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Nouvelles Du Front   

Hydrogyn rejette la femme au ras du sol


L’exploitation de l’image de la femme dans le metal, et notamment sur les pochettes d’album, voilà un sujet qui mériterait un dossier large et approfondi. Car ce sujet, rangé bien souvent (et parfois par fainéantise) au rayon « folklore » – comme le satanisme, le sang et toute l’imagerie horrifique, le cuir, les clous, les décibels, etc. – montre néanmoins qu’on se satisfait pleinement de cette hyper-sexualisation du corps féminin, et seulement féminin (défi du jour : apporter ne serait-ce que le quart du nombre de pochettes d’albums de rock/metal montrant des femmes dans des situations et postures érotiques, avec des hommes dans le même état), dans le but de titiller le cerveau d’adolescent (situé sous la ceinture) du fan de metal mâle maintenu dans un état de jeunesse intellectuelle permanente qui, ainsi stimuler, se secouera (à défaut d’autre chose) le porte-monnaie chez le disquaire.

En résulte parfois (pour ne pas dire trop souvent) la difficulté pour des femmes dans le metal – qu’elles soient sur le devant de la scène (musiciennes) ou même en coulisses (managers, techniciennes…) – de se faire reconnaître pour leur travail et leur talent, sans avoir droit à un « c’est pas mal pour des nénettes » (pour les réactions les plus polies) ou sans se faire refouler à l’entrée pour avoir été confondue avec une groupie (cf. l’histoire de Sean Yseult). Et ce n’est malheureusement pas l’œuvre d’un groupe comme Hydrogyn qui va permettre un progrès de ce côté là.

Hydrogyn, ou le groupe qui ne cache pas ses principaux atouts. Si l’on peut au moins reconnaître que ces Américains font un hard rock honnête (c’est-à-dire pas foncièrement désagréable, sans casser des briques), il faut aussi bien admettre qu’il n’a pas grand-chose de spécial à proposer à son public (qui pourrait aller voir ailleurs pour la même came) autre que sa chanteuse Julie Westlake et sa plastique avantageuse. Celle-ci est sans doute très à l’aise avec son corps et l’image qu’elle renvoie. Depuis le premier album, Bombshell, en 2006 (où on la voit dans une position parfaitement naturelle, surtout pour tenir dans le carré d’une pochette CD), on ne voit qu’elle – et ses seins – à chaque nouvelle sortie. Une constante seulement interrompue l’an dernier avec Private Sessions, en usant tout de même du thème du voyeurisme. Comme c’est ironique…

Mais voilà le groupe de retour avec un EP, Break The Chains, qui sortira en janvier prochain (ci-dessous le clip pour un premier extrait de cet EP), et en voyant sa pochette (qui illustre cet article), il est à se demander si ce n’est pas, là aussi, de l’ironie. Analysons la : une femme, Julie Westlake, nue, enchaînée (la plus grosse portion de la chaîne enroulée autour de son cou), échevelée, couchée sur un drap qu’on croit aussi propre que la vieille couverture à côté d’elle, à même le sol – un sol poussiéreux et couvert d’autres saletés, fait de vieille planches disjointes. On croirait voir l’ « heureuse » victime d’un maniaque qui l’aurait jetée là, dans une bâtisse abandonnée.

Là encore, Julie Westlake peut bien avoir et évoquer tous les fantasmes qu’elle veut, libre à elle. Elle peut continuer à jouer avec la libido de ses fans. On pourra continuer à jouer le jeu, nous amuser à relayer ces images pour, nous aussi, chatouiller la rétine de ceux qui se laissent encore séduire par les pages lingerie de La Redoute. Ce qui ne nous empêche pas encore de nous interroger sur le cas Hydrogyn.

Mais cette fois, la question est : avec une pochette comme celle de Break The Chains, les femmes dans le metal, musiciennes et fans inclues, qui ont très probablement eu leur part d’avoir été considérées que comme décoratives, et qui sont avant tout des femmes, vont-elle remercier Julie Westlake pour ce qu’elle fait ?



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Aucun Commentaire

  • Sinon y a Manowar. Y a du corps dénudé, de la poitrine opulente et pourtant ça rend pas pareil

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    Gwen

    Toujours ce trait d’humour qui te caractérise mon papy :P

    Thorwald
  • Heuresement on

    [Reply]

  • voici un article inintéressant…. ou les ont peut voir les chanteuses dans des positions naturel et sur scène.
    http://www.listal.com/list/hot-female-rockers

    [Reply]

  • Tres bon article c’est vrai que les femmes sont bien trop souvent mal considerer dans le monde metal et c’est bein dommage

    [Reply]

  • Bon article mais…

    qui proposait des photos de filles metaleuses chaque mois sur son site ? Et dans quel but autre que de les admirer ?

    Auriez-vous posté une photo d’une de ces nanas (pas forcement taillée comme une déesse) en train de faire un geste du quotidien ? Non, elles prennent la pose rebelle (et souvent provocante, puisque le cliché est : provocation = sexualité /sensualité exacerbé, du genre « mattez-moi je suis libérée et super-trop-dark »)sous prétexte d’esthétisme, de je ne sais quelle poésie visuelle…

    On aura beau faire, les femmes sont sur les pochettes et sur les photos pour exciter les hommes, c’est comme ça. Arrêtons de vouloir un monde meilleur pour les femmes où elles seront surtout remarquez pour leur talent, qualité ou autre. Ce monde là ne peut pas avoir lieu, car vous êtes des hommes qui – même si certains essayent de voler au dessus de la foule – seront toujours plus fasciné de prime à bord par le corps nu d’une femme que ce qu’elle est entièrement.

    Combien de mecs croisés en concert et bars métal étaient là comme en chaleur parce qu’ils avaient croisé le tirage gagnant : cheveux longs/brune/peau blanche/super-bonne.

    D’ailleurs, histoire de creuser dans le cliché, combien de ces mecs prennent la pose du viking qui aime la bière et les blagues bien grasses, quitte à se faire passer plus con qu’il n’est pour faire rire les copains, ou à jouer le ténébreux inaccessible au cœur brisé pour baiser des filles ?

    On peut aller loin dans les clichés. Le métal se croit peut-être rebelle mais il répond exactement à ses propres clichés et le public manque singulièrement de personnalité. Julie Westlake est là un loup qui obtient ce qu’elle veut : l’attention, et certain baveront comme des chiens… Dommage qu’elle n’est pas compris que la fascination des gens mène à l’isolement. Dorénavant, je ne suis pas sûr qu’elle se fera aimer de quelqu’un pour elle-même, mais sans doute son image.

    En tant que femme, je m’en branle de cette fille, je ne la remercie pas, elle m’intéresse tout simplement pas. Elle ne fait que jouer le jeu, tant pis pour elle et pour nous. S’en plaindre n’y changera rien.

    Je ne veux pas être mauvaise avec l’auteur de ce texte, c’était une belle intention de départ, mais cet article va rejoindre la pile des autres articles qui n’apaisent que la conscience des hommes.

    Le vie est entre chien et loup, que l’on soit homme ou femme, peut importe. Et mieux vaut maintenant être loup, quelque soit comment on s’y prend.

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    Al

    Tu as tout à fait compris mon point de vue, disons aussi que je parlais d’une manière générale, elle obtient ce qu’elle veut par la provocation, quitte à se poser en une victime alors qu’elle sait très bien ce qu’elle fait. Je dirais pas qu’elle suit le mouvement, je dirais qu’elle manipule…

    Chloé

    Je suis d’accord avec toi sur pas mal de points (sur le paradoxe que constitue cet article par rapport aux articles de « miss » qu’il y a sur RM, sur l’esthétique « rebelle » du metal qui est une grosse blague), même je suis peut-être juste moins pessimiste, ou disons, pas pour les mêmes raisons (je ne pense pas qu’il soit fondamentalement impossible que les femmes soient prises plus au sérieux, par contre je pense que c’est très difficile en effet parce que l’esthétique du metal repose une sorte de culte de la force, de la masculinité, de la virilité etc.)

    Cela dit, je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette histoire de loup : cette fille, sur cette pochette en tout cas, n’est même pas menaçante sexuellement, elle est complètement passive, attachée par terre. D’un point de vue marketing, et c’est sans doute de quoi tu parles, en effet c’est malin : elle est sexy ET elle est passive, comme ça elle ne risque pas de faire peur aux pauvres metalleux qui pourraient se sentir menacés par une fille trop entreprenante. Oui, c’est sans doute un bon moyen pour faire du fric, au moins pendant un temps, mais fondamentalement, là, je pense que c’est plutôt une petite brebis (qui peut peut-être se faire passer un temps pour un loup, OK) : il suffit de voir les saloperies qu’il y a sur elle dans les commentaires partout, ce qu’elle raconte en interview… Elle accepte le « système » et suit ses prescription comme un mouton. C’est un choix qui se défend, mais en tout cas je ne vois pas « d’empowerment » là-dedans, du cynisme sans doute, mais pas de la force…

  • Puisqu’on en parle, un article intéressant (en anglais) sur le sujet : http://poetry-of-subculture.blogspot.fr/2013/06/sexism-in-heavy-metal.html (j’espère qu’on a le droit de poster des liens ahah) qui met le doigt sur le côté conventionnel un peu affligeant du truc (on pourrait parler aussi du stéréotype de la « bonasse metal » qui ressemble à n’importe quelle pornstar canonique mais avec deux/trois colifichets estampillés « metal » (qui sont d’ailleurs souvent vaguement connotés BDSM, merci Rob Halford pour avoir ramené tout ça de… la scène SM gay ;) ) pour faire bonne mesure. Franchement, si j’étais un metalleux, je me sentirais vraiment pris pour un con, mais chacun son truc :p)

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    Alienkh

    Perso, je suis sincèrement contente de cette influence BDSM. Imagine si l’esthétique metal était restée aux collants flashy de Bruce Dickinson à la même époque? :<
    http://images.metalirium.com/biografie/Dickinson/bruce83-1.jpg

    Nah, c'est *très bien* en fin de compte, le metal en cuir à clous… (^.^;)

  • Très bon article, merci… Manque juste une petite lettre à la fin  » .t qui sont avant tout des femmes » :)

    [Reply]

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