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Hellfest 2022 : fil rouge de la journée du samedi 25 juin


Après deux ans de disette, ça y est, la grand-messe française du metal a enfin lieu ! Quel plaisir de refaire son sac à dos, rempli de crême solaire pour certains, de bière bon marché pour d’autres, de préparer son running-order, la bave aux lèvres. Avec deux weekends dans le viseur cette année, inutile de dire que le menu s’annonce copieux et varié : de Metallica à Nine Inch Nails en passant par Mastodon, Sepultura, Jerry Cantrell ou Converge, il y en aura pour tous les goûts.

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette quinzième édition forcément très spéciale. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est possible que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Vous pouvez retrouver notre fil rouge du premier week-end du Hellfest dans nos colonnes pour la journée du vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin. Bonne lecture !

02h10 : IN EXTREMO / Temple

Le groupe se faisant particulièrement rare de notre côté du Rhin, c’est un véritable plaisir de retrouver In Extremo et son metal néo-médiéval sous emphèts au Hellfest. Même si le groupe passe son temps à tourner dans son pays d’origine, les festivaliers allemands sont présents en force sous la Temple ce soir, et c’est de la triche parce que ce sont pour ainsi dire les seuls à pouvoir chanter en chœur. En parlant de ce délice oral qu’est la langue allemande, le frontman Michael Rhein ne possède que très peu d’anglais et encore moins de français, ce qui rend la communication avec le public un peu laborieuse. Les efforts sont appréciés, mais la musique parle de toute façon d’elle-même, et le combo nous a préparé une setlist mélangeant artistement titres du nouvel albums et classiques absolus, comme « Liam », « Frei Zu Sein », « Pikse Palve » ou « Ai Vis Lo Lop » (non, Michael, ce n’est pas du français mais de l’occitan, et il ne se trouve sans doute pas beaucoup plus de gens dans la fosse pour parler cette langue que pour comprendre le dialecte gaulois suisse d’Eluveitie). Si l’ensemble du groupe affiche une énergie communicative, le plus fascinant est aussi le plus calme : il est toujours aussi impressionnant de voir Dr Pymonte sortir de sa malle à merveilles harpe troubadour, piccolo, bombarde et corne de brume, tel une Mary Poppins taille XXL. Les effets pyrotechniques dignes d’un mini-show de Rammstein poussent à se demander ce que les groupes allemands ont avec le feu et les explosions, mais les spectateurs du premier rang apprécient un peu de chaleur, merci. À en juger par le nombre de slammeurs, TOUT le public apprécie, et c’est avec des bordées de compliments à la bouche que les festivaliers quittent la Temple, après une bonne dizaine de minutes de dépassement du temps réglementaire. Vielen Dank, messieurs !

02h08 : THE EXPLOITED / Warzone

02h07 : BLIND GUARDIAN / Mainstage 2

Pour conclure une journée où le heavy, le power et le symphonique ont été à l’honneur, ce sont les vétérans de Blind Guardian qui assurent le spectacle. Un moment qui s’annonce d’ores et déjà sous le signe de l’enchantement : Hansi Kürsch énonce d’emblée qu’ils sont là « for the magic » et mène la performance tant comme un conteur que comme un maître du jeu qui animerait un jeu de rôle. Il interagit en effet régulièrement avec un public qui lui semble clairement acquis et dégage une aura de force tranquille en cultivant une impression de proximité avec les spectateurs. Le cadre nocturne se prête d’ailleurs totalement à cette ambiance intimiste. Après avoir interprété quelques classiques, le groupe profite qui plus est de cette ambiance pour annoncer qu’il va interpréter Somewhere Far Beyond dans son intégralité à l’occasion des trente ans de l’album ! Un opus qui se prête particulièrement à cette atmosphère de contes fantastiques autour du feu ! Les fans sont en tout cas ravis et redécouvrent avec plaisir les multiples couleurs des compositions qui s’enchaînent avec fluidité tant le groupe démontre une maîtrise et un jeu bien rodée. Sur « The Bard’s Song: In the Forest », les spectateurs connaissent si bien les paroles qu’ils assument presque à eux seul le chant ! Après l’interprétation de l’album, retour aux inévitables hymnes avec « Mirror Mirror », l’assemblée s’enflamme et sur « Valhala » c’est le déchaînement total ! Des pogos joyeux se lancent ici et là et le refrain « Valhalla. Deliverance. Why’ve you ever forgotten me » est hurlé et scandé avec fougue et intensité malgré l’heure tardive : il résonnera d’ailleurs encore sur le site après le départ du groupe ! Blind Guardian offre donc un show calibré et efficace et c’est l’esprit plein d’histoires fantastiques que chacun s’en retourne chercher un repos bien mérité !

00h59 : CONVERGE : BLOODMOON / Valley

Converge, ça rigole zéro. Performance exceptionnelle ce samedi soir sous la Valley, consacrée à l’album Bloodmoon en collaboration avec Chelsea Wolfe, avec pour ce faire un line-up exceptionnel composé de Jacob Bannon, Kurt Ballou, Nate Newton, Ben Koller, Stephen Brodsky, Ben Chisholm et bien sûr Chelsea Wolfe. Alors comment ranger cet album, et ce show, dans les petites cases du style metal ? Impossible. Comment décrire en quelques mots la prestation du soir ? Quasi-impossible aussi… L’œuvre était déjà perturbante par ses ambivalences en studio, elle le sera d’autant plus sur scène où des émotions et des atmosphères contradictoires s’enchaineront d’un titre à l’autre, passant de l’élévation par le chant angélique de Chelsea Wolfe sur un fond de post-rock aérien à un mur de son écrasant, avec des cris qui font exploser le compteur à dB et du riff crasseux et ravageur. La comparaison avec la collaboration Cult Of Luna + Julie Christmas viendra instantanément en tête pour les connaisseurs, même si ici Converge semble véritablement élargir le spectre des paradoxes. Il faut admettre que Bloodmoon : I est pourtant difficile d’accès pour les non initiés, mais le show du soir aura de quoi convaincre bien des spectateurs de pencher une oreille attentive au méfait en studio. Seul bémol d’une performance quasiment parfaite, le chant de Chelsea Wolfe parfois trop lointain, la faute de la sonorisation ou peut-être à une chanteuse qui n’a pas toute sa voix, semblant un peu fébrile ce soir, s’écartant du micro pour tousser. Autre réserve qui n’est pas du fait du combo, l’heure tardive amène pas mal de viande soûle dans le parterre qui parfois n’arrive pas à se contenir de beugler ou de jacasser très fortement à des moments inappropriés, ce qui peut briser l’immersion complète dans le show… Mais bon, on ne refait pas le public, cela ne suffira pas à gâcher ce moment qui est indubitablement l’un des meilleurs concerts de la journée ! En écho à l’actualité brulante des USA, Chelsea Wolfe conclura le set avec un « Fuck white supremacy, my body, my choice. Good night ! »

00h25 : GUNS N’ ROSES / Mainstage 1

Il faut parfois savoir être indulgent. Par exemple quand on est un ancien adolescent du début des années 90, fanatique absolu des Guns, qui s’était difficilement remis de n’avoir pas pu les voir sur la monstrueuse tournée Use Your illusions. On connait la suite. Et voilà que 25 ans plus tard, Slash, Duff et Axl annonçaient qu’ils faisaient la paix et, à en juger par la setlist, avaient décidé de reprendre leur histoire exactement là où elle s’était arrêtée. Mais, car il y a un « mais », et même beaucoup en fait, la limite de ce concept a été atteinte, à force de les voir les jouer, leurs morceaux commencent à s’user autant qu’eux. Et ce ne sont pas les quelques reprises et les deux « nouvelles » chansons intégrées au show qui parviennent à redonner un semblant de jeunesse à ce show qu’on ne connaît maintenant que trop. Mais (j’avais prévenu qu’il y en aurait plusieurs), avouons quand même qu’il est toujours plaisant de reprendre en chœur les refrains accrocheurs et légendaires du groupe. Alors ne soyons pas trop exigeants, levons les bras en l’air et chantons encore une fois « Paradise City », comme si nous avions encore trente ans de moins, et eux aussi. Je vous le disais, il faut parfois savoir être indulgent !

Avis plus tranché : Bordel, non. Ne soyons pas indulgents. Soyons exigeants. Surtout vu le cachet d’un groupe pareil. Avoir des tubes ne suffit pas. Axl est rincé et sabre le groove que ses collègues essayent de maintenir tant bien que mal. La nostalgie a ses limites et clairement, le groupe les a largement dépassées.

23h54 : GBH / Warzone

22h46 : KADAVAR / Valley

Où que soit planqué le Tardis qui fait tourner la Valley depuis la semaine dernière, il n’a manifestement pas pris l’eau et fonctionne toujours aussi bien. J’en veux pour preuve la présence sur scène ce soir de Kadavar, incarnation vivante de la musique (très cool) et de la mode (un poil plus discutable) des années 70. Les pattes d’eph et les moustaches ne sont jamais vraiment passées de mode, mais la combinaison en lamé or, c’est une autre affaire… Ces considérations vestimentaires superficielles mises à part, le power trio qu’est Kadavar n’a vraiment pas à rougir de ses compositions, ni d’ailleurs de sa performance. Le jeu de scène a beau être inexistant, les musiciens affichent tous une énergie exceptionnelle et prennent clairement plaisir à jouer (mention spéciale à la véritable pile électrique qu’est le batteur ; la combi dorée doit conférer des superpouvoirs). Musicalement le bon vieux rock seventies du trio fait mouche, et le public est manifestement composé de connaisseurs. Faut-il que les fans soient présents en force pour que la Valley soit aussi bien achalandée alors que Guns ‘n Roses se produit au même moment à l’autre bout du site ! En bref, Kadavar n’est pas le premier groupe à rendre hommage via sa musique aux Sabbath et aux Zeppelin, mais à la différence de beaucoup, il le fait exceptionnellement bien.

22h00 : MYRKUR / Temple

La performance de Myrkur était plus qu’un simple concert, c’était un véritable instant de douceur et de pureté. La sagesse que renvoie l’artiste était presque maternelle, et toute la Temple a accepté de se faire étreindre délicatement tant la foule était silencieus (contre-avis/nuance d’un rédacteur chafouin : sauf quelques balourds rincés à la bière bien bruillants). Comme une interlude cotonneuse parmi tous les groupes d’extrême metal venus fouler cette scène, Myrkur a réussi faire vaciller nos sens par ses quelques morceaux reprenant d’anciennes musiques du folklore nordique. Elle et ses musiciens qui l’ont accompagnée ont offert un moment d’intimité profond comme on en expérimente rarement, et même si l’on peut regretter qu’un morceau est du être éludé à cause d’un léger souci technique, nous ressortons complètement apaisés de la Temple et prêts à repartir de plus belle.

21h30 : DISCHARGE / Warzone

20h59 : La ministre de la Culture Rima Abdul-Malak est en visite au Hellfest et apparemment, elle va voir Guns N’ Roses. Slam en vue ?

20h41 : MONKEY 3 / Valley

20h40 : DRACONIAN / Altar

C’est un show très particulier que Draconian a délivré sous l’Altar. Pour le départ de Heike Langhans et le retour de Lisa Johansson, respectivement toutes de noir et de blanc vêtues, le concert s’effectue en effet exceptionnellement avec les deux chanteuses : une passation que le groupe incarne sur scène avec un mélange d’anciens titres qui font écho aux compositions de Under a Godless Veil et des danses entre les deux musiciennes. Ces dernières, qui jouent sur leur persona opposée, se partagent ainsi les titres, ensemble ou alternativement, sans vraiment toutefois se compléter. Le show s’enchaîne avec aisance, mais l’alchimie peine à se faire sur scène, la faute à un manque de contraste et une dynamique de l’entre deux trop marquée, que le son imparfait et la scénographie très minimaliste ne font qu’accentuer. Le choix des titres reste malgré tout pertinent et on se délecte de la mélancolie sinueuse avec laquelle le groupe inonde le public plus que ravi de plonger dans les recoins sombres de l’âme. Un spectacle en demie teinte, donc, et dont on repart avec une certaine amertume, qui plus est en pensant au départ de la chanteuse Heike vers d’autres rivages musicaux.

20h28 : NIGHTWISH / Mainstage 2

Quoi de mieux, pour poursuivre en beauté la veine symphonique qui anime la Mainstage 2 aujourd’hui, que les rois incontestés du genre, j’ai nommé Nightwish ? Plus de deux ans après la sortie de leur dernier album, les Finlandais (enfin, pour les deux tiers du groupe seulement…) peuvent enfin défendre en live les titres de Human. :||: Nature. et ne s’en privent pas. Curieusement, pour des chansons qui n’ont pas encore connu leur baptême du feu dans nos contrées, Music, How’s The Heart ou encore Tribal passent comme une lettre à la poste auprès du public. Il faut croire que deux ans sont bien suffisants pour assimiler un album et que ces titres ne sont plus vraiment des nouveautés… À la notable exception d’un « Sleeping Sun » de toute beauté, le reste de la set-list ne va pas plus loin que l’album Once, avec notamment le désormais traditionnel « Ghost Love Score » destiné à démontrer à qui en douterait encore que Floor Jansen n’a pas son pareil vocalement. Nous le disions dans notre report du livestream de l’an dernier, mais l’absence de Marco Hietala au chant masculin n’est finalement pas un problème, Floor assurant parfaitement « Planet Hell » seule et le multi-instrumentiste Troy Donockley faisant un substitut tout à fait décent lorsqu’une voix masculine est indispensable. Côté scénographie, le déluge d’effets pyrotechniques a dû faire le bonheur des photographes et les écrans placés derrière la scène assurent une immersion totale dans l’univers toujours onirique de Nightwish, même quand les chansons parlent de la naissance de la vie sur terre. En somme, un gros show à la mesure du statut du groupe.

20h03 : IGORRR / Temple

Ouh que c’est frustrant. Déjà qu’une heure d’Igorrr ça passe vite, mais alors 45 minutes… Mais voilà, c’est ce qu’ont imposé les aléas du direct : un problème technique tenace mettant dans la sauce l’ingénieur son pendant un quart d’heure. Difficile de dire si ce soucis fût totalement réglé, qu’importe, le show se lance et c’est un joyeux bordel qui se lance dans la fosse qui pète un plomb après avoir plus que patienté. Celle-ci dépasse d’ailleurs largement les frontières de l’Altar, plus vraiment à la mesure du groupe. Dans les esgourdes s’entremêlent alors les multiples couches électroniques et organiques d’Igorrr, une bouillabaisse magique et kiffante dont Gautier Serre est le chef étoilé. La poutrance fût brève, mais intense.

19h44 : TOUCHÉ AMORÉ / Mainstage 2

C’est sans aucune difficulté que nous nous rendons à la Warzone encore plus spacieuse que votre lit deux places un soir de rupture. Si nous utilisons cette métaphore un peu tirée par les cheveux en guise d’introduction, c’est car l’humeur est aux larmes avec le groupe emo screamo Touché Amoré, qui fait du bruit depuis quelques années maintenant. Mais à part Envy qui faisait scène comble le week-end passé, nous avons la sensation que le style est quelque peu boudé par les festivaliers. Mis à part quelques énervés à l’avant qui vont se bousculer, le public sera très calme, ce qui est réellement dommage car le bon son et l’énergie des Américains réunis ont tout pour prendre aux tripes. Même l’écran géant qui ne diffuse pas le concert pendant les premières minutes semble bouder la formation qui célèbre son retour en Europe au Hellfest après trois ans d’absence pour les raisons que vous connaissez. Lumineux et torturé, Touché Amoré propose des mélodies touchantes et entraînantes et le dernier album en date Lament est bien honoré ce soir. Évidemment, l’effet n’est pas le même en plein air qu’en salle avec le lightshow qui l’accompagne, mais les connaisseurs ont tout de même savouré leur moment n’hésitant pas à chanter avec le groupe.

18h54 : VILLAGERS OF IOANNINA CITY / Valley

C’est une réussite pour Villagers Of Ioannina City qui délivre un véritable live et pas une copie conforme de ce qu’ils peuvent nous offrir en studio, en prenant le temps dès le premier morceau d’installer une ambiance légèrement moins explosive. Il nous font ainsi le plaisir de pouvoir les découvrir un peu plus, même lorsque l’on est déjà familier avec leur musique. Mais ils ne nous épargnent tout de même pas et gagnent progressivement en impulsivité au fil des titres, et les quelques passages très rock qui nous enchantent les oreilles sont preuves de la réelle maîtrise qu’on peut leur connaître. Outre cela, les ambiances suffisamment cadencées pour ne pas être qualifiées d’atmosphériques, mais tout de même tout à fait apaisantes qu’ils dépeignent nous laissent en suspension au dessus de la Valley, bercés par la voix d’Alex Karametis qui n’en finit jamais d’étonner par la justesse de son placement. Ajoutons à cela le plaisir de voir performer sur scène une cornemuse et une clarinette, et l’on ne peut plus que remercier The Villagers Of Ioannina City pour ce moment.

17h58 : THE RUMJACKS / Warzone

Le soleil retrouvé profite assurément aux Rumjacks puisque c’est une foule totalement compacte qui entoure toute la Warzone. Difficile, voir impossible de s’approcher pour profiter du punk celtique du groupe. Certains commencent à slamer depuis l’espace restauration qui surplombe la scène et traversent le flot de personne qui tente avec difficulté d’aller ou venir, parfois en dansant au rythme des airs joyeux du groupe. L’ambiance est en tout cas festive, même dans les recoins les plus éloignés où les spectateurs ne peuvent qu’utiliser leur imagination pour apercevoir les membres de la formation australienne. On aurait pourtant préféré que la fête soit un peu moins bondée.

17h56 : EPICA / Mainstage 2

Myles Kennedy et sa bande semblent avoir un peu calmé le public de la Mainstage, qui a manifestement baissé la jauge à hystérie d’un cran pour le metal symphonique d’Epica. Les shows des Néerlandais n’ont fait que prendre de l’ampleur depuis leurs débuts, il y a tout juste 20 ans, et le combo est désormais devenu une machine bien huilée. Mais oubliez les pyros et le décor de scène à base de serpents en métal et de signes cabalistiques tournant sur eux-mêmes – l’aspect le plus intéressant de la scénographie est assuré par les membres du groupe, qui s’entendent à merveille et qui le montrent. Entre gros câlins, pichenettes, cœur avec les doigts et autre taquineries, les membres d’Epica ne sont au final qu’une bande de potes ultra-soudée qui s’avère accessoirement faire du sympho de grande qualité. Même le batteur Ariën van Weesenbeek n’est pas laissé pour compte et reçoit régulièrement la visite de ses camarades, venus lui tenir compagnie le temps de quelques riffs. Mais la mention spéciale revient à Coen Janssen, qui, entre clavier portable et synthé monté sur rails, mérite sans doute le titre de claviériste le plus mobile du monde (oui, devant Flake de Rammstein, parfaitement). Le même Coen et le guitariste Isaac Delahaye finissent même debout sur les barrières, au grand dam de la sécurité, pour le petit bain de foule qui va bien. Devant tant d’énergie, on en oublierait presque la musique elle-même, pourtant toujours aussi efficace, avec une Simone Simons et un Mark Janssen très en voix. Les titres du dernier album y passent forcément, de même que l’immanquable Cry For The Moon, décrit par Simone comme « la chanson la plus jouée d’Epica ». Entre ambiance de folie et setlist de qualité, on ne peut que s’incliner !

17h54 : ARCTURUS / Temple

C’est l’heure de folie sous la Temple, dans tous les sens du terme ! Voilà un petit moment qu’Arcturus n’est pas venu au Hellfest, bien que les musiciens qui composent le groupe y viennent très régulièrement, peut-être car le projet avant-gardiste n’a rien sorti depuis quelques temps. On ne sait pas trop ou donner de la tête avec ces claviers qui rendent dingue et ses rythmiques parfois rock, parfois extrêmes, parfois… inexplicables. Mais le paroxysme de cette ivresse scénique tient surtout à l’interprétation d’un ICS Vortex extrêmement théâtrale, jouant un personnage lunaire et méconnaissable par rapport à son rôle dans Borknagar. Vagabondant, dansant, avec une certaine nonchalance et une mélancolie latente, il rappelle ces individus errants dans les rues, ou dans la rame du metro par exemple, ivres et perdus dans leur folie et hurlant des choses incompréhensibles et incohérentes. Cet exercice de feindre le délire lui va particulièrement, surtout que celui-ci peut explorer l’étendu de ses incroyables vocalises dans ce groupe. Dans cette illustration du grotesque et de l’absurde, il va s’amuser à faire chanter le public… quand il n’y a plus de paroles. Une performance complètement perchée donc qui se montre savoureuse si l’on se laisse border par sa douce folie.

17h24 : L’accès à la Warzone actuellement ressemble au périph parisien à l’heure de pointe. En pire.

16h57 : SORCERER / Altar

16h54 : ELUVEITIE / Mainstage 2

Mais que se passe-t-il du côté de la Mainstage en cet après-midi que l’on n’espérait plus ensoleillé ?! À voir la motivation des festivaliers pour les walls of death et les slams, on se croirait face au groupe de death ou de thrash le plus brutal du monde ! Il ne s’agit pourtant « que » des Suisses d’Eluveitie, descendus de leurs montagnes avec leur metal celtique à base de vielle à roue, de harpe, de flûtes et de cornemuse… ce qui, à la réflexion, ne peut que plaire en terre bretonne ! (Et cette fois, ce n’est pas l’auteure de ces lignes qui le dit, mais bien le frontman/chanteur/multi-instrumentiste Chrigel Glanzmann !) Le public est tout bonnement électrisé par les airs mi-celtiques mi-extrêmes du combo, des cultissimes Call Of The Mountains (dans sa version française) ou Inis Mona au plus récent Ambiramus, qui provoque une véritable déferlante de slams. Les drapeaux bretons sont de sortie (encore plus qu’en temps normal sur n’importe quel festival à n’importe quel endroit de la planète), et tous ceux qui n’étaient pas déjà amoureux de la flamboyante chanteuse et harpiste Fabienne Erni le deviennent instantanément en l’entendant s’adresser au public dans un français plus que décent. Ajoutez à cela les effets pyrotechniques réguliers, et vous obtenez, curieusement, l’un des shows les plus démentiels de ces deux week-ends de Hellfest. Ne jamais sous-estimer le pouvoir des Celtes !

16h46 : Petite pause « grande roue » alors que le soleil revient. Vu d’en haut, on constate que Lemmy garde un œil sur les vignobles. On ne se refait pas.

16h30 : Depuis l’espace presse, Michael Monroe enchaine les selfies avec les chroniqueurs/fans. Il y a même des selfies avec des gens qui se prennent en selfie avec Michael Monroe. Nous avons hésité à nous prendre en selfie avec le journaliste qui se prenait en selfie avec ceux qui prenaient des selfies avec Michael Monroe, en mode Inception, mais nous n’avions pas le bras assez long.

16h07 : XIBALBA / Warzone

Pour le combo Xibalba, c’est la lourdeur qui prime. Qu’ils tendent plutôt vers le death furieux, le doom apocalyptique ou le hardcore guerrier, chacune de leurs compositions transpire l’obscurité infernale dont ils tirent leur nom. Aussi, alors que la pluie laisse place à un grand soleil et que le pit se remplit à grande vitesse pour que les festivaliers viennent s’affronter dans le monde souterrain maya, le groupe assène ses riffs volcaniques à grands coups. Lorsque le chanteur hurle d’une voix rugueuse « move », la fosse obéit sans discuter à cet ordre vigoureux et se lance dans une bataille énergique jusqu’à la fin d’un set aussi dense que la musique jouée.

16h00 : Sans festivaliers, il n’y a pas de festival. Voici un premier petit reportage… sur vous ! (Et promis, nous n’allons pas la jouer en mode Quotidien à vous demander de montrer vos postérieurs.)

15H30 : Annulation de Katatonia. Conjurer prend le créneau à 23h55 sous la Altar !

14h40 : Il re-pleut. Au secours.

14h32 : AYRON JONES / Mainstage 1

Déferlante rock’n’roll sur la Mainstage 1 avec Ayron Jones qui apporte des vibes bien différentes de Glory Hammer et son pouet-pouet-power. En pleine tournée européenne, le natif de Detroit surfe encore sur la sortie de son album Child Of The State et fera même la première partie des Rolling Stones à Paris le 22 juillet. Il faut dire que le groupe a son lot de petites pépites entêtantes : « Mercy », « Supercharged », « Take Me Away »… Dotée d’un son mesuré (ça fait du bien), le musique d’AJ fait tout autant effet sur scène que sur album. Seul regret, que le principal intéressé soit beaucoup moins expressif et communicatif que ses trois musiciens (mention spéciale à son guitariste, véritable apollon / bête de scène). Ce constat donnerait presque un air tristounet au leader, caché derrière ses lunettes de soleil. Il lâchera tout de même une petite punchline rigolote, remerciant Dieu de le laisser jouer en Enfer aujourd’hui.

13h40 : GLORYHAMMER / Mainstage 2

@radiometal Dragons, licornes et quêtes épiques avec Gloryhammer au @hellfest_openair #hellfest2022 #hellfest #gloryhammer #fantasy #powermetal #epicpowermetal #unicorn #dragon ♬ son original – Radio Metal

Le Hellfest ce n’est pas que des gens habillés en noir : c’est aussi le carnaval de la peluche paillette. Si vous en doutez, faites donc un tour devant Gloryhammer et leur power metal coloré. Ici, on est venu pour la fête ! Le public scande les hymnes à tue-tête, d’autres slamment en chevauchant des licornes gonflables multicolores tandis que les festivaliers costumés en super héros s’engagent dans un circle pit infernal. L’animation est à son comble avec « Universe on Fire » et la formation britannique anime son show comme une épique partie de jeu de rôle fantasy pour le plus grand plaisir des fans !

13h08 : MICHAEL MONROE / Mainstage 1

@radiometal Le soleil est enfin revenu sur le fest, merci #michaelmonroe #hellfest #metal #fyp #radiometal ♬ son original – Radio Metal

13h05 : AUTARKH / Temple

Comme pour faire écho à la thématique indus de la veille sur la Mainstage, le quatuor Autarkh fait résonner son metal extrême dissonant chargé de tropes industrielles. Leur musique complexe et froide, délivrée avec une maîtrise exemplaire pour un si jeune groupe, plonge les spectateurs, encore anesthésiés par le sommeil, dans une transe brumeuse et inquiétante. Sans batterie mais avec un arrière plan rythmique électronique qui accompagne parfaitement leur musique, Autarkh nous emmène dans une valse déshumanisée aussi réussie qu’écrasante ; dommage que leur passage si tôt les prive d’une ambiance crépusculaire enivrée qui les aurait bien davantage mis en avant.

13h00 : Détour par le stand Nuclear Blast pour une interview express.

@radiometal 💿 Le célèbre label @nuclearblastrecords est au @hellfest_openair pour fêter ses 35 ans !🎙 L’occasion pour nous de rencontrer Jérôme le temps d’une interview.#hellfest #hellfest2022 #metal #metalmusic #nuclearblast #label #musiclabel #labeldemusique ♬ son original – Radio Metal

12h20 : NERO DI MARTE / Altar

Les festivaliers sont fatigués. Leurs cernes sont si grosses qu’on dirait du corpse paint. Alors, est-ce l’heure du post-metal expérimental/death metal progressif ? Pour un petit public éparse sous la Altar, la réponse est oui. Nero Di Marte est une pépite dénichée et exposée par le label Season Of Mist et qui fait sa première fois au Hellfest. Etrange et complexe, la musique qui accompagne le petit café du matin est assez corsée. Quelques connaisseurs semblent d’être glissés dans le public principalement composé de curieux, qui se prêtent au jeu des musiciens. Le quatuor italien va jusqu’au dernier moment malmener ses instruments, plongeant ses auditeurs dans un mur de dissonance déconcertant. Cette courte performance a un goût d’apéritif car nous sentons bien que le groupe peut proposer plus, avec un fond cinématographique par exemple. Nous avons donc bien hâte de voir la suite.

12h05 : DATCHA MANDALA / Valley

Il fallait traverser des rivières après les pluies diluviennes et les pas des festivaliers qui ont creusé toutes ces tranchées boueuses autour de la Valley. Mais cela en valait la peine pour voir Datcha Mandala nous mettre le moral au plus haut avec leur spontanéité autant musicale que scénique. Nous sommes ravis de voir ces musiciens prendre autant de plaisir sur scène. Le chanteur, pieds nus, arbore un sourire communicatif tout du long, et le trio laisse très facilement transparaître qu’ils sont autant partenaires de jeux que de très bons potes. C’est ainsi que lorsque certaines de leurs mélodies décalées et rock commencent à frapper, ils s’en donnent à cœur joie. En plus de cela, ils nous ont offert, pour le dernier morceau, un long solo de batterie qui finira de réchauffer la foule, bien qu’aucun pogo ne se soit lancé malgré que le chanteur ait plusieurs fois proposé que chacun profite de ce moment pour extérioriser tout ce qu’il a en soi. L’heure n’était pas véritablement à la bagarre, mais l’on ne peut que comprendre leur engouement face au public du Hellfest qui n’a pas manqué de les acclamer. Nous regrettons presque que leur set n’ait duré que vingt cinq minutes, et comme le chanteur a pu exprimer que jouer au Hellfest était un rêve pour ces rockers, nous ne pouvons que leur souhaiter que celui-ci se poursuive encore pour les années à venir.

11h37 : DIRTY HONEY / Mainstage 1

@radiometal Dirty Honey vient mettre ub peu de soleil californien #hellfest #metal #fyp #radiometal #dirtyhoney ♬ son original – Radio Metal

11h40 : LES CHANTS DE NIHIL / Temple

Le groupe de black metal français Les Chants De Nihil a profité du calme matinal – car il est tôt, à onze heures, au Hellfest – pour rallier les uns et les autres à leur musique à la fois sombre et fédératrice. Il est d’ailleurs sûr que certains se sont réjouis de ce live qui peut se venter d’avoir eu un réglage sonore d’une très grande qualité, sans aucun souci technique à déclarer. Et lorsque « Ma Doctrine, Ta Vanité » a démarré, nous avons comme l’impression que tout le public se met au garde à vous et chante en cœur un titre parfaitement exécuté. Bien qu’ils n’aient pas pu jouer très longtemps, nous espérons que Les Chants De Nihil a profité de son premier passage au Hellfest comme il se doit.

11H30 : DROPDEAD CHAOS / Altar

11h10 : Un petit vent frais, de la boue au large, on est pas bien là !?



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  • Les meilleurs report dispo sur le net ! Merci (et si vous pensez avoir trouvé mieux je prend).

    [Reply]

  • Suis-je le seul à avoir trouver Metallica en dessous de tout? A tel point que je me suis barré voir Carcass et Triptycon. James Hetfield peu en voix, Lars et Kirk aux fraises dès le premier titre, etc… J’ai laissé 6 titres et suis parti. Peut-être que j’en attendais trop. Je garderai mon souvenir de 1993 à l’hippodrome à Paris. Profondément déçu même si cela restera un de mes groupes préférés.

    [Reply]

    Arno

    Même si j’ai passé un bon moment, je les ai trouvé très peu inspirés. Ils ont faits le taf sans se mettre en danger une seconde. Du Metallica en roue libre. C’est le cas depuis plusieurs années malheureusement.

    ear

    Arte a diffusé pas mal de concert de hellfest.sympa pour ceux pas présents à Clisson..
    Les heros Hetfield,Axl Rose ou Mustaine n’avaient en effet pas la voix de leurs meilleures années..problème de mixage son?!!blasés?
    Par contre Klaus Meine m’épate toujours autant avec sa voix inoxydable après 50 ans de musique

    Dypso

    Les premiers titres étaient vraiment molassons, pourtant théoriquement ils brisent des nuques. C’est qu’a la moitié du concert que ça a commencé a tabasser. Je me suis éclaté sur la seconde moitié du set, j’ai même mini pogo et mini circle pit a 8 ou 9 vers l’arrière.

    Maintenant c’est clair que ça n’a rien avoir avec les lives de 1989-1993 comme on peut les entendre sur les live shit.

    Les plus gros noms ne sont pas forcément ceux qui assurent le meilleur show!

    (Ps : ils sont passés dimanche et pas samedi xD)

  • Je confirme que pendant myrkur, on se croyait a la cantine entre les titres. A l’arrière ca parlait beaucoups…
    Un peu comme a wardruna ou j’ai du interpeler 3 mecs (touristes?) pour leurs dire « soit vous parlez ailleurs soit vous la fermez », ils m’ont repondu « ah oui toi t’es a fond! » … heureusement ils l’ont fermé.

    Je fais partie de la team indulgence pour les guns, mais j’ai du m’eclipser pour concert de moonsorrow, qui avait un son pas tout a fait parfait mais super, et c’etait un des meilleurs du festival pour moi ! Âpre être revenu aux guns, ils ont continues a enchainer les titres et tant mieux. Ce que je trouve triste, c’est que alice cooper qui est de loin leurs aînés s’en sort vachement mieux, et merciful fate qui est également une formation plus âgée est fabuleux a voir en live avec un king qui n’a rien perdu de sa voix ! Axel je sais pas ce qu’il a mangé lui … mais bon super souvenir quand même !

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  • Villagers of Ioannina City ! les 2 premiers titres ( Welcome + Age of Aquarius) de leur dernier album « Age of Aquarius » sont absolument dantesques. Je n’avais pas entendu une montée en puissance si maitrisée depuis des lustres , faisant l’objet d’une véritable explosion à l’arrivée des guitares qu’on sent venir peu à peu. Purement jouissif. Dans le genre Desert Rock , c’est un must, le tout porté par un chanteur à la voix d’une qualité rare . Bravo à eux ! Un regret de plus de ne pas être à Clisson cette année.

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  • Pas de death metal sur Arte cette année ni la semaine dernière ni ce week-end.

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