ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Chronique   

In Flames – Battles


In Flames - BattlesLorsqu’on évoque In Flames aujourd’hui, on se doit d’évoquer une posture fermement défendue par les suédois. Ces derniers ne veulent pas répéter les mêmes recettes ad vitam aeternam et continuer à « progresser », n’ayant cure des diatribes des fans de la première heure (ou de leur ex-guitariste Jesper Strömblad) regrettant une époque révolue. Ainsi, Siren Charms (2014) suscitait des avis mitigés, entre ceux qui reconnaissent les innovations du groupe et ceux qui restent intransigeants et ne supportent pas l’apparition de tonalités plus « pop ». Désormais In Flames est conforté dans sa ligne de conduite, et Battles, premier album sans leur batteur de longue date Daniel Svensson, ne déroge pas à la règle.

La volonté d’In Flames d’élargir ses horizons (les mauvaises langues diront « se commercialiser ») s’illustre par le choix de convier Howard Benson à la production (My Chemical Romance, The Used) et d’enregistrer en Californie dans une ambiance plus détendue, selon les dires d’Anders Fridén. En résulte un album définitivement moins « tâtonnant » que son prédécesseur, plus tranchant et accrocheur à l’image du titre « Through My Eyes ». En réalité, Battles entretient une flopée de points communs avec le In Flames amorcé en partie par Reroute To Remain (2002), à savoir alterner entre riffs de death mélodique et refrains fédérateurs (« Like Sand », « The Truth »). À ce titre, Anders Fridén livre sans doute l’une de ses prestations les plus abouties au sein de la formation, alternant les registres avec une aisance indéniable entre voix clean « intimiste » (« Here Until Forever », « In My Room ») et growls criards caractéristiques de ce dernier (« The End »). Battles fait presque office de catalogue du nouvel In Flames, proposant une variété bienvenue entre leads de guitares aux airs de l’époque Colony et arrangements électroniques distillés avec parcimonie. Björn Gelotte démontre une nouvelle fois ses qualités de songwriter, point sur lequel In Flames conserve une impressionnante constance. Non, décidemment Battles ne peut pas être l’œuvre qui alimentera les médisances envers le groupe. Au contraire, sans éblouir, In Flames fait preuve d’un confort rassurant quant à son avenir.

Toutefois, Battles accuse réellement le départ de Daniel Svensson. La batterie est définitivement le point faible de l’album : un son stéréotypé, voire stérile ainsi qu’une inspiration générique. Si les parties rythmiques d’In Flames n’ont jamais été le centre d’intérêt principal de son écoute, celles de Battles n’ont qu’une vocation : faire le travail. Certes, elles ne viennent pas ternir l’efficacité des compositions à outrance mais leur évidence et leur manque d’accroche constitue à l’heure actuelle une carence pour la formation suédoise (à l’image du riff d’introduction de « Wallflower » soutenu par une rythmique que l’on voit se profiler à mille lieues). D’aucuns diront qu’elles correspondent au choix de composer une musique plus accessible et plus directe… Justement, d’autres groupes font ce choix sans se compromettre sur ce point. C’est le cas de Bring Me The Horizon par exemple, et de son dernier opus That’s The Spirit (2015). Ainsi Battles fait légèrement sourire tant la musique d’In Flames entretient des parallèles avec celle pratiquée par les britanniques. Ceci se perçoit aisément dans l’utilisation de chœurs dans les compositions et devient flagrant sur le titre « Here Until Forever » aux lignes de chant extrêmement proches d’un « Drown ». De fait, l’identité d’In Flames se dessine aisément lorsque l’on additionne les ingrédients de Battles. Le douzième effort studio des suédois montre l’entrée de plain-pied dans l’univers du « metal alternatif », pour ceux qui arrivent à en tirer une définition convenable. Non, les amateurs de l’In Flames des premiers jours ne reviendront pas.

In Flames est mort, vive In Flames ? Pour être franc, la question ne se pose pas vraiment en ces termes. Ce denier n’a pas galvaudé et effacé tout ce qui faisait sa force, loin de là. Au contraire, Battles réutilise une palette d’éléments singuliers du son des suédois, sans vraiment effectuer de redites. Si Siren Charms pouvait en inquiéter certains, Battles rassure : In Flames a bel et bien évolué, mais pas pour le pire. In Flames n’est pas mort, il n’est simplement plus le même. Et différent n’est pas nécessairement synonyme de mauvais. Reste simplement à adhérer au changement.

Chanson « Save Me » en écoute :

Chanson « Trough My Eyes » en écoute :

Clip vidéo de la chanson « The Truth » :

Clip vidéo de la chanson « The End » :

Album Battles, sortie le 11 novembre 2016 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici.



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Children Of Bodom @ Angoulême
    Slider
  • 1/3