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Interview   

Hogjaw ne perd pas le sud


Le rock sudiste, ça vous parle ? Les grands espaces, la forêt, les marais, et puis les guitares, les chants, les copains, la famille, la pêche… C’est tout cela qui est à la fête avec Hogjaw.

Les quatre gaillards d’Arizona nous régalent d’un nouvel album, Way Down Yonder. Ils y célèbrent les petits bonheurs simples de la vie mais qu’on a malheureusement parfois tendance à négliger, comme les barbecue entre amis et la pêche, bien sûr. Un langage universel qui rassemble les fans un peu partout dans le monde.

Jonboat Jones et Jimmy Rose nous parlent de leur nouveau disque, leur état d’esprit et la recherche vocale qui caractérise cet album et le démarque des précédents, et pourtant un album qui reste tellement « du sud ».

« Toute personne qui monte dans le van et roule avec nous devient un membre de la famille […] et nous considérons tous ceux qui nous soutiennent comme des membres de la famille. »

Radio Metal : Le titre de votre album, Way Down Yonder, évoque le fait de partir vers un lieu lointain. Quel est ce lieu lointain ?

Jonboat Jones (chant & guitare) : La chanson elle-même est une sorte de chanson fantastique qui parle de voyager dans les profondeurs du marais. Ce n’est pas nécessairement un marais, ça peut être n’importe où, loin dans les bois, juste loin de tout, où tout un tas de choses bizarres arrivent. C’est une histoire fantastique avec des sorcières, ça rappelle tous ces trucs que les gens connaissent sur ces croyances ou autres…

Jimmy Rose (guitare) : C’est un peu là où tes rêves peuvent t’emmener…

Jonboat : Ouais, si tu peux battre la sorcière à son propre jeu, elle exaucera tes souhaits ou bien tes rêves deviendront réalité, et tout ça. Nous avons repris des paroles de la chanson de Charlie Daniels “The Legend Of Wooley Swamp” et les avons un petit peu transformées. Nous l’avons fait à notre manière. C’est juste une idée. Nous étions posés, en train de boire un coup et quelqu’un a lancé : “Il faudrait qu’on fasse une chanson barrée” [petits rires], quelque chose de dingue, n’importe quoi. C’est comme ça que c’est venu. Il n’y a pas d’autre raison que le fait que ça soit amusant. Quand on l’écoute, quel que soit ce que l’on cherche, on peut l’obtenir. C’est une chanson pour tout le monde.

Dans ce nouvel album, les paroles font très souvent références à vos racines, à la maison, au fait de revenir aux sources, comme dans la chanson « Back Home Today ». A quel point votre terre natale est-elle une source d’inspiration ?

Oh, je dirais à peu près pour tout.

Jimmy : Pour tout, oui. Partir en tournée, c’est marrant, c’est excitant, mais il y a toujours ce sentiment quand tu as fini de tourner. Par exemple, là nous nous sommes bien amusé, c’est chouette de jouer pour tout le monde, mais à un moment tu te dis : « Je veux rentrer… »

Jonboat : C’est le moment. En ce moment cette chanson est en train de devenir une réalité [rires]. Etant donné ce que nous ressentons actuellement, les paroles de cette chanson veulent tout dire.

Jimmy : Nous vivons actuellement cette chanson. C’est un paradoxe : tu as envie de rester sur la route, et pourtant tu as envie de rentrer à la maison. Généralement nous rentrons à la maison et environ une semaine plus tard, c’est du style : « Allons faire les balances ! Repartons sur la route ! » [rires].

Jonboat : Ca a vraiment été inspiré par le fait d’être sur la route.

Jimmy : Et que c’est super de rentrer à la maison. Tu as besoin de partir vivre tes rêves, tu as besoin d’aller jouer de la musique, et après c’est bon de rentrer à la maison. C’est très important.

Jonboat : Ouais, il y a ces deux aspects, et nous adorons les deux. Je n’ai pas encore trouvé le juste milieu, par contre.

Jimmy : Non, c’est l’un ou l’autre [rires]. Réalité / non réalité.

Revenir à la maison, c’est aussi revenir auprès de sa famille. La biographie de votre groupe insiste sur le fait que Hogjaw est une famille. Dans ce cas, quand vous êtes en tournée, cela signifie-t-il que, d’une certaine manière, vous vous sentez toujours à la maison ?

Jonboat : C’est le cas. Toute personne qui monte dans le van et roule avec nous devient un membre de la famille, surtout avec Manny, notre tour manager. Nous sommes un groupe, nous travaillons en équipe, et nous sommes une famille. Et il y a des personnes dans plein de pays que nous considérons maintenant comme de la famille, chez qui nous pouvons loger ou à qui nous pouvons rendre visite. Ils viennent voir le concert, nous passons du temps ensemble quand nous avons un jour de libre, et nous considérons tous ceux qui nous soutiennent comme des membres de la famille. Nous avons fait un barbecue à Estepona avec nos amis en Espagne. Toute la nuit, pas de concert, cuisiner et boire, un barbecue sur la plage : ça fait réunion de famille, non ?

Jimmy : Il y a une nouvelle famille qui s’étend jusqu’en Angleterre. Ils ont pris l’avion et sont restés avec nous, donc c’était super bien. Globalement, les quatre membres du groupe sont vraiment une famille. Comme des frères. De bonnes vieilles chamailleries de frangins, de l’amour entre frangins, tous ces bons trucs.

Jonboat : C’est comme si chaque fois que nous sommes en tournée la famille s’agrandissait. C’est vraiment génial.

« J’espère que nous pouvons reconnecter les gens avec le côté simple de la vie qui est le plus appréciable, plutôt que de courir partout comme des fous tout le temps. »

Certaines chansons comme « Back Home Today » ou « Talk About Fishin’ » parlent de choses toutes simples de la vie. Pensez-vous qu’il soit important, peut-être encore davantage aujourd’hui, de ne pas oublier les plaisirs simples de la vie ? Est-ce un principe de vie que vous voulez transmettre par votre musique ?

Les deux : A cent pour cent, oui, absolument [rires].

Jonboat : C’est exactement ça.

Jimmy : Je pense que parfois la vie t’accapare et tu oublies les bons trucs, comme traîner avec les gens, que ce soient deux personnes ou tout un tas de gens. Pêcher, faire un bon repas, faire un barbecue ; il faut rester connecté à ça, et nous le gérons plutôt bien. Nous avons des vies trépidantes mais nous prenons toujours le temps de nous rappeler des bons trucs, comme la pêche. Même si nous ne pêchons plus beaucoup.

Jonboat : Pas autant que nous le voudrions. Dès que nous en avons l’occasion, nous sortons faire quelque chose comme ça. C’est la source d’inspiration pour tout. C’est l’autre versant de ce que nous faisons.

Jimmy : J’espère que c’est l’une des choses que les gens saisissent dans notre musique, dans Hogjaw, et je pense que c’est la raison pour laquelle beaucoup de gens l’aiment. Il y a des chansons très profondes, mais beaucoup parlent de redevenir terre-à-terre. Ils écoutent et sont là : « Bon sang ! » Combien de fois pendant la tournée cette année, surtout en Norvège et en Suède, des gens pêchaient, et parlaient de pêche : « Mec, j’aime tes chansons et j’aime pêcher. Il faudrait que je pêche plus souvent ! » J’espère que nous pouvons les reconnecter avec le côté simple de la vie qui est le plus appréciable, plutôt que de courir partout comme des fous tout le temps.

Jonboat : Ca n’a pas de sens de constamment faire ça. N’importe qui dans le monde peut s’y identifier. Ca fait partie du langage universel, je suppose.

Jimmy : C’est comme, je ne sais pas, boire. Qui ne boit pas un coup de temps en temps ?

Jonboat : Exactement.

Dans la chanson « To Hell With The Rest », vous chantez : « Do what you wanna do, to hell with the rest » (« Fais ce que tu dois faire, au diable le reste ». Est-ce ainsi que vous menez vos vies ?

Je dirais que oui, de plus en plus ces derniers temps. Au début quand tu démarres, tu fais ce que tu as à faire. Quand les jeunes grandissent, ils peuvent trouver un moyen de tromper le système ou peut-être qu’ils ne sont pas obligés d’écouter tout le monde en permanence, mais si tu campes sur tes positions, que tu fais juste ce dont tu as envie et que tu trouves comment le faire, ça prend tu temps mais tu seras plus heureux. Cette chanson parle de quelqu’un qui te dit comment te lancer pour faire ce que tu veux faire, et au diable le reste. Avec un peu de chance tu reçois un coup de pouce et ensuite tu peux faire ce que tu veux.

Jimmy : Tout n’est pas qu’une question d’argent ou autre. Avec un peu de chance les gens peuvent s’en sortir et suivre certains de leurs rêves.

Jonboat : Faites ce que vous voulez, et au diable le reste. Personne ne peut vous dire ce que vous devez faire, personne ne devrait. Il s’agit de trouver sa propre voie, d’essayer de se débarrasser des attentes que quelqu’un a peut-être placées en vous, ça ne dépend que de vous, c’est votre vie. Et non pas ce qu’on attend de vous ou ce que quelqu’un vous dit. C’est l’idée générale. Que quelqu’un vous dise cela avant que vous ne mettiez trop de temps à le découvrir par vous-mêmes. Ne perdez pas de temps, la vie est courte.

Jimmy : Le temps passe vite, bon sang !

Dans ce nouvel album, vous jouez beaucoup plus avec les harmonies vocales. Etait-ce une direction que vous vouliez prendre pour apporter de nouvelles couleurs à votre musique ?

Jonboat : Tout à fait. Tu as plutôt bien défini la chose. Je suppose que nous avons voulu expérimenter, voir comment nous sonnerions, parce que nous ne savions pas. Nous l’avons fait, et puis…

Jimmy : Ouais, ça ajoute un peu de profondeur.

Jonboat : Ca a l’air de fonctionner. C’est un peu plus difficile, mais nous ne prenons rien pour acquis, nous continuons à essayer des trucs. Je crois que c’est globalement le plan, et c’est marrant.

Jimmy : J’aime ça, j’aime travailler sur les différences. Il y a trois chanteurs dans le groupe, avec des voix qui se démarquent pas mal. Je crois qu’elles sonnent bien ensemble parce que nous sommes tous des chanteurs différents. JB est notre chanteur principal, et K et moi pouvons faire les chœurs, et certaines mélodies aussi, pour donner une particularité au groupe.

Jonboat : Et cela me permet de faire parfois une pause sur scène.

Jimmy : Ouais, c’est vrai, quand ça fait deux heures et demie qu’il chante.

Jonboat : Ça me permet de ne pas chanter sur quelques chansons, et j’en suis très content. Je joue juste de la guitare et je suis là « woo hoo ! », je me repose pendant une minute. Quand il y a quarante dates d’affilée, c’est plutôt chouette d’avoir deux petites chansons pour faire une pause.

« Ça ne dépend que de vous, c’est votre vie. […] C’est l’idée générale. Que quelqu’un vous dise cela avant que vous ne mettiez trop de temps à le découvrir par vous-mêmes. Ne perdez pas de temps, la vie est courte. »

Pour vos précédents albums, vous avez souvent évoqué le fait que vous preniez votre temps pour enregistrer. Qu’en est-il pour celui-ci ?

Disons simplement que c’était difficile à cause de ce que nous essayions de faire avec le chant, mais en même temps c’était amusant parce que nous avons peut-être composé un peu différemment pour faire de la place pour le chant. Il y avait une petite part d’apprentissage à ce niveau. Et aussi pour ne pas trop surcharger, qu’il ne se passe pas trop de choses en même temps. C’était plutôt intéressant d’essayer et de dire : « Oh, c’est un peu de trop. » Mais ça il a fallu pas mal de bouteilles de whiskey… Beaucoup de nuits à se coucher tard, pour retourner travailler tôt le matin. Mais dans l’ensemble, c’était un processus qui n’a pas tellement changé au fil des albums, hormis pour le fait que nous essayions de faire quelque chose avec les voix et comprendre comment le faire.

Jimmy : Ouais, je ne pense pas que c’était difficile, du genre stressant ou autre. Nous avons choisi une approche différente, dans le sens où… Nous sommes des guitaristes, c’est notre première priorité, notre truc c’est les riffs. Parfois, dans la composition, nous adorons tellement les guitares, et puis lui et moi apportons nos plans de gratte, et c’est dur de les mettre de côté pour le chant.

Jonboat : « Il y a trop de choses, il faut en enlever. »

Jimmy : Ouais, du genre : « Mais mec, j’ai écrit ce riff ! » Généralement il finit dans une autre chanson. Tu le glisses un peu plus tard : « Tu te souviens de ce riff ? » Mais cette fois nous nous sommes vraiment concentrés sur les mélodies vocales et les refrains, et nous avons un peu fait du ménage dans les guitares par rapport aux anciens albums. Cet album s’est arrangé comme il fallait, entre la place des guitares et celle du chant. Donc ça s’est passé plutôt facilement.

Jonboat : Nous avons retenu nos jeux. Tous. La batterie était un peu plus douce, avec des sonorités plus boisées. C’est un peu un essai, pour voir comment ça sonne.

Vous avez expliqué que pour enregistrer, votre approche consistait à « utiliser des sons plus clairs et offrir à l’auditeur un côté plus brut et un son caractéristique des années 70 et 80 ». Qu’est-ce qui vous a mené dans cette direction ?

Je pense que nous y avons un peu répondu dans la question précédente, mais nous voulions faire du nettoyage, avoir plus de voix, donc superposer plus de voix, nous voulions baisser un peu la musique pour faire de la place. Dans les années 70 et 80, on faisait ce qui était nécessaire. Nous voulions essayer des sons plus clairs et faire un album qui sonne comme s’il venait de cette époque, plus que pour les précédents. Je suppose que quand on fait un disque, on veut toujours faire quelque chose de différent. Je ne sais pas si ça change beaucoup ou pas, mais nous avons toujours eu cette idée en tête.

Jimmy : Ouais, en gros, nous sommes des geek de la guitare, donc nous essayons toujours de nouvelles choses, tout en conservant l’intégrité de notre jeu et notre style de composition, et là, nous avons clarifié la partie guitare tout en ayant un son encore bien mordant, mais en enlevant de la distorsion au profit de sonorités plus naturelles. Je pense que nous avons discuté de cela pour permettre aux voix d’être plus tridimensionnelles dans la musique plutôt que celle-ci soit dominée par les guitares. C’était donc un bon équilibre de garder l’intégrité de notre jeu à la guitare mais en permettant aux voix de davantage s’exprimer, sans que les deux n’entrent en conflit.

Alors que certaines chansons comme « Brown Water » sonnent comme du bon vieux rock’n’roll, d’autres évoquent plus le blues avec une touche de folk, comme « North Carolina Way ». Mais vos chansons sont de plus en plus imprégnées de l’identité du groupe. Estimez-vous avoir trouvé votre son ?

Jonboat : Je crois. C’est un processus. De toute façon, je pense qu’après six disques nous avons fini par aboutir à quelque chose.

Jimmy : Nous avons toujours notre identité, mais ce qui est génial avec la musique, c’est que tu peux toujours te développer. J’espère que c’est ce que nous continuons à faire. En l’occurrence, nous pensons déjà à notre prochain album, nous avons des riffs, nous avons des idées de mélodies vocales. Nous avons notre identité, mais nous voulons aussi voir où nous pouvons aller, ce que nous pouvons faire pour rendre cela plus intéressant, tout en gardant la base de ce qu’est Hogjaw. Mais nous continuons évoluer sur cette base. Je crois que c’est ce qui rend tout ça intéressant et stimulant : composer différemment tout en gardant son intégrité.

Jonboat : Il ne faut pas changer trop et trop vite pour ne pas manquer quelque chose. Donc nous prenons vraiment notre temps. Mais nous savons ce que nous avons à faire maintenant, c’est sûr.

« Nous ne faisons pas de stades, mais nous pouvons remplir un bar ! [Petits rires] Et les barmans nous apprécient parce que nos fans picolent beaucoup [rires]. »

On vous compare souvent à des groupes comme Lynyrd Skynyrd à cause de ce rock sudiste très « roots » que vous jouez. Est-ce important de perpétuer ce genre musical ? Ou jugez-vous nécessaire de le renouveler ?

Je dirais que c’est notre principale influence. J’aime cette musique, comment elle sonne, ce qu’elle fait ressentir. Et puis c’est marrant à jouer. Nous n’essayons pas spécialement de la garder vivante ou de la faire revivre. Je ne crois pas qu’elle en ait besoin, je crois qu’il faut que plus de gens la joue, c’est tout. Parce que je veux écouter ce que les autres sont capables d’en faire aujourd’hui, quelle en serait la nouvelle version.

Jimmy : En gros, la musique est notre interprétation de nos influences au fil des années. Ce que tu créés, ce que tu joues, ce que naturellement tu as envie de jouer se base largement là-dessus. Nos influences sont vraiment brutes. Le rock’n’roll et le rock sudiste est ce qui ressort de nous, car c’est véritablement ce que nous aimons jouer. Il y a tant de bons groupes qui sont déjà… C’est comme le vinyle, ça revient, et toutes les histoires racontées par le rock sudiste… C’est ce que j’ai toujours adoré : les histoires, elles sont simples.

Jonboat : Tout le monde peut les écouter et en retirer quelque chose. C’est ce qui nous a attiré, aussi. Parfois c’est amusant aussi d’écrire une chanson élaborée, des trucs inventés [petits rires], mais rester terre-à-terre est le moyen le plus simple de dire les choses.

Votre premier album s’appelait Devils In The Details (Le diable dans les détails) : pensez-vous que la recherche de perfection musicale peut gâcher un album ? Préférez-vous garder une certaine spontanéité ?

La spontanéité arrive toujours… C’est une part naturelle du jeu, quand nous sommes ensemble, parce que la plupart du temps quand nous composons une chanson, ça arrive de nulle part. Ca se produit tout d’un coup. C’est comme ça que les bonnes chansons arrivent en tout cas. Pour Devil In The Details, une partie avait déjà été écrite depuis un moment, nous nous sommes réunis en tant que groupe et l’avons arrangé comme il fallait. Aujourd’hui, nous composons sur le moment ou bien nous reprenons de vieux enregistrements, du genre : « Regarde ce riff, tu t’en rappelles ? » « Je l’avais oublié ! » Donc nous ressortons des trucs du passé, ou bien… Tu sais, ça vient de partout. Je pense que c’est la meilleure façon de faire parce qu’ainsi on n’oublie rien. Parfois, quelque chose te vient à l’esprit mais si tu ne l’enregistres pas, tu l’oublies. Je ne sais pas si je réponds bien à la question mais…

Jimmy : Je pense que certaines chansons prennent beaucoup de temps alors que d’autres se font en une minute. Et puis tu écoutes… Parce que souvent, nous écrivons quelque chose, l’emportons à la maison et faisons quelques changements, et parfois on sera là : « Ouah, je ne veux rien changer, c’est super cool ! » [Rires]. Tout dépend de la chanson. Certains albums sont très intenses, ils demandent beaucoup de temps et de réflexion, et puis d’autres se font de façon très fluide, comme par magie.

Que ressentez-vous quand vous repensez à vos débuts, quand vous enregistriez des chansons dans votre garage ou que vous distribuiez Cheap Whiskey, votre premier EP, dans les concerts ? Est-ce que vous essayez de garder cette touche « do it yourself » ? Est-ce toujours possible ?

Jonboat : Nous le faisons toujours, oui. Ca a toujours été comme ça. Et je pense que ça ne changera jamais. Nous avons tout fait nous-mêmes. Nous recevons de l’aide de la part de notre label maintenant, c’est la première fois, donc c’est excitant pour nous. Mais en même temps, nous devons garder notre intégrité, et donc cette attitude « do it yourself ». Cela marche pour moi, et je sais que je parle au nom de tout le monde quand je dis ça, c’est vraiment notre truc. Nous faisons nous-mêmes les choses, c’est la règle. C’est simple.

Dans une interview en 2010 vous expliquiez que l’Arizona avait une scène musicale très active. Pouvez-vous nous en dire plus ? Pourquoi un tel dynamisme en Arizona ?

Déjà, à Phoenix, là d’où nous venons, il y a beaucoup de monde, environ huit millions d’habitants y vivent, rien que dans cette ville. Donc il y a plein de musiciens par-là, qui cherchent à faire leur trou. Vous pouvez aller n’importe où, n’importe quel soir de la semaine, et encore plus le week-end, et vous verrez des groupes faire leur truc, et il y a toujours quelque chose qui se passe quelque part. Il y a une assez grande diversité, il y a de la country et beaucoup de metal. Le metal est sûrement le genre principal par là-bas. Mais des groupes qui font ce que nous faisons, il n’y en a pas tant que ça, pas des masses, mais il y en a quelques bons qui font des choses. Et tout le monde connaît tout le monde, tout le monde soutient et essaie de venir aux concerts pour construire une communauté, c’est plutôt bien. Il faut que ça continue, que ça se développe plus encore, mais on dirait parfois que c’est cyclique : les gens veulent sortir, et puis ils ne veulent plus…

Jimmy : Ouais, il y a les bonnes années et puis il y a les années où… Tu sais…

Jonboat : Mais l’un dans l’autre, c’est bien. Nous pouvons donner un concert quand nous le voulons, les gens se pointent et c’est bon.

Peut-être que par rapport à d’autres états, en Arizona les gens ont plus l’habitude de sortir voir des concerts ?

Je pense que c’est en proportion directe avec la quantité de personnes qui vivent ici. Plus il y a d’habitants, plus il y aura de gens pour sortir et faire ce genre de chose. Maintenant, il y a un contraste parce que dans les plus petites villes beaucoup de gens sortent, parce qu’il n’y a rien à faire ! Alors que dans une grande ville, il y a beaucoup de choses à faire, donc quand tu as un groupe de personnes à chaque fois que tu fais un concert, c’est plutôt encourageant. Nous ne faisons pas de stades, mais nous pouvons remplir un bar ! [Petits rires] Et les barmans nous apprécient parce que nos fans picolent beaucoup [rires], ces soirées génèrent pas mal d’argent.

Interview réalisée en face à face le 14 novembre 2017 par Claire Vienne.
Retranscription : Julien Morel.
Traduction : Claire Vienne.

Site officiel de Hogjaw : hogjawmusic.com.

Acheter l’album Way Down Yonder.



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  • Merci de contribuer à faire connaître ce groupe excellent dans l’hexagone !
    Dommage qu’aucune radio FM ne diffuse cette musique de grande qualité …et dommage que Hogjaw ne fasse pas de date en France!

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