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Festival Report    Live Report   

Hellfest 2018 : fil rouge de la journée du vendredi 22 juin


2018 ne déroge pas à la règle : une fois de plus, le staff de Radio Metal débarque en grande pompe au Hellfest Open Air armé de ses rangers, sa crème solaire et une bonne dose d’endurance pour vous faire vivre en direct ce rendez-vous incontournable pour tous les fans de metal de France et d’ailleurs. Black, death, thrash, hardcore, hard, prog, doom, sludge, folk, fusion… La recette du festival est comme à son habitude des plus variées et ajustée aux goûts de toutes et tous. De Judas Priest à Neurosis en passant par Marilyn Manson ou encore Watain, notre équipe va tout faire pour vous retranscrire au mieux les faits marquants de ces dizaines de concerts et l’ambiance qui règne à Clisson Rock City.

Comme nous avons pu le faire ces dernières années, vous allez pouvoir suivre le festival en direct via ce fil rouge qui sera fréquemment mis à jour de l’ouverture des hostilités vers 10h30 jusqu’à la fin des derniers concerts vers 2h du matin. Si les dieux de la 4G s’avèrent cléments et nous laissent faire notre travail, vous trouverez la majorité des informations sur le site donc, mais vous pourrez également suivre les festivités sur notre galerie Instagram, notre compte Twitter et notre page Facebook. N’hésitez d’ailleurs pas à recharger fréquemment nos différentes plateformes afin de ne rien louper ! Enfin, sachez que ce fil rouge sera enrichi dès notre retour afin de corriger les éventuelles imprécisions et rajouter quelques détails plus ou moins croustillants.

Bonne lecture !

À vos marques, prêts…

9h00 : Les portes de l’Enfer s’apprêtent à s’ouvrir, les campeurs sont dans les starting blocks !

11h00 : Avec leurs chemises et leurs bretelles, les membres de Malemort ont déjà fait de nombreuses apparitions dans les salles d’Île de France. Il leur revient aujourd’hui la lourde tâche d’ouvrir le Hellfest. Belle opportunité pour eux, qu’ils saisissent en proposant une prestation énergique du début à la fin. Malgré la chaleur de cette matinée ensoleillée, les musiciens offrent leurs plus belles poses au public – et aux photographes – tout en délivrant un mélange de hard rock, de heavy et de thrash avec pour particularité de chanter en français. À l’honneur : leur dernier album, avec des morceaux comme « Cabaret Voltaire » ou « Mille regards ». Aucune faille dans la prestation, le groupe est rodé. Le chanteur jette des t-shirts à leur effigie dans la foule, remercie le public et le combo se permet même de reprendre des passages d’Iron Maiden et « Painkiller » de Judas Priest sur un mid-tempo proche du jazz l’espace de trente secondes. En trente minutes, le groupe ne s’arrête pas un instant, on ne sent aucune coupe entre les morceaux, et tout le set est d’un dynamisme rare : Malemort semble taillé pour le Hellfest. Petit bémol : la voix du chanteur étant très en retrait, on peine à comprendre les paroles… Une partie du public saute, applaudit, chante ; bref, le Hellfest démarre avec le sourire et une bonne humeur dansante. Et pour revoir Malemort, rendez-vous aux Metaldays !

11h04 : Sous l’Altar, une petite foule se réunit dès 10h30, et l’emplit de cornes à boire et de rugissements d’impatience. Un crépitement de gouttes d’eau se fait entendre, accompagnant une guitare acoustique très folk : Drakwald arrive sur scène pour la plus grande joie de ce public matinal. La cornemuse lance le premier morceau de ce groupe français, vite rejointe par les autres instruments ainsi que la voix caverneuse du chanteur/bassiste. Le son du combo a des accents folkloriques apportés par des instruments traditionnels tels que la flûte, et magnifiés par la puissance d’une basse et d’une batterie très présentes. Des interludes de cornemuse sont accueillis par les applaudissements du public. Le chant crié se fait plus mélodique et entêtant durant les refrains, ce qui fait souffler un vent de fraternité guerrière sous la tente. D’ailleurs, au milieu du set, le chanteur annonce le premier wall of death du festival, et le public s’exécute avec joie. Les premiers slammeurs se manifestent aussi. Le groupe se retire après un « Erase By Fire » tiré de leur dernier album Riven Earth (2016) qui aura créé le premier circle pit du festival.

Pendant ce temps-là, sous la Valley, c’est Fange qui arrive sur scène, y faisant retentir les premiers applaudissements. Un arpège au son garage se fait entendre, et une batterie lourde jouée par un batteur coiffé d’un bonnet péruvien prend les premiers festivaliers au corps. Le chanteur déclame sa rage avec un scream puissant, faisant des aller-retour entre son guitariste et son bassiste. La fosse se remplit peu à peu, et les premiers headbangers se manifestent au son du mélange lourd et brutal de doom et de punk classique du combo : un bassiste, un guitariste, un batteur, un chanteur et… un monocordiste, qui joue avec un ressort attaché à une planche de bois et tout un panel de pédales d’effets lui servant à produire des sons lancinants évoluants au long des titres, composent en effet ce groupe atypique. Un peu de Suze ? Bassiste et guitariste se passent la bouteille de bon matin et n’hésitent pas à haranguer la foule. L’énergie a été longue à venir, mais sur son dernier titre, Fange réussit à réveiller les premiers festivaliers pour de bon !

11h39 : Du black metal à 11h du matin le premier jour du festival. Au vu du public assemblé sous la Temple, cela semble être une proposition tout à fait acceptable, même si les Français de Caïnan Dawn, abordant des sujets occultes dans leurs morceaux, auraient certainement préféré se produire dans la noirceur de la nuit. Le chanteur/guitariste au centre de la scène rayonne littéralement avec son t-shirt blanc et les projecteurs aveuglants derrière lui. Son chant hurlé résonne et se perd sous la tente, autant que son regard fixé au loin. La batterie domine avec des enchaînements puissants pénétrant les crânes du public pendant que le son caverneux de la basse provoque des tremblements dans les cages thoraciques. Mis à part des passages où les instruments se taisent pour faire place aux incantations du chanteur, le groupe ne décrochera pas un mot d’encouragement à la foule, se contentant de lever le poing à la fin de chaque morceau, et de la remercier à la fin de son set.

11h45 : Malemort sort, Mos Generator rentre, mais l’esprit rock reste en place. Pendant que le staff tente de réparer un pan défaillant de l’écran géant de droite, les Américains saucent le parterre matinal à grands coups de riffs groovy. Armé d’une simili-SG floquée Jägermeister, le velu chanteur retient l’œil (joli tatouage King Crimson sur l’avant bras…) et l’oreille avec brio. Le dernier opus Shadowlands sera mis à l’honneur par le trio ricain avec le morceau éponyme, dansant à souhait. Le section rythmique n’est bien sûr pas en reste, notamment le batteur qui malmène sa DW golden bling bling avec jouissance. Simple mais efficace.

Puisqu’on vous dit que c’est un festival de metal…

11h55 : En route pour la Warzone ! Les barbelés hérissés sur des murs rouillés plantent le décor. C’est à Bunkum d’en essuyer les plâtres : on pourrait presque percevoir quelques marques d’oreillers sur les visages encore endormis des festivaliers mais les premiers pogos sont bien au rendez-vous sur le punk énergique du combo. « Ça fait plaisir ! Imaginez-vous, nous on vient d’un patelin de 900 habitant et on est là ! Merci ! » s’exclame le chanteur : en effet, le public est très réceptif et il s’adresse à lui de manière très naturelle, ponctuant le set d’encouragements et d’un « Fuck la police ! » bien remonté. Le groupe lance des CD dans la foule en prétextant le sourire aux lèvres ne pas arriver à les vendre, et on entend au début d’un titre des placements de voix à la Kill’ Em All de Metallica. De quoi passer un bon moment punk. Le groupe termine sur une reprise dont on ne comprend ni le titre, ni le nom du groupe, mais ce n’est pas grave : c’est du punk, c’est cool, c’est propre et ça réveille !

12h06 : Ils nous viennent de Grenoble, d’Auvergne, de Rhône-Alpes : The Walking Dead Orchestra, c’est notre french touch du deathcore. Mais si la brutalité est présente, le groupe rappelle au public le fameux message qu’on a déjà entendu cent fois : nous sommes avant tout une grande famille ! Heureusement, techniquement le groupe n’a pas de faille et sert un set intense, avec une prestation vocale digne du style, qui flirte allègrement avec le slam-death. Le chanteur s’adresse régulièrement au public pour le remercier et sait le brosser dans le sens du poil… Mais comme ça décrasse les oreilles et que le growl est bon, on serait bien en peine de se plaindre ! Le pit est bel et bien réveillé sous l’Altar…

12h12 : Avec Sons Of Otis, on entre dans le vif du sujet dès l’arrivée du groupe sur scène, la voie rocailleuse du chanteur de ce trio de stoner nous souhaitant la bienvenue et le premier morceau posant une ambiance lourde dont se dégage une formidable énergie. Le public est bien présent sous la Valley et la tente ne désemplit pas. Le stoner puissant et posé, presque planant par moment, des Canadiens fera son office avant l’heure du déjeuner pour les festivaliers qui finissent de se réveiller en douceur…

12h27 : Les Bukowski ne sont pas venus tout droit du 95 pour rigoler, mais bien pour nous mettre une tartine de gros son. Une prestation carrée et puissante nous est offerte : au milieu de ses anciens titres, groovy et mélodiques, le groupe nous fait découvrir un nouveau morceau issu de son prochain album qui sortira en septembre, en hommage à l’un de leurs amis disparu. Les Buko aiment la bagarre et la fête, et le public le leur rend bien avec un wall of death complètement spontané. Ils finissent sur un « Car Crasher » bien costaud : ce groupe est fait pour envoyer le bois sur de grandes scènes. Mission accomplie !

Darkenhöld déclame

12h37 : L’accueil est luxueux pour Darkenhöld sous la Temple. Pendant que le groupe se met en place, vêtu de grandes capes, d’habits de toile et de médaillons, sous les croix inversées qui décorent la scène, le public commence à scander son nom. Venant tout droit de Nice (et des Acteurs De L’Ombre) et ayant tout juste dix ans, il s’agit d’un groupe de black metal à l’esprit moyenâgeux où les fans d’Aorlhac pourront trouver leur compte. Des chœurs, une voix et des riffs qui nous rappellent nos premiers amours du genre, voilà ce qu’il y a au rendez-vous. Sachant que derrière les compositions, on trouve d’anciens membres d’Ysengrin, cela n’étonnera guère… Avec comme toujours un chanteur passionné, en transe durant son chant, un logo venant de temps anciens et des thèmes très familiers provenant de l’univers de la fantasy, Darkenhöld fait l’effet d’une petite capsule vers le passé, procurant toujours le même plaisir. Et vu la réaction du public qui lève le poing avec enthousiasme, nous ne sommes pas les seuls à avoir ce sentiment…

12h59 : Après une musique d’introduction plutôt guillerette annonçant leur arrivée, les membres de Toseland débarquent sur scène et entament leur premier morceau, jouant un hard rock efficace qui fait remuer le public. Un timide « Bonjour » du chanteur suivi de quelques mots à propos du fait que c’est la première fois qu’ils se produisent au Hellfest montrent leur reconnaissance. Une extrêmement bonne humeur se dégage de la scène : James Toseland, champion du monde de superbike, délivre un chant aigu et un peu nasillard correspondant tout à fait au style du groupe. Les guitaristes font des bonds sur scène et semblent hurler les paroles des morceaux au public. Les riffs s’enchaînent et la foule en face de la Mainstage semble plus qu’apprécier. « Life Is Beautiful » retentit et fait résonner un solo de guitare magistral, tout comme le dernier morceau, « Renegade », durant lequel James Toseland sera au clavier en plus du chant.

13h18 : Sur la Warzone, grosse énergie dès le départ avec Spermbirds qui balance un gros « Fuck you » à la fin de son premier morceau. Les têtes bougent et le public est séduit d’entrée de jeu ! Devant la scène, les pogos fleurissent et on voit même une chenille se former… D’ailleurs, on aperçoit Elvis et Pikachu dans la foule ! Bref, l’énergie est positive en ce début de Hellfest. Le groupe entier chante, la fosse reprend, ou au moins secoue joyeusement la tête. Le chanteur la remercie avec profusion, et en français s’il vous plaît. Refrains explosifs, « 1, 2, 1-2-3-4 » et mélodies entêtantes : le punk de Spermbirds est entraînant, fédérateur, et ses influences sont larges, piochant allègrement dans le hardcore et le rock. La Warzone est presque pleine, mais les écrans géants et les rappels de son derrière la régie permettent à tout le monde de profiter du show. Lorsque le dernier titre s’achève, l’énergie est à son comble : les Spermbirds ont réussi leur coup !

Programme du jour : punk et bronzette

13h30 : « Oyez ! » résonne sous l’Altar : Misanthrope vient de monter sur scène, et se lance dans « La fabrique du fataliste », extrait de son dernier album en date, ΑXΩ (Alpha X Omega : Le Magistère de l’Abnégation). Le son est tellement saturé qu’il fait trembler les cœurs de ceux de la foule qui se trouvent suffisamment proches des enceintes. Le public scande « Misanthrope ! » pour encourager ce groupe français formé à la fin des années 80. Les morceaux s’enchaînent et S.A.S de l’Argilière vocifère des paroles semblant tout droit sorties des pièces de théâtre de Molière. « Putain merci, sans vous on n’existerait pas ! » s’exclame-t-il, et enchaîne les morceaux provenant autant du classique Libertine Humiliation (1998) que de productions plus récentes, pour le plus grand plaisir des fans. Le set s’achève sur « Bâtisseur De Cathédrales », et le public brandit ses poings avec le frontman – un circle pit se forme même durant ce dernier morceau où les enchaînements de batterie sont particulièrement frénétiques.

13h41 : Les Canadiens de Dopethrone se sont fait désirer ! Les apparitions françaises du groupe sont rare donc nous étions évidemment aux premières loges pour leur show sous la Valley après leur passage la veille dans les rues de Paris pour célébrer la fête de la musique avec Eyehategod… Dopethrone est peut-être l’un des groupes de stoner/doom les plus efficaces de ces dernières années : la weed plane sur tout le public et les musiciens ont un pichet de bière bien rempli à portée de main – sans doute pas le premier, ni le dernier ! La prestance du groupe domine aussi bien que son son. Entre un chanteur dont les dreadlocks voltigent, un message anti-héroïne, et un solo de batterie pour meubler lors d’un souci technique, le concert est riche. Mais la palme revient au son, que l’on aura rarement entendu aussi parfait pour ce genre, avec une guitare branchée sur des amplis Orange (évidemment) et une basse qui fait trembler les barrières. C’est gras, c’est fuzzy, c’est grand. Pour la fin du set, sur « Scum Fuck Blues », le chanteur de Fange vient prêter main forte aux Canadiens, puis le groupe sortira de scène en titubant, le pichet de bière à la main.

14h00 : Chris Slade débarque sur scène : oui, dans ce groupe, le batteur n’est pas relégué au fond de la scène. Car en effet, The Chris Slade Timeline à été formé par Chris Slade donc, le batteur actuel de AC/DC – ayant également officié de 89 à 94 -, rien que ça. Le groupe se focalise sur des reprises, donnant ainsi le rôle de frontman à chacun des membres selon leurs voix, plus ou moins adaptées au style du groupe qu’ils reprennent, allant de AC/DC, évidemment et principalement, à Gary Moore – le fameux « Parisienne Walkways » durant lequel un solo de guitare impressionnant est lancé. « Back In black » retentit et le public en train de cuire devant la Mainstage 1 se lâche en entendant ce morceau culte. Les interludes sont orchestrées par Chris Slade himself qui dévoile son curriculum vitae en déballant la liste des superstars avec qui il a un jour travaillé. Un vent de nostalgie passe sur la Mainstage durant leur prestation et le public est bel et bien là pour en profiter, surtout lors de « Highway To Hell », le dernier morceau.

Schammasch ringardise le corpse paint

14h13 : Schammasch est définitivement un groupe de salle, mais c’est également un groupe au sujet duquel les critiques sont unanimes : les Suisses font désormais partie des incontournables du black metal contemporain. Même si leur fumée se dissipe vite et que le groupe pâtit évidemment de la lumière du jour sur sa mise en scène occulte, la qualité de la musique est toujours présente. Avec une voix sur-saturée à souhait, un black metal ambiant et progressif, et des musiciens aux costumes exotiques – mention spéciale au maître de cérémonie C.S.R -, la Temple est servie en émotion, et Schammasch prouve qu’il est l’un des groupes les plus riches musicalement du paysage musical actuel. Le public applaudit, et l’un des guitariste tombe à genou : avec une voix glaciale, il crie « We shall return ! », puis se retourne et quitte la scène.

14h22 : Propreté. Tel semble être le maître mot de Tesseract. Restituer la richesse d’un album tel que Sonder en live est loin d’être évident, et pourtant. Les Anglais déroulent les « Luminary », « Smile » et autres « King » avec un rendu aussi clair que puissant. Le son de basse, souvent slappée, claquant juste comme il faut, fait vibrer de plaisir les esgourdes de tous les djenteux. Au chant, Daniel Tompkins ne souffre d’aucune faiblesse, que ce soit sur terrain clean ou saturé, et fait preuve d’une belle énergie et présence sur scène. Seul ombre au tableau, ce sournois de vent qui emmène parfois le son où bon lui semble…

14h31 : Les australiens de Hards-On savent mener leur show avec brio. Un punk à l’ancienne mâtiné d’accents hard rock qui met petit à petit en branle le pit de la Warzone. Le concert finira en apothéose sur un pogo digne de la réputation du no-man’s land du Hellfest. La chaleur est moins écrasante que lors de l’édition précédente grâce au vent mais on sent que le public cherche quand même sa dose de fraîcheur !

La police veille…

15h00 : On ne sait jamais comment aborder un concert de Benighted. D’un côté, on sait très bien que l’on va passer un moment d’anthologie dont on se souviendra toute notre vie. Mais de l’autre, va-t-on en sortir vivant ? Quatre ans après leur dernier passage au Hellfest, Julien Truchan et sa bande semblent bien décidés à labourer la terre une nouvelle fois. Ils ouvrent avec « Reptilian » (du dernier album Necrobreed) et dès le troisième titre, le sang coule entre nos dents : ça fait du bien de retrouver ce brutal death made in France. Surtout quand ils nous font la surprise de faire venir Arno de Black Bomb A pour jouer « Cum With Disgust » pour la seconde fois de l’histoire du groupe. Julien Truchan derrière le micro semble toujours aussi vif et content d’être là, il arrive toujours à surprendre par ses très larges capacités vocales. Même si la prestation du public n’égale pas celle de celui de la dernière édition du Motocultor, le pit est vivant et quelques walls of death se forment. Les slams démarrent sur « Slut », et les circle pits continuent sur « Versipellis ». Après avoir interprété « Experience Your Flesh », le groupe, qui s’aperçoit qu’il ne lui reste que trois minutes, enchaîne immédiatement sur une reprise de « Biotech Is Godzilla » de Sepultura et nous laisse quelques côtes en moins. Mais on y retourne quand vous voulez !

15h19 : Celeste, un groupe qui effleurera peut être les cieux dans son ascension. Les Lyonnais et leur black metal atmosphérique ont conquis la Valley qui, telle une bête sauvage qui se serait goinfrée des heures durant en ce début d’après-midi, vomit son public jusqu’aux alentours. La représentation du groupe est à la fois brutale et envoûtante. Ce passage au Hellfest confirme le charisme sur scène des musiciens qui vient compenser une certaine froideur dans leur communication avec le public, mais cela va si bien avec leur musique qu’ils sont immédiatement pardonnés !

15h57 : Devant la Mainstage, la foule appelle Rose Tattoo en frappant frénétiquement des mains. Aussi lorsqu’Angry Andersson apparaît en déclarant que c’est le « boogie time » avec une bouteille d’alcool à la main, cela n’étonne personne. Le groupe australien, formé en 1976 mais au line-up renouvelé avec notamment l’ex-bassiste d’AC/DC Mark Evans et l’ex-guitariste de The Angels Bob Spencer, envoie alors le titre « One Of The Boys », puis les morceaux, du hard rock avec un coté très blues faisant danser la foule sur place, s’enchaînent. « Freedom » semble être le maître mot de ce moment passé avec Rose Tattoo puisque le frontman le répète entre chaque morceau (et chaque gorgée). Il semble d’ailleurs tout à fait heureux d’être là, écartant les bras afin d’étreindre métaphoriquement le public. Une énergie folle circule devant la Mainstage : on danse et on tape des mains au son des riffs entêtants du groupe, jusqu’à ce que que « Nice Boys » à chanter sans retenue clôture leur set.

16h05 : La Temple n’aura que rarement aussi bien porté ses croix inversées : corpse paint, clous, pendentifs, tout l’attirail du black metal est là avec Nordjevel. À peine trois ans d’existence et un album, pourtant les Norvégiens sont déjà bien haut sur l’affiche. Les prestations du groupe sont rares, alors autant en profiter, et si le son au départ n’annonce rien de bon, cela est rapidement corrigé. Leur black aux tendances mélodiques captive souvent le public, mais c’est surtout à la fin du set que tout le monde tombe d’accord avec un enchaînement de luxe : « Djevelen I Nord », « Norges Sorte Himmel », et pour finir, une reprise du classique « Raining Blood » de Slayer.

Les guitares à un seul manche, c’est bon pour les autres…

16h12 : Les doubles manches sont de sortie avec Sons Of Apollo. L’outillage idéal pour proposer un metal progressif un peu démonstratif – normal avec les virtuoses qui composent le groupe : Mike Portnoy à la batterie, Billy Sheehan à la basse, Derek Sherinian aux claviers et Ron Thal à la guitare. Le chanteur Jeff Scott Soto, qui souffre de difficultés vocales dans les aiguës (légèrement maquillés par les chœurs), nous annonce que c’est leur toute première fois en Europe. Le show pâtit d’une qualité sonore assez décevante : difficile d’entendre tous les instruments correctement… Pour autant, les morceaux sont remarquables, à l’instar du jouissif « Sign Of The Times » qui nous en met plein les yeux et les oreilles. Le lien avec le public s’établit doucement. « Alive » permet de faire participer la foule aux chœurs. Le groupe est plein de bonnes intentions, les solos s’enchaînent furieusement, et quarante minutes plus tard, c’est déjà terminé. On espère pouvoir les revoir dans de meilleures conditions sonores.

16h17 : Seven Hate est de retour sur la Warzone. C’est aussi pour eux l’occasion d’une mini-tournée de quatre jours : ils ont en effet été invités par les Burning Heads qui fêtent actuellement leur trentième anniversaire. De quoi projeter le public quinze ou vingt ans en arrière, en pleine période skate punk. Les morceaux sont toujours aussi bons et il est toujours aussi surprenant de voir un chanteur qui assure aussi la batterie. Sa prestation a l’air vraiment physique ! Une bonne partie du public connaît les paroles des chansons et s’en donne à cœur joie pour accompagner le groupe. Un voyage dans le temps très jouissif !

16h40 : « Smoke », « Weedy Woman », « I love Maryjane », « Free The Weed »… Les titres de Bongzilla – qui jouait hier à Paris en compagnie de Dopethrone et Eyehategod – laissent peu de place au doute quant à leur thème de prédilection. Encadrés de leurs tours de baffles Orange, les Américains déversent un torrent de sludge fumant sur la Valley qui, tantôt dodeline, tantôt headbangue sur les morceaux lourdingues et lancinants du quatuor. Le chanteur (qui aurait presque un petit air de Ron Perlman) insuffle son chant parfois quasi-black dans la bouillie plombée de ses comparses rythmiques. Crasseux pour certains, délicieux pour d’autres.

C’est aussi ça le Hellfest : économiser ses forces…

16h42 : Le show des Américains de Converge est d’une d’une très grande énergie scénique : la lourdeur de la basse et de son ampli Orange se fait ressentir, Jacob Bannon, avec son t-shirt Motörhead, est en grande forme : il court de part et d’autre de la scène et se désarticule… Et cette énergie est communicative, à en juger les circle pits qui se déploient tout au long du show ! La lourdeur de la fin du set – le batteur frappe sans aucune tendresse sa batterie – attire de plus en plus d’adeptes, et c’est sur un petit « Thank you » avant que le frontman ne laisse tomber son micro que le groupe quitte la scène.

16h43 : On s’attendait à voir Origin sous l’Altar et à se déchaîner, mais malheureusement ce ne sera pas le cas car les légendes américaines ont annulé toute leur tournée de festivals européens. À la place, devant un public réduit, c’est Voight Kampff qui les remplace au pied levé. Le combo se définit comme du techno-thrash (comprendre thrash technique). Si on sent les influences de groupes comme Coroner ou Death au détour de certains plans et leads. Le groupe s’attelle surtout à faire découvrir son nouvel album Substance Rêve, sorti en avril dernier. Le talent est clairement là, l’efficacité est au rendez-vous, tout comme la virtuosité, sans compter ce cachet old school. Reste que ceux qui s’attendaient à se faire happer par la brutalité d’Origin auront peut-être été déçus du remplacement.

17h28 : Débarquant tout droit de Glasgow, Saor est le nouveau souffle qu’attendait tout amateur de black atmosphérique. Avec un aspect folk apporté par un violon, sa musique ne tombe jamais dans le cliché : c’est un univers magique, empli de douceur et de mélancolie qui nous enveloppe. Depuis 2013 et trois albums, le projet est tenu de main de maître par un seul compositeur, Andy Marshall. Pendant cinquante minutes, lui et ses musiciens captivent leurs adeptes, et même si cela semble peu approprié à leur style, la foule tape des mains avec enthousiasme. Les douces mélodies s’enchaînent et la musique de Saor, accompagnée de la douce brise de Clisson, passe avec légèreté pour apaiser les esprits et laisser le public le sourire aux lèvres.

17h42 : Voir Joan Jett qui arrive sur scène en justaucorps noir recouvert d’étoiles et accompagnée de ses Blackhearts donne un incroyable coup de fouet au public de la Mainstage. Munie de sa guitare, elle envoie les riffs de morceaux mythiques tels que le classique des Runaways « Cherry Bomb », « Bad Reputation »… tellement mythiques qu’elle s’accorde le droit de se reposer en faisant participer le public qui chante à sa place durant le morceau « Do You Wanna Touch ». Même après tant d’années, sa voix est toujours cristalline et provocatrice. Le claviériste raconte quelques anecdotes, notamment le fait qu’à leurs débuts, c’était étrange qu’une fille soit le leader d’un groupe d’hommes. Ceci est la raison pour laquelle ils ont créé leur propre label, Blackhearts Records. Dès que les premières notes de « I Love Rock’n Roll » retentissent, la foule a un véritable orgasme collectif et les slammers se déversent par dizaines. Il n’y a pas à dire : reprendre en chœur « I Love Rock’n Roll » puis « Crimson And Clover » et « I Hate Myself For Loving You », c’est génial, peu importe la génération.

Et pendant ce temps-là, à l’espace VIP : luxe, calme et volupté

17h49 : Les Burning Heads fêtent leur anniversaire (trente ans !) cet après-midi et pour l’occasion, ils ont invité leurs copains. À priori, la plupart des groupes sont venus à leur demande. Au cours de leur set, ils nous inviteront à leur « party » avec le seul morceau dub de la setlist. Pour le reste, on aura notre lot d’hymnes punk rock : « SOS », « Piece Of Cake », « Super Modern World » ou encore « Fine ». Comme d’habitude avec eux, c’est carré, festif et bon esprit. On se régale ! Très humble, le groupe se met peu en avant et préfère partager la scène avec ses amis qui le rejoignent pour une reprise finale des Clash. À noter, la diffusion en deux parties du film Diesel avant et après le concert, qui évoque la vie des Uncommonmenfrommars et par extension celle d’un groupe de punk.

18h24 : Kirk Windstein et son Crowbar sont de retour au Hellfest : ils balancent à la suite leurs riffs gras et lourds pendant que le public s’occupe d’enclencher le pit. Pourtant techniquement, on n’est pas sur une franche réussite : la voix est trop mêlée aux instruments, au point d’être à peine audible. Et pourtant le charme opère, les accords de guitare dissonants marchent du feu de dieu, et le charisme de Kirk marche à chaque fois. Le son est pesant et chaque morceau nous frappe plus fort que le précédent. Si votre désir est d’enchaîner la lourdeur comme une tartine de beurre sur laquelle on rajouterait de l’huile et du beurre de cacahuète, Crowbar est le groupe qu’il vous faut. Rappelons par ailleurs que cette année, les Américains célèbrent les 20 ans de Odd Fellows Rest et les 25 ans de leur album éponyme. Alors à vos platines !

Pendant ce temps-là sous l’Altar, Demolition Hammer débarque de façon tout à fait violente. Des riffs et des solos d’une puissance considérable déferlent sur le public venu applaudir les thrashers américains. Des circle pits se forment rapidement, le batteur joue frénétiquement, menant une cadence impressionnante, et si de la bonne humeur lié au fait d’être présent est perceptible, c’est surtout de la colère que dégage le frontman qui délivre un chant crié énervé et puissant.

18h32 : Vous avez demandé une chirurgie sans anesthésie ? Parfait. Voilà Meshuggah. Si l’on a plus l’habitude de voir les Suédois en salle, dans l’obscurité complète, noyés dans un torrent de lasers et de fumée, nous n’allons pas pour autant bouder notre plaisir sous soleil brûlant. Certes, le statisme des musiciens est moins à son avantage et l’ambiance scénique n’est pas aussi malsaine… Mais diantre, quelle branlée. « Rational Gaze », « Bleed », « Demiurge » : autant de tueries pour un set que beaucoup trouveront trop court, et d’autres insoutenable. Comme à son habitude, Jens Kidman semble sortir d’un asile et vomit sa puissance sur la rythmique désespérément parfaite de Tomas Haake pendant que les guitares exécutent leurs plans implacables de froide puissance. Le maître étalon de la violence a une nouvelle fois mis la barre très, très haut. Bonne chance aux autres.

Mysticum prend de la hauteur

19h37 : Mysticum est un groupe actif depuis 1992 qui nous vient tout droit de Norvège. Et il s’agira là sûrement de la prestation la plus originale de la journée : les trois musiciens (deux guitares et une basse) sont montés sur trois grands blocs recouverts de panneaux LED. Un show très visuel donc pour ce trio qui joue un black metal industriel virulent. Les images diverses – mais surtout de pentagrammes – qui nous sont envoyées ainsi que les lumières apportent encore plus d’intensité pour un résultat que doivent redouter les épileptiques… En contre-plongée, elles participent à l’aspect inquiétant et austère des musiciens. On aimerait beaucoup voir ce que donne une telle prestation dans une salle fermée tant le résultat doit être impressionnant. C’est froid, chaotique, effrayant, terriblement entraînant, empli de brutalité, unique en son genre, et par là même inoubliable, quand bien même la variété des morceaux peut laisser à désirer.

19h49 : Europe est et restera un groupe légendaire. Que l’on aime ou que l’on aime moins, voire que l’on déteste, ils ont su faire évoluer leur son et lui faire traverser les décennies. Le public, bien que moins nombreux que pour Meshuggah, est pris dans ce concert quasiment parfait. Du chant aux soli de guitare, rien n’est à jeter pour qui aime voyager dans le hard rock de ces trente dernières années. Le groupe fait honneur à ses productions récentes en allant piocher dans ses quatre derniers albums, sans pour autant renier leur passé (« Rock The Night », « Scream Of Anger »…). « The Final Countdown » viendra couronner cette performance, pour le bonheur du public qui s’est densifié tout au long du concert.

20h13 : Encore un revenant sur la Warzone avec les Uncommonmenfrommars. L’annonce de leur présence a été une surprise car le groupe était en pause depuis 2013. C’était donc un événement à ne pas louper, même si depuis d’autres dates ont été ajoutées. Le set est bien en place et le plaisir est au rendez-vous. Le chanteur, Ed, nous fait part du fait que c’est la première fois qu’ils ont droit à un wall of death, et incite le public a en faire un plus gros encore. Pour célébrer cet après-midi de partage avec les Burning Heads, ces derniers les rejoindront pour jouer un morceau ensemble. On a retrouvé le groupe comme au bon vieux temps, énergique et détendu, même si un peu moins potache que d’habitude. Espérons que ce retour réussi devant autant de monde ne sera pas sans suite. On en redemande !

Church Of Misery plane dans la Valley

20h24 : Tout près de son nom, Church Of Misery affiche le célèbre ange de Black Sabbath. Inutile donc de présenter les influences de ce groupe de stoner doom japonais. Pendant une heure, le public a droit à de multiples expérimentations avec beaucoup de pédales, y compris pour le chanteur. Mais c’est avant tout un set où tout le monde se fait plaisir, où ça fuzze et qui suinte le gras. Le bassiste joue directement de ses deux mains sur le manche, son instrument raclant pratiquement le sol tant la sangle de sa basse est lâche. Et avec son pantalon pattes d’eph’, le look à la John Lennon du chanteur et les airs de Dave Murray d’Iron Maiden du batteur, le groupe semble avoir débarqué d’une autre planète. Comme Black Sabbath, chaque riff est un orgasme auditif où la distorsion est utilisée de main de maître. Une sorte de version énervée des légendes anglaises, qui sait aussi varier les ambiances les plus lourdes. Un immanquable du festival, surtout lorsque l’on sait que leur dernier passage en France remonte à 2014…

20h33 : Une mélodie lourde, saturée et lente amorce le début du set de Carnivore A.D. Le bassiste-chanteur Baron Misuraca (qui a la lourde tâche de succéder au regretté Peter Steele) et le guitariste Marc Piovanetti ont chacun leur particularité, allant de cheveux de deux mètres de long pour l’un à un déguisement de soldat américain pour l’autre. Le ton est donné pour ce groupe de thrash fraîchement reformé avec deux de ses membres originaux. Baron Misuraca encourage le public à se déchaîner et à reprendre en chœur « God Is Dead ». Une voix rugissante et profonde mène des morceaux à l’instrumentation violente et pousse le public à être complètement sauvage sous la tente de l’Altar.

20h59 : Changement de style et d’univers sur la Mainstage 2 où Meshuggah a chauffé les planches pour un certain Steven Wilson. Entouré de sa dream team habituelle, l’Anglais qu’on voit partout depuis son dernier opus est attendu par une large audience plutôt hétérogène. « Pariah », « People Who Eat Darkness », « Ancestral » : le groupe varie les plaisirs de qualité, en essayant tout de même de s’adapter au public metal du Hellfest, comme avec la chanson de Porcupine Tree « The Creator Has A Mastertape ». On notera la remarque d’une personne d’un certain âge : « C’est quand même sacrément mieux que méchouguat. » Disons que c’est différent. Le concert s’achèvera avec « Sleep Together », en beauté.

21h11 : Sous la Temple, le chanteur de Sólstafir arrive sur scène, demande au public de faire du bruit, puis repart, ce qui déclenche instantanément des hurlements d’impatience de la part du public des Islandais. Des nuages de fumée s’échappent de la scène tandis que le groupe arrive (vraiment) sur scène. Le guitariste entame une douce mélodie tandis que des chœurs en fond résonnent, plongeant ainsi la Temple dans l’ambiance particulière du groupe, toute en morceaux intenses et mélodiques au son grave et profond. Une musique correspondant indéniablement à l’image que l’on a communément de l’Islande, accompagnée d’un chant clair, parfois hurlé mais toujours terriblement torturé. Ce groupe atmosphérique formé en 1995 parvient avec succès à faire planer une brume de mélancolie sous la tente.

22h12 : « Les Svinkels sont fous ! On laisse que des cadavres derrière nous ! » : voilà les paroles d’un tube que tout le monde attend. Dès les premières notes, le public reprend les paroles du combo. Armés de Marshall et de Fender, deux guitaristes montent sur scène et les premiers slams ne tardent guère. La foule boit les paroles des trois chanteurs, les tubes s’enchaînent, les chopes de bière volent et tout le monde reprend les refrains. Quand le groupe demande : « Qui c’est les crevards qui vont se mettre tous minables ce soir ? », le public répond : « C’est nous ! » – c’est dire. Après un solo de scratch, le combo s’essaie à un autre refrain encore plus fédérateur, « Pour le Hellfest », que reprennent même ceux qui n’avaient pas entendu parler d’eux quelques minutes plus tôt. À l’évidence, le pari osé d’avoir programmé un groupe de hip hop aussi fédérateur en début de soirée de cette première journée est très apprécié !

Lemmy veille toujours sur tout ce beau monde

22h16 : Alice Cooper, Joe Perry d’Aerosmith et l’acteur Johnny Depp : en voilà un trio qui fait rêver. Il y a quelques années, les trois hommes s’étaient réunis avec quelques autres musiciens pour enregistrer un album sous le nom de Hollywood Vampires. On y trouvait même comme invité Brian Johnson de AC/DC. C’était un bon album de rock, avec à la fois des reprises (principalement) et des titres originaux. La tournée d’Alice Cooper étant terminée, celle d’Aerosmith également, et l’emploi du temps de Johnny Depp s’étant allégé, Hollywood Vampires peut donc se présenter à nous pour une version live. Le set démarre avec des titres originaux très efficaces, puis le groupe se lance dans une série de reprises : « Break On Through » de The Doors, « The Jack » d’AC/DC après avoir mentionné le disparitions de Malcolm Young et Bon Scott, « Ace Of Spades » de Motörhead après avoir évoqué Lemmy, et « Baba O’Reiley » de The Who (accompagné évidemment d’un solo de batterie), en faisant allusion cette fois-ci à Keith Moon. S’en suit un morceau écrit par Johnny Depp à propos de son père qui était un criminel, comme il l’explique dans son plus beau français. Même si beaucoup se moquaient ou à l’inverse attendaient ardemment de voir un acteur aussi connu se produire sur scène, il reste très discret dans son rôle de guitariste rythmique. Il aura tout de même son moment de gloire en chantant un morceau. On reprend avec une chanson d’un vampire qui lui n’est pas mort (et pour cause !), Alice Cooper : « I’m Eighteen », suivi d’une autre série de reprises (« Sweet Emotion » d’Aerosmith, « People Who Died » de The Jim Carol Band…), qui culmine avec « School’s Out » mêlé à « Another Brick In The Wall » des Pink Floyd qui clôt le show alors que des ballons à l’effigie du groupe volent un peu partout – morceau durant lequel Joe Perry se prend les pieds dans un retour et s’écroule sur la scène !

22h50 : Sustain hurlant à la Valley : Eyehategod appelle ses fidèles. Chapeau vissé sur le crâne, barbe de plus en plus blanche, clope au bec, binouse à portée de main, Jimmy Bower semble tout droit sorti du bayou. Le concert montera en puissance petit à petit, passant réellement un palier avec « Sister Fucker » qui verra fleurir bon nombre de slams. Mike Williams ne manquera pas une occasion de tailler son velu compagnon, l’accusant d’onanisme incontrôlable et raillant sa prise de poids conséquente. À l’image de « Revelation/Revolution » ou « Methamphetamine », les riffs pachydermiques se succèdent et écrasent sans faiblir la fosse. Une belle performance pour le groupe de la Nouvelle-Orléans qui fête cette année ses trente piges d’existence.

23h14 : Il n’y a absolument aucun doute à avoir sur le fait que Corey Taylor est l’un des (si ce n’est le) plus grands frontmen de sa génération. Il nous l’a prouvé à bien des reprises avec Slipknot, et il remet le couvert avec Stone Sour. Nos souvenirs du groupe en salle sont excellents et notre expérience en festival n’est pas moindre. Entre les talents de showman de notre chanteur, ses quelques mots en français, sa prestation vocale hallucinante et unique ou encore ses canons à confettis ou autre jets d’étincelles, on serait bien en peine de trouver une raison de tacler Mr Taylor. Les morceaux rentre-dedans tels que « 30/30-150 » ou « Get Inside » sont alternés avec des morceaux tout en émotion comme « Through The Glass ». Comme dirait le refrain du dernier morceau : « It’s only rock’n roll but I like it, like it ». Enfin, son fils vient dire au revoir avec lui à la toute fin du set.

Quelques festivaliers tout ce qu’il y a de plus ordinaire

23h30 : Changement de programme : Therion et Satyricon échangent leur place ! On espère que tout le monde était prévenu car sinon, certains ont dû avoir un choc… Mais cela nous permet tout de même de profiter plus tôt du set de ces Norvégiens légendaires. Malgré un certain changement visuel (cheveux coiffés en arrière, pied de micro en trident absent), Satyr, le leader du groupe, n’a rien perdu de sa voix, et ce même si le mix du micro s’est avéré très inégal. Toujours ces accents rock’n roll. C’est avec un titre du dernier album Deep Calleth Upon Deep que le groupe démarre : « Midnight Serpent ». Puis s’enchaînent les classiques qui font toujours bouger la foule : « Black Crow On A Tombstone » ou encore « Now, Diabolical ». Mais évidemment, ce que toutes les générations de fans de Satyricon attendent, c’est « Mother North », qui met d’accord tous les amateurs de black metal et permet au public de chanter en chœur dans un beau moment de communion. Comme à son habitude, c’est sur « K.I.N.G. » que le groupe achève son set. Mention spécial aux lumières qui recréaient un pentacle entre les deux croix inversées de la Temple sur « The Pentagram Blues ».

23h54 : La fraîcheur est enfin tombée sur les épaules rougies des metalheads à Clisson. Mais c’est sans compter le brutal death de Suffocation qui ne leur laissera pas le temps de se refroidir. Dès les premières minutes du groupe sous l’Altar, circle pits et pogos vont bon train ! Le groupe est en grande forme et sait comment galvaniser son public afin d’imposer une ambiance électrique : chaque fin de chanson tombe comme un couperet et ne promet qu’une trêve éphémère avant de replonger un peu plus dans les abysses de l’univers musical du groupe.

00h10 : Minuit, l’heure parfaite pour un déferlement de violence. Napalm Death déchaîne le public qui enchaîne circle pit sur circle pit. Barney Greenway est comme à son habitude monté sur ressort et parcours la scène de long en large pour capter la pleine attention de la foule. Il communique son énergie et sa rage de façon très efficace. Plus de vingt titres en une heure : on en attendait pas moins de ce groupe anglais incontournable qui passe en revue son abondante discographie, reprend Anti Climax (« Victims Of A Bomb Raid ») et les Dead Kennedys (« Nazi Punks Fuck Off »), et offre même à son public l’inénarrable « You Suffer » dont la notoriété est inversement proportionnelle à la longueur.

00h14 : Un vent de douceur souffle au pays de Mad Max en cette fin de soirée. Bad Religion investit la Warzone avec son punk mélodique entraînant. Ça danse et ça pogote un peu partout dans la fosse. Le charisme incroyable de ces grands-pères de la génération punk fait mouche et la qualité reconnue de leurs harmonies vocales, appuyées par des parties instrumentales énergiques et durablement efficaces, auront vite conquit le public. Un public composé d’ailleurs d’aficionados du groupe mais aussi de plus jeunes oreilles qui n’ont pas connu Bad Religion dans ses jeunes années. Qu’a cela ne tienne, ils n’ont rien perdu de leur fraîcheur et nous offrent un « Américan Jesus » pour terminer ce concert en beauté !

00h59 : C’est Corrosion Of Confirmity, avec le charismatique frontman Pepper Keenan mais sans le batteur Reed Mullin, qui officie sous la Valley pour le dernier concert. La tente qui est encore bien remplie a cette heure tardive voit officier le groupe qui nous livre une prestation de bonne facture mais sans véritable surprise. On se prend tout de même bien au jeu grâce aux riffs puissants et efficaces des Américains. Sur fond de discours politique et d’autres petites anecdotes sur l’écriture des morceaux qui seront joués ce soir ils nous tiennent en haleine jusqu’à la fin du show qui annoncera les derniers concerts – jusqu’à deux heure pour les plus courageux.

1h08 : Comme à leur habitude (et comme notre souvenir du Hellfest 2015 nous le rappelle), l’arrivée des légendes que sont Judas Priest se fait sur « War Pigs » de Black Sabbath : « The Priest is back », comme nous le dit Rob Halford ! Le seul souci que l’on pourrait reprocher au groupe est avant tout d’ordre technique : le son ne semble jamais assez fort et parfois certaines basses deviendront vraiment assourdissantes. Du nouvel album, les Anglais nous servent « Firepower » mais aussi « Lightning Strike », mais évidemment, on aura droit aux classiques que sont « Bloodstone », « Saints In Hell », « Turbo Lover », « You’ve Got Another Thing Coming ». Rob Halford nous fera même le luxe de débarquer en moto en ouverture de « Hell Bent For Leather ». « Painkiller » est dédié à Glenn Tipton qui a dû quitter le groupe pour des raisons de santé et qui apparaît en noir et blanc sur le grand écran de la Mainstage (procédé étrange qui ferait croire qu’il n’est plus de ce monde…) pendant que Richie Faulkner reprend son solo. A noter que c’est le producteur Andy Sneap qui est venu prêté main forte au groupe à la seconde guitare, et qui visiblement prend son pied, tout en restant respectueux de l’identité visuelle et sonnore du groupe. Rob Halford est en forme, quoi qu’on ressent le poids des années dans son dynamisme limité et sa posture davantage voûtée, mais sa voix est toujours à la hauteur. Le bassiste se fait toujours aussi discret près de la batterie, mais des guitaristes plus jeunes et toujours aussi frais amènent de l’énergie à la prestation, et, en ce qui concerne Faulkner, des solos remarquables – même si le groupe y perd peut-être en alchimie, chacun des guitaristes restant dans son coin la plupart du temps, et l’absence des silhouettes familières de Tipton et K.K. Downing donne une drôle de sensation. En rappel, le groupe interprète « Metal God », « Breaking The Law », et termine sur « Living After Midnight ». Évidemment, cette setlist ne pourra pas satisfaire tous les fans : avec tant de tubes dans sa musette, le groupe est obligé d’en laisser de côté, et le public devra se passer de « Screaming For Vengeance » ou de « Leather Rebel » par exemple. Mais nul ne se plaindra d’avoir vu le Priest en concert – il reviendra (c’est eux qui l’annoncent à la fin comme pour rassurer), et d’ici là, on se repassera sa discographie en boucle.

2h02 : Last but not least, A Perfect Circle est chargé de conclure ce vendredi sur les Mainstages, prenant le relais immédiatement après Judas Priest qui finit un peu en retard (pour compenser, le groupe va d’ailleurs légèrement accélérer le tempo de toutes ses chansons !). Avec seulement une heure de set, le groupe n’a pas le temps de niaiser et mitraille le parterre de tubes : « Counting Bodies Like Sheep To The Rhythm Of The War Drums », « The Hoĺlow », « Weak And Powerless », « Rose », « Disillusioned », « The Contrarian », « Thomas », « So Long, and Thanks for All the Fish », « TalkTalk », « The Doomed », « The Outsider », etc. Visuellement, le résultat est à la fois sobre et accrocheur, logo central lumineux, plateformes légèrement surélevées, juste ce qu’il faut pour marquer la rétine, même si la relative obscurité de la scène et un Maynard James Keenan dans la pénombre en fond de scène donne du fil à retordre aux photographes… L’on retiendra également la reprise de « Dog Eat Dog » d’AC/DC en hommage à Malcolm Young, plutôt étonnante dans la bouche de Keenan et le médiator de Billy Howerdel. Trop court, trop bon : il faut croire que tout ce qui croise ce cercle devient parfait. Rendez-vous donc dans quelques jours à l’Olympia de Paris, puis en décembre au Zénith.

2h27 : Rise Against conclut la journée sur la Warzone, créneau pas toujours évident. Le chanteur s’émerveille du décor, et remerciera plusieurs fois le public d’être resté si nombreux jusqu’à cette heure tardive. Bien lui en a pris d’ailleurs, car le groupe a de l’énergie à revendre et l’ambiance est excellente : la Warzone est pleine à craquer. Musicalement, les hymnes punk rock s’enchaînent, et on peut voir que Rise Against a une belle fan base française. Le groupe est connu pour ses paroles revendicatives et nous fait part de son malaise vis-à-vis ce qu’est devenu son pays, indiquant s’opposer au racisme, au sexisme, et à l’homophobie notamment. Après ce final énergique, il est temps d’aller reprendre des forces avant d’affronter le deuxième jour du festival !



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  • J’aimerais bien que le responsable qui depeche cette personne pour faire de sois disant reports nous dise à quoi correspond le style « techno-thrash » histoire de voir si vous avez tous le même niveau d’information , parceque là on a du lourd ….

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  • « telle une bête sauvage qui se serait goinfrée des heures durant en ce début d’après-midi, vomit son public jusqu’aux alentours »
    sérieusement ? vous vous relisez ?

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  • le niveau zero du report la moitié des assertions sont à coté de la plaque , encore un(e) footix du metal au secours !!!

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  • Judas Priest : … » Évidemment, le public attend « Painkiller » et son hommage au guitariste décédé ».
    J’ai beau cherché , et me tenir au courant des news fréquemment , de quel guitariste disparu s’agit-il ?
    Glenn Tipton est malade mais est toujours parmi nous . Quant à l’actualité brûlante , Vinnie Paul était batteur …

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    Alex / RM

    Une vraie boulette de stagiaire, on sort le fouet !

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    Alice Cooper @ Paris
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