement devant la Mainstage 2 ! Même si Thy Art Is Murder est passé en Europe il y a quelques mois seulement, les musiciens étaient clairement attendus par leur fanbase. Le show ira louder and louder jusqu’à « Holy Wars ». Rien de très subtil, mais très efficace en ce début de matinée.

11:38 : Lancinant et pachydermique, Steak Number Eight prend rapidement ses marques sur la Mainstage matinale. Bien que son caractère sludge lui confère un son lourd et massif, on sent quelques faiblesses côté vocal : difficile de percevoir avec clarté le chant du frontman. Pour ne rien arranger, son micro semble se révéler dysfonctionnel. Mais le groupe n’est pas sans ressources et fait résolument avancer son set malgré l’écueil technique. En guise de salut ultime, le chanteur se paye un stage diving. Bilan mitigé donc pour les Belges : une matière et une énergie intéressantes, qui peinent cependant à faire mouche en si peu de temps et avec un problème de son conséquent.

12:00 : Les Bordelais d’Otargos ouvrent la Temple en ce samedi mi-pluvieux mi-ensoleillé. Déjà une bonne masse de gens sont assemblés devant ce modèle du genre à la française. Leur mélange de black puissant et de riffs cradingues rend le concert très attractif. Quelques imperfections dans le son car ça va vraiment très vite mais globalement, une bonne mise en bouche par un combo qui a chaque prestation évolue et ravi.

12:11 : L’Altar reçoit Drowned et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne va pas écouter du pouet metal ! Sobre à l’extrême, le combo de death berlinois prend aux tripes si tant est que l’on soit sensible à la recette proposée. À l’image de leur musique, les Allemands proposent un jeu de scène et une attitude classe mais austère. Chemises noires, regards fermés, pas de speech à rallonge ou d’anecdote trololol, la place est au death et rien qu’au death, et c’est tant mieux.

12:12 : L’hymne de la Ligue des champions de football résonne : voilà comment les festivaliers reconnaissent l’entrée des Britanniques de Bury Tomorrow sur la Mainstage 2. Daniel Winter Bates entre directement dans le vif du sujet en incitant la petite foule assemblée devant la scène à ne pas rester inactive une seule seconde. Force est de constater que le metalcore du groupe y parvient sans peine. Emmenés par un frontman très en vue, l’un des plus gros circle pits du festival se forme dès « 301 ». Seule la voix claire de Jason Cameron a tendance à fausser quelques notes malheureusement. Daniel Winter Bates prend le temps de dialoguer avec le public malgré les courtes 30 minutes imparties. Il en profite pour critiquer le système des VIP et des meet & greet qui « brise l’esprit de la musique » ; remarque cocasse pour une groupe qui met en avant une certaine boisson énergisante sur ses visuels… Quoi qu’il en soit, Bury Tomorrow livre un show sans faille qui se termine de manière sportive avec le titre éponyme de leur dernier album Earthbound et son pit interminable. Prévisible certes, mais efficace.

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Pendant ce temps-là, Gilles Lartigot est en dédicace sur le stand Radio Metal de l’Extrem Market…

12:37 : Sous une Valley déjà bien remplie et accueillante, Hangman’s Chair commence à délivrer son judicieux concentré de stoner planant. Simplicité et cohésion sont les maîtres mots de cette performance. Pas de fioritures inaudibles ici : c’est un rouleau compresseur soigneusement dirigé dans ta face et sur le temps ! On saluera le son de la guitare lead blindée d’effets qui sort avec réussite en façade. Avec « Flashback » en guise d’avant dernier titre, Hangman’s Chair laisse le public poursuivre sa deuxième journée de Hellfest avec un très bon concert dans les tripes dès le matin.

12:42 : Au rayon des vieux keupons français, les Sales Majestés font partie des quelques derniers vestiges d’une certaine scène anar et résistante. Ils squattent la Warzone est gagnent le public direct avec « Camarade », puis enchaînent sur leurs thèmes fétiches : la jeunesse, la société, les politiques… Ça sautille tranquille mais les gens sont surtout attentifs aux paroles (« Sois pauvre et tais-toi ! ») qui forcément, résonnent avec l’actualité : « La France est une poubelle et nous en sommes les déchets mes frères » scandent-ils, avant d’enchaîner avec des « Halte au Front National ! » et une ode au petit papa Noël comme une bouteille à la mer… Difficile de ne pas adhérer ! Les Sales Majestés finiront même en faisant quelques bisous bien senti au patronat.

12:54 : Même si Myrkur est un one woman band, la belle Amalie Bruun est accompagnée de trois autres musiciens sur scène. Son chant très clair et haut perché résonne sous la Temple pour vous faire voyager dans un monde féerique. Vêtue d’une longue robe noire, elle alterne sur son double pied de micro façon bois brut avec des cris stridents typiques du black metal. Le back drop est une simple rune blanche griffonnée sur un fond noir qui renforce le côté « Blairwitch » du projet. La Danoise enfourche et repose régulièrement sa guitare selon les besoins du morceau. Sans son instrument, elle prend des poses incantatoires pour inviter le public à partager son univers. On aurait presque l’impression d’écouter une choriste dans un temple : la Temple n’a jamais aussi bien porté son nom ! Les autres musiciens sont plus discrets. Bassiste et guitariste arborent le même look, veste à capuche à manches courtes et léger corpse paint noir pour le côté dégueulasse. Une fois le crâne à l’air, on peut reconnaître Teloch, l’actuel guitariste de Mayhem. À la fin du concert, l’artiste remercie le Hellfest et sonne l’heure de l’apéro avec un « Skål » bien de chez elle. Petite photo de famille avec le public et puis s’en va.

13:03 : Les vétérans japonais de Loudness, du haut de leurs 35 ans de carrière et de leurs 26 albums au compteur depuis 1981, nous ont permis de faire un bon retour dans les années 80. Malgré un set carré, il est difficile de résumer une carrière aussi fournie en 30 minutes. Le guitariste Akira Tasahaki n’a rien perdu de son jeu vertigineux et précis, surtout sur les parties de tapping. À la basse, Nasayoshi Yamashita n’est pas en reste et donne bien le change. Quant à Masayuki Suzuki, il martyrise ses fûts avec le sourire. Reste le cas du chanteur Mihori Niihara. Même si la voix reste bien présente, il use et abuse du vibrato, et son micro, très mal réglé, n’arrange pas la situation. Le rendu vocal est assez brouillon, au point qu’il est difficile de comprendre les paroles des chansons. Malgré une incursion sur leur dernier album de 2014 et le titre éponyme The Sun Will Rise Again, Loudness a régalé ses fans avec des pépites des années 80 comme « Crazy Doctor » et le surpuissant « MDI », qui a conclu un set efficace et délivré avec un enthousiasme qui faisait plaisir à voir.

13:26 : « Death metal, and nothing fucking else. » Entrails s’entête à creuser le sillon déjà bien entamé du death metal en écartant toute concession avec beaucoup de détermination. La sentence tombe avec « Voices » qui bouscule les carcasses du public. Si celui-ci n’est pas colossal, il n’est cependant pas insensible à la boucherie suédoise qui lui est donnée à apprécier. Ormis une cymbale au pied chancelant, la prestation technique d’Entrails est sans faux pas. « In Pieces » et « Eaten by the Dead » consacrent la puissance rugueuse d’un combo sûr de lui.

13:38 : La Mainstage 2 ne cesse de se remplir. Beaucoup de festivaliers se sont massés pour accueillir les Américains d’August Burns Red. Le show a beaucoup de similitudes avec celui de Bury Tomorrow ; l’essentiel se centre sur la performance de Jacob Luhrs qui démontre une chose : il ne fait pas d’erreurs. Ses interventions sont millimétrées et il n’a pas besoin de haranguer la foule pour susciter pogos et compagnie… Les particularités d’August Burns Red se prêtent particulièrement au live, les passages presque country-folk entourés de riffs metalcore ont le mérite de briser la monotonie d’un genre souvent trop figé. Le groupe joue avec les limites et Jacob Luhrs se paie même quelques pas de danse bien sentis. Toutefois les Américains se rappellent d’où ils viennent, en témoignent le très classique « Composure » et ses accents hardcore. August Burns Red ne révolutionne rien mais délivre sans complexe une musique accrocheuse avec suffisamment d’originalité pour justifier son statut de chef de file du genre.

14:12 : Les six membres de Dark Fortress rentrent en même temps sur scène par le côté, posément, puis c’est parti pour une séance de blast haineuse mais aussi d’un black metal particulièrement chiadé dans le cas d’un « Chrysalis » à l’ambiance prenante. Draug occupe le centre de la scène avec sa basse tandis que Morean au chant est relégué un peu plus sur la gauche, ce qui lui enlève un peu de présence. Asvargr et V. Santura aux guitares sont positionnés aux deux extrémités de la scène. Ils moulinent leurs riffs tout en s’activant pour faire bouger chevelure et bandana noir pour le moins chevelu des deux. On voit plus Paymon qu’on ne l’entend sur les premiers morceaux où on a du mal à percevoir les sons de son clavier. « Nous sommes Dark Fortress de la Bavière et nous sommes très heureux de jouer dans ce festival », déclare le chanteur dans un français très correct. Il annonce aussi que le batteur n’a pas pu jouer et qu’il est remplacé par Hrymr du groupe norvégien Helheim. Il est aussi très appréciable de voir un groupe sous l’Altar, la Temple ou la Valley, d’une part parce qu’on est sûr d’être à l’abri en cas d’averse, mais aussi parce que la proximité avec la scène et les artistes est plus aisée que devant les Mainstages qui sont très vite inaccessibles en raison de la densité de la foule. Retour sur scène : sur l’avant dernier morceau mid-tempo, le groupe et la foule headbanguent en rythme.

14:32 : C’est officiel, la Valley est en feu ! Crobot inonde tout le pit de son groove ! Mené par le charismatique Brandon Yeagley, le groupe américain déborde d’énergie et mitraille des tubes : « The Necromancer », « Welcome to Fat City », « Easy Money »… Succès complet pour le groupe qui sera applaudit pendant un long moment. Du rock’n’roll pur jus.

14:36 : Moment d’émotion : Phil Campbell découvre la statue de Lemmy en compagnie de Ben Barbaud et du créateur de la statue. Il a l’air vraiment ému devant tout l’attroupement qui l’attendait… Il reste un moment à admirer l’œuvre, devant une sorte de petite chapelle sous forme d’une niche où l’on trouve un miroir orné du logo de Motörhead et où les festivaliers peuvent laisser des souvenirs ou des messages.

14:46 : La classe s’est installée sur la Mainstage 1 en ce début d’après-midi avec la prestation époustouflante de Glenn Hughes. Précédé par « La chevauchée des Walkyries », il prend d’emblée le public à la gorge avec une version fabuleuse de « Stormbringer » de Deep Purple. Hughes, ancien chanteur de Deep Purple, donc, et de Black Sabbath, enterre Ian Gillian et Ozzy Obsbourne, qui ne sont eux plus que l’ombre vocal d’eux-mêmes : à 65 ans, il affiche une puissance et une justesse insolentes, se baladant dans les aigus avec une facilité déconcertante. Il ne reste plus qu’à remercier le bassiste à la voix d’or avec tous les honneurs qu’il mérite. 40 minutes, c’est un peu court pour un show d’anthologie. La claque de la journée sur la Mainstage pour le moment.

15:03 : Un grand back drop du dernier album de Cattle Decapitation, The Anthropocene Extinction, se dresse au fond de la Temple. Le visuel rappelle le comic The Walking Dead, avec un être humain en décomposition dont des déchets non comestibles sortent du flan décomposé… Voilà le programme ! Le son aussi est très décomposé : devant la scène, on ne distingue pas les instruments dans cette bouille sonore et c’est bien dommage compte tenu de la technicité du répertoire du groupe. Si on oublie le plaisir des oreilles, parlons de celui des yeux : Josh Elmore, coiffé façon Tintin, joue sur une guitare aux formes aussi étranges que sa coupe de cheveux. Une finition en bois naturel qui ressemble plus à un violon qu’à une arme de destruction massive death-grind ! Travis Ryan est un frontman impressionnant. Ce colosse de San Diego occupe très bien la scène, pied sur le retour, micro collé aux lèvres pour vociférer sa poésie. Il fait du gruick pour dénoncer les atrocités que l’homme peut faire endurer aux animaux et qui le mèneront peut-être à sa perte. Il alterne avec aisance son guttural et parties plus stridentes tout en se penchant en arrière pour éructer la bonne parole vegan. Quelques « merci » par-ci et par-là et puis s’en va.

15:05 : « This is era, borealis ! This is death, uber alles ! » Mantar, ou comment envoyer du gras à deux comme à cinq. Car oui, Hanno et Erinc touchent leur bille quand il s’agit de sludger comme des porcasses. Torse nu et yeux révulsés, le chanteur fou ne lâche rien et semble réellement animé par quelque folie démoniaque. Placé en bord de scène et de côté, fait plutôt rare pour un batteur, son acolyte plombe ses fûts inlassablement. Le duo, généralement peu bavard, se laissera même aller à quelques remerciements. Un tête à tête qu’on n’oubliera pas de sitôt !

15:06 : Seulement une chose à dire sur Strife : puissance. La nouvelle scène hardcore emmenée par Backtrack, Turnstile ou bien Nasty est de plus en plus présente en festival et tient la tête aux plus grands. La Warzone est le terrain de jeu parfait pour les mosh pits. Beaucoup de blast beat et de riffs saccadés dans les morceaux des Américains, qui proposent toujours des titres dans la même veine comme « Carry the Torche », « Next » ou bien « Blistered ». Un son plus que correct pour comprendre et apprécier toutes les nuances de la guitare et de la basse est le bienvenu. Très bonne nouvelle pour la relève hardcore : Strife fait bien partie des grands !

15:11 : Atreyu, c’est une sorte de pot-pourri. Les Californiens empruntent à tous les stules et arrivent à créer une musique aussi festive que débridée. Ceux qui ne connaissent pas le groupe n’ont pas tardé à s’acclimater tant le frontman Alex Varkatzas arrive à fédérer. Tatouages exubérants, bandanas et guitares flashy, Atreyu a un goût de kitsch parfaitement maîtrisé. De quoi aller de parie avec l’attitude des musiciens sans cesse en mouvement, naviguant entre le bord de la scène et un promontoire prévu à cet effet. En outre, presque tout le monde chante chez Atreyu et la voix claire du batteur Brandon Saller donne un véritable côté FM aux refrains du groupe. Le point d’orgue du concert reste sans doute « Do You Know Who You Are ? » et son chant rap suivi d’un riff heavy à souhait. Au vu de l’énergie déployée par les festivaliers, Atreyu a remporté tous les suffrages.

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Après l’effort…

15:24 : C’est sous un soleil de plus en plus lourd que la Warzone accueille les pionniers de la scène punk hardcore avec la venue de Discharge. Ambiance chaotique et poussiéreuse donc car autant se l’avouer tout de suite, il faut être courageux pour se frotter aux meutes déchaînées des premiers rangs. Dave Caution semble ne jamais s’arrêter de massacrer sa caisse claire avec toute la verve qu’on lui connaît. J.J. Janiak s’égosille pour notre plus grand bonheur. « The Nightmare Continues » en demande beaucoup aux nuques des festivaliers… Mais tous ne sont pas réceptifs. Il faut dire que Discharge officie depuis 1977 et que sans préavis, on fait face à une musique qui ne souffre d’aucune fioriture. Les riffs de guitare peinent parfois à être distingués, et les paroles du chanteur frôlent à plusieurs reprises l’inaudible. Ceci dit, Discharge propose aux amateurs une expérience de plus en plus rare, celle d’un groupe qui semble immuable dans le temps, resté fidèle à ses toutes premières influences. Il y a un petit aspect « culte » dans les prestations de Discharge.

15:26 : À peine le batteur d’Heidevolk met un pied sur scène accompagné d’une bande son pittoresque que la foule bat la mesure et lève son poing au rythme des incantations des chanteurs. On comprend instantanément que le public ne fait plus qu’un grâce au groupe qui enchaîne sans plus attendre sur un titre jumpy à souhait. L’audience s’empresse de suivre le mouvement. Le sextet aux allures nordiques se fend d’un succinct discours en français pour introduire le fameux « Saksenland » et son refrain diablement participatif. Côté qualité sonore, la grosse caisse couvre un peu trop le reste des instruments mais les chœurs sont suffisamment soignés. Heidevolk fait partie de ces groupes festifs capables de générer une énergie de réjouissance et d’allégresse dans toute la Temple. Cette après-midi, peu de gens ont été épargnés par la furieuse cavalcade païenne qui promet d’ailleurs une nouvelle série de dates sur le sol français.

16:08 : Dire que le projet musical de Nikki Sixx post Möltey Crüe était attendu au tournant relève de l’euphémisme. À la fin des 40 minutes de show de Sixx:A.M., c’est un sentiment mitigé qui domine. Si musicalement l’ensemble tient largement la route, surtout grâce à DJ Ashba, transfuge des Guns N’ Roses, mais aussi la présence des deux choristes, c’est au niveau du choix des titres et de l’attitude que le bât blesse : Nikki Sixx a gardé les gimmicks de son ancien groupe avec des maquillages outranciers et des tenues rouge et noir qui, bien que plus « sales » qu’à l’époque, auraient fait leur effet dans les années 80 en pleine mode glam metal, sans compter les « motherfuckers » débités à la pelle par le frontman James Michael qui eux aussi sonnent datés en 2016. On peut par ailleurs s’interroger sur la pertinence d’avoir choisi des morceaux qui font retomber la pression tels que « When We Were Gods » et « Prayers For The Damned » là où, avec seulement huit titres joués en plein après-midi, il aurait été judicieux de maintenir le public en haleine, d’autant que le groupe ne manque pas de morceaux qui balancent. Ceci étant dit, il y a une belle cohésion entre les membres du groupe qui font le show tout sourires, arpentant la scène de long en large et s’approchant au plus près du public en bord de scène. Mais compte tenu du talent dont Sixx A.M. a déjà fait preuve, il était légitime d’attendre mieux.

16:34 : Ce samedi, on peut apercevoir Mark Greening de Ramesses ou Mouss de Mass Hysteria restés sur le festival pour profiter de l’ambiance après leurs concerts d’hier.

16:41 : Les amplis Orange de Torche trônent fièrement sur scène. À croire que cette marque incourtournable sous la Valley est garante du son stoner. Entrée en toute simplicité avec le riff de Jaws de John Williams repris par Steve Brooks avec sa guitare, puis tout le groupe enchaîne sur le premier morceau. Jonathan Nunez au centre avec sa basse Rickenbacker occupe bien le terrain avec un jeu ample et détendu. Les titres de leur stoner pop psyché s’enchaînent avec des extraits de Re Starter. Andrew Elstner à l’autre guitare vient sur le bord de la scène et se prête au jeu des photographes avec un large sourire. Après un changement de guitare, le groupe joue des morceaux plus lourds pour terminer.

17:22 : Avec Agoraphobic Nosebleed, nous sommes face à un groupe des plus étranges : c’est avec une boîte à rythmes et deux chanteurs seulement que les Américains proposent leur cyber grind. Sur le papier, ça semble intéressant, excitant, violent ?! On ne sait pas trop quoi dire ou quel superlatif employer, mais une fois sur place, c’est plus compliqué. Le concert d’aujourd’hui n’est que le sixième de leur carrière, et cela se ressent : non pas que l’instrumental soit mauvais, mais c’est un peu plat, redondant, et malgré la bonne voix de la leadeuse on se demande bien comment faire pour s’agiter un peu. De plus, le côté « cyber » n’est pas vraiment mis en valeur dans l’Altar. Il n’y a pas à dire, un batteur, c’est difficile à remplacer !

17:25 : Casquettes et Harrington sont de rigueur dans le public : la Warzone continue de dépoussiérer les mythes avec UK Subs… 40 piges qu’ils animent les mosh pits, on sent que sous les cheveux colorés en blond ou en bleu ça grisonne mais l’énergie est là et ferait se rhabiller bien des jeunes loups. Franchement cool, le groupe cabotine et profite du moment comme des gosses pour le plus grand plaisir des fans.

17:37 : L’entrée sur scène de Fleshgod Apocalypse est très théâtrale avec la choriste qui porte une grande robe d’époque, un masque et un sceptre. Le reste des membres est comme à son habitude grimé comme des morts vivants du XVIIe siècle. Le claviériste relégué tout à droite de la scène est quasiment inaudible au début du concert. Dommage, car il a un jeu de scène très visuel. Même s’il tourne le dos au reste de ses camarades et au public, il bouge sa tête et ses bras dans de grands gestes saccadés, rajoutant encore plus au côté théâtral du groupe. On se demande aussi quand chante la diva de l’autre côté de la scène… La réponse ne se fait pas attendre et on l’entend très bien à chacune de ses interventions qui percent de sa voix aiguë. Tommaso Riccardi, le guitariste chanteur, introduit chacune des chansons avec une petite explication qui débouche sur le titre, comme c’est le cas pour « Cold As Perfection » ou « The Fool » extraite du dernier album du groupe, King, dont le backdrop reprend la pochette avec son grand portrait de roi. Le son s’améliore et on distingue mieux les guitares et les claviers de la batterie qui a tendance à toujours écraser les autres instruments dans les musiques extrêmes. La sortie de scène se fait sur un sample de chorale grandiloquente, à l’image de la musique de Fleshgod Apocalypse.

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Lemmy is watching you…

17:41 : La pluie a décidé de se joindre aux premières notes entamées par The Amity Affliction. La formation australienne opte pour une offensive directe et honnête : le gros son dans les dents. Le vrombissements des attaques basse/batterie ne laissent pas indemne. Par contre les chants prennent du temps à être égalisés. Leur nom incarnant la perte d’un ami cher, l’interprétation écorchée demeure juste, à l’image du chant de Stringer. Un court wall of death s’improvise, scandé par les « We are ready for war ! ». Hormis le circle pit sédentaire juste devant la scène, le public reste relativement réservé, même lorsque les artistes esquissent quelques mots en français. Il est vrai que la setlist s’enchaîne de manière assez linéaire et la mécanique devient peu à peu usée. « Shine On » et « Don’t Lean On Me » marquent la fin de la performance.

18:04 : En tournée mondiale pour célébrer leurs 40 ans de carrière, Foreigner s’est arrêté pour 50 minute ce samedi à Clisson sur la Mainstage 1. Et autant le dire tout de suite : ils ont cassé la baraque. Une claque, une tuerie, les mots manquent. Les rois du hard FM des années 80 ont montré qu’ils étaient toujours verts, bien que les membres frisent ou dépassent allègrement la soixantaine. Devant un public un peu sceptique au départ, Foreigner a largement empoché la mise grâce à une setlist essentiellement composée de tous leurs tubes mondiaux. Derrière Mick Jones, le seul rescapé de la formation originale, une équipe de vieux briscards à qui il ne faut pas la raconter a rappelé au public qu’ils étaient encore bien vivants. Face à des brulôts comme « Double Vision », « Cold as Ice », « Feels like the First Time », « Head Games » et « Hot Blooded », le public de Clisson a vite rendu les armes. Rien de tout cela n’aurait été possible sans le nouveau frontman du groupe, Kelly Hansen, qui a remplacé le poussif Lou Gramm au chant. Il magnifie les titres de l’album 4, comme les méga tubes « Urgent » et « Juke Box Hero », à qui le groupe offre un traitement de faveur tout particulier. Enfin, sur la ballade « I Want to Know What Love Is », Hansen, showman sous-estimé et clone de Steven Tyler, invite le public à se prendre dans les bras les uns les autres. 40 après ses débuts, Foreigner n’a rien perdu de sa force, et ce concert n’a fait que confirmer qu’ils sont bien vivants et alertes.

18:30 : La Valley n’est pas trop remplie pour accueillir le pape du doom Lee Dorrian et ses sbires de With The Dead. Qu’importe, cela permet de se rapprocher au mieux de la scène d’où jaillit un son épais et lourd. Les musiciens ont la grande classe, tous de noir vêtu, mention spéciale au bassiste Leo Smee avec son grand chapeau. Lee Dorrian n’a pas sa voix écorchée comme sur l’album, est-ce dû à un problème de fatigue ? Tim Bagshaw envoie ses gros riffs doomy et hypnotiques avec sa Gibson SG incontournable du style depuis Tony Iommy. L’ambiance lumineuse est très bleue. On aurait imaginé du violet comme sur la pochette de l’album, mais qu’importe, elles sont très belles. Alex Thomas à la batterie tape tellement fort qu’il en démonte une de ses cymbales crash ! Puis l’ambiance lumineuse tourne au rouge, puis à l’orange quand Lee Dorrian annonce lors d’une de ses rares interventions le titre « I Am Your Virus ». Le patron quitte la scène en envoyant un baiser avec ses mains au public en guise de remerciement avant que les musiciens finissent avec un larsen et des pêches de batterie au tempo décroissant.

18:42 : Pour leurs 30 ans, les patrons du hardcore de Sick Of It All reviennent une nouvelle fois au Hellfest pour démolir les tronches des pauvres piteurs qui ne demandent que ça. 1 heure de classiques plein la tête. Tout y passe, même le discours politique du fameux « Uprising Nation ». 1 heure de classiques plein la tête. Tout y passe, même le discours politique du fameux « Uprising Nation ». « Road Less Travel » et « D.N.C. » du nouvel album viennent s’ajouter à la claque que nous donnent les New-Yorkais ; sans oublier « Step Down » qui fait danser le public. Circle pits et walls of death s’enchaînent comme sur « Scratch the Surface » : la recette est là. C’est aussi une date d’anniversaire pour le groupe, et pour l’occasion, le public a réservé un petit « Joyeux anniversaire » en fin de concert. C’est toujours un immense plaisir de voir ce groupe qui semble ne pas vieillir d’année en année et qui reprend tous ses classiques de la plus juste des manières. Merci Sick of It All !

19:21 : Joe Satriani a beau avoir été l’un des plus jeunes professeurs de guitare de son époque et avoir eu Steve Vai comme élève, l’exercice du concert 100 % instrumental s’avère difficile dans le cadre d’un festival. L’absence de contact avec le public s’avère un peu délicat pour susciter de l’intérêt au bout de quelques temps. Et ce ne sont pas les joutes musicales avec les autres membres de la formation – les excellents Marco Minnemann et Bryan Beller des Aristocrats à la batterie et la basse, sans oublier le fidèle Mike Keneally au clavier et à la guitare – qui vont aider à se prendre d’une quelconque passion pour ce qu’il se passe sur scène. Il n’empêche que le bougre ne fait pas semblant, qu’il maîtrise parfaitement son sujet et qu’il montre qui est le patron en variant les styles et les rythmes. C’est techniquement parfait, le son ne souffre d’aucun défait. Il a juste manqué un peu de passion et une étincelle d’âme.

19:26 : Les Finlandais d’Archgoat sont très attendus sous la Temple. Leur black metal mélange rythme effréné typique du black et rythme plus lent où la mélodie de la guitare ressort très bien. Les morceaux s’enchaînent à la perfection et les trois compères jouent leur carte à merveille. Excellent pour démarrer la soirée : pas une note à côté, rapide, précis, et son à la hauteur ; la recette parfaite d’un bon groupe de black metal qui montre là encore la suprématie de la Finlande dans ce genre musical.

19:41 : Entombed A.D., ou le blast décomplexé. En effet, le groupe suédois est tout de même surprenant de décontraction quand il déroule ses morceaux un chouilla bétonnés. Il faut dire que les musiciens ne semblent pas tout à fait tourner à l’eau minérale. Plus les titres s’enchaînent, plus Petrov descend sa bouteille, s’adonnant au passage à quelques mélanges douteux. Entre deux hurlantes, le leader balance des blagues, rigole avec le public, bref, s’amuse comme un petit fou. Derrière, ses collègues de blasting semblent baigner dans la même ambiance, sans pour autant que la performance en pâtisse. Bref, professionnels en toutes circonstances !

20:50 : Asphyx, groupe hollandais de death aux influences doom, jouit d’une certaine notoriété depuis un petit bout de temps maintenant, notamment parce que le chanteur fait partie de Hail of Bullets, autre référence du death batave. Un groupe qui joue sans complexe et avec des années d’expérience au compteur pour une réussite parfaite ! Pas de demi-mesure, et surtout des morceaux qui claquent vraiment. Malgré des petits problèmes de son au début, l’ensemble est vraiment propre. Le quatuor s’en donne à cœur joie et partage son plaisir avec un public de connaisseurs. Une petite heure de riffs lourds, parfois lents, mais jamais en perte d’idées nouvelles comme sur la majorité de leurs breaks. Très bon moment, tout le monde a le sourire aux lèvres en sortant de ce show juste à l’heure d’aller dîner.

21:00 : Les athées de Bad Religion investissent une Warzone comble et dissipée… Grosse bagarre de sciure dans le fond, on a l’impression que c’est Noël ! Devant, ça pogotte sec. La bande de Gurewitz connaît son histoire, et c’est quand même beau de voir un mec avec un double doctorat en théorie de l’évolution et en ethnologie invectiver le public avec « Fuck You » et « Recope For Fate ». Le fond de la Warzone ne se calme pas, et on assiste à un slam qui remonte même les marches ! Grosse ambiance décidément mise par les Californiens, qui jouent le tube « Generator » pour accompagner le tout !

21:06 : L’épais brouillard s’épaissit et la musique d’ambiance fait monter l’impatience des fans de Moonsorrow lorsque le groupe met le feu aux poudres. D’emblée, on est enveloppé dans un son épais et sulfureux ciselé avec précision. La voix hurlée doit jouer des coudes pour s’immiscer dans le jeu des fréquences mais trouve finalement sa place après quelques morceaux. Mention spéciale au traitement de la voix claire qui surplombe, le temps des refrains, la masse sonore du groupe. La force du combo s’exprime dans sa capacité à guider l’auditeur dans les méandres de ses compositions. Un plan de batterie, un arpège ou un riff de guitare soigneusement placé fait office de fil d’Ariane salvateur. Chaque morceau est une invitation à partager leur univers sombre et épique qu’ils retournent aisément dans tous les sens, le tout en perdant rarement le Nord. « The Age of Gods » et ses riffs implacables semblent conclure en beauté un set envoûtant, mais le groupe propose un ultime titre supplémentaire que le public accueille avec joie.

21:30 : Entre basses plombées et chant bluesy aux petits oignons, Goatsnake régale autant la fosse que le pit photo qui a de quoi faire tellement le groupe, Pete Stahl en tête, accroche la rétine. Si le chanteur est celui qui attire le plus les regards, ses compères ne sont pas en reste, notamment le bassiste aux petits airs de Wolverine sous acide. Le dernier album, Black Age Blues, est vraiment bien reçu par le public, que ce soit avec le morceau éponyme ou avec « A Killing Blues ». Impressionnant, comme d’habitude.

21:38 : Après leur forfait de dernière minute en 2011, Disturbed avait beaucoup à se faire pardonner et était attendu au tournant par les festivaliers. Mais cette attente de 5 ans n’aura pas été vaine tant les quatre de Chicago ont mis le feu à la Mainstage 2. Tous les éléments étaient réunis pour que Clisson se souvienne du passage de Disturbed dans cette édition de 2016. Mené par son chanteur ultra charismatique David Draiman, le groupe a laché tous ses hits depuis 1996 en survolant tous leurs albums studio sans faire d’impasse. Devant des fans conquis d’avance, la partie a été facilement gagnée tant les Américains maîtrisaient leur sujet. Vocalement, David Draiman confirme qu’il est l’un des meilleurs vocalistes metal avec sa voix grave très atypique. Son interprétation magistrale de « Sound Of Silence » de Simon & Garfunkel en version acoustique avec une section cordes restera un grand moment de cette journée. Ne se contentant pas de servir son répertoire, Disturbed a proposé deux surprises à ses fans. D’abord, une reprise de « Shout At The Devil » de Mötley Crüe accompagné par les membres de Sixx:A.M. à l’exception du batteur. Puis un duo avec Glenn Hughes dans la foulée pour doubler le plaisir sur « Baba O’ Riley » de The Who. Enfin, une reprise cataclysmique de « Killing In The Name » de Rage Against the Machine. Certes beaucoup de reprises, mais les américains n’en ont pas oublié pour autant leurs hits : « Ten Thousand Fists », « Inside the Fire », « Indestructible » ou encore « Down With The Sickness ». Au bout d’une heure, Disturbed quitte la scène sous une dernière ovation de la foule sonnée par ce concert intense. Le groupe a mis la Mainstage 2 K.O., ni plus ni moins.

21:39 : Soleil couchant et pas de pluie en vue : conditions parfaites pour Within Temptation, prêts à apporter un peu de velours à ce Hellfest. La réputation du groupe n’est plus à faire, et ses plus fervents fans sont présents. Trois écrans, un gigantesque fond aux couleurs du visuel d’Hydra, un promontoire pour Sharon den Adel et de la pyrotechnique, voilà tout ce dont a besoin Within Temptation pour proposer un show grandeur nature avec quelques émulations de Rammstein. Qu’on apprécie ou non, Within Temptation est une machine à tubes et la voix de Sharon est tout simplement d’une justesse impressionnante. Cette dernière n’a pas besoin de beaucoup communiquer pour conquérir l’audience, seulement de manifester son admiration pour le cadre du Hellfest. Les néerlandais alternent moments de lyrisme à la « In The Middle Of The Night » et titres plus pêchus à l’image de « Faster ». La production donne le premier rôle au chant, les guitares sont même un peu trop discrètes par rapport au clavier de Martijn Spierenburg. De toute façon, ne nous voilons pas la face, tous les yeux sont tournés vers Sharon, et ce même avec une prestation sans faille des musiciens. Elle est par ailleurs rejointe sur scène par Tarja qui vient chanter pour la toute première fois en live « Paradise (What About Us?) » sur lequel elle apparaît en featuring sur le dernier album Hydra. Within Temptation a le don de construire des refrains qui ne laissent jamais indifférents, tant par leur mélodie que par leur grandiloquence : impossible de le nier, le groupe aime côtoyer le grandiloquent mais s’emploie à ne jamais sombrer dans la surenchère. En résulte une sorte de concert mi-lyrique, mi-heavy, hybridation qui dans le cas présent fonctionne à merveille.

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21:58 : Spaceman nous informe qu’une festivalière un peu bien portante s’est retrouvée coincée au milieu de la tyrolienne qui passe au dessus du public, nouvelle attraction mise en place au Hellfest cette année (la tyrolienne, pas la festivalière)… Un membre de l’équipe est venu la secourir rapidement, mais l’incident aura eu le mérite de faire rire la foule !

22:20 : Il y a des groupes qui prennent leur temps pour poser une ambiance et introduire chaque instrument plusieurs minutes pour parvenir à une jubilation d’ensemble. Hermano préfère directement se lancer dans cette jubilation frontale. Le spectre sonore est plein à craquer. La grosse caisse ne se prive pas de marteler nos cages thoraciques, et c’est tant mieux ! Le chant mériterait un volume supplémentaire dans la compétition avec les guitares sous amphétamines, mais ça ne gâche pas le spectacle pour autant. Le public sait ce qu’il vient goûter : du stoner/rock bien burné. Pas un riff qui ne transpire pas le groove. Hermano finit de nous déraper sur le visage avec panache après une allégeance du chanteur au public du Hellfest. Le groupe est même touchant de joie au moment de quitter la scène.

22:37 : Avalanche de stage diving sous l’Altar, Terrorizer est dans la place et donne une petite leçon collective de grindcore, alors forcément, l’auditoire s’emballe. Pete Sandoval, en maître de conférence, marque toujours autant les esprits. Le service de la sécurité, lui, est sur le pont et réceptionne à tour de bras les chevelus en folie, à l’aise, un peu comme quand tu enlèves ton chat de l’étagère, sauf que là c’est un barbu de 90kg habillé en Super Mario. Bref, Terrorizer comme le Redbull, ça donne des ailes !

23:04 : Décidément , la Warzone exhume dinosaures français et internationaux aujourd’hui… Ludwig Von 88 balance ses riffs entre punk, ska et boîte à rythme. Les cousins des Bérus en plus potache, mais en toujours politique. En 1h15 de set, on aborde la société, le sport avec « Louison Bobet », et surtout les « poulets » que Ludwig souhaiterait bien fist-fucker entre deux lancements de ballons et de confettis (!)… « Paris c’est moi » scande Ludwig, et évidemment, le public adhère en masse. Dans le fond se forment des mini circle pits à 4 ainsi que des wall of love : comme des walls of death, sauf qu’on s’y fait des bisous !

23:13 : Qui aurait prédit un tel show de la part de Bring Me The Horizon ? Les Anglais ont ramené toute la Mainstage 2 à la fougue de l’adolescence. Avec un show lumineux dantesque et la très bonne idée d’incorporer les paroles sur l’écran de la scène, BMTH fait carton plein. Chaque titre a un seul dessein : faire bouger toute une foule à l’unisson. Pour cela, les Anglais abusent légèrement des samples de « crowd voices », mais on leur pardonnera tant la méthode est efficacce et renforce l’impression d’une même voix chantant à l’unisson. « Throne » en est l’exemple type. Oliver Sykes ne cesse d’invectiver la foule, qui le rend au quintuple. Lui-même se brisera un poil la voix en plein set selon ses dires. Certains compositions font la part belle à la mélodie comme « Avalanche », sans doute le riff le plus entraînant du concert. Bring Me The Horizon clôture son énorme show par le fameux « Drown », où Oliver donnera le tournis à la sécurité à force de chercher le contact avec le public. Il remontera sur scène avec un chapeau Hellfest emprunté à un festivalier, et lâchera le micro à la fin du set en disant simplement : « You guys fucking killed it ». Ce soir, on peut aisément leur retourner le compliment.

23:54 : Longtemps attendus par les invétérés de la Valley, Fu Manchu met tout le monde d’accord dès son premier morceau. Leur son surpasse aisément tous leurs homologues stoner/rock de ce samedi : organique et extrêmement bien réglé, il défouraille les cages à miel presque sans besoin de protection auditive. Si la recherche du son stoner en live est une quête pour encore beaucoup de groupes, il semblerait que Fu Manchu ait trouvé son bonheur, et le public de la Valley aussi. Sur le morceau « California Crossing », les nerveux break de batterie alimentent les multiples riffs avec vélocité. Plusieurs passages très classes font penser à Truckfighters : prouesse de développer une sensation de son crade/bourré aux amphétamines alors qu’il est en fait parfaitement millimétré. Plonger dans Fu Manchu, c’est s’imaginer conduire un semi-remorque monstrueux lancé à toute blinde sur une route déserte en faisant la grimace du « Oh que c’est bon ! » : une sensation de puissance grisante difficilement comparable. « King of the Road » marque le dernier quart d’heure de Fu Manchu qui met à terre la Valley avec une facilité déconcertante avec un ultime passage « rouleau compresseur ».

00:44 : Pour leur ultime prestation au Hellfest avant leur séparation, les New Yorkais de Twisted Sister ont une nouvelle fois mis le feu à Clisson et prouvent encore qu’ils étaient l’un des meilleurs groupe de la scène metal de leurs débuts. Pour ce dernier baroud d’honneur, Dee Snider, en forme olympique, n’a pas ménagé ses efforts pour rendre ce concert inoubliable – et s’est fait le plaisir d’une petite pique destinée à des artistes comme Ozzy ou Scorpions qui font des tournées d’adieu tous le deux ans. Pas de ça ici, c’est vraiment la der des der ! Tous les standards du groupe ont été joués, de « Burn In Hell » à « I Belive In Rock’n’Roll » en passant par « You Can’t Stop Rock’n’Roll », et surtout les hymnes « We’re Not Gonna Take It » et « I Wanna Rock » joués pour la dernière fois en France en mode surpuissant. Dee Snider et ses sbires ne faisant jamais les choses à moitié, et alors que c’est Mike Portnoy, rien que ça, qui est derrière les fûts ce soir, ils ont rendu hommage à leur défunt batteur en lui offrant un émouvant « The Price ». Autre séquence hommage avec la venue sur scène de Phil Campbell de feu Motörhead, avec qui le groupe a interprété « Shoot ‘Em Down » et une reprise de « Born To Raise Hell » pendant laquelle Lemmy sera dans tous les esprits. « S.M.F. », un dernier hymne à chanter à tue-tête, a permis à Twisted Sister de quitter la scène en beauté. Au bout d’1h15 d’un concert intense, les musiciens saluent sobrement leur public. Le groupe part donc au sommet de sa gloire avec un feu d’artifice musical maîtrisé de bout en bout, le tout avec un son parfait.

00:50 : Le Hellfest a mis les petits plats dans les grands cette année pour rendre hommage à Lemmy : en plus de la statue mentionnée plus haut, un feu d’artifice est tiré – on lira même « R.I.P. Lemmy » dans le ciel de Clisson -, suivi d’un discours de Phil Campbell et de la diffusion de titres live de Motörhead pour se recueillir avant la poursuite des hostilités.

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RIP Lemmy

00:58 : C’est une venue très attendue pour le public du Hellfest que celle de Primordial. Les Irlandais arrivent plus déterminés que jamais à en découdre avec ce qu’ils savent faire de mieux : transporter tout un peuple et le rallier à sa cause. Et pour ce faire, Primordial a un plan : jouer ce qui marche le mieux, notamment l’album Where Greater Men Have Fallen, pour démarrer leur prestation avec le morceau éponyme. Sous la Temple le son est presque parfait, et ce sera le cas pendant tout le concert. A.A. Nemtheanga harangue la foule comme un beau diable. L’atmosphère donnée par le lead guitare fait ressortir toutes les nuances et le son si particulier des Irlandais. Un groupe vraiment à part.

01:29 : Habitués du Hellfest avec trois passages ces quatre dernières années, les papes du neo metal que sont Korn ont une nouvelle fois le privilège de clôturer la journée de concerts et de passer en dernier. Et les Californiens ne font pas de la figuration une fois encore : la bande à Jonathan Davis enfile les tubes comme des perles. « Right Now », « Here To Stay », « Somebody Someone », « Falling Away From Me », « Coming Undone »… Ça joue juste, ça joue fort, peut-être trop, avec un son qui sature dans les aigus, ce qui ne semble pas déranger outre mesure le public dans la fosse. D’ailleurs Korn évolue devant une foule bien compacte, qui n’a pas déserte le site après le concert de Twisted Sister et le feu d’artifice en hommage à Lemmy Kilmister. Pour remercier son auditoire, Korn va même se fendre d’un court extrait de « One » de Metallica entre deux titres. Bref, un concert puissant et efficace qui permet de terminer cette deuxième journée en beauté.

02:11 : Quand on parle de black metal, on pense tout de suite à la Norvège et ses Burzum, Mayhem et autres Darkthrone, mais il ne faudrait pas pour autant oublier la Suède ! Pays incroyablement riche en groupes de black, c’est justement de là que vient Dark Funeral. Venu défendre son nouvel album Where Shadows Forever Reign, ce groupe jouit d’une notoriété qui fait qu’on ne le présente plus et que le respect de tout blackeux lui est acquis. Rien de meilleur pour clôturer la journée en beauté que des riffs joués à 180 bpm dans ta tronche sans s’arrêter. Certains aiment y apporter des nuances ou placer quelques blast beat histoire de calmer le rythme… Pas Dark Funeral. Les morceaux du nouvel album sont dans la continuité de ce que le groupe a fait au cours de sa carrière, mais attention, les Suédois ne sont pas que des chars sans cervelle ! Bien au contraire, sur des morceaux comme « My Funeral » ou « Atrum Regina », on peut entendre des mélodies ultra travaillées et très perfectionnées. Le son pour ce genre de morceau doit être d’orfèvre, et malheureusement la Temple n’offre pas toujours la perfection même si pour ce concert, nous avons été plutôt chanceux. De bonnes interactions avec le public de la part du leader, et travail bien fait pour Dark Funeral qui s’impose toujours comme un patron du style.

02:15 : Le show de Gutterdämmerung s’annonce unique avant même son début : le public est intégralement assis dans la Warzone – scène peu réputée pour le statisme de ses festivaliers – et le restera pendant l’intégralité de la projection. Car c’est bien une projection, Gutterdämmerung n’est pas un concert a proprement parler. Il se présente comme « le film muet le plus fort du monde », un film muet en noir et blanc a la bande son musclée jouée live et au générique généreux en grand noms du rock (Iggy Pop, Lemmy, Josh Homme, Slash…). Le setup est spécial: la scène est recouverte d’un immense tissu blanc sur lequel est projeté le film. Les musiciens sont derrière « l’écran » et de fait invisible la plupart du temps. Parfois un élément de décor ou le chanteur nous montre sa frimousse avant de repartir se cacher. Tout ceci rend l’expérience assez difficile à retranscrire : sur la forme, les images et l’esthétique du film sont poliment « jolies », « arty », juste ce qu’il faut pour donner au tout un semblant de profondeur. On a malgré tout plus l’impression de voir un clip qu’un moyen métrage, en partie à cause d’un montage qui ne semble pas avoir pris la narration en compte. Le scenario, abscons, ne mérite pas qu’on s’y attarde. La bande son déçoit un peu par son manque d’audace : pas de compositions originales, mais « seulement » des reprises de grands classiques du rock. Malgré tout, la prestation des musiciens est solide et le son est bon. Mention spéciale au vocaliste qui nous délecte de son organe. La scène d’introduction au son de Filter ou le « duel à 3 à la Sergio Leone » au son de Led Zeppelin sont de bon exemples de ce que le film a à offrir. Bref, Gutterdämmerung est une curiosité plaisante. Placé ainsi en fin de journée, il est une bonne excuse pour reposer ses panards devant un bon divertissement avant de rentrer au camping. À en juger la réaction enthousiaste des autres festivaliers devant l’apparition a l’écran de chaque star, Gutterdämmerung semble même s’être trouve un public à Clisson ce soir.

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Fil rouge de la journée du dimanche.

 



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  • GwenMetalfly dit :

    Strife, la relève du hardcore?
    Ils existent depuis 20 ans! C’est des darons et des putains de légendes!
    Ils ouvraient pour Sepultura sur la tournée européenne de « Roots » en 96 par exemple (cf la reprise de Cro Mags sur le live « Under a Pal Grey Sky » des Brésiliens)! C’est pas des « new comers » quoi ^^
    (ps: « Next », c’est pas un de leur morceau! Rick Rodney ou Andrew Kline ont du dire « next song » etc ou un truc du genre ^^)

    [Reply]

    Amaury Blanc

    Sache que nous cherchons actuellement le coupable Gwen… ^^ 😉

  • Hilary Trump dit :

    Salut,
    Autre correction: Twisted Sister jouera encore le 14 juillet à Guitare en Scène. (Pub sur les cotés). Ce n’était donc pas la dernière fois qu’on entendait We’re not gonna take it et autres en France. A moins d’un Haute-Savoie-Xit qui sait…?

    [Reply]

  • Excellent article ! Le samedi du Hellfest était épique !

    Très surpris par BMTH, beaucoup plus dynamique qu’avant (Sonisphère 2011) et moi qui n’est pas un fan d’électro je voudrais savoir si quelqu’un connait les musiques qu’ils ont passés avant le show !?!

    Korn au top !! même si on a entendu aucune chanson de leur dernier album …

    [Reply]

  • ToxicW4ste dit :

    Salut, premier commentaire sur le site 🙂
    Je viens signaler une petite erreur : l’album de Cattle Decapitation se nomme « The anthropocene extinction », pas très sympa d’ailleurs le live report du groupe x).

    Merci quand même du taf et bon festival bande de chanceux 🙂

    [Reply]

    Amaury Blanc

    En effet, c’est modifié ! Merci !

  • Petit correction : Thy Art Is Murder a déjà fais plusieurs tournées en Europe et en passant par la France, ne serait ce que au mois de février pendant leur tournée avec Parkway Drive.

    [Reply]

    Djira

    En effet!

    Amaury Blanc

    Merci pour la précision, c’est corrigé 😉 !

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