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CR De Festival   

Hellfest 2019 : fil rouge de la journée du vendredi 21 juin


2019 ne déroge pas à la règle : une fois de plus, le staff de Radio Metal débarque en grande pompe au Hellfest Open Air armé de ses rangers, sa crème solaire et une bonne dose d’endurance pour vous faire vivre en direct ce rendez-vous incontournable pour tous les fans de metal de France et d’ailleurs. Black, death, thrash, hardcore, hard, prog, doom, sludge, folk, fusion… La recette du festival est comme à son habitude des plus variées et ajustée aux goûts de toutes et tous. De Kiss à Carcass en passant par Tool ou encore Gojira, notre équipe va tout faire pour vous retranscrire au mieux les faits marquants de ces dizaines de concerts et l’ambiance qui règne à Clisson Rock City.

Comme nous avons pu le faire ces dernières années, vous allez pouvoir suivre le festival en direct via ce fil rouge qui sera fréquemment mis à jour depuis l’ouverture des hostilités vers 10h30 jusqu’à la fin des derniers concerts vers 2h du matin. Si les dieux de la 4G s’avèrent cléments et nous laissent faire notre travail, vous trouverez la majorité des informations sur le site donc, mais vous pourrez également suivre les festivités sur notre galerie Instagram, notre compte Twitter et notre page Facebook. N’hésitez d’ailleurs pas à recharger fréquemment nos différentes plateformes afin de ne rien louper ! Enfin, sachez que ce fil rouge sera enrichi dès notre retour afin de corriger les éventuelles imprécisions et rajouter quelques détails plus ou moins croustillants.

Vous trouverez  le compte-rendu du Knotfest de jeudi. Bonne lecture !

Breaking News matinale : seum intersidéral.

09h48 : La mauvaise nouvelle se répand comme une traînée de poudre au camping… Manowar, tête d’affiche de ce vendredi, ne jouera pas ce soir. Gueule de bois pour les fans.

10h59 : Après l’aparté Knotfest, nous voilà de retour sous la Valley pour un concert matinal de stoner. Loin d’être des inconnus, les Poitevins de The Necromancers avaient déjà marqué les esprits en compagnie de Monkey3 sur Paris. Les musiciens arrivent donc, devant une Valley bien fournie pour un concert de 10h30, et assènent leur doom stoner à tendance hard rock. Un kiff attendu pour les avertis et une belle surprise pour ceux qui les découvrent. La voix rocailleuse du chanteur (à l’air un peu éméché), des riffs puissants servis par un son très correct, un batteur aux mimiques de fou et un public ultra réceptif… De souvenirs de Hellfest, cela faisait un moment que la Valley n’avait pas connu une si belle affluence à l’aube.

11h03 : Démarrer le Hellfest, qui plus est sur une Mainstage, n’est jamais chose aisée. Cette année, ce sont les gagnants du tremplin Voice of Hell qui s’y collent à nouveau. Ou plutôt, gagnantes. Le quatuor Fallen Lilies adopte la bonne philosophie, à savoir entrer dans le vif du sujet sans tergiverser. Le combo pratique un hard rock classique aux teintes heavy, qu’il déploie avec toute l’énergie nécessaire emmenée par la frontwoman Hélène. Il y a une forme d’aisance qui se dégage des quatre jeunes femmes, battant en brèche les critiques et mauvaises langues qui réduiraient leur condition de musiciennes on ne peut plus légitimes à se produire ici à leur condition féminine. Fallen Lilies l’a rappelé, les Franc-Comtoises ne sont pas là par hasard ou en raison de leur genre. Seuls quelques larsens intempestifs et problèmes de balance viennent ternir une prestation rock par essence. De quoi démarrer le Hellfest énergiquement et sans fioriture.

11h17 : C’est à Freitot que revient la tâche d’entamer les hostilités en ce début de matinée à l’Altar. Après une sobre mais efficace introduction, les Français développent leur propos musical frénétique. La rencontre avec l’audience se réalise surtout avec les riffs accrocheurs de « The Mission » ou avec le gojiresque « Last Room On The Left ». Porté par la harangue de Strobl, le public s’aventurera dans un éphémère circle pit sur le début de « Love Is All Around ». La qualité sonore distillée par les musiciens est plutôt convaincante même si le son des guitares manque parfois de définition. A l’inverse, la batterie trouve sans difficulté sa place dans le spectre. Côté prestation scénique en revanche, Freitot campe une posture statique parfois décevante, surtout quand on sait qu’ils n’ont que trente minutes de set à déployer. Mais ce dernier détail ne gâche pas pour autant la performance globale du groupe hexagonal, chaleureusement salué par le public matinal.

Chargés à bloc. On en reparle dimanche.

11h38 : C’est une foule impatiente et déterminée qui guette l’inauguration de la Warzone 2019 par Stinky, et à juste titre : le groupe local de Clisson ne rate pas son entrée en matière. A l’image de Claire, le groupe impose une musique frontale, dense et libérée. Les morceaux s’enchaînent sans cérémonie mais toujours avec efficacité. La performance vocale de la frontwoman et de ses acolytes en back-up est réellement à saluer tant elle témoigne de l’aplomb et de l’engagement de Stinky. En termes sonores, on a droit à une masse qui tache et qui ne fait pas de quartiers avec les esgourdes du public (on dit merci à Engl et deux Orange PPC412). Il est en revanche dommage qu’un grésillement persistant se fasse entendre en façade sur la batterie jusqu’à la fin du concert. S’il y avait encore des festivaliers avec la tête dans certains orifices peu nobles, il est certain que toute la Warzone est définitivement réveillée et prête à en découdre jusqu’à cette nuit.

11h43 : On a l’habitude de voir Khaos Dei dans le noir, quasi invisible pour nous autres mortels. C’est dans un bain de soleil (il y a une tente tout de même) que le groupe ouvre la Temple. Les croix inversées s’illuminent sur leur passage et c’est ainsi que démarre le set. Un chant plus clair, qui tranche avec ce que l’on entend en général sur ce style, et des riffs parfois indus à la Mysticum. Jamais soporifiques, les morceaux réussissent à se renouveler et l’attitude généreuse du groupe fait que l’on se prend facilement au jeu. Le poing levé, le public de la Temple crie pour rendre hommage au combo qui donne tout ce qu’il a, pour un show évidemment très important pour eux.

11h47 : C’est l’heure de Last Temptation ! Si l’énergie reste plutôt sobre, le travail d’interprétation, lui, est juste impeccable. Chaque accent, chaque harmonie vocale est ressentie, nos esgourdes apprécient la propreté aux petits oignons du groupe. Petit jeu participatif, le chanteur décide de séparer la fosse en deux, quand à bâbord on scande « I win », à tribord on hurle « I lose ». Quand le frontman reprend le micro par contre, peu de monde tentera de le suivre dans les aigus saturés… Un heavy sobre, moderne et entraînant : mission accomplie.

On compense comme on peut l’absence de pluie au Hellfest.

12h14 : Le fait que Klone n’ait pas plus de notoriété chez nous est tristement incompréhensible. Leur récente signature avec le label Kscope et leur présence sur la mainstage (comme en 2011) est, espérons-le, un nouveau pas en avant pour les Poitevins qui nous gratifient depuis plusieurs années d’un metal progressif de haut vol. Ce concert au Hellfest représente tout simplement trente minutes d’excellence. Trente minutes qu’on voudrait voir s’allonger : personne n’aurait boudé une heure, une heure trente de Klone aujourd’hui. Son presque parfait en façade, setlist savamment orchestrée avec l’impressionnant « Yonder » et son riff massif pour clôturer, dernier single du groupe qui ne fait qu’accroître l’attente autour de Grand Voyage, prochain album à paraître. Que dire du chant de Yann Ligner ? Parfait, comme souvent. À l’image de tout le concert. Mention spéciale à Guillaume Bernard qui enchaînera trois concerts aujourd’hui, respect.

12h20 : C’est avec un « hi » que Ryan Ferrier et sa bande font leur apparition. Le fait que les Valley Of The Sun soient passés de trois à quatre musiciens avec la récente sortie de leur album Old Gods apporte davantage de profondeur dans leurs compositions et cela se ressent en live. Malgré un premier morceau entaché par un problème de micro (voix à peine audible), le groupe de stoner américain réussit à développer un set bien énergique. Les interactions avec le public (plus souvent par des gestes) sont présentes et ce dernier le lui rend bien. Il reste quelques instants de plus afin de pouvoir prendre une photo de cet « amazing moment ». Un set maîtrisé qui a su sortir du réveil certains festivaliers déjà présents au Knotfest.

12h34 : Sous une scénographie aux couleurs de morning star, c’est une fin de matinée bien brutale que les fous furieux de la fosse viennent passer sous la fraîcheur de l’Altar. Dès la première note de Sublime Cadaveric Decomposition, ça se bouscule au portillon. La qualité est au rendez-vous, ça ne bave pas, une flying V, un micro filaire, une batterie, pas besoin de basse pour remuer la tripaille. Et pas d’anesthésie, ils opèrent à vif. Vers le cinquième morceau, l’Altar atteint ses limites d’accueil et tremble sous les coups monstrueux du batteur. Pas de regards entre les musiciens, ce sont des regards incisifs direction la fosse qui ne lâchent pas les premières comme les dernières rangées qui se rentrent dedans sans modération. Un set sans demi-mesure des Parisiens.

Uada dans la brume électrique.

12h47 : « C’est comme grandir avec la larme à l’œil et une tempête dans le cœur … », nous dit Frankie McLaughlin. C’est une Warzone pleine à craquer qui accueille The Rumjacks. « Avec nos parents, nous avons grandi dans la musique écossaise et irlandaise. En grandissant, au moment où l’on croit tout savoir, nous nous sommes heurtés à la musique punk. En effet, à leurs profondes racines celtiques du punk rock s’ajoutent des rythmes ska bien huilés et des sons populaires chantés en cœur. « An Irish Pub Song », le titre le plus connu, plus survolté que jamais, met tout le monde d’accord. En sus, les musiciens ont ramené avec eux le soleil cuisant d’Australie. Le béret vissé sur la tête n’est pas sans rappeler un illustre chanteur hard rock. Frankie McLaughlin, souvent la flûte au bec, peut compter sur ses compagnons qui assurent le taf. Ils excellent en délivrant un très bon punk solide, le tout dans un univers folk. Un « merci beaucoup » en français après pratiquement chaque morceau, ça fait toujours plaisir. La fête ainsi que la bonne humeur étaient au rendez-vous.

12h55 : C’est avec l’intro de « Into The Terrorvortex Of Kor-Virliathc » que Thomas Winkler apparaît avec son armure et sa cape verte sur la Mainstage 1. Intro vite écartée, Gloryhammer a sa guerre intergalactique à mener ! Thomas, accompagné de ses deux guitaristes, avec chacun une bière accrochée au micro (il fait soif dans l’espace !), fait bouger la fosse assez rapidement et efficacement. Il faut dire que les fans arborant un T-shirt du groupe anglais sont nombreux. Le quintet part en croisade avec, en guise d’armes, leurs instruments… et une massue géante pour le frontman. Il suffit de voir la prestation du bassiste pour comprendre qu’ils ne sont pas là pour boire l’eau des pâtes : sauts, high-kicks… Il martèle sa basse tellement fort que l’on se demande comment elle tient encore. Avec « Universe On Fire », Gloryhammer a mis tout le monde d’accord et c’est avec « The Unicorn Invasion Of Dundee » que les musiciens achèvent le set, brandissant toujours plus haut leurs masses-instruments.

13h02 : Ils sont venus nous chanter les exploits de nos ancêtres et ils le font terriblement bien. Aorlhac, l’une des nouvelles sensations black metal, n’a aucun mal à vite bien s’entendre avec la fosse. Du chant en français, des mélodies accrocheuses, des morceaux appuyés par une section rythmique puissante, le combo ne manque pas d’arguments pour séduire. Pas avares scéniquement, les musiciens arpentent de part en part les planches, ne lâchant jamais le public.

Power Trip, les yeux revolver.

13h33 : Croix de Savoie et chant traditionnel : pas de doute, il s’agit de l’introduction du seul groupe annécien du running-order, Blackrain. Le quatuor a vu sa notoriété grandir en offrant un ersatz de Guns N’ Roses dans l’apparence et certaines influences, quitte à irriter ceux qui n’y voient qu’une façade surjouée. Bandanas, jeans déchirés, cheveux au vent et vestes sans manches, il faut dire que le package est complet. Blackrain est une réminiscence des années 80 qui naturellement force un peu le trait. On ne peut nier au frontman Swan une certaine présence devant le public de la Mainstage qui croît de concert en concert. Le timbre aigu et éraillé du chanteur sied parfaitement au hard/heavy du combo taillé pour la fête, le sexe et tout le reste. On regrette néanmoins un certain classicisme justement, une exécution trop apprêtée qui peine à convaincre malgré une production d’excellente facture et des tubes à la pelle. Il faut attendre la fin du set pour apprécier le jeu de scène du guitariste lead (d’une propreté remarquable) et de Matthieu de La Roche à la basse. Blackrain agit avec professionnalisme sans jamais déborder ou transporter. Agréable sans nécessairement laisser un souvenir impérissable.

13h44 : Le gras c’est la vie, qu’ils disaient. Cult Leader, héritier de la veine hardcore la plus lourde et chaotique, envoie sa rage en pleine face. Tout se joue sur l’impact, les musiciens communient dans une verve commune, chaque note frappe sèchement. Dans son monde, le chanteur protégé par sa capuche comme cotte de maille (coucou Nekfeu) hurle à l’agonie au milieu de ses acolytes qui semblent transpirer la haine.

13h44 : C’est avec un petit vent agréable que Radio Moscow arrive dans la Valley. En pleine tournée européenne, ils font escale à Clisson et démarrent très fort avec un premier morceau aux teintes psyché blues made in USA. Plongée dans les 60s-70s : le public est conquis par les riffs claquants de Parker Griggs, accompagné de sa stratocaster et de son ampli Orange. Inspirés largement par Sabbath ou encore Hendrix, Griggs, Meier et Marrone se régalent et ça se voit. Pas de metal à l’horizon mais plutôt un flash-back aux origines de ce dernier. Une expérience auditive et émotionnelle.

« le fan torse nu du premier rang qui chante toutes les paroles par cœur »

14h18 : C’est devant un auditoire en pleine digestion (ou à deux doigts de l’être) que The Dwarves se dévoile sur la scène de la Warzone sur le fameux thème musical du « Trololol » juste avant que le break de batterie nous fasse passer aux choses sérieuses. Ou pas… Car oui, les Californiens conservent ce côté débridé et chaotique qui a sculpté leur identité depuis ces dernières décennies. Le duo vocal basse/frontman fonctionne sous amphétamines avec les éclairs « We Only Came To Get High » et « Take Back The Night ». Leur set ? Ça file tout droit, l’idée étant de rentrer le plus de titres dans les cages à miel du public avant l’heure fatidique où il faut tirer sa révérence. Décomplexés, les Dwarves vont également revendiquer leur racines soul avec « You Gotta Burn » en invitant la gent féminine à mettre en valeur ses attributs via un bon gros « Shake that ass » des familles lancé par le frontman. Classy hein. L’audience, certes attentive, n’apparaît pourtant pas transportée par l’énergie un peu foutraque du groupe. Peut-être parce que les multiples « Fuck yeah », « Motherfuckers » et le côté « punk rien à foutre » paraissent un peu convenus et manquent de panache.

14h18 : Les Finlandais de Sonata Arctica arrivent sur scène à 13h35 tapantes pour nous jouer leur power metal implacable. Après la déception du premier morceau où le son est trop aigu et le micro pas assez fort, les ingés-son rétablissent l’ensemble dès « Black Sheep ». Instantanément, la foule retrouve toute la puissance du groupe. Tony Kakko s’amuse avec le public comme à son habitude. Les musiciens font chanter leurs instruments au cours d’un set calibré et propre où les solos, maîtrisés sur le bout des doigts, apportent une célérité des plus épiques. En terminant le show par « Life » (suivi d’une outro démentielle), Tony prône la célébration de la vie, du festival, d’être ensemble. C’est beau.

14h23 : Les loups hurlent et l’intro se lance devant une Temple quasi pleine : la meute est au rendez vous. Il faut dire que le nom d’Uada a bien tourné ces dernières années et fait désormais partie des incontournables de la scène black. Les encapuchonnés arrivent sous l’ovation du public ; c’est parti, la bête est lâchée. Pas de lumière, que de la fumée et les musiciens en fusion avec leurs morceaux. Le public suivra avec quelques mouvements de foule, entraîné par la passion qui se dégage de la scène.

Alexis Duracell Marshall (Daughters)

15h07 : Aucune pitié. Ce Conan-là ne boit pas dans le crâne de ses ennemis, mais il les écrase et ne laisse que poussière. Conan est une référence doom/sludge de ces dernières années. Lourdeur constante, guitare et basse d’un gras des plus généreux : c’est le rouleau compresseur de la journée. Une cascade de riffs enivrants, peut-être longue pour certains, mais qui aura tout de même rempli la Valley. Même si entre Lofofora et Daughters le choix pouvait être compliqué, le trio a labouré Clisson. Prochain rendez-vous le 15 novembre à Paname.

15h13 : Un Lofofora sur scène et des lofofurieux dans le pit, beaucoup de lofofurieux. Le premier morceau « Le Fond Et La Forme » annonce la couleur d’un live « sans pyrotechnie, sans reprise de Johnny, sans éléphant… mais on s’en fout parce qu’on est Lofofora ! » comme l’annonce Reuno avec son petit sourire en coin habituel. Pas d’éléphant donc, mais du slam à foison, parfois avec fauteuil roulant, le tout sous les paroles hurlées et engagées de Reuno dont les yeux feraient transpirer un parrain de la pègre. Le frontman fou annonce dans la foulée la sortie du dixième album du groupe avant la fin d’année. Il en sera dévoilé un morceau, « Le Futur ». « L’Œuf » conclura un set ultra pêchu dans un déluge de pogos. Trente ans après sa formation, Lofo hurle comme au premier jour.

15h24 : Accueillis par une tête de mort fumeuse en backdrop, les fans de Daughters tremblent et tout l’Altar avec. Alexis Marshall, complètement survolté et allumé, se démène comme un dingue avec ses compagnons de scène. Malgré quelques problèmes techniques, l’énergie ne fait que monter en puissance, et ce jusqu’à l’ultime minute.

Instant douceur à la Warzone.

16h01 : Les derniers adeptes essayent de se faire une petite place devant la Temple alors que la grande messe bordélique de TrollfesT a déjà conquis la foule : les premiers rangs jumpent au rythme rigoureux de Trollbank et de sa troupe de joyeux drilles. L’audience plus éloignée se dandine avec retenue mais ne se montre pas pour autant avare en applaudissements entre chaque morceau. Deux costumes gonflables de dinosaures ne sont pas passés inaperçus et ont eu droit à un petit commentaire amusé du chanteur avant de poursuivre un set suffisamment bien construit pour ne pas laisser l’ambiance retomber. Ainsi les Scandinaves délivrent un folk metal accrocheur et dense, où le blast vient côtoyer les mélodies suraiguës (à éviter en cas de gueule de bois), le tout parsemé d’un chant rugueux implorant le chaos et la fête. Et le public adhère sans bouder son plaisir lorsqu’il se livre au rituel du « sit down »/ »stand up » dicté par le frontman. Côté scénique, TrollfesT a beaucoup travaillé son sujet : entre le jeu de lumière, les costumes kitchissimes, les instruments couverts de guirlandes et la gestuelle désarticulée des artistes, tout contribue à donner une sensation de parade déglinguée. Bienvenue au pays des Trolls.

16h24 : Après une intro tonitruante, Godsmack déclenche son set de manière on ne peut plus énergique. Sully Erna et comparses veulent démontrer qu’ils en ont sous le pied et c’est sous un soleil de plomb que la magie opère. Quasiment tout le monde en prend pour son grade, que ce soit dans la fosse, dans la zone VIP et même aux abords de l’Altar. Le soleil, combiné aux efforts physiques du pit, pousse chaque festivalier à trouver le peu d’air frais circulant… ou à s’asperger mutuellement d’eau (ou de bière). La prestation d' »Awake » est grandiose, le batteur, à grands coups de baguette, martèle ses fûts comme si sa vie en dépendait. Le frontman après un « Hellfest is alive! » remerciera chaleureusement les festivaliers de l’honneur qu’ils leur font en les soutenant après toutes ces années. Les tubes s’enchaînent et, après un « Say My Name » cyclonique, plusieurs fans doivent être sortis par la sécurité (pour leur propre sécurité). Par ailleurs, une battle entre Sully et son propre batteur est mise en scène, une deuxième batterie est installée sur scène, face à la première, chacun se répondant à coups de double pédale et roulements stylés. Une énorme slave de fraîcheur dans cette après-midi un tantinet cuisante.

Kvelertak revitalisé.

16h29 : Eh bien finalement, c’était plutôt marrant. No Fun at All débarque sur la Warzone devant une fosse pas très compacte, plus composée de curieux que de fans acquis. Et puis, petit à petit, face à la qualité indéniable du groupe, le pit commencera à prendre forme. L’heure est au punk de la vieille école, un punk à la Bad Religion (dont on reconnaît une ressemblance entre les deux chanteurs) avec évidemment une énergie qui lui est propre. Et visiblement le fan torse nu du premier rang qui chante toutes les paroles par cœur a l’air fin content. Alors on va l’être pour lui aussi.

16h40 : À peine entré sous la Valley, on comprend très vite que le prochain concert ne rassemble pas un public présent pour se prendre douze morceaux en trente minutes avec un tempo à 220 bpm. My Sleeping Karma fait partie de ces formations qui demandent une certaine disponibilité chez l’auditeur et se proposent de l’hypnotiser (certains se faciliteront d’ailleurs la tâche avec certains adjuvants d’origine naturelle). Dans cette optique, pas d’artifices de communication, pas d’esbroufe. La performance instrumentale se suffit à elle-même et l’audience le sait. Au travers de morceaux alternant contemplation méditative et catharsis rugueuse, les musiciens allemands feront avant tout parler leur sens de la nuance et de la méticulosité. Ayant fait l’économie du chant depuis longtemps, l’exécution extrêmement propre des peplums s’articulera souvent autour d’un thème de guitare mélodique répétitif qui trouvera son apothéose dans un magma propulsé avec un appui palpable par la section rythmique qui n’est pas sans rappeler certains titres épiques de Russian Circles. Le tout est enveloppé par un clavier atmosphérique discret mais efficace. Le public vient y chercher son petit voyage intérieur tout en étant attentif et ouvert à l’énergie significative du stoner psychédélique façonné par My Sleeping Karma. Ils nous laissent ainsi poursuivre la journée dans un état un peu en décalage avec l’ambiance plus tranchée et immédiate du reste du festival, ce qui n’est pas pour déplaire à la foule qui a su témoigner de sa satisfaction quasi spirituelle.

16h47 : Vingt-cinq ans de carrière. Après avoir enflammé la Mainstage il y a quelques années, No One Is Innocent revient avec son lot de diatribes engagées balancées à un monde qui ne tourne pas rond. Sur les routes depuis le 23 mars avec leur Frankenstein Tour, Kemar et consorts sont fidèles à eux-mêmes, surexcités et dopés au rock. Marine Le Pen prendra sa petite douille avec « La Mauvaise Haleine », avec un petit « la jeunesse emmerde le Front National » scandé par le pit. On ne peut éviter « la peau »! Un triomphe. Shanka fait rugir sa gratte, la voco de même, frissons garantis. Pour le dernier morceau « What The Fuck », surprise, Niko des Tagada Jones se joint à No One. Apogée du concert, foule en délire, la journée spéciale « Frenchies » a belle allure.

Toi là-bas !

16h48 : Oubliez vos dents, vous risquez de les perdre. Jouant hier à Paris avec Municipal Waste, Power Trip est sans pitié. Bien que la setlist ne change presque jamais, dès les premières notes, toute la foule se met d’accord et fonce dans le tas. On n’a pas envie de sourire, on veut taper. En gros. Le prochain qui passe avec sa bière, on lui pique et on lui colle dans la tronche, voilà l’effet Power Trip. Que de la haine que l’on transmet volontiers à son voisin. Les slams se libèrent enfin à l’Altar et la guerre est déclarée, il ne faudra que quelques riffs, quelques titres pour que tout cela se transforme en no man’s land. Tout le public chante les hymnes en cœur, « Executioner’s Tax (Swing of the Axe) », « Firing Squad »… Le chanteur prend le temps de demander à faire du bruit pour Carcass, Possessed et Pestilence. Du lourd. On aurait juste aimé envoyer plus de personnes à l’infirmerie.

17h32 : Tous les festivaliers ne le savent pas forcément, mais l’édition 2019 a le mérite de présenter un véritable événement du power metal. En effet, Demons & Wizards fait office de rareté sur scène. Ce side project réunissant des membres de Blind Guardian et Iced Earth fait son grand retour cette année et ceux qui se sont penchés sur les deux opus du groupe parus en 1999 et 2005 sont impatients de voir la suite de ces deux chefs-d’œuvre du power allemand. Pour l’heure, l’alliance revient sur les planches du Hellfest et l’événement est inratable pour les fans. Jouant des classiques comme « Touched By The Crimson King », ils vont également jouer des reprises de leurs répertoires respectifs avec « Burning Times » de Iced Earth et « Welcome To Dying » de Blind Guardian. Le chant d’Hansi Kürsch, qui lève solennellement les bras dès le premier morceau, est irréprochable et s’associe parfaitement avec les chœurs, donnant l’aura particulière des compositions du combo, tandis que Jon Schaffer – presque méconnaissable avec ses cheveux court et la barbe teints en blanc immaculé – assène ses riffs tranchants comme des rasoirs. Le public est bien présent mais assez éparse, il est facile de se frayer un chemin. Peut-être parce que la France n’est pas un terreau très fertile pour le power. Pourtant la tête d’affiche heavy/power du jour s’est lâchement défilée… Le combo fait honneur au style fièrement représenté et apprécié malgré tout par l’audience avec une prestation quasi sans faille. Allez, si, pour faire les Français chafouinés, le titre « Dorian » aurait été bienvenu dans le set… Mais nous leur pardonnons et attendons leur prochain passage par chez nous pour qu’ils se rattrapent !

17h39 : À peine deux albums et déjà The Interrupters jouit d’une réputation confortable qui ne demande qu’à grandir. Protégée de Tim Armstrong (Rancid), Aimée Interrupter assistée de la fratrie Bivona propose un ska-punk inspiré de la vague californienne punk rock de la fin des années 90. Intro reggae qui sent bon la crème solaire et costumes de circonstance, The Interrupters a de quoi décontenancer les puristes de la Warzone. Aimée est l’archétype de la personne avenante, à même de vous communiquer sa bonne humeur quel que soit votre grammage (ce que certaines personnes au premier rang, chancelantes, ne contrediront pas). La musique des Californiens est légère, y compris dans ses aspects les plus agressifs. Le public se plaît à sautiller en scandant « I don’t want to die » ou « This is my family ». Les pogos n’en ont pas vraiment l’air, ils prennent la forme d’une sorte de gigantesque farandole menée au doigt et à l’œil par la chanteuse qui n’hésite pas à s’offrir des bains de foule. Probablement l’un des moments les plus légers et les plus exaltants de cette journée, notamment pour ceux qui ont perdu des litres de sueur dans les circle pits impromptus lancés par le groupe…

17h45 : Pas d’entrée fracassante : Diamond Head, à l’image de l’artwork de son dernier album The Coffin Train, fonce sur le Hellfest avec son heavy bien chargé. Le nouveau frontman, Rasmus (dont la voix rappelle au passage Sean Harris, chanteur originel, sur les aigus), apporte une fraîcheur et une nouvelle dimension au groupe. Le chanteur harangue le chapiteau par ses nombreux « Make some fucking noise! ». Impressionnants de longévité sur scène, le groupe pourrait prêter à confusion : avec la sauvagerie qui découle de leur set et le plaisir qu’ils arborent à jouer ensemble, ils pourraient tout à fait passer pour de jeunes loups morts de faim. Les titres se suivent avec toujours autant de puissance et de maîtrise. Le public (de la petite de huit piges devant moi, au plus ténébreux) s’éclate. Le groupe le gratifie du nouveau « Belly Of The Beast », puissant et sacrément burné en live ! « Messenger » du dernier album aura son heure de gloire également. Le son est bien calibré, les jeux de lumière en parfaite harmonie avec les morceaux. Le groupe finit par son titre phare « Am I Evil? » et comme nous sommes en enfer… la réponse est très simple à deviner.

18h33 : Pestilence est une entité presque increvable. Après avoir connu deux séparations dont la dernière en 2016, le groupe néerlandais officie toujours, prompt à défendre son dernier album, Hadeon (2017). Petit bémol cependant, ceux qui ne connaissent pas la musique de Pestilence, même familiers avec le death technique, risquent de s’y perdre. Si le chant est plus qu’audible, le reste des instruments se noie dans un brouhaha incompréhensible où les guitares âcres finissent d’achever les tympans. Le rendu global en devient presque parodique : on pourrait utiliser des extraits de ce concert pour illustrer tous les préjugés quant à l’inaccessibilité du death. Pourtant Pestilence respire la maîtrise, à l’instar des soli chirurgicaux et d’une section rythmique… dense. La production seule lui fait défaut. Le cachet old school a du bon, mais pas quand il frôle l’obsolète.

18h30 : Après Radio Moscow, le flambeau seventies est repris par All Them Witches. Si vous aimez les solos fiévreux et les voix suintant les US, vous allez être servi. Musique essentiellement instrumentale, le tout est planant à souhait. On sent également les relents de musique expérimentale avec des paroles s’apparentant presque à des discours de masse. Tout cela pendant que la batterie tabasse derrière et que la guitare dopée d’effets jusqu’à la moelle s’amuse sur les riffs.

18h38 : La journée Frenchy continue avec un groupe désormais incontournable de la scène metal moderne, les Marseillais de Dagoba qui ont tout de même une histoire familière avec le Hellfest. En effet, le titanesque wall of death de l’édition 2014 leur avait donné une aura certaine sur YouTube et à l’étranger. Alors Shawn en veut. Il a faim. « Marseillais loin d’être fatigué », dira t-il. Réclamant un circle pit dès le premier morceau, le public s’exécutera. Et ça tourne grand, et ça tourne fort… Car il n’y a pas que le groupe qui est énervé, le public aussi, même quand le soleil tape. Quelques jets de flamme sur le cyber Dagoba plus récent et le retour de la slammeuse en fauteuil. Pour le reste, pas grand-chose de nouveau (line up à part, évidemment). Dagoba fout le bordel, avec un son ni excellent ni mauvais, un Shawter démonstratif et une bouteille de whisky à côté de la batterie… En vérité, personne n’en demande davantage dans ce nouvel épisode des Marseillais à Clisson, car ils arrivent toujours à faire sauter des culs et la réception est toujours très bonne en face de la scène. Et la tentation est évidemment trop forte… Peut-on faire encore un wall of death plus grand qu’en 2014 ? Shawter en a bien l’intention, quitte à attendre 2 minutes que le wall se fasse… Verdict ? Pari réussi. Le mur de la mort ira jusqu’à la console son et se fermera de bout en bout. Devant la Mainstage2 on observe la performance sur l’écran géant, et quelques applaudissements surviennent. Car oui, les concours de zizi contre soi-même, c’est vachement divertissant. Encore un autre pour le dernier morceau ? Ne serait-ce pas lassant à force ? Eh bien non, et c’est reparti pour la même avec la même taille… Attention tout de même de ne pas trop jouer à un jeu, on pourrait finir par le casser.

19h45 : Dans le grand débat « Quel est le meilleur groupe de metal progressif ? » auquel prendre part est inutile, le nom de Dream Theater revient toujours. Il faut dire que la formation a indéniablement redéfini le genre au fur et à mesure des années. Dream Theater, c’est une technique et une force de travail incroyable. Cela fait une décennie que le groupe ne s’était plus produit au Hellfest. De quoi ressentir des frissons à l’écoute de l’introduction d' »Atlas » qui annonce l’entrée des virtuoses. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le son est parfaitement équilibré, que ce soit pour les basses, le timbre de LaBrie ou les élans de Jordan Rudess et John Petrucci (seule la grosse caisse de Mike Mangini se trouve parfois en retrait ou trop en avant). À ce propos, observer Mangini atteindre ses cymbales haut perchées est propice à un jeu scénique pour le moins insolite. Dream Theater a pris le soin de proposer une setlist adaptée à une audience avide de riffs, à l’instar du jubilatoire « As I Am » et de « Fall Into The Light », et ses élans thrash old school, qui s’ensuit. D’une prestation qui s’annonçait sous les meilleurs auspices, on dérive cependant progressivement vers une démonstration peu engageante. Certes la musique de Dream Theater a des aspects contemplatifs mais elle vient briser le rythme croissant de la journée. Le set des Américains connaît une baisse d’intensité à l’image du chant de James LaBrie qui conserve à peu près sa justesse mais perd en énergie. Dream Theater retombe dans ses travers, un jeu de va-et-vient entre l’impressionnant et le barbant (« Barstool Warrior »). John Petrucci fait toujours office de sauveur dès qu’il amorce un solo. Ça fonctionne une fois mais le guitariste ne peut pas porter le set sur ses épaules. C’est d’ailleurs le seul qui cherche une forme de communion avec le public, même le frontman a tendance à rester en retrait. C’est en réalité un concert plein de contrastes. Dream Theater est au-dessus du lot lorsque tout le monde semble transporté par la musique, mais l’immersion est entrecoupée de « remplissage ». La recette d’un immense respect mais d’un plaisir moindre.

19h52 : L’idée de former ce groupe de reprises d’artistes des années 60-70-80 (principalement) mais aussi de R’n’B, de country et de divas de la pop est venue de Spike Slawson (chanteur dans Me First et bassiste/chanteur dans Swingin’ Utters). Il réunit donc autour de lui (en 1996) des artistes éminents de la scène punk rock mélodique des années 90 : Fat Mike (basse et également chanteur de NOFX), Joey Cape à la guitare (et accessoirement la voix de Lagwagon), Chris Shiflett (ex-No Use For A Name et actuel Foo Fighters) à la seconde guitare ainsi que Dave Raun (batteur de Lagwagon). C’est ainsi qu’est né Me First And The Gimme Gimmes. Et ça reste toujours aussi kitch. Le code couleur employé sur la scène de la Warzone est le jaune poussin brillant et le blanc, plus ou moins brillant lui aussi. Moins flashy qu’à l’accoutumée. Le line-up aussi est différent, avec Stacy à la guitare. Premier morceau de Cher avec « Do You Believe », au Hellfest, oui. Sur les morceaux très courts et efficaces, le public crowdsurfe avec entrain. Les reprises sont fidèles avec quelques accélérations rythmiques mid-tempo typées punk rock. Très linéaire mais efficace en somme. Un public mitigé, d’autant que notre chanteur nous répète encore et encore comme un sermon le nom de groupe, leur ville d’origine… Un chouilla rébarbatif. L’ambiance est pourtant bonne, mention au passage avec Spike Slawson au ukulélé et une jolie ballade en prime. Le titre mythique « I Will Survive » sera très bien exécuté, les Gimmes sont rodés. Une machine bien huilée même si l’humour et la déconne sont les principaux adjectifs qui nous viennent quand on les connaît. Merci donc à Me First And The Gimme Gimmes, San Francisco, Californie !…

19h54 : Un triple six sur la gueule, petites croix à l’envers, un son bien crado et de la bonne violence musicale : Impaled Nazarene a tout pour plaire au collectif Provocs Hellfest, jusqu’à son nom. D’ailleurs les Finnois n’ont jamais caché leur intention, ça joue vite et frontalement. « Are you ready to die ?! », le frontman chauffe la foule pour faire gentiment la guerre, et même si ça remue les têtes sur quelques riffs black thrashy irrésistibles, la fosse ne se fera pas franchement la bagarre immédiatement. La sauce prendra progressivement chez les acharnés du devant du pit qui deviendront progressivement les chouchous du chanteur. Des samples coup de feu, des petits cris, des « Hail Satan » et des incitations à boire, tout est toujours très fin avec Impaled Nazarene… Les musiciens sont statiques, le chanteur nous beugle dessus et s’autorisera même une cigarette (car c’est trve) tout en chantant. Indubitablement, c’est le vieux répertoire qui fait mouche sur les quelques connaisseurs qui composent l’audience éparse de la Temple… Évidemment, l’hymne « Winter War – Total War » conclut le set et fera lever les poings et scander le public. Les musiciens nous saluent en redonnant leur nom et par un petit « Fuck off » toujours bien sympa à recevoir, comme un tendre baiser sur la joue.

20h42 : Le public de la Valley se contentera de quelques larsens comme prélude à la prestation des Suédois de Graveyard. Ici, on ne s’embarrasse pas du superflu : on vise du rock sous stéroïdes ultra efficace accrochant l’oreille et démangeant les hanches, à l’instar d’un Truckfighters. Le deuxième morceau avec son rythme chaloupé et ses voix entremêlées illustre parfaitement ce mélange et emporte définitivement l’adhésion des festivaliers. Le frontman s’acquitte avec intensité de sa tâche de leader vocal, à tel point qu’on sent que c’est lui qui mène la danse, ses partenaires de scène suivant ses impulsions comme autant de fils d’Ariane dans le tumulte. Cette hyper-focalisation sur le guitariste/chanteur nous ferait presque regretter comme une certaine distance vis-à-vis des autres musiciens qui semblent retranchés dans leur rôle de soutien malgré quelques mises en avant grâce à des solos ou des couplets chantés par le bassiste. Mais qu’importe, il faut se laisser capturer par la présence et le charisme de l’homme à la guitare rouge pétant en demi-caisse, un point c’est tout. Le climax de chaque morceau est atteint avec un groove et une facilité d’exécution déconcertante, notamment grâce à la qualité du son des artistes suédois. Le son de Graveyard fait preuve de beaucoup d’équilibre avec une masse instrumentale épaisse qui sait quand être suave, quand être mordante et quand enterrer son auditeur sans jamais abandonner un instrument dans le mix. Du pur fucking rock ‘n roll on vous dit.

20h44 : Iron Maiden, Gojira, Rammstein, Ken Le Survivant… La moulinette d’Ultra Vomit n’épargne personne. Dotés d’un son diablement précis, les quatre Nantais nous apprennent « les bonnes manières » et font plonger l’immeeeeeeeeeense fosse dans une folie délirante. Il serait impossible d’être exhaustif tant les blagues vaseuses et jubilatoires fusent entre les zicos. Le Vomito Circus arrive à faire scander « ouaf-ouaf » à tout le monde, à faire venir un fake Calogero (sur « Calojira »), à briser la nuque (oui, la nuque) de milliers de personnes avec un Takoyaki maxi-grindé… Vont-ils finir sur « Pipi vs Caca » ? La réponse est non. S’ensuivent des flammes, un danseur, appelé « le mec des canards », des confettis, et bien sûr… le sacro-saint « Evier Metal ». En bref, un concert en accord avec la description Facebook du groupe : « Ultra Vomit est un groupe de metal peinard c’est-à-dire que c’est du metal mais plutôt peinard. Sans aucun rapport avec cette merde de metal tranquille. » Indubitablement, oui.

20h52 : Par où commencer… ils sont de Norvège et font du punk/black’n’roll à trois guitares. Connu pour faire son entrée en portant une tête de hibou et pour faire les premières parties de Metallica sur sa tournée européenne, Kvelertak est de retour au Hellfest avec son nouveau chanteur. Nouveau chanteur qui s’avère, rassurez-vous, un nouveau souffle pour le groupe, au moins aussi fou et punk que son prédécesseur, si ce n’est plus à voir comment il se désarticule et entraîne ses comparses. L’homme arrive la bière à la main, blouson en cuir, sur le départ d' »Aperbaum ». Le chaos absolu qui s’ensuit rappelle The Dillinger Escape Plan : le chanteur court partout, saute dans la foule, le bassiste également… Ce qui n’empêche pas la bonne exécution des morceaux, avec des harmonies de guitares (il y en a trois, plus la basse qui s’en mêle…) riches qui font systématiquement mouche. Évidemment, sur la fin du set le drapeau géant est de sortie, seul héritage scénique de l’ancien chanteur. Contrairement au set de Power Trip qui dégageait de la haine, celui-ci donne envie de frapper son voisin certes, mais avec le sourire.

22h04 : Comme nous l’affirmaient les deux chanteurs de Dropkick Murphys quelques heures avant leur passage sur la Mainstage1, la présence d’un groupe de punk au milieu de tout ce metal ne peut apporter qu’une diversité bienvenue. C’est d’autant plus vrai quand il s’agit de punk celtique, et le public du Hellfest les accueille avec l’enthousiasme des grands jours. Même si le set s’ouvre par un « The Foggy Dew » militant version Sinéad O’Connor, DKM connaît manifestement le public des festivals et privilégie les classiques ultra-entraînants, comme « Rose Tattoo » ou « The Irish Rover », plutôt que les textes plus engagés. La setlist provoque ainsi levées de bière et curieux mélanges de gigue irlandaise et de circle pit. Entre accordéon et cornemuse, pyros et serpentins, l’énergie sidérante des Dropkick Murphys fait oublier la fatigue inhérente à une fin de jour 2 le temps de 70 minutes. Pour finir en beauté, le groupe quitte la scène sur l’inévitable « I’m Shipping Up To Boston » et donne envie à l’ensemble du public d’aller se resservir une bière. Il n’y aurait pas un stand de Guinness quelque part ?

22h11 : Les gens ont tendance à cliver le monde. Le gentil et le méchant, le yin et le yang. Le bon metal et le mauvais metal. De ce raisonnement, posons donc cette question absurde, maintenant qu’il y en a deux : y a-t-il un bon et un mauvais Venom ? À votre bon plaisir de répondre à cette fausse question metalo-philosophique, mais c’est bien à la deuxième version de Venom, Venom Inc., de fouler les planches de la Temple. Il faut dire que ces derniers temps, l’un a plus déçu que l’autre. Et chez les deuxièmes du nom, ça thrashe. Et ça thrashe bien. Pas d’artifice, de démonstration de puissance, non, juste trois musiciens d’un certain âge encore bien énervés et qui envoient du steak. Le son est clean, les basses tapent quand il faut, et le public ne demande que ça. Les titres totalement made in Venom Inc. tels que « Forged In Hell » fonctionnent comme s’il s’agissait déjà de titres indémodables. Car non, reprendre uniquement du Venom serait céder un peu à la facilité… Le trio sait naviguer dans tout ce qu’il a pu faire, avec du riffing comme unique horizon. Les classiques comme « Black Metal » et « Countess Bathory » ne seront évidement pas épargnés et réservés pour la dernière partie de set. Mantas vêtu de ses lunettes et de son bandana arpente la scène, King derrière le fût a la gueule béante et la sueur généreuse pendant que Demolition Man chantant en position Lemmy ne manque ni de souffle ni d’énergie, ayant parfois un quelque chose de bestial dans sa prestation. Alors, nous ne savons pas s’il y a un bon et un mauvais Venom, mais une chose est sûre : Venom Inc. fait du bon thrash.

22h21 : Il est de retour, suite à une retraite de presque dix ans, et on se rend compte aujourd’hui a quel point le rock avait besoin de lui. Après un premier album solo, Egomania, bourré de hits, indécent de qualité et de fun, il ne lui restait plus qu’à confirmer ce spectaculaire comeback sur scène. Hank Von Hell est dans la place. Grimé comme à l’époque de Turbonegro, mais avec quelques kilos en moins, le frontman est de toute évidence en grande forme. La Warzone est peu remplie, avec tout juste quelques vestes Turbojugend dans les premiers rangs, mais pas de quoi décourager Hank Von Hell et son backing band qui font le show. Introduction parfaire avec la montée en pression de l’intro d’ « Egomania », puis c’est l’explosion avec « Pretty Decent Exposure ». On aura évidemment le droit à quelques hits de Turbonegro, à l’instar de « Selfdestructo Bust » ou de l’incontournable « I Got Erection » chanté par une partie du public dès la ligne de basse lancée. Avec Hank Von Hell, on s’éclate, on chante et puis on se marre avec ses interversions drolatiques, comme lorsqu’il présente son bassiste Jean Genus, « un Français piégé dans le corps d’un Suédois » ou lorsque sur « Bum To Bum » il demande au public de danser en se tapant fesse contre fesse (dont une partie s’exécutera et ce qu’il fera lui-même sur scène avec son guitariste). Plus sérieux avant « Dirty Money », il raconte que la dernière fois qu’il s’est produit en France, la monnaie était encore le franc, une monnaie avec laquelle on pouvait acheter de l’amour, alors qu’aujourd’hui, avec l’euro, on achète plus que de la haine. En offrant une véritable leçon de rock et de showmanship, Hank Von Hell a prouvé que les vraies et authentiques rock stars existent encore.

22h54 : Malgré la notoriété et la récente renaissance de Possessed avec son album de début d’année, le quintet débute sa performance devant une Altar qui n’a pas atteint sa pleine capacité, tant sur la jauge que sur l’ambiance. Mais très vite, les artistes emmenés par Jeff Beccara se montrent incisifs et font parler leurs compositions nerveuses. Le son âcre et décharné des guitares pique de prime abord, mais force est de constater qu’il trouve une place de choix dans le mix global qui reste très propre. De la même manière, le frontman scande sans relâche et avec définition tout au long des morceaux frénétiques. Car c’est ce qui frappe le plus dans ce concert : la frénésie. L’audience n’a pas le temps de respirer que le prochain titre s’enchaîne sans prévenir, les riffs défilent à la vitesse d’une mitrailleuse MG42 sans surchauffer. Après trente minutes de set, Possessed marque une brève transition mélodique à base de sample avant de reprendre sa cavalcade infernale qui ne laisse personne indemne. On pourrait toutefois déplorer un certain isolement des guitaristes et du bassiste qui ne semblent pas enclin à bouger ne serait ce que d’un millimètre. La spontanéité en prend donc un coup. Après consultation de Jeff, il se trouve que la majeure partie du public de l’Altar voit le groupe se produire pour la première fois, seule une poignée de fans de la première heure (probablement issue des années 80) ayant déjà assisté à un concert de Possessed. Ce constat pourtant simple de « renaissance » est alors appuyé par quelques mots touchants du chanteur qui se félicite de la résilience du groupe. Résilience qu’on ne pourra qu’admirer lorsque le groupe tirera fièrement sa révérence pour laisser continuer la soirée de ce vendredi.

23h07 : Un concert spécial était annoncé depuis un an pour le Hellfest 2019, et pour cause… C’est la première fois que Mass Hysteria occupe une telle place sur l’affiche du Hellfest. Propulsés sous la tête d’affiche du vendredi, les furieux pouvaient attendre un concert d’anthologie. Et ils sont venus en nombre. Un grand rideau Mass Hysteria couvre la scène et la voix de Mouss revenant sur cette journée française d’exception se fait entendre, énumérant les noms de ses collègues… Puis enfin le leur, tout en se lançant avec « Ma Niaque ». Le public s’attend à en avoir plein les yeux, et c’est effectivement le cas : pyrotechnie sur « World On Fire » et « Se Brûler Sûrement », soldats sur les écrans géants pendant « L’Enfer Des Dieux », et autres joyeusetés en guise d’effet visuel. Nous retrouvons les Mass habituels parlant un peu politique, mais sans en faire trop cette année, de la fraternité entre metalleux, des révoltés, du Hellfest sans conflits, etc. Mais même si on l’entend dans sa voix et le devine dans le regard du batteur Raphaël Mercier, les Mass sont quelque peu impressionnés ce soir. « On se rend pas compte au début, mais on a les frissons », évoquant même des « érections pileuses ». A la fois excités et ayant un peu le vertige devant cette foule, ceux qui jouent quasiment en local assurent le show en faisant bonne part à Maniac et Matière Noire. Les nouveaux titres fonctionnent très bien sur le public qui s’exécute sur des « circles pit de ouf » comme l’a réclamé Mouss, et sur un gigantesque wall of death sur « l’hymne du hellfest », pour reprendre ses dires, qu’est « Plus Que Du Metal »… L’émotion des musiciens est palpable et se transmet par cette énergie scénique hors norme. Si Mouss s’essouffle parfois, cela ne semble pas compromettre la singularité du concert qui est sans doute le plus important de toute leur carrière (comprenant un Olympia malgré tout) et qui sera par ailleurs marqué d’un DVD. Sepultura a eu son Rock In Rio, Mass Hysteria a désormais son Hellfest.

23h54 : « Je pense qu’une des choses qui nous a gardé inspirés à travers les années c’est d’utiliser la musique pour évacuer nos frustrations. Avoir la liberté de me défoncer la voix complètement à chaque fois que j’enregistre, c’est une expérience très positive pour moi. » Milo Aukerman, Descendents. Et c’est précisément ce qu’il retranscrit sur cette scène de la Warzone. Il est un peu plus de 23h et nos dinosaures du punk (rien à voir avec Denver) n’ont pas pris une ride. Leur punk énervé, typique, non plus d’ailleurs. Les Californiens jouent les classiques, les meilleurs. Ceux qu’ils préfèrent aussi, évidemment « Good Good Things » ou encore « I’m Not A Punk ». Les quatre amis, sans trop se la péter après une aussi grande carrière, s’éclatent. On oublie très vite les lunettes de vue et les cheveux grisonnants. Un punk léger, plus mature, même si cela peut paraître contradictoire, c’est le cas ce soir. Descendents fait ce qu’il sait faire le mieux, un punk efficace et simple. Les plus anciens du pit ont le regard luisant, se disant peut-être face à cette énergie positive : « On a encore la vie devant nous ! »

00h06 : Le Hellfest de jour, c’est beau. Le Hellfest de nuit, ça tue. (Oui, on aime les grosses flammes.)

00h07 : Événement sous la Temple : Hellhammer ou le premier projet de Tom G. Warrior avant Celtic Frost. Devant une sommité de la musique extrême, car on ne compte plus les groupes qui le citent en référence (Metallica en aura même fait une reprise en Suisse), que ce soit dans le death, thrash ou black, il est un peu triste de voir que la fosse n’est pas débordante de festivaliers, tant ce concert fait partie des raretés de l’affiche. Peut-être que si le nom de Celtic Frost était apparu, plus de monde se serait empressé de venir. Des titres jamais joués en live et un frontman (dont vous pouvez retrouver notre toute récente interview ici) très discret sur la scène. Une setlist composée évidemment des démos et autres singles du groupe tels que « Crucifixion ». Un triomphe pour les fans.

00h46 : Pour pallier les frasques de Manowar qui laissent des milliers de festivaliers sur le carreau (selon eux, la faute est au Hellfest, on attend impatiemment la réponse du festival à ce sujet…), il fallait un gros calibre. À ce petit jeu, Sabaton fait office de remplaçant de luxe. Introduction grandiloquente, grands drapés qui laissent entrevoir les silhouettes des musiciens, flammes qui jaillissent sur les coups de caisse claire : le Knotfest aura servi de répétition générale pour la prestation impromptue de ce soir. Sabaton compte faire oublier l’absence des maîtres du slip fourré. Il suffit de constater la banane de Joakim Brodèn pour comprendre que les Suédois sont aussi à l’aise devant les audiences gargantuesques qu’en salle de répétition. Peut-être même davantage. Les hymnes guerriers sont sublimés en live, quitte à faire exploser toute notion de retenue. À ce stade, évoquer la production de Sabaton devient inutile : tout est ciselé dans les petits détails et vise à offrir une expérience grand spectacle plus qu’un concert. Le public est invité à scander avec les lyric-video diffusées en arrière plan (« Resist And Bite » s’y prête particulièrement avec ces élans d’eurodance). Joakim Brodèn s’adresse au public en ironisant sur sa présence, « a fucking turn of events ». Il s’amuse de la propre condition du groupe, légèrement éméché si l’on atténue ses dires. Ça ne l’empêche pas de lancer « Fields Of Verdun » en grande trombe, mais non sans faire part de ses difficultés vocales et laisser le guitariste Tommy Johansson chanter la chanson qu’il n’avait pourtant jamais chanté auparavant… Même diminué, Sabaton en impose. Les projections transparentes des musiciens en arrière-plan ont un goût kitsch des plus plaisants et rajoutent au second degré de la prestation. Le grandiose s’accentue lorsque l’armée de Sabaton débarque sur scène en costume militaire du début du XXe siècle et chante en chœur. Le blitzkrieg contre la sobriété a porté ses fruits. Sabaton a la discrétion d’un Stuka à un détail près : il attire plutôt qu’il effraie. Joakim continue de faire rire avec une voix complètement enrouée (ce sont les deux guitaristes qui auront finalement assuré le chant quasi tout au long du set), incapable de parler correctement avant d’annoncer péniblement « Shiroyama ». On aura connu introduction plus sentencieuse. Les festivaliers se plaisent à mimer des combats d’épée. Il ne faut pas nier ce qui se passe : ce show de Sabaton profite de son imprévisibilité pour devenir un grand bordel où tout le monde se prend au jeu. Dans tout ce tumulte, il ne faut pas oublier de rendre hommage à l’extrême propreté des musiciens, notamment des guitaristes qui exécutent leurs leads sans accrocs, avec de multiples élans de virtuosité. On reste quand même davantage béats devant l’apparat de char de combat qui embellit la batterie… « Carolus Rex » et son riff martial assisté de samples gothiques marque un tournant dans le set de Sabaton, prompt à emprunter un registre plus sérieux. Si les milliers d’artifices brisent la monotonie du titre, Sabaton n’est jamais aussi efficace que lorsqu’il s’illustre dans un registre plus rapide. La performance à retenir reste celle du frontman qui malgré sa quasi-incapacité à chanter ne cesse de communiquer avec la foule. On ne pourra jamais reprocher à Sabaton l’absence de membres charismatiques. Sabaton se paie même le luxe de célébrer le Midsommar à la suédoise, avec une table, des victuailles et des convives sur scène. Décidément, entre les opportunités et l’indisposition de Joaki, le concert de Sabaton était unique. Les maîtres actuels du power metal, incontestablement. Certains diront même qu’ils ont fait la leçon à Manowar…

01h10 : Fu Manchu déboule à la Valley, accompagné d’un son fuzz du plus bel effet et joyeusement enivrant. Grosse baffe ensuite avec les Marshall qui crachent de la wah-wah baveuse à souhait et des riffs écrasants, laissant la Valley apprécier la liberté absolue du combo à faire cramer ses baffles. Un peu trop peut-être, l’impression de flou sonore dans les aigus étant vraiment (vraiment) prononcée par moments. Mais avec Fu Manchu, difficile d’attendre autre chose. Un valeur très sûre néanmoins.

01h14 : À défaut d’avoir remplacé Manowar sur la Mainstage, ce que l’auteur de ces lignes n’était pas la seule fan à espérer, Carcass se produit ce soir sous une Altar plus que décemment remplie. Les pionniers du grind/death metal donnent immédiatement le ton de leur set brutal et sans fioritures, conçu avant tout pour dézinguer les cervicales. Malgré le passage des années et plus d’une décennie de séparation, le duo Jeff Walker/Bill Steer fonctionne toujours aussi bien, surtout sur les duos vocaux. Steer reste d’ailleurs le maître incontesté du riff qui tache et du solo virtuose, et son acolyte guitariste s’efface régulièrement pour lui laisser la place qui lui revient. Jeff Walker chauffe allègrement la salle en deuxième partie de set, mais le bassiste/vocaliste si bavard d’habitude est ce soir bien peu loquace. Une heure de show extrême et parfaitement maîtrisé et une promesse d’un nouvel album dans un futur proche, il n’en faut pas plus pour qualifier la performance des vétérans liverpuldiens de franche réussite.

La bonne bouille de King Diamond

02h10 : C’est sur une intro composée de tubes d’AC/DC et de RamJam que Sum 41 monte sur scène. Dans une Warzone pleine à craquer, la furie emporte tout le monde. « Bizarre » nous dira un compagnon de pit, « j’avance sans bouger les pieds. » Autant dire que Deryck Whibley (chant) et sa bande savent comment s’y prendre. Les « anciens teenagers » ont su garder la recette de l’explosivité de leurs prestations. Après avoir invité deux fans à monter sur scène pour continuer les festivités, Deryck prend un peu de temps pour remercier le public venu si nombreux. Chose étonnante, au milieu du concert, un rééquilibrage énergique s’opère : du sang « frais » remplace ceux qui n’en peuvent plus et sont à bout de souffle. Il faut dire qu’entre les incitations à toujours s’activer et un batteur frappant ses fûts aussi fort que possible, ça pompe le peu d’énergie restante après onze heures de headbanging. Pour lancer « Fake My Own Death », durant laquelle Deryck remerciera à nouveau le public, nous avons droit à une reprise d' »Another Brick In The Wall » de toute beauté. « Into Deep » est un moment de grande communion entre les musiciens et la foule. Le groupe, très actif, bénéficie d’un son plutôt correct et d’effets pyrotechniques bien sentis. Peu importe le temps passé à arpenter les États-Unis (tournée No Personal Space Tour) et l’Europe, les Canadiens en ont sacrément sous le pied !

02h23 : Soyons tout à fait honnête, depuis l’annonce de l’annulation de Manowar, les choses ont changé. La tête d’affiche du vendredi est bel et bien française (désolé, Sabaton) et s’appelle Gojira. Comme prévu, la foule est compacte et vaste, Mario se dira très ému à la fin du concert, touché par le magnifique panorama dont il devait jouir. Côté scénographie, les Français auront droit à la totale avec les écrans latéraux et l’écran arrière qui donnera des effets de mise en abîme assez captivants. Tout cela accompagné de quelques effets pyro et de feux d’artifice pour la grande conclusion. L’ensemble de la discographie est explorée, remontant même jusqu’à « Love » qu’ils vont dédier aux groupes français avec qui ils ont grandi et à qui ils rendront amplement hommage. « On est ici pour se sentir connectés, vivants, ici et maintenant. Est-ce que vous êtes avec nous ? » nous demande Joe qui a déjà acquis à sa cause l’ensemble du public. L’univers de Gojira est largement exploré par les écrans et les dernières années ont vraiment amorcé quelque chose de nouveau pour les Français avec notamment le chant de Jo qui n’hésite pas à revisiter à sa manière certains titres comme « L’Enfant Sauvage », lui donnant une tonalité nouvelle. Parfois Gojira nous brutalise, parfois nous hypnotise et en permanence nous transporte : dans leur univers marin, dans les monts brumeux, avec même de longs interludes instrumentaux atmosphériques. À Clisson, Gojira a montré le paroxysme de sa maturité. À tous les niveaux, ils n’ont plus rien à envier à qui que ce soit et l’ovation qui est faite par les festivaliers en est la parfaite démonstration.

02h24 : « Ah ouais quand même », voilà nos premiers mots quand le rideau devant la scène s’abaisse et laisse voir la scène pour le set de fin de première journée. Un dédale d’escaliers, un beau bâtiment à l’architecture complexe, avec moult lampes et surtout moult musiciens. King Diamond est dans la place ! Grande référence dans le monde de le heavy, on connaît notamment sa discographie via Mercyful Fate. Mais la discographie du Danois se suffit à elle-même pour nous proposer un grand show. Le décor est placé, il fait enfin noir complet sur la scène, les fans frémissent d’impatience. Et une porte s’ouvre sur scène, dévoilant King Diamond sur une chaise, semblant endormi ou mort. Et par le bruit des éclairs, il se réveille et c’est ainsi que démarre ce concert, suivi de tous les musiciens arrivant progressivement. Le premier souci que l’on pourrait noter est le cruel manque de lumière, King Diamond paraît presque invisible. Un King Diamond en petite forme vocalement, même si l’on notera quelques moments de bravoure. Les musiciens se déplacent selon la mise en scène : sur les marches des escaliers, sur le devant de la scène, tout en haut… c’est une grande pièce de théâtre et c’est aussi ça qui fait son charme. Cet acte macabre, avec un micro fait en os, ce maquillage si singulier, cette danseuse apparaissant auprès du chanteur, ces solos magnifiquement effectués… Une mainstage n’aurait pas été de trop.



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    Alice Cooper @ Paris
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