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Interview   

Le Hellfest Corner dans ses moindres recoins


Ancien patron de Jive Epic (Sony), et professionnel de la musique depuis 1994, Laurent Rossi gère aujourd’hui le Hellfest Corner, le nouveau bar du Hellfest Open Air à Paris, en partenariat avec Matthieu Drouot (Gérard Drouot Productions). Ce mardi 19 novembre, nous avons refait le monde avec lui dans les locaux d’un bar encore en chantier. Mais les cinq permanents du Hellfest Corner le savent mieux que quiconque, eux qui travaillent comme des fous depuis de longues semaines, le plus dur est désormais derrière eux puisqu’il reste seulement quelques détails à apporter pour que le public soit accueilli dans des conditions optimales. Prévu le mercredi 27 novembre, le lancement du Hellfest Corner – qui est situé au 37 rue Quincampoix (75004 Paris), au même endroit où sévissait le Dr.Feelgood Les Halles – se déroulera en fait officieusement quelques jours avant, le public ayant pu réserver sa présence aux soirées qui se tiendront à partir de ce vendredi 22 novembre.

Au cours de cette heure d’entretien, Laurent revient sur la manière dont l’idée du bar a émergé. Il évoque aussi la pression que subit le Hellfest Corner dans un contexte aujourd’hui délicat pour tous les lieux de vie proposant de l’alcool. Notre interlocuteur détaille également ce qui va faire la spécificité du Hellfest Corner qui est divisé en deux parties, le bar à l’étage et la partie shop où de nombreux produits exclusifs seront proposés.

« Le lieu correspond parfaitement à ce que j’imaginais dans mes rêves les plus fous. Mais j’ai aussi accumulé énormément de fatigue et je ne cache pas mon envie de fuir à dix mille kilomètres d’ici !»

Radio Metal : Nous sommes à quelques heures de l’ouverture du Hellfest Corner. Quel est ton état d’esprit ?

Laurent Rossi (co-gérant) : Franchement ? La sensation est bizarre puisque nous ressentons un mélange d’émotions. Surtout que, plus le temps passe, et plus le lieu prend forme petit à petit. Et c’est génial parce qu’il correspond parfaitement à ce que j’imaginais dans mes rêves les plus fous. Mais j’ai aussi accumulé énormément de fatigue et je ne cache pas mon envie de fuir à dix mille kilomètres d’ici ! Donc il y a de l’excitation certes, mais aussi de l’appréhension.

Quand a démarré l’aventure Hellfest Corner ?

Elle a démarré il y a un peu plus d’un an, très exactement sur la terrasse de la production de Ben Barbaud. J’attendais Iron Maiden au Hellfest et il y avait Matthieu Drouot à côté de moi. A un moment donné, il interpelle Ben qui regardait la queue du merchandising Hellfest pendant que Maiden allait monter sur scène. Et en fait, cette queue faisait des mètres et des mètres, comme tu peux l’imaginer ! Matthieu regarde Ben et lui dit : « Mais regarde Ben, c’est pas possible, il faut ouvrir une boutique à Paris ! ». J’entends ça et je réagis directement en lui disant : « Mais non, c’est pourri comme idée. Il faut que ce soit un lieu de vie. Il faut que ce soit une boutique, mais aussi un bar où les metalleux peuvent se retrouver entre eux. » Bon, on ne va pas se mentir, j’avais quand même un sérieux coup dans le nez ! Mais on en a reparlé le lendemain et on s’est dit que ce n’était pas une si mauvaise idée. Moi j’étais encore en poste chez Sony mais je savais que c’était la fin de mon aventure là-bas. Du coup, quand j’ai eu le temps, je m’y suis mis à fond. Nouvelle vie, nouveau projet : tout était à faire car il fallait passer les permis d’exploitation, se renseigner sur la question de l’hygiène, effectuer beaucoup de démarches administratives, chercher un local… Et puis nous nous sommes lancés.

Tu expliques que, sur cette aventure, ton contact principal de l’équipe Hellfest était Ben. Est-ce que ce deal a été décidé directement entre lui et toi ?

Non. Il s’est fait entre Matthieu Drouot et moi. La marque Hellfest appartient désormais à Gérard Drouot Productions, donc c’est un deal de licence. Bien évidemment, cela n’avait aucun sens – car je vois mal Gérard et Matthieu (son fils) faire n’importe quoi avec cette marque… – de mettre en place un deal sans qu’il y ait l’aval et l’implication de l’association. C’était dans les prérequis. Mais l’association – contrairement à ce que j’ai pu lire de certains haters – n’est pas dans le capital. Elle soutient le projet, elle vend des produits, nous sommes une vitrine du Hellfest avec lequel on collabore de très près, mais elle n’est pas dans le capital.

Cela souligne notamment votre indépendance dans la manière de fonctionner ?

Il y a une indépendance, mais elle n’est pas voulue et recherchée. C’est une indépendance de fait car je pense que l’association n’a pas à être actionnaire d’un lieu « privé ». Je pense d’ailleurs que l’asso’ a déjà suffisamment de choses à financer, et à faire sur le site, pour se lancer dans ce type d’aventure, quand bien même légalement elle le pourrait (ce dont je doute). Mais cela ne peut pas se faire sans eux.

A titre personnel, t’investir de la sorte sur ce projet a dû constituer un changement de vie sacrément important…

Après vingt-cinq ans dans l’industrie musicale, j’arrive à un âge où j’avais envie de me faire plaisir. C’est idiot, mais ce lieu je l’ai imaginé comme le lieu idéal où j’aimerais squatter mes soirées. Un bar qui est cool, joli, où ce n’est pas parce qu’on est des metalleux qu’on est des veaux – contrairement à l’image qui est trop souvent relayée – où l’on peut discuter et rencontrer des gens qui font la scène, ou sont autour d’elle. C’est-à-dire des musiciens, mais dans un contexte autre, avec de beaux alcools et en misant énormément sur la qualité. Tout en tirant aussi les prix. Nous avons des whiskys assez rares, à dix-huit euros le verre. Bien évidemment, nous n’allons pas en vendre des tonnes. Mais il faut que l’amateur de whisky puisse s’y retrouver. Il y a une exigence de qualité et tout ce que vous trouvez dans les bars traditionnels, a priori ici ce sera le niveau au-dessus. L’un des buts de ce bar est que les fans de metal se retrouvent entre eux. Cependant, je veux que cela soit un lieu ouvert. C’est-à-dire que les gamins qui commencent à s’intéresser au metal, mais qui ne savent pas trop comment s’y prendre et ne connaissent pas encore les codes, eh bien je souhaite qu’ils viennent les apprendre ici justement. Donc je veux que cela soit un lieu à l’image de l’ouverture d’esprit du festival. Si, demain, il y a un couple de retraités qui est perdu, qu’il flotte dehors et qu’ils ont envie de boire un café, ils seront évidemment les bienvenus. Je ne veux pas que cet endroit soit « snob » ou trop communautariste. D’un autre côté, il ne faut pas non plus que cela soit trop mainstream.

« Après vingt-cinq ans dans l’industrie musicale, j’arrive à un âge où j’avais envie de me faire plaisir. C’est idiot, mais ce lieu je l’ai imaginé comme le lieu idéal où j’aimerais squatter mes soirées. »

Par exemple, sur le choix du lieu, déjà il fallait un établissement licence 4. Et sur Paris, il n’y en a pas tant que cela. Il fallait un lieu où l’on puisse séparer la partie shop de la partie bar. Et je ne voulais pas d’un lieu trop grand, d’un lieu en mode Hard Rock Café. Tu vois, cela fait partie des discussions que nous avons eues avec Matthieu. Je voulais un lieu qui soit authentique. Nous savons que les fans de metal aiment bien cultiver le « entre nous » et il faut qu’ils puissent le créer ici. Si tu te retrouves dans une boutique étendard de 800 m2, tu perds toute convivialité. L’équipe, à l’exception de mon responsable bar que certains metalleux parisiens connaissent très bien, est intégralement constituée de fans de metal et de fans du Hellfest. La contrainte du lieu fait que nous ne pouvons pas faire de live, mais ce n’est pas grave car il y a des salles de spectacles pour cela. Je ne dis pas qu’à un moment nous ne ferons pas un truc de ce genre. Mais cela se déroulera dans une salle appropriée. L’idée est plus d’en faire un centre de rencontres, un centre culturel du metal, donner la parole à des gens qui travaillent sur la scène, des techniciens, plasticiens, éclairagistes… Le but est qu’ils expliquent leur boulot, pourquoi ils sont fans de metal et comment marchent cette scène et cette industrie. Je me rends compte, moi qui côtoie beaucoup de metalleux, qu’il y a une vraie ignorance et un vrai intérêt là-dessus. Le lieu se prête à cette démarche.

J’imagine que tu as déjà été extrêmement sollicité, en termes de communication, par des gens qui sont venus vers toi pour te proposer des opérations ?

Oui, en effet. La présence du bar permet de répondre à un besoin. L’idée est qu’on va évidemment accueillir des gros groupes en rencontres, dédicaces etc. En ce moment, en France, nous avons la chance d’avoir une scène musique extrême qui est excessivement riche et qui intéresse à l’étranger. Gojira a ouvert la voie, mais on voit également que Carpenter Brut est le groupe français qui tourne le plus à l’étranger et le plus grand rapporteur de devises. Je pense que Perturbator va sur la même voie et Pensées Nocturnes, de par son côté parfaitement français et que personne d’autre ne peut faire, a un véritable potentiel à l’export. Alcest aussi ! Je suis fan du groupe et je suis donc très heureux que l’on accueille la release party de votre livre sur eux le samedi 25 janvier prochain. Il y a aussi plein de petits labels qui proposent des choses vraiment intéressantes. Je pense notamment aux Acteurs de l’Ombre, à Kaotoxin, aux copains d’Adipocère qui se remet à produire, à l’historique Osmose, Season Of Mist… Donc nous avons quand même une scène de labels et de groupes en France qui est vraiment forte et qui commence à avoir accès, pour certains, à des médias plus mainstream. Je pense notamment à Blut Aus Nord qui a eu un article dans Télérama sur son projet Yerûselem, à Celeste qui s’est vu inviter au Pitchfork Festival, à Klone qui a des reprises partout. C’est un mouvement de fond. A part le metal, le rock dans son ensemble – le rock indé notamment –, a complètement raté le virage de la jeunesse. Il n’est plus porteur de valeur. Personnellement, si j’avais 15 ans aujourd’hui, cela me ferait beaucoup plus marrer d’écouter Damso que Father John Misty. Les concerts de rock indé, c’est devenu un truc de cinquantenaires. Mais dans le metal, il y a cette culture de l’ombre qui aujourd’hui produit des choses excessivement qualitatives, qui sortent des clichés, qui sont très créatives, comme Zeal & Ardor par exemple. Cette scène-là, pour moi, est le dernier lieu de création musicale.

Et peut-être particulièrement dans la scène black metal française, dans le milieu expérimental…

Sur le black, sur l’expérimental, avec des groupes comme Igorrr ou Deathspell Omega. Des formations qui ont toujours été soutenues par le Hellfest. C’est quelque chose que je ne comprends pas : on reproche au Hellfest d’être un festival maintream alors qu’il fait jouer Aorlhac. À un moment, il faut arrêter d’être con et de cracher dans la soupe. Le Hellfest a fait énormément pour la scène metal française, pour la représentation du metal en France et je dirais même aujourd’hui dans le monde. Avec notre petit lieu, l’idée est que ce soit le prolongement de cette philosophie-là et aussi un lieu convivial. Le but est d’être acteur de la promotion de cette scène, de pousser comme on peut. On n’a pas le poids du Hellfest Open Air, on ne va pas se mentir, mais en tout cas on veut aider comme on peut.

Justement, pour revenir au lieu et à son histoire, qu’est-ce qui a été le plus compliqué pour toi dans la création de ce projet ?

Ce qu’il y a de très difficile, c’est le financement. Et pour ceux qui connaissaient le Dr.Feelgood avant, ils ne vont pas le reconnaître car on a absolument tout cassé. Je voulais un bar plus grand, qui soit au fond, plus proche de la cuisine pour des questions pratiques et logistiques. J’avais bien évidemment prévu un architecte d’intérieur. D’ailleurs, quand les Bungalow Bunkers (qui sont ceux qui font la Hellgates au Hellfest) ont pris la direction artistique du lieu, ils ont expliqué ce qu’ils allaient pouvoir faire. Et entre la réflexion de l’architecte, les contraintes techniques et les contraintes de la direction artistique, au final nous nous sommes retrouvés à tout casser et tout refaire. Il fallait aussi remettre l’établissement aux normes. Nous avons ainsi installé un plafond acoustique mais pas parce qu’on va faire un boucan du diable… De toute façon, je déteste les bars où on ne peut pas se parler. Il y aura de la musique en fond mais ça ne sera pas pire que dans n’importe quel bar. Le plafond acoustique, c’est pour le confort des voisins et ça va cadenasser le son tout en absorbant les hautes fréquences. Donc si les gens parlent un peu fort, au moins le voisin du dessus pourra avoir une vie paisible.

Nous avons eu de bonnes et de mauvaises surprises lorsque l’on a découvert le lieu. Les bonnes surprises, par exemple, c’est que nous avions une évacuation sur le toit qui nous a permis d’installer un fumoir qui n’existait pas avant. Les mauvaises surprises : la climatisation qui était parfaitement à changer, le plafond que nous pensions acoustique et qui ne l’était pas, le nettoyage… Il y a toujours des choses que tu découvres. Mais quand j’ai vu le lieu, je le connaissais déjà car j’étais un habitué. Dans le cahier des charges que nous avions établi avec Matthieu, il fallait que le lieu soit près d’un lieu de transports car beaucoup de fans de metal viennent de banlieue. Il fallait donc que le lieu soit dans le centre car il y a beaucoup de gens qui viennent de province aussi et des étrangers. Il ne faut pas oublier que c’est un contingent non négligeable au Hellfest, donc il était essentiel qu’ils puissent nous trouver facilement. Quand le Dr. Feelgood s’est libéré, en termes de lieu c’était une sorte d’idéal. Sachant que je ne voulais pas un flagship, sinon on aurait ouvert sur les Champs-Élysées. Je pense d’ailleurs que les banques auraient été ravies et cela aurait été beaucoup moins chiant à financer… Un flagship est un magasin vitrine : c’est Louis Vuitton sur les Champs-Élysées ou le Hard Rock Café sur les Grands Boulevards. C’est un truc très démonstratif, qui est ta vitrine aux yeux du monde.

Quand vous avez pris le lieu, vous avez eu vent de plaintes ?

Bien sûr. On a une pression énorme, mais qui est légitime. Je ne le vis pas comme une contrainte ou un drame absolu. La préfecture de police, la mairie et les associations suivent de très près notre dossier. Et c’est logique. On essaie de tout mettre en place pour que cela se passe bien. Moi ça m’a finalement servi, j’ai eu une démarche assez proactive à ce niveau-là : savoir ce qui posait problème avant, essayer de répondre au problème. Je pense qu’on y répond du mieux possible. Après, l’attitude des clients va jouer mais nous allons aussi les sensibiliser. Mais j’espère qu’on sera un établissement pilote à ce niveau. Car si on ne l’est pas, ce qui va se passer à terme, en tout cas dans toutes les métropoles (à Paris, à Rennes ou à Bordeaux où c’est très sensible), c’est qu’il n’y aura plus de bars « rock ». C’est vrai qu’il y a eu aussi beaucoup d’abus… Un bar reste un bar. Ce n’est pas une discothèque. Un bar, ce n’est pas une salle de spectacles non plus. Le tout est de trouver la bonne mesure entre confort et tranquillité du voisinage, et lieu de vie. Il y a une très forte pression des associations, des élus qui ont mobilisé les forces de police. Moi je suis parfaitement transparent et j’invite tout le monde à venir voir le lieu. On a installé un fumoir, on a tout fait pour répondre à beaucoup de problèmes qui se sont posés avant.

« Je veux que cela soit un lieu ouvert. C’est-à-dire que les gamins qui commencent à s’intéresser au metal, mais qui ne savent pas trop comment s’y prendre et ne connaissent pas encore les codes, viennent les apprendre ici justement. »

Le problème principal est le bruit, d’après les discussions que j’ai eues avec les gens de la préfecture, la mairie, les voisins et les associations. On sait très bien que les jeudi, vendredi et samedi, les gens sortent. Nous serons ouverts jusqu’à 2h du matin. Donc je préfère avoir une amplitude plus large le mardi et le mercredi, et fermer plus tôt. Cela ne sert a rien de maintenir une activité, alors que nous savons que les gens sortent peu, juste pour vendre dix bières. Nous ouvrons à partir de 12h30, le mardi, mercredi et samedi. Comme cela, pour les gens qui veulent venir le midi, nous aurons une petite restauration. Ceux qui veulent venir au shop le midi pourront venir sans se sentir obligés de consommer. Il n’y a pas obligation d’aller au bar pour aller au shop et inversement.

Il n’y a pas de laissez-passer spéciaux ? De pass privilégiés ? [sourires]

Non. C’est tranquille et sympathique ! [rires].

A l’image de certaines remarques, « tranquilles et sympathiques », que vous avez pu recevoir sur Internet !

Des haters, il y en aura toujours. Je peux comprendre. Il y en a qui ont des questions qui peuvent sembler légitimes, en général celles-ci j’y réponds. Mais les haters resteront des haters. Je ne leur en veux pas et je les invite à venir voir le lieu, à boire une bière et s’ils trouvent ça tout pourri, ils peuvent le dire, et s’ils trouvent ça cool, j’espère qu’ils auront l’honnêteté intellectuelle de le dire aussi. Je ne me formalise pas là-dessus. Les réseaux sociaux ont ceci de redoutable que les gens postent leurs réactions, pas leurs réflexions. Donc les réactions sont forcément épidermiques et, derrière, les mecs se retrouvent à justifier des choses que peut-être ils ne pensent pas vraiment, qu’ils pensaient juste à l’instant T. En conséquence, tu arrives parfois à des choses assez hallucinantes en termes de dialogue. Donc aucun problème : même si vous avez dit des horreurs sur nous, vous êtes quand même les bienvenus. On ne vous en veut pas.

Plus haut tu parlais de magasin vitrine. Si le Hellfest t’avait proposé un bar démonstratif de ce type, tu penses que cette idée serait très mal passée au sein de la communauté metal ?

Je pense que tout dépend du lieu. A Nantes, le Hellfest est devenu une fierté et une institution locale. On est sur une histoire régionale. A Bordeaux ou à Paris, pour moi cela ne fait pas sens. En plus, il ne faut pas oublier que moi-même je suis un fan à la base. Même quand j’étais professionnel, je posais mes jours de vacances et j’achetais mon billet alors que j’avais des groupes qui y jouaient. Est-ce qu’en tant que fan, je me projette dans un Hard Rock Café ? Je ne dis pas de mal du Hard Rock Café, j’aurais pu citer un Indiana car il y en a qui sont immenses. Et la réponse est non, je n’ai pas envie. J’aime être en petit comité, on peut rencontrer des gens, se parler. Au final, ici tu accueilles cent personnes, tu en croises forcément pendant la soirée, tu peux nouer des liens, je ne voulais pas de quelque chose d’impersonnel.

« C’est quelque chose que je ne comprends pas : on reproche au Hellfest d’être un festival maintream alors qu’il fait jouer Aorlhac. À un moment, il faut arrêter d’être con et de cracher dans la soupe. »

Avec le Hellfest Corner, êtes-vous en phase avec les échéances de temps que vous vous êtes fixées ?

Non, là on est en retard [rires]. Ce sont toujours les joies des travaux. Tu es là et, petit à petit, tu découvres des choses. Par exemple, qu’il faut changer l’intégralité du tableau électrique. Donc le budget explose et cela t’oblige à aller re-solliciter la banque. Par rapport au calendrier qu’on s’était fixé, on a un mois de retard. Cela peut sembler énorme, mais visiblement dans les hôtels et restaurants ce n’est pas grand-chose. Il s’agit plutôt d’un délai bien tenu. Moi je suis en panique totale, mon comptable encore plus, mais visiblement ça va.

De toute façon, le bar va pouvoir tourner au-delà de la consommation pure d’alcool car j’imagine qu’il y aura aussi des softs ! Mais est-ce avant tout la boutique qui va faire que le Hellfest Corner va se développer ?

Il y aura des softs, et heureusement ! On ne va pas se mentir, l’offre de démarrage n’est pas l’offre globale que j’imagine à moyen terme. Après, il faut trouver les fournisseurs etc., mais ce que je voulais était de concentrer en un lieu tout ce qui compte pour un metalleux. C’est-à-dire qu’on sera le seul endroit de Paris où l’on trouvera des fringues Hyraw, on sera le premier magasin à proposer des fringues Crève, il y aura bien évidemment tout le merchandising du Hellfest, le bouquin Ghost de Radio Metal vendu sur Paris exclusivement chez nous, pas mal d’ouvrages, du disque également, des bijoux (on est en train de travailler avec Flibustier pour proposer certains de leurs produits). C’est aussi dans le même esprit que sur le disque, je compte bien aider les acteurs français. Bien évidemment, il y aura des disques internationaux aussi, mais je compte aider les acteurs français et c’est la même chose pour le metalwear, pour ne pas dire le streetwear : il faut qu’on serve également de vitrine pour les bijoutiers de metal et qu’on crée une relation étroite et un peu de collaboration.

Sur le plan structurel, quel est le rôle de Matthieu Drouot dans le projet ?

Matthieu de toute façon, avec son père, a la gestion de la marque Hellfest. Ils sont tout à fait conscients que tu ne peux pas créer un Hellfest ailleurs qu’à Clisson. L’âme du festival est là-bas et l’âme du festival fait son succès : le fait qu’il y ait des infrastructures en dur, qu’il y ait un ancrage régional… Donc ce n’est pas demain la veille, et ils n’y ont pas réfléchi deux minutes, qu’ils vont dire à Ben « viens, on fait un Hellfest à Paris ou à Londres ». Ce n’est pas possible, tu ne peux pas sacraliser le terrain. Ce qu’il se passe à Clisson est unique parce que c’est le seul festival en open air qui a son terrain à l’année. A Paris, la pelouse de Vincennes, We Love Green ils l’ont mais il faut qu’elle soit remise en état deux jours après le festival. Tu ne peux pas installer de choses en dur, donc il n’est pas possible de développer le festival ailleurs qu’à Clisson aujourd’hui. Matthieu le dira mieux que moi. Mais ils ont cette gestion de marque et, effectivement, pour le développement de cette marque et son rayonnement, cette idée collait assez bien. Matthieu est aussi tourneur, c’est lui qui fait tourner Kiss, Judas Priest, Avenged Sevenfold, AC/DC, Alice Cooper, Dream Theater, Joe Satriani… Il ne fait pas que du metal, mais il en a beaucoup. C’est quelqu’un qui connaît donc bien la scène et qui aime ça. Je crois que, comme moi, c’était une aventure un peu atypique et qui l’amusait. Bon, quand cela foire et qu’on se retrouve à vendre nos appartements respectifs pour payer les créanciers, on va trouver cela beaucoup moins rigolo. Mais ça va marcher [rires] ! Il y avait cette envie de faire un truc ensemble, nous nous connaissons depuis assez longtemps, nous avions des rapports basiques de tourneur / maison de disque, très amicaux, mais là c’était l’occasion de faire quelque chose ensemble. Matthieu, c’est un peu mon Jiminy Cricket quelque part. C’est celui qui freine un peu mes ardeurs et m’aide beaucoup à revenir sur terre, à me déstresser car je suis un anxieux de nature et lui est beaucoup plus posé. C’est une alchimie qui fonctionne bien.

« Les réseaux sociaux ont ceci de redoutable que les gens postent leurs réactions, pas leurs réflexions. Donc les réactions sont forcément épidermiques et, derrière, les mecs se retrouvent à justifier des choses que peut-être ils ne pensent pas vraiment, qu’ils pensaient juste à l’instant T. »

Quel va être le fonctionnement du Hellfest Corner. Vous serez cinq personnes mobilisées, c’est bien cela ?

Oui, c’est vraiment le minimum du minimum. Sachant que je cherchais à constituer ma garde rapprochée, des gens en qui j’ai confiance et qui ont du métier. Moi je suis assez humble et je n’ai jamais tenu de bar. Tu me demandes de me servir d’une tireuse et je ne sais même pas changer un fût. Donc il faut des gens qui savent le faire, c’est un métier. Effectivement, en théorie, nous devrions être sur le double pour être sur une amplitude horaire plus large, si nous voulions être ouverts 7 jours sur 7. Les horaires d’ouverture sont déterminés par le temps de travail de chacun. Je ne voulais pas me miner avec une masse salariale trop forte au départ et je veux que les consommateurs, s’ils deviennent habitués, nouent des liens avec les serveurs ou Anne qui est au shop. Ça joue dans la convivialité, alors que si tu as un énorme turnover, cela devient assez impersonnel et c’est tout ce que je ne veux pas. Dans les rôles de chacun, il y a Jimmy qui a une énorme expérience en bar et maîtrise l’art du cocktail. Je voulais qu’on en propose justement pour casser les codes. On en retrouve plutôt dans les palaces que dans un bar metal… D’ailleurs, il a créé un cocktail pour chaque scène du Hellfest. Il y a une carte de cocktails qui est assez large. Il y a Audrey qui a aussi une grosse expérience en bar, qui sera également là à plein temps, une metalleuse. Et au shop, c’est Anne qui a une grosse expérience de retail car elle était chez Superdry, mais pas que cela… Anne est également la chanteuse de Blóð et de Lynn, qui sont deux groupes qui se développent à l’heure actuelle. Je ne veux pas dire de choses sur sa vie privée, mais elle partage sa vie avec un musicien de la scène et c’est une grosse fan de metal qui connaît la scène. Pour moi, c’était important que ça soit des metalleux qui servent des metalleux. J’ai également Mamadou qui est cuisinier, par contre il n’est pas metalleux mais il est cuisinier avec quinze ans de métier. Il nous proposera un peu de finger food, on ne va pas se mentir cela ne sera pas du gastro, mais si tu as la dalle avant ou en revenant d’un concert, il y aura des hot dogs, des burgers, du chili…

Jusqu’à 2h du matin ?
Je ne pense pas parce qu’il habite en banlieue. Et il faut remettre la cuisine en état parce que je suis hyper chiant sur l’hygiène. Mais en tout cas, au moins jusqu’à minuit je pense.

Avez-vous une projection en termes du nombre de personnes qui vont venir le premier mois ?

En fait, nous avons un prévisionnel budgété, pas un nombre de personnes. Moi, au départ, je veux surtout qu’il y ait un intérêt. Même moi, je suis le premier halluciné qu’il y ait déjà plus de six mille personnes qui aient liké la page, des gens qui disent « ah je prends un avion, j’arrive ». C’est juste un bar ! Ce n’est pas un festival. On est là pour un petit moment, pour être ouvert au moins cinquante semaines dans l’année, calmez–vous. C’est pour cela justement que nous avons mis en place un système de réservations. Nous voulons pouvoir passer du temps avec les clients, nous ne voulons pas qu’il y ait vingt-cinq minutes d’attente au bar. Tu n’as pas deux fois la possibilité de donner une première impression. Nous ne voulons pas que les gens attendent dehors. Cela va rendre les voisins fous, à juste titre, et en plus il fait froid, ils vont choper la crève. Rien de plus désagréable que d’attendre pour rentrer dans un lieu… Encore une fois, ce n’est qu’un bar. Il est très joli, très atypique, mais il ne va pas disparaître du jour au lendemain. L’idée n’est donc pas de freiner cet enthousiasme mais plutôt de faire en sorte que tout le monde n’ait pas une mauvaise première expérience. Ce n’est pas du tout pour rendre le lieu hype : on ne sélectionne pas les gens, il n’y a pas de critères, tu réserves, c’est gratos. On a beaucoup discuté avec Matthieu de ce sujet et je lui ai dit que si nous voulons que les gens soient bien et que cela ne soit pas le bordel, il faut qu’on soit en dessous de la capacité légale. La capacité légale est déterminée par la préfecture en fonction du métrage carré. Aucun bar ne la respecte. La police le sait très bien d’ailleurs. Nous on va être encore e -dessous pour que cela se passe bien. La capacité du lieu est de cent treize personnes au niveau préfectoral. Pour l’ouverture, il y aura moins de cent personnes. Et il y aura toujours moins de cent personnes. La réalité c’est qu’un bar de cette taille-là, tu y mets deux cents personnes. Mais je ne veux pas que cela soit ainsi. Je veux que ça soit fluide, cool, qu’il y ait une ambiance sympathique et conviviale. Et pas que cela soit un enfer.

Tu es forcément énervé si tu attends dehors, si tu attends quinze minutes pour avoir ta bière. Sachant qu’après cela va se normaliser, là il y a une excitation et après on arrêtera ce système. Moi cela ne m’amuse pas follement ce système de réservation mais nous sommes complets toute la semaine. Enfin, il reste encore quelques places je crois, nous n’avons pas tout mis non plus. Car il y a un petit événement qui va se produire le 28. En effet, Cédric Sire vient dédicacer le livre qu’il a consacré au Hellfest. Mais, pour le coup, il ne sera pas tout seul. On va faire une rencontre limitée à quatre-vingts personnes. Après ils resteront le soir, enfin j’imagine pour ceux qui peuvent car certains artistes ont des concerts à faire. Il viendra donc accompagné de Mass Hysteria, No One Is Innocent, Stef Buriez, de Frédéric Leclercq, le bassiste de Kreator. L’idée est de limiter à quatre-vingts parce que je veux qu’il y ait un échange. C’est l’occasion ou jamais qu’il y ait un échange à la cool, autour d’une bière avec eux, en plus de faire signer le livre. Je précise que si les gens ont déjà acheté le bouquin, et qu’ils viennent avec, il n’y a pas de soucis. Il sera en vente à la boutique mais nous ne sommes pas la Fnac, nous n’allons pas leur dire « tu ne l’as pas acheté ici, va te faire foutre », il n’y a pas de problème.

« Nous savons que les fans de metal aiment bien cultiver le “entre nous” et il faut qu’ils puissent le créer ici. Si tu te retrouves dans une boutique étendard de 800 m2, tu perds toute convivialité. »

La partie shop sera composée de quoi exactement ?

Dans la partie shop, comme je te le disais, il y a aura bien évidemment énormément de merch Hellfest. C’est un peu l’idée et la logique. Pas forcément celui du festival avec les noms des groupes (il y en aura quand même) mais plutôt tout ce qui est dérivé sur la marque Hellfest, développé et fourni par l’association. Il y aura également des collaborations, il y a un T-shirt Hellfest Corner qui a été développé par Hyraw et qu’on proposera en édition limitée. Les fringues Hyraw, Crève… Affliction, je ne les ai pas encore contactés car je me dis qu’ils ont un gros shop à côté. Donc cela n’a pas forcément un intérêt formel dans un premier temps car ils sont représentés sur Paris, ce qui n’est pas le cas d’Hyraw ou Crève. On va développer beaucoup d’autres collaborations. Dès qu’il y a marqué Hellfest Corner sur le produit, je souhaite que cela soit exclusif. Sinon, sur le reste, c’est surtout pour que le fan de metal puisse trouver les produits sans forcément passer par les sites internet ou les metal markets des festivals. Qu’il puisse les avoir toute l’année, réfléchir, les voir et aider les marques à se développer et faire des expériences. Pour Crève, c’est une première expérience. Ils n’ont jamais été vendus par aucune boutique en France, donc c’est bien. Comme ça on va grandir et faire des conneries ensemble.

Quelques questions sur ton parcours personnel pour terminer. Au final, tu as toujours été proche de l’équipe du Hellfest de par ton rôle chez Sony ?

Absolument pas. Quand tu es en maison de disque, il y a bien évidemment des gens de festivals que tu connais. J’aime beaucoup les Eurockéennes, les gens de la Route du Rock etc. Mais concernant le Hellfest, paradoxalement, comme j’étais en major il n’y avait pas de dialogues. Je pense qu’ils ont des dialogues avec les indés, et encore je ne suis même pas sûr, pas avec les gros… Moi je m’occupais de Century Media chez Sony, et les gens de Century Media ne connaissaient pas les gens du Hellfest. Ils parlent surtout aux promoteurs de spectacles et aux agents pour les groupes internationaux, donc tu n’as pas de rapports si directs que cela. Les attachés de presse Roger (Wessier) et Olivier (Garnier) de Replica Promotion, je les connaissais parce que je travaillais avec eux sur Ozzy Osbourne, ACoD, je leur donnais des missions de promo indé, mais il n’y avait pas de rapport évident. Ben Barbaud, par exemple, n’est pas quelqu’un que je connais depuis dix ans, mais depuis deux ans. Nous nous étions croisés avant car il y avait eu des tentatives de compilations Hellfest qui étaient sorties chez Sony. Et je ne sais plus qui me l’avait présenté. Il ne s’en souvenait pas et c’est tout à fait normal. Ce ne sont pas des potes de beuverie. Par contre, que ce soit Yoann, Hélène, Ben, Alexxx, bref toute la team Hellfest, ce sont des gens dont j’admire beaucoup le travail et ce qu’ils ont fait. Pour le coup, Sony existait avant moi et existera après moi. Eux, ils ont fait quelque chose en partant de rien, donc j’ai toujours énormément d’admiration pour les gens qui font ça. Surtout dans le cas de Ben, peut-être qu’il va me contredira, mais j’ai le sentiment que le Hellfest est son rêve de gamin, il en a fait une réalité. Quand je le croise pendant le festival, il a quelque chose d’assez touchant, il est fier, il a encore les yeux qui brillent (il va me tuer d’avoir dit ça !). Ça le touche encore. La flamme et la passion sont là. Contrairement à ce que j’entends des haters parfois qui disent « c’est plus qu’un truc pour le fric », parce que, je vous assure, croisez la tête de Ben Barbaud quand il est sur la terrasse et qu’il regarde le site et qu’il voit qu’il y a des explosions : c’est un enfant ! C’est Noël.

Et je trouve ça excessivement touchant, surtout au bout de quinze ans, quand tu sais ce qui s’est passé au Furyfest. Après cela, n’importe qui aurait abandonné. A un moment tu arrêtes, surtout qu’il a d’autres perspectives professionnelles, il a une autre formation (ndlr : Ben Barbaud a une formation commerciale). Et s’acharner, avec cette passion, c’est quelque chose pour quoi j’ai énormément d’admiration. Les gens ne se rendent pas forcément compte des investissements que c’est, ce qui est fait sur le site du Hellfest, Ce sont des investissements monstrueux. Même s’il en avait les capacités techniques, quel festival mettrait des millions pour faire de la pyrotechnie, des expériences ? Aucun. Le mec va regarder son planning et se dire « attends, là j’ai du profit à prendre », aujourd’hui un feu d’artifice ça coûte des dizaines de milliers d’euros. Donc Ben, lui, il le fait, et c’est ce qui fait que le Hellfest est le Hellfest. C’est ce qui fait que, malgré tout, les mecs ils disent que c’est devenu Disneyland, mais la vérité c’est que c’est juste un Disneyland pour metalleux. C’est un rêve de metalleux pour les metalleux, fait avec énormément d’ambition, et c’est ce que j’aime avec le Hellfest : malgré le fait qu’on soit sur des musiques extrêmes, les moyens qui sont mis en place ne sont pas ceux de l’underground, ce sont ceux du mainstream. Les groupes peuvent se pointer avec leur show, Iron Maiden est venu avec son show intégral. Il s’agit de mettre le meilleur de l’entertainment à la portée du fan de metal, qui très souvent doit se manger des caves et des petites salles. C’est super et c’est aussi ce qui fait le sel de la scène, mais pour le coup je pense que même pour les groupes qui vont jouer sous la Temple dans l’après-midi, ils vont jouer devant cinq ou sept mille personnes, alors que certains font des clubs de cent cinquante personnes. Pour eux, c’est l’expérience de leur vie. C’est ça la magie du Hellfest, je ne l’ai retrouvée dans aucun autre festival.

D’ailleurs, quid du Hellfest Corner sur les dates du Hellfest 2020 ?

Nous ne savons pas. On se pose la question. D’un côté, il est hors de question que je rate un Hellfest. Je pense qu’Anne, qui y va depuis 2007, et Audrey qui y va aussi depuis 2013-2014, si je leur dis « vous restez ici, vous n’allez pas au Hellfest », elles vont encore plus vouloir acheter leur pass, elles vont très mal le vivre [rires]. Je pense que Jimmy pourrait vivre sans, mais il a quand même très envie d’y aller. Il y a une tentation de retransmettre le Hellfest en direct via Arte Live et la tentation de faire comme à Noël : désolés, on est fermés, il y a Hellfest. Nous ne savons pas, nous avons le temps d’y réfléchir encore un petit peu…

Un dernier mot ?

Gardez la passion. C’est excessivement important car la musique n’est pas essentielle à la survie, c’est bien ce qui la rend absolument primordiale. Continuez à vous renseigner, à cultiver votre curiosité surtout. Pour beaucoup d’entre eux ce sont des Français, penchez-vous sur la scène française, elle est exceptionnelle. En ce moment, elle est vraiment exceptionnelle. Soyez fiers de Gojira et ne faites pas les Français. Car ces derniers se plaignent tout le temps, c’est-à-dire que tu as tous les touristes du monde qui viennent en France et se disent « c’est ouf, la bouffe, les paysages, la culture, les filles qui sont magnifiques, c’est incroyable la France ! » et les Français sont les plus gros consommateurs d’antidépresseurs au monde. À un moment, soyez fiers et surtout soyez fiers de la scène metal française. Aidez-là le plus possible car il y a vraiment des choses hyper intéressantes. Et prenez soin de vous aussi !

Interview réalisée en face-à-face le 19 novembre 2019 par Amaury Blanc.
Retranscription : Emilie Bardalou.

Site officiel du Hellfest Corner : hellfestcorner.com
Site officiel du Hellfest : hellfest.fr

Photos : Greg H Photography
Photo d’illustration : Julien Vachon



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  • Super ! Une des seules choses qui me feraient vivre à Paris ! xD
    J’espère que vous allez tout déchirer, et que vous tiendrez sur la durée. Un peu déçu du système de réservation, mais si ça permet d’éviter un bar surbondé où personne s’entends, et éviter de souffrir de son propre succès, j’approuve!

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  • même lorsque le Hellfest est fini ça en cause encore pendant 11 mois, Hellfest par ci Hellfest par là. Je me demande si les allemands parle du Wacken 365 jours par an, à moins que se soit une exclusivité encore bien française.

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    Pat

    si tu préfères aller au Flunch , pas de souci , chacun ses goûts .
    Sans déconner, on a ce super coin stylé qui s’ouvre pour le bien-être de tous : Happy face !!!

    Al

    @Past : Non pas à tous, aux PARISIENS comme d’habitude !!

    @Micka : ayant vécu en Allemagne et m’être déplacé à Hambourg et causé avec des fans de Metal. Non ils parlent pas autant du Wacken. Tu verras des fans avec des t-shirt du fest mais c’est tout, ils parlent plus musique et on sent davantage cette passion qui les anime.

  • Super entretien !

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