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Live Report   

High Hopes Night #2 : Headcharger continue à faire plaisir


C’est avec une excitation non dissimulée que nous attendions ce samedi 18 novembre. La raison ? La deuxième édition de la High Hopes Night by RM présentée par School’s Out Agency. Apres la ville Rose, c’est celle des Lumières qui nous accueille. Le Warmaudio de Decines a ouvert grand ses bras pour l’occasion à nos Normands de Headcharger ainsi qu’à deux groupes locaux, Goatfather et Endless Sundown. Ces deux formations ont déjà pas mal écumé les scènes de la région et, d’après leurs faits d’armes, promettent un spectacle à la hauteur des grands venus de Caen. La salle se remplie tranquillement dans une ambiance relativement zen et bon enfant jusqu’à l’entrée en piste de l’enfant du pays, Goatfather.

Le ton est donné avec d’entrée de jeu la lourdeur bien heavy de « As The Crow Cries ». Une batterie omniprésente et des riffs incisifs sont de mises sur ce premier morceau extrait de l’album Hipster Fister qui annonce une soirée sous le signe du bon rock’n’roll.

Artistes : HeadchargerEndless SundownGoatfather
Date : 18 novembre 2017
Salle : Warmaudio
Ville : Décines [69]

Goatfather

Goatfather, c’est le Bourbon Kid du Livre Sans Nom ou un Tarantino qui aurait mal tourné. Ça sent l’asphalte et les grosses cylindrées. Avec des influences telles que Black Sabbath, Down, God Damn, Zakk Wylde ou encore Slash, on ne peut qu’être plongé dans les années 70/80 et ce n’est pas pour nous déplaire. Olaf (guitare/chant) et sa bande, bercés au Whisky du Kentucky et à l’essence à Zippo, s’en donnent à cœur joie. Les morceaux s’enchaînent (« Blood Of My Brothers », « Hipster Fister ») et on constate que les deux amplis Orange des guitaristes crachent un stoner encore plus lourd. Les nuques se délient et la soirée est lancée pour de bon. Merci d’ailleurs au Warmaudio pour son acoustique exceptionnelle ainsi qu’à Simon et Julian en régie. Nos quatre terreurs assurent et poursuivent leur hard rock atmo/melo pour la chanson « Devil Inside ». « The Betrayer » met lui en avant les guitares qui ne sont pas accompagnées de pédales d’effet. Le brut avant tout ! La Gibson Custom 58 de Greg transporte l’audience pour nous emmener finalement au dernier morceau du set « The Devil Made Me Smoke His Bong ». Un titre de douze minutes où le groove de la basse flirte avec le chant agressif d’Olaf. Greg bat la mesure avec des accélérations et des freinages d’urgence sans précédent. Le tout sur un tempo en essuie glace créant une atmosphère à la Led Zeppelin relativement agréable. Une première partie emplie d’émotion sur scène puisque Math à la basse nous offrait sur cette date son dernier concert.

Bonne route à lui et bonne continuation à la formation qui reprendra les concerts au printemps et qui nous concocte un deuxième album pour le coup très attendu. En quelques mots, Goatfather, c’est du Heavy Fuckin’ Hipster Fistin Stoner Rock & Roll. Merci à eux. Tonnerre d’applaudissements, entracte, cigarette, Badoit et on enchaîne.

Endless Sundown

On quitte les années 70,/80 pour débouler dans le grunge des 90′. Endless Sundown fait son entrée. Une lumière tamisée aux reflets rouge/jaune et violet laisse apparaître une crinière blonde accompagnée d’un large sourire. Il s’agit de Barth, le guitariste chanteur. A sa gauche se tient fièrement, casquette vissée au crâne, son bassiste Julien. Djay derrière ses fûts attend lui le top départ. Le trio Lyonnais formé en 2014 a partagé sur ses 3 EPs un rock alternatif/fusion avec des teintes néo metal/punk/pop. Le tout pour une palette musicale variée. « Endless Sundown, c’est du post grunge, une esthétique, un univers influencé par les 90′ qui sonne indéniablement moderne. C’est aussi trois potes authentiques qui jouent avec honnêteté et plaisir ce qui les représente, une harmonie d’émotion et d’énergie. » explique le groupe. Et l’énergie était bien présente ce soir, à commencer par « Nothing To Leave Behind » de Fear Of Missing Out, EP paru en 2016, où les roulements de Djay en intro accueillent nos deux guitaristes dans un rock crunchy à la Red Hot débordant au fil du morceau sur un grunge à la Soundgarden avec des riffs simples, efficaces mais diablement justes.

4 minutes et 51 secondes plus tard, Endless Sundown nous fait partager le premier morceau de leur tout nouvel EP 5 titres, intitulé Make Sense, sorti en mai 2017, il s’agit de « A Need », morceau équilibré dès les premières notes. Dave Grohl n’aurait pas fait mieux. 4 minutes qui se déroulent à la perfection avant que n’arrive cette cassure, un arpège envoûtant dû à la répétition des notes, un changement de tonalité et un tempo plus lent qui entraînent l’audience dans des profondeurs abyssales encore inexplorées, jusqu’au coup de matraque derrière la nuque prodigué par le solo mitrailleur de Barth, histoire de nous faire revenir vers le heavy/pop du début. La salle est conquise. La notion de temps a disparu tant le power trio nous balance du bon, du très bon rock. On arrive, déjà, à l’avant dernier morceau « Come Back » qui se veut particulièrement aérien, l’esprit de Layne Staley flotte au-dessus et en face de nous. En effet, des groupes comme Alice In Chains, Radiohead, Pearl Jam ont certainement dû façonner l’imaginaire sonore du groupe et les idées créatrices qui vont avec. Une atmosphère sombre et lourde s’abat de plus en plus sur le Warmaudio, contrebalancée par un rock très QOTSA maîtrisé. Le tout avec le sourire svp et une énergie rare et, pour le coup, touchante. On arrive au terminus du voyage Endless Sundown et de son rock plus qu’habité. Les petits jeunes qui jouent également à domicile ont fait le taf et terminent en beauté avec « Dirty Fee », le morceau énervé de l’EP. Celui qui fait pogoter, qui rallume la lumière et pour le coup qui t’en met plein les yeux. Ils avaient raison, l’émotion et l’énergie étaient bien au rendez-vous.

Headcharger

Les voici, enfin, Headcharger, la tête d’affiche de notre soirée. Faut-il encore les présenter ? Brièvement, Headcharger c’est Sebastien Pierre au chant, David (Babz) Rocha et Antony Josse aux guitares, Romain Neveu à la basse et Rudy Lecocq à la batterie. Formé à Caen en 1997 sous le nom de Doggystyle, le groupe prône un metal hardcore plutôt corsé pour ses débuts. La musique d’Headcharger peut se définir comme un mélange de metalcore, de heavy traditionnel et de stoner. Le nom actuel du groupe apparaîtra en 2004 et six albums plus tard, ils se font encore plaisir pour notre plus grand bonheur. Le monstre a cinq têtes envoie la sauce dès le premier morceau. Ce « Land Of Sunshine », de l’album Black Diamond Snake sorti en 2014, est d’une efficacité redoutable avec un riff à la fois lourd et entraînant. Le Sunn modele T d’Antony crache tout ce qu’il a. « Gutsy Move » et « This Is My Crime », premiers morceaux extraits du dernier album Hexagram, sorti le 24 mars 2017 chez Verycords, sont très proches. De part leurs structures et également en termes de durée avec des riffs très énergiques. Le tout pour un heavy rock poussé à son paroxysme avec des solos intervenant aux alentours des 2 minutes 50 à chaque fois. Une voix millimétrée par sa justesse, une basse bien ronde enveloppant le tout, une batterie lourde et précise : le mélange fonctionne du tonnerre. Arrive ensuite « A Long Wait », plus doux que ces prédécesseurs, une création qui nous a littéralement hypnotisés. Charmés dés les premières notes, on se rend compte que nos yeux sont fermés avec un sourire en coin : signe que l’éclate est totale. On ne peut s’empêcher de penser à « Live To Rise » de Soundgarden pendant presque toute la durée du morceau.

Pas le temps de respirer que Sebastien et ses comparses nous ramènent jusqu’en 2012 avec le hit « All Night Long » issu de l’album Slow Motion Disease. Tous les chevelus du Warmaudio sans exception (et les autres aussi) ne peuvent s’empêcher de bouger la tète, de sauter, de célébrer le rock en dansant, le sourire jusqu’au cerveau. La fête bat son plein, Headcharger prend son pied, ça se voit, ça se sent et nous aussi. Après les applaudissements, les toms de la batterie retentissent. Des roulements permanents immédiatement suivis par la Gibson et le JCM 800 de David, parfaitement revu par Dixit, l’ingé son attitré du groupe, quand soudain, explosion. « 1000 Tides », de l’album The End Starts Here, coule dans nos oreilles avec un chant fédérateur et des riffs ultra accrocheurs. Le groupe ne se cantonne pas à présenter simplement un dernier album, ils sont là pour nous montrer à quel point ils sont fiers de leur projet dans sa globalité. Les Caennais enchaînent sur « Metamorphosis » d’Hexagram, un morceau joué également à Paris aux côtés de leurs potes d’AqMe il y a de ça une à deux semaines. Morceau impeccable excellemment bien exécuté. Mais c’est pour « Do You Think Of Me » que notre cœur balance et le leur aussi. Apres plusieurs échanges au sujet du concert, Romain à la basse nous confiera qu’on parle en effet du morceau qu’ils préfèrent jouer sur scène. Il s’agit d’ailleurs de l’un des plus anciens (10 ans), mais aussi de l’un de ceux qui a le plus évolué au fil des répétitions, concerts ou autre changement de batteur. Sur ce morceau, le groupe a diminué le tempo d’une dizaine de points, le rendant plus heavy et beaucoup plus lourd qu’à l’origine. Puissant.

Les trois derniers morceaux du set sont le reflet de cette équipe de choc, de ces quarantenaires qui n’ont pas pris une ride et qui produisent encore aujourd’hui un metal toujours à la frontière du stoner, plus enflammé et généreux que jamais. Merci pour ce moment de partage et de joie symbolisé sans nul doute par cette ambiance intimiste et conviviale que seuls les grands peuvent créer.

Setlist :

Land Of Sunshine
Gutsy Move
This Is My Crime
A Long Wait
All Night Long
1000 Tides
The Metamorphosis
Do You Think Of Me
If You Wanna Dance
You Gotta Pay The Band
Dirty Like Your Memories

Report : Yannick Darmalingom
Photos : Claudia Mollard Photographe



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