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Live Report   

In Flames n’en fait qu’à sa tête


Ah, In Flames. En préparant le concert donné par le groupe suédois le 28 mars dernier à l’Alhambra, nous sommes tombés sur un commentaire YouTube d’un internaute qui affirmait, comme beaucoup de fans de la première heure, ne pas se retrouver dans l’évolution musicale d’In Flames qui, toujours pour l’internaute mentionné ci-dessus, n’était jamais parvenu à proposer des disques au niveau de Clayman (2000) qu’il considérait comme un chef d’œuvre absolu.

A vrai dire, malheureusement pour tous ceux qui partagent son opinion, Anders Fridén et ses collègues s’en fichent un peu et affirment même à longueur d’interviews que ressasser sa période death-mélodique d’antan n’a pas d’intérêt. Aujourd’hui In Flames n’est plus un groupe de death metal mélodique, il est devenu un groupe de metal mélodique/alternatif qui n’a d’ailleurs pas célébré en grande pompe les 15 ans de son album phare évoqué plus haut – ni les vingt ans des non moins classiques The Jester Race et Whoracle – alors que d’autres formations ne se seraient pas privées de jouer sur le côté rétro de ses disques phares pour plaire aux fans. A ce titre, et même si on considère que la première partie de carrière des Suédois est la meilleure, il est à noter que le choix d’In Flames de mener sa carrière comme il l’entend est respectable car, pour le coup, il s’agit d’un vrai choix artistique. Son public s’est renouvelé et si les fidèles de la première heure sont probablement moins nombreux qu’au début, l’Alhambra était malgré tout remplie copieusement pour assister à ce concert qui aura confirmé un constat fait dans cette introduction : In Flames est un groupe qui surprendra toujours en prenant le parti de n’en faire qu’à sa tête.

Car ce show de l’Alhambra a été surprenant à plus d’un titre. Déjà par le choix de la salle en lui-même car la configuration de l’Alhambra ne se prête pas forcément à la présence de groupes de metal, d’où le fait que la très grande majorité des artistes de metal se produisent plutôt dans d’autres salles de capacité équivalente comme l’Elysée Montmartre, le Bataclan, etc. En fait, ce choix singulier s’explique justement par la performance singulière à laquelle aura eu droit le public parisien. Parce qu’In Flames a livré, à l’image d’événements habituellement proposés par la salle qui l’accueillait ce soir-là, un spectacle plus qu’un concert.

A l’approche da la prestation des Suédois, on n’avait d’ailleurs pas bien compris en quoi consistait cet « Evening with In Flames » mis à part le fait que la setlist serait assez fournie avec une vingtaine de titre proposés. Mais en entrant dans la salle, c’est l’agencement de la scène qui a surpris en premier avec la présence d’un canapé et de tapis qui donnaient l’impression au spectateur d’être dans un salon. Après qu’un DJ ait fait partager ses goûts musicaux en bidouillant son ordinateur tout en étant posé sur le dit canapé, les lumières s’éteignent à nouveau pour cette fois un groupe à cordes qui reprendra les tubes d’In Flames en instrumental avec du violon, un violoncelle, etc. Une mise en bouche originale et appréciable qui sera bien reçue par le public.

Et c’est avec « Alias » qu’In Flames entre sur scène en mode punchy pour interpréter ce morceau avec la formation à cordes toujours sur scène. Le résultat est savoureux et puissant, l’arrivée des guitares saturées contrastant évidemment avec les mélodies moins rêches du violon. Pendant que le groupe d’ouverture quitte les planches, on se dit qu’In Flames va en fait proposer un concert normal en restant sur ce mode rentre-dedans… mais ce serait bien mal connaître le groupe ! Ce set n’aura pas cessé d’être entrecoupé de moments aussi exotiques les uns que les autres avec un Anders Fridén qui aura parlé, parlé et encore parlé de manière interminable. Plein de bonne humeur, le chanteur s’amusait par exemple à répondre aux membres du public qui lui parlait tout en servant des bières à ceux qui le demandaient (car un frigo était situé à l’extrémité de la scène). Des palabres qui, si elles étaient divertissantes avaient clairement pour conséquence d’entretenir une cassure perpétuelle. Des coupures quand même frustrantes pour les membres du public qui avaient payé leur place pour voir de la musique.

Le groupe avait d’ailleurs conscience de proposer un concert décalé puisque Anders se moquera gentiment d’un fan qui lui avait dit lors d’un show précédent qu’il voulait entendre du son : « I pay for metal! ». Pourtant comment ne pas comprendre ces fans frustrés par un tel concert où la musique est presque relayée au second plan ? Si la démarche des Suédois est respectable – savoir proposer un show différent où chacun est en mode entre amis comme si on était tous au coin du feu – le fait que le groupe n’ait pas assez expliqué en quoi consisterait le show paraît être un problème, car il est probable que beaucoup de fans présents dans la salle n’avaient pas forcément payé pour voir un spectacle où, finalement, le spectateur regardait d’autres spectateurs boire des bières sur un canapé ! Proposer un show différent c’est bien, qu’il soit aussi spécial est par contre à double tranchant, surtout quand on pense à ceux qui découvraient le groupe sur scène. Si les applaudissements étaient chaleureux et les rires nombreux dans la salle, le set en aura malgré tout déstabilisé plus d’un.

Les Suédois, avec cette tournée, on dû se dire que les fans prendraient plaisir à ce type de spectacle, car il est incontestable que la bonne humeur était de mise avec cette atmosphère chaleureuse et très familiale. Après tant d’années d’activité, on ne peut pas reprocher à un groupe de vouloir tenter des expériences et de prendre des initiatives. Mais sur ce coup, In Flames a été un peu too much à en croire la perplexité des visages autour de nous. D’autant plus que si les cassures étaient très présentes sur la forme de la performance, le fait d’avoir proposé une aussi longue plage acoustique de cinq morceaux à la suite en plein milieu du set fut là encore un parti pris discutable. Deux voire trois morceaux n’auraient-ils pas suffi ? Car du coup, l’audience aura pu constater une cassure de fond (la musique) au sein de la cassure de forme (le spectacle). Côté musique, le public a tout de même pu apprécier le rendu de « Hurt », la reprise très personnelle de Nine Inch Nails, ou le joli traitement du morceau « Through Oblivion ». On retiendra également le titre « Only For The Weak » (interprété en mode normal) et d’autres baffes comme « Come Clarity », « Paralysed » ou encore « Cloud Connected ».

Conclusion de tout cela : In Flames, comme beaucoup de groupes, est meilleur en musique qu’en humour et ceux qui attendaient de cette prestation un concert normal devront donc attendre la prochaine tournée.

Photos prises au Hellfest 2015 par Loïc « Lost » Stephan.



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