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Metalanalyse   

Howl met désormais du doom dans son metal et non plus l’inverse


Il est de ces artistes qui possèdent une culture musicale et des envies en constante évolution, au point de dédier un album ou une période du groupe à un style qu’ils affectionnent à ce moment-là. Vincent Hausman, guitariste et chanteur de Howl, est de ceux-là, à n’en pas douter.

Pour ceux qui auraient cru que Howl était un simple groupe de doom aux rythmes lents et au son crasseux, la claque s’annonce majeure. Car après avoir sorti un EP et un premier album Doom/Sludge, comme le dit lui-même Hausman dans une récente interview, c’est cette fois-ci « un album de metal influencé par le doom plutôt que l’inverse ». Bloodlines montre un groupe qui a bien trop d’influences diverses dans le metal pour s’enfermer dans un sous-genre et surtout des caractéristiques de puissance qui le mettent à quelques lieux d’A Pale Horse Named Death ou de Royal Thunder quant à leur approche.

Vincent Hausman est issu d’une double culture américano-hollandaise (il possède la double nationalité) qu’il fait suinter de diverses manières dans son univers musical. Si l’atmosphère enfumée d’un rade cradingue amstellodamois ressort dans les tribulations inquiétantes de Full Of Hell (2010), quand le frontman accompagné de ses deux autres guitaristes décide d’attaquer les débats par le versant metal, c’est toute une culture du riff et de la puissance metal nord-américaine qui ressort. Tombé petit dans Ozzy Osbourne, ayant eu le déclic musical avec Sick Of It All et démarré sa carrière dans le black metal, c’est donc plutôt naturellement que Hausman évolue dans une sphère plutôt violente avec ce second album. Et en ayant fait appel au producteur plutôt estampillé hardcore Zeuss (Terror, Hatebreed, Municipal Waste, etc.), la mutation vers une créature aux ailes métalliques en acier trempé s’opère de la plus aisée des manières.

Est-ce la fréquentation de leur collègues de Black Tusk en tournée qui a pu les pousser ainsi à mettre un tigre dans leur moteur ? La métamorphose est en tout cas cinglante. Le sludge est toujours pratiqué mais cette fois-ci empreint de tellement de références métalliques qu’on s’y perd en comparaisons et inspirations diverses. Il y a bien sûr du Slayer dans ces riffs souvent Thrash, du Testament dans ces couplets de guitares à la fois tranchants et mélodiques, mais surtout une volonté de faire cohabiter un maximum de sensations en seulement dix titres qui emmènent l’auditeur au travers d’un voyage riche dans la planète Metal et plutôt moderne malgré un ensemble d’influences plutôt anciennes. Des propos parfois bruts et abrasifs aux limites du metalcore contrebalancés par des mélodies de guitares intenses et des contre-temps rythmiques et des hymnes vocaux malsains… « One Last Nail » caractérise à lui seul parfaitement cet état d’esprit et se place de manière diamétralement opposée aux tempos lents antérieurs du groupe.

Mais Howl sait toujours faire dans le doom (« Down So Low », « With A Blade ») et essaie de faire peur à son auditoire par de nombreux procédés artistiques : d’une voix et de blasts de batterie allant parfois franchement vers le black metal (« Your Hell Begins »), on erre tout le temps dans une ambiance et un lexique démoniaque jusqu’à l’artwork sanguinolent et évocateur. A l’inverse de Ghost où la voix vient distiller un message théâtral sataniste de manière plutôt douce et aiguë, la tonalité se veut ici volontairement sombre et grave. Howl effraie mais plaque aussi à terre avec des breaks casseurs de cervicales et des grooves Black’n Roll (« With A Blade ») qui emmènent le groupe vers un terrain énergique inconnu jusqu’ici. Dans le catalogue Relapse, la place est toute trouvée entre Mastodon et High On Fire, Howl possédant un certain sens mélodique du premier groupe cité, et un univers vocal parfois proche du second.

Si Bloodlines est bien évidemment un album ayant des origines heavy dans son essence même (les références directes aux maîtres du genre se retrouvent ici et là, comme l’intro très Iron Maiden de « Of War »), avec des racines doom qui s’entendent encore, l’ensemble sonne plutôt death et thrash, ce qui est la différence majeure avec les sombres litanies « Jezebel » ou l’instrumental « Asherah » qu’on voyait plutôt emprunté à Black Sabbath, deux titres qui figuraient dans le précédent Full Of Hell. Howl finalement présente des éléments d’écriture et de composition proches de Full Of Hell, mais la production puissante, le son très moderne et la double-pédale quasi hardcore changent profondément le rendu et l’écoute. Howl a pris un sacré virage métallique, enrichi sa palette d’attributs conséquents pour mettre en avant la face destructrice de son sludge. Vincent Hausman avait pourtant annoncé la couleur: « Je ne veux pas faire deux fois le même album. » A défaut d’avoir versé dans la répétition, Howl possède en tout cas la faculté de surprendre.

Album Bloodlines, sorti le 29 avril 2013 chez Relapse Records.



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