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Metalanalyse   

Il y a une place qui attend 7 Weeks à la table des grands fauves


Quel avenir pour l’expérience Dead Of Night ? Simple parenthèse isolée, sortie de route pour explorer en catimini de nouveaux chemins avant de reprendre la route chaude et poussiéreuse d’un pur stoner-rock ? La 7 Weeks-Mobile n’avait probablement pas prévu en se laissant embarquer sur ce terrain en 2010 qu’elle laisserait un telle trace dans le paysage et reviendrait avec autant d’argile à façonner pour plus tard accrochée au pare-choc.

Quel avenir pour l’expérience Dead Of Night ? C’est déjà la question qu’on s’est posé début 2012 en découvrant cet album sorti en toute discrétion fin 2011. D’abord expérience live, dont le groupe a souhaité garder un témoignage discographique, mais qui ne serait qu’un OVNI dans son œuvre générale, marginal, réservé aux curieux. Et c’est finalement cette curiosité qui a révélé une forte personnalité et dévoilé au public le potentiel d’un groupe qui ne se contente pas de n’être qu’un petit cousin français de Queens Of The Stone Age.

« On ne jurerait donc pas que ce concept-album définirait l’avenir stylistique du groupe » disions-nous alors, car le chroniqueur, tout aussi impressionné est-il, n’est pas là pour dire que tel groupe doit faire telle chose désormais sous prétexte que l’expérience paraît être une réussite. Mais on n’en était pas moins impatient de constater les séquelles de cette aventure sur les compositions du groupe avec l’arrivée imminente de leur quatrième opus : Carnivora.

Eh bien, ça n’a pas l’air d’avoir tellement bougé, à en juger au démarrage. Ceux qui seraient passé à côté de D.o.N. et qui penseraient que le dernier album en date est toujours All Channels Off vont reprendre la route à la même borne marquant un territoire entre du Kyuss et les premiers Queens Of The Stone Age. Après un « Bones & Flowers » qui reste en troisième sans trop faire ronfler le moteur, laissant le temps à l’auditeur d’apprécier le confort des sièges, on fonce enfin sur la Highway, sous les pluies acides de « Acid Rain », un titre qui aurait pu tomber des bandes des sessions Songs For The Deaf.

Puis voilà « Carnivora ». Une créature froide, dont l’arrivée, dans son intro, évoque celles des abysses d’Ahab, et qui viendrait d’on ne sait quelles profondeurs marécageuses. Mais si, on le sait : la musique de 7 Weeks s’est baignée dans le Styx avec Andy (le mort-vivant de Dead Of Night) et a appris à y nager, à soigner ses ambiances, ses effets, son style propre. Mais passée cette première impression, la suite du morceau envoie la vapeur. Mais ce n’est que pour mieux arriver, toujours sur fond d’asphalte, à « Ghosts On The Seaside Road », auprès des « fantômes sur la route du bord de mer », avec là encore une intro (avec son clavier dépressif, à l’opposé du piano frénétique d’un « Hooked » sur B(l)ack Days, par exemple, à peu près le même qu’on retrouvera en coda du kyussien « Year Zero ») qui vous coule comme une eau verte et glacée le long de la colonne vertébrale. Une eau dans laquelle, quelques kilomètres plus loin, on finira par se noyer, dans « Let Me Drown », un étang au-dessus duquel flotte quelques vapeurs psychédéliques et où explose parfois un feu follet de cordes distordues.

A propos de ce dernier, Julien Bernard, frontman du groupe, nous a avoué dans une interview que vous pourrez lire bientôt qu’il n’existerait pas s’il n’y avait pas eu Dead Of Night. Et bien sûr, on n’en doute plus arrivé à ce stade, l’album Carnivora en lui-même n’existerait pas sous cette forme sans cette expérience. Et la réussite et le succès auprès du public de celle-ci les a littéralement décomplexés dans leur manière de composer et d’écrire et a fait sauter les barrières qui les retenaient sur la route d’un simple groupe de pur stoner rock, aussi talentueux soit-il. Il n’était pas question non plus de refaire ce qui avait déjà été fait dans Dead Of Night, comme ils le proclament depuis le début, mais simplement de l’adapter à la souche rock du groupe.

Et cette souche est encore bien visible sur des titres tels que « Diary – Day 7 », « High In Heavenly Places », ou ce « You’re So Special » qui aura de quoi faire remuer les foules en live, tout comme dans les passages punchy de « Carnivora » et « Let Me Drown ». Tout cet ensemble fait que, de passages ambiants à virages pris sur les chapeaux de roues, on est amené sur les boucles d’un grand-huit, montant doucement pour mieux apprécier le voyage et les émotions qu’il va procurer, puis les sensations fortes qui vont leur succéder. Entraînant même l’auditeur vers des paysages que le groupe n’avait pas encore exploré, comme le folk-rock désaccordé de « Shadow Rider », rappelant (quoique sur un tempo un peu plus lent) un « Dark Night » des Blasters, une chanson entendue notamment dans le film « From Dusk Til Dawn » de Robert Rodriguez et qui vous ramène, finalement, sur une route sèche, poussiéreuse, celle des virées dans les grands espaces à bord d’une voiture dans laquelle on sue à grosses gouttes, en se grillant une clope et en se grattant une barbe de trois jours.

Nullement Dead Of Night ne fut l’album de la rupture. Trop à part. Et Carnivora encore moins : il est celui qui condense finalement six années de travail, de recherche, de plaisir à faire de la musique sans plus avoir à rester dans des cases, sur des rails. 7 Weeks n’est plus obligé d’être là où on l’attend. Ce n’est pas l’album de la maturité (une expression usée jusqu’à la corde) : c’est l’album de la liberté. La grande aventure et le monde sont encore devant, à conquérir. 7 Weeks a encore tout à explorer, il en est libre, et il a désormais plus que les armes avec lui pour le faire : il a l’art pour ramener de beaux récits de voyage qu’on a hâte qu’il nous raconte comme il a appris à le faire.

Album Carnivora, sortie le 1er mars 2013 chez Klonosphere/Season Of Mist



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  • Toutes les dates de la tournée :

    01/02/13 : LA LOUVIÈRE – Taverne du Theatre (Be)
    02/02/13 : LÜNEN – Das Greif (Ger)
    03/02/13 : STRASBOURG – Mudd Club (Fr)
    04/02/13 : STUTTGART – Zwölfzehn (Ger)
    05/02/13 : CHEMNITZ – Subway to Peter (Ger)
    06/02/13 : BERCHTESGARDEN – Kuckucknest (Ger)
    07/02/13 : SALZBURG – Shakespeare (Austria)
    08/02/13 : LINZ – Ann and Pat (Austria)
    09/02/13 : WINTERTHUR – Gaswerk (CH)
    10/02/13 : GENEVA – L’Usine (CH)
    12/02/13 : OSTRAVA – Barrak Music Club (CZ)
    13/02/13 : HALLE / SALLE – Hühnermanhattan (Ger)
    14/02/13 : BERLIN – Tiefgrund (Ger)
    15/02/13 : LÜBBENAU – Kulturhof (Ger)
    16/02/13 : EINDHOVEN – Cafe the Jack (NL)
    07/03/13 : BEAUVAIS – L’Ouvre BoÎte (Fr)
    08/03/13 : LYON – Ninkasi Kao (Fr)
    09/03/13 : MONTREUIL – La Pêche (Fr)
    10/03/13 : RENNES – Mondo Bizzaro (Fr)
    12/03/13 : NANCY – 915 Kaffe (Fr)
    13/03/13 : PARIS – Le Bus Palladium (Fr)
    14/03/13 : MONTLUÇON – MJC (Fr)
    15/03/13 : CLERMONT FERRAND – Coopérative de Mai (Fr)
    16/03/13 : BELFORT – La Poudrière (Fr)
    17/03/13 : NEVERS – Le Café Charbon (Fr)
    19/03/13 : MONTPELLIER – L’antirouille (Fr)
    20/03/13 : BORDEAUX – Rock School Barbey Club (Fr)
    21/03/13 : LIMOGES – CCM John Lennon (Fr)
    22/03/13 : MAGNY LE HONGRES – Le File 7 (Fr)
    23/03/13 : TOULOUSE – Le Saint des Seins (Fr)
    29/03/13 : MAUREPAS – Le Café de la Plage (Fr)

    Merci tout le monde!

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  • Les premières notes du morceaux me disaient quelque choses… Et soudain le nom me paraissait une évidence. 7WEEKS !!! Groupe que j’ai découvert pendant sa session de Mastering à Bordeaux (je n’étais qu’assistant ^^)

    En effet j’en ai gardé un excellent souvenir.

    Mais de la voir paraître sur RM c’est la grande classe. Bravo les mecs continuez ainsi. J’espère vous croisez sur scène!

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  • will argunas dit :

    Vus en concert au Chato’do, à Blois, en Octobre dernier : très très bon !!! Et des mecs très sympas, accessibles … A découvrir absolument !

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  • Et bien je viens de découvrir ce groupe, grâce à vous, et ça me plait vraiment bien, thx !!
    Un concert à Paname en mars, le même jour qu’Enslaved c’est bien dommage, mais comme j’ai déjà vu Enslaved 2 fois, je crois que je vais me laisser tenter par la découverte 🙂

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  • Belle chronique, belles images, connais le groupe que de nom mais vais aller tout de suite écouter ça mieux!

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  • Que dire de plus , a part que l’on a hâte d’écouter l’album, pour ma part je me suis fait piquer par 7Weeks en 2009 lors du Stoner rise touret depuis il ne se passe pas une journée sans un petit morceau de mes amis limougeauds et dés que je peu les voir en live , je me deplace
    de plus se sont des mecs d’une simplicités deconcertante , toujours pret a rendre service , une fabuleuse decouverte pour ma part qui est arriver pour moi a un moment dans ma vie ou tout partait en couille , et grace a la claque prise se soir la , j’ai pas peur de dire qu’ils ont contribués a ne pas plongé plus bas dans les abimes que je n’etait
    merci les gars ! et a tous le monde deplacez vous allez les voir en concert , nous avons là une perle rare en france il faut la soutenir
    vive 7Weeks et je dirais
    Julien For president ahahah

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    7 weeks

    Olaf, grand fou!

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