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Song For The Deaf   

Il a fallu dénicher la richesse de Jabbakaï en bord de Saône


Il est des découvertes musicales qui vous marquent. Des moments scéniques qui respirent un parfum unique, comme si, passer à côté de celui-ci vous rongerait de regrets à vie. L’histoire de Jabbakaï fait partie de ces histoires atypiques, uniques car tellement inattendues. Il n’y a rien d’autre, rien de plus excitant que d’être littéralement pris de court par un groupe dont vous ne connaissez rien. Être surpris, embrigadé dans un élan d’euphorie sans pouvoir, ni vouloir, résister.

Golden Void, groupe de stoner américain et Révélation High Hopes du mois dernier, effectuait sa première tournée européenne. L’occasion de découvrir ce groupe sur scène, afin de juger si oui ou non, le titre honorifique de Révélation High Hopes se devait de lui être accordé. C’est donc au Sonic de Lyon que votre humble serviteur se rendît le 16 avril dernier.

Petite péniche derrière le quartier de Perrache, sur les bords de Saône. Petite péniche et petite foule. Peu nombreuse, faite de spectateurs portant jeans, pattes d’eph, en mode stone pour une soirée stoner. Et un concert de stoner, par son ambiance, vous offre déjà des souvenirs mémorables. Mais c’était vraiment sans compter sur Jabbakaï.

Jabbakaï a tout simplement, ce soir là, apporté une réelle fraîcheur musicale déconcertante, ainsi qu’une réelle démonstration instrument en main. Car, sans avoir à vous faire le récit total de cette soirée, vous devez savoir que Jabbakaï est ce genre de combo totalement inconnu au bataillon. Le groupe vient de Lyon, a moins de 80 fans sur sa page Facebook, un EP de trois titres sur Bandcamp ainsi que sa première démo en téléchargement gratuit.

Le groupe évolue entre le free rock, la noise et le stoner. Un mélange qui prend tout son sens avec l’ajout d’un saxophone (et, parfois, d’une corne de chèvre!), rendant la musique du jeune trio lyonnais (le guitariste utilisant son Mi grave et un son épais et claquant de disto pour combler l’absence de basse) captivante. Car écouter Jabbakaï c’est comme regarder une version thrash de Nestor Burma (avouez que voir Guy Marchand tronquer son chapeau pour un bracelet clouté vous laisserait intrigué). Un jazz sensuel brutalisé et terriblement français.

Tous ces sons, toutes ces notes forment une véritable toile de fond au allures exotiques, érotiques même. C’est expérimental, c’est décalé et c’est stoner. Du coup, le pied tape la cadence. Et malgré les passages les plus déstructurés – sortant des habituelles mesures en 4/4 – le corps bouge tout seul et, minute après minute, confirme un sentiment : « ‘Tain, mais c’est énorme ! » Et vu que c’est énorme on vous en parle et on vous laisse déguster ce florilège de sons paranoïaques et fichtrement rock’n’roll.



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