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CR De Festival    Live Report   

Hellfest 2018 : fil rouge de la journée du dimanche 24 juin


2018 ne déroge pas à la règle : une fois de plus, le staff de Radio Metal débarque en grande pompe au Hellfest Open Air armé de ses rangers, sa crème solaire et une bonne dose d’endurance pour vous faire vivre en direct ce rendez-vous incontournable pour tous les fans de metal de France et d’ailleurs. Black, death, thrash, hardcore, hard, prog, doom, sludge, folk, fusion… La recette du festival est comme à son habitude des plus variées et ajustée aux goûts de toutes et tous. De Judas Priest à Neurosis en passant par Marilyn Manson ou encore Watain, notre équipe va tout faire pour vous retranscrire au mieux les faits marquants de ces dizaines de concerts et l’ambiance qui règne à Clisson Rock City.

Comme nous avons pu le faire ces dernières années, vous allez pouvoir suivre le festival en direct via ce fil rouge qui sera fréquemment mis à jour de l’ouverture des hostilités vers 10h30 jusqu’à la fin des derniers concerts vers 2h du matin. Si les dieux de la 4G s’avèrent cléments et nous laissent faire notre travail, vous trouverez la majorité des informations sur le site donc, mais vous pourrez également suivre les festivités sur notre galerie Instagram, notre compte Twitter et notre page Facebook. N’hésitez d’ailleurs pas à recharger fréquemment nos différentes plateformes afin de ne rien louper ! Enfin, sachez que ce fil rouge sera enrichi dès notre retour afin de corriger les éventuelles imprécisions et rajouter quelques détails plus ou moins croustillants.

Vous trouverez ici le compte-rendu de la journée de vendredi, et celui de samedi. Bonne lecture !

11h00 : Gooood morning Altaaar ! Il est 10h30 et vous êtes conviés au show de Malkavian. On sait que le réveil est dur en cette dernière journée ; ne vous en faites pas, vos hôtes ont pensé à tout et le batteur viendra vous lancer quelques pains au chocolat. Un groupe qui nous vient directement de Nantes et nous sert un thrash légèrement teinté de death. Même si les premiers headbangs ne se font pas attendre, le public aura un peu de mal à bouger, malgré les encouragements du groupe. Ce qui ne veut pas dire que les Nantais font un mauvais travail, bien au contraire : le show est assuré, le show est bon et les morceaux aussi. Mais le dimanche matin est difficile, même pour les instruments : quand le batteur se rend compte que sa caisse claire a lâché, tout le monde salue l’instrument. « Au revoir la caisse claire ! » Alors merci à Malkavian de faire démarrer cette dernière journée sur un sourire.

Le dimanche matin, allégorie

11h12 : Tentés par du bon rock qui réveille ? Les Français de The Texas Chainsaw Dust Lovers se proposent de transporter les festivaliers dans une ambiance rock moderne. Ils enchaînent les titres énergiques et dansants où quelques solos de saxo mettent les festivaliers de bonne humeur. En milieu de set, le chanteur demande à la foule de faire un gros fuck pour savoir si elle est capable de claquer des doigts au début de leur prochaine chanson : la Valley, déjà bien remplie pour une heure aussi matinale, s’exécute comme un seul homme. Le set est court mais mission accomplie pour les rockeurs : le public est réveillé et le groupe quitte la scène dans la joie et la bonne humeur.

11h30 : Du sub bass, un son electro flippant : les premières notes de Feed The Rhino se font entendre. Malgré un souci technique d’entrée de jeu (le guitariste de droite n’a pas de son), le groupe se lance énergiquement et le problème est rapidement résolu. Devant les Mainstages, les festivaliers se font rares, donc le chanteur invite tout le monde à s’approcher. Peu à peu, le public s’exécute et se laisse gagner par l’énergie des musiciens qui s’activent sur scène – un premier slammeur se lance même ! Les poings se lèvent, le signe de la bête orne toutes les mains, et enfin le bassiste harangue la foule avant de s’y jeter à corps perdu : Feed The Rhino réussit à remporter l’attention du public et quitte la scène sous des applaudissements fournis.

11h30 : « Oh putain vous êtes déjà levés ? C’est pas normal ! » s’exclame le guitariste de Pogo Car Crash Control équipé de son instrument orné d’un beau « Free Fuck ». Les membres du groupe sont de sales gosses, et c’est pour ça qu’on les aime. C’est le phénomène musical français du moment et à chacun de leur passage live, ils mettent tout le monde d’accord. Entre le punk, le hardcore et le rock progressif, le tout forme un mélange plus qu’explosif. De part son énergie folle et ses morceaux très énervés, le groupe mérite sa place dans la Warzone, et même si le sol est encore tout retourné du passage d’Hatebreed quelques heures plus tôt, les Parisiens ne sont pas intimidés ! Ils jettent leurs guitares en l’air, se roulent par terre, montent sur la batterie, envoient des lyrics avec une voix presque hardcore : tout justifie la folie que l’on observe dans le pit. « Allez, maintenant, un wall of death, tout de suite, merci ! » Et quel mur juste avant d’attaquer le titre « Conseil » ! Le concert s’achèvera sur le magistral « Crève ». Sans doute l’un des meilleurs concerts de la Warzone de cette édition. Un groupe dont on n’a pas fini d’entendre parler à ne pas manquer en live.

Encore une fois, pensez à vous hydrater !

11h37 : Torses nus, le chanteur en position d’attente avant de lancer l’assaut. Les guitares crissent en guise d’introduction. Plebeian Grandstand occupe la scène de la Temple en jouant les possédés, possédés par leur musique, ce qui donne une intensité très intéressante à leur prestation. Leur black metal est rythmé et violent, mené tambour battant par un frontman quasi animal. Le public matinal aura su apprécier l’énergie communicative du groupe.

12h05 : C’est l’instant power à la Mainstage 1. Sous un soleil de plomb, Orden Ogan déclenche d’emblée la « F.E.V.E.R » dans les rangs. Affublé d’une grande veste en cuir marron, Seeb n’a pas trop de mal à entraîner la fosse dans les riffs entraînants (et bien kistch) du fédérateur « Gunman » mais aussi « We Are Pirates » ou « The Things We Believe In ». Nous voilà rassasiés en vocalises glorieuses et solos épiques.

12h11 : Parmi les groupes de thrash récent les plus efficaces, les espagnols de Crisix se mettent dans le haut du panier. On a des souvenirs mémorables du groupe en festival et cette prestation au Hellfest fait bien honneur à sa réputation. De bons circles pit et une bonne participation du public à ce grand n’importe quoi – qui deviendra encore plus n’importe quoi quand le guitariste deviendra batteur, le chanteur bassiste, le guitariste chanteur… pour entamer une série de medley de tubes, toujours efficaces en festival : « Hit the Lights » de Metallica, « Fight For Your Right » des Beastie Boys, « Walk » de Pantera ou encore « Killing In The Name » de Rage Against The Machine. Les morceaux de Crisix sont toujours très efficaces et déclenchent de manière instantanée un brisage de nuque assuré.

 

Johanna Sadonis en plein prêche sous la Valley

12h14 : Vestes en jean et froufrous : les 70s semblent débarquer sur scène lorsque les musiciens de Lucifer se présentent sous la Valley. Johanna Sadonis apparaît en dernier, une bouteille d’alcool à la main, saluant tranquillement le public. Leur musique rock parfois lente tire vers le doom (surtout les chanson du premier album signé Gaz Jennings de Cathedral). La chanteuse se veut sensuelle et rock, hypnotisant les regards avec sa longue chevelure blonde ondulée, son décolleté osé, ses formes mises en valeur, ses déhanchés… tandis que son nouveau compagnon créatif, Nicke Andersson (qu’on retrouvera plus tard dans la soirée avec The Hellacopters), affublé de sa casquette, martèle ses fûts avec une certaine classe. Le public se laisse porter par leur son planant et apprécie.

12h49 : Nom français, label français, manager français… Mais Au-Dessus est un groupe lituanien ! La formation est la nouvelle sensation black metal et s’est vite fait une place de choix chez les amateurs de musique à capuche. Ce que l’on pourrait appeler post-black est une musique agressive mais qui nous fait nous sentir comme si nous nous élevions au dessus des cieux. Même si le son avait malheureusement trop de basse, la prestation du groupe est sans faille dans sa sobriété. Des membres qui ne parlent pas, ne laissent montrer aucun émotion, ont de larges capuches qui leur couvrent une partie des yeux, et s’exécutent parfaitement pendant leur 40 minutes de set. Le succès d’Au-Dessus ne va sans doute pas s’arrêter en si bon chemin et les Lituaniens ont tout pour devenir un groupe de référence. On aurait évidemment aimer profiter du concert en salle, avec des lumières adaptées, mais ne boudons pas notre plaisir car le voyage quasi sensoriel proposé valait largement le détour.

Au-Dessus : sobriété, capuche ; pas de doute, c’est du post-black

13h18 : Stray From The Path pratique un metal qui mélange les genres, un peu rap metal, un peu hardcore. Sa musique est très moderne et dynamique. Ça fait bien bouger la nuque des spectateurs matinaux. Le frontman a du charisme et clame que son groupe est revendicatif : pour le mélange des genres musicaux, contre le racisme et son président Trump. Il indique que le Hellfest est l’exemple à suivre en terme de brassage. Pour la musique, c’était vraiment bien, ultra carré et puissant, parfait pour se mettre en jambe. Les morceaux du groupe sont excellents. Groupe à continuer de suivre !

13h22 : Il aura fallu dix ans au Finlandais Rotten Sound pour revenir au Hellfest. Vous ne connaissez pas Rotten Sound ? Non ? Et bien rendez vous à l’Altar pour une séance de rattrapage. Rotten Sound fait partie des groupes cultes de grincore. La basse est grasse, le tempo rapide, le son est fort, le chanteur énervé, tout est là pour un set de pure violence. C’est même dommage que le pit ne démarre pas tant la violence est évidente. En tout cas, le groupe est heureux d’être là, et les titres – n’excédant jamais les deux ou trois minutes évidemment – s’enchaînent.

13h48 : Pour l’entrée dans leur troisième décennie de carrière les allemands de Primal Fear nous montrent qu’ils en ont dans le ventre. C’est un show endiablé qu’ils nous proposent ! Plein de bonne humeur et avec une setlist entraînante. « Vous aimez le heavy metal » nous demande Ralf Scheepers et la réponse est bien évidemment un grand oui ! Quand Primal Fear officie sous le soleil écrasant de 12h50 à 13h30 on passe un bon moment pendant lequel on oublie les nuits courtes et les coups de soleil…

14h10 : On commence à être habitué aux concerts de The Great Old Ones. C’est désormais une référence dans la scène black metal française, et la garantie de beaux moments en concerts (on se souvient notamment de celui de la dernière édition au Motocultor, où le groupe a joué « When The Stars Align » sous un ciel étoilé). Cette fois ci, le combo passe sous une tente mais en plein jour. Les lumières ne sont pas optimales, mais le groupe compense avec de sublimes backdrops aux dessins de tentacules et d’hommes à l’esprit tourmenté, ainsi que plusieurs décorations sur les pieds de micros, et plusieurs jets de fumées. Lovecraft serait fier de ses descendants. On note comme prévu l’absence du guitariste légendaire du groupe, Jeff Grimal, qui a annoncé son départ il y a quelques mois. Il officiait également comme vocaliste et surtout comme illustrateur de The Great Old Ones. Notons en revanche la présence du charismatique bassiste de Gorod. « Antartica », « The Shadow over Innsmouth »… Tant de titres que l’on n’oublie pas et où tous les riffs et les ambiances restent collées à nous. « Mare Infinitum » et sa profonde mélancolie achèvent la performance avec grâce.

Le Hellfest, une affaire de famille !

14h17 : Tout le public tape dans les mains dès l’intro du premier titre de Shinedown, rapidement suivie d’un bon riff de heavy rock n’roll, d’un refrain mélodique, et d’un beau solo que le guitariste nous livre sur sa PRS. Rapidement, le chanteur descend dans la fosse presse et serre la main à tous les photographes sur fond de mélodie de basse avant un morceau très attendu par le public, clairsemé mais nombreux malgré tout en ce début d’après-midi, qui reprend en chœur son introduction. Sur un titre très stoner, le chanteur descend dans le public, marche droit devant devant la Mainstage 2 en fendant la foule jusqu’à la régie et passe un message claire et directif : « Quand ça va commencer, vous avez intérêt de sauter ! » Le chanteur rebrousse chemin, les deux murs humains se referment sur son passage, et dès qu’il remonte sur scène, le morceau commence et le public s’exécute comme un seul homme. Le groupe a une énergie scénique contagieuse que le public applaudira longtemps à la fin du set.

14h56 : Les californiens de Lords Of Altamont savent y faire en terme d’efficacité. C’est un show propre et sans faille qui sait faire danser la Warzone. Pas de grande surprise mais un bon concert pour commencer l’après-midi et se mettre en branle avant la déferlante qui va suivre !

15h01 : Les finlandais de Grave Pleasures sont notre moyen de transport aujourd’hui. Car avec eux, ce n’est plus en France que nous sommes mais dans les quartiers d’une Angleterre qui veut s’amuser. En eux, on retrouve toute cette vague du précédent millénaire de la musique anglaise. Dans ce post-punk progressif/alternatif, on retrouve The Smith, The Clash, The Cure, et ce serait de mauvaise fois de ne pas reconnaître en Mat McNerney, le chanteur, anglais lui aussi, de notre groupe, une forte personnalité à la Dave Gahan de Depeche Mode. On apprécie aussi de voir Jun-His d’Oranssi Pazuzu dans un registre moins carré et plus libre : il n’arrête pas de bouger, comme s’il pouvait enfin libérer la partie plus sauvage en lui. Après « Joy Through Death » et un dernier titre en rappel, le groupe partira, laissant la Valley déjà en manque tant le plaisir était grand. Mais on va laisser un instant le groupe reprendre la route et partir en tournée avec Ministry pour mieux les rattraper en chemin !

15h11 : Et une tartine de thrash dans la trogne ! Exumer n’a pas perdu la main après plus de trente piges d’existence et donne une grosse calotte à l’Altar qui a déjà été plus fournie. Que ce soit avec des titres oldschool tel que « Journey to Oblivion », « Fallen Saint » ou des compos plus fraîches comme « Dark Reflections », la marave est bien là et dispose d’un son assez équilibré. Mem Von Stein, qui aurait presque plus une dégaine de chanteur hardcore, occupe solidement sur ses appuis le devant de scène et peut compter ses collègues pour ne pas faire les choses à moitié. Une grosse perf de vétérans.

Maria Brinks ne fait jamais les choses à côté

15h22 : La grande prêtresse a officié sur la mainstage. La grande messe du metalcore est donnée avec In This Moment. Un show avec son lot de mise en scène mettant en valeur les courbes sculpturales de Maria Brink qui enfile de nouveaux costumes entre chaque titres, à l’instar des deux figurantes qui l’accompagnent dans ses tableaux ; on en retrouvera par exemple une brandissant un panneau « Shame » pendant que Brinks prêche derrière son pupitre sur « Whore » en la pointant du doigt sur les refrains. Mais les autres musiciens, maquillés et lookés comme il faut, ne sont pas en reste non plus : c’est un plaisir pour les yeux et pour les oreilles. Le public venu les voir est réceptif à ce show bien orchestré et théâtral. Bien que la chaleur soit écrasante et la poussière omniprésente dans l’air à cause du vent, les metalheads ne fuiront pas la fosse de la Mainstage.

15h40 : Très beau visuel simple et moderne pour Asking Alexandria. Le batteur monte sur son mur rouge, salue la foule, et c’est parti ! Danny Worsnop, avec son t-shirt « Fuck your sensitivity », entonne la première chanson. Entre des colonnes de fumée blanche, les Britanniques délivrent leur metalcore bien connu. Si la première tentative de wall of death n’avait pas trouvé beaucoup d’adeptes, la deuxième fonctionne plutôt bien et finit par un beau circle pit ! Près de la scène, l’ambiance est décontractée, positive et agréable (la foule n’est pas compacte comme lors d’autres concerts).

Le retour de la licorne gonflable

16h00 : Pour ce dernier jour sous un soleil torride, les festivaliers ont pu trouver de l’ombre et Warning sous la Valley ! Le public s’installe donc tranquillement pour admirer ces musiciens. Le tempo est plutôt lent, ce qui installe une atmosphère assez sombre d’entrée. Les afficiados du groupe ne cachent pas leur joie de voir ces pionniers en chair et en os. Le show est d’une qualité constante, et parvient à maintenir tout le monde éveillé à l’heure de la sieste…

16h07 : En voilà une autre rareté : Tombs ! Les Américains viennent nous faire goûter du black/post metal comme on en a peu sur le festival. Mais le groupe n’est pas le plus connu dans la scène, raison pour laquelle sans doute la Temple est clairsemée et que la plupart des festivaliers y sont venus pour piquer un somme à l’ombre. L’aspect visuel de la performance est très pauvre : on a seulement les musiciens et des lumières très classiques pour les soutenir. Pourtant la musique que Tombs propose, assez planante, lourde, et empreinte d’émotions, est loin d’être sans intérêt et a dû offrir un très beau voyage à tous les assoupis. On regrette juste que le groupe ne soit pas passé dans de meilleurs conditions, ne semblant absolument pas être fait pour jouer en plein jour et encore moins en festival.

16h17 : Grosse affluence à la Warzone ! Six ans après leur dernier passage passage à Clisson, The Bronx revient casser des bouches dans la poussière. Pogos, wall of death, slams, la fosse répond avec la formule complète. Doté d’une petite moustache du meilleur goût, Joey Castillo (qui revient au Hellfest mais dans un groupe différent) a toujours la même frappe tonitruante et une énergie impressionnante pour ses 50 piges passées. Matt Caughthran est également au taquet et visiblement très heureux de retrouver son public frenchie dans une Warzone bien améliorée depuis 2012. Le hardcore californien a fait mouche.

Le King est venu en force !

16h26 : Intro à la guitare très saturée, beaucoup de delay, pour finir par un petit solo du guitariste devant son ampli Marshall… C’est parti pour du hard rock avec Nebula ! La foule afflue dans cette zone d’ombre sans poussière, et pas mal de festivaliers au fond de la tente semblent prêts pour une petite sieste en musique. Enchaînant ballades et titres plus énergiques, le trio reprend les codes du hard rock et y ajoute une petite touche de heavy qui ravit le public.

16h29 : Décidément, ce n’est pas la joie sous les tentes. The Lurking Fear joue également pour la première fois au Hellfest (et même en France tout court !) devant une Altar à moitié remplie où la plupart du public est assis, sans parler de l’absence de mouvement de foule et d’une lumière très pauvre ne proposant rien de transcendant. Mais c’est compréhensible puisque les Suédois n’ont qu’un seul (très bon) album sorti l’an passé sous la ceinture. Cela n’aide pas à faire venir du monde, même si le groupe joue la carte de H.P Lovecraft dans les thématiques qu’il aborde. Cependant, musicalement le groupe se défend avec honneur et offre un death metal ultra remonté et sans temps mort avec une bonne énergie punk. Et ce n’est pas n’importe qui qui se tient derrière les instruments : chaque musicien est parfaitement rodé et a déjà fait partie de nombreuses formations légendaires de la musique extrême (Cradle Of Filth, Marduk, Paradise Lost, The Crown…), dont trois membres d’At The Gates, y compris le chanteur Tomas Lindberg, qui jouera tout à l’heure !

17h28 : Bilan contrasté pour Iced Earth : son mal équilibré, peu de communication avec le public qui du coup reste relativement amorphe… Pour autant, on salue l’humilité du groupe qui fête tout de même ses trente ans de carrière et qui mélange aujourd’hui standards et titres plus récents. Sur « Watching Over Me », écrit après la mort d’un ami d’enfance du guitariste Jon Schaffer dans un accident de moto, l’émotion est palpable. Concert qui peine à décoller pour certains en raison des problèmes de son conséquents, beau moment pour d’autres : les Américains ne parviennent pas à emporter l’adhésion de tout le monde mais offrent un show honorable au vu des circonstances.

Le metal, ça arrache

17h36 : Le metalcore des américains de Killswitch Engage fait mouche dès les premières notes. Ils occupent bien la scène, le charisme de Jesse Leach opère, et il nous communique rapidement son énergie. On pouvait être un peu inquiet étant donné que le chanteur avait dû annuler des concerts récemment en raison de problèmes de voix, mais le doute est vite levé. Les morceaux font bouger les têtes puis petit à petit le reste du corps. Un hommage, encore un mais il le mérite, sera rendu à Vinnie Paul juste avant de jouer « Hate By Design », un morceau fédérateur qui fera bouger la fosse. Suite à cela, Mike D’Antonio demandera un circle pit monstrueux et il sera exaucé. C’est l’un des plus conséquent depuis ce début de journée devant la Mainstage. Les périodes des deux chanteurs sont bien respectées : « In Due Time », « Strength Of The Mind », « Rose Of Sharyn », « My Curse ». Dès l’intro de « My Last Serenade », le public chante les paroles. Comme à son habitude, le guitariste Adam Dutkiewicz fait de le show : il nous montre ses fesses avec son short flashy aux couleurs des USA et nous raconte avoir un début d’érection quand il fait chanter les garçons comme des filles et inversement. Beaucoup de tubes et de puissance : le public est comblé par cette prestation très réussie.

18h18 : Ça y est, la Valley déborde. À qui la faute ? Au succès grandissant de Zeal And Ardor, dont le nouvel album vient de sortir. Le combo d’avant-garde-wtf-electro-black-blues-experimental (en gros) retient l’attention de la fosse et attire de nombreux curieux, interpellés par les sonorités étranges qui dégoulinent du chapiteau. Les compositions sont un mélange de fureur brute et de groove absolu, l’opportunité de passer par tous les états, les musiciens eux-mêmes possédés par les morceaux. La plus belle communion avec le public aura lieu sur « Devil Is Fine », probablement la plus connue et la plus accessible de leurs chansons. Estomaquant.

18h49 : Sous la chaleur mais cette fois-ci à l’ombre de l’Altar, les fans d’Exhorder ont pu admirer leur groupe favori, de retour après un nouveau hiatus, de six ans cette fois, et avec trois nouvelles têtes dans le line-up. D’entrée de jeu, on ne peut distinguer les baguettes du batteur tant il tape rapidement. Le public est enthousiaste et ce malgré les frontières, comme en témoigne les nombreuses nationalité qui sont venus applaudir les Américains. Dans les premiers rangs, les festivaliers ne peuvent résister aux riffs d’un groupe que d’aucun considère comme le précurseur du groove metal à la Pantera et s’en donnent à cœur joie, comme les musiciens.

18h52 : En cette dernière après-midi torride de festival, le public du Hellfest est venu nombreux dans une Warzone pleine à craquer pour applaudir les « Ramones français » : Les Sheriff. Malgré leur âge, Les Sheriff sont bourrés d’énergie et pour cause, les spectateurs dansent et connaissent les paroles sur le bout des doigts. Les musiciens s’amusent avec leurs instruments, évoquant les groupes de punk des années 80 à la Clash. Le chanteur encourage de nombreuses fois le public à boire et à danser et évidemment, la foule répond positivement ! En résumé, un soleil radieux, un public en feu et des musiciens au taquet pour un concert formidable et une ambiance de folie.

Au cas où les festivaliers n’auraient pas assez chaud, le Hellfest rajoute de l’huile sur le feu…

18h58 : Traverser la Warzone pour venir s’installer devant les Mainstages tient de plus en plus du parcours du combattant. La belle pelouse verdoyante du premier jour a laissé place à de la terre battue et rebattue. Les nuages de poussière sont de plus en plus envahissants. C’est plein à craquer : en effet, Accept est un groupe pour le moins fédérateur. Les tubes s’enchaînent sur une scène à l’esthétique industrielle, repris en chœur par le public qui donne de la voix de plus en plus fort. Ces papy rockeurs ont la pêche et Mark Tornillo, malgré ses 64 ans au compteur, fait preuve d’une belle puissance vocale. Le batteur, debout, harangue la foule, et tout le monde tape des mains sur une grosse caisse et un rythme du bassiste. Evidemment les « Balls To The Wall » et autre « Metal Heart » font mouche, avec une foule qui s’empresse de reprendre les mélodies à tue-tête. Lorsque les Allemands se retirent de scène, ils sont longuement acclamés par le public.

19h10 : Les Backyard Babies ne jouent pas dans le bac à sable question ambiance. Ça fleure bon le rock’n roll quand ils montent sur scène. La bonne humeur est présente et vient sublimer ce hard aux accents parfois punk, parfois groovy. Ce qui est appréciable, c’est qu’ils ne tombent pas dans la redondance, et petits et grands passent un excellent moment sans s’ennuyer. À chaque passage au Hellfest ils sont un peu plus comme à la maison et c’est pour notre plus grand bonheur car plus ils s’éclatent sur scène et meilleure est la prestation pour les festivaliers ! Les Suédois restent une valeur sûre tant en terme de prestation qualitative que d’assurance de passer un bon concert pour les amateurs de hard rock.

19h04 : C’est le phénomène black metal du moment : Batushka est, depuis la sortie de son seul album, l’une des plus grandes curiosités de la musique extrême contemporain. Il s’agit d’une formation dont on ne connaît absolument pas l’identité (même en dédicace, les membres se présentent dans leur costume de scène). Le show se présente comme une messe liturgique assez peu dynamique mais qui mise tout sur l’ambiance et la musique : que l’on aime ou pas la mise en scène, l’album Litourgiya est une très bonne pièce de black metal. La limite, c’est que quand on a vu un concert de Batushka, on les a tous vu et que seul le lieu peut altérer l’expérience – somptueuse aux Metaldays en pleine forêt à deux heures du matin, extrêmement efficace dans une péniche parisienne –, or cette fois-ci, sous la Temple à 18h en plein soleil, les conditions ne sont pas vraiment optimales. Et même si le son et la résonance du lieu donne un certain cachet, la batterie semble trop mise en avant avec normalement un soucis de charleston. Mais l’effort apporté est toujours remarquable : trois chœurs, un chanteur derrière son pupitre nous servant de prêtre, un batteur, deux guitaristes et un bassiste. Les costumes sont somptueux, les dessins présents sur les backdrops magnifiques, et la prestation vocale impressionne. Même si on note moins de précision sur le jeu de guitare, la performance globale des musiciens est réussie. Si les conditions n’étaient pas idéales pour un tel groupe qui aurait sans doute été plus apprécié en pleine nuit, il offre malgré tout une prestation plus que respectable.

19h13 : Ça commence à sérieusement se densifier vers les Mainstages, notamment pour Arch Enemy. Alissa White-Gluz assure aussi bien scéniquement que vocalement, sa voix est sacrément puissante et elle fait preuve d’une énergie époustouflante, courant de long en large sur la scène sous les effets pyrotechniques, accentuant l’urgence du death mélodique du groupe. Le fait qu’elle parle français par moment rend la communication avec le public plus facile. C’est aussi agréable de voir Jeff Loomis shredder ainsi. Les deux derniers albums sont mis à l’honneur, au détriment des classiques pré-2014 du groupe (« We Will Rise » et « Nemesis » tout de même pour finir). Le final se fait sous une pluie d’étincelles. Tabassage en règle du début à la fin !

20h15 : « Bon, Mustaine était de bonne humeur, c’est un jour à marquer d’une pierre blanche ! » nous dit Fox, ce qui augure sans doute du bon quant à la performance de Megadeth…

Pendant ce temps-là, en conférence de presse, Ben Barbaud révèle que cinq groupes de l’édition 2019 seront annoncés à 23h35, après le set d’Iron Maiden… 

20h26 : Si vous êtes allés au Download le week-end dernier, vous avez dû déjà voir Baroness. Cela ne sert donc à rien pour vous d’aller les voir une nouvelle fois pour… ah ? On me dit que le batteur est absent ? On me dit que cela va être un set acoustique ? Voilà qui promet d’être intéressant ! Évidemment, cela change de ce dont on a l’habitude avec ce groupe, même si la sensibilité et le contexte acoustique ne leur est pas totalement étranger. Le bassiste Nick Jost est cette fois-ci au clavier, le frontman John Baizley passe à la guitare acoustique avec bien des effets sur ses pédales, tout comme la petite nouvelle, Gina Gleason. Un set charmant, planant, unique et parfait. Le public est aux anges et on a jamais vu une Valley aussi paisible, à frapper des mains, à crier de joie, à chanter… Baroness ne pouvait pas marquer plus les esprits. Bref, un moment d’anthologie.

20h27 : C’est au tour d’Amorphis de rentrer dans Altar, ou plutôt dans la ruche, car oui, le dernier album du groupe faisant référence à nos petites amies que sont les abeilles, la scène n’a pas échappé à être habillée de la sorte, tout de beige vêtue et d’alvéoles. D’ailleurs, l’intro de « The Bee », le premier morceau du dernier album, se fait entendre. Mais petit couac, une fois tous les protagonistes sur scène, celle-ci se coupe brutalement ! Après quelques minutes de bidouilles, nous voilà repartis pour une deuxième intro et cette fois-ci tout démarre. Quelle puissance dans la voix, et dans l’ambiance ! Le public commence par secouer la tête, mais au fur et à mesure des morceaux, c’est le corps qui s’élève pour des jumps de plus en plus enthousiastes et des « plantages de pieux avec la tête » comme diraient les membres de Pleymo. D’ailleurs, quelques morceaux en voix clean attirent la population, pas si habituée à avoir sous le chapiteau un chant de cette sorte ; et celui ci se rempli rapidement, débordant sur la Temple et jusqu’à la buvette, faisant oublier à certains qu’il y a Maiden dans pas longtemps et qu’il faudrait commencer à bouger ! Dommage malgré tout que la période pré-Tomi Joutsen soit quasi absente de la setlist.

20h29 : Place à Megadeth, attendu par de nombreux fans et présenté par nul autre que Kristian Nairn, alias Hodor dans Game Of Thrones ! Les premières minutes de « Rattlehead » sont étranges vu qu’il n’y a pas de son en façade, et que le public doit faire signe au groupe d’arrêter. Cocasse ! Au milieu des classiques, une rareté avec « My Last Words » en l’honneur de Vinnie Paul. Autre moment sympa avec Michael Amott d’Arch Enemy qui est invité pour jouer « Symphony Of Destruction ». En même temps, il n’avait qu’à passer d’une Mainstage à l’autre ! Les musiciens assurent, notamment Kiko Loureiro et Dirk Verbeuren, les derniers venus dans le groupe. Mais Dave, il faut chanter près du micro et ne pas s’arrêter 10 min avant la fin ! Beaucoup de hits, notamment « À Tout Le Monde » qui permet aux Français de chanter à fond sur le refrain, mais quand même une prestation en demi-teinte, tout compte fait.

21h22 : « The Vampire From Nazareth », « Martyr », « Pyramid God », « Enemy Of Truth », « Anubis », « Dark Art », etc. : l’Altar vient de se prendre une dose de grandiloquence et de puissance proprement démoniaque. Mais voilà, la grandiloquence, il faut réussir à la maîtriser. Et Septicflesh… eh bien… y arrive très bien. Très, très bien. L’aspect théâtral est tellement assumé qu’il devient une force incroyable entre les mains des Grecs, sans compter que la symphonie est mixée avec justesse dans l’ensemble. Malgré son bras droit qui le fait cruellement souffrir, Seth apparaît en furieux chef de guerre, charismatique et suivi par ses lieutenants de scène et son armée de fanatiques. Il ne se retient pas, il ne s’économise pas, il transcende et survolte son assemblée qui fait voler la poussière dans les airs. Laissez le pouvoir à Septicflesh et ils marcheraient sur le Monde.

By night, les décors ne sont pas mal non plus

21h44 : Comme dirait Jerry Cantrell, Alice In Chains, c’est un mélange de laideur et de la beauté, de l’obscurité et de la lumière, comme la vie. Et vivante est assurément sa musique bientôt dix ans après son album du retour. Cantrell d’un côté joue la carte de la sobriété et tresse avec William DuVall les harmonies qui font la richesse du groupe, de l’autre côté Mike Inez fait voler son opulente chevelure bouclée. Les frissons sont garantis dès l’ouverture avec la mélancolique et belle à pleurer « Bleed The Freak ». Pendant ce temps, la vidéo sur les écrans montre les techniciens en train d’installer le set d’Iron Maiden ; heureusement, le problème est rapidement résolu. C’est que le public de Maiden est déjà solidement installé devant la Mainstage 1 (ceux qui arriveront plus tard n’ont pas fini de devoir jouer des coudes !) ; la fosse de la Mainstage 2 devant Alice In Chains est elle aussi pleine à craquer. Puis au groupe de durcir le ton grâce au tube « Check My Brain ». Et des classiques, il y en aura : « We Die Young », « Man In The Box », « Would? », « Rooster »… Sans oublier de présenter le prochain album prévu pour août avec le nouveau single « The One You Know ». Entre deux chansons, William DuVall lâche une belle phrase en français pour expliquer que ça fait douze ans que le groupe n’est pas venu au Hellfest. Toujours est-il qu’Alice In Chain a sacrément la classe. Même le public de Maiden est séduit !

22h30 : La prod a été dure avec les Scandinaves d’At The Gates : programmés en même temps qu’Iron Maiden, c’est sous une Altar loin d’être pleine qu’ils vont devoir se produire. Ce n’est pas un problème pour le groupe cela dit, qui balance de la grosse double, du bon blast et des gros riffs bien graves ! En même temps, la plupart des musiciens ont pu s’échauffer lors de leur set en tant que The Lurking Fear quelques heures plus tôt… Et en commençant par « To Drink From The Night Itself » puis « Slaughter Of The Soul », difficile de résister. À peine le chanteur dessine-t-il un cercle avec son doigt que le circle pit est déjà lancé : le public n’est peut-être pas très nombreux, mais il est bien décidé à en profiter ! Tout au long du set, la musique des Suédois est précise, la batterie ne bouge pas, les guitares sont parfaitement exécutées et Tomas Lindberg est un frontman de folie : ce pionnier du death suédois a été bien inspiré de se reformer en 2010… L’agression ne cesse pas jusqu’à ce que le combo quitte finalement la scène sans un mot.

22h33 : Virée dans les seventies à la Valley avec Kadavar. Un peu clairsemée, la fosse a vu une grande partie de son audience migrer vers les Mainstages où un certain Iron Maiden jouerait. Mais qu’importe, les Berlinois sont là pour offrir une planante alternative qui sent bon le fuzz et les pattes d’eph. Le son, tantôt caressant, tantôt granuleux, s’incruste dans les esgourdes pour faire voyager le parterre fatigué qui digère trois jours de festivités. Les solos s’envolent dans des volutes de reverb’, le chant semble venir avec écho directement d’une faille spatio-temporelle… Nombreux sont les festivaliers à fermer les yeux, voire s’allonger dans l’herbe tannée pour voyager loin, très loin, quitte à se faire réveiller par les passages plus burnés. Car oui, Kadavar envoie également fréquemment sa sauce forte en basse. Un digestif au bon goût de Woodstock qui arrive au moment opportun.

23h36 : Alors que les légendes du metal d’Iron Maiden jouent sur la Mainstage, les fans de rock n’ roll ou de simples curieux se dirigent vers la Warzone pour voir l’avant dernier concert sur cette scène : The Hellacopters, reformé depuis 2016, où l’on retrouve Nicke Andersson (souvenez-vous : Lucifer) cette fois à la guitare et au chant, mais aussi Dregen des Backyard Babies. D’entrée, le groupe balance du lourd : mélodie dansante et refrain chanté en chœur ; difficile de ne pas y trouver son compte et les « curieux » ne semblent pas déçus. Andersson déborde d’énergie et ne cesse de gesticuler sur scène. Le groupe poursuit sa lancée et les spectateurs se font de plus en plus nombreux.

23h37 : Ensiferum lance son son d’intro, les lumières s’éteignent, le public est déjà en train de crier et de taper des mains. Le groupe rentre sur scène et attaque son set par une intro lente, coupe le son, et la première mélodie est chantée par toute la Temple. En cette fin de Hellfest, les pogos démarrent très vite et sont encore plein d’énergie. En kilt, le bassiste headbangue avec enthousiasme. Le public est venu nombreux applaudir les Finlandais. Les slams arrivent très vite, et on en voit beaucoup dans la fosse en train d’essayer d’imiter le chant très granuleux du chanteur ! Le côté festif de la musique du combo prend toute son ampleur en milieu de set : la Temple, désormais bien pleine, danse et brandit ses cornes vers le ciel, régulièrement haranguée par le groupe. La fin du concert est explosive et les flammes du Hellfest réchauffent le dos des spectateurs. Les amateurs d’Ensiferum ont eu leur comptant de folk endiablé, de quoi se consoler de rater Iron Maiden…

S’hydrater, puisqu’on vous le dit !

23h51 : Peu de groupes produisent autant d’enthousiasme : lorsque Iron Maiden est programmé, on sait que toutes les générations y trouveront leur compte. C’est toujours un grand plaisir de voir ces immortels débarquer sur scène avec le même sourire et la même force qu’il y a 30 ans. Alors évidemment, pendant de longues minutes précédant l’entrée du groupe sur scène, le Hellfest tout entier retient son souffle. Le concert sera-t-il à la hauteur ? Oui. Entrée au son de « Doctor-Doctor » de UFO et le discours de W Churchill introduisant « Aces High ». Un spitfire grandeur nature fait son apparition et avance vers le public, et le show commence avec une avalanche de tubes. Ça chante, ça danse et ça pogote au son de ces grands classiques de la vierge de fer. Sur scène les musiciens sont d’une vivacité stupéfiante après tant d’années (en particulier les gymnastiques de Jannick Gers qui fait virevolter sa guitare). Comment, à près de 60 ans, Bruce Dickinson parvient-il a courir, sauter, grimper sur les décors et chanter tout en même temps ? Sans doute une hygiène de vie impeccable… Ce dernier nous explique que le thème de ce spectacle est centré autour de la guerre et la liberté. Puis c’est au tour d’Eddie de faire son show en soldat de l’empire britannique. La mascotte suivante sera Icare… C’est un plaisir de voir ces grands enfants sur scène devant un public toujours aussi réactif. Même durant les saluts, Bruce sera joueur et fera descendre le pantalon de Nico McBrian afin de dévoiler ses fesses. Bien d’autre références viendront agrémenter ce spectacle son et lumière qui restera gravé dans les mémoires des metalheads participant au Hellfest 2018 : comme toujours, c’est un grand moment de heavy, et c’est rassurant de savoir que l’on peut toujours compter sur le groupe que l’on reverra encore, c’est certain.

Set-list : « Aces High », « Where Eagle Dare », « 2 Minutes To Midnight », « The Clansman », « The Trooper », « Revelations », « For the Greater Good of God », « The Wicker Man », « Sign of the Cross », « Flight of Icarus », « Fear of the Dark », « The Number of the Beast », « Iron Maiden », rappel : « The Evil That Men Do », « Hallowed Be Thy Name », « Run to the Hills »

23h57 : Et les cinq premiers groupes du Hellfest Open Air Festival 2019 sont… Carcass, Mass Hysteria (avec un show spécial), Dropkick Murphys, Slayer (ultime date en France) et Manowar ! Pour ne rien gâcher, Joey DeMaio, le bassiste de Manowar himself, est présent et se fend d’un petit discours pour l’occasion : il va falloir s’attendre en 2019 que la terre se fende en deux sous nos pieds !

01h10 : C’est le révérend qui officie après le passage de Maiden sur la Mainstage. Si le show commence bien avec un Marilyn Manson qui ne boude pas son plaisir à revenir devant le public du Hellfest, avec qui il s’est réconcilié récemment, on sentira vite une pointe d’agacement dans son comportement. Ce n’est pas le public avec qui il communique beaucoup ce soir mais avec le staff, probablement à cause d’un micro récalcitrant qui larsen quelque peu. Le public sur qui il se concentre ne sera pas en reste et ils fera monter cinq charmantes personnes qui se retrouveront bientôt à danser seins nus sur scène. Tant qu’il y a de l’amusement des deux côtés c’est le principal ! On note aussi quelques longueurs sur les enchaînements des morceaux. Bref, c’est un concert légèrement en demi-teinte mais dans lequel les fans trouveront leur compte. « Sweet Dream », « The Dope Show », « Antichrist Superstar », « mOBSCENE » ou encore « The Beautiful People » feront notamment partie de la setlist.

1h14 : La pyro attaque fort avec Nightwish : dès la première note, des boules de feu décollent de la scène ! Dès le deuxième morceau, les Finlandais proposent un tube, « I Wish I Had An Angel », qui ramène du monde dans la fosse de la Mainstage. On notera la bonne idée de se passer de « Wishmaster » qui devient irritante à la longue… Le groupe a par ailleurs fait le choix de ne présenter sur écran qu’un plan fixe de la scène, sans mouvement de caméra – un choix esthétique, certes, mais qui ne valorise pas l’énergie du groupe pourtant bien perceptible. Une scénographie vidéo plonge les spectateurs dans une animation 3D différente par chanson. Le public, nombreux devant cette Mainstage01, semble conquis : la voix de Floor Jansen est reprise par les fans sur quasiment chaque titre.

1h20 : Un jour quelque chose de divin s’est produit : on a décidé de mettre le mot « post » devant le terme « hardcore ». S’en est suivi une liste de groupes fabuleux, au sommet de laquelle on trouve Amenra. Rejetons du célèbre collectif Church Of Ra, les Belges nous mettent depuis plusieurs années de nombreuses claques sous forme d’albums captivants, puissants et mélancoliques qui font monter en nous une colère qu’on ne soupçonnait pas. L’expérience live prends ces émotions et les décuple comme jamais. Voir Amenra en live est l’assurance d’en ressortir changé. Une force magique se libère lorsqu’ils entrent sur scène et que l’on entend un son hardcore plus lourd, plus lent, plus pesant. Malgré une certaine envie de cogner, le spectateur a envie de se recroqueviller sur lui même, malade. Amenra, c’est l’ultime catharsis que la musique peut nous proposer. Comme à son habitude, le groupe joue devant un rétroprojecteur qui diffuse une série d’images en noir et blanc, et le jeu de lumière est extrême lui aussi, sans aucune lumière de façade, ou presque, mais avec des stroboscope à en déchirer la rétine. Colin H. van Eeckhout a une attitude introvertie, chantant la plupart du temps dos au public, accaparé par ses tourments. Même après avoir déjà vu Amenra sur scène bien des fois, on est toujours scotchés par la maîtrise musicale et l’enchaînement parfait des morceaux allant piocher partout dans la discographie du groupe qui en est à son sixième Mass. Bref, un grand moment de live, de musique et d’émotions humaines. Amenra sait où toucher et ne loupe jamais son coup. C’est en tremblant qu’on ressort de ce dernier concert de la Valley.


La grande roue surplombe toujours les festivaliers 

2h11 : L’an dernier, les concerts de la Warzone se concluaient avec The Dillinger Escape Plan. Pour la fin de l’édition 2018 du Hellfest, on part sur quelque chose de plus joyeux, et des grands habitués du festival : Turbonegro. On les a vu il y a peu au Download, mais là l’occasion est spéciale car ce sera le dernier souvenir que les festivaliers énervés de la Warzone garderont du festival. Et leur fameux death punk fait sourire. Pas peu fiers (à raison) de leur dernier album, RockNRoll Machine, une grosse portion de la setlist lui sera consacrée, profitant de son cachet années 80 qui donne envie de danser avec son voisin et de lui rentrer dedans. Quel leader nous avons là ! Du maquillage à moitié fait, un béret de cuir, un paquet de tatouages, un certain embonpoint et… un short très court pour couronner le tout ! C’est une bouffée d’air frais avant le grand départ. Il aura fait chanter « Bohemian Rhapsody » de Queen à la foule, et aura parodié « Run To The Hills » d’Iron Maiden (qui vient d’être joué par eux-mêmes quelques minutes plus tôt d’ailleurs). Le reste des musiciens n’a pas non plus à rougir avec ses salopettes et autres accoutrements qui font de Turbonegro un ensemble unique. Turbonegro, en dépit de son charme retro, parvient à rester contemporain voire intemporel, et n’hésite pas à rajouter de gros sons de synthétiseur comme on pourrait en entendre chez Carpenter Brut. « Selfdestructo Bust », « All My Friends Are Dead », « Hurry Up & Die », «  Rock N Roll Machine », « Special Education »… autant de titres qui font mouche. Sans oublier l’incontournable « I Got Erection » toujours aussi jouissif à chanter en chœur ! C’est la quatrième fois que le groupe vient à Clisson et ça ne sera sans doute pas la dernière au vu de la folie qui s’empare du public sur ce dernier titre. On quitte cette Warzone désormais pleine de souvenirs alors que les enceintes jouent « Simply the best ».

02h20 : Carpenter Brut au Hellfest… nombreux étaient ceux à espérer que ça voit le jour, le groupe y compris, voilà qui est fait ! Après Pertubator l’an passé, la synthwave est de nouveau à l’honneur pour clôturer le festival à la Temple. Fidèle à sa réputation, le combo de la Midwitch Valley est d’une propreté impeccable et bénéficie d’un son équilibré, puissant mais pas non plus brise-tympans. Solidement campés sur la rythmique chirurgical de Florent Marcadet, les envolées de guitare et claviers ressortent juste ce qu’il faut du mix sans se bouffer entre elles. Adrien Grousset s’amuse entre les riffs destructeurs et les solos façon guitar hero, faisant de « Sexkiller On The Loose » l’un des morceaux les plus épiques du concert. Les nouveaux morceaux s’intègrent parfaitement au set, la fosse aura même droit à une version de « Beware The Beast » avec Mat MacNerney de Grave Pleasures en chair et en os, ce qui ne devrait pas arriver souvent. De rigueur, le « Maniac » de fin parachève un concert tonitruant, et par la même occasion, le Hellfest 2018.



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  • Par contre, Manson… Un concert légèrement en demi-teinte ?
    Avec des chansons sans aucun punch, un « révérend » complètement déchiré sur scène, n’arrivant pas à terminer ses phrases, crachant des mots sans queue ni tête entre 2 taffes sur son joint, des coupures entre chaque chansons de plus d’une minute (attendre une minute devant une scène éteinte, c’est long, très long) afin de lui permettre de se repoudrer le nez…

    Sans compter sur ces « charmantes personnes » du public, tirées sur scène, qui n’avaient aucune envie de se retrouver là -à l’exception des mannequins surement payées pour être là- (merci au cameraman de se focaliser sur cette jeune femme perdue, avec son sourire forcé qui disparaît de force dans les coulisses et réapparaît sur la chanson suivante en adoration devant Dieu Manson, les changements de personnalité en moins d’une minute, c’est beau à voir)…
    Ce soir là l’amusement était franchement du côté de Manson et des pauvres spectateurs qui se contentent de seins à l’air pour palier à la pauvreté de la musique. Le dégoût d’une partie du public était d’ailleurs palpable et nombreux sont ceux ont quitté le show pour voler vers d’autres scènes de qualité.

    Clairement, assurer le show derrière Iron Maiden n’est pas donné à tout le monde, et ce soir, Manson a montré à quel point il n’est pas à la hauteur.

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  • Et oui plus du tout la même clientèle qu’avant malheureusement faudra si faire ou aller voir d’autres Fest !comme dis Freeman ça déborde !

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  • Le monde putain le monde…. Les têtes d’affiche comme Maiden leur place est dans les stades… Pour le prix il y a je ne sais combien de formations qui tabassent… Marre des groupes dit  » fédérateurs « …pas dans un festoch… Aussi gros soit il !!!!

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  • Après l’annonce de 5 groupes de la prog de 2019, j’ai entendu une meuf de 17-18 ans dire :  » Manowar ? J’ai une vague idée de ce que c’est  »
    Mon désespoir fut intense !

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    Oui, tu as raison, c’est tellement triste que même les jeunes soient ne serait-ce qu’un peu contaminés par ce gag total.

    Seb d'Espigoule

    Un gag total!
    Other band play, Manowar kill!
    Va te déguiser en licorne et faire la queue leuleu sur korn
    Au plaisir

    Seb, merci de m’avoir rappelé ce slogan idiot, le plus faux de l’histoire de la pub, qui est pourtant particulièrement riche 😀

  • Jeffrey lebwoski dit :

    Pas un mot sur Carpenter Brut….dommage, le meilleur concert du fest.

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    Alex / RM

    C’est rajouté !

    Jeffrey lebwoski

    Merci!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Un festival qui est devenu familial au fil des années, j’ai même pu entendre qu’ils allaient mettre en place une crèche pour les enfants, je comprends que les metalleux pure et dur boudent ce festival. Je ne cracherais jamais sur ce fest car j’y ai passé de bons moments et découvert plein de groupes. Mais ce n’est plus ma came ce genre d’ambiances. Bonne continuation à eux.

    [Reply]

    biniou

    Un peu le même sentiment. J’ai 10 hellfest derrière moi, j’ai 37 ans et je fais le même constat.
    Les concerts sont géniaux, l’organisation est vraiment incroyable, l’aspect esthétique est fabuleux…
    Mais l’ambiance n’est plus celle qui me faisait tant rêver et qui me frustrait jusqu’au 21 juin de l’année suivante.
    Le public à changé, tu vas voir un concert de Black Metal et les mecs applaudissent à chaque fin de chanson. Tu t’en prends plein la tronche devant Watain, tu es super bien en communion avec les artistes, sauf que le voisin de gauche fume du shit tandis que celui de droite fume son herbe…
    Je ne suis pas un nostalgique des trucs amateurs ou je ne sais quoi, le hellfest, par tellement de points, est nettement mieux qu’avant ( wc, alimentation, cashless, douche, zones d’ombres, nourriture végétarienne…) mais certaines choses ont dérivées : il y a encore eu cette année BEAUCOUP trop de monde, circuler est devenu un enfer, et améliorer les chemins de transit ne changera rien tant qu’il y aura autant de personne. Le chemin vers la Warzone est un véritable enfer, les fils de nanas qui veulent aller aux toilettes c’est juste abominable, elles perdent un temps fou, il faut améliorer cela car c’est injuste pour elles.
    Beaucoup, beaucoup trop de fumeurs sous les tentes, la clopes c’est déjà pas top, mais les mecs qui fument leurs chichons pendant 50 minutes c’est insupportable, on est pas obligé d’aimer ni d’accepter ça. Et être contre ne fait pas de moi un vieux blaireau coincé. Juste envie de respirer mon air normalement.
    Le public à changé. Ni en bien ni en mal. Juste il à changé et de mon point de vu un peu plus parc d’attraction qu’élitiste.
    Mais c’est pas grave, ça reste génial, il me reste le motocultor pour retrouver l’ambiance d’un festival sans fioriture.
    Mais ce n’est plus ma came ce genre d’ambiances, moi non plus.

    Dypso

    A cause de mon jeune âge, je n’ai jamais pu y aller lors des vielles éditions (avant 2014), mais j’ai quand même remarqué que cette année, il y avait beaucoup moins de rigolos déguisés en licornes qu’en 2015/2016 par exemple. c’est déjà ça. Après y’a moyen qu’ils interdisent la clope en zone concert, c’est vrai que c’est dérangeant. J’ai aussi eu l’impression que la qualité du son s’est amélioré et qu’il est moins fort. Et j’ai vu quelques rigolos faire des pogos en concert de black, mais moins aussi. Aprè, saluer un groupe de black à la fin d’un concert, je vois trop le problème surtout que les groupes ont l’air d’apprécier (?). J’ai eu l’impression d’une petite amélioration quand même. Mais je ne pouvais pas être là avant, et le motoc à beau être moins cher, il est plus loin, ce qui revient quasiment au même niveau prix, donc j’ai pas encore pu le faire.

    Foutre une crèche par contre Oo

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