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Interview   

Holy Cross lance ses jetons par-delà le Rhin


Être un groupe français, faire du heavy metal et être signé sur un label allemand, voilà qui s’avère pour le moins cohérent. L’Allemagne étant une mère patrie (à l’instar de l’Angleterre) pour ce genre multi-générationnel, qui constitue le patrimoine génétique de plus d’un metalhead aujourd’hui. De fait, le rapport du public à ce style mais surtout la communauté qui le fait vivre outre-Rhin est bien plus active qu’en Hexagone. C’est donc sous la bannière Pure Steel Records que Holy Cross a sorti, début novembre, son deuxième album : Place Your Bets.

Bien qu’inspiré par les incontournables Iron Maiden, Judas Priest et autres purs représentants de la tradition heavy, Holy Cross reste un groupe ouvert à de plus vastes influences, comme nous l’avoue Loïc Chalindar, guitariste. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, la formation stéphanoise n’a encore jamais joué son heavy en terre teutonne. Holy Cross, c’est un groupe français, fier de l’être et qui ne se verrait d’ailleurs pas s’expatrier en Allemagne. Du moins, dans les circonstances actuelles. Bien que la formation soit du style à affectionner cet adage qui dit : « Marche ou crève » !

« On connaît bien l’Allemagne […] on se rend compte que le heavy metal a une place vraiment plus importante. […] Si en France il y a un public, en Allemagne c’est carrément un réseau, c’est beaucoup moins underground. »

Radio Metal : Pour commencer, est-ce que tu pourrais me faire une brève présentation du groupe ?

Loïc Chalindar (guitare) : Holy Cross est un groupe de heavy metal de Saint-Étienne. On existe depuis 2006, on a sorti une première démo en 2004, un premier album Under The Flag en 2009, et là on vient de sortir au début du mois d’octobre notre deuxième album Place Your Bets.

On doit souvent vous poser cette question mais pourquoi avoir choisi pour nom de groupe Holy Cross ? Est-ce pour affirmer une position par rapport à la religion ?

Pas du tout en fait, c’est vrai qu’on nous pose souvent cette question ! A la base c’est l’un des premiers titres qu’on avait composé il y a plusieurs années, mais ça n’a pas du tout une connotation religieuse pour nous.

Vous revendiquez pour influences des groupes tels qu’Iron Maiden, Judas Priest, ou encore Iced Earth, des groupes qui s’inscrivent dans la plus pure tradition heavy metal. Est-ce votre ambition de véhiculer un hommage à cette période que l’on peut considérer comme un âge d’or ?

Oui. On écoute beaucoup d’autres choses à côté, mais c’est vrai que c’est le style de musique qui nous botte à jouer, ça se fait tout naturellement.

En 2009 vous avez sorti Under The Flag chez Pure Steel Records. Comment avez-vous fait pour sortir votre premier album chez ce label allemand ?

En fait, ils nous avaient déjà contacté pour distribuer notre démo, mais ça ne s’était pas fait au final. Lorsqu’on a composé Under The Flag, on a contacté pas mal de labels, dont Pure Steel Records qui a répondu favorablement et qui était très motivé pour bosser avec nous. Ils nous ont fait la distribution sur cet album, mais aussi sur le nouveau, Place Your Bets.

Le nom Pure Steel Records a une vraie connotation de « true heavy metal », quelque part ce doit être le label un peu parfait pour vous, non?

Oui, c’est vrai que ça a vraiment une connotation heavy metal traditionnel. Après ils ont vraiment beaucoup de groupes dans leurs cartons, et dans différents styles. C’est un label qui a pas mal d’actualité en Allemagne, qui a un bon réseau, et qui nous permet d’avoir une bonne visibilité outre-Rhin et un réseau de distribution efficace au niveau mondial.

Avez-vous eu plus de retours en Allemagne qu’en France ?

Pour le premier album, clairement oui. On a été chroniqué dans tous les gros magazines allemands, Heavy, Rock Hard, et pas mal diffusé sur leurs radios. Le label a principalement vendu en Allemagne et aux États-Unis, et beaucoup moins en France. Après on a vendu nous-mêmes pas mal de copies en France. C’est vrai que l’album a eu beaucoup plus d’impact à l’étranger.

Avez-vous eu l’occasion de faire des concerts en Allemagne ?

Bizarrement non. On avait failli faire des dates en Allemagne mais ça ne s’était pas fait finalement. C’est vrai que le label s’occupe uniquement de la distribution de l’album et pas de la partie booking. Donc non, on n’a pas encore eu cette opportunité.

« On peut faire un peu l’analogie avec tout ce qui nous entoure, l’idée de marche ou crève, où il faut se bouger le cul et se déchirer pour arriver à faire ce qu’on a envie de faire. »

Est-ce que tu penses que l’Allemagne est une terre plus propice pour recevoir votre musique que la France ?

Clairement, oui. On connaît bien l’Allemagne, on va régulièrement dans des festivals et voir notre label, on se rend compte que le heavy metal a une place vraiment plus importante, la musique rock est beaucoup plus ancrée dans les mœurs qu’en France, ce n’est pas du tout la même culture. Si en France il y a un public, en Allemagne c’est carrément un réseau, c’est beaucoup moins underground.

Dans l’hypothèse où vous pourriez vivre de votre musique là-bas, envisageriez-vous de quitter la France ?

Comme on n’est pas dans ce cas là actuellement, ce n’est pas dans les projets du groupe. J’aurais tendance à dire que non, on est français, et on est fiers d’être français, on restera en France. Après, aller faire des concerts un petit peu partout en Europe, ça nous dit, mais je ne pense pas qu’on s’expatrierait… Après peut-être que ça changerait si la situation n’était pas la même.

Sur la pochette de votre deuxième album Place Your Bets, on peut voir un homme en sueur jouer au poker, est-ce un moyen de représenter le pari risqué de se lancer dans la musique ?

On peut en faire l’analogie oui, mais ce n’était pas l’idée. La pochette de l’album met en scène un mec criblé de dettes, qui doit élever ses gamins seul, et qui va au casino avec sa dernière paie en espérant résoudre ses problèmes. On peut faire un peu l’analogie avec tout ce qui nous entoure, l’idée de marche ou crève, où il faut se bouger le cul et se déchirer pour arriver à faire ce qu’on a envie de faire.

Est-ce un sujet qui vous a touché personnellement ?

A moindre échelle, mais oui. On a déjà rencontré ce genre de difficulté, c’est aussi lié à une observation de ce qui peut se passer dans notre entourage. C’est naturellement qu’on est arrivé à traiter ce sujet.

Très bien, c’est tout pour nous, une dernière chose à rajouter ?

A tous vos auditeurs je recommande vivement d’écouter Battalion, un excellent groupe de thrash suisse avec qui on a pas mal joué. A part ça, on sera bien évidement là en 2014 pour faire un maximum de concerts et on vous tiendra informés de tout ça !

Interview réalisée par téléphone le 4 novembre 2013 par Metal’O Phil.
Retranscription : Le Phasme.
Introduction : Alastor.

Site internet officiel de Holy Cross : www.holycross.com

Album Place Your Bets, sorti le 5 novembre 2013 chez Pure Steel Records.



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  • Ce groupe heavy metal tradi semble très intéressant, la France n’a pas vraiment de culture mainstream, rock ou métal, le rock, c’est jauny, le hard rock, c’est Trust point barre. Après,c’est le néant.

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