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Live Report   

IN FLAMES AU TRANSBORDEUR DE VILLEURBANNE


Artistes : In FlamesGojiraSonic Syndicate
Ville : Lyon (France)
Lieu : Transbordeur
Date : 11-10-2008
Public : 1 500 personnes, sold-out.


Prestation correcte de Sonic Syndicate
Photo : Eric Bagnaro
http://www.ozirith.com

Un concert qui commence à l’heure, c’est surprenant. En tout cas le public ne s’y est pas trompé en étant sur place très tôt, soit dès 18h pour l’ouverture des portes. Une heure plus tard, Sonic Syndicate monte le premier sur la scène du Transbordeur. La prestation du combo suédois est énergique sans être prenante.


Les Sonic Syndicate sont plutôt beaux !
Photo : Eric Bagnaro
http://www.ozirith.com

On l’a souvent dit, le look du combo suédois est assez proche des groupes de la nouvelle génération du metal à la Bullet For My Valentine ce qui diffère des deux autres formations présentes sur l’affiche. Mais peu importe, côté son, ça envoie pas mal et le public se prend facilement au jeu. D’ailleurs, force est de constater que les premiers rangs reprennent en choeur les mélodies entêtantes de Sonic Syndicate. En effet les tubes sont joués, le très bon « Jack Of Diamonds » tiré de « Love And Other Disasters » en tête. Quand bien même, outre le dynamisme des membres, la prestation d’ensemble se révèle sans surprise et finalement assez aseptisée. Avec Sonic Syndicate, l’on a l’impression d’avoir vite fait le tour de la question et l’ennui n’est pas très loin. Ce côté redondant est notamment lié aux chants de Roland Johansson et Richard Sjunnesson. Le premier cité chante en voix claire et le second dans un timbre hurlé.

Nos deux hommes se répondent continuellement ce qui devient rapidement lassant. Sur scène, le groupe est en outre composé de six membres (dont 2 chanteurs, comme vous l’avez compris, et 2 guitaristes s’il vous plaît !). Cependant, comme évoqué plus haut, les zicos ont une attitude énergique mais qui reste toutefois très ordinaire. En fait, il manque à Sonic Syndicate ce grain de folie qui fait la différence entre les groupes de scène et ceux qui ont encore du chemin pour le devenir. Etre nombreux sur scène n’est pas un gage de prestation de qualité. Un groupe comme Slipknot en est l’illustration parfaite et Dillinger Escape Plan son contre exemple ultime. Sonic Syndicate a joué 25 minutes et a reçu un bon accueil du public. Pourtant le show du groupe s’est avéré basique et a manqué d’une chose essentielle que l’on va retrouver avec Gojira : l’âme.


Gojira sur scène : impressionnant.
Photo : Eric Bagnaro
http://www.ozirith.com

« The Way Of All flesh », le nouvel album de Gojira, est sorti cette semaine. Il est donc naturel que le combo démarre le concert avec la chanson d’ouverture de l’album : « Ororburos ». La nappe de claviers qui sert d’introduction avant l’arrivée des musiciens a peut-être eu l’effet d’endormir la foule au lieu de l’électriser… Car le public est particulièrement amorphe au début de la prestation des bayonnais.

Première explication : beaucoup de fans d’In Flames sont présents dans la salle. Et ces derniers ne partagent pas forcément le même amour pour la musique de Gojira. Deuxième facteur : pour le fan de Gojira, la prestation de ce soir s’inscrit plus dans une découverte de l’album car il n’a pas encore eu le temps de se l’ approprier. Néanmoins quand Joe pose la question suivante au public « Combien de personnes possèdent le nouvel album ?! » : de très nombreuses mains se lèvent !


Jean Michel : la classe.
Photo : Eric Bagnaro
http://www.ozirith.com

L’ambiance monte d’un cran quand le groupe attaque les titres de ses précédents albums. « Clone » et son blast mettent le feu à la fosse. Ca y est, le concert est parti ! Les classiques que sont devenus « Backbones », « Flying Wales » s’enchaînent en y intercalant de nouveaux morceaux tels que « Toxic Garbage Island » et son riff qui déboîte tout ! Guitares, basse et batterie : les énormes rythmiques surpuissantes et syncopées sont de sortie ! Le public a le droit ce soir à du Gojira comme on l’aime ! Le combo présente aussi le single de l’album, « Vacuity ». Une chanson très lourde avec un break explosif. Cette fois-ci, le public est chaud et réagit bien au morceau.


Mario : un des plus grands batteurs du monde ?
Photo : Eric Bagnaro
http://www.ozirith.com

Mario, comme à son habitude, bouche les trous entre les chansons par des interludes de batterie bien sentis qui ont souvent une touche tribale très prononcée. Le groupe ne possède malheureusement que quarante cinq minutes pour convaincre car Gojira n’est « qu’une » première partie ce soir: mais le public peut quand même se réjouir à l’idée de la prochaine tournée en tête d’affiche du groupe début 2009 ! Pour terminer, et comme le veut la tradition, le groupe clôture le set sur le terrible « The Heaviest Matter Of The Universe »  » avant de saluer chaleureusement la foule en laissant la place à In Flames.


In Flames live !
Photo : Eric Bagnaro
http://www.ozirith.com

In Flames ou les échappés de Göteborg. En effet, comment expliquer ces dernières années l’explosion du groupe, distançant le peloton de ses semblables ? Pourquoi eux ? On ne peut décemment dire qu’ils se démarquent par un talent bien supérieur… Voici une petite théorie de comptoir: un frontman dreadlocké, se mouvant dans une gestuelle introvertie et secouant la paille tête baissée, ça ne vous rappelle rien ? Les jeunes louveteaux eux, ça leur parle. Une posture familière, depuis 15 ans déifiée par l’intouchable, nous voulons bien entendu parler de Korn et son charismatique chanteur Jonathan Davis. Un référentiel visuel qui doit beaucoup y faire, particulièrement dans la patrie de l’oncle Sam. De manière générale, l’image participe en majeure partie – et particulièrement à notre époque – au succès populaire d’un artiste, c’est indéniable, et In Flames – tout comme Korn avant lui, d’ailleurs – l’a très bien compris. C’est précisément sur ce point que le groupe réussi à se démarquer de ces congénères.

Mais l’analogie avec les céréales de Bakersfield s’arrête ici. Il est de bon ton aujourd’hui de prendre In Flames pour des vendus à la cause – Vade Retro Satanas! – Nu Metal. Stupide. Malgré sa modernisation, le groupe reste fidèlement l’une des marques de prestige parmi une petite poignée d’élite pour un produit typiquement suédois, un tantinet « fashion » et que tous autant que nous sommes, consommons, parfois même sans vraiment y prêter attention. Ensuite, à chacun sa préférence: Nike, Rebook ou ADIDAS? In Flames, Dark Tranquillity ou Soilwork? Faites votre choix. Toujours est-il qu’In Flames, telle une déclaration de revenus, est aujourd’hui devenu incontournable…

Incontournable, tout comme ce gigantesque voile opaque qui obstrue la scène du Transbordeur de toute sa hauteur et de toute sa largueur. Une fosse bondée – concert « sold out » oblige – de lycéens s’interroge sur l’accessoire en question. Puis surviennent les premières notes de « The Chosen Pessimist ». Projetées sur la toile, les ombres fantomatiques des musiciens apparaissent une à une. Une voix gémissante s’élève dans les airs. L’ambiance est intimiste et surréaliste à la fois. L’effet est saisissant et l’assistance savoure avec délectation cette entrée en matière tout bonnement géniale. Au passage, quel culot de démarrer le concert sur ce titre planant et très controversé d’A Sense Of Purpose, dernier album en date. Quelques minutes plus tard, le rideau tombe aussi brusquement que voluptueusement, dévoilant sous une ovation les cinq musiciens pour sobrement clôturer le titre.


Le très bon Anders Friden !
Photo : Eric Bagnaro
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Malheureusement, avec la chute du voile, c’est toute la prestation du quintet qui est entraînée dans des abîmes de médiocrité et de monotonie. C’est ce que l’on appelle le retour à la réalité. En effet, une sensation frustrante d’immobilité prend immédiatement à la gorge. Seules les quelques agitations d’Anders Fridén donnent un brin de mouvement à une scène désespérément statique. Ce n’est pas le mur de loupiotes disco dévoilé trois morceaux plus loin, à la tombée du backdrop, qui changera la donne. Ce qui en sera retenu ne sera qu’une sorte de prompteur karaoké permettant au public de seconder un chanteur perdu dans le mix. Et que dire de cette estrade laissée à l’abandon et surplombant la batterie ? Seul à deux ou trois reprises un musicien aura été surpris à partir en expédition, investir timidement la plateforme. Pas pour en faire plus, non, mais probablement pour se donner bonne conscience ou l’impression de rentabiliser l’investissement.

Alors, comme il n’y a plus grand-chose à voir, il ne reste plus qu’à écouter; sans nécessairement être grand amateur du groupe, le terrain est ici familier. C’est comme à la maison, tout est parfaitement en ordre, rangé et à sa place. De fil en aiguille, le groupe tisse ses étoffes calquées sur un même patron. Face à la routine on se surprend à rêver de vacances. On se remémore alors le set intense et impérial de Gojira. Puis on se dit aussi que, finalement, même si ce n’était pas la révolution, les petits jeunes de Sonic Syndicate avaient bien la niaque sur les planches du Transbo. Ces mêmes planches mouillées qui refusent de brûler sous les étincelles d’In Flames.


Tu veux ma photo ?
Photo : Eric Bagnaro
http://www.ozirith.com

Puis un incident (et pas un incendie) survient et là, c’est la SNCF Attitude: les usagés sont livrés à eux-mêmes, dans la pénombre, tout du long de l’arrêt impromptu d’exploitation. Cela dit, le show fut mis à l’arrêt afin de permettre à une demoiselle tombée dans les pommes (ou les bras de Morphée ? Cela n’aurait pas été surprenant…) de recouvrer ses esprits. Le geste est bien trop rare pour ne pas être noté. En attendant, le reste de l’assistance aurait tout de même mérité un peu plus d’attention. Le trafic peut ensuite progressivement reprendre sur un service minimum bien rodé, suivant rigoureusement la voie tracée par les caténaires et ponctué par quelques blagues du conducteur, un sympathique personnage au demeurant (*).

Seuls quelques titres réveillent le public de sa torpeur : un « Pinball Map » des familles ou un « Cloud Connected » convenu s’élèvent au milieu du set mais surtout le trio final « The Quiet Place », « Trigger » et « Take This Life ». Trois tubes qui rappellent à l’assistance pourquoi elle est ici ce soir… un peu tard tout de même. Ces dernières années, la recette d’un album d’In Flames c’est en moyenne 1/4 de tubes et 3/4 de remplissage. Après calcul, le set se devait d’être un bon best of, enchaînant les brûlots sans répit. Mais non, ce soir l’insipide A Sense Of Purpose est mis à l’honneur aux dépends des « Only For The Weak », « Jotun » ou « Swim » aux abonnés absents. Les anciens laisseront échapper une petite larme à l’écoute d’un trop court medley composé de « Dead God In Me » et « The Jester Race », deux titres échappés d’une époque révolue mais qui encore aujourd’hui signifie beaucoup.

Pas de rappel pour rattraper une setlist aussi longue que maladroite. De toutes manière, une partie de l’assistance est déjà en train de quitter les lieux…

(*) Episode amusant tout de même, lorsque Anders interroge personnellement un membre du public sur le contenu de son sac a dos.


In Flames : une prestation un peu décevante.
Photo : Eric Bagnaro
http://www.ozirith.com



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