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Interview   

Hypno5e : explorateur d’espaces


Le cinéma et la Bolivie, voilà deux univers dans lesquels Hypno5e a pu par le passé puiser son inspiration pour sa musique. Puis, déjà en 2016, à la sortie de son troisième album, Shores Of The Abstract Line, Emmanuel Jessua nous en parlait : « C’est quelque chose qu’on a dans la tête depuis le début du groupe, de refaire une bande originale sur un film déjà existant ou sur un film qu’on crée pour l’occasion. C’est quelque chose que l’on a envie de creuser pour le prochain projet. » Et ce projet vient désormais de voir le jour et a pour nom ALBA – Les Ombres Errantes.

Un film, un album. Deux interprétations d’une même histoire, des mêmes espaces, de la même mélancolie. Un projet singulier, insolite, nous faisant voyager, contemplatifs, et grâce auquel Emmanuel Jessua partage cette Bolivie où il a grandi et ces vastes paysages qui chez lui incarnent le manque. C’est naturellement vers le format acoustique qu’il s’est tourné avec le groupe pour la partie musicale, fusionnant pour l’occasion les deux entités Hypno5e et A Backward Glance On A Travel Road, ainsi qu’un ciné-concert pour présenter le tout sur les planches. Nous en discutons en détail ci-après.

« Je suis quelqu’un de très mélancolique et au lieu d’être coincé dans le passé et regretter, je m’en sers comme un socle, une espèce de terreau dans lequel je vais puiser pour développer et construire des choses nouvelles. »

Radio Metal : Le film a été tourné en Bolivie, où tu as grandi. L’idée était de mettre en scène un homme contemplant la perte éternelle de son enfance. Souffres-tu au quotidien du fait que tu t’éloignes de plus en plus de ton enfance ?

Emmanuel Jessua (chant & guitare) : Personnellement, ce n’est pas vraiment un attachement à l’enfance mais plus aux lieux que je traverse dans le film. C’est plus l’espèce d’état que me procurent ces endroits-là où j’ai pu grandir. Donc forcément c’est lié à l’enfance et j’y ai un attachement parce que j’ai grandi là-bas et parce que c’est là-bas que je me suis construit, que j’ai eu envie de faire de la musique, que j’ai commencé à donner une importance aux espaces, au côté très esthétisant que peuvent avoir ces endroits. Mais ce sont des choses que j’essaie de renouveler constamment en les exploitant, les replaçant et les reconstruisant différemment. C’est aussi pour ça que j’ai fait ce film : pour évacuer cette espèce de mélancolie, pas forcément très sensée, que j’avais par rapport à ce pays et me détacher de ce manque que j’avais autour de ce que j’ai vécu là-bas. J’ai voulu y aller pour y construire quelque chose de nouveau qui était plus de l’ordre du présent, qui m’inscrivait plus dans le temps présent que dans ce passé. Après, le personnage a beaucoup de choses de moi mais son histoire lui est propre ; ce qu’il y a de moi, c’est plus cette quête de quelque chose qui a été et qui ne sera plus jamais, mais qu’il essaye quand-même de renouveler en y retournant.

La mémoire, les souvenirs sont des thèmes qui ont toujours été présents dans Hypno5e, tu nous en parlais déjà un peu dans notre précédente interview en 2016. Pourquoi ? Quel est ton rapport au passé, à l’Histoire et à ton histoire ? Qu’est-ce qui fait que les souvenirs soient un thème aussi présent ?

Tout ce que je véhicule et qui me pousse à créer des choses, composer ou mettre en image des choses, c’est toujours lié au sentiment de ne plus pouvoir retrouver des états, des lieux, des espaces qui font partie intégrante de ma personnalité, qui m’ont forgé. C’est cette espèce de mélancolie qui se renouvelle sans cesse, qui est un peu mon vecteur de création et qui repose toujours essentiellement sur cet espèce de sentiment de nostalgie pour débloquer une mélodie, une écriture, etc. Je suis quelqu’un de très mélancolique et au lieu d’être coincé dans le passé et regretter, je m’en sers comme un socle, une espèce de terreau dans lequel je vais puiser pour développer et construire des choses nouvelles. C’est vraiment le point de départ systématique de toutes les compositions d’Hypno5e ainsi que de ce film. J’essaye de reproduire ce sentiment, que ce soit à l’image ou via des notes, et de combler une espèce de manque, quelque chose qui a disparu, quelque chose qui a été et qui ne sera plus. Donc c’est toujours un peu le point de départ des créations, forcément ça se retrouve dans les thématiques, notamment celle très présente, encore plus incarné dans le film que dans les albums, de cette errance, ce personnage qui est toujours à courir après les fantômes du passé, toujours à la recherche d’une terre, d’un passé qui est définitivement perdu, et qui s’acharne à essayer de le faire revivre comme il peut.

Tu travailles beaucoup sur les paysages, c’était déjà le cas dans le disque précédent. Dirais-tu que les paysages sont le meilleur déclencheur de cette mélancolie, des souvenirs, etc. ?

Je ne sais pas si c’est le meilleur déclencheur, mais en tout cas, ce sont souvent des espaces qui sont des espaces vides, assez rudes, assez arides, comme ceux de la Bolivie, et qui du coup laissent place à une espèce d’absence. C’est presque ce qui n’est pas présent dans l’espace qui m’intéresse le plus. Effectivement, il y a un espace, mais tout ce vide qui l’habite, pour moi, crée cette mélancolie-là. Donc le point de départ c’est toujours des terrains de jeu où tout est possible, tout est envisageable, on peut développer n’importe quel type d’imaginaire. Donc oui, effectivement, que ce soit même pour les images, ça raconte toujours une sorte d’absence. Surtout les paysages de Bolivie où c’est très chargé, parce que c’est très dur comme paysage, ce sont de vastes déserts, des plaines énormes sans rien, donc ça nourrit l’imaginaire, et oui, c’est souvent un point de départ.

Le film met donc l’accent sur les paysages de la Bolivie. Que voulais-tu exprimer à travers leur mise en valeur dans le film ?

Effectivement, les paysages de Bolivie sont presque le personnage principal du film. Comme on disait juste avant, ce sont des espaces qui ont toujours été des points de départ, qui ont toujours été un peu présent dans les albums d’Hypno5e ou dans mon imaginaire à moi, en tant que personne et en tant que compositeur. Je sais que j’avais envie de mettre en lumière et rendre palpable cette espèce de manque, de tristesse et de mélancolie, de l’incarner dans quelque chose de concret pour aussi, moi, quelque part, pas en faire le deuil mais le nommer. Du coup, j’ai commencé à écrire un scénario qui n’était pas forcément celui que vous, vous avez pu voir, parce que le film final s’est un peu éloigné du scénario de base. Le film est vraiment le résultat de l’expérience que nous avons eue sur le plateau, en étant présent sur place, parce qu’il y a eu beaucoup de problèmes, beaucoup d’imprévus, etc. Donc il est un peu construit comme je construis les albums, c’est-à-dire que c’est une espèce de poème… Pour moi c’est un poème visuel. Plus qu’une narration, une trame dramatique à proprement dite, pour moi, c’est une espèce de poème visuel qui prend sa source dans l‘espace en question. Le personnage est plus, finalement, un prétexte pour déambuler dans ces espaces-là.

Le titre c’est ALBA – Les Ombres Errantes. Est-ce que tu as toi-même parfois le sentiment d’être une ombre errante ?

Moi ? Non, pas forcément, pas à ce point-là [petits rires], même si je peux me perdre dans des sentiers improbables parfois. J’ai l’impression de savoir à peu près où je vais ; je n’ai plus l’impression d’errer, j’ai passé le cap. A la base, Les Ombres Errantes, c’est un morceau de piano de François Couperin que j’écoutais à un moment quand j’ai commencé à écrire le film. Il y a une espèce de légende sur ces âmes qui sont condamnés à errer sans cesse tant qu’elles ne trouvent pas la paix intérieure. Ça renvoie à toutes les ombres du passé de Mickaël, le personnage du film, qui continuent à errer en lui et lui-même qui va finir par errer à la recherche de ces fantômes.

« C’est presque ce qui n’est pas présent dans l’espace qui m’intéresse le plus. Effectivement, il y a un espace, mais tout ce vide qui l’habite, pour moi, crée cette mélancolie-là. […] Le personnage est plus, finalement, un prétexte pour déambuler dans ces espaces-là. »

Le film a été produit avec un budget très réduit (22 000 euros) et une équipe de sept personnes seulement. Peux-tu nous parler des difficultés que vous avez rencontrées lors du tournage et de la masse de travail que cela a représenté ?

Le film s’est tourné en deux fois. Une première partie a été tournée en 2013 et une deuxième partie en 2014. Le financement participatif de 7000 euro a permis de financer la première partie du tournage. Nous avons retiré des choses de cette première partie mais ce n’était pas vraiment ce que nous attendions, donc je suis rentré avec l’envie de réécrire et reconstruire le film en fonction de l’expérience que nous avions eue sur ce premier tournage. J’ai pris une équipe un peu différente de celle que nous avions eue sur le premier tournage. J’ai eu la chance d’être entouré de gens avec qui j’avais déjà travaillé, comme Thibault Lamy, par exemple, qui était le membre fondateur d’Hypno5e avec moi, et des gens qui ont fait directement confiance au projet, qui sont venus travailler gratuitement, qui ont pris un mois de leur temps pour venir à l’autre bout du monde faire un film avec moi. Un film qui en plus pouvait paraître un peu abstrait pour certains en lisant le scénario ! Ensuite, j’ai pris un crédit pour financer la deuxième partie du tournage… Je pense que s’il n’y avait pas eu une équipe d’amis qui était soudée autour de ce projet, le film aurait été impossible à faire. Effectivement, nous étions cinq musiciens, moi à la caméra, un ingé son, une assistante de mise en scène et un script, plus deux acteurs et une comédienne bolivienne qui était sur place. C’est sûr que c’est peu pour un film, mais la grande idée aussi c’était justement d’être dans un environnement dépouillé, que ce soit pour le travail, etc., que nous ayons peu d’intermédiaires.

Nous nous sommes beaucoup servis du rapport au réel. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de choses qui ont été tournées en fonction de ce que le réel nous offrait, comme les séquences du carnaval, les séquences des villages où il y a les fêtes, etc. Tout ça, ce sont des choses qui nous sont, pas tombées dessus, mais que nous ne pouvions pas contrôler, donc c’est aussi le hasard des choses qui ont fait que certaines scènes sont devenues ce qu’elles sont, et c’est aussi ce qui fait, pour moi, la richesse du film. C’est pour ça aussi qu’il a été beaucoup réécrit au montage et qu’il est finalement assez loin de ce qui a été écrit à la base du scénario. Donc oui, effectivement… En fait, sur place, nous avons loué deux quatre-quatre pour se balader, parce que le film se déroule presque aux quatre coins de la Bolivie, et les routes sont compliquées en Bolivie, il y a énormément de pistes, etc. donc c’était assez lourd. Et la vraie difficulté était comment… En fait, le manque de moyens nous a aussi permis de créer notre propre langage, c’est-à-dire comment on va faire quelque chose qui demanderait surement d’avoir beaucoup plus de moyens, beaucoup plus de comédiens, etc. Comment avec ce qu’on a on arrive à le mettre en œuvre, à le faire… ? Et c’est aussi cette contrainte-là qui a fait que le film est ce qu’il est. Je pense que le film ne serait pas ce qu’il est maintenant si nous avions eu la possibilité d’être un peu plus aidés, d’avoir plus de sous, d’avoir plus de facilités. Je pense que la difficulté, la contrainte, a beaucoup participé à l’esthétique, au résultat final que nous avons réussi à avoir, et je pense que si je devais le refaire, je le referais dans les mêmes conditions. La contrainte est un bon moyen de créer un langage qui nous est propre.

Surtout que tu décris un paysage et une atmosphère plutôt rude, donc ça paraît presque logique de tourner aussi dans des conditions un peu spartiates.

Oui. Surtout qu’en plus, au final, les conditions étaient dures mais vu qu’humainement, ça fonctionnait très bien, ça n’a jamais été une contrainte, ça a toujours été une partie de plaisir, nous avons toujours fait ça hyper motivés. Ça a rendu le tournage très agréable, le fait de tourner avec des gens que nous connaissons. L’expérience humaine, aussi, de partir à l’étranger pour faire ça, les gens ne connaissaient pas la Bolivie ; moi je la connaissais mais eux ne la connaissaient pas. Donc avec tout ça, en dehors du film, nous construisions aussi une expérience amicale, une expérience humaine qui a fait qu’au fond, ce n’était pas si dur que ça. Quand je regarde en arrière, je me dis que oui, nous avons fait des trucs assez durs, assez improbables, etc. mais sur le coup, ça ne me paraissait pas si inaccessible et si compliqué, alors que ça l’était un peu.

L’acoustique, avec toutes ces sonorités, ces arpèges de guitares hispanisants, etc., colle parfaitement à l’ambiance et aux décors du film. Est-ce que c’était prévu dès le départ de faire une BO en acoustique et non en version metal ?

De toute façon, à la base, le film était vraiment un projet à part. C’est devenu un projet d’Hypno5e après coup parce qu’au départ, j’ai fait le film de mon côté seul, ce n’était pas du tout en rapport avec le groupe. J’avais fait ce projet, j’ai écrit le scénario, je suis parti faire le film, j’ai fait la première partie de la musique, qui est celle qu’on voit dans le film que vous avez reçu, tout seul, après j’ai fait le montage et j’ai laissé dormir le film pendant un an. Ça faisait un moment que nous tournions autour du pot du cinéma, de faire un ciné-concert, nous utilisons beaucoup de samples dans nos albums, etc. Et donc je me suis dit que c’était vraiment l’occasion parfaite d’aller au bout de ce concept, ce projet, en créant un album, qui n’est pas vraiment la bande originale du film, pour moi, car il a été créé après, mais plutôt une réinterprétation musicale du film. La bande originale est dans le film mais l’album c’est vraiment plus le versant musical du film. C’est comme si nous avions réinterprété le film et l’avions raconté d’une manière différente avec cet album. C’est vraiment venu après. Nous avons commencé à travailler sur l’album en mars 2017, donc deux ans après le tournage du film.

Après, c’est assez naturellement que je suis allé vers l’acoustique, le côté latin, le charango, etc. que nous avons pu développer dans les parties acoustiques d’Hypno5e et avec A Backward Glance On A Travel Road, qui est la formation acoustique d’Hypno5e, car ça me semblait assez hors propos de mettre là-dessus du metal ou une violence qui n’était pas forcément justifiée vu le côté très contemplatif du film. Il y a des moments où je me suis même interrogé sur la présence de passages plus pêchus avec la batterie, etc. que j’ai dû réécrire pendant longtemps pour trouver comment ça pouvait s’inscrire dans ce film. Donc c’était assez évident que ça devait être acoustique. Et surtout ça concordait avec l’envie que j’avais depuis un moment de faire le deuxième album de Backward. En fait, ça se serait prêté à un style de metal qui n’aurait pas été vraiment le nôtre, plus lent, moins haché, avec des tempos beaucoup plus lourds. J’aurais mal vu un album d’Hypno5e normal comme Shores sur un film comme ça.

Il y a aussi que cet album, c’est un peu la face B de Shores Of The Abstract Line, on y retrouve certains passages que nous avons mis sur Shores un peu réinterprétés. Shores a un peu ouvert la porte vers cet album, parce que nous avons utilisé des samples, dans « Tio » il y avait déjà des références Alba, etc. J’aimais bien l’idée de faire comme une interprétation acoustique de ce que nous avions développé dans Shores. Donc c’était un peu à la fois une relecture du film et une continuité de ce que nous avons pu développer sur Shores.

« La difficulté, la contrainte, a beaucoup participé à l’esthétique, au résultat final que nous avons réussi à avoir, et je pense que si je devais le refaire, je le referais dans les mêmes conditions. La contrainte est un bon moyen de créer un langage qui nous est propre. »

Du coup, pourquoi avoir choisi de sortir cet album en partie sous le nom d’Hypno5e et pas juste sous le nom de A Backward Glance On A Travel Road ?

Parce que, pour moi, cet album c’est aussi la transition pour quelque part fusionner les deux groupes. C’est à dire que Backward devient officiellement partie d’Hypno5e. C’est vraiment pour réunir au sein d’une même entité le projet. C’est pour ça que nous avons dit « Hypno5e présente A Backward Glance On A Travel Road », car nous tenions quand même à garder le projet pour Hypno5e et surtout élargir le champ des possibilités pour Hypno5e. Vu que le projet est très proche esthétiquement et au niveau de ce que nous recherchons dans la musique, je me suis dit que ce n’était pas nécessaire forcément d’avoir deux projets différents. Car nous avons un peu la même recherche, nous allons un peu vers les mêmes points, les deux groupes pour moi servent la même cause. Backward et Hypno5e, à part les outils qui changent, le fond reste le même, la composition est similaire.

Nous voulons que ce soit comme une espèce de collectif, sachant que Backward serait la partie acoustique d’Hypno5e. Et Hypno5e restera sur le versant metal comme on a fait avec Shores, etc. mais ce sera les mêmes musiciens, le même style, etc. Avec cet album nous avons donc voulu créer un pont entre les deux projets ; ainsi quand nous sortirons un album acoustique, ce sera toujours sous le nom de Backward, mais les fans sauront que ce sont les gens d’Hypno5e qui font ce projet-là. Ça crée une frontière et en même temps ça réunit un peu les projets, c’est un peu bizarre [petits rires]. Mais concrètement, pour Hypno5e ça ne change absolument rien à l’avenir. D’ailleurs, il y a effectivement beaucoup de gens qui croient que c’est un album d’Hypno5e, c’est pour ça que nous avons voulu préciser que c’était Backward : je pense que les gens ne savent pas que ce sont les mêmes musiciens et quasiment les mêmes projets.

Alors pourquoi avoir séparé les deux projets à l’origine ?

Au départ, le premier album de Backward était un album acoustique d’Hypno5e. C’est nous qui avons décidé d’en faire un projet à part entière parce que nous ne pensions pas que ça allait prendre cette tournure-là. Et peut-être par peur, vu que c’était le début du groupe Hypno5e, nous avons peut-être moins osé intégrer l’album dans la discographie du groupe. Mais là maintenant, dans l’état actuel des choses avec Hypno5e, ça m’a paru évident que ça devait se faire sous le nom d’Hypno5e et je pense aussi que les gens qui écoutent ce groupe ont une ouverture d’esprit qui dépasse le simple metal et compagnie. Donc je pense que c’était le bon moment pour vraiment fusionner le projet. Quand nous avons fait le premier album, il en a été question mais ça ne s’est pas fait, parce que pour moi ça construisait deux dynamiques différentes, alors que finalement les deux dynamiques se rejoignent. C’est la preuve avec cet album-là. Après, ça ne veut pas dire qu’avec Hypno5e nous allons faire du Backward. Ça c’est vraiment un projet parenthèse entre deux albums, une expérimentation entre Shores et le prochain album.

Ce qui est intéressant à entendre, c’est que l’album aurait presque pu être joué dans une version metal, c’est assez frappant sur des titres comme « Los Heraldos Negros » qui sonne vraiment comme un morceau de post-rock joué avec des guitares acoustiques. Penses-tu que vous pourriez, dans le futur, jouer ces titres avec un arrangement plus metal ?

Nous y avons pensé. Pour certains morceaux, en les faisant pour l’album, nous nous sommes dit que ce serait peut-être pas mal de les faire sur le prochain album en version metal. En fait, c’était un peu le même style sur le premier album, quand on écoute « Hier Régnant Désert » ou « Regular Barbary », ce sont des titres qui supporteraient très bien le passage en metal. Il faut bien sûr l’esprit de les transformer en metal mais je pense que oui, c’est faisable. Après, ce qu’on retrouve, c’est surtout la patte du groupe. En fait, je ne voulais pas d’un album acoustique qui perde en dynamique. Mon pari, pour moi, dans Backward, c’est vraiment de miser sur une puissance qui est ailleurs que dans la distorsion, dans les cris, etc., qui soit une puissance plus rythmique, plus dans la sonorité que nous allons toucher avec la guitare sèche, dans les harmonies que nous allons utiliser. Donc forcément, effectivement, on retrouve des bases metal et rock.

D’une manière générale, comment est-ce que vous composez à la base ? Est-ce que vous le faites, que ce soit pour Hypno5e ou Backward, en acoustique, ou bien avez-vous deux méthodes d’approche différentes ?

Non, j’ai à peu près les mêmes méthodes de travail. C’est-à-dire que je compose seul chez moi plein de thèmes et après, nous avons une méthode de travail assez particulière qui est que j’arrive en studio avec les morceaux non structurés. J’arrive avec un champ de possibilités, tous les éléments qui sont composés et ensuite je structure tout en studio en direct. En enregistrant je structure les morceaux, je crée les harmonies, et parfois je compose en enregistrant aussi. J’aime bien ne pas repasser derrière les morceaux, j’aime bien les construire quand on est sur la phase finale. Et c’est le même principe que ce soit avec Hypno5e ou Backward.

Ce que tu disais par rapport au pari que vous aviez avec Backward de réussir à créer de l’énergie en acoustique : est-ce que tu penses que parfois certains groupes de metal se reposent un petit peu trop sur la distorsion pour créer de l’énergie de manière un peu trop artificielle, et finalement quand on enlève cette distorsion, il n’y a plus d’énergie ?

Je pense que la violence et l’énergie est ailleurs que dans… Bien sûr il y a de l’énergie dans le son, dans une production, etc. mais je pense que la violence n’est pas forcément là où on croit dans le metal. Elle est aussi dans une dissonance, dans la manière dont deux choses vont marcher, dans la manière de mettre un silence avant une partie violente. Elle n’est pas forcément dans la purée, dans le bourrin, elle est aussi dans tout ce qui amène ce truc-là. C’est pour ça que je trouve que parfois dans Hypno5e, il y a beaucoup plus de violence et de tension dans une partie claire qui amène une partie violente que dans la partie violente elle-même. C’est tout ce qui fait le contexte de cette partie violente qui est violent. C’est pour ça que dans Backward, je pense que parfois il y a des morceaux qui peuvent être plus, pas violents au sens sonore, mais plus durs et rudes que certains passages violents dans Hypno5e.

« La violence n’est pas forcément là où on croit dans le metal. Elle est aussi dans une dissonance, dans la manière dont deux choses vont marcher, dans la manière de mettre un silence avant une partie violente. »

Sur « The Wandering Shadows » il y a un traitement particulier du son de la batterie, peux-tu nous en dire plus ?

C’est un des seuls morceaux qui a été composé il y a longtemps. Je l’avais enregistré à l’époque où je composais le deuxième album de Backward, c’est-à-dire en 2014, donc il y a très longtemps, et j’avais fait une composition que je m’étais tellement habitué à entendre que je voulais la garder telle quelle, sauf qu’au moment de l’enregistrement, je n’arrivais pas à retrouver la même atmosphère, la même ambiance. Alors du coup, sur ce morceau-là en particulier, quand nous l’avons réenregistré, il me manquait quelque chose au début et j’ai essayé de superposer cette pré-production qui était sale et mal enregistrée, en sachant très bien que le mec qui allait mixer allait me faire la gueule. En fait, c’est presque un mp3 d’une vieille pré-production d’il y a quatre ans que nous avons greffé, retravaillé et fait revenir par moments dans le morceau. Il y a donc à la fois le morceau enregistré en studio et, en sample, la pré-production que nous faisons revenir par moments quand le mix le permet. Donc la caisse claire que tu entends, c’est une caisse claire que j’ai moi-même enregistré dans mon garage avec un vieux micro pourri SM58 [petits rires]. Même si tu écoutes bien, tu entends le click sur la caisse claire. Nous avons vraiment mis ce truc-là pour essayer de retrouver la dynamique que nous avions dans cette pré-production. Parce que c’est ça aussi le problème de l’enregistrement, c’est que des fois on a quelque chose de juste et de vrai dans une pré-production quand on est en train de composer, et tu te retrouves avec cette difficulté, cette impasse à reproduire ce même état, cette même ambiance que tu avais. Donc c’est ça qu’on entend dans ce morceau.

Du coup, ça donne un sentiment très immersif : vu que c’est le même morceau mais le son change, on a un peu l’impression de se balader dans la pièce où il a été enregistré.

Oui. C’est quelque chose que j’aime bien. Même dans le premier album de Backward, nous avions fait un travail pour faire vivre l’espace sur un des morceaux notamment – je crois que c’est sur « Hier Régnant Désert » – qui se finit sur un micro lointain qui enregistre sur une vieille chaise en bois qui craque à fond. Nous n’avons gardé que le son de ce micro parce que j’aimais bien sentir la réverbération de la salle et toute la fragilité qui peut entourer l’enregistrement, ce côté pas propre. Nous ne l’avons pas fait régulièrement mais c’est quelque chose qui me plaît de faire exister tout ce qu’il y a autour de l’enregistrement. J’aime bien quand c’est un peu sale, quand ce n’est pas forcément tout lisse, tout net. Par exemple, j’aime beaucoup A Silver Mt. Zion ou Godspeed You! Black Emperor où il y a cette fragilité, ce son un peu crade, qui ne donne pas l’impression d’être travaillé, etc. Ça me parle énormément, surtout sur ce genre de projet parce que ça traduit une espèce de faiblesse, il y a un truc qui se met à nu de manière beaucoup plus évidente et frontale que si ça passait par dix-huit mille étapes de studio où tout est propre, etc. Ce n’est pas quelque chose que nous avons beaucoup développé sur nos projets mais il y a certains passages où nous l’avons intégré, oui. Il y a d’ailleurs un morceau sur lequel nous travaillons un peu aussi là-dessus sur le dernier que nous sommes en train d’enregistrer en ce-moment.

On retrouve du violon sur le dernier titre, une voix lyrique féminine sur le premier, etc. Au-delà du format acoustique, il y a de manière générale une vraie recherche sonore et d’arrangement…

Déjà, sur le premier Backward, il y avait un peu des éléments comme ça, des samples, des nappes, etc. Et depuis, j’ai fait un EP perso plus électronique où j’ai davantage exploré les possibilités qu’il y avait avec les outils électroniques, etc. Donc j’ai forcément voulu intégrer ça à cet album, mais pas forcément en le traitant de manière électronique mais en essayant d’utiliser les instruments acoustiques… Par exemple, toute l’intro de l’album, c’est une ou deux notes de guitare qui sont ultra retravaillées. Donc ça donne l’impression d’une nappe mais en fait, c’est juste un instrument acoustique que nous avons enregistré puis retravaillé à bloc. L’idée était de rester sur l’utilisation d’instruments qui sont acoustiques à la base et de les dénaturer complètement, en utilisant des effets d’inversion, etc. C’est vrai qu’il y a pas mal de choses comme ça qui sont intégrées.

Il y a aussi du violon à la fin de l’album, effectivement, qui est joué au synthé ; ce sont des plugins que j’ai retravaillés. Je crois que nous avions fait un peu la même chose avec des sons de piano sur le premier album sur « Regular Barbary ». La voix lyrique, c’est un sample de plusieurs extraits de voix mis à l’envers, re-pitchées, travaillées à partir d’un enregistrement d’un morceau de musique baroque dont je tairais le nom (je protège mes sources !). Ensuite, toutes les voix sont extraites du film. Donc les deux voix féminines qu’on entend dans l’album, c’est Paulina Oña, l’actrice Bolivienne qui joue dans le film – ce sont des extraits du film, d’ailleurs -, et Marion Guerrero, qui a fait un tout petit rôle dans le film mais qui était aussi mon assistante pendant le tournage. Les deux voix masculines, ce sont William Albors et Mickael Pinelli, les deux acteurs principaux du film. Après, sur le deuxième morceau, il y a aussi une vieille femme qui parle et un homme, ce sont des paysans, des amis, qui vivent en Bolivie. Nous avons fait une nuit avec eux où ils nous racontaient des légendes, etc. C’est samplé de cette discussion que nous avons eu avec eux.

« C’est quelque chose qui me plaît de faire exister tout ce qu’il y a autour de l’enregistrement. J’aime bien quand c’est un peu sale, quand ce n’est pas forcément tout lisse, tout net. »

Ce projet sera porté sur scène via une tournée de ciné-concerts. Comment vous préparez vous à un tel spectacle ?

C’est un tout mais ça va se diviser en deux parties. Il y a une première partie qui sera autour du film ; ce ne sera pas la version complète d’une heure vingt du film que tu as pu voir, mais une version raccourcie réadaptée un peu pour l’occasion. Le film sera diffusé et nous jouerons en direct la musique du film plus une nouvelle musique que nous sommes en train de composer pour l’occasion. Et après ça, nous allons enchaîner sur la partie deux qui sera un concert acoustique où nous allons interpréter les morceaux de l’album. La préparation, pour la partie acoustique, elle se fait à peu près comme nous faisons d’habitude, c’est-à-dire qu’en général, nous bossons souvent seuls et quand la maîtrise est là, nous nous retrouvons quelques jours pour répéter ensemble.

Après, ce qui est plus difficile, c’est surtout la partie du ciné-concert parce que le film, déjà, n’était pas forcément construit avec une musique non-stop comme ce que nous allons faire pendant le concert. Donc, comme je disais, il faudrait aussi réécrire une partition qui n’est pas celle de l’album, ni celle du film. Nous voulons habiller plus encore le film que ce qu’il ne l’est à la base, lui donner une dimension encore plus musicale pour justifier la présence des musiciens sur scène. Ce n’est pas tellement que nous recomposons une partition, c’est plus que nous développons quelque chose que nous avons composé soit sur l’album soit sur la partition du film, nous faisons des rajouts, nous réinterprétons certains thèmes, etc. Il y aura un habillage sonore plus étoffé que sur le film original.

Et aussi, c’est un exercice différent parce qu’il y a beaucoup d’improvisation et c’est un travail sur l’image. Ce n’est pas forcément quelque chose dont les musiciens ont l’habitude. Pour le moment, nous sommes encore en construction, nous n’avons pas encore passé l’épreuve du jeu ensemble, donc c’est encore de la recherche autour de l’image, autour du rythme que nous allons avoir pendant le concert. Nous allons commencer à répéter d’ici quelques jours. Mais c’est sûr que c’est un exercice tout à fait différent. C’est aussi pour ça que nous avons voulu le faire : c’est un pari, ça nous sort de notre zone de confort. En plus, le ciné-concert, c’est quelque chose que nous avons voulu faire au début déjà, nous voulions prendre des vieux films pour en faire une partition et la jouer en live. Donc j’espère que c’est un exercice que nous serons amenés à refaire.

Et vous ne comptez pas aussi sortir la BO du film ou du ciné-concert ?

Il y a une partie de la bande originale que j’ai composé qui est en interlude sur l’album, donc elle est déjà un peu présente. En dehors de ça, ça ne me paraît pas forcément justifié de la publier en tant que BO à part entière. Elle existe avec l’image, ce serait dommage de l’isoler. Pour la version du ciné-concert, peut-être que nous y penserons à l’avenir. On verra mais pour le moment ce n’est pas en projet. Il y a des choses aussi que nous allons jouer sur le ciné-concert qui sont déjà présentes dans l’album, donc ce serait faire des redites, etc. Donc ce ne serait pas forcément nécessaire.

Le paradoxe du ciné-concert est que pour que la prestation soit de qualité, il faut presque que le groupe arrive à se faire oublier. Il y avait déjà un puissant travail de lumières, jouant avec les contre-jours, etc. lors de vos concerts, dirais tu que vous avez toujours eu vocation à faire s’évader le spectateur, et que là c’est l’étape au dessus ?

Je ne sais pas si c’est l’étape au dessus, parce que c’est un peu différent, mais effectivement, la question de la disparition sur scène est importante, on a toujours voulu jouer en fond, avec des lumières, avec plus de noir et blanc si possible… Je sais que j’aime être « absent » de la scène quand nous jouons, enfin, pas tellement absent mais plus faire vivre des silhouettes, des formes, une lumière qui nous fait disparaître. Après c’est une étape supplémentaire dans le sens où nous jouons avec la vidéo depuis un moment, avec la lumière aussi, etc., donc c’est un truc que nous avons toujours envie de développer encore plus. Mais là c’est vraiment quelque chose de différent parce qu’on n’est pas dans le spectacle, là nous seront vraiment au service du film, le jeu de lumière sera au service du film aussi, donc nous nous mettons encore plus en recul que d’habitude. Nous avons l’habitude de travailler avec les images et compagnie mais les images viennent après la musique, donc elles viennent accompagner, sous-tendre, redire et appuyer des choses que la musique offre. Là, c’est à nous de servir l’objet du film et du coup de disparaître un peu derrière.

Il n’y a pas de place à l’erreur sur un tel spectacle, qu’elle soit musicale ou liée à la technique. Est-ce un challenge pour vous ?

Complètement. Nous sommes en train d’enregistrer le prochain album mais en parallèle il y a toujours cette petite pression du ciné-concert qui s’approche de plus en plus qui est là. La technique, ça ne m’inquiète pas tant que ça, c’est plus nous, notre présence sur le plateau… Parce que, comme je disais, nous allons laisser pas mal de place à l’improvisation, donc il faut que nous nous familiarisions avec l’objet du film, il faut gérer l’espace devant l’écran… C’est un exercice qu’aucun de nous n’a fait avant, donc forcément ça peut être un peu angoissant par moment, mais nous allons y arriver sans problèmes, ça ira très bien ! [Petits rires]

Tu as mentionné le fait que vous allez laisser de la place à l’improvisation, ce qui peut paraître étonnant. Car, vu qu’il y a un film en arrière-plan, on pourrait s’imaginer qu’au contraire ce serait très cadré…

Ce sera cadré dans le rythme, dans la structure, dans les tempos, etc. mais à l’intérieur de ça, il y a des moments où moi aussi je vais intervenir seul, pas forcément avec tous les musiciens. C’est une improvisation qui sera un peu écrite en amont, bien sûr, structurée sur la base du film, mais à l’intérieur, il y a des espaces de tant de temps, tant de mesures, pour aller ailleurs ; la base musicale reste la même mais à l’intérieur on peut naviguer. C’est une improvisation légère, c’est plus du ressenti sur le live. Mais nous voulons que ce qui se passe sur le plateau vive autant que ce qui se passe dans le film. Enfin, forcément, nous serons plus effacés car c’est le film qui sera en mis en avant, mais nous essayons de faire exister le temps du plateau et la musique pour ne pas que ce soit juste une partition que nous lisons, car autrement, autant l’enregistrer et la laisser tourner avec le film. Il y aura d’ailleurs surement des invités, des gens du film qui seront sur scène. Il y aura quelque chose de plus qui se passera sur le plateau pendant le film.

« [Le prochain album] est plus nerveux, plus violent qu’avant. […] C’est aussi pour ne pas que les gens croient que nous allons nous endormir sur l’acoustique [rires], avec deux fois plus d’énergie juste après. »

Après, quand je dis « improvisation », c’est que nous sommes encore en recherche, en écriture autour de ce que nous allons jouer. Ce sont peut-être aussi des choses qui vont s’écrire en répétition et que nous allons après reproduire à chaque date. Mais pour le moment, nous partons sur cette idée d’improvisation. Par exemple, j’ai l’habitude de travailler au théâtre. J’ai une partition qui est écrite mais je me cale en fonction de ce qui se joue sur le plateau ; après, c’est du théâtre, donc c’est plus vivant, mais j’aime bien avoir cet espace de liberté dans lequel je peux digresser et aller ailleurs si nécessaire, tout en gardant une rigueur sur la temporalité et la structure.

Vous en faites déjà dans vos concerts normaux de l’improvisation ?

Non, justement. Dans les concerts normaux, il n’y a vraiment aucune improvisation. Peut-être à l’époque où nous jouions avec Backward il avait plus d’improvisation sur les introductions et ce genre de chose. Mais avec Hypno5e, non, il n’y a aucune place pour l’improvisation, tout est calé à l’avance au millimètre près. Quand nous lançons le set, à la minute où nous montons sur le plateau, ça ne s’arrête jamais jusqu’à la fin. Donc là, ce sera l’occasion, pendant le film ce sera un espace où nous pourrons nous permettre ça. D’autant plus vu la nature du film qui est assez contemplatif, il a un rythme un peu lent, poétique, donc ça s’y prête.

Tu parlais de l’idée que vous aviez eu de faire une partition pour des vieux films afin de faire des ciné-concerts. Est-ce que c’est une idée que vous avez toujours en tête ? Et si oui, quel serait le film que tu aimerais faire en priorité ?

C’est quelque chose que nous avions voulu faire à l’époque du premier album Des Deux L’une Est L’Autre. Nous voulions faire ça sur La Coquille Et Le Clergyman, un court métrage d’après un scénario d’Antonin Artaud. Du coup, nous avons utilisé beaucoup de samples d’Artaud sur cet album. Mais maintenant que j’ai réalisé ce film, je pense que j’aurais plus de mal à revenir vers un autre film. Enfin, je ne sais pas. Je sais que là, ce qui est intéressant pour nous c’est que le film, c’est notre film, nous n’avons pas à nous greffer sur quelque chose de déjà existant. Donc l’exercice m’intéresse peut-être moins maintenant.

Tu disais que vous êtes en train d’enregistrer le prochain album d’Hypno5e. Que peux-tu nous en dire ?

Nous avons donc fait cet album acoustique en juillet et dans la foulée… Enfin, j’avais déjà composé pas mal de choses et j’ai éprouvé le besoin d’arrêter de garder les compositions dans les tiroirs. Car avec l’album acoustique et il y a certaines choses de Shores, des thèmes que je compose qui restent, qui restent, qui restent… Là je voulais vraiment être dans l’urgence de composer et directement aller éprouver le studio. Donc dès que nous avons fait cet album-là, nous sommes entrés en studio pour commencer à faire des pré-productions. Là, les guitares sont enregistrées, la batterie se fera en juin et les voix se feront ce mois-ci. Pour le moment je ne pourrais pas te dire plus en termes de sortie mais je sais qu’à la fin de l’été, il y aura un album qui sera prêt.

Et en termes de direction musicale, il faut s’attende à quoi ?

Nous revenons plus à ce que nous avons l’habitude de faire avec Hypno5e, bien sûr. Je dirais qu’il est quand même teinté d’un truc un peu nouveau, surtout dans les parties violentes qui vont un peu plus loin, je pense. Chez les premières personnes qui ont pu entendre les préprods, en général, ce qui revient, c’est que c’est plus nerveux, plus violent qu’avant. Avec dans les parties lyriques, un côté encore plus lyrique. Plus direct, plus brut, avec moins de détours. J’essaye de faire un truc plus concentré, plus dense. C’est aussi pour ne pas que les gens croient que nous allons nous endormir sur l’acoustique [rires], avec deux fois plus d’énergie juste après.

Interview réalisée par téléphone les 27 mars et 9 avril 2018 par Philippe Sliwa & Nicolas Gricourt.
Transcription & introduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel d’Hypno5e : www.hypno5e.com.

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