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Interview   

In Flames : « nous célébrons constamment notre histoire ! »


Depuis quelques temps, In Flames est omniprésent, que ce soit pour des raisons indépendantes de leur volonté, avec encore récemment le départ du bassiste Peter Iwers, ou les sorties coup sur coup d’un CD/DVD live, Sounds From The Heart Of Gothenburg, et d’un album studio, Battles. Et non content d’avoir ouvert pour Avenged Sevenfold et Disturbed en tournée au Royaume-Uni, les voilà qui s’apprêtent à repartir sur les routes d’Europe, dont un passage à La Laiterie de Strasbourg et un autre à l’Alhambra de Paris, les 28 et 29 mars prochain.

Alors que nous avions interrogé le chanteur Anders Fridén en fin d’année dernière pour évoquer le nouvel opus, nous avons saisi l’occasion d’un rapide entretien avec cette fois le guitariste Björn Gelotte en amont de cette tournée. Un musicien au parcours atypique dans In Flames, puisqu’il a commencé en tant que batteur pour devenir aujourd’hui le guitariste lead de la formation. Nous en parlons avec lui, parmi d’autres sujets, comme son rapport au live ou encore les vingt ans des classiques The Jester Race et Whoracle.

« Nous célébrons constamment notre histoire ! Car c’est quelque chose que nous avons toujours avec nous, nous ne l’avons pas perdu. »

Beaucoup de choses se sont passées dernièrement pour In Flames, vous avez sorti un album live et un album studio, vous avez changé de batteur, vous avez dû trouver un nouveau bassiste pour jouer en live, vous avez tourné de manière intensive de novembre à janvier et vous êtes sur le point de repartir en tournée le mois prochain… La vie dans un groupe tel qu’In Flames ne te semble pas un peu frénétique ? N’es-tu jamais fatigué ?

[Petits rires] Je ne dirais pas frénétique, c’est fantastique ! C’est ce que nous adorons faire, c’est ce que nous adorons créer, nous adorons trainer avec tous ces amis et tout. Tu peux être physiquement fatigué après une tournée, évidemment, car tu restes éveillé tard, tu n’as pas suffisamment dormi, tu dors mal et tout, mais d’un autre côté, nous faisons la chose la plus géniale qui soit, c’est-à-dire jouer devant des fans de heavy metal. Je ne peux pas m’en plaindre [petits rires]. Donc bien sûr, tu peux être un peu fatigué mais tu relativises et tu penses à ce que tu pourrais être en train de faire à la place, alors cette fatigue disparaît très vite. Je veux dire que c’est beaucoup de travail et ça fait de nombreuses années que nous faisons ça mais c’est facile à faire lorsque tu aimes ce que tu fais ! Même si tu dois investir beaucoup de temps, de sueur, de sang et de larmes, si tu aimes, c’est très simple. D’un autre côté, je suis très paresseux pour certaines choses. Je n’écris pas tout le temps de la musique, je ne suis pas très inspiré lorsque je suis sur la route, je préfère garder ça pour lorsque nous avons vraiment réservé le temps de studio. Je ne m’entraîne pas autant que je le souhaiterais, car pour ça aussi je suis un peu fainéant. Donc il y a plein d’aspects pour lesquels je suis fainéant, mais à la fois, je ne déconne pas avec ma musique et je m’assure que je sonne vraiment bien, que nous sonnons tous vraiment bien ; c’est très important pour nous. Je veux dire que dès que nous sommes sur scène, nous voulons nous assurer que nous sonnions le mieux possible et que nous ayons l’air beaux – bon, aussi beaux que nous le pouvons [petits rires] – afin d’offrir un show de qualité constante. Pour ça, je ne suis pas paresseux, c’est plus pour des choses moins importantes que je le deviens.

Qu’est-ce que tu as ressenti lorsque le bassiste Peter Iwers a quitté le groupe, à peine un an après le batteur Daniel Svensson ?

Faire partie de ce groupe, ça craint uniquement lorsque tu perds des membres. Donc ça faisait chier, évidemment, lorsqu’il a quitté le groupe, alors que ça faisait dix-sept ans que nous faisions ça ensemble, nous avons voyagé dans le monde entier, rencontré plein de gens et foulé plein de scènes… Mais si quelqu’un ne souhaite plus en faire partie, alors je le respecte. Pareil lorsque Daniel est parti, pareil lorsque Jesper [Strömblad] est parti, tous ces mecs… Ça craint parce que ce sont parmi nos meilleurs amis ! Mais à la fois, c’est un défi. Tu veux toujours avancer, et les mecs qui ne sont plus avec nous, ils sont partis pour une raison, et nous allons de l’avant, en appréciant ce que nous faisons. Et nous nous sentons chanceux de pouvoir continuer à faire ce que nous faisons. J’aime trop ça pour dire « je ne vais plus le faire ». Je pense que nous avons encore plein d’albums en nous, nous allons sortir encore plein de chansons, et nous allons nous faire plaisir.

Vous avez récemment ouvert pour Disturbed et Avenged Sevenfold en Angleterre. J’imagine que ça ne vous arrive plus très souvent d’être une première partie. Du coup, est-ce un challenge de vous retrouver dans ce genre de situation maintenant ?

Avec les années, nous avons tout fait. C’est l’un des trucs qui est cool à propos de ce groupe, nous sommes à l’aise dans n’importe quelle situation. Si ça signifie que nous devons ouvrir, alors nous pouvons le faire, si nous estimons que c’est une idée suffisamment bonne. Et la tournée Avenged Sevenfold / Disturbed était une merveilleuse opportunité pour nous, évidemment. Nous avons touché plein de gens qui viennent aux concerts d’Avenged Sevenfold ! C’était donc une bonne opportunité, alors nous avons évidemment accepté. Les conditions sont correctes, je ne suis pas très difficile. S’il y a des gens qui veulent nous voir ou pensent devoir écouter ce que nous faisons, alors nous jouerons devant eux ! Evidemment, tu dois faire avec le temps qui t’est accordé. Si tu es en tête d’affiche, alors tu as plus de temps pour faire des choses spéciales, des choses que tu ne ferais pas normalement si tu n’avais que quarante-cinq minutes, si tu as de la chance. Mais les deux circonstances représentent des défis. Tu veux en tirer le maximum, que tu aies une heure et demi ou quarante minutes. Tu t’y prépares différemment mais au final, le but est de t’assurer que tu t’éclates et que les gens qui sont venus nous écouter et nous voir s’éclatent aussi, et que la connexion avec eux s’établit, d’une certaine façon.

Vous n’avez pas joué beaucoup de chansons de Battles encore. Est-ce difficile de trouver le bon équilibre dans la setlist entre les vieilles chansons que les fans veulent entendre et les nouvelles chansons qui, pour le groupe, paraissent plus fraiches à jouer ?

Il est clair ça ne devient pas plus facile avec le temps ! [Petits rires] Je veux dire que plus tu as de chansons dans ton répertoire, plus ça devient difficile, car tu veux tout jouer, n’est-ce pas ? Tu veux jouer un peu des vieux trucs, tu veux jouer un peu des trucs du milieu de carrière et puis des nouveaux trucs, mais si tu n’as qu’une heure et vingt minutes, en l’occurrence, et que tu as sorti douze albums, ça ne va pas faire beaucoup de chansons par album. Donc ce que tu veux essayer de faire, c’est trouver un bon équilibre et glisser quelques nouvelles chansons, pendant que tu en retires d’autres qui sont plus vieilles, et essayer de faire un mélange. Mais ouais, ça ne s’arrange pas avec le temps, c’est tout ce que je peux dire [petits rires].

« Je ne suis toujours pas super à l’aise sur scène car tu n’es pas censé l’être, autrement tu commences à devenir paresseux. »

L’année dernière marquait les vingt ans de The Jester Race, et cette année marque les vingt ans de Whoracle… Mais on dirait que vous n’êtes pas le genre de groupe à vraiment célébrer les anniversaires, et pourtant c’est quelque chose qui semble assez lucratif étant donné le nombre de concerts anniversaires que nous voyons de nos jours. Quel est ton sentiment à propos de ces anniversaires et ce genre de célébrations ?

Je pense que tous les groupes sont différents. Je pense que nous célébrons constamment notre histoire ! Car c’est quelque chose que nous avons toujours avec nous, nous ne l’avons pas perdu. Je ne suis pas en train de dire que les autres groupes ont perdu leur histoire, absolument pas, parce que je me suis rendu à un paquet de ces concerts anniversaires et ils sont fantastiques et magiques à tout point de vue. C’est juste que je pense que nous sommes dans un état d’esprit différent. Nous voulons continuer à chercher et explorer, et trouver de nouvelles manières de faire ce que nous avons fait pendant de nombreuses années, et ça pourrait vouloir dire que nous changions un peu notre son ou que nous changions ou mettions plus l’accent sur les mélodies ou que nous changions de producteur ou de studio, et profiter du voyage ! Donc je ne suis pas contre ce genre de choses, c’est juste que je ne trouve vraiment pas que ce soit quelque chose d’intéressant pour nous à faire.

Qu’est-ce que ces deux albums, The Jester Race et Whoracle, représentent pour toi ?

Evidemment, The Jester Race était le premier album sur lequel j’étais, donc c’est ça représente beaucoup. C’était la première fois que j’étais en studio à parler avec des gens qui savaient vraiment ce qu’ils faisaient. J’ai énormément appris de cette expérience et je suis super fier de cet album. Je jouais de la batterie à l’époque, sur les deux albums The Jester Race et Whoracle, mais étant guitariste, j’ai en fait pu aussi écrire et enregistrer un peu de guitare sur les albums. Donc pour moi, c’était absolument magique, bien sûr, et important aussi, parce que je pense que c’est un peu là que nous sommes devenus un groupe. Avant ça, j’avais l’impression qu’In Flames était plus un projet parallèle de Jesper où il pouvait donner vie à ses idées, ses chansons, avec Glenn [Ljungström] et Johan [Larsson], évidemment, car il ne pouvait pas le faire dans les autres groupes qu’il avait. Donc je pense que lorsque moi et Anders [Fridén] avons rejoint le groupe, nous avons commencé à tourner et donner des concerts, nous avons commencé à composer de la musique, nous avons sous-accordé les guitares, nous avons commencé à répéter et nous sommes devenus un groupe plus qu’un projet. Voilà le sentiment que j’en ai, mais chaque album que nous avons fait jusqu’à présent est extrêmement important parce qu’il nous a construit pour devenir ce que nous sommes aujourd’hui. Je veux dire que si tu considères le temps que nous avons passé à faire ça, j’ai été dans ce groupe plus de la moitié de ma vie ! Je l’ai rejoint lorsque j’avais dix-neuf ans et j’en ai maintenant quarante. Donc pour moi, c’est toute ma vie ! C’est ce que j’ai fait, et je ne vais pas laisser… Je ne vais pas faire quelque chose que je n’aime pas faire pendant plus de la moitié de ma vie. Donc chaque album est très important, ça m’a amené ici.

Tu as mentionné le fait que tu étais batteur sur ces deux albums, et ensuite tu as pris la guitare sur Colony, pour finalement devenir aujourd’hui le guitariste lead du groupe. Le fait d’être derrière la batterie au fond de la scène doit être une expérience très différente d’être le guitariste lead sur le devant de la scène. As-tu été tout de suite à l’aise lorsque tu as changé de position ou est-ce que ça a pris plusieurs années ?

Je dirais que ça a pris quelques années, évidemment, pour… [Petits rires] En fait, je ne suis toujours pas super à l’aise sur scène car tu n’es pas censé l’être, autrement tu commences à devenir paresseux. Je suis un peu nerveux, j’ai un peu la boule au ventre, et ça te force à t’entraîner. J’ai mentionné plus tôt que j’étais fainéant et il est clair que je ne veux pas avoir l’impression de ne pas savoir ce que je fais lorsque je suis sur scène [petits rires]. Donc le fait d’avoir le trac, ça me rappelle que « ok, j’ai intérêt à m’échauffer comme il faut, j’ai intérêt à m’entraîner sur ci et ça, parce qu’autrement je vais le foirer… » Ceci étant dit, le fait de jouer de la batterie était quelque chose très physique, même si jouer de la guitare, chanter, jouer de la basse, ou peu importe, est également physique, mais le batteur est constamment en train de faire de la musculation [petits rires]. Et c’est aussi beaucoup de travail. Et je n’ai jamais vraiment été batteur, c’est juste que je n’étais pas aussi mauvais que l’était Jesper ! Donc je me suis retrouvé à jouer la batterie [petits rires]. Mais j’ai toujours voulu jouer de la guitare, donc j’étais très content lorsque le changement s’est produit.

As-tu une routine particulière pour te préparer avant les concerts ?

Moi, Niclas [Engelin] et Joe [Rickard], notre batteur, nous répétons ensemble ; nous jouons pendant quelque chose comme une heure et demi avant de monter sur scène. Nous nous échauffons, ensuite nous nous retrouvons pour jammer et ce genre de choses, et puis nous commençons à jouer quelques chansons dont nous trouvions qu’elles n’étaient pas à cent pour cent comme il faut. Donc nous les jouons et nous essayons de les améliorer. Nous nous assurons qu’elles sont vraiment carrées et bien au tempo lorsque nous montons sur scène. J’aime faire ça, et puis boire quelques bières.

Penses-tu que le fait d’avoir été batteur te donne une vision et une approche différente de la composition ?

Je suis convaincu que le fait de comprendre d’autres instruments t’aide dans ta composition ; j’en suis absolument sûr. La dynamique, ce qui est possible et pas possible… C’est très facile d’être là et programmer ta batterie, et puis montrer ça à ton pauvre batteur qui est censé avoir huit bras et six jambes [petits rires], car ça sonne génial mais ce n’est pas possible de le jouer. Donc pour des choses comme ça, ça aide. Je pense aussi que tu apprends beaucoup sur la dynamique si tu apprends d’autres instruments. Ça m’a aidé dans ma façon de composer, peut-être que ce n’est pas pour tout le monde mais moi, ça m’a clairement aidé.

Interview réalisée par téléphone le 6 mars 2017 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos promo : Patric Ullaeus.

Site internet officiel d’In Flames : www.inflames.com

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