ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

In Flames a-t-il encore la flamme ?


Une chose est sûre, c’est qu’aujourd’hui, In Flames est loin de faire l’unanimité parmi ses plus anciens fans. Il faut dire que le groupe s’est métamorphosé, de manière particulièrement évidente depuis Reroute To Remains, pour proposer une musique davantage dans l’air du temps, sans pour autant perdre son identité. Mais In Flames, eux, les ronchons, ça ne les intéressent pas. Peut-être ont-ils raison car d’une part, comme le précise le frontman Anders Fridén, la popularité du groupe n’a cessé de croître et puis parce qu’il est clair que, lorsqu’on est artiste, contenter tout le monde relève souvent d’une mission impossible. Alors autant de prime abord se contenter soi-même. Encore faut-il avoir la flamme avec soi.

Justement, le doute s’est installé dernièrement suite à un événement : le départ du fondateur du groupe et l’un des principaux compositeurs, Jesper Strömblad. Problèmes d’alcool, relation émoussée entre membres du groupe ; on vous passe les détails mais une question vient à l’esprit : quel en sera l’impact sur la musique du groupe ? Fridén y répond de manière claire : « très honnêtement, ce n’est pas très différent. Pour nous, ce départ n’est pas si grave. » D’ailleurs les problèmes qui ont mené au départ de Strömblad ne semblent pas tout neufs, « ça fait un bon moment qu’on cachait ces problèmes » confie Fridén, et de toutes façon, selon ce dernier « In Flames est bien plus important que moi, Björn, Peter, Daniel et Jesper en tant qu’individus. » Il suffit par ailleurs d’écouter le nouvel album du groupe, Sounds Of A Playground Fading, pour s’en rendre compte : In Flames fait son bonhomme de chemin comme si de rien n’était. On repart là où on s’est arrêté sur A Sense Of Purpose, on reprend certaines idées pour les développer, on en introduit de nouvelles, etc.

Mais laissons le chanteur lui même expliquer tout ceci…

« Si vous n’aimez pas, écoutez autre chose ! Personnellement, je dors bien la nuit ! Je ne comprends pas que les gens passent leur temps à se plaindre. »

Radio Metal : Comment vas-tu ?

Anders Fridén (chant) : Ça va. Je viens de faire un bon dîner, je suis repu et heureux ! (rires)

Qu’as-tu mangé au dîner ?

Je suis allé au marché aux poissons aujourd’hui et j’ai acheté du poisson frais. J’ai fais des burgers de poisson. C’était très bon.

Dans une récente déclaration, tu affirmais que la relation du groupe avec Jesper Strömblad ne se passait pas bien et que c’était la raison de son départ du groupe. Mais Jesper fait partie du combo depuis le début. Par conséquent, comment, après avoir travaillé ensemble pendant tout ce temps, une telle chose est-elle possible ?

On ne peut pas oublier que Björn et moi avons réalisé neuf albums d’In Flames sur dix. Beaucoup de gens ont tendance à l’oublier. Jesper se débat depuis longtemps avec ses problèmes d’alcool. Nous sommes toujours amis, et nous ne nous sommes pas séparés pour différends musicaux ou quelque chose comme ça. On ne pouvait tout simplement plus travailler ensemble. Ce fut une longue relation, mais elle a d’une certaine façon fini par s’épuiser, en raison de tous les soucis liés à ses problèmes d’alcool. In Flames est bien plus important que moi, Björn, Peter, Daniel et Jesper en tant qu’individus. Ce qui est important, c’est qu’In Flames fonctionne en tant qu’unité. Et là, ce n’était plus le cas. Björn, Jesper et moi avons écrit la musique ensemble pendant longtemps, et maintenant, ce n’est plus que Björn et moi. Très honnêtement, ce n’est pas très différent. Pour nous, ce départ n’est pas si grave. Jesper n’était plus avec nous depuis déjà longtemps. Pendant la dernière année de la tournée pour A Sense Of Purpose, Niclas (ndlr : Engelin) était avec nous et Jesper ne faisait plus partie du groupe.

Peut-on envisager que Jesper revienne un jour dans le groupe quand il aura fini de combattre ses démons, comme il le dit ? Serait-il le bienvenu s’il demandait à revenir ?

Je ne sais pas. Je ne pense pas que ce soit envisageable à l’heure actuelle, mais il ne faut jamais dire jamais. Comme je l’ai dit, nous sommes toujours amis. Ça a été difficile pour nous de rester à l’écart et de le voir traverser tout ça. Toute personne souffrant d’une addiction, ou toute personne qui connaît quelqu’un souffrant d’une addiction, sait que c’est un vrai défi. Mais comme je l’ai déjà dit, nous sommes cinq membres dans le groupe ; ce n’est pas comme si c’était lui qui maintenait l’ensemble. Ça fait un bon moment qu’on cachait ces problèmes. Il ne faut jamais dire jamais, mais pour l’instant, on bosse avec Niclas, et on a tout de même réussi à écrire un super album. On a hâte de partir sur la route. Très franchement, on n’en fait pas toute une histoire. C’est difficile pour moi de voir un ami dans cet état, mais en ce qui concerne le groupe et la musique, c’est comme ça.

Niclas Engelin a rejoint le groupe en remplacement de Jesper. Le choix était-il évident ?

Oui. Il a déjà remplacé Jesper quand il est parti pour la première fois, vers 2006. Il a dû partir pendant un moment ; Niclas l’a remplacé, mais Jesper est revenu. Niclas a pris sa place quand il est parti pour de bon, pendant la dernière année de la tournée pour A Sense Of Purpose. Il était également là quand Jesper est parti, en 1997 et 1998, avant que Björn ne se mette à la guitare et que Peter et Daniel nous rejoignent. Donc oui, le choix était évident. Il est très important que le groupe fonctionne en dehors du travail, parce qu’on passe énormément de temps ensemble sur la route. Niclas est comme nous et on le connaît depuis des siècles. Ça aurait été dur pour nous s’il avait refusé.

As-tu ressenti la moindre différence lors de l’enregistrement de Sounds Of A Playground Fading avec ce nouveau line-up ?

Non. Il n’y avait que nous quatre : Peter, Daniel, Björn et moi. Björn a enregistré toutes les guitares. Niclas n’était pas là et il n’a rien écrit pour cet album. Encore une fois, Jesper nous a manqué en tant que personne, mais nous savions que cela allait arriver. On avait fini par se faire à cette idée, alors pour nous ce n’était pas vraiment étrange. C’est une chose avec laquelle on vivait depuis longtemps et on en parlait entre nous. L’enregistrement a été très facile, il y avait une bonne ambiance.

Sounds Of A Playground Fading est le deuxième album que le groupe enregistre dans son propre studio…

Ça dépend de la façon dont on voit les choses. Clayman a été enregistré dans le même studio, mais à ce moment-là, il s’appelait Studio Fredman. J’en possédais la moitié. Clayman a été enregistré au même endroit mais nous étions propriétaires quand nous avons enregistré A Sense Of Purpose et Sounds Of A Playground Fading.

Il me semble que vous avez aussi changé de matériel pour l’enregistrement de A Sense Of Purpose.

Oui, nous avons changé quelques outils pour le mixage. Mais le local est resté le même.

« Pour la première fois, nous avons écrit un album en tant que tel et pas autour de quelques titres. […] On voulait que l’ensemble ait une cohérence d’album, plutôt que d’écrire un ou deux singles puis le reste. »

Comment s’est passée cette expérience en studio par rapport à l’enregistrement de A Sense Of Purpose?

A Sense Of Purpose était un peu… (rires) C’est difficile à expliquer. On a passé un bon moment, tu vois ? Cette fois, nous avions envie d’écrire quelque chose… Il y avait une bonne ambiance, c’était cool. Pour A Sense Of Purpose, nous avions déjà des problèmes avec Jesper. Mais je ne pense pas que ça s’entende beaucoup sur le disque. Nous avons travaillé différemment au niveau des accordages, dans la façon de régler le matériel. Cette fois, j’ai pu passer beaucoup plus de temps sur le chant. On a fait une démo, une pré-production et l’album à la suite les uns des autres. On a enregistré chaque titre trois fois, même si évidemment, le son est différent entre la démo et l’album lui-même. C’était sympa de travailler comme ça, parce qu’on avait une très bonne idée de la direction qu’on prenait. Je dirais que, pour la première fois, nous avons écrit un album en tant que tel et pas autour de quelques titres. L’ordre des chansons était déjà défini sur la démo et on ne l’a pas changé. On voulait que l’ensemble ait une cohérence d’album, plutôt que d’écrire un ou deux singles puis le reste.

Sur Sounds Of A Playground Fading, les registres vocaux sont particulièrement larges. Voulais-tu développer ta voix sur ce nouvel opus ?

Oui. Quel que soit mon instrument, j’aurais envie de le développer et d’explorer de nouveaux territoires. Mon chant doit coller à la musique, et la musique à mon chant. C’est comme ça que ça marche. On ne fait jamais rien pour le principe. Personne ne va dire « Fais un truc cool à la guitare » et ça fonctionne de la même façon pour la batterie, la basse et le chant. Tous les éléments doivent avoir un but et contribuer au son d’ensemble. Et évidemment j’aime développer mon instrument, c’est-à-dire ma voix.

Ressens-tu toujours le besoin d’évoluer et de repousser les limites ?

Pas d’un point de vue extérieur. Mais en tant qu’artiste et musicien, je veux me pousser au maximum et faire de la nouveauté. J’ai le sentiment de devenir meilleur dans ce que je fais. J’ai l’impression d’avoir davantage de contrôle sur ma voix. Si c’est ce que tu entends par « besoin », alors oui. Mais ça ne vient de personne d’autre.

Il y a moins de cris et de growls sur ce disque que sur tout autre album d’In Flames, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas du tout. Qu’est-ce qui te pousse à limiter les vocaux agressifs avec le temps ?

Je ne sais pas trop… Ce n’est pas quelque chose que je théorise à fond. Je fais ce type de vocaux depuis très longtemps, et ma voix doit évoluer pour suivre l’évolution de la musique et s’y adapter. Si on passe son temps à hurler, ce qu’on peut faire avec sa voix est assez limité. Il n’y a pas beaucoup de dynamique. C’est simplement là où j’en suis à l’heure actuelle.

Tu n’y réfléchis pas trop, donc ?

Si, j’y réfléchis. Je pense à la façon dont ma voix s’intègre à la chanson. C’est un instrument qui doit s’adapter à la chanson, et c’est à ça que je réfléchis. Je veux créer quelque chose qui sonne bien. Si les vocaux sont hurlés, il faut que ça colle au titre. Ça ne peut pas être là uniquement pour le principe. Mais je ne réfléchis pas à la raison pour laquelle je fais ça. La musique est une émotion, ça se ressent dans beaucoup de ce que nous faisons. Nous avons conscience de ce que nous faisons mais en même temps il y a beaucoup d’éléments très spontanés.

Voilà quelques années maintenant qu’In Flames est régulièrement critiqué pour son approche moderne. Certains vous qualifient même de groupe commercial. Cependant, sur Sounds Of A Playground Fading, il semble que vous vous moquiez complètement de ces critiques et que vous alliez même plus loin dans cette direction. Quel est ton point de vue sur la question ?

Depuis que j’ai commencé à donner des interviews pour le groupe, à l’époque de The Jester Race, j’ai dû défendre l’album précédent. Systématiquement. Les gens disent : « Ce n’est pas bien, vous auriez plutôt dû faire ça ». Et cette frontière ne cesse de se déplacer. Les gens disent tout et son contraire, mais notre fanbase a beaucoup augmenté. Nous n’écrivons pas pour un certain type de personnes. J’écris pour ceux qui apprécient la musique. Si vous n’êtes pas intéressés vous n’êtes pas intéressés et je n’en ai vraiment rien à foutre pour être honnête. Nous n’avons jamais prétendu que nous faisions tel type de musique et que nous nous y tiendrions jusqu’à la fin des temps. Je m’en fous. Si vous n’aimez pas, écoutez autre chose ! Personnellement, je dors bien la nuit ! Je ne comprends pas que les gens passent leur temps à se plaindre. Pas seulement à propos de nous, beaucoup d’autres groupes subissent ça aussi. L’autre jour, j’ai vu un truc extrêmement drôle sur YouTube : quelqu’un avait mis en ligne des bouts de notre nouveau single, « Deliver Us ». Mais il y a aussi beaucoup de fausses chansons sur ce site. Le commentaire disait que la chanson était « Deliver Us », alors qu’il s’agissait en fait d’extraits de « Episode 666 ». Et certains ont trouvé le moyen de se plaindre et de dire : « Le groupe était tellement mieux à l’époque de Whoracle », bla bla bla. Mais cette chanson est incluse sur Whoracle, et les gens ne le savent même pas ! Je trouve ça plus drôle que digne d’intérêt. Ça ne m’affecte pas, ça n’affecte pas le groupe et ça n’affectera jamais ce que nous faisons.

« Pour certaines personnes, l’image est quelque chose d’important. Mais on n’écrit pas la musique avec nos cheveux ! On utilise ce qu’il y a en dessous ! (rires) »

Les critiques semblent souvent tourner autour des coupes de cheveux. Quand les membres de Metallica se sont coupé les cheveux, on les a qualifiés de vendus. Quand tu as commencé à porter des dreadlocks, les gens ont dit que tu ressemblais à Jonathan Davis de Korn et ont pensé qu’In Flames avait l’intention de surfer sur la vague neo metal. Quelle est ton opinion sur ce genre de mentalité, que l’on voit beaucoup dans la communauté metal ? Une coupe de cheveux peut-elle être un signe de la qualité de la musique ?

Ça touche à l’image et, pour certaines personnes, l’image est quelque chose d’important. Mais on n’écrit pas la musique avec nos cheveux ! On utilise ce qu’il y a en dessous ! (rires) On utilise nos têtes. Je trouve ça marrant que les gens continuent à parler de ça, comme si ça avait vraiment un sens. L’image joue un rôle important dans certaines scènes et ça semble très important pour la communauté metal. Mais c’est peut-être aussi le cas pour d’autres communautés : la façon de s’habiller, le paraître… Je n’en sais trop rien, étant donné que je viens du metal. Aujourd’hui, Daniel, Björn et moi avons les cheveux courts, alors les gens vont sans doute trouver d’autres raisons de se plaindre !

Tu ne penses pas que l’image soit quelque chose d’important ?

Pas vraiment. Ça dépend de ce que tu entends par « image ». La façon de se poser et de se comporter contribue à une certaine image. Mais se peinturlurer le visage, avoir les cheveux longs ou courts… Ça n’affecte pas la musique. « Ouais, j’adore leur musique mais les mecs ne ressemblent à rien, alors je n’achète pas leurs disques » ? Personnellement, je ne fonctionne pas comme ça. Bien sûr si on parle de photos promo, je veux avoir l’air décent, je ne veux pas ressembler à rien. Mais c’est une question individuelle, je ne juge personne. Je ne comprends pas vraiment pourquoi ça devrait faire une différence, mais pour certains, ça semble être le cas. C’est comme ça, je ne peux rien y changer, ni personne d’autre, d’ailleurs. Pourquoi s’en soucier ?

Revenons à l’album : on y trouve une sorte de titre expérimental intitulé « Jester’s Door ». C’est la première fois depuis Whoracle que vous mentionnez Jester dans une chanson. Était-il important pour toi de faire référence au passé du groupe de cette façon ?

Oui, d’une certaine façon, c’était important. La signification se retrouve davantage dans les paroles que dans la musique. Si le public est un peu familier avec les paroles que j’écris depuis un moment, il comprendra. La référence ne se situe pas au niveau de la musique, mais ça pourrait être le cas. Je préfère ne pas trop en dire.

Le titre « The Attic », ainsi que plusieurs autres passages, comme le milieu de « A New Dawn », sont dans cette veine atmosphérique introduite par « The Chosen Pessimist », sur A Sense Of Purpose. Vouliez-vous développer cet aspect de la musique d’In Flames ?

Pour ces chansons, oui. Mais je n’ai pas envie de faire un album complet dans cette veine. Pour ces titres, ça collait bien. Pour « The Attic », on avait un riff, qu’on a ensuite développé sur toute une chanson. Je voulais lui donner un côté un peu flippant, ça va bien avec les paroles. On voulait travailler avec des cordes, mais on n’arrivait pas à trouver les bonnes personnes et on ne voulait pas bosser avec un orchestre complet. Certaines personnes de notre entourage ont réussi à organiser ça pour « A New Dawn ». Ça colle bien à ce type de chanson. Le titre est particulièrement diversifié, avec un couplet heavy, un refrain rapide et cette partie atmosphérique, ou quel que soit le qualificatif qu’on veut lui donner. C’est un peu ce que je disais tout à l’heure : si ça colle à la chanson, alors c’est bon. On n’a pas mis ça là pour le principe. Je ne pense pas que nous puissions faire ça sur tout un album, ce serait trop différent de ce que nous avons pris l’habitude de faire. Mais je ne devrais peut-être pas dire ça, je pourrais avoir à ravaler mes paroles d’ici cinq ans ! (rires)

« Nous voulons développer autant que possible le son d’In Flames, quel qu’il soit, sans pour autant nous transformer en parodie de nous-mêmes et sans nous perdre. »

En fait, les éléments les plus novateurs sont surtout audibles à la fin de l’album, comme sur « Jester’s Door », avec le violon de « A New Dawn » ou avec cet aspect pop rock/new wave sur « Liberation ». Le fait de placer ces éléments à la fin était-il vraiment voulu ?

Je suppose qu’il y a une intention derrière chaque chose… Mais comme je l’ai dit, c’est une question d’émotion. On écrit de la musique et on va où nous mène le courant. Comment expliquer ça… Nous voulons toujours faire avancer la musique, sans pour autant oublier ce que nous sommes et là d’où nous venons. Si on déconstruit les choses, on se rend compte que de nombreux riffs pourraient très bien faire partie de nos albums les plus récents. Le son est simplement plus à jour. Il faut avoir conscience que The Jester Race a été enregistré en onze ou douze jours, mixage compris, et celui-ci, en trois mois. Nous avons plus de temps et nous faisons les choses différemment. Nous n’avons pas l’intention de faire encore et encore les mêmes chansons. Nous voulons développer autant que possible le son d’In Flames, quel qu’il soit, sans pour autant nous transformer en parodie de nous-mêmes et sans nous perdre. « Liberation », « New Dawn » ou « The Attic » peuvent par certains côtés repousser les limites, mais ces titres sont toujours très ancrés dans le son d’In Flames. Ce sont des chansons d’In Flames, quoi qu’il arrive.

Tu aurais déclaré que Sounds Of A Playground Fading va à l’encontre de la formule hard rock. Qu’entends-tu par là ?

J’ai donné une interview pour un journal suédois mais je n’ai pas vraiment dit ça. J’ai dit autre chose et ils ont modifié mes propos pour en faire ça. Ça fait un petit moment que j’entends ça. Je ne pense pas que ça aille à l’encontre de la formule ! J’ai simplement dit que, de temps à autre, nous faisons des choses un peu différentes, comme « The Attic » ou « Jester’s Door », ou des parties plus courtes ici et là. Mais je ne pense pas que nous allions à l’encontre de quoi que ce soit, ni que nous réinventions un genre. Comme je l’ai dit, on essaie seulement de jouer autant que possible avec notre son. Cet album, c’est là où nous en sommes arrivés aujourd’hui. Qui sait ce qui se passera par la suite ?

L’année dernière, In Flames a collaboré le temps d’une chanson au dernier album de Pendulum, Immersion. Aimeriez-vous faire davantage de collaborations de ce genre ?

Si ça marche, oui. Si les gens sont intéressés par ce genre de chose, pourquoi pas ? Ils nous ont contactés via notre management. Je connaissais déjà le groupe pour sa musique. Nous sommes partis en tournée au Royaume-Uni et nous les avons rejoints en studio. Là, on a écrit la chanson avec eux. Ensuite, j’ai pris la musique avec moi pendant notre tournée, et juste avant de repartir, nous sommes allés à Londres, où j’ai bouclé les vocaux que j’avais écrits. J’ai tout mixé ensuite.

Quel est le statut actuel de ton autre projet, Passenger ? Peut-on s’attendre à voir sortir un nouvel album ?

J’en doute franchement, mais on ne sait jamais ! Il ne faut jamais dire jamais. J’aimerais faire quelque chose, mais ça fait des années que je dis ça… J’ai le sentiment de ne pas avoir le temps et je n’ai pas le cœur à ça. Il ne faut pas faire quelque chose pour le principe. Quand je fais quelque chose, je m’investis vraiment. On verra bien.

Le fait que Niclas Engelin joue désormais avec toi dans In Flames ne rend-il pas les choses un peu plus simples ?

Peut-être un peu. Vu qu’il est avec moi, on pourrait écrire des trucs sur la route. Mais je n’en ai pas vraiment envie. Il ne faut pas faire quelque chose si on n’en a pas envie. Inutile de forcer les choses. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas fait de deuxième album. Nous pensions le faire, mais nous n’en avions pas vraiment envie. Je ne veux pas que d’autres personnes viennent me dire que je devrais le faire malgré tout. Si on se force, il n’y a plus rien de vrai.

Interview réalisée le jeudi 5 mai 2011
Transcription et traduction : Saff’
Site Internet d’In Flames : www.inflames.com/



Laisser un commentaire

  • In Flames m’on séduit grâce à Reroute To Remain, Soundtrack To Your Escape, Clayman, Colony mais sutout grâce à cette merveille qu’est Come Clarity… cette facilité insolente à composer des mélodies transcendantes qui en font mon groupe préféré.Depuis je suis chaque production de prêt.A Sense Of Purpose est une évolution par rapport au précédent dans le bon sense du terme.toujours ces riffs « épique ». Sur A Sound Of A Playgroug Fading l’évolution apparement sera présente (ils marquent un point) en espérant qu’ils s’éloignent pas trop et que Björn aura fait un travail de titans sur les guitares.
    Enorme groupe.

    [Reply]

  • Excellente interview et dont les propos changent un peu et ont l’air assez sincère. Bravo messieurs.
    J’ai découvert In Flames en 2004 ou 2005 donc le débat « mieux avant » est loin de moi. Ceci dit c’est un vieux débat qui peut concerner tant de sujets.
    Pour In Flames, ma trilogie est Reroute, Soundtrack et A sense of et leurs prestations scéniques sont explosives !

    Bon, maintenant, ils se sont coupés les cheveux, on peut vraiment craindre le pire…;-)

    [Reply]

  • L’evolution de leurs musique est une bonne chose.Sa fais 6 ans que je j’écoute In flames et à chaque fois leurs album est meilleur que le précèdent (même si a sense of purpose et soundtrack to your escape sont exceptionnels)
    c’est une excellente interview,merci les gars!

    [Reply]

  • Ils ont raison de vouloir faire évoluer leur musique. On sait jamais de quoi on est capable avant d’essayer. J’aime beaucoup les artistes dans cette veine, ils n’ont pas peur d’avancer, de chercher.
    Ça me fait penser à Dark Tranquillity d’ailleurs, qui tentent quelque chose de différent à chaque album. Le malheur la dedans c’est qu’il y a toujours des fans pour s’indigner, c’est même limite si ils ne se sentent pas trahis parce que le groupe à décidé changer un peu son style de musique.

    Bon sinon bonne interview, par contre j’veux ps faire chier le monde (mais j’vais l’faire quand même) l’écriture blanche sur fond noir c’est vraiment la misère pour les longs articles comme ça, ce serait cool de revoir un peu la charte graphique.

    [Reply]

    Doc'

    « j’veux ps faire chier le monde (mais j’vais l’faire quand même) l’écriture blanche sur fond noir c’est vraiment la misère pour les longs articles comme ça, ce serait cool de revoir un peu la charte graphique. »

    Tu ne fais chier personne et tu auras une bonne surprise d’ici quelques semaines à l’instar de tes collègues lecteur…

    😉

  • « Pour la première fois, nous avons écrit un album en tant que tel et pas autour de quelques titres. […] On voulait que l’ensemble ait une cohérence d’album, plutôt que d’écrire un ou deux singles puis le reste. »

    Étrange, j’ai toujours trouvé que Soundtrack to your Escape avait cette cohérence que les autres albums n’ont pas. Essentiellement parce que la plupart des morceaux ont des outros comme celle de The Quiet Place qui se poursuit pour devenir l’intro de Dead Alone.

    Par contre … Même si comme il le dit ça ne change rien à la musique, je trouvais que ses dreads lui allaient super bien… Avec ses cheveux courts et sa barbe fournie y a des fois on dirait un clochard :/

    [Reply]

  • Bon interview, In Flames est un de mes groupes préférés, toutes sa discographie inclus. J’ai écouté hier « Deliver Us », et, mis à part l’intro vite fait électro, ça reste beaucoup dans la veine de A Sense… : même son de guitare très chaud, même refrain accrocheur, peut-être même plus « pop ». Et un très bon solo de gratte 😉

    A propos de leur changement systématique de « genre musical », je pense qu’ils ont eu raison d’essayer, et de continuer ainsi, et je pense que de nombreux groupes devraient s’y essayer ; après tout, pourquoi un groupe doit-il s’inscrire dans un genre unique et ne pas ouvrir au maximum ses horizons ? Et il vaut mieux ça que s’embourber dans un énième « Lunar Strain » comme le font de nombreux groupes…

    [Reply]

  • Slaaneshi dit :

    Je sais pas trop ce que va donner le prochain album, mais même si j’ai pas trop aimé  » A sense of purpose » j’y poserai une oreille.

    Bonne interview, le truc qui m’a fait le plus fait marrer c’est le coup du  » IF c’était mieux du temps de Whoracle » à propos d’extraits de « Episode 66 », c’est assez grassouillet…

    [Reply]

  • Arrow
    Arrow
    Alice Cooper @ Paris
    Slider
  • 1/3