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Révélation High Hopes   

Howard : révélation High Hopes


Nombreux sont celles et ceux qui ont voulu s’aventurer dans l’univers du rock psychédélique, dont la rythmique et les mélodies à la fois planantes et envoûtantes ne laissent jamais les fans du genre insensibles. Et pourtant, bon nombre d’artistes n’ont su définir leur propre style car, à travers les solos instrumentaux tortueux qui sont en somme la base de ce genre, il ne faut pas tomber dans la caricature, ni l’effet copier-coller des légendes que peuvent être The Doors, Pink Floyd ou encore Iron Butterfly.

C’est dans ce registre que le trio parisien Howard pose ses valises pour nous plonger dans un microcosme musical rempli d’électricité. Obstacle, sorti en mars de cette année, est un album que l’on pourrait qualifier de psyché-stoner. Il est jusqu’au-boutiste et généreux.

Ce qui est frappant, à l’écoute de ce disque, est le mélange subtil des différents instruments. L’auditeur peut sentir que le groupe est très pointilleux dans sa composition car le rendu est particulièrement riche et travaillé. Au menu : une basse jouée au clavier, de l’orgue, une batterie puissante et de la guitare électrique sacrément… électrisante ! Les deux premiers éléments évoqués apportent un vrai plus dans l’univers musical d’Howard. Ce dernier est dosé de manière que chaque membre ait la possibilité de s’exprimer. Le tout avec une batterie lourde et percutante sonnant parfois tel un pouls. Le morceau « God Is Dead » en est l’exemple. En ce qui concerne le jeu de la guitare, celui-ci est ruisselant de fuzz ! Jeu caractéristique des années 70, il est simple et bordé de distorsion. Jubilatoire !

Pour qu’un groupe d’heavy stoner puisse se démarquer dans sa catégorie, il doit être porté par un chant inspirant. Howard a trouvé, par le biais de son chanteur, sa marque de fabrique. Parfois criard, comme si sa vie en dépendait, il n’est ni trop présent ni trop absent. C’est là même où l’intelligence de la composition entre en jeu. Cela ne surjoue pas et sonne juste. La communion entre les divers instruments et les partitions de chant est à la fois totale et séduisante. « Features », dernier morceau de l’album, est un parfait modèle de symbiose. Ainsi, le trio bénéficie dans son propre univers d’un chant puissant et charismatique, qui donne à Obstacle toute sa légitimité.

Le trio parisien a su tirer le meilleur de ses inspirations en créant un monde (original) où l’auditeur prend plaisir à se balader dans ce voyage vintage réussi.

Nous avons échangé avec le trio sur tout ceci :

« Durant l’enregistrement du disque, notre but était ne pas être tous sur le même spectre sonore, qu’il n’y ait pas trop d’infos au même moment pour que ce soit lisible. Nous aimons tous les trois le beau son : c’est pour cela que nous avons choisi de bosser avec un studio de qualité et notamment avec Arthur Gouret, qui est un mec terrible. Nous faisons beaucoup de recherche sonore chacun de notre côté sur des instruments, des bruits ou des trucs comme ça. Cet attrait pour les ondes se ressent peut-être dans le résultat. Le fait d’avoir un projet est un moteur pour développer ou trouver des nouvelles idées et tenter d’innover. Cela donne un cadre et cela permet de les mettre en pratique, de s’exprimer à travers la musique assez simplement.

En mix, tu es toujours un peu obligé d’avoir une référence. Comme l’oreille est un organe qui s’habitue vachement, et qui compense les défauts de ce qu’elle entend, si tu écoutes une source qui n’a pas du tout de bas, ton oreille va recréer ce bas parce que sinon cela sera trop désagréable. Du coup, en tant que musicien, tu es obligé de passer tout le temps d’un mix de référence à ton mix à toi pour vérifier ce qui se passe. Et sur ce sujet, nous avons laissé notre ingé le choisir. Parce que c’est lui qui a besoin de ces repères en fonction de la pièce dans laquelle il mixe et du matériel qu’il a avec lui. Après, il est certain que, dans l’esthétique sonore, nous avons, de base, davantage envie de quelque chose d’assez propre comme Queens Of The Stone Age, par exemple. Car ils n’ont pas un son très violent, mais il est très propre, assez organique avec un vrai impact. C’est aussi quelque chose qui nous intéresse beaucoup : avoir de bonnes références comme choix de production. Des gars comme All Them Witches, par exemple, qui s’intéressent vraiment à une grosse esthétique de son.

Concernant notre dynamique en live, l’oreille et l’œil sont liés. Donc, si tu es dans une ambiance de live, que tu vois des gens bouger avec des lumières, etc., à la limite, même si tu passes le disque et que tu fais du playback, tu auras l’impression qu’il y a plus d’énergie. À partir de là, c’est évident qu’il y a moins d’énergie sur un album qu’en live… moins d’énergie physique en tout cas. Après, dans la musique, nos morceaux sont assez écrits. En live, il y a quelques parties que nous improvisons mais ça reste assez carré. Nous prenons des libertés, mais ça ne part pas en jam cosmique de vingt minutes. Nous bougeons beaucoup par contre. Je pense que c’est ça qui donne cette impression. En live, nous bougeons beaucoup et sur le disque, on ne le voit pas.

Côté musique, nous restons aussi dans des formats qui sont plutôt type chansons. Un morceau d’Howard fait en moyenne entre quatre minutes trente et cinq minutes. Du coup, c’est un format chanson rock assez classique. Et nous sommes quand même vachement attachés depuis le début à avoir de bonnes mélodies et des thèmes qui reviennent. Et c’est vrai qu’en cela, nous ne sommes pas très stoner puisque le stoner part vachement des riffs répétés pendant super longtemps et ça, les « bobos des Inrocks » [rires], ce n’est pas forcément trop leur came ! Nous avons des riffs qui, en termes d’écriture, sont assez semblables, mais qui durent moins longtemps et qui s’inscrivent plus dans des formats chanson. Cela vient aussi de nos influences. Nous écoutons plein de trucs différents. Nous écoutons, bien sûr, du rock, du metal et du stoner, mais nous écoutons aussi de la pop, de l’électro, du jazz et des trucs expérimentaux, toute proportion gardée [rires]. Du coup, cela se ressent aussi dans notre manière d’écrire : nous ne reproduisons pas juste un style que nous écoutons. C’est un mélange de plusieurs choses.

Dès le début, nous voulions être un trio. Il y a vraiment un flux tendu dans le trio où tout le monde doit jouer en même temps à peu près tout le temps. Nous trouvions cela intéressant parce qu’il n’y a pas ce truc où pendant le live, d’un seul coup, tu vas avoir seize mesures où tu ne fais rien. C’est un choix qui a été aussi pratique : il faut que tout le monde soit disponible pour le projet, pour passer du temps ensemble, pour se réunir, etc. À trois, c’est quand même plus facile qu’à cinq ou six. Par exemple, pour partir en tournée, la taille du véhicule n’est pas la même. Ça a joué pas mal pour ça. Et aussi pour le travail musical à proprement parler : à partir du moment où il y a plus de trois personnes, tu peux discuter deux par deux et avancer moins vite alors qu’à trois, tu discutes toujours à trois et ça permet de toujours avancer, toujours être dans le truc. »

Line-up :

JM Canoville – guitare/chant
Raphaël Jeandenand – orgue/bass moog/thérémine
Tom Karren – batterie

Clip de la chanson « Quicklime » :

Vous pouvez suivre le groupe sur Facebook, YouTube, Bandcamp, Twitter et Instagram.

Article : Antoine Patteyn
Interview : Amaury Blanc



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