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Interview   

Il y a encore un brin de vie dans les racines du vieil arbre mort


Fin 2009, Manuel Munoz semblait fatigué. Dans son communiqué annonçant l’arrêt de l’activité musicale de The Old Dead Tree, le chanteur-guitariste semblait ne plus pouvoir supporter les désaccords musicaux avec les autres membres du groupe, tout comme les changements de line-up.

Contacté à l’époque, il n’avait pas souhaité s’exprimer plus. Et il avait depuis fait en sorte de se tenir à l’écart de la scène médiatique metal.

C’est donc une belle surprise qu’offre le combo parisien en revenant cette année célébrer les dix ans de son premier album, The Nameless Disease, avec un concert de démarrage au Hellfest 2013.

Forcément beaucoup de questions se sont posées à la suite de l’annonce. Il fallait donc en savoir plus. C’est ce que nous avons fait, en direct à l’antenne de l’émission Anarchy X le 12 février dernier, avec Manuel au bout du fil dans un long entretien. Mais sur le statut du groupe, il a dès le premier échange été clair et direct, même si, dans la suite, il ne laisse pas les portes totalement refermées. Pour autant, les fans ne devraient probablement pas retenir leur souffle face au vent d’incertitude qui souffle encore sur l’Arbre Mort.

Pour l’heure, le très riche entretien que nous avons eu avec Manuel Munoz est aujourd’hui disponible ci-dessous à la lecture et à l’écoute. Gageons que la plupart des questions que les fans se posent y ont été abordées et bien plus encore, Manuel allant jusqu’à dévoiler sa psychologie, celle du groupe, le relationnel, etc. et même décrire des titres qui avaient commencé à être composés pour ce qui aurait été un quatrième album.

Réécouter l’interview : [audio:interviews/Interview The Old Dead Tree.mp3|titles=Interview Manuel Munoz (The Old Dead Tree)]

Radio Metal : Le dernier album du groupe date de 2007 et deux ans après votre split était annoncé…

Manuel Munoz (chant, guitare) : Oui et c’est toujours le cas. A l’heure actuelle le groupe n’existe plus en tant que tel.

Votre reformation n’aura donc lieu que le temps du concert programmé pour l’édition 2013 du Hellfest ?

D’autres concerts devraient normalement s’ajouter. L’idée de départ était très innocente. Nous voulions célébrer les dix ans de notre premier album : The Nameless Disease. Malgré l’arrêt du groupe, je suis resté en contact et en très bons termes avec la majorité des anciens membres avec lesquels j’ai pu collaborer au cours de l’histoire de The Old Dead Tree. Il nous arrivait par exemple de faire des répètes pour le plaisir. Une fois l’idée lancée, elle a eu un effet boule de neige. J’ai fini par en parler à notre tourneur qui en a parlé au Hellfest qui a accepté puis notre tourneur s’est renseigné sur d’autres pistes et finalement une petite tournée est en train de se monter pour fêter les dix ans de cet album.

Mais pour toi le projet n’ira pas plus loin ?

Je déteste être complètement péremptoire et dire que ça n’arrivera jamais mais actuellement l’idée n’est pas de reformer le groupe ni d’enregistrer un album.

« Le mot traumatisme n’est pas trop fort. J’ai passé douze ans de ma vie à pousser le groupe qui comptait autant pour moi que ma famille. […] Ça a été très difficile quand il s’est arrêté. »

Vous avez eu l’envie de fêter les dix ans du premier album mais pourquoi ne pas aussi fêter les dix ans du deuxième et troisième album ?

[Rires] L’effet de surprise fait que peut-être cela intéressera moins les promoteurs. Sur le principe, il n’y a pas de règles. Sur nos douze ans d’existence, nous nous sommes fixés des règles impossibles pour essayer d’être le plus professionnel possible, mais finalement cela n’a pas suffit à nous faire franchir le palier de musiciens professionnels. Nous sommes toujours restés dans un entre-deux, alors aujourd’hui je n’ai plus envie de m’embêter avec ces règles-là concernant le plan de carrière, savoir ce qu’il faut dire ou faire et à quel moment, j’ai envie de passer à autre chose, donc il n’y a plus de règles. On fait ces dates uniquement pour le plaisir, si les gens veulent venir nous voir, on sera content, s’ils ne viennent pas, on jouera quand même. Actuellement , nous ne pensons pas à ce que l’on pourrait faire pour l’anniversaire de The Perpetual Motion ou de The Water Fields.

A l’époque du split, tu avais l’air fatigué voire un peu traumatisé par cette expérience et ce milieu. Tu donnais l’impression que tu n’aurais plus jamais envie de faire ça, alors est-ce que ça va mieux aujourd’hui ou as-tu toujours cette sorte de dégoût de la vie de groupe ?

Quand tu évolues dans le milieu semi-professionnel, tu te retrouves à devoir être aussi pro que les pros avec lesquels tu vas tourner en tant que première partie ou sur de gros festivals. Ainsi, il faut que tu aies le matériel et une équipe technique qui suivent. Le problème est que tu gagnes beaucoup moins qu’eux et que tu as généralement un boulot à côté. Dans notre cas, nous avons tous quasiment dépassé la trentaine et nous avons tous une famille avec des enfants. Une pression finit alors par s’installer tout autour et fait que cela devient de plus en plus difficile à gérer. Le mot traumatisme n’est pas trop fort. J’ai passé douze ans de ma vie à pousser le groupe qui comptait autant pour moi que ma famille. C’était vraiment ma vie. Ça a été très difficile quand il s’est arrêté et depuis je n’ai pas recommencé d’autres projets à côté. J’ai été invité à des featurings par Dustbowl, Melted Space et Lux Incerta mais ça s’arrête là. De mon côté j’ai un peu travaillé la musique mais rien de sérieux ni d’exploitable de manière professionnelle.

Afin de préparer ces dates, avez-vous besoin de reprendre l’habitude de jouer, de répéter et retravailler votre instrument de manière un peu plus assidue ?

En ce qui me concerne oui. Je n’ai pas arrêté la guitare mais je suis beaucoup plus passé sur la guitare acoustique qui est dans le salon, en évidence, que l’on peut prendre sans qu’il y ait besoin de la brancher. J’ai par conséquent quelques réadaptations à faire. Nicolas [Chevroillier] continue de travailler régulièrement la guitare grâce à son projet Ommatidia ; il n’a donc pas quitté la scène et est sans doute le plus frais d’entre nous. Gilles [Moinet], le guitariste qui avait remplacé Nicolas mais qui sur la tournée sera à la basse, joue dans une formation locale et continue à pratiquer. Raphaël [Antheaume], quant à lui, est un ovni au niveau de la batterie, il est d’un tel niveau qu’il ne m’inquiète jamais. On a repris les répétitions le mois dernier. C’est un peu compliqué car Nicolas habite à Strasbourg, Gilles à Nantes, Raphaël à Auxerre et moi à Paris, alors on se voit de manière très concentrée sur un week-end. On va faire huit à dix heures de répètes sur un week-end. Cela demande un peu de travail personnel mais ça tourne bien et les automatismes reviennent.

Le concert prévu au Hellfest sera-t-il le premier de la tournée ?

Oui.

N’est-ce pas un peu difficile de commencer par le Hellfest ?

On a une résidence en préparation et on va donc investir une salle de concert pendant trois jours, sans public mais cela nous permettra de roder le show. On parle également de la possibilité de faire un mini concert acoustique afin d’évacuer la pression avant le Hellfest.

Étant donné qu’il s’agît des dix ans du premier album, as-tu essayé de réunir le line-up que tu avais à l’époque ?

Vincent Danhier, le bassiste originel du groupe, a vu sa situation professionnelle évoluer de telle sorte qu’elle ne lui laisse malheureusement plus le temps de s’investir dans un projet comme celui-ci. Je suis aussi resté davantage en contact avec Raphaël qu’avec Franck [Métayer], du coup le projet s’est fait avec les membres qui se voyaient le plus souvent et avec ceux avec qui on répétait pour le plaisir.

L’idée de célébrer les dix ans du premier album vient-elle de l’album en lui-même parce que musicalement il aurait pour toi quelque chose de spécial ou est-ce plus l’envie de fêter les débuts du groupe ?

Il y a un peu des deux. En revanche, cet album reste spécial car il a pour thématique le suicide de notre premier batteur [Frédéric Guillemot] en 1999. Cela aura été très difficile à vivre pour nous car le groupe rassemblait avant tout une bande d’amis et c’est un groupe très émotionnel. Il y a quelque chose de très particulier entre les différents membres du groupe. La mort de Frédéric a été une pilule très difficile à avaler et cet album nous aura permis de passer un cap. En outre, c’est également l’album avec lequel on aura fait notre entrée sur la scène nationale et internationale, il a été très bien accueilli et a marqué les gens. Beaucoup de personnes continuaient de nous parler de The Nameless Disease deux ans ou quatre ans après sa sortie. Le contexte très particulier de son écriture et les paroles qui l’accompagnent ont beaucoup marqué les gens. Je sais ce que c’est lorsque l’on aime beaucoup un groupe et en particulier son premier ou deuxième album, quand il y en a d’autres qui viennent derrière, les titres les plus anciens sont moins joués et il s’en dégage une certaine frustration. Par conséquent, c’est aussi un moyen pour nous de nous faire plaisir et de faire un cadeau aux gens qui auraient voulu voir cet album là en entier à l’époque.

Penses-tu que c’est un album qui a eu plus d’impact que les deux suivants ?

Au niveau de l’image je pense que oui car le contexte était assez spécial, mais au niveau artistique, je ne sais pas. Comme tout premier album d’un groupe, ce disque va regrouper des morceaux composés avec des années d’intervalles et avec des méthodes de composition différentes. C’est donc un album hétéroclite au niveau musical et déjà à l’époque la production d’Andy Classen avait collé une ambiance assez spéciale dessus. Elle a un peu vieilli au niveau du son mais il reste quelque chose de spécial.

« Pour moi la réussite artistique doit au moins s’accompagner d’une reconnaissance critique. […] Ce n’est pas une bonne manière de penser mais c’est la mienne et j’ai du mal à m’en défaire. »

Tu dis que les premiers albums sont souvent très hétéroclites mais n’est-ce pas cela qui en fait leur charme ? On cite souvent les premiers albums de nombreux groupes comme des classiques, penses-tu que cela soit en partie grâce à cet aspect ?

Peut-être. Et souvent le premier album se fait sans pression puisqu’il n’y a généralement pas de maison de disques derrière pour dire ce que tu dois faire. Tout le monde est encore dans un accès aux rêves. Frédéric, notre premier batteur, disait, alors que l’on parlait de notre grande carrière à venir : « J’ai remarqué que les groupes faisaient souvent un super premier album mais que le deuxième était décevant », et il avait ajouté : « Qu’est-ce que tu penserais si on gardait les bons titres pour le deuxième ? » J’avais beaucoup aimé le concept. [Rires]

Tu disais que le premier album ne subissait pas de pression de la maison de disques. Est-ce quelque chose dont tu as souffert pour les deux albums suivants ?

Season Of Mist ne nous a jamais mis de pression artistique, ils n’ont jamais été embêtants vis-à-vis de ça. La pression venait plutôt de nous, une fois que tu as fait un album et qu’il a été bien accueilli, il faut être à la hauteur pour le deuxième. La maison de disques est là pour te faire comprendre qu’attendre trois ans entre deux albums est compliqué. C’est à toi de faire ce que tu veux de cette information mais cela te pousse souvent à te mettre toi-même la pression artistiquement parlant, ce qui est logique et plutôt sain, même si finalement cela risque d’être contre-productif. Au niveau logistique, on tournait pendant un an et il nous restait donc ensuite un an pour composer un nouveau disque. Quand ce n’est pas ton métier, et que tu as autre chose à faire à côté dans la journée, et qu’en rentrant le soir tu t’occupes de tes enfants, cela devient beaucoup plus compliqué de tenir ces délais.

N’est-ce pas un peu cette pression qui aurait conduit au traumatisme évoqué précédemment ?

Si forcément. J’étais le principal acteur de cette pression. En tant que chanteur et compositeur principal du groupe, mais aussi par moments en tant que manager, c’était moi qui fixais les dead-lines. Ce n’est pas toujours déplaisant d’avoir beaucoup de casquettes et de responsabilités mais cela fini toujours par te bouffer. Cela m’a bouffé et cela a aussi fini par bouffer les amitiés que l’on pouvait avoir entre nous car quand l’un met la pression aux autres ça n’est pas toujours très bien vécu.

Est-ce que cette pause ne pourrait pas être perçue comme une leçon qui pourrait t’inciter à relancer l’activité du groupe en te mettant moins la pression ?

L’idée d’intégrer cette idée dans mon futur proche voudrait dire commencer déjà à faire des plans et je pense que le meilleur moyen pour cette année et la tournée à venir n’est de pas faire de plans sur la commète.

Quand tu as pris la décision d’arrêter le groupe ne t’es-tu pas dit à un moment que, finalement, vous pourriez essayer de continuer mais sans chercher à vous mettre la pression, sans chercher à franchir des paliers en termes de notoriété, mais simplement garder le plaisir de créer ?

C’est malheureux mais c’est quelque chose que j’ai du mal à faire. J’essaie d’être réaliste vis-à-vis de moi-même et pour moi la réussite artistique doit au moins s’accompagner d’une reconnaissance critique, de quelque chose. Ce n’est pas une bonne manière de penser mais c’est la mienne et j’ai du mal à m’en défaire. De plus à un moment et notamment à la fin de Water Fields, j’avais peur que l’on tombe dans un piège et que l’on n’arrive plus à se renouveler. Le but du groupe était artistiquement parlant de toujours mélanger toutes nos influences. Ce n’était pas un souci d’aller de la pop jusqu’au black metal en passant par le tripop, le rock classique, le grunge ou encore le néo. L’important était d’arriver à l’intégrer dans notre esprit et dans nos morceaux. Autant avec Perpetual Motion nous avons, pour moi, marqué un grand pas dans la recherche autant avec Water Fields – même si je trouve que c’est un album aussi bon que le précédent – on n’a pas apporté beaucoup plus de choses. Les morceaux sont très bons mais la recette est un peu la même et la peur était donc de ne plus se renouveler, de commencer un quatrième album qui serait encore sur les mêmes bases. C’était compliqué de réussir à faire ce quatrième album en se renouvelant et en restant dans le metal. C’était compliqué de garder une base metal en mettant autre chose dedans ; mais si The Old Dead Tree n’est plus metal, est-ce encore The Old Dead Tree ? Autant changer de nom et faire autre chose.

Cette peur de ne pas réussir à se renouveler pour un quatrième album est quelque chose que tu as constaté peut-être en ayant commencé des bouts de composition ou est-ce resté à l’état de peur ?

On avait commencé des compositions pour un quatrième album et j’avais déjà fait le constat de cette peur du non-renouvellement. J’avais commencé à explorer de nouvelles pistes. On avait quatre morceaux, un était principalement de Gilles et a terminé sur l’album de Lux Incerta. C’était une sortie numérique qui est parue il y a un ou deux ans et sur laquelle j’avais d’ailleurs collaboré en chantant dessus. C’était le titre « Shelter ». J’avais composé les trois autres morceaux intégralement, l’un d’entre eux était plutôt du death suédois mais avec du banjo et des trompettes. Certes, présenté comme ça ce n’est pas vendeur mais c’était assez prenant et assez triste. Les trompettes ne sont pas uniquement un instrument de cirque. Un autre de ces titres était plutôt rock à la Anathema et quant au dernier il était inclassable. C’était assez puissant mais on s’éloignait assez du metal. De là sont venus des doutes de la part de Gilles et Vincent qui ne se reconnaissaient pas forcément dans ces musiques et avaient peur de notre évolution. Des dissensions sont apparues accompagnées d’une volonté de ralentir les répètes, de moins travailler et je ne pense pas qu’en travaillant moins l’on puisse faire un meilleur album.

N’étais-tu pas convaincu toi-même par ça pour les laisser en plan ?

Il y avait une usure réelle. Le groupe est un peu comme un bateau. Si les quatre marins qui sont à l’intérieur rament dans le même sens, ça fonctionne bien, mais si l’un d’entre eux commence à ramer dans un sens, un deuxième dans un autre, et que le dernier sert le frein à main – même si sur un bateau c’est compliqué – le capitaine ne peut plus faire avancer le bateau. Ils m’avaient proposé de faire une pause voire de changer les musiciens ! Avoir ses propres musiciens qui te disent de ne pas arrêter l’aventure, de continuer mais avec d’autres gens est quand même assez fou !

Cela ne t’a pas intéressé de travailler avec d’autres gens ?

A chaque fois qu’un membre a quitté le groupe, ça a été un crève cœur. Ce que je disais sur les relations que l’on avait entre nous est vrai. Je n’ai jamais vu le groupe comme une entreprise dont on pouvait changer un membre à n’importe quel moment. J’ai établi des liens avec chaque personne, parfois des liens conflictuels, mais il y avait toujours de l’amour. Quand Nicolas est parti en 2006, ça a vraiment été très dur. Même si après avec Gilles on a construit autre chose, Nico était parti… Quand ce fut au tour de Fred de partir ça a aussi été très dur et je n’avais pas envie de revivre ça. Ce n’était aucunement ma vision des choses.

« Un groupe qui commence à composer en fonction de ce que le public demande est foutu. »

Ne penses-tu pas que tu es fait pour faire de la musique seul puisque tu ne supportes pas de te séparer de musiciens ?

Le souci quand je compose seul est que je trouve ça nul à chaque fois. Il faut que je compose avec quelqu’un qui puisse me dire ce qui est pas mal ou ce qu’il y a à changer, ce qui veut aussi dire que je dois avoir confiance en la personne qui me dira ça. On ne s’en sort pas et c’est pour ça que je n’ai rien fait depuis cinq ans.

Aujourd’hui, quand tu réécoutes ces débuts de compositions, est-ce que cela ne te donne pas envie de les sortir sans forcément faire un album de The Old Dead Tree mais simplement pour les faire découvrir aux gens ?

Cela ne fait pas complètement partie du domaine de l’impossible mais ce n’est pas du tout la même démarche. Il ne s’agît pas de réaliser quelques morceaux pour le plaisir pur et repartir ensuite sur la route avec des amis. Dans ma vision de la composition, le travail des morceaux nécessite une grande rigueur, il y a encore beaucoup d’arrangements à bosser, choisir un studio, j’ai également mis des arrangements avec des instruments classiques mais il faut que je trouve quelqu’un avec qui les faire. Chaque chose qui semble à chaque fois simple est une source de complications. Cependant l’idée n’est pas abandonnée. Je sais que Gilles serait ravi de pouvoir participer à l’enregistrement de ces morceaux-là et ce serait avec grand plaisir si cela se faisait, mais pour l’instant rien n’est gravé dans le marbre.

Tu disais que tu ne pouvais pas faire de la création juste pour de la création et que tu avais besoin du regard des autres. D’où cela vient-il ?

Tu te demandes s’il y aurait un traumatisme lié à un spectacle en maternelle qui aurait mal tourné mais honnêtement je n’en ai aucune idée. Quand je fais les choses, je les fais à fond ou sinon je les fais très mal, donc je préfère ne pas les faire.

Pendant quelques années ta vie n’a plus été The Old Dead Tree ni la musique, alors, à moins qu’il y ait un regain d’enthousiasme, ce ne sera toujours plus le cas après la tournée, peux-tu nous parler un peu de ta vie actuelle, de ce que tu fais ?

Eh bien, rien. [Rires] J’ai pris une vie de monsieur-tout-le-monde très reposante la première et deuxième année mais qui finalement est assez insatisfaisante. Dans The Old Dead Tree, je tenais un calendrier sur lequel il y avait toujours des perspectives, parfois à très long terme : dans un an, j’entre en studio ; dans six mois, je joue au Summer Breeze en Allemagne… Il y avait des événements un peu importants qu’il fallait travailler à tel ou tel moment ; mais du jour au lendemain, cela a disparu. Maintenant la perspective est : « où est ce que je pars en vacances au mois d’août ? ». Cela te fait relativiser les choses et la vie n’a pas exactement les mêmes couleurs. Il y a d’autres choses qui prennent beaucoup de valeur. J’ai deux enfants alors cela m’a permis d’avoir beaucoup plus de temps à leur consacrer et je pense que, de ce point de vue-là, je suis devenu un meilleur père. Cela n’intéressera pas beaucoup les fans mais c’est en soi une très grande source de satisfaction. Cependant, quand on rentre chez soi le soir et que l’on n’a rien à faire, ça fait bizarre.

Tu travailles dans quel domaine alors ?

Je pense que tu ne veux pas le savoir. [Rires] On ne va pas casser le mythe jusqu’au bout.

Le titre « Dive » était apparemment prévu pour un clip mais le projet n’a jamais vu le jour, pourquoi ?

C’était pour des raisons purement financières.

Quelles ont été les premières réactions des fans lorsque tu as annoncé la tournée spéciale en hommage au premier album ?

Les gens ont été très déçus que l’on se reforme. [Rires] Les personnes qui suivent ton actualité sur ton site internet, ton Facebook ou ton MySpace sont des gens qui aiment ta musique, donc quand tu fais ce genre d’annonces, ils sont contents.

As-tu senti un engouement particulier au niveau des médias et de l’extérieur ou est-ce que cela s’est cantonné au public qui avait continué à vous suivre sur votre site ?

J’étais étonné de voir que l’info était arrivée si vite et si fort. On a vu tout de suite grimper sur Facebook les « J’aime » et ce genre de réactions. Grâce à cela, la news s’est propagée un peu partout. Nous n’avons pas envoyé d’e-mails à la sphère professionnelle mais les gens des webzines qui ont eu la news se sont mis à la relayer, c’est revenu sur Facebook et s’est reparti dans tous les sens, ça a donc bien réagi.

Vous avez annoncé cette série de dates mais tu as précisé précédemment que cela ne changeait pas le statut du groupe, n’as-tu pas peur de donner de faux espoirs aux gens ?

J’espère ne pas les laisser trop longtemps, notamment en donnant cette interview et en en donnant d’autres par la suite. L’idée d’assister à un concert de The Old Dead Tree avec une configuration 2003-2004 avec la setlist de la même période en intégralité est déjà quelque chose d’important pour les fans. Tout bonheur est bon à prendre.

Quand un groupe se reforme, la première question qui vient à l’esprit est de savoir si un album va suivre.

Si album il devait y avoir un jour, ce ne serait pas dû à la demande du public mais parce qu’il y aurait une volonté suffisamment grande pour renverser les obstacles qui se dresse devant ça.

Tu disais que tu avais besoin du regard des gens mais malgré tous les regards qu’il pourrait y avoir sur la possibilité de faire un nouvel album ce ne serait pas ça qui compterait ?

Ce n’est pas ça qui va créer une motivation suffisante pour faire enregistrer un album. C’est comme si artistiquement on ne répondait qu’aux besoins du public et que par conséquent l’on se briderait complètement sur le reste. Un groupe qui commence à composer en fonction de ce que le public demande est foutu. Une tournée n’est pas gênante parce que ce n’est pas contraignant, c’est du plaisir partagé par tout le monde. Cependant, dès que l’on touche au domaine artistique pur, il faut être complètement indépendant.

« En toute honnêteté, la réussite d’un groupe ne dépend qu’à 20% de sa musique. »

Souvent les groupes qui splittent puis se reforment provoquent un engouement qui finit aussi par s’emparer du groupe lui-même. Penses-tu que The Old Dead Tree peut bénéficier de ce genre d’effet ?

Je ne sais pas. Si ça peut remplir les salles et faire en sorte qu’il y ait plein de gens avec qui partager cela, tant mieux. Cependant, quand on joue sur la nostalgie, est-ce que quelque part on ne joue pas que sur ça ? Un groupe comme Rage Against The Machine remplissait le Zénith, quand ils sont revenus ils ont fait Bercy et c’était blindé en une semaine, c’est assez fou.

D’un point de vue marketing c’est une très bonne solution de splitter pour se reformer après !

[Rires] Oui, c’est entièrement une stratégie. J’ai composé trois nouveaux albums de The Old Dead Tree dans ma cave et j’attends le bon moment pour les sortir.

En fait c’est une manipulation des foules…

Si c’était le cas je serais le roi de la manipulation.

Un auditeur demande qu’elles sont tes principales influences musicales ?

Quand le groupe s’est créé, c’était Paradise Lost, groupe qui marchait très fort dans les années 90 mais malheureusement un peu moins maintenant. Par la suite, beaucoup de choses nous ont influencées. J’aime beaucoup Jeff Buckley et puis il y a deux groupes qui m’ont aussi beaucoup influencé mais qui n’ont pas du tout marché. Il y avait d’abord The Mayfield Four, un groupe américain dont le chanteur était Myles Kennedy [Alter Bridge, Slash]. Leur premier album est sorti dans les années 90, c’est une tuerie rock/metal incroyable avec un chanteur hors du commun. Le second groupe est, il me semble, d’origine norvégienne et s’appelle Seigmen. Leur album Radiowaves est absolument inconnu, ça a tournée en France au début des années 2000, ils n’étaient pas distribués chez nous mais j’ai acheté leur album et c’est quelque chose qui m’a beaucoup marqué. Comme tout fan de metal il y a aussi les influences sous-jacentes venant de groupes comme Metallica et autres grands classiques, pour une certaine vision du show, pour la construction des morceaux et ce genre de chose. On avait tous des influences diverses, notre batteur adorait Korn et le trip-hop, Nicolas est quant à lui un grand fan des Beatles et de Pink Floyd. On avait tous un socle metal commun et derrière on a amené des choses de l’extérieur qu’on a vraiment voulu faire entrer dans notre style et je pense que c’est ce qui a fait notre personnalité.

Le fait que vous divergiez a pu faire votre personnalité mais cela a-t-il pu aussi être la cause de certaines tensions ?

Pas tellement car bizarrement on se retrouvait assez sur la définition de ce qu’était de la bonne musique. Sans être fan de trip-hop, je savais reconnaître quelque chose qui était très bien composé quand Franck amenait des choses. Les Beatles n’étaient vraiment pas non plus ma tasse de thé il y a dix ans mais aujourd’hui j’ai revu ma copie et je suis un grand fan du groupe. Dans tous les cas, nous avions un terrain d’entente artistique. En revanche, je refusais systématiquement tout riff ou tout plan qui sonnait trop comme un autre groupe. On peut difficilement être complètement objectif à ce sujet mais si Vincent ou Nico ramenaient une idée qui était par exemple très proche de Paradise Lost, sachant que c’était notre principale influence, j’essayais de bloquer le truc avant qu’on l’inclut dans un morceau. C’est très compliqué quand tu fais du gothic metal de sortir de la case sous-groupe, alors, pour moi, le seul moyen de faire ça était de rayer dès le début tout riff qui pouvait ressembler à un riff déjà connu ou trop assimilé au style d’un groupe.

Y a-t-il d’autres éléments qui auraient pu expliquer qu’à un moment donné vous vous soyez mis à ramer dans des directions opposées ?

On a tous fini par avoir d’autres impératifs, notamment familiaux.

Les raisons étaient donc plus externes au groupe ?

Oui, car musicalement parlant il n’y a pas eu trop de dissensions.

N’est-ce pas d’autant plus rageant que ce soit des facteurs extérieurs qui aient fini par avoir raison du groupe ?

Si l’on avait réussi à vivre de notre musique et faire de la musique en dehors du temps que l’on est censé passer avec nos compagnes et nos enfants, il y aurait eu beaucoup moins de tensions de l’extérieur. Cela nous aurait vraiment aidé si on avait réussi à vivre de la musique et à dégager le temps nécessaire pour s’y consacrer sans manger sur le temps que l’on doit au reste.

Il y a finalement assez peu de groupes, même avec une notoriété assez forte, qui arrivent à vivre de leur musique.

Oui, c’est très dur et ça l’est de plus en plus.

Ne t’es-tu pas fait une raison par rapport à ça ?

Comme je fais toujours les choses à fond, c’est difficile. Se faire une raison aurait été, par exemple, d’arrêter de travailler comme un fou pour obtenir quelque chose que l’on ne peut pas obtenir. Il y avait une partie de moi qui voyait les choses sous cet angle-là mais j’avais du mal à couper le truc. Cela aurait consisté, par exemple, à arrêter de faire deux ou trois répètes par semaine et n’en faire plus qu’une, mais j’ai remarqué que moins on répète, moins on est investi. Quand on se voit trois fois par semaine, le groupe est tellement inclus dans notre quotidien que l’investissement reste constant et que la concentration est toujours là. Plus on espace les répétitions, plus ça devient de l’anecdotique, plus ça s’apparente à un loisir et un laisser-aller s’installe alors très rapidement.

Penses-tu qu’inconsciemment tu avais vu cette difficulté dont tu parlais précédemment venir ?

Nous avons eu la chance de voir notre notoriété grossir à chaque album mais pas les ventes qui restaient stables. Tout le marché s’écroulait mais nous arrivions à rester stable. C’est très positif en soi mais au niveau du compte en banque on était toujours perdant. On a toujours joué à perte.

Te disais-tu à l’époque que cela allait empirer et est-ce que cela a pu influencer ta décision ? Beaucoup de musiciens ont dit qu’ils arrêtaient parce qu’ils ne voyaient plus d’avenir là-dedans.

Ce n’est jamais une décision complètement rationnelle parce que même quand tous les bateaux coulent, certains coulent moins rapidement que les autres et des groupes parviennent à se mettre au sommet du bateau et tu te dis toujours que ça pourrait être toi, que ton groupe n’est pas plus mauvais que celui qui vient de signer un contrat en or chez Nuclear Blast. Dans la musique, tout ce joue au coup de chance et au relationnel. Il y a un travail monstrueux à fournir en amont mais, au final, ça se déclenche grâce à rien, à une poignée de main ou une bière partagée par hasard avec tel patron de maison de disques. En toute honnêteté, la réussite d’un groupe ne dépend qu’à 20% de sa musique. Tout le reste va venir de la motivation des médias, des rencontres qu’ils vont faire, des choix effectués au niveau des producteurs et des labels, du management, c’est un peu rageant. On se dit toujours jusqu’au bout qu’on va bouger la petite pierre qui va pouvoir enclencher l’avalanche. Il y a encore des groupes aujourd’hui qui vivent de leur musique et sortent de l’anonymat et, même s’il y en a de moins en moins, on s’accroche à ça.

« Je me rappelle même avoir pris sur les fonds du groupe de quoi acheter quatre billets pour aller les voir à la Loco à Paris et montrer à mes trois comparses de l’époque vers quoi je voulais tendre au niveau mise en place et qualité. […] Pour moi, Gojira a toujours eu une tête de plus que le reste de la scène française. »

Comment quelqu’un comme toi, qui a essayé de te donner à fond dans un groupe, voit le succès de Gojira aujourd’hui ? Tu dois réellement avoir conscience de ce que tout cela signifie et représente…

Absolument. Nous avons vu Gojira pour la première fois en concert il y a très longtemps, c’était en 1999 ou en 2000. Le groupe s’appelait encore Godzilla et, si j’ai bien compris, le batteur passait le bac en même temps qu’il y avait la tournée. J’ai pris une claque monumentale, c’était monstrueux. Quand ils ont sorti leur premier album sous le nom de Gojira, Terra Incognita, j’ai envoyé mon chèque à Joe [Duplantier] pour l’acheter par correspondance et c’est lui qui me l’a envoyé avec un petit mot. A l’époque, on n’avait pas d’album non plus mais il nous avait acheté notre première démo. Ensuite, dès que Gojira était en concert, j’allais les voir à Paris. Je me rappelle même avoir pris sur les fonds du groupe de quoi acheter quatre billets pour aller les voir à la Loco à Paris et montrer à mes trois comparses de l’époque vers quoi je voulais tendre au niveau mise en place et qualité ; car c’est un show quand tu le regardes tu t’en prends plein la tronche et pas simplement en termes de violence. Ils dégagent quelque chose, il y a une ambiance et pour moi Gojira a toujours eu une tête de plus que le reste de la scène française. Artistiquement parlant, on ne va pas comparer ce qui n’est pas comparable, mais dans leur domaine Gojira sont monstrueux et ça a toujours été le cas.

Pendant les trois années qui se sont écoulées depuis la séparation du groupe as-tu continué à écouter de la musique ?

Je me suis mis aux Beatles, donc on s’éloigne de la sphère metal. J’en viens à répéter les phrases que je lisais dans les magazines en disant que je n’écoute plus beaucoup de metal dans ce qui sort aujourd’hui. Ce n’est pas une question de qualité mais la musique me parle moins, je n’ai pas envie de ça en ce moment. Je me suis mis à découvrir et redécouvrir des vieux classiques des années 60-70 et un peu de pop, des trucs sympathiques mais pas artistiquement engageants. Il est donc vrai que j’écoute moins de musique aujourd’hui.

Tu ne cherches donc pas à savoir ce qui se fait aujourd’hui en termes de musique de manière générale ?

Non, pas particulièrement.

Un auditeur demandait quel était pour toi l’album metal de l’année 2012, tu auras donc sans doute beaucoup de mal à répondre…

Oui. Là, je serais très embêté.

As-tu déjà des dates à annoncer pour l’après Hellfest ?

Il y a des pourparlers en cours. Strasbourg serait en phase d’être annoncé puis il y aurait une tournée française qui ferait un joli tour de l’Hexagone en passant par le Nord, j’espère aussi par Lyon, par la région PACA, Toulouse, Montpellier, Nantes, Tour, Bordeaux. Ce sont les pistes qui ont été évoquées et il y a des tractations en cours. Mais malheureusement ça ne se fait pas toujours, alors il ne faut pas prendre ça au pied de la lettre. On a envie de tourner, de voir les gens et de partager ça, c’est donc vraiment quelque chose que l’on appelle de nos vœux.

As-tu une petite appréhension par rapport à ces dates ?

Étrangement, pas du tout. Je n’ai jamais eu le trac. J’exprime ma nervosité autrement avant les concerts mais je n’ai jamais eu la boule au ventre en montant sur scène. Sauf les quelques fois où je suis monté sans guitare car là je me sens tout nu. J’ai des bras et je ne sais pas quoi en faire, c’est un peu gênant. Peut-être que quand j’y serais je ne vais pas être bien mais pour l’instant on y va entre potes, on a rappelé l’ingé son, l’ingé lumières, tout le monde est content et ça devrait être sympa.

Un auditeur demandait combien coûterait un concert privé de The Old Dead Tree ?

[Rires] On n’a pas estimé les coûts mais ça dépend de la configuration de la scène. Si le type a une console trente-deux pistes, des lumières de partout, la place pour nous faire jouer ou si c’est pour nous mettre dans sa cuisine, ce ne sera pas pareil. Plus sérieusement, ce n’est pas quelque chose vers quoi on tend à moins que ce soit pour animer un baptême ou un mariage mais c’est encore différent.

Tu dis que dans une cuisine, ce ne serait pas possible, pourtant on se souvient que vous êtes de grands gastronomes. Alors est-ce que la cuisine est quelque chose qui vous branche ? Est-ce que vous reconvertir en groupe de cuisiniers ne vous intéresserait pas ?

Cyril Lignac étant du sud-ouest, il est peut-être fan de Gojira, cela bouclerait la boucle. En ce qui me concerne, je ne suis pas un très bon cuisinier. Je sais faire à manger mais ça s’appelle de la nourriture et non pas de la cuisine. Raphaël, le batteur, est maigre comme un coucou, pas très grand mais il est capable d’engloutir des quantités astronomiques de nourriture, il serait donc plus à même de répondre à ta question. Je ne sais pas s’il cuisine mais je sais qu’il mange.

C’est l’un des grands avantages d’avoir un groupe de musique, quand tu tournes un peu en France tu peux goûter les spécialités de la région dans laquelle tu te trouves pour jouer.

En termes de spécialité de la région, cela reste quand même souvent « poulet-frites »… Il y a des salles qui sont réputées pour leur catering comme la Laiterie à Strasbourg et qui savent mettre un artiste en confiance. Le souci est que si tu es un peu raisonnable, tu n’es pas censé te gaver avant de monter sur scène. Pour l’avoir déjà fait quelques fois, tu es ensuite très lourd et ça devient compliqué. Quand tu commences à avoir des renvoies au milieu de ton couplet de chant, ça ne va pas du tout. D’autres salles font le choix de passer un partenariat avec un restaurant pas loin et envoie le groupe avec une espèce de forfait et généralement, dans ces cas-là, on n’est jamais déçu.

A priori, c’est K Production qui va booké votre tournée. As-tu une relation particulière avec cette équipe ?

Julien Pagnon, le président de la société, est un ami de très longue date. C’était notre ingénieur du son avant même la sortie de The Nameless Disease. C’est quelqu’un qui est très investi et qui connaît bien le boulot. Quand il vend un groupe avec des conditions particulières, quand il voit les fiches techniques arriver des salles, il sait de quoi il parle. C’est quelqu’un avec qui on a des relations très étroites.

C’est lui qui par le passé vous faisait tourner, les retrouvailles se sont donc faites naturellement.

Ce n’était pas possible autrement. Personne ne ferait mieux que lui car il y a un attachement personnel au groupe. Je sais qu’il fera toujours le maximum et qu’il défendra l’intérêt du groupe.

Interview réalisée par téléphone en direct dans l’émission Anarchy X le 12 février 2013

Site internet officiel de The Old Dead Tree : www.theolddeadtree.com



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