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Interview   

Hellfest : l’enfer du Covid-19


On ne voulait pas y croire mais au fond, on savait depuis déjà plusieurs semaines que ce serait inévitable : l’année 2020 sera une année blanche pour les festivals d’été, dont le mastodonte des musiques extrêmes, le Hellfest, qui a été le premier à officialiser son annulation ; une année noire pour la musique et la culture en général qui risque gros face à la crise sanitaire du Covid-19 dont on ne sait quand elle prendra réellement fin.

C’est la première fois en quatorze ans – dix-huit si l’on compte son ancêtre le Furyfest – que le « festival de l’enfer » est contraint de garder portes closes. Les implications financières et humaines sont énormes, avec des répercussions au-delà du festival lui-même.

Dans l’entretien qui suit, Ben Barbaud, fondateur du festival, revient longuement sur le déroulement des événements et la gestion en interne de la crise. Un échange riche et instructif qui lève le voile sur les enjeux de cette annulation, les difficultés auxquelles l’équipe du festival a fait face et va faire face dans les mois et années à venir, mais aussi son état d’esprit à la fois rationnel et solidaire. Des premières semaines de confinement aux efforts qui seront demandés à l’avenir aux artistes, en faisant un petit détour par l’« affaire » Manowar qui a secoué l’édition 2019, comme à son habitude, Ben Barbaud est sans filtre et généreux en précisions.

Note : l’article a été édité le 5 mai à la demande du Hellfest.

« Jamais je n’aurais pu imaginer un tel bordel. Il y a un mois et demi, tu m’aurais dit qu’on allait décaler les Jeux olympiques, que tous les festivals d’été allaient être annulés, que les bars et les restaurants allaient être fermés, jamais je ne t’aurais cru. »

Radio Metal : Le Hellfest est annulé cette année à cause de la pandémie du Covid-19. C’est donc une année blanche, une première dans l’histoire du festival. Comment te sens-tu, aujourd’hui ?

Ben Barbaud : Il y a un double ressenti. Le premier, c’est la déception, parce que nous sommes une association qui n’organise qu’un seul événement par an. Lorsque cet événement est annulé, quelle qu’en soit la cause – de toute façon c’est la première fois que nous annulons, là c’est à cause d’un problème sanitaire –, ça laisse un grand vide. Nous avons un an de travail, ce qui n’est pas rien, pour finalement aucune finalité. C’est évidemment la déception. D’un autre côté, il y a quand même une sensation de soulagement, parce que les dernières semaines qui ont précédé l’annulation – je ne dis pas que nous avions senti le truc venir avant tout le monde, mais nous savons à peu près comment se passent les principes de précaution, dans les préfectures, etc. –, une à deux semaines avant le début du confinement, lorsque c’est arrivé en Italie, je me suis dit que ça ne sentait vraiment pas bon. Il y a ensuite eu de longues semaines avant que nous puissions annoncer l’annulation du festival, qui furent très anxiogènes, très stressantes pour l’ensemble de l’équipe, moi-même, tout le monde, car nous étions dans l’inconnu. Tous les festivals ont communiqué en disant qu’ils essayaient de mettre tout en œuvre pour, mais en fait, nous étions tous conscients que nous n’étions pas du tout maîtres de la situation, que personne sur cette Terre n’était capable de prédire ou de rassurer. Nous nous sommes aperçus très vite que la situation était bouchée.

Rétrospectivement, le Covid-19 apparaît entre le 17 novembre et le 8 décembre 2019 en Chine. Mais on n’en entend réellement parler qu’à partir de début janvier 2020, et le 24 janvier, les premiers cas sont identifiés en France. Tu disais que tu avais commencé à t’inquiéter à partir du moment où c’était arrivé en Italie. Mais à ce moment-là, le 24 janvier, quand il y a les premiers cas en France, en voyant comment ça s’était passé en Chine, commençais-tu déjà à avoir des doutes ou des craintes ? Quel regard avais-tu à ce moment-là sur cette pandémie naissante ?

Je pense que j’avais le même regard que l’ensemble des Européens ou que l’ensemble des gens, à l’exception des Asiatiques. C’est-à-dire que nous ne nous sentions pas concernés, parce que ces virus-là, nous en avons connu : il y a le fameux SRAS entre 2002 et 2004, il y a eu la grippe H1N1… Finalement, ça n’a jamais débouché sur une situation sanitaire inextricable comme on la connaît aujourd’hui. Je ne suis pas spécialiste, jamais je n’aurais pu imaginer un tel bordel. Il y a un mois et demi, tu m’aurais dit qu’on allait décaler les Jeux olympiques, que tous les festivals d’été allaient être annulés, que les bars et les restaurants allaient être fermés, jamais je ne t’aurais cru. À part en étant devin, je ne vois pas comment on pouvait s’imaginer ça.

Le 11 mars, l’épidémie est déclarée pandémie. La France entre en confinement le 16 mars. Comment, toi et l’équipe du Hellfest avez vécu ce début de période de confinement et tout ce que ça impliquait pour le festival ?

Nous avons subi, comme tout le monde. Je pense que nous avons tous été estomaqués par toute cette suite d’événements, parce que ça a été extrêmement rapide. Entre le moment où le président nous annonce la fermeture des écoles, quelques jours après on nous annonce la fermeture des bars et des restaurants, pour que quelques jours après, ce soit le confinement total… Il y a eu une suite d’événements, nous l’avons subie, nous avons été, comme tout le monde, éberlués par l’ampleur de la situation qui se dessinait devant nous. Et très rapidement, au vu de la gravité des choses, nous nous sommes dit que s’il y avait bien un endroit où il y allait avoir des difficultés de réalisation, c’était bien sur un festival devant réunir des dizaines de milliers de spectateurs. Ça concerne les festivals, mais aussi les grands événements, comme les événements sportifs, etc. Nous avons très rapidement compris que c’était improbable. Parmi l’ensemble de mes collègues avec qui j’ai extrêmement souvent échangé avant la prise de parole du président de la République – pas tous, mais les Vieilles Charrues ou les Eurockéennes notamment –, il n’y avait plus grand monde qui y croyait.

Sauf qu’il nous fallait un cadre législatif bien précis pour que nous puissions annuler en bonne et due forme, pour que nous puissions éventuellement, comme tu as dû le suivre, pouvoir titiller notre assurance sur notre cas personnel… Durant ces trois semaines, nous avons vraiment mis la pression. Les trois premières semaines, le ministère de la Culture a été extrêmement absent, parce que je pense qu’il ne savait pas comment gérer nos cas. Nous avons un petit peu fait cheval de bataille tout seuls, en allant frapper dans la presse pour qu’on s’occupe de nous. Parce que moi, ma difficulté, c’est que le décret qui interdisait les rassemblements allait jusqu’au 15 avril. Donc potentiellement, à partir du 16 avril, je pouvais signer mes contrats de travail avec tous les intermittents, avec tous les prestataires de services, et commencer à monter mon festival. Sauf que je voyais bien que si je commençais à monter mon festival, j’allais empiler des factures et des factures, alors que mon festival, on est d’accord, n’allait pas se faire. Donc potentiellement, vu que l’assurance nous avait déjà signifié qu’ils ne nous « couvriraient » pas, j’empilais les pertes.

« L’État a proposé un report d’échéance bancaire de six mois, mais il faut comprendre que pour nous, avec le coronavirus, ce n’est pas trois, quatre ou six mois, c’est un an ; si nous devions comparer avec un restaurateur, c’est l’équivalent d’une fermeture d’un an. Les pertes sont donc déjà lourdes. »

J’ai vingt-deux salariés permanents au Hellfest, qui durant un an auront été payés – c’est bien normal – pour un festival qui n’aura pas eu lieu, donc potentiellement, ça veut dire que j’ai déjà payé tous ces gens-là à perte. Sans compter les frais de promotion, sans compter les amortissements bancaires, parce que le Hellfest est un festival qui a fait appel aux banques pour pouvoir financer tous les travaux. L’État a proposé un report d’échéance bancaire de six mois, mais il faut comprendre que pour nous, avec le coronavirus, ce n’est pas trois, quatre ou six mois, c’est un an ; si nous devions comparer avec un restaurateur, c’est l’équivalent d’une fermeture d’un an. Les pertes sont donc déjà lourdes. C’est pour ça qu’il était évidemment urgent – et c’est ce que je leur ai demandé dans la presse – que l’État stoppe l’hémorragie tout de suite.

Actuellement, l’association va devoir faire face à des pertes de l’ordre de deux à trois millions d’euros – il va falloir que nous calculions cela avec un expert d’assuré de façon plus posée et plus tranquille, une fois que nous aurons le temps de nous réunir tous ensemble. Les pertes sont déjà quand même très importantes. Deux à trois millions, ce n’est pas rien. Il va falloir que j’aille faire financer ces deux à trois millions à travers un crédit de trésorerie dans plusieurs banques. Je n’ai pas de doute que nos partenaires bancaires nous suivent puisque la santé financière du festival est bonne. Mais si on nous avait laissé monter le festival, imaginons qu’à la mi-mai, on nous ait dit que c’était mort, ce n’est pas deux ou trois millions de pertes que j’aurais eues, mais peut-être le double. Et si j’avais eu le double de pertes, est-ce que mes partenaires bancaires auraient suivi ? J’ai des doutes. Il était donc urgent pour nous, organisateurs du Hellfest, de stopper cette hémorragie, parce que nous savons qu’à deux ou trois millions d’euros, ça va être compliqué. Il va certainement falloir, dans les années à venir, que nous fassions des économies.

Certes, les partenaires bancaires vont venir à notre secours pour éponger les pertes sèches que nous aurons connues avec cette année blanche. Par contre, les banques ne prêtent pas à titre gracieux. Il faut donc leur rembourser cette dette et il va falloir que nous trouvions des moyens de faire baisser tout ça. Ça va très certainement nécessiter que le Hellfest fasse, durant les deux ou trois prochaines éditions, un peu moins de travaux que ce que nous avons l’habitude de faire chaque année, donc il y aura peut-être moins de : « Waouh, putain, ils ont fait machin, ils ont fait machin ! » Je n’en sais rien pour l’instant, il est encore trop tôt pour le dire, mais il va sans doute falloir que nous nous serrions un peu la ceinture et retravailler sur un business plan. Ça passera aussi par une renégociation des cachets artistiques, puisque les artistes devront eux aussi « participer » à l’effort de guerre. Il n’est pas question que ce soit uniquement les promoteurs et les producteurs qui prennent toute la charge de cette situation. C’est une situation mondiale, qui touche absolument tout le monde. Je pense qu’il va falloir rebattre les cartes et que les artistes aussi fassent un effort, pour que nous aussi, les festivals, puissions nous en sortir dans les années qui viennent.

Comment est-ce que ça s’est débloqué finalement avec le ministère de la Culture ?

C’est bien simple. Dans les premières semaines, au début du confinement, nous avons fait les choses proprement. Durant trois semaines, nous avons essayé d’entrer en contact avec le ministère, en leur demandant de revenir vers nous, en les sensibilisant sur notre cas, en leur disant que nous sommes le festival qui demande le plus de montage en France… Nous avons deux mois et demi de montage – pour te donner un ordre d’idée, les Vieilles Charrues c’est un mois et demi de montage. Il y a énormément de décors à monter, énormément d’équipes qui travaillent, beaucoup d’infrastructures, etc. Or nous n’avons pas eu de nouvelles. Puis à un moment, j’ai dit : « Bon allez, on va faire ce qu’on sait faire le mieux, on va taper du poing sur la table dans la presse », en disant que nous étions censés commencer le montage du festival dans quelques jours, que je n’ai toujours pas de nouvelles du ministère de la Culture, de la préfecture, etc., que je n’ai reçu aucun putain de coup de téléphone… L’article est sorti le vendredi soir, et le dimanche après-midi, le ministre de la Culture m’a appelé. Aujourd’hui, la pression et le poids médiatique d’un festival comme le nôtre portent leurs fruits. Si nous avions été un événement beaucoup plus petit, rencontrant les mêmes difficultés, est-ce qu’il y aurait eu cette même résonance dans la presse ? Ce n’est pas sûr. C’est comme ça que ça se passe, malheureusement.

« Les artistes devront eux aussi ‘participer’ à l’effort de guerre. Il n’est pas question que ce soit uniquement les promoteurs et les producteurs qui prennent toute la charge de cette situation. […] Les économies vont passer un petit peu partout, dont sur une renégociation des cachets d’artistes. Et c’est peut-être bien, parce que […] les cachets artistiques étaient rendus à des niveaux stratosphériques qui étaient parfois complètement délirants. »

A partir de là, tout s’est accéléré. J’ai dit au ministre que si je commençais à monter mon festival… Aujourd’hui, certes le Hellfest est le plus gros festival de musiques actuelles de France – c’est nous qui avons le plus gros budget, loin devant les Vieilles Charrues et plein de gros événements –, il n’en reste pas moins que nous sommes une association à but non lucratif et qu’aujourd’hui, notre modèle économique est fragile. Nous ne sommes pas une multinationale, nous ne sommes pas Live Nation où, quand ils gagnent de l’argent, ce sont les actionnaires qui en profitent. Et les actionnaires sont là pour essayer de s’enrichir au maximum. Nous, ce n’est pas le cas. Nous avons une équipe de vingt-deux permanents, nous avons nos salaires. Moi, je suis très bien payé tous les mois – j’ai le droit d’avoir un salaire somme toute correct, qui me permet effectivement de pouvoir avoir une vie quotidienne agréable et j’en ai bien conscience, je ne le cache pas. Il n’en demeure pas moins que l’association qui organise le festival est à but non lucratif et tous les bénéfices générés par une édition du festival sont des bénéfices qui servent et qui sont réinvestis dans le festival. Au moins, c’est ça qui est bien au Hellfest : les gens peuvent voir que l’argent qui est glané au Hellfest est réinvesti dans le confort des festivaliers. Quand le festival fonctionne, l’année d’après, les gens reviennent et ils disent : « Ah putain, ils ont fait ça en plus, c’est cool ! » Si les mecs disent que ça serait bien de refaire la zone de restauration, tac, nous refaisons la zone de restauration, ça nous coûte plusieurs millions et ces plusieurs millions, ils viennent d’où ? Ils viennent du festival d’avant qui a généré de l’argent.

Bref, je n’ai même pas demandé d’argent au ministre. Je lui ai dit : « Je n’ai pas besoin de fonds de soutien, je veux juste que vous m’aidiez à pouvoir stopper l’hémorragie et à m’empêcher de commencer mon montage, de façon à ce que je n’aille pas dépenser de l’argent, que de toute façon je n’ai pas, parce que je suis déjà à perte. » J’ai fait part au ministre de notre urgence, car nous étions censés commencer maintenant, le 15 avril. Les Vieilles Charrues ne commencent leur montage que début juin, donc il y avait un peu moins d’urgence que nous. C’est pour ça que nous avons vraiment pressé l’État et que le Hellfest a été le premier festival pour lequel l’État s’est positionné. Sauf que là, avec l’annonce du président, de toute façon, tout est en train de s’écrouler, tous les festivals sont en train de s’annuler les uns après les autres. Nous avons réussi à annuler avant les autres, parce que pour nous, il y avait vraiment ce souci d’urgence et nous ne savions pas ce qu’allait dire le président. Personne ne le savait, même le ministre de la Culture ne savait pas ce qu’allait annoncer le président. Et là, le président a annoncé une échéance à la mi-juillet, alors que quasiment l’ensemble des pays limitrophes de la France – l’Allemagne, la Belgique, le Danemark – ont annoncé le 31 août. Et en France, il a été très vague : il a dit qu’il n’y aurait pas de gros festival au moins jusqu’à la mi-juillet (le premier ministre Édouard Philippe a finalement annoncé le 28 avril que « tous les événements rassemblant plus de cinq mille personnes, qui doivent être déclarés à la préfecture et nécessitent beaucoup d’organisation, ne pourront se tenir avant le mois de septembre », NDLR).

Maintenant, j’ai une pensée pour d’autres collègues, dont le Motocultor, qui doivent se retrouver dans une situation où ils se disent : « OK, mais nous, ça veut dire que potentiellement on peut le faire ? Mais bon, si ça se trouve, on ne va pas le faire, donc qu’est-ce que je fais, je dépense de l’argent ? Je ne dépense pas d’argent ? » Ça doit être extrêmement compliqué pour eux. Honnêtement, je ne vois pas un seul événement se dérouler durant l’été. Le ministre a parlé de « petits festivals », mais c’est quoi, des petits festivals ? C’est combien de personnes, déjà ? Qu’est-ce qu’il appelle un petit festival ? Est-ce que c’est moins de cinq mille ? Est-ce que c’est moins de cent ? J’ai certains collègues qui sont encore complètement dans l’incertitude, c’est-à-dire qu’ils sont dans la situation dans laquelle nous étions avant, et ça ne doit pas être facile à vivre, notamment pour le Motocultor, mais aussi sans doute le Sylak, l’Xtreme Fest… Donc il y a encore des cas à traiter (le Motocultor, le Sylak et l’Xtreme Fest ont depuis annoncé leur annulation, NDLR).

Et puis nous avons cette chance énorme, nous nous attendons à ce qu’il y ait peu de demandes de remboursement, puisque nous avons déjà proposé aux festivaliers de pouvoir utiliser leurs billets 2020 en 2021. Les billets du Hellfest étant quelque chose de relativement compliqué à trouver – chaque année, c’est la croix et la bannière pour en trouver –, je suppose qu’une grande majorité de festivaliers vont vouloir garder leur billet avec eux, ce qui va nous permettre de garder une trésorerie en place au sein de l’association et ainsi nous permettre de passer l’orage. Mais si demain, l’ensemble des festivaliers nous demande le remboursement, c’est la faillite, parce que nous ne sommes pas en mesure de rembourser tout le monde. Mais la tendance qui se dessine sur les commentaires et les messages de soutien que nous recevons, c’est : « On garde nos billets. » Ça va nous permettre de sauver les meubles, mais j’ai bien conscience qu’il y a d’autres structures, plus fragiles, plus petites ou moyennes, comme celles que j’ai citées juste avant, ce n’est pas sûr qu’elles aient cette chance.

« Si demain, l’ensemble des festivaliers nous demande le remboursement, c’est la faillite, parce que nous ne sommes pas en mesure de rembourser tout le monde. »

Nous réfléchissons pour savoir comment nous pouvons interagir pour essayer d’être un maximum solidaires avec toutes ces structures, sans parler du cas des intermittents qui va être problématique aussi. Les intermittents ne vont pas avoir de boulot de l’été, et sans intermittents, il n’y a pas de spectacle. Il va donc falloir que nous, les grosses structures – car nous sommes quand même une grosse structure, malgré le fait que nous soyons associatifs et à but non lucratif –, essayons au maximum de nous mobiliser et de voir comment nous pouvons faire en sorte de sauver les petits. Parce que j’ai bien peur que l’État ne puisse pas sauver tout le monde. Tous les secteurs de l’économie sont touchés et, malheureusement, je suis peut-être un peu trop pessimiste, mais généralement, la culture est ce qui passe en dernier.

Est-ce que c’est compliqué pour toi de gérer une telle situation en interne sur le plan humain, ou bien est-ce que toute ton équipe est vraiment sur la même longueur d’onde ?

Nous sommes tous sur la même longueur d’onde, ça c’est sûr. Alors effectivement, il faut un capitaine de navire, donc c’est moi qui orchestre un peu tout ça. Je t’avoue que ce n’est pas facile car nous sommes tous en chômage partiel ou télétravail. Nous avons, sur les salariés permanents, des gens qui sont en télétravail, je pense notamment à tout le secteur administratif, communication : eux sont sur le pont du bateau pour être disponibles et pour pouvoir continuer à travailler. Je pense aussi au service billetterie. Mais il y en a d’autres, tout ce qui est service technique, les gens qui sont censés encadrer le montage, qui sont véritablement en chômage partiel, parce qu’il y a un coup d’arrêt. Le festival ne va pas avoir lieu, donc tout s’est arrêté brutalement pour eux. Mais nous sommes vraiment sur la même longueur d’onde.

Après, effectivement, ce n’est pas simple, quand il y a une gestion de crise comme ça. C’est la première fois que nous faisons face à une annulation, il y a des enjeux qui sont énormes. Évidemment, je ne vais pas te le cacher, c’est difficile d’être chacun chez soi, avec les coups de téléphone, les visio, les machins, ça rend les choses encore plus difficiles. Par contre, nous étions tous conscients, et tout le monde partageait cette vision, que ça ne servait à rien de s’entêter à penser que le festival allait pouvoir se dérouler. Je pense que même lorsque nous avons annoncé l’annulation, l’ensemble des festivaliers a compris la décision, personne ne nous a dit : « Vous êtes des couilles molles, vous auriez pu continuer à espérer ! » Tout le monde a compris et tout le monde nous a dit que c’était la décision la plus sage. Autrement, qu’est-ce qu’il aurait fallu que nous fassions ? Que nous pensions que le festival aurait pu se faire, en mettant une distanciation sociale de deux mètres entre les gens et en distribuant des masques ? Non, ce n’était pas gérable. Surtout au vu de notre taille, ce n’était pas possible. Ça aurait paru complètement irresponsable si je m’étais entêté à penser que le festival pouvait se faire. Je sais que certains festivals dont je tairai le nom continuent à faire croire que c’est possible. Je trouve que c’est un peu irresponsable de leur part, je ne comprends pas trop la motivation derrière tout ça. Après, on a chacun notre vision des choses.

Au-delà du Hellfest, j’imagine que c’est aussi un coup dur pour la ville de Clisson qui en bénéficie beaucoup économiquement. Est-ce que vous avez eu des échanges avec la municipalité ?

Oui, bien évidemment, ça fait partie des interlocuteurs que, lors des semaines qui ont précédé l’annulation, nous avons régulièrement eus au téléphone. Il y avait monsieur le maire, un ensemble de partenaires, d’interlocuteurs… Parce qu’il faut savoir que le Hellfest fait vivre beaucoup d’associations. Les cinq mille bénévoles qui participent au Hellfest font tous partie de diverses associations, et les accords que nous avons avec ces associations, c’est du financement. C’est-à-dire que nous aidons un certain nombre d’associations clissonnaises ou autres, autour du festival, à réaliser des projets – je pense par exemple à l’association Animaje qui prépare les petits déjeuners. Le Hellfest est également pourvoyeur de finances pour ces associations qui normalement, grâce à l’apport du Hellfest, permettent aux jeunes de partir en vacances, car leurs familles n’ont pas forcément les moyens d’envoyer leurs enfants en vacances. C’est donc un gros coup d’arrêt pour eux aussi. Nous sommes en pleine discussion avec eux pour essayer de trouver des solutions et savoir comment les accompagner quand même, parce qu’aujourd’hui, il y a des enfants qui ne vont pas savoir comment partir en vacances.

C’est un vrai bordel que le Hellfest soit annulé ! Sans compter, évidemment, toute l’économie locale que génèrent les retombées pour les commerçants, pour les hôteliers… C’est assez énorme. Ça vient se rajouter, ce sont les dommages collatéraux de la crise. Les restaurateurs qui vont être autorisés à ouvrir de nouveau, avec qui vont-ils rouvrir ? Est-ce qu’il va y avoir du public ? Est-ce qu’il va y avoir des touristes ? Je peux comprendre l’inquiétude de ces restaurateurs. Au moment de la réouverture, ils vont se dire que finalement, il n’y a plus d’événement qui leur permette de vivre. Comme tu peux l’imaginer, le Hellfest, c’est le plus gros weekend de l’année à Clisson. Donc c’est encore du moins qui se rajoute dans leurs caisses, qui sont déjà vides. Nous avons bien conscience de ça, le Hellfest un moteur économique pour le coin et donc l’annulation du festival est un coup d’arrêt pour tout le monde.

« Il va donc falloir que nous, les grosses structures, essayons au maximum de nous mobiliser et de voir comment nous pouvons faire en sorte de sauver les petits. Parce que j’ai bien peur que l’État ne puisse pas sauver tout le monde. »

Après, comme je te disais, étant donné que nous sommes une grosse structure, que nous allons pouvoir malgré tout compter sur le soutien des festivaliers qui vont nous laisser les billets, nous allons pouvoir, à travers de nouveaux accords, essayer d’accompagner certaines associations vraiment en difficulté, ne pas les laisser tomber afin qu’elles puissent malgré tout réaliser leurs projets, quitte à revoir sur l’année prochaine comment étaler tout ça. C’est un peu pareil que pour Solidays, qui est un festival engagé, dont tous les bénéfices sont reversés aux associations pour la lutte contre le sida. Le fait que Solidays ne se déroule pas, ça va être un gros coup d’arrêt pour nombre d’associations qui comptaient sur les rentrées d’argent de Solidays, qui avait des programmes d’aide envers les malades, etc. J’ai trouvé bien le discours du patron, Luc Barruet, qui demandait si possible que les gens laissent la valeur de leur billet en tant que don, pour éviter qu’il y ait un coup d’arrêt à destination des associations à but humanitaire. Et nous, nous allons essayer, je le sais, d’accompagner au maximum.

Après, nous, notre vraie difficulté, c’est que se profile un bras de fer avec notre assurance, qui malheureusement va durer plusieurs mois, voire plusieurs années. C’est tout le jeu malsain des assurances. Ils vont parier sur le fait que nous nous épuiserons dans une longue procédure, et que même si nous obtenons gain de cause en Cour de cassation dans huit ans, ça nous fera une belle jambe, parce que durant huit ans, il aura fallu faire face à ce trou. Nous sommes malgré tout bien conscients que nous sommes loin d’être les plus mal lotis, bien au contraire. Nous avons en plus cette chance d’avoir énormément de sponsors, de mécènes qui, malgré tout ce qui se déroule, nous ont maintenu leur aide sans contrepartie. C’est-à-dire qu’ils nous laissent leurs dons et nous en referont un l’année prochaine pour le prochain festival, donc ce sont des signes encourageants. Je suis bien conscient que nous avons cette chance de pouvoir avoir ces soutiens, que n’ont pas forcément grand nombre de petites ou moyennes structures. Donc encore une fois, nous nous estimons chanceux, malgré tout.

Tout à l’heure tu disais que les artistes devraient faire un effort l’année prochaine. Mais eux aussi sont actuellement à l’arrêt, donc ça sera peut-être tentant pour eux d’essayer de rattraper le manque à gagner sur les festivals l’année prochaine…

On ne peut rien annoncer et aucun festival ne peut l’annoncer – les seuls qui ont réussi à le faire, c’est le Lollapalooza avec Pearl Jam –, mais ce qui se dessine en tendance, c’est qu’une grande majorité des tournées prévues en 2020 vont être dupliquées en 2021. Car comme tu le signifies très justement, beaucoup d’artistes comptaient sur des rentrées d’argent sur cet été 2020, ils comprennent évidemment que la situation fait que… Je n’ai aucun artiste qui m’a fait le reproche : « Tu as annulé, tu me dois quand même le cachet. » Non, ils comprennent tous que tous les événements s’annulent, que la crise sanitaire dépasse l’entendement et que c’est une fatalité, il faut rester philosophe. On ne va pas forcer les choses, ça ne sert à rien. Ils vont tous vouloir revenir l’année prochaine pour essayer, finalement, d’aller chercher ce qu’ils auraient dû toucher en 2020.

Comme je te disais, nous avions signé un contrat d’assurance. Après, il se trouve que nous avons un problème de lecture avec notre assurance, nous allons batailler et nous allons faire un bras de fer avec eux, mais nombre de festivals n’avaient pas d’assurance du tout. Ces festivals vont se retrouver avec de lourdes pertes sèches, et nous n’allons pas avoir d’autre choix que de demander que les artistes aillent dans notre sens. Je ne dis pas que nous allons diviser les cachets par deux, j’ai bien conscience que ça ne marchera pas. Mais si chaque groupe peut faire un effort de dix, quinze, vingt pour cent sur le cachet… C’est dans leur intérêt que les festivals en Europe continuent à exister, parce qu’aujourd’hui, il faut savoir que dans le milieu du spectacle vivant, les dates qui sont les mieux rémunérées pour les artistes, ce sont les festivals. Un artiste gagne beaucoup plus d’argent en allant jouer au Hellfest qu’en allant jouer dans une salle X ou Y dans un club en France. C’est donc dans leur intérêt et nous allons leur demander de jouer le jeu avec nous. Et si certains artistes restent campés en disant : « Non, nous voulons absolument notre argent », nous leur dirons d’aller voir ailleurs.

Dans cette situation-là, c’est tout le secteur du spectacle vivant qui est touché. Je pense aussi aux prestataires de services, aux entreprises qui nous louent les scènes, les chapiteaux, le son, la lumière… Toutes ces entreprises ne vont pas travailler de l’été. Il va donc falloir être en rendez-vous l’année prochaine. J’espère qu’il ne va pas y avoir trop de faillites. Normalement quand un secteur est touché, tout le monde fait des efforts. Et nous, par exemple, nous n’allons pas pouvoir activer le levier du prix de la place. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas nous permettre, vu que nous avons proposé aux gens de réutiliser le billet 2020 pour 2021, d’augmenter de dix ou quinze euros le billet, ce qui nous aurait permis de faire face aux pertes. Il va falloir que ces pertes-là, nous allions les chercher en faisant des économies sur notre budget. Les économies vont passer un petit peu partout, dont sur une renégociation des cachets d’artistes.

« Je vais même te dire que j’ai une inquiétude également pour le Hellfest 2021. […] Si ça se trouve, dans un an, on sera encore dans la même situation. Et si ça se trouve, on sera obligés de dire : ‘Merde, vos billets de 2020, ils serviront du coup pour 2022 !' »

Et c’est peut-être bien, parce que de toute façon, les festivals explosent depuis maintenant une dizaine d’années. Les cachets artistiques étaient rendus à des niveaux stratosphériques qui étaient parfois complètement délirants. Il est peut-être grand temps que les artistes se disent : « Bon allez, on a trop tiré sur la corde. » Quand on voit le prix des places, ce que c’est devenu en l’espace de dix ans, il est peut-être bien que les artistes se remettent un peu aussi en question. Si Gene Simmons, plutôt que de se faire faire une piscine de quarante mètres de long, il n’en fait une que de trente-cinq, ça sera comme ça… Je fais une métaphore, je ne suis pas du tout au courant si Gene Simmons attend un chèque pour se construire une piscine ! [Rires] Je pense qu’avec les premiers retours que j’ai de la part des managers, des agents, etc., ils vont aller dans notre sens. Ils ont bien compris que ça ne sert à rien de mettre les festivals dans la difficulté, puisque si demain les festivals font tous faillite, ils ne pourront plus aller jouer.

Je connais un peu l’économie de ces artistes-là. Je sais très bien que les festivals, et surtout les gros comme le Hellfest, le Graspop, le Download, le Resurrection, tous les grands festivals en Europe, sont des gros monnayeurs, ce qu’on appelle des « money-makers ». C’est même grâce à nous que les tournées se confirment ! Car quand les artistes ont un plan de tournée en tête, ils missionnent des agents qui vont d’abord voir les plus gros festivals. Ils demandent au Hellfest : « Combien es-tu capable de mettre ? » Ils demandent au Download, ils demandent au Graspop, ils demandent à deux, trois autres. Et si ces offres sont significatives, l’artiste dit : « OK, je confirme la tournée. » De toute façon, c’est la tendance. J’ai mes collègues du Download, du Graspop, par mail ou par téléphone régulièrement, et nous sommes tous sur la même longueur d’onde. Il faut que tout le monde fasse un effort. Il y a un moment où il y a un intérêt commun, c’est de faire en sorte que tout le monde s’en sorte.

Justement, entre les festivals, n’y a-t-il pas un risque d’exacerber certaines concurrences, notamment par rapport à des festivals qui voudront renchérir là où d’autres ne pourront pas, notamment ceux qui ont des trésoreries plus importantes ?

Pour l’instant, je n’en vois pas, honnêtement. Nous sommes plutôt tous sur la même longueur d’onde, même les plus gros. Aujourd’hui, en Europe, le plus gros money-maker, c’est le Download en Angleterre, c’est Live Nation. C’est ceux qui proposent aux artistes des cachets qui sont bien au-delà de celui du Hellfest, qui fait pourtant partie des gros. Nous sommes face à une situation où il paraît logique que les artistes fassent un effort, donc nous allons tous aller dans ce sens-là. Je ne vois pas l’intérêt pour un festival de dire : « Moi, je vais surenchérir. » Quel est son intérêt, à ce festival-là ? On est arrivés à un point, je ne vais pas te donner de chiffres, mais il y a certains artistes qui ont dépassé les bornes en termes de demandes financières, c’est devenu cinglé.

J’ai connu mes premiers festivals Furyfest où, pour quasiment le même nombre de groupes, j’étais à soixante-dix, quatre-vingts euros le week-end. J’en suis à plus de deux cents aujourd’hui. Je sais que les gens vont dire : « Ah oui, mais Ben achète plein de décor, ça sert à rien, ceci cela, ça pourrait nous coûter moins cher. » C’est vrai que ça pourrait, effectivement, mais ce n’est pas ce qui explique aujourd’hui l’inflation énorme qu’a eue le festival. Qu’est-ce qui explique l’inflation énorme ? Ce sont les cachets artistiques. On ne va pas se le cacher, ce qui a fait exploser les budgets, et donc ce qui a fait directement exploser le prix des billets, c’est le fait que les artistes, tous les deux ans, ils reviennent et ils demandent de plus en plus. Et nous, nous acceptons effectivement de leur donner de plus en plus, nous faisons monter le prix du billet, les artistes disent : « Ah, regarde, Ben, t’as encore fait complet en un temps record ! Ça veut dire qu’on va revenir dans deux ans et qu’on va te redemander plus ! Parce que tu cartonnes ! » C’est un jeu un petit peu malsain. Et là, avec cette crise que l’on connaît, qui est sans précédent, il va y avoir un rebattage de cartes. Et nous sommes tous d’accord.

Pourtant, je ne suis pas copain avec Live Nation. Tu as dû suivre, ce ne sont vraiment pas mes copains, normalement, et même là, malgré tout, j’ai fait des visio avec eux, pour que l’on trouve un discours commun, pour qu’on aille tous dans le même sens, parce que c’est dans l’intérêt de tout le monde. C’est dans l’intérêt de Live Nation de faire baisser aussi, parce que Live Nation, c’est complètement une autre frappe que nous, mais ils ont perdu plus de la moitié de leur valeur en Bourse depuis la crise ! Même si Live Nation ce sont les plus riches, il n’en reste pas moins qu’ils ont perdu des milliards, eux ! Moi, je te dis deux à trois millions, mais eux, ça doit être deux à trois milliards, en termes de valeur boursière ! Donc même les plus gros ont tout intérêt à faire en sorte que les artistes fassent un effort, qu’il y ait un rebattage de cartes. Et tu vois, moi qui avais du mal à parler avec Live Nation pour des raisons qui nous regardent – des petites guéguerres parce que nous n’avons pas forcément le même état d’esprit, ni le même but, etc. –, sur ce point-là, par contre, celui de l’inflation des groupes artistiques, nous sommes tous dans le même bateau, donc nous avons tous intérêt à ce qu’il y ait un effort de guerre qui soit réalisé de la part de l’ensemble du secteur. Et ça se dessine comme ça.

« Est-ce que la consommation des gens va changer suite à cette crise ? Oui, je m’y attends. Est-ce que les gens auront assez de moyens dans le futur pour participer à des événements qui coûtent plus de deux cents euros le week-end ? Peut-être pas, je n’en sais rien. Donc nous nous adapterons. »

Alors attention, on est en début de crise. Si ça se trouve, tu me rappelleras au mois d’octobre, et je te dirai : « Putain, finalement… » Je n’en sais rien. Parce qu’on ne sait même pas si au mois d’octobre les salles de concert seront ouvertes ! C’est une économie, pour l’instant, où c’est tellement compliqué, on n’a pas de visibilité… Autant, le président s’est exprimé en disant que les gros festivals ne pouvaient pas avoir lieu jusqu’à mi-juillet, mais il n’a rien dit sur les salles de concerts. Personne ne sait quand les salles de concerts vont rouvrir. Je vois même certaines études qui disent que les salles de concerts ne rouvriront pas tant qu’on n’aura pas de vaccin ! Et un vaccin, je ne sais pas si tu as suivi les actualités, c’est entre douze et dix-huit mois ! Donc imagine s’il n’y a plus de concerts pendant encore un an ! Là, ça ne sera plus un rebattage de cartes. Ça va être faillite sur faillite.

Vois-tu l’édition 2021 comme une toute nouvelle édition du Hellfest ou bien ça sera considéré comme un report, c’est-à-dire en essayant au maximum de conserver la même formule ?

C’est pour ça que nous avons utilisé le terme de « postponed », « report », etc., parce qu’il y a quand même de grandes chances – je ne peux pas le confirmer pour l’instant – que l’affiche ressemble à celle qui était proposée cette année. Parce que comme je te le disais tout à l’heure, la tendance qui est en train de se dessiner, c’est que les artistes qui avaient prévu de tourner en 2020 reviennent en 2021. Ils vont essayer de faire un copier-coller des dates. Les agents sont tous en train de travailler d’arrache-pied, parce que ça y est, les festivals tombent les uns après les autres, et ils ont bien compris que de toute façon, les tournées n’allaient pas se faire en 2020. Donc on est tous en train d’essayer de faire un copier-coller de l’affiche. Après, je ne peux pas garantir que tel groupe qui devait passer sous la Valley à 16h40 sera là. Je ne peux pas garantir qu’il y aura, sur les cent soixante-dix artistes, les cent soixante-dix mêmes artistes exactement. Peut-être qu’il y en aura cent vingt, peut-être qu’il y en aura cent, qu’il y en aura cent cinquante, je n’en sais rien, mais la grosse majorité, dont les têtes d’affiche, sera présente l’année prochaine. Le but est d’essayer un maximum de rééditer l’affiche que nous avions prévue.

Est-ce qu’une partie du travail que vous avez effectué tout le long de cette année pourra être repris pour l’année prochaine ? Je pense notamment à tout l’aspect visuel…

Nous n’en savons rien. Je t’avoue que ça fait partie des sujets que nous allons commencer à discuter. Je te parlais tout à l’heure de notre besoin de faire des économies, est-ce que nous n’allons pas nous dire : « Écoute, on a réussi en 2021 à re-proposer quasiment la même affiche, donc l’intérêt pour nous est peut-être de réutiliser les visuels que nous avions prévus en 2020, comme ça nous allons faire des économies en termes de frais de promo… » Il va falloir de toute façon que nous trouvions, comme je te le disais, des moyens de limiter les frais pour récupérer notre perte. Donc c’est une des possibilités, effectivement. Si nous nous rendons compte que finalement, l’affiche avec System Of A Down, Faith No More, Judas Priest, etc. revient, est-ce que finalement on ne gardera pas les mêmes visuels, que nous ferons un peu différemment ? Nous allons voir. C’est encore trop tôt pour te le dire.

L’évaluation du risque pandémique est forcément plus élevée cette année pour l’année prochaine, que l’année dernière pour cette année. Ça risque fortement de faire monter le prix des assurances…

Oui ! Enfin, je ne suis pas sûr que ça fasse monter le prix des assurances, mais je pense que plus aucune assurance ne va assurer les pandémies. Je m’avance peut-être. Même si nous avons ré-annoncé les dates pour 2021, tu te doutes bien que nous n’avons pas tout de suite repris un contrat d’assurance. Mais je pense que les futurs projets d’assurance qui vont pouvoir nous couvrir vont exclure définitivement les pandémies. Car dans notre contrat, il est noté dans les clauses que les pandémies sont couvertes à condition que le contrat ait été signé avant la reconnaissance de cette même pandémie, ce qui était notre cas, puisque nous avions signé au mois de décembre. Mais malgré ça, ils te disaient que même si tu es couvert contre les pandémies, il y a quand même des exclusions, dont celle du SRAS, etc. L’année prochaine, c’est sûr, ça sera marqué noir sur blanc que les pandémies sont exclues, point à la ligne, ciao, bonsoir.

Il y avait déjà énormément d’assurances qui excluaient les pandémies, quelles qu’elles soient. D’ailleurs, l’ensemble des restaurateurs, des bars, etc. qui se plaignent des pertes d’exploitation qu’ils ont à cause de cette pandémie, malheureusement, ont des contrats qui les excluent noir sur blanc. Nous, ce n’est pas noir sur blanc, c’est sujet à interprétation. C’est pour ça que nous nous sommes permis de publier cela [dans notre communiqué]. Ce n’est pas comme si j’allais gueuler de ne pas être assuré, alors que c’est marqué noir sur blanc que je ne suis pas assuré. J’ai vu des festivaliers dire : « Ils ont dû signer un contrat de merde, ils n’ont même pas vu qu’ils n’étaient pas assurés. » Non, selon notre lecture : nous sommes assurés. Mais effectivement, pour les prochaines années, peut-être qu’il faudra que nous trouvions des contrats d’assurance à l’étranger qui prendront cela en compte, mais à mon avis il n’y a plus une assurance mondiale qui assurera contre les pandémies. Nous serons malgré tout obligés de nous assurer contre les risques de type intempéries, grève, tout ce que tu veux, et nous prendrons le risque, parce que nous n’aurons pas le choix. Et j’espère pour l’humanité qu’il n’y aura pas des pandémies tous les ans ! Parce que sinon, on va tous finir par se tirer une balle dans la tête.

« Même si beaucoup de gens sont déçus, comme nous, de l’annulation du festival, nous avons bien conscience que c’est complètement anecdotique par rapport à ce que certaines personnes endurent en ce moment, vis-à-vis de la maladie, vis-à-vis du stress, etc. »

Justement, à l’heure actuelle, on en sait encore très peu sur le Covid-19 et il y a toujours le doute d’avoir affaire à un virus qui reviendra par vagues…

Oui et je vais même te dire que j’ai une inquiétude également pour le Hellfest 2021. Est-ce que pour 2021 on est sûrs d’avoir un vaccin ? Je n’en sais rien ! Effectivement, l’ensemble des festivals ont reporté en 2021 en se disant : « C’est bon, 2021 ! » Mais personne ne peut affirmer qu’il y aura à ce moment-là un vaccin ou qu’on ne sera pas encore soumis à différentes obligations de type distanciation sociale, masques, etc. Si ça se trouve, dans un an, on sera encore dans la même situation. Et si ça se trouve, on sera obligés de dire : « Merde, vos billets de 2020, ils serviront du coup pour 2022 ! » Comme tout le monde, j’écoute tous les frères Bogdanov qui passent continuellement à la télé, les infectiologues, les virologues, tout ce que tu veux, les Jamy : il n’y a personne qui est d’accord ! Il y en a qui te disent qu’il va faire chaud et que ça va disparaître… Bon, ça nous laisse maintenant un an jusqu’à 2021. J’espère qu’en 2021, on sera sortis de cette merde, mais ni toi, ni moi, ni personne aujourd’hui sur cette Terre ne peut affirmer que ça sera le cas.

Est-ce que la pandémie qu’on connaît actuellement changera quelque chose, de manière générale, sur la manière d’aborder un festival de musique à l’avenir ? Quelles leçons peut-on tirer de tout ça ?

Je pense que dans le monde entier, il va y avoir un avant et un après. Dans tous les secteurs de l’économie. J’entends tous ces discours. Après, est-ce que ce sont de bonnes paroles ou pas, est-ce que les gens vont maintenant avoir une vision de l’économie plus durable, plus raisonnée ? Finalement, avec notre idée de vouloir toujours plus à moins cher, quitte à délocaliser nos entreprises, etc. est-ce que les gens ne vont pas voir maintenant les choses de façon différente ? Peut-être. On est vraiment sur un sujet de société que je ne maîtrise pas et que je ne peux pas deviner. Et le festival, évidemment, s’adaptera. Je m’attends à devoir et vouloir m’adapter à de nouvelles normes. Est-ce que la consommation des gens va changer suite à cette crise ? Oui, je m’y attends. Est-ce que les gens auront assez de moyens dans le futur pour participer à des événements qui coûtent plus de deux cents euros le week-end ? Peut-être pas, je n’en sais rien. Donc nous nous adapterons. Est-ce que les mécènes et les sponsors du festival vont investir aussi massivement dans des événements ? Je n’en sais rien non plus. Là, c’est évidemment trop tôt pour le deviner, mais évidemment que je m’attends à ce qu’il y ait un avant et un après.

Le Hellfest a mis en place une cagnotte en ligne afin de collecter des fonds destinés au CHU de Nantes. C’était important pour le Hellfest de participer à l’effort national ?

Oui, je pense que malgré tout, ça fait partie de notre rôle. L’idée est que tout le travail qui a été amorcé cette année pour un festival qui n’aura pas lieu puisse avoir un minimum de sens. Il s’agit de se sentir un peu concerné. Je sais que cette cagnotte peut paraître complètement anecdotique au vu des problèmes innombrables que traverse le monde entier. Mais ça reste un petit geste qui nous permet de nous rattacher, qui permet à toute une communauté de se sentir « utile ». On m’a posé la question, pourquoi avoir choisi le CHU de Nantes ? Tu te doutes bien que c’est juste parce que c’est une question de proximité. Ce n’est pas du tout du favoritisme ou du clientélisme. Je ne suis pas plus pour le CHU de Nantes que pour le CHU de Lyon ou le CHU de Bordeaux. Ce n’est pas ça. C’est parce qu’il fallait que nous trouvions une cause, et en ce moment il y a beaucoup de causes qui sont louables et qui ont besoin d’une certaine forme de solidarité. Nous nous sommes dit que Nantes nous paraissait être une bonne solution. C’est aussi une belle façon de montrer que le public metalleux ou extrême – tu utilises le mot que tu veux – dans son ensemble est un public qui sait se montrer solidaire, généreux et concerné par la situation. D’ailleurs, les chiffres le prouvent : en quasiment quarante-huit heures, nous avons réussi à atteindre notre premier objectif qui était de soixante-six mille six cent soixante-six euros. La cagnotte continue à vivre. Nous sommes contents de pouvoir participer et ça va avec l’ADN du festival.

C’est aussi un moyen pour vous de montrer que vous avez des problèmes en tant que festival, mais que vous ne vous apitoyez pas sur votre sort. Vous pensez avant tout à ceux qui sont en première ligne face à la crise sanitaire. Parce qu’on a aussi vu sur Internet des commentaires qui relativisaient, disant que le Hellfest était secondaire par rapport à ce qu’il se passait aujourd’hui…

Oui, complètement. À un moment, il faut recentrer ses priorités. Et là, effectivement, même si beaucoup de gens sont déçus, comme nous, de l’annulation du festival, nous avons bien conscience que c’est complètement anecdotique par rapport à ce que certaines personnes endurent en ce moment, vis-à-vis de la maladie, vis-à-vis du stress, etc. Nous sommes conscients de ne pas être les plus à plaindre en termes de soucis économiques, car comme je te le disais, beaucoup de festivaliers vont nous faire confiance et vont nous laisser la billetterie en place. Il était donc normal qu’une grosse structure comme la nôtre puisse être porteuse d’un geste comme cela. Après, si nous avions zéro dans les caisses, sans doute que nous n’aurions pas fait ça. Parce que oui, nous aurions essayé de sauver notre peau, évidemment. Aujourd’hui, j’ai énormément de collègues entrepreneurs qui ont des entreprises, des restaurants, des bars, etc. qui ne savent même pas comment payer leurs salariés à la fin du mois. Ils sont dans des situations qui sont complètement catastrophiques, donc j’ai évidemment une pensée pour eux. Nous, nous ne sommes pas dans une telle situation. Nous sommes conscients d’être malgré tout chanceux d’avoir un public extrêmement fidèle, d’avoir des mécènes et des sponsors extrêmement fidèles. Il est donc normal, à notre petit niveau, même si ça peut paraître anecdotique, que nous essayons de participer à tout ce qu’il se passe.

« Au lieu de devoir faire leur balance le jeudi, [Manowar allait] pouvoir la faire le mercredi et le mardi. Nous avions tout mis à disposition pour que le groupe le fasse. Ils ont voulu malgré tout essayer de nous soutirer de l’argent. J’ai dit non. Ils ont essayé d’y aller aux forceps, et aux forceps, ils n’y sont pas arrivés. Du coup, le groupe a décidé de ne pas jouer. C’est leur décision. »

Pour finir, où en est le contentieux avec Manowar ?

Ça suit son cours. Nous sommes droits dans nos bottes. Eux vont dire de leur côté qu’ils sont droits dans leurs bottes aussi. Je ne vais pas entrer dans les détails parce que c’est toujours pareil, c’est d’un côté comme de l’autre sujet à interprétation. Je ne vais pas jouer le jeu que joue Joey, qui dit : « Nous aurons raison, nous allons payer un concert gratuit avec les millions que nous allons avoir avec le Hellfest ! » [rires]. Je n’ai rien à dire sur le sujet. Ça suit son cours. Mais de mon côté, je représente l’association, et je suis assez serein sur les suites qui vont être données à ce dossier.

D’ailleurs, beaucoup de choses ont été dites sur ce sujet, mais quel est le fond du litige, concrètement ?

Nous l’avons expliqué brièvement. C’est que contractuellement parlant, le souci a été que Manowar avait prévu une balance le jeudi et qu’avec la confirmation du Knotfest le jeudi à la place de leur « répétition », Joey a essayé de nous soutirer de l’argent pour que nous puissions l’indemniser. Nous avons refusé, parce que nous lui avons dit que non, effectivement, il ne pourrait pas faire sa balance le jeudi, mais nous lui avons proposé de la faire le mercredi et en bonus, nous lui avons même proposé de profiter des scènes dès le mardi. Ils avaient donc deux jours au lieu d’un. Selon nous, ils ne perdaient rien au change. Finalement, au lieu de devoir faire leur balance le jeudi, ils allaient pouvoir la faire le mercredi et le mardi. Nous avions tout mis à disposition pour que le groupe le fasse. Ils ont voulu malgré tout essayer de nous soutirer de l’argent. J’ai dit non. Ils ont essayé d’y aller aux forceps, et aux forceps, ils n’y sont pas arrivés. Du coup, le groupe a décidé de ne pas jouer. C’est leur décision.

Le groupe était sur place, nous avions absolument tout ce qui leur permettait de garantir… Les gens se doutent bien qu’on est capables de monter des concerts comme Kiss, comme Rammstein, en une nuit, et le lendemain, il y a un autre groupe qui arrive. Donc monter le matos de Manowar dans la nuit qui suit le concert de Slipknot pour que Manowar puisse jouer le vendredi, nous étions tout à fait en capacité technique de le faire. Il y a peu de gens qui peuvent dire : « Non, ils ne pouvaient pas. » Nous avons réussi à monter la scène de Kiss : c’est douze camions. Quand nous avons fait Rammstein, c’était dix-huit camions, et nous avons réussi à monter leur set dans la nuit du samedi au dimanche, sans aucun problème. Manowar, c’était trois camions. Ce n’était pas non plus la production du siècle. Nous sommes capables de monter le set de Manowar dans la nuit. Sauf qu’eux sont persuadés de leur bon droit, se disant : « Nous avions prévu ça. » Nous leur avons proposé une solution autre, qui a été acceptée une première fois, puis finalement, il a essayé au dernier moment de nous soutirer de l’argent, ce que nous avons refusé. Ça sera là aussi une décision de justice qui sera rendue. Encore une fois, je suis confiant sur le fait qu’il nous sera donné raison.

Ça veut dire qu’ils étaient là depuis le mardi et qu’il y a eu trois jours de négociations, jusqu’à l’annonce de l’annulation le matin même du vendredi où ils devaient jouer ?

Oui ! Et ils ont été payés aux frais de la princesse, avec hôtel, restaurant, tout ce que tu veux. Ils ont été là tout le temps. Alors, il y a des négociations qui ont été faites en amont, pour essayer de trouver une solution lorsque nous leur avons proposé de faire leur balance les jours précédant le jeudi. Au départ, ça a été accepté, puis quand ils sont arrivés, ils ont essayé de faire les rock stars en nous demandant de l’argent en plus en dédommagement. Nous sommes restés là en disant : « Non, nous n’avons pas à vous donner de l’argent, parce que nous estimons qu’il n’y a pas préjudice. Vous deviez faire votre balance le jeudi, nous vous proposons le mercredi, nous vous payons la nuit d’hôtel supplémentaire, donc il n’y a pas de préjudice selon nous. Et donc nous n’avons pas à vous dédommager d’une somme supplémentaire. » Et puis Manowar a voulu pousser, pousser, et nous, nous sommes restés droits dans nos bottes.

Je pense qu’ils ne s’imaginaient pas que nous puissions aller jusqu’à la possibilité de dire non. Et au bout d’un moment, ils ont joué la carte du « on s’en va », et ils ont espéré longuement que nous venions les rechercher. Nous leur avons dit que nous les attendions après le concert de Slipknot pour monter leur concert. Il était prévu que Slipknot finisse son concert vers 1h du matin et qu’à partir de 3h du matin, une fois que Slipknot aurait fini de démonter son spectacle, nous puissions enchaîner avec le montage de la scène de Manowar. Comme je te l’ai dit, nous étions très sereins sur notre capacité à monter le set de Manowar en une nuit. Selon moi, ils ont voulu tirer sur la corde, nous sommes restés inflexibles, et il est arrivé ce qu’il est arrivé : ils ne sont pas venus à 3h du matin pour monter leur matériel. Nous avons donc considéré qu’à 9h du matin c’était impossible parce que là, c’était trop tard pour monter leur matériel. Nous avons estimé que le groupe avait annulé sa prestation et c’est là que Sabaton est venu gentiment nous voir, parce qu’ils devaient jouer après au Graspop mais ils avaient prévu de faire un day off le vendredi pour regarder Manowar. C’est là tout le côté marrant de l’histoire, les gars étaient déçus en se disant : « Merde, on ne va pas pouvoir voir Manowar comme on l’avait prévu. » Mais ils sont venus me voir en me disant : « Écoute, Ben, on est là, parce qu’on avait prévu de rester pour regarder Manowar. On est dispo si tu as envie de trouver un truc. » Ça s’est fait comme ça.

Interview réalisée par téléphone le 17 avril 2020 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : Robin Collas.
Photos : Simon Grumeau (1), Joël Ricard (3, 4, 5, 7, 8, 9), Sylvain Leobon (10) & Nicolas Gricourt (2, 6).

Site officiel du Hellfest : www.hellfest.fr.

En complément, retrouvez sur notre chaîne YouTube le live Instagram avec Eric Perrin, chargé de communication du Hellfest :

Pär Sundström nous raconte l’épopée de Sabaton au Hellfest 2019 :



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  • Salut !
    Juste sur les cachets des groupes, je pense que certains sont vraiment démesurés. et du coup les groupes de 2ème ou 3ème zone récupèrent les millettes. et c’est dommage. Avec l’aura de ce Fest, il n’auraient je pense plus besoin de faire venir tant de « gros » groupes sur le retour (ou sur la fin !) et qui coutent trop cher. Et le Fest seraient complet quand même. Tu divises les cachets des 10 + gros par 2, tu pourrais payer les salaires des 22 salariés . Et si les groupes refusent, tu prends des groupes moins chers, et y’aura tjs du monde. Les gens viennent à présent + pour l’ambiance, la fête et voir quelques groupes par jour.
    Après dans ce milieu on est tous dans le caca avec cette pandémie. Nous sommes disquaires, Label, VPC mais aussi faisons des stands en concerts et Fest toute l’année. Donc 2020, entre tous les stands morts, 2 mois minimum de fermeture de la boutique, et j’ai peur d’autres à venir avec le reconfinement dans quelques semaines ou mois… on va perdre entre 60 et 70% de nos ventes annuelles !! Donc on parle surtout des orgas de concerts, des assos (mais les assos sont à but non lucratif à la base… même si il peut y avoir des salariés et besoin d’argent), mais y’a plein d’autres business à côté aussi et qui sont en société, avec des frais et des besoins. Et on a aussi en + une asso pour organiser un Fest (Dark Breath Fest, mais pas d’éditions en 2020 !) Et hors de questions que tout le monde y aillent de pleurer pour récup des fonds sur le net. C’est à l’état d’assumer ces conneries et de payer !! Ils ont promis (lol) qu’aucune entreprise en France ne fermerait à cause du Covid… on fera les comptes… Bon je stoppe là car ça va virer politique et c’est hors de question de m’abaisser à ça, surtout ici.

    [Reply]

  • Plutôt d’ accord avec « pat »sur la reconnaissance d’un festival qui fonctionne assez bien hormis le prob de l accès à la billeterie victime de son succès , hellfest :belle vitrine pour un genre de musique pétri d aprioris..
    Tout est criticable mais beaucoup d’avertis savent qu’en France on pourrait résumé l image détestable véhiculée par notre société ,d un entrepreneur lambda…
    « s ‘il réussit, c est un salaud et s’il échoue , c est un con.. »

    [Reply]

  • Est ce qu’une autre cagnotte – cette fois-ci à destination du Hellfest – serait envisageable afin de l’aider à passer ce cap difficile et de retrouver le festival tel que beaucoup l’apprécient ?

    [Reply]

  • Prof666 dit :

    Message à la personne qui a réalisé l’interview : on dit « rebattre les cartes », pas « rabattre les cartes » (en revanche, on « rabat la cuvette des WC »)

    [Reply]

    Prof666

    Message à la personne qui a réalisé l’interview ou qui gère le website : je vois que la coquille a été corrigée ; je crois qu’un « merci » ou toute autre formule de politesse aurait été la bienvenue. 🙂

    Spaceman

    En effet, je pensais l’avoir fait, mais visiblement non. Donc merci pour la remarque. Mieux vaut tard que jamais 😉

    Perso, je ne suis poli qu’avec ceux qui exécutent une génuflexion devant moi. C’est mon côté Macron.

    Prof666 je te demanderai donc de te prosterner immédiatement.

    Mr Claude

    « Les bonnes manières » !!!

  • Prof666 dit :

    Parce que Ben Barbaud son obsession, ce n’est pas de toujours faire du fric ???
    Il l’a clamé et répété pendant des années, et il est en grande partie responsable de la croissance exponentielle des cachets. Si ce secteur est autant fragile, c’est en partie à cause de lui et sa volonté d’être le plus gros le plus fort, en écrasant les autres.
    C’est un capitaliste cynique qui vient se la jouer solidaire parce que c’est la mode du moment. Mais quand il fallait montrer qu’il était un capitaine d’industrie implacable, il donnait tout un tas d’interviews où il sortait ses muscles.
    D’ailleurs, y’a pas un mot, pas un, envers les festivaliers, qui ne sont que des valeurs marchandes dans sa conception du festival.

    [Reply]

    Mr CLaude

    Je crois que ça va saigner…
    Ben et ses copains viennent du hardcore, des gars qui en premier se bougent le cul pour faire/créer quelque-chose.
    Ensuite il faut bien des moyens, des échecs (2007) des succès (toutes les années suivantes) pour gagner.
    L autre alternative, comme le dit M. J. Keenan, c est apprendre.

    Prof666

    @MrClaude
    Mais je ne juge ni son parcours ni ses réalisations, juste ses motivations.
    C’est un capitaliste cynique, lui-même le reconnaît à demi-mot dans d’autres itws (bien sûr pas dans celle-ci où il faut passer pour une victime) et surtout il le professe à tout va en privé.
    Mais c’est un capitaliste cynique à succès, c’est certain, et diablement intelligent, toute sa communication pateline et doucereuse en témoigne.

    Et le fait qu’il vienne du hardcore ne l’exonère en rien. Je peux te faire une liste longue comme le bras de métalleux qui ont succombé aux sirène de l’ultra-libéralisme comme « Ben et ses copains »

    Lankou

    « Il l’a clamé et répété pendant des années, et il est en grande partie responsable de la croissance exponentielle des cachets. » Des preuves, svp ??
    « Si ce secteur est autant fragile, c’est en partie à cause de lui et sa volonté d’être le plus gros le plus fort, en écrasant les autres. » C’est vrai que le secteur avant était dans une forme éblouissante.
    J’aime beaucoup les certitudes assénées avec des bribes d’éléments de preuve. Et le « Download » ou le « Live-Nation » sont mieux sans doute.
    « lui-même le reconnaît à demi-mot ». Génial, de la dissimulation, ça permet de voir le coté malfaisant de la chose, j’adore. Les entrepreneurs veulent se faire des sous, en voilà une révélation…

    Mr Claude

    Si je résume la pensée de Prof666 de manière très simpliste et sélective: vaut mieux ne pas faire de festival, comme ça les cachets n’augmentent pas, et personne ne se fait d’argent.

    Pas de vie, pas de mort.

    simple.

    Pat

    J’avoue avoir du mal à comprendre la détestation de Prof666 envers Ben Barbaud et son équipe. Une rancœur personnelle peut-être ?
    Il ne me semble pas avoir lu quelque part que Barbaud prétend être un ange.Je fait juste un constat : Le Hellfest est une réussite totale en tant que manifestation du Metal et cette constatation est partagée dans le monde entier au vu des masses de personnes qui viennent participer à cette célébration annuelle. Personne n’ y croyait il y a à peine 15 ans.Les mecs l’ont fait.Bravo. Evidemment , les sommes d’argent brassées doivent être colossales. Je n’ose imaginer les négociations avec les agents,les administrations, les banques , toute cette organisation dantesque qu’il faut mettre en place. Un boulot à plein temps.Comment reprocher à Barbaud et ses potes de se faire de l’argent avec ça et d’en vivre très bien ?? Où est l’escroquerie ? On attend pas que Ben et Yoann soient à l’entrée du truc et de serrer la main à tous les festivaliers en leur disant « merci d’être venu ! ».Le milieu du business du spectacle est monde d’argent donc autant avoir un gars qui sait évoluer dans ce genre de marais. Le résultat est à la hauteur bien que n’y ai jamais mis les pieds.Les vidéos et autre reportages en donnent d’excellents compte-rendus. Mieux, l’événement est suffisamment pris au sérieux pour avoir un partenariat avec Arte. On ne parle pas d’ Hanouna , on parle bien d’ Arte !! Chapeau bas. Je connais une personne habitant à coté du site et qui fait du bénévolat pendant le festival. Pas du tout fan du Metal à la base , il m’ avoue à chaque fois le plaisir qu’il a de participer à la fête. Une ambiance incroyable. Tout le monde est content , où est le mal ? Je rappelle que ce festival n’est pas obligatoire , on est libre de ne pas y aller si on a le sentiment d’avoir affaire à une mafia glauque. En revanche , il est vrai que la mise en vente des billets est un gros problème . Toutes ces ventes en quelques heures me décourage à y aller. En même temps , peut-on leur reprocher d’ être sold out à chaque édition ?
    J’ai personnellement connu Yoann Le Nevé il y a des années en tant que collègue de boulot dans un magasin à Vannes et nous nous sommes très bien entendus , le Metal servant de lien de connexion malgré sa préférence pour le Hard Core.Personne n’est parfait ! 🙂 On avait bien rigoler. A l’époque, c’était pas gagner pour lui mais il a réussi à force de conviction et de boulot . J’en suis très fier pour lui.
    Donc happy face et devils horns bien levées.

  • a toFVW explique moi , toi le trou du cul de mes deux , comment tu vas m apprendre , à moi qui ai fait le tour du monde 4 ou 5 fois , comment ca se passe ailleurs ?? v vas y , fais moi rire , pelle à merde

    [Reply]

    henry

    trou du cul de 15 , 20 piges , qui se croit plus intelligent que tout le monde…. sombre sous merde

    La vache, 53 piges (je me répète) et tu réagis comme ça… Elle est belle la vieillesse. 😀

    Tu me rappelles un certain Fred, qui est venu ici il y a quelques mois en insultant tout le monde, comme tu le fais maintenant.
    On l’a tous envoyé chier, et on ne l’a plus jamais revu. Je te prédis le même sort.

    Mais si, à ton âge, tu as « autre chose à branler », comme tu le dis plus bas, tu ne perdras pas ton temps à répondre à un « gamin » (lol) comme moi, non? Si? Si tu le fais, ce sera exactement comme avec Fred!

    Je sors le pop-corn. ^^

    henry

    je n insulte pas tout le monde , juste toi , qui n a rien compris à mon message initial ,et qui viens jouer au bouffon qui sait tout sur tout , moi j y suis allé dans tous les pays dont je parle donc je sais de quoi je cause…MOI
    bon pop corn

    Simon

    Sacré TofVW. T’es un aimant à cas sociaux sur ce site.

    Haha, tu as vu ça? 😅 Et si tu vas un peu plus bas, il y en a un 2ème! Deux sur le même topic, je bats des records!

    Mr Claude

    Ecoutez les enfants Simon et TofVW:
    Moi les petits délires de troll ou autre subtilités du monde numérique ne m’intéressent guère.
    Je vous donne rendez-vous dans la vraie vie: au local de RM ou juste à côté y’a un bar qui s’appelle le court-circuit, rue Sébastien Gryphe dans le 7° à Lyon.
    Dites moi quand vous êtes dispo, qu’on débatte d’homme à homme, et que les choses soient constructives plutôt que de chicaner chacun dans son coin.

    J’essayerai de m’adapter à vos emplois du temps de ministre.
    Dites moi un jour et une heure.

    et plus on est de fous…

    Et tu es…?

    (Je veux dire: à part un mec qui, visiblement, n’est pas au courant qu’en ce moment il est préférable d’éviter les rencontres ou les rassemblements?)

    Mr CLaude

    un mec qui veut te parler en face à face.
    C’est plus humain.

    Et le court-circuit étant en réfection pour l instant, je te dirai quand la pompe à bière fonctionnera à nouveau et je payerai la première tournée.

    C’est bien aimable, en attendant je n’ai vraiment pas le temps d’aller à Paris, même en temps normal (surtout que je DETESTE Paris, je n’y vais que quand je suis obligé (càd pour les concerts)).

    Et je me demande bien ce que tu pourrais me dire en face que tu ne peux pas me dire ici. 🤨

    Mr Claude

    Pour info, le court-circuit est à Lyon, place Mazagran.
    Sur cette place Il y a du mobilier public avec des tables et des chaises pour être confortable, respecter la distance nécessaire à ce jour.

    Tu as raté 2 occasions de me donner un jour et une heure.
    Il ne te reste un 3° et dernier essai.
    Passé cette tentative, je considérerai que tu n’as pas de bOllOcks.

    Exprimer son opinion demande un peu de courage et de l’engagement.
    Pour l’instant, tu restes un poil à gratter dans la matrice.

    Wake Up.

    A Lyon en plus? Non mais tu rigoles! 😂

    Je n’ai jamais demandé à rencontrer personne, moi, alors je ne vois pas pourquoi JE ferais l’effort de me déplacer.
    Si tu tiens tant que ça à notre petit rencard, mon chou, dis-moi quand tu passes à Val d’Europe, et je viendrai te taper la bise. 😉

    PS: pas compris l’histoire des « bollocks », et si c’est ce que je crois, je ne comprend pas trop ce que ça vient faire dans cette discussion. 🤨

    Simon

    Encore un ! Et il veut un date aussi.
    RM c’est le Tinder du metal ?
    « Rencontre des bouffons chauds dans ta région euh leur région » Euh non.

    @Simon, j’espère que tu n’habites pas à Lille ou à Brest, car si tu refuses de faire 900 km pour aller à Lyon « parler » avec Mr Claude, il en déduira que tu es un lâche! 😂
    À propos, on coche quoi sur l’attestation? 🤨

  • Ben Barbaud a réagit de façon appropriée et avec lucidité sur les difficultés économiques liées au covid.
    Connaissant bien le milieu « assuranciel »,son action vis à vis de l’assureur est pertinent et pourrait aboutir à indemnisation ( partielle ou totale selon les juges qui feront jouer le code des assurances qui obligent tout contrat à obliger des clauses « formelles et limitées » des exclussions (des jurisprudences ont pu condamner certains assureurs sur d’autres circonstances…) certains assureurs ont d ailleurs apporté des contributions à titre commercial mais bien entendu limité car le problème de fond est le risque de faillite de compagnies qui seraient contraintes de régler des milliards d’euros de perte d’exploitation alors que les actuaires et les réassureurs n’ont pas intégré le coût éventuel dans les primes à payer: des discussions sont en cours pour intégrer une garantie « pandémie » obligatoire dans les contrats comme on l’a fait pour la garantie « catastrophe naturelle (loi 1982) ou technologique(après AZF:2006) » :une taxe sup à définir qui sera payé par tous les assurés…sauf si le risque est jugé trop coûteux ce qui entraînerait par contre une exclusion légale de tous les contrats et à tous les assureurs comme pour le nucléaire ou la guerre!!

    [Reply]

  • Merci pour cet interview…mais il faut se rendre à l’évidence, il aura suffit d’un petit virus (Terminator)pour que tout change, alors fini les concerts plein de sueur et de sang ??? Le Hard Rock est il si rebelle que cela finalement? Dans les années 80 c’était autre chose, pourtant en 2020 on porte des masques, on signe des papiers pour sortir, on annule nos sorties etc. nous sommes tombé bien bas…triste évolution.

    [Reply]

    Mouahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !

    Bon Dieu, que ce commentaire est bête.

    oui c’est vrai, Mouahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !

    et pourtant…nos libertés fondent à vue d’oeil, mais encore faut il les yieux. Désolé encore un commentaire bête et juste un point de vue.

    henry

    les libertés qui fondent à vue d oeil ??? ah bon……c est vrai qu il existe tellement de pays sur la planete ou il fait  » bon vivre  » et ou les libertes sont bien plus grandes.. iran , irak , arabie saoudite , et tout le moyen orient en general , ou au moindre son de guitare electrique , tu te retrouves en prison , tous les pays d europe de l est , ou à la moindre revendication contestataire contre les dirigeants…prison
    les states , ou si tu n as pas d argent , tu creves dans la rue et tout le monde s en tape…l asie …allez y faire un tour , vous verrez comment ca se passe , viet nam , thailande , birmanie , des flics partout..au moindre ecart…prison…..reste l europe occidentale…allemagne , espagne , grande bretagne italie , pays ou c est bien connu , tout est permis et autorisé , ou le niveau de vie est bien superieur , le smic à 2000 e , le rsa à 1500 ,
    la france , pouaaaaah…. personne ne veut y vivre , c est bien connu

    @henry: toi, tu dois être du genre à être inscrit sur Facebook et Instagram, à utiliser What’s App ou tous les services Google, et à prétexter que « tu n’as rien à cacher » quand on te dit que c’est dangereux.
    Aucun esprit d’analyse, aucune vision à long terme.

    henry

    tu causes de quoi toi au juste ?? sinon , on , à53 piges , j ai autre chose à branler

    53 piges avec cette syntaxe et cette orthographe? Mazette…

    Bref, ce qu’il faut comprendre, c’est que Dale Cooper n’a pas dit que nos libertés sont déjà perdues. Ce qu’il veut dire, c’est que si on se laisse marcher sur les pieds, si on se laisse faire, A THERME la France deviendra une dictature.

    Voilà, ça va mieux quand quelqu’un t’explique?

    Pok

    @Henry : Ce n’est pas parce qu’au Darfour c’est l’enfer qu’ils faut fermer les yeux sur ce qui se passe dans notre pays. A savoir les dérives autoritaires d’un gouvernement qui profites d’une crise sanitaire pour imposer des modifications drastiques des droits constitutionnels, par usage abusif du 49.3, par ordonnance, en limitant les votes parlementaires, la liberté de la presse, le fichage des citoyens, etc.
    Et, pour info, tes chiffres sont faux. Le montant d’un smic mensuel net est de 1521€ pas 2000€. Le RAS est de 564,78€.

    Tu parles des USA mais le système français prends le même chemin. La Sécurité Sociale et les hôpitaux publics sont démantelés petit à petits et l’assurance chômage se réduit comme peaux de chagrin. Tout ça aux profits des assurances privées. Comme aux USA.

    « 53 piges avec cette syntaxe et cette orthographe? Mazette… »

    Puis :

    « si on se laisse faire, A THERME »

    Mouais.

    Bien sûr, comparer une SEULE faute de ma part, par rapport au texte quasi-incompréhensible auquel je faisais référence, c’est très pertinent.

    PS: le mot « mouais » n’existe pas. CQFD, merci, au revoir.

    Pok

    Ben oui, à therme, car nous sommes tous dans le même bain.
    badsum!

    Non mais c’est bon, TofVW, on a compris que t’es un crétin, n’en jette plus !

    Oh, je suis déçu… les insultes au 2ème message seulement… 🙁
    En général, les trolls que je remets à leur place sur internet mettent un peu plus de temps à perdre leur sang-froid, ils tentent de garder la face pendant au moins 5 ou 6 échanges.
    Tu n’as même pas le mérite de m’avoir diverti. Va falloir bosser un peu ta répartie, là tu n’es clairement pas au niveau! Allez, un petit effort quoi! 😉

  • WhoDoYouThinkIAm dit :

    « nous aurions aimé que les assurances arrêtent de jouer sur les mots et soient solidaires ». Sans défendre l’un ou l’autre, l’assurance du Hellfest n’est pas solidaire…faut-il généraliser à toutes les assurances ?

    [Reply]

    Michaël

    Il ne faut pas généraliser, c’est vrai, mais dans un tout autre contexte, la plupart des régimes de prévoyance refusent d’indemniser les arrêts pour garde d’enfant durant le confinement au motif que « ce n’est pas un arrêt de travail classique », laissant un reste à charge important pour l’employeur, ou les salariés dans la merde (ça dépend).

    Du coup, je suis d’accord avec toi, mais on peut tout de même relever qu’il y a des secteurs qui jouent un peu moins le jeu que d’autres depuis le début de la crise.

    scorpion1385

    sisi!! sisisisiiiiiiisisisi!!!! il généralise et il a bien raison.Que ce soit voitures, maison,matériel etc………c’est toujours la même chose : très réactif pour te réclamer du fric, mais dès qu’on a besoin d’eux, ils te foutent leur 200000 lignes de conditions de non prise en charge dans la gueule pour t’expliquer qu’ils ne te rembourseront pas……

  • Le maire Daniel dit :

    Nous serons au rendez-vous pour 2021.
    Et biensur nous soutenons l’organisation.
    Merci à toute l’équipe HELLFEST malgré cette situation difficile.
    A très bientôt
    DAN

    [Reply]

  • Merci pour l’interview. J’aurais bien aimé l’écouter plutôt que de la lire. 😉

    [Reply]

  • merci très intéressant. Un petit commentaire sur la croissance exponentielle des cachets. C’est une réalité mais c’est aussi la conséquence de l’effondrement du marché du disque. Les tournées à l’équilibre ca devient aussi difficile, l’un des seuls moyens de se rattraper pour eux est de faire payer plus aux festivals

    [Reply]

    Tom

    Pas faux, voir l’interview de Vince Dennis de Body Count dans ce meme fabuleux site:
    http://www.radiometal.com/article/body-count-a-faim,362974#more-362974
    « Personne ne gagne sa vie à faire de la musique… Tout le monde se fait une fausse idée. C’est pourquoi le boulot d’Ice c’est d’être un acteur. Nous faisons Body Count pour nous amuser. Ce n’est pas notre boulot. Nous avons tous des gagne-pain. Je suis technicien guitare, mon batteur est technicien batterie – il travaille pour Offspring –, tous les autres ont un autre travail… Mais non, nous ne gagnons pas notre vie avec Body Count. Nous ne sommes pas Iron Maiden, Metallica ou Slayer. On pourrait croire que Body Count est un gros groupe, mais ça ne marche pas comme ça. Ce n’est pas ce que les gens croient. C’est pour ça que ce groupe ne tourne pas tout le temps. Les groupes doivent tourner tout le temps pour en vivre, mais nous ne le faisons pas parce qu’on ne gagne pas d’argent en tournant tout le temps [rires] »

  • Merci à radio métal pour les interviews super utiles pour le public :).

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