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Live Report   

Impericon Festival 2016 : mosh au bord du canal


1456674162En cette journée ensoleillée du 4 mai, les Parisiens sont allongés sur la pelouse du Parc de la Villette appréciant le soleil et le ciel bleu parfait. Des cyclistes passent, un homme joue avec son chien, et des bassdrops se font ressentir à 100 mètres du Cabaret Sauvage. Car c’est aujourd’hui que la deuxième édition française de l’Impericon Festival se déroule du début de l’après-midi jusqu’en fin de soirée promettant une journée exquise en plus du soleil.

Les Australiens d’Hellions ouvrent le bal devant une foule certes peu fournie mais contente d’être présente à l’appel en ce milieu d’après-midi. Après un passage en octobre à Paris, le quintet est venu refaire ses preuves en toute tranquillité, assurant un show de qualité et un charisme scénique indéniable, porté par le chanteur aux gesticulations improbables mais entraînantes. Leur hardcore old school efficace au possible provoque l’entrain de la foule et des mouvements de tête incontrôlables qui nous lance le festival d’une façon simple et dynamique.

Evénement : Impericon Festival
Date : 4 mai 2016
Salle : Le Cabaret Sauvage
Ville : Paris [75]

Hundredth continue la journée avec un metalcore fourni et travaillé. La foule se remplissant au compte-gouttes s’en donne à cœur joie en bougeant sur les mélodies typiques du genre, une musique clichée mais efficace qui ravit les fans comme les non-connaisseurs du groupe. La prestation est convaincante et le jeu de scène mené par les musiciens au look hardcore fait son travail. La suite des événements est pour le peu intrigante. En effet, Eskimo Callboy monte sur la scène pour nous présenter son univers en forme de melting pot disparate. Le groupe alterne entre metalcore très soutenu et K-Pop typique de l’orient, les deux chanteurs occupant la scène de manière bien calculée. Au programme : sangles en fourrures blanches et lumières roses se dispersant dans toute la salle. Du coup il y a deux théories possibles : tout doit être pris au second degré (et c’est bien drôle) ou alors l’intention est bien sérieuse (et c’est déroutant). Dans les deux cas, le show est de qualité avec des musiciens carrés et un son magnifiquement bien réparti. Seul bémol, que l’on trouve régulièrement dans les concerts de metalcore typés Asking Alexandria ou autre Pierce The Veil, les jeunes demoiselles du premier rang se plaignant de se faire pousser contre la barrière lorsque des pogos s’effectuent derrière elles !

Les Américains de Chelsea Grin sont dans la place pour retourner le Cabaret Sauvage. Malgré le départ de Jason Richardson, guitariste soliste colossal ayant accompagné le groupe et composé la quasi-totalité du dernier album Ashes To Ashes, de la brutalité à l’état pur est attendue pour ce show. Scène sobre et lumière peu fournie, le combo monte sur scène sous les applaudissements pour entamer son set et dès les premières notes tout est là. Des bass drops monstrueux, des breakdowns à la limite du légal, une instru portée par une batterie fournie au possible : le travail est fait de manière spectaculaire. Des moshs pits virevoltent aux premières notes suivis de circle pits endiablés qui prennent tout l’espace de la fosse du cabaret pour un concert court mais plus qu’efficace, nous laissant sur notre faim, avides de méchanceté.

Après cette claque sonore incontestable, on change de registre (trop) directement. Blessthefall monte sur scène avec un guitariste arborant un T-Shirt du PSG. Les gars sont prêts à casser la baraque avec un public qui les accompagnent sans hésitation. Le début du set envoie un bon metalcore bien exécuté mais c’est bien la seule chose qu’on en tirera. Outre un chant clair brisant les oreilles, le contenu est bien moins présent que la forme. Ça bouge sur scène mais l’audience a le droit à des breakdowns assez consensuels qui apparaissent peu vide de sens. En fait chaque composition se ressemble et le son en façade ne fait pas rêver. Bref un concert qu’on regarde avec un peu de lassitude en espérant que la suite du line up remonte un peu le niveau.

Hatebreed (Luxembourg 2014)

Bury Tomorrow s’empare alors de la scène, prêt à balancer la sauce. Mais qu’est un concert sans sa dose de panne technique ? Après une instru bien lancée et puissante, le frontman agrippe son micro pour un chant énervé, du moins visuellement. S’égosillant au possible, aucun son ne sort du micro, créant la gêne sur scène… et quelques sourires dans la fosse ! Tentative d’échange de micro, toujours rien, pour enfin avoir un son progressivement à la hauteur nous arrivant dans les esgourdes. Le combo assure désormais la scène, rattrape la bavure et relance la foule pour une prestation correcte, bien orchestrée sans être phénoménale ou novatrice. Une bonne transition tout de même après leur prédécesseur qui nous prépare gentiment à la suite du festival, sans nous laisser des étoiles dans les yeux. Quelques mouvements de tête, de gentils pogos et on est repartis pour la suite.

Le concret arrive désormais. Trois ans après leur dernier concert, Despised Icon fête son grand retour sur scène pour le plus grand plaisir des fans, en présentant Beast, leur dernier opus sorti récemment. L’excitation est palpable dans le public et tout le monde est fin prêt à se défoncer dans la fosse. Sous un tonnerre d’applaudissements, le combo canadien monte sur scène pour partager ses hits ainsi que certains de Beast. Mais fort dommage est de constater que, pour une raison inconnue, la rouille semble être dans les membres des artistes. Le show est endiablé et carré, solide, mais quelque chose manque. La patate, l’étincelle, la furie – appelez cela comme vous voulez – est absente et le show n’est pas à la hauteur des espérances (sans être décevant non plus, loin de là). Les lumières embellissent le show et le chanteur donne tout ce qu’il a pour le plus grand plaisir de tous. Un concert agréable à regarder, convainquant mais pas rassasiant, finissant néanmoins sous une belle ovation.

Changement de registre pour une claque pré-assurée. Northlane revient à Paris après son passage en octobre dernier pour mettre en avant son dernier album en date, Node. Dès l’intro de concert, la claque est là. La prestance des musiciens suffit à contenir la salle, le chanteur qui se dresse sous les projecteurs renforçant ce sentiment d’élégance globale : les zicos sont là pour nous faire passer un bon moment et c’est mission accomplie. Un show calculé au millimètre, splendidement interprété et nous laissant sur notre faim en sa fin. Des hits comme « Rot » auront retourné la foule alternant pogo et chant scandé. Gros succès pour les Australiens qui auront contribué à de nombreux sourires aux lèvres.

Emmure est attendu avec impatience ce soir. Après que tous les membres ont quitté le groupe (fait assez rare pour être signalé !), laissant le frontman Frankie seul sous le nom d’Emmure, le nouveau line up inconnu du public n’en cessait de nous intriguer jusqu’à ce soir. Et force est de constater que le pari de revenir avec ce line-up a été réussi. Les musiciens sont bons, le bassiste martèle son instrument tout en gardant une précision dantesque et le son en façade est énorme. La foule répond à l’appel et aux gesticulations de transe du chanteur, emportant tout sur son passage sur une suite de breaks de plus en plus puissants faisant mouche auprès du public. Mission accomplie pour Emmure qui aura retourné le Cabaret Sauvage, sortant vainqueurs et heureux.

Tout le monde se remet de ses émotions, mais pas pour très longtemps. Hatebreed vient clôturer cette soirée en ne laissant aucun répit avec son mythique « Destroy Everything » en ouverture de show. Du hardcore comme on l’aime, suivi par la foule qui ne demande pas à se reposer pour un sou. La prestation est efficace, très calibrée et travaillée. Mais bon, si Hatebreed faisait dans la demi-mesure, ça se saurait ! Un dernier retournement de salle sous les riffs bourrins de ce hardcore puissant et pro qui laissera heureux un public rincé. L’Impericon aura donc pour la deuxième fois retourné Paris, avec une affiche certes moins fournie en breakdowns que l’année dernière, mais qui n’en aura pas été moins efficace.

Live report : Valentin Istria
Photos : Guillaume Delmeire (Luxembourg 2014)



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