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Interview   

Helloween : la citrouille ne tombe jamais loin du péché


Sascha Gerstner est un garçon plein de bon sens : « il y a simplement trop de groupes de heavy metal. Tout le monde se prend pour un guitariste, tout le monde croit qu’il est producteur, tout le monde se prend pour une rock star. » C’est une réalité et il fallait que quelqu’un le dise. Pas un journaliste « entre guillemets » et véreux comme moi, non, mais un mec bien qui sait de quoi il parle. Et franchement, Sascha Gerstner, actuel guitariste de Helloween – l’un des pères du genre ayant influencé tellement (trop ?) de groupes – est notre homme ! En effet, Sascha est on ne peut plus réaliste que ce soit au sujet de la profusion de groupes de heavy/speed metal – qui fait plus de mal que de bien au genre – ou sur la soi-disant ouverture d’esprit du heavy metalleux. Voilà un musicien qui présente un vrai discours décalé par rapport à celui de ses confrères du genre. Preuve qu’en fin de compte Sascha était un choix judicieux lorsqu’il s’agissait de remplacer Roland Grapow en 2001, Helloween étant lui-même un groupe assurément décalé dans le paysage heavy/speed metallique.

A ce propos, dans l’interview qui suit, Sascha ne tarit pas d’éloges au sujet du line-up actuel des citrouilles que, selon lui, Michael Weikath (guitare) et Andi Deris (chant) qualifient de « plus stable qu’ils n’aient jamais eu ». Il revient d’ailleurs sur ses débuts dans le groupe et l’état de délabrement dans lequel il l’a trouvé à son entrée.

Un entretien fort intéressant – car honnête – qui par ailleurs dévoile de nombreux détails au sujet du nouvel album, 7 Sinners, et revient sur l’accueil de Unarmed, un projet qui a vu le jour pour célébrer les vingt-cinq ans du groupe et qui a vu les classiques de ce dernier s’offrir des ré-interprétations pour le moins originales.

« Je ne crois pas que les fans de heavy metal soient ouverts d’esprit. »

Radio Metal : Vous avez réalisé l’album Unarmed pour fêter le vingt-cinquième anniversaire du groupe. Cet album doit vraiment être écouté avec une certaine ouverture d’esprit. Par conséquent, cela a fini par diviser l’opinion des fans. Était-ce quelque chose à laquelle vous vous attendiez ?

Sascha Gerstner (guitare) : En tant que musicien de heavy metal, je dirais : oui. Mais d’un autre côté, nous espérions que les gens savaient que parfois nous avions tendance à expérimenter, qu’ils seraient assez ouverts d’esprit pour comprendre l’idée qui se trouve derrière. Ce n’était pas du style « faisons un nouvel album studio, c’est comme ça que l’on veut faire de la musique », non, ce n’était pas le cas. Nous avons essayé d’expliquer que c’était le genre de projet que nous voulions faire pour une occasion spéciale comme le vingt-cinquième anniversaire. Nous souhaitions créer quelque chose qui n’avait jamais été créé auparavant et c’est ce que nous avons fait. Je comprends que certaines personnes ne l’aient pas compris, je l’accepte complètement. Cependant, ce que je ne comprends pas c’est que, puisque nous en avions expliqué la signification, des gens n’en aient pas saisi le sens. Nous savions nous-mêmes que nous voulions retourner en studio pour faire un autre album de heavy metal qui serait une tuerie. Nous le savions et nous espérions que les fans le savaient également mais cela n’était pas le cas. En revanche je ne crois pas que cela soit une mauvaise chose qu’il ait divisé les fans, je crois plutôt que c’est une bonne chose.

Ne crois-tu pas que parfois les fans de heavy metal disent qu’ils sont ouverts d’esprit juste parce qu’ils écoutent aussi du death metal ? Si jamais un groupe de heavy metal tente d’explorer d’autres voies, il se fait souvent, pour ne pas dire automatiquement, critiquer.

Je ne crois pas que les fans de heavy metal soient ouverts d’esprit. Ça ne veut pas dire qu’ils sont abrutis, ce n’est pas ce que je veux dire. Je crois simplement que le heavy metal est un mode de vie et je comprends que les gens soient vraiment à fond dans cette façon de vivre, je le conçois tout à fait. Par contre, le groupe Helloween n’a pas que les fans traditionnels de heavy metal, nous avons un public varié venant de différents univers musicaux. Je ne pense pas que les fans d’heavy metal soient ouverts d’esprits mais ils n’ont pas besoin de l’être ! Si tu es un fan de heavy metal, tu es un fan de heavy metal, tu n’es pas un fan de musique pop. Personnellement, en tant qu’artiste, je suis très ouvert d’esprit. J’essaie constamment de trouver de nouvelles choses qui pourraient influencer ma façon de m’exprimer. Par conséquent, j’ai un point de vue différent sur le sujet. Cependant, en tant que fan, je comprends complètement que tu ne veuilles pas écouter de la pop ou que tu désires vivre « à la heavy metal ». C’est l’une des bonnes choses sur les fans de heavy metal, c’est l’une des caractéristiques que j’aime chez eux, ils restent ensemble, ils parlent ensemble. C’est comme une grande famille et je crois que c’est vraiment le meilleur sentiment que tu puisses ressentir à un concert de heavy metal ou quand tu te rends au festival du Wacken. Tu ne vois ça nulle part : c’est incroyable comment les fans parlent ensemble ! Alors, je ne pense pas qu’ils aient besoin d’être ouverts d’esprit juste pour être ouverts d’esprit.

Le nouvel album sort à peine un an après Unarmed. Après cette expérience, le groupe a-t-il ressenti un besoin urgent de revenir au gros son de guitare présent sur les albums metal ?

Il n’y a pas eu d’empressement ; c’était plus quelque chose de naturel. Nous étions en concert aux États-Unis jusqu’à fin 2008 puis nous ne sommes pas remontés sur scène. Nous sommes allés en studio pour enregistrer l’album anniversaire qui fut une superbe expérience musicale pour nous. Cependant, cela nous a aussi demandé énormément de travail ; question metal, ça n’était pas du tout fun. Nous ne jouions pas des riffs sur des amplis poussés à onze ! Par conséquent, l’idée de faire un album metal puissant nous est venue naturellement. Ce n’était pas une sorte de réaction à l’album Unarmed. Nous aurions très bien pu ne faire aucun album Unarmed et cela ne nous aurait peut-être pas empêchés de faire cet album quand même. Si tu te rappelles, par exemple, de Gambling With The Devil, c’est aussi un album de heavy metal rapide et hard. C’est ce que ce line-up fait avec Helloween, c’est la musique que nous jouons. L’album Unarmed reflète juste quelque chose que nous voulions faire, qui sortait de l’ordinaire. Nous aurions pu faire un album complètement orchestral mais tout le monde le fait, ça n’a rien de nouveau. Nous aurions pu faire un album acoustique, avec uniquement des guitares acoustiques, mais ça n’est pas nouveau non plus. Nous voulions réaliser quelque chose de spécial, que personne n’aurait déjà fait ; c’est ce qui s’est passé. C’est le style que l’on veut faire pour les albums studios comme 7 Sinners ou Gambling With The Devil… C’est le genre de musique qu’on aime, le genre de musique qu’on veut jouer, le genre de musique qu’on veut faire dans le futur.

Au sujet de l’artwork du nouvel album, on y voit toutes ces lames aiguisées et tranchantes sur la pochette, est-ce pour marquer un contraste avec le nom de l’album Unarmed ? Pour signaler que vous êtes de nouveau armés ?

Oui, c’est tout à fait ça, montrer que nous sommes de nouveau armés. Comme je l’ai dit précédemment, certaines personnes n’ont pas compris le principe de l’album Unarmed. Nous nous sommes rendus compte que nous devions rendre les choses explicites et donner aux gens un indice pour qu’ils comprennent, sans le moindre mot, que c’est un album de heavy metal. Si nous avions fait n’importe quel autre artwork, les gens se seraient peut-être dit : « Ha, si ça se trouve c’est une autre merde à la Unarmed, on ne veut pas écouter un truc pareil. » C’est triste que parfois les gens ne cherchent pas à comprendre. En conséquence, on voulait clarifier les choses à travers l’artwork. Quand on regarde cet artwork, dès qu’on le voit, on se dit que c’est du heavy metal à l’extérieur et que ça sera aussi du heavy metal à l’intérieur.

(A propos du titre « Are You Metal? ») « Je m’imaginais même quelqu’un assis à côté d’une table entouré de clichés traditionnels: un crâne sur la table, des guitares dans le fond de la pièce, assis comme dans un cartoon, avec ses longs cheveux, se demandant s’il est metal. La scène tout entière du heavy metal a tendance à ne rien écouter d’autre que le metal, même les fans de heavy metal n’écoutent pas de metal gothique. »

Gambling With The Devil mais aussi Keeper Of The Seven Keys – The Legacy sont sortis vers Halloween. Le nouvel album 7 Sinners sortira également autour d’Halloween cette année. Est-ce quelque chose qui a été programmé pour des raisons de marketing ou est-ce simplement une pure coïncidence ?

Nous suivons un cycle qui reste toujours le même : on va en tournée, ensuite on compose de nouveaux titres, on sort un nouvel album. On ne se rend pas forcement compte de tout ça parce qu’on va toujours à peu prêt à la même période en tournée. On part en tournée à l’automne, on entre en studio pendant l’été alors les albums sortent naturellement en automne. Il faut dire que c’est, bien sûr, aussi un petit clin d’œil. Cependant, à mon avis, il n y a pas besoin de sortir un album pour Halloween mais bien évidemment cela reste le jour idéal. Enfin, on aurait pu le faire un jour avant ou un jour après, ça n’a pas vraiment d’importance. Bien sûr c’est drôle de sortir un album d’Helloween le jour de Halloween, ça donne du sens, mais ça n’a rien de marketing. Je ne pense pas que nous vendons plus d’albums parce que nous sortons nos albums pour Halloween.

7 Sinners est le treizième album de Helloween, il contient treize titres, êtes-vous superstitieux ?

Nous entretenons une relation particulière avec la mythologie, les nombres et tout le reste mais il n’y avait aucune intention particulière avec ça. Nous avions dix-huit titres pour cet album mais ils ne correspondaient pas tous au son ni au concept de 7 Sinners alors seuls treize titres sont restés mais c’était sans but particulier.

Mais avez-vous quand même subi une quelconque mauvaise chance au cours de la session d’enregistrement ou des problèmes en studio ?

Non, pas du tout. C’est ce qui est étrange… Enfin, même si c’est une bonne chose. Je me souviens, au moment où j’ai rejoint le groupe, il y avait trop de mauvaises choses qui nous arrivaient ! J’ai même entendu des histoires similaires qui s’étaient passées avant mon arrivée dans le groupe. Je dirais qu’après le Legacy Tour, le line-up s’est stabilisé et c’est la raison pour laquelle nous avons pu faire l’album Gambling With The Devil tel qu’il est. Depuis cette période, tout va très bien ! Plus rien de mauvais ne nous arrive.

L’album s’appelle 7 Sinners, vous êtes cinq dans le groupe, alors qui sont les deux autres pêcheurs ?

Ce n’est rien de vraiment spectaculaire ; ce n’est pas un album-concept. Ce n’est pas comme l’album Keeper Of The Seven Keys. C’est très banal, nous étions assis autour d’une table, Michael avait son iPod et ses chansons et il a sorti ce thème des sept pêcheurs, les sept étoiles… Puis nous nous sommes mis à parler de mythologie, que partout dans le monde il existait cette référence aux sept pêchés capitaux. Nous avons pensé à nous cinq, à la citrouille et au gardien des sept clés, ce qui faisait nos sept pêcheurs en lien avec les sept pêchés. Il n y a pas de concepts particuliers derrière cela. C’était juste quelques idées qui ont émergé et nous les avons utilisées.

L’une des nouvelles chansons s’intitule « Are You Metal ? ». Je ne suis pas sûr de savoir si cela doit être pris sérieusement comme une célébration de l’esprit metal ou si cela doit être pris au second degré. Que peux-tu nous en dire ?

Bien sûr que ça ne doit pas être pris au sérieux ! Tu nous connais ; tu sais comment est le groupe d’un point de vue ironique et sarcastique. Nous nous exprimons toujours à travers l’humour. Cela pourrait aussi être mis en relation avec Unarmed : s’attendre à quelque chose d’autre du metal. (Rires) Alors êtes-vous Metal ? Je m’imaginais même quelqu’un assis à côté d’une table, entouré de clichés traditionnels : un crâne sur la table, des guitares dans le fond de la pièce, assis comme dans un cartoon, avec ses longs cheveux, se demandant s’il est metal. La scène tout entière du heavy metal a tendance à ne rien écouter d’autre que le metal, même les fans de heavy metal n’écoutent pas de metal gothique. Je ne comprends pas mais (rires) c’est ce dont parle cette chanson.

Qu’est ce qu’être metal selon toi ?

Je crois que c’est un mode de vie ; pour certains c’est être contre tout ce qui constitue le système. Je ne peux pas vraiment te dire ce que tu devrais faire si tu voulais être metal. Cela a tellement changé ! Quand j’étais jeune, il n y avait que du heavy metal, le thrash metal émergeait à peine mais c’était vraiment tout nouveau pour l’époque. Il n’y avait pas de gothique, presque pas de death, ça n’était pas aussi divisé qu’aujourd’hui. Je n’arrive vraiment pas à comprendre. Pour moi c’est juste essayer d’être différent. C’est ce que j’appellerais « être metal » : essayer de trouver n’importe quelle autre alternative de vie. C’est ce que je dirais mais tout le monde a sa propre idée du sujet.

Maintenant, il faut bien que je te pose la question : es-tu metal ?

A mon avis : oui. Je suis certainement beaucoup plus metal que la majorité des gens. (Rires)

Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

Je suis toujours à la recherche de toutes les alternatives que je peux trouver, y compris au sein des thèmes liés au heavy metal.

Crois-tu qu’un bon métalleux est un bon pêcheur ? Quelques organisations religieuses ont tendance à croire que le metal est inévitablement lié aux péchés.

Je ne crois pas. Je crois que le heavy metal réunit les gens autour de lui. Comme je le disais précédemment, si on se rend au festival du Wacken Open Air on voit quarante mille personnes ensemble, comme dans une grande famille, profitant de la fête, rien ne se passe. Si tu tombes sur les soi-disant mauvais garçons tatoués ayant des bières à la main, ils ne font strictement rien de ma l! Ils ont ce look mais ça ne veut rien dire. J’aurais plutôt tendance à dire que la plupart des pécheurs se trouvent chez les gens qui ne sont justement pas comme ça.

La chanson « Who Is Mr Madman ? » est sans aucun doute la suite du titre « Perfect Gentleman » notamment de par la ligne mélodique qui unit ces deux titres. Comment est-ce que le parfait gentleman est devenu M. Fou ?

(Rires) J’ai eu cette idée car je me disais que nous avions le Perfect Gentleman et les gens aiment cette chanson mais que ça pourrait être intéressant de savoir, seize ans plus tard, où il en est. Qu’est-ce qu’il fait ? Qu’est-il devenu ? C’est ce qui se passe dans l’intro. Il joue avec les filles et s’est détruit le cerveau, c’est plus ou moins ce qui lui est arrivé. Alors il passa une camisole de force, se retrouva dans une salle blanche où deux infirmières sexy s’occupaient de lui. Voila en gros l’idée… Il dit : « attends que je retire ma camisole et tu verras qui est Mr Madman. »

« Il a fallu que je trouve ma place au sein du groupe. Quand je suis arrivé, ça n’était plus du tout un groupe, ils suivaient juste une sorte de rituel en essayant de faire de la musique mais on ne pouvait plus parler de groupe. »

J’ai lu que sur cet album les instruments étaient enregistrés à la hauteur 432 au lieu de l’habituelle 440 hertz. Apparemment, c’est censé sonner plus naturel à l’oreille et même avoir un effet relaxant. Est-ce que c’est vrai ?

Oui, ça doit être plus naturel à l’oreille si tu écoutes l’album. Cela joue sur l’énergie et cela flatte mieux l’oreille. C’est juste de la physique. Cette idée nous est venue alors que nous parlions des fréquences qui nous entouraient comme cette fréquence-clé qui relie tout ensemble. Il y a un professeur suisse, un ingénieur, qui a essayé de convertir ce 8 Hz en fréquence musicale. Si on fait la multiplication on n’obtiendra pas 440, qui est actuellement la référence principale, mais 432. C’est comme la fréquence majeure qui relie tout ensemble dans l’univers… En tout cas, c’est ce qu’ils disent. De plus, par le passé, les bouddhistes ont toujours utilisé la fréquence 432 en musique, c’est intéressant de voir comment tout est lié. Étant donné que nous nous intéressons (et avons toujours été intéressés) par ce genre de choses – car Helloween est un groupe très positif – nous avons essayé de trouver de nouvelles façons de voir les choses. Nous cherchons à comprendre comment tout fonctionne dans l’univers. Cela faisait partie des choses que nous voulions tenter étant donné que nous avions lu des choses sur ce sujet. Nous pensions qu’il y avait des connections entre différents éléments, alors pourquoi ne pas essayer ? Pourquoi toujours rester dans les mêmes manières de faire ? Ça ne pouvait pas faire de mal alors nous l’avons fait et cela a vraiment produit quelque chose de différent. Je ne sais pas ce que c’est mais cela produit un sentiment différent. Si tu écoutes l’album, il exprime des émotions différentes par rapport aux précédents.

Les deux premières chansons de l’album sont assez sombres. En ce sens, cela me fait un peu penser à la direction plus sombre que le groupe avait pris sur l’album « The Dark Ride » mais d’un autre côté l’album garde l’aspect humoristique pour lequel Helloween s’est toujours fait remarquer. Crois-tu que Helloween est plus centré sur l’humour que sur cet aspect sombre que la plupart des groupes de metal utilise ?

Le fait est que nous ne pensons pas à ce genre de choses. Les gens sont persuadés que tout ce que nous faisons a un but, ce n’est pas vrai. Nous sommes des artistes, il y a environ deux générations différentes dans le groupe. Michael est de quinze ans mon aîné. J’apporte bien entendu un style un peu plus moderne au groupe et chaque membre possède son propre héritage, sa propre influence, son propre passé musical. Nous ne nous focalisons pas là-dessus. C’est ce qui se passe avec Helloween et c’est ce que je ne cesse de répéter. Tout le monde pense que nous faisons les choses par intérêt, ça n’est définitivement pas le cas, nous ne nous retrouvons pas à la maison en se disant « maintenant faisons un album sombre ou maintenant faisons ceci ou cela. » Nous sommes des artistes ; nous voulons seulement jouer de la musique et faire ce dont nous avons envie. Ce que nous faisons avec ce line-up, étant donné que celui-ci est stable, c’est la musique que nous voulons jouer en ce moment. Le mélange de toutes ces influences ensemble font l’album. Ce que je crois personnellement c’est que cet album contient un très bon équilibre de ces diverses influences comparé à nos anciens albums, il n’y a rien de complètement décalé qui ressort.

Helloween a toujours parlé de sujets graves et sombres en gardant une attitude positive et même avec un certain sens de l’humour. Crois-tu que l’humour est un bon moyen d’éveiller les consciences ?

Comme je l’ai dit, nous ne faisons pas les choses exprès. L’humour est notre façon d’être, on ne fait que l’appliquer. Il n’y a pas de côté obscur ou de côté clair, ce n’est pas ce à quoi nous pensons. Nous faisons juste de la musique en fonction de nos émotions. Si tu écoutes nos albums, chacun est représentatif de l’émotion qui nous caractérisait à ce moment précis. Donc, par exemple, après le Legacy Tour, nous avons fait Gambling With The Devil, nous avions des sentiments complètement nouveaux et nous étions tellement enthousiastes au sujet du line-up que nous nous sommes dirigés vers ce type de metal façon Helloween. C’est ainsi qu’on a fait Gambling With The Devil qui était déjà différent des autres albums qui ont précédé. Néanmoins, nous gardons aussi des influences plus anciennes car il y a Marcus et Andi qui étaient là avant et qui ont leurs propres influences. Maintenant il y a Dani et moi et nous apportons tous quelque chose au groupe et notamment dans l’écriture de chansons. Quand on écoute Helloween version 2010, rien n’est fait par intérêt ; il n y a rien du genre « faisons un album sombre ou essayons d’être drôles, comme ça, ça donnera envie aux gens de s’intéresser au groupe. » Cela n’est pas nécessaire. Ce n’est pas la raison pour laquelle nous avons commencé à faire de la musique.

Alors tu crois que tu peux rire et écrire sur n’importe quel thème avec Helloween ?

Oui, c’est ce que nous faisons ! C’est ce que j’essaie de t’expliquer… Rien n’est programmé, nous faisons simplement ce que nous voulons, on veut simplement être des musiciens, nous voulons simplement jouer. C’est ce qui me gonfle, j’en ai marre de ce type de question, je ne parle pas des tiennes mais plutôt les trucs du genre « vous faîtes tout pour une raison, pourquoi avez-vous fait ça comme ci et pourquoi comme ça ? » Je veux dire… Non ! Nous faisons juste de la musique. Je ne te demande pas pourquoi tu fais des interviews ? Y a-t-il un but précis ? Veux-tu t’investir dans le monde musical ? Est-ce la raison pour laquelle tu fais des interviews ? Ce n’est pas ce que je te demande. J’espère que tu aimes ce que tu fais. Donc t’intéresses-tu au journalisme ? C’est pour ça que tu fais ça ? Je n’en sais rien. Tout n’a pas besoin d’avoir une justification, je ne te demande pas si tu comptes devenir riche en tant que journaliste. C’est exactement le type de questions que l’on nous pose comme « faites vous de la musique pour devenir célèbre ? » Ou « voulez-vous faire de la musique parce que vous voulez être du côté sombre ? », « voulez vous faire du death metal pour être dans le côté sombre ? » Ça n’a aucune importance ! Pour ma part, jouer de la guitare fut une thérapie, c’était un moyen de faire ressortir mes interrogations mais aussi une façon de m’exprimer, c’est pourquoi j’ai commencé à jouer ; il n’y avait aucune arrière pensée. Je ne voulais pas avoir l’air cool ou devenir riche et célèbre. Sûrement que beaucoup de personnes agissent ainsi, je serais d’accord avec toi si tu le disais mais cela n’est pas la manière dont nous nous comportons, cela n’est pas ma vision du groupe. C’est pourquoi le combo fait ce qu’il a envie de faire. Helloween ne reste pas sur le devant de la scène depuis vingt-cinq ans en se contentant de faire la même chose à chaque nouvel album. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Helloween fait ce que Helloween fait au moment présent. Helloween version 2005 n’est pas Helloween version 2010, nous sommes dans une sorte d’évolution. (Rires)

Donc tu penses que dans le futur Helloween pourrait reprendre plus de risques avec sa musique comme ce qui s’est passé avec, par exemple, les albums Chameleon et The Dark Ride ? Est-ce toujours quelque chose de possible aujourd’hui avec Helloween ?

Je crois que oui. Ça pourrait être possible car rien n’est impossible, c’est ma vision personnelle de la vie en général : rien n’est impossible. Je ne te dirais pas aujourd’hui : « non, on ne recommencera jamais quelque chose comme ça ! » Je ne te dirai pas : « oh, on fait juste des albums dans la veine de Gambling With The Devil et rien d’autre ». Ce sont des conneries ! La vie change, tu changes, tu ne feras peut-être plus d’interviews d’ici dix ans, peut-être que tu feras autre chose, qui peut savoir ? Ni toi, ni moi ne le pouvons ! On sait juste ce que l’on veut faire, c’est un fait. Nous voulons faire du heavy metal, c’est notre volonté première. Nous voulons juste jouer du heavy metal, nous voulons composer de la musique, nous voulons monter sur scène, garder ce style de vie car c’est simplement génial. J’adore jouer avec ce groupe, j’adore être sur scène, j’aime voyager à travers le monde, être stressé en studio, j’aime chaque aspect de cette vie. C’est ma vie, celle que j’ai choisie. Je ne suis pas né dans ce milieu, j’ai dû travailler très dur et je suis heureux de l’avoir fait et je serai encore plus satisfait si le groupe allait encore plus loin dans l’avenir. On ne sait jamais ce qui peut se passer mais bien évidemment le chemin que nous empruntons actuellement reflète ce que nous voulons faire, comme 7 Sinners représente le Helloween de 2010, c’est parfaitement ce que nous défendons.

« Je crois qu’il y a simplement trop de groupes de heavy metal. Tout le monde se prend pour un guitariste, tout le monde croit qu’il est producteur, tout le monde se prend pour une rock star. Depuis la création de Myspace et des réseaux sociaux en général, tout le monde est persuadé d’être une rock star, c’est des conneries ! »

Cela fait longtemps que Helloween n’a pas beaucoup expérimenté en studio…

Eh bien, Unarmed était une expérimentation, n’est-ce pas ?

Oui, bien sûr, mais mis à part Unarmed, qui était, en quelque sorte, un risque calculé, dans le sens où il s’agit d’un projet à part pour célébrer l’anniversaire du groupe, comme tu l’as dit plus tôt, Chameleon et The Dark Ride étaient des albums très différents pour du Helloween. Ces deux albums ont conduit à des changements de line-up importants, ils ont créé des tensions dans le groupe. Alors le groupe pourrait-il craindre ce genre de choses ?

En ce moment ? Non ! Le groupe est vraiment très stable. Je peux juste dire ce que Michael et Andi n’arrêtent pas de répéter. Selon eux, c’est le line-up le plus stable qu’ils n’aient jamais eu et ils espèrent pouvoir continuer avec Dani et moi pour au moins les dix ou quinze prochaines années ou du moins aussi longtemps que ce voyage avec Helloween durera. Je crois que par le passé la relation était vraiment mauvaise entre les membres du groupe. Bien sûr, ils ont créé quelque chose, bien sûr si tu rejoins le groupe, cela a quelque chose d’excitant et il y a quelque chose d’agréable mais ce n’était pas non plus comme si Weiki avait été depuis le début le meilleur ami de Roland ou d’Uli par exemple, ça n’est pas comme ça que ça s’est passé. Lorsque j’ai rejoint le groupe, c’était totalement différent. Je traînais avec Michael depuis quatre semaines, ne faisant rien de particulier, nous n’avons pas du tout joué de guitare. On traînait, regardant le DVD de Shreck, on a simplement passé un bon moment, on voulait apprendre à se connaître. C’est vraiment différent avec le line-up dans son ensemble. Lorsque nous partons en tournée, on est tous ensemble assis dans le bus à parler de tout et rien, on a les mêmes centres d’intérêt. Nous nous sommes finalement retrouvés en tant qu’individus, même si chacun d’entre nous est différent. Je suis en effet totalement différent d’Andi qui est totalement différent de Marcus et Marcus est totalement différent de Weiki mais nous avons des centres d’intérêt communs. C’est là où tout commence. Nous nous respectons, nous nous apprécions et avons trouvé un moyen de faire de la bonne musique. Ça fonctionne vraiment très bien ! J’entretiens une très bonne relation avec Michael, il n’y a pas la moindre jalousie entre nous ou quoi que ce soit d’autre. Il n’est pas besoin qu’il y en ait car nous sommes des adultes et non plus des enfants. Andi est un excellent compositeur et ça mérite le respect. Il n’y a pas d’ondes négatives autour de ce line-up alors je pense qu’on va sûrement continuer durant de longues années. Je ne crois pas que nous ferons quelque chose qui conduira à la séparation du groupe.

Tu es donc confiant quant à la longévité de ce line-up ?

Complètement ! Depuis le Legacy Tour, on a le sentiment de s’entendre vraiment très bien, et avec Dani aussi. Il a fallu que je trouve ma place au sein du groupe. Quand je suis arrivé, ça n’était plus du tout un groupe, ils suivaient juste une sorte de rituel en essayant de faire de la musique mais on ne pouvait plus parler de groupe. Il n’y avait pas de batteur permanent. J’étais nouveau et ça a pris pas mal de temps. C’est ce que les gens n’ont pas compris. On ne pouvait pas devenir les meilleurs amis du monde comme ça. C’est quelque chose d’évolutif. Nous sommes partis en tournée et nous sommes ensemble depuis un sacré bout de temps maintenant ! Nous avons dû apprendre à nous connaître et aujourd’hui nous y sommes parvenus et, d’ailleurs, d’un point de vue musical aussi. Je n’écrirais pas un titre et l’enverrais à Michael si je sais d’avance qu’il ne l’aimera pas. Pourquoi est-ce que je le ferais alors que je connais ses goûts ? Évidemment, on réunit toutes les idées et celles qui pour moi colleraient le mieux, ou celle qu’Andi, Michael ou le reste du groupe pourraient préférer et servent aux titres que l’on compose. Lorsqu’Andi écrit une chanson il pense déjà à comment Dani jouerait la batterie, comment Sacha jouerait la guitare. C’est une super relation que nous avons, aussi bien d’un point de vue musical que personnel. Je pense que rien ne changera dans l’avenir si ce n’est en mieux.

Depuis ses débuts, Helloween a toujours été considéré comme l’un des plus grands groupes de heavy speed metal mais actuellement la scène metal est envahie de groupes de heavy metal. N’est-ce pas dur de maintenir le groupe au sommet et de ne pas se perdre au milieu de la foule ? Quel est le secret de Helloween ? Qu’est-ce qui fait que le groupe parvient à sortir de la masse encore aujourd’hui ?

Je t’ai déjà confié ce secret. Cela vient du fait que nous avons des influences variées, que nous ne faisons pas du heavy metal juste dans le but de faire du heavy metal. C’est un mode de vie, et c’est de là que nous venons, c’est notre façon de vivre et c’est ce que nous mettons dans notre musique, c’est notre façon de composer de la musique. Nous n’avons pas un ou deux compositeurs comme la plupart des groupes, car, mis à part Dani, tout le monde écrit des chansons. Nous avons donc quatre compositeurs pour un seul groupe, cite-moi un seul groupe qui fonctionne de la sorte… Je n’en connais aucun dans le monde du metal. Peut-être que c’est ça la clé du succès. Helloween a sonné toujours différemment. Un album d’Helloween ressort toujours par rapport à n’importe quel autre album de speed ou heavy metal. Andi est un excellent chanteur, il n y a que lui qui a un tel timbre de voix. Je ne connais aucun chanteur avec une voix similaire. En revanche, je connais beaucoup de « Michael Kiske », de nombreux chanteurs chantent comme lui ! Il y a également beaucoup de chanteurs qui se rapprochent de Bruce Dickinson, ça n’a rien d’original. Cependant, personne n’a la même voix qu’Andi. Il a une voix et un son qui sortent de l’ordinaire, c’est peut être une autre clé du succès d’Helloween.

Penses-tu que les groupes de heavy metal se copient trop et peut être s’inspirent trop de leurs prédécesseurs comme Iron Maiden ou Helloween etc. ?

Je ne sais pas, je crois qu’il y a simplement trop de groupes de heavy metal. Tout le monde se prend pour un guitariste, tout le monde croit qu’il est producteur, tout le monde se prend pour une rock star. Depuis la création de MySpace et des réseaux sociaux en général, tout le monde est persuadé d’être une rock star, c’est des conneries ! Premièrement il est question d’art et de musique, ça n’a rien à voir avec le fait d’être cool. Tu crées de l’art si tu parviens à créer quelque chose d’une manière créative. Pour moi, c’est la clef de la réussite pour n’importe quel groupe. C’est la raison pour laquelle il n y a pas de deuxième Iron Maiden, ou un deuxième Metallica. Ces groupes ont créé quelque chose d’unique à l’aide de leur personnalité et de leur créativité. Il y a juste trop de groupes et peut être qu’ils se copient. C’est ce que je disais au début: ils font les choses par intérêt, ils vont dire :

“- Oh et si on faisait un groupe de heavy metal qui sonnerait comme Helloween !
– Ok, ha ha ha. Nous avons besoin d’un batteur qui peut jouer super vite à la grosse caisse !
– Ok, j’en ai trouvé un !
– Génial ! Maintenant nous avons besoin de deux guitaristes et ils doivent jouer des solos de guitare à deux voix !
– Yeah! Génial ! Ha ha ça ressemble déjà beaucoup plus à Helloween !
– Oh le chanteur est nase ! Nous avons besoin de quelqu’un qui peut chanter très haut ! Aaaaaaah !”

Et ensuite on obtient un groupe qui a un son similaire à Helloween mais franchement ça n’est pas comme ça qu’on fait de la musique ! Ça n’est pas la façon de faire de la musique !

Interview réalisée en octobre 2010 par phoner
Traduction : Isa



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  • perso j’aime toutes les périodes d’Helloween (sauf les deux dernier albums de kiske). J’étais (et suis) toujours fan du fondateur Hansen, de Grapow avec Masterplan, de Kiske quand il chante avec Avantasia, et jaime autant les deux 1ers Keepers que Dark Ride, Rabbit ou Gambling.

    pour moi Helloween est toujours le top du heavy speed mélodique et c’est balèez d’avoir réussi à s’accrocher aussi longtemps en gardant cette qualité de composition malgré les grosses épreuves commes les départs de Kiske et Grapow

    VIVES LES CITROUILLES!! VIVE HELLOWEEN!!
    et RDV fin Janvier à l’Elysée Montmartre pour une grosse fête!! 😉

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  • rajass blankass dit :

    OUI BON C’est bien joli toutes ses considérations pseudo cérébrales au sujet de ce que c’ est ou pas d’ etre metal !!!

    moi je suis plus qu’ ouvert musicalement , je ne vous dit meme pas tout ce que j’ écoute comme différentes ziques certain en mouraient instantanément d’ apoplexie !!!
    mais bon concernant HELLOWEEN il faudrait juste remettre les choses en perspective depuis keepers of the seven keys part 2 et le départ de kai hansen puis celui de michael kiske cela n’ est rien d’ autre qu’ une coquille vide , juste un nom certe illustre mais vidé de sa substance originelle !!! perso j’ ai arrété de subir leurs méfaits vyniliques depuis master of the rings !!!

    allez pour finir je vais frimer un peu , faisant de la radio a une certaine grande époque , mon collègue et moi meme avons été parmis les premiers a passer helloween sur les ondes , on est d’ ailleurs remerciés pour cela , sur walls of jericho !!! nananère
    cherchez les noms cela vous occupera bien les yeux !!!

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