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Interview   

Ill Niño possède et se dépossède de sa musique


Le dernier album d’Ill Niño, Epidemia, marque la deuxième expérience de disque auto-produit, représentant pour le groupe une véritable thérapie. Le groupe, pensant s’être égaré en se reposant peut-être un peu trop sur le regard extérieur des producteurs, a voulu se faire confiance à nouveau, reconquérir son instinct musical. Ill Niño a aussi voulu retrouver ce qui avait plu originellement aux fans. Ce que le frontman Cristian Machado ne considère pas comme incompatible avec la liberté artistique. Un fan est quelqu’un qui adhère à votre vision de la musique et qui a donc potentiellement des points communs avec vous. En cela, il peut représenter une source d’inspiration.

A côté de ça, si le lien entre le groupe et les fans est fort, le chanteur préfère cependant ne pas trop révéler à son auditeur le pourquoi de ses textes ou du visuel du groupe, considérant que ces choses doivent rester secrètes afin que chacun puisse y trouver sa propre résonance. La beauté de l’art, au-delà de sa genèse égoïste, réside aussi dans la dépossession qui s’opère après qu’une œuvre ait été dévoilée.

« Ces albums auto-produits ont été la meilleure thérapie que nous aurions pu imaginer en tant que fans, mais aussi en tant que partenaires musicaux et professionnels. »

Radio Metal : Votre batteur Dave Chavarri a dit à propos d’Epidemia que « cette fois, nous avons voulu expérimenter des rythmes latins et tribaux que nous n’avions jamais exploré auparavant dans les cinq premiers albums, ce qui ne nous a donné aucune limite ». Cela signifie-t-il qu’avant, vous vous reteniez au niveau créatif ?

Cristian Machado (chant) : Non. Je crois que nous avons toujours voulu être un groupe qui repousse ses limites et brise les murs dans son style musical. Ce que Dave voulait dire, je pense, c’est qu’il voulait apporter une nouvelle énergie au groupe et jouer à un autre niveau de rythmes tribaux pour les fans. Il a fait un boulot incroyable : lui et Danny (NDLR : Daniel Couto, percussionniste d’Ill Niño) ont posé ce qui allait être les bases du nouvel album. Sans leur nouvelle approche de percussions tribales, je ne pense pas que le disque aurait été ce qu’il est. Voilà ce que Dave voulait, je crois : il souhaitait être capable de faire des choses que peut-être il n’aurait pas essayé dans le passé et de continuer à étendre ses limites. Je peux dire honnêtement que nous n’avons jamais été un groupe qui se soit retenu. Il y a des choses que nous ne pouvions pas essayer dans le passé car cela a pris du temps pour arriver là où nous en sommes. Cela prend du temps pour évoluer au niveau créatif : il y a trois ou quatre ans, Epidemia n’aurait pas été envisageable. Cela a été possible aujourd’hui grâce à l’évolution de Dave et Danny au sein de leur style percussif.

Tu as dit qu’il a fallu ces albums auto-produits à Ill Niño pour être de nouveau sur les rails. Comment expliques-tu cela ? Est-ce que l’autoproduction a été une sorte de thérapie pour le groupe, ce qui l’a aidé à reconquérir son art ?

Oui. Je crois vraiment que ces albums auto-produits ont été la meilleure thérapie que nous aurions pu imaginer en tant que fans, mais aussi en tant que partenaires musicaux et professionnels. Dans le passé, et je ne dis pas ça pour discréditer les producteurs avec qui nous avons travaillé, car nous avons eu des super producteurs qui ont toujours apporté au groupe, mais, la plupart du temps, un producteur ne sait pas comment travailler avec un groupe. Par exemple, deux membres du groupe voudront un truc, et deux autres un truc différent. Généralement, le producteur ira vers ce qu’il préfère et parfois, ce n’est pas nécessairement ce qu’il y a de mieux pour le groupe, si tu vois ce que je veux dire. Même si des membres du groupe pensent que c’est la bonne chose, parfois ce n’est pas le cas. Dans chaque situation, tu peux avoir un résultat différent. Dead New World (2010) a été le premier album que nous avons auto-produit : cela a pris un peu de temps pour nous définir en tant que musiciens, mais aussi en tant qu’amis. Pendant longtemps, c’était comme si nous étions coupé en deux par les producteurs : le groupe doit prendre des décisions et le producteur va essayer d’orienter son choix vers une direction plutôt qu’une autre. Une fois ce processus terminé, nous avons été capables de nous concentrer sur les choses qui nous rassemble, et non qui nous font paraître différents et, à partir de là, nous avons pris de nouveau les bonnes décisions. Cela a commencé avec Dead New World, mais avec Epidemia, cela a permis de mettre en avant l’élément qui caractérise Ill Niño. Cela a pris quelques albums auto-produits pour arriver au niveau d’Epidemia, et je peux t’assurer que pour le prochain album, nous allons aller au-delà.

Cela veut-il dire que le groupe a dû retrouver sa vraie nature ?

L’expression « vraie nature » est une super manière de le dire, mais en tant que musiciens, je dirais aussi son intuition première. Nous avons peut-être perdu celle-ci en travaillant avec tant de producteurs différents pendant toutes ces années. Encore une fois, je ne veux pas critiquer tous les producteurs avec qui nous avons travaillé, mais je crois que, honnêtement, nous devions nous retrouver en tant que musiciens et être capables d’aimer notre groupe comme des fans, afin de trouver notre intuition dont nous avions besoin pour faire ce disque.

« Nous avons peut-être perdu notre [intuition] en travaillant avec tant de producteurs différents pendant toutes ces années. […] Nous devions nous retrouver en tant que musiciens et être capables d’aimer notre groupe comme des fans. »

Vous avez parlé d’une crise d’identité que le groupe a dû affronter : est-ce ce dont tu parles ?

Je dirais que, dans le passé, nous avons vraiment eu cette crise d’identité. Cela venait du fait que nous sommes des personnes différentes avec des goûts différents. Dans un groupe avec autant de membres, comme une sorte de démocratie où nous essayons de prendre ensemble le plus de décisions possible, c’est difficile de choisir ce qui serait le mieux pour nous tous, si tu vois ce que je veux dire. Comme je l’ai dit précédemment, il y a eu beaucoup de fois où nous essayions de faire ces choix, et c’était soit un point de vue, soit un autre : c’est ce que j’ai appelé une « crise d’identité ». Nous n’étions pas certains de savoir vers quelle direction nous devions nous tourner et nous voulions que les producteurs nous aident en ce sens. Je crois que nous devions revenir vers notre véritable feeling, vers nos fans authentiques, vers nous-mêmes et ce qui nous rassemble. Je crois que nous nous sommes débrouillés pour trouver des points communs entre nous tous. Nous avons aussi appris à aimer notre groupe comme des fans : pour moi, c’était très important.

Est-ce que la conception d’Epidemia a aidé le groupe à voir plus clairement la direction vers laquelle il doit se diriger ?

Oui. Je crois qu’Epidemia représente super bien le point où en est le groupe actuellement et vers où il doit se diriger. Comme je l’ai dit, cela a pris quelques albums auto-produits pour en arriver au point où nous trouvons naturellement notre inspiration, sans demander à quiconque de prendre des décisions artistiques. Nous sommes définitivement retournés à notre processus de prise de décisions pour notre musique. C’était quelque chose de très important pour nous et je crois que nous sommes sur le bon chemin pour donner à nos fans et aussi à notre inspiration les chansons et la musique qui sont demandées.

D’un certain point de vue, la pochette de l’album semble représenter une sorte de représentation tribale du Christ crucifié. Est-ce que la religion chrétienne, ou peut-être la religion en général, est l’épidémie à laquelle vous faites, en partie du moins, référence ?

Disons que la pochette de l’album ou le titre n’est pas une expression d’un sentiment politique, social, et encore moins religieux. Epidemia est en fait un surnom pour cette crise que j’appellerais la quête humaine des réponses à la mort et l’amour. Il semble que plus nous évoluons en tant qu’êtres psychologiques, plus nous cherchons des réponses à notre mort et sommes attirés par les domaines les plus noirs de la vie. Pour moi, le titre de l’album est juste une manière de décrire les sentiments qui nous emmènent vers ces domaines très sombres, comme la fin du monde, la guerre et spécialement les réponses à la mort. En fait, le disque symboliserait dix personnages différents et décrirait la manière dont ils se comporteraient à la fin du monde : donc, chaque chanson est un personnage. Mais je ne souhaite pas trop dévoiler ce que chaque chanson aborde, car je ne souhaite pas trahir leur signification : chaque fan devrait pouvoir tirer pour lui ses propres conclusions quant au sens de la chanson. De plus, je ne souhaite pas être le type de musicien égoïste qui dit : « Eh bien, cette chanson parle de ceci, et celle-là de cela ». J’aimerais être un musicien qui donne aux fans la possibilité, la chance d’avoir chaque chanson pour lui, en quelque sorte. Je crois que nous avons été toujours comme cela : les fans ont toujours été liés à nos paroles. Même si le concept vient d’un point précis, les chansons deviennent la propriété des fans, une fois enregistrées : elles ne nous appartiennent plus. Ainsi, leur enlever cela en révélant le sujet de la chanson serait égoïste.

« Une fois que la musique est sortie, les fans la possèdent, elle n’appartient plus au groupe. […] Pour moi, la musique est une forme d’art, et un art est supposé être interprété par la personne le regardant. »

Ne penses-tu pas que malgré tout, l’art est un peu égoïste ? Quand tu crées une œuvre d’art, c’est l’artiste qui s’exprime, ne trouves-tu pas ?

Je suis d’accord pour dire qu’avec l’art, tu dois regarder à l’intérieur, savoir qui tu es et ce que tu veux. Mais comme je l’ai dit, une fois que la musique est sortie, les fans la possèdent, elle n’appartient plus au groupe. Chaque chanson est personnellement attachée aux fans. Ce lien personnel que nous avons en tant que groupe envers les chansons n’est pas très important, tu sais. Cela ne fait aucune différence pour nous.

Pourquoi serait-ce égoïste de révéler les sujets des chansons ? Ne peut-on pas révéler la signification originelle tout en laissant aux gens la possibilité de l’interpréter autrement s’ils le souhaitent ?

Je parle seulement d’un point de vue personnel. En tant que fan, et ce beaucoup de fois dans le passé, j’avais de très forts liens avec les chansons que j’aimais, et lorsque j’écoutais un artiste en révéler le sujet, je perdais ce lien avec celle-ci : je savais ainsi que la chanson que j’aimais ne parlait pas de ce que je croyais. C’est l’égoïsme dont je te parlais : ce n’est pas que, en tant qu’artiste, cela serait entièrement égoïste de révéler le sujet d’une chanson, mais honnêtement, cela enlève un peu du lien qui unit le fan à celle-ci. Pour moi, la musique est une forme d’art, et un art est supposé être interprété par la personne le regardant : dans une certaine mesure, la musique ressemble à la peinture. Je dois composer, et ce du point de vue de l’artiste bien sûr. Mais, au bout du compte, la musique est pour nos fans. Bien entendu, pendant le processus d’écriture, tu écris pour toi-même et tu ne peux qu’espérer que les fans vont acheter ta musique, car ils aiment les choix que tu fais. On en revient à une sorte de philosophie musicale, mais je pense honnêtement que les fans aiment tirer leurs propres conclusions sur la signification de notre musique.

Dans beaucoup d’albums d’Ill Niño, la religion est souvent abordée. Est-ce parce que la religion est très implantée au sein des cultures latines ? Êtes-vous influencés par cela ?

Je ne dirais pas qu’il y a des connotations religieuses sur les albums en raison de notre culture latine et du fait que la religion vienne d’un background latino. Je dirais que la religion est présente dans la vie de tous les jours et est une des raisons pour lesquelles nous sommes conduits vers les domaines les plus noirs de la vie. Epidemia n’est pas l’expression d’un point de vue religieux, de même que la pochette, qui est simplement la symbolisation de la crucifixion des sentiments qui nous entraînent vers les côtés les plus lumineux de notre vie.

Comme sur Dead New World, l’album précédent, les chansons d’Epidemia sont très pessimistes, comme « The Depression », « Death Wants More », ou « Time Won’t Save You ». La dernière fois que nous avons parlé, tu étais plutôt pessimiste quant au monde et aux comportements humains. Ne vois-tu donc aucune lumière au bout du tunnel ?

C’est une question très intéressante. Je peux dire honnêtement que je ne regarde pas le monde de manière optimiste. J’ai en fait perdu espoir dans beaucoup de choses : dans la politique, dans la religion, dans les réactions face à l’empathie. Oui, j’ai perdu espoir en l’être humain.

Les êtres humains peuvent-ils être considérés comme une épidémie pour la Terre ? Ceci peut-il être une des interprétations du titre de l’album ?

Je dirais que l’esprit humain, et non l’être humain symbolise cette épidémie. Je ne dirais pas que l’être physique ait un quelconque rapport avec le titre de l’album : celui-ci est entièrement écrit du point de vue des sentiments de l’être humain. Certaines personnes pourraient penser le contraire, mais je ne suis pas d’accord.

« Je crois qu’il est important, non pas d’être constamment à l’écoute de ce que sont nos fans, mais de ne pas oublier qui ils sont, et les raisons pour lesquelles ils nous aiment. »

À première vue, selon le dossier de presse, Epidemia devait être enregistré dans différents studios, mais au final, celui-ci fut enregistré pour une large partie au Soundwar Studios. Pourquoi ? Était-il important pour le groupe de ne pas se disperser ?

Oui. Je crois qu’il a été important pour le groupe d’aller dans un seul studio pour au moins une grande partie de l’album. Ill Niño est une conscience : ce n’est pas une ou deux personnes, c’est nous tous, pour être honnête avec toi. Même si une chanson est écrite par une personne, elle est réalisée conjointement par tout le groupe et chacun met de sa personnalité dans celle-ci. Ensuite, les choses commencent à changer et la chanson devient sa propre chose. Avant, nous avons enregistré des albums entiers avec un producteur dans un studio, mais pour Dead New World, on l’a enregistré dans différents endroits : pour Epidemia, il était très important de l’enregistrer dans un même endroit pour ramener notre inspiration naturelle vers notre conscience. Soundwar Studios était l’endroit où nous avons été capables de faire cela.

Quand on lit certaines de tes interviews, il semble que tu es très soucieux de ce que les fans attendent du groupe. Est-ce vrai ?

Nous sommes extrêmement reconnaissants envers nos fans. Je n’aime pas utiliser des mots à connotation religieuse comme « béni », mais en tant qu’êtres, nous nous sentons bénis de toujours avoir nos fans et d’avoir des gens qui aiment le groupe si profondément. Je crois qu’il est important, non pas d’être constamment à l’écoute de ce que sont nos fans, mais de ne pas oublier qui ils sont, et les raisons pour lesquelles ils nous aiment. Lorsque les fans achètent nos disques, ils achètent notre manière de créer, tu sais. Au fond, les fans sont juste une extension de ce que nous sommes. S’ils achètent notre musique, cela veut dire qu’ils aiment les mêmes choses que nous. Nous aimons nous concentrer sur cela.

Cela n’implique-t-il pas quand même un compromis de la part du groupe au niveau de ses désirs créatifs ?

Non. Personne d’autre que nous n’écrit notre musique. Comme je l’ai dit, nous voulions étendre les limites que nous avions sur cet album, et je pense que c’est ce que les fans voulaient. C’est ce que je sens : nos fans veulent que nous soyons des « monstres créatifs » et de ne pas avoir de limites. Si tu me demandais quel était l’état de l’industrie de la musique aujourd’hui, je te répondrais que beaucoup de groupes se copient les uns les autres et copient les choses qui ont du succès. Nous sommes l’opposé : qui sont nos fans ? Qui sommes-nous comme musiciens ? Nous voulons ramener la véritable forme d’art musical, héritée des années 60 ou 70. A l’époque, il n’y avait pas de radios : il y avait juste des gens qui écrivaient de bonnes chansons. Pour moi, c’est la véritable forme d’art. Tu ne te concentres pas sur l’extérieur, mais sur la conscience qui représente la musique d’un groupe. Les fans ont beaucoup à voir avec cela.

« Ill Nino est une conscience : ce n’est pas une ou deux personnes, c’est nous tous, pour être honnête avec toi. Même si une chanson est écrite par une personne, elle est réalisée conjointement par tout le groupe et chacun met de sa personnalité. »

Penses-tu qu’aujourd’hui les médias ont tué la musique ?

Je ne dirais pas qu’ils ont tué la musique, mais ils l’ont sans aucun doute vidé de sa substance. La musique est, et sera toujours là pour le divertissement de l’homme, mais honnêtement, est-ce que cette saturation et ce constant flux d’information ont édulcoré la musique ? La réponse est oui, absolument. C’est ce que nous voulons éviter, en tant que groupe. Les médias, les radios : aucune de ces choses ne sont importantes. Au bout du compte, c’est la musique et les sentiments dans une chanson qui importent aux fans. Ils n’achètent pas des accords, un poème, des arrangements musicaux : seulement des sentiments. Voilà le véritable art.

Frankie Palmeri du groupe Emmure apparaît sur la chanson « La Epidemia » : cela a dû se produire après la tournée que vous avez faite avec Emmure et Static-X. Avez-vous aussi demandé à Wayne Static de venir sur l’album ?

Non. Nous n’avons jamais demandé à Wayne Static de venir sur l’album. L’idée de faire venir Frankie Palmeri sur Epidemia est venue en fait de Victory Records et aussi par Dave, notre batteur et manager. Je crois que Frankie était fan du groupe depuis de nombreuses années. Emmure est un groupe très talentueux qui arrive à faire son truc sans copier personne. Nous avons été flattés et honorés d’avoir un jeune et talentueux artiste comme Frankie, qui est si énergique, sur notre disque. Il n’est pas intéressé par les choses basées uniquement sur les médias, mais sur celles basées sur un véritable art : comment se sent-il ? Que veut-il dire avec ses sentiments ? Il est le type d’artiste dont je me sens proche.

On t’entend souvent parler de votre premier album : le considères-tu comme une référence ?

Je crois que la raison pour laquelle nous y faisons référence est qu’il est très intuitif. C’était nous, en tant qu’artistes, prenant des décisions comme un groupe sans aucune référence à aucune forme particulière de musique. Nous l’avons écrit avec un cœur et un esprit réellement ouverts. Notre premier album est extrêmement intuitif, et c’est pour cela que les fans l’aiment tant. Le nouvel album se rapporte à ce que nous étions au début, à ce que nous avons été capables de faire sur la scène musicale à l’époque. Le plus important, c’est la musique et nous espérons que cela touchera les fans.

Interview réalisée le 6 décembre 2012 par téléphone par Spaceman et Metal’O Phil
Questions : Spaceman
Introduction : Metal’O Phil
Retranscription et traduction : Jean Martinez – Traduction(s) Net

Page Facebook officielle d’Ill Niño : www.facebook.com/Officialillnino

Album Epidemia, sorti le 22 octobre 2012 chez AFM Records



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