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Chronique   

In The Woods… – Diversum


En 2016, In The Woods… opérait un retour inattendu, après une quinzaine d’années d’inactivité, avec Pure, un album qui reprenait assez platement les choses où le groupe les avait laissées en 2000, sans retrouver l’étincelle d’alors, et sur lequel le chanteur James Fogarty prenait la place de Jan Kenneth Transeth sans retrouver sa passion. Puis les frères Botteri, cofondateurs du groupe, le quittèrent à leur tour et ce fut un line up presque entièrement nouveau, à l’exception du récemment arrivé James Fogarty et du batteur Anders Kobro, seul membre originel restant, qui enregistra l’album Cease The Day, marqué par le retour d’éléments extrêmes et un regain d’énergie général. Autant de facteurs qui donnaient à cet opus l’allure d’un nouveau départ pour le In The Woods… deuxième version, après celui un peu poussif incarné par Pure, mais l’élan sembla retomber lorsque James Fogarty quitta aussi le groupe en fin d’année dernière. L’apparente renaissance du groupe commença alors à ressembler à une lente extinction et il aurait été difficile de prédire son avenir, après la perte de son nouveau chanteur, guitariste, bassiste, claviériste et co-compositeur.

On ne peut s’empêcher d’accueillir un nouvel album d’In The Woods… sans mesurer ce qui le sépare des débuts du groupe et, à ce jeu, Pure et Cease constituaient d’honorables mais modestes productions de la part d’une formation qui avait atteint des sommets. Contre toute attente, Diversum les surpasse et s’affirme comme le meilleur album du groupe depuis son retour. Une de ses réussites majeures est d’ordre vocal, avec l’apport très convaincant du nouveau chanteur Bernt Fjellestad. Le Norvégien fait preuve d’une grande polyvalence, excellant autant dans le chant clair que dans le chant guttural ou crié et déployant une pluralité de registres qui correspond à la richesse musicale d’In The Woods… Son aisance donne lieu à des variations vocales assez surprenantes. « Moments » offre un très réussi dialogue entre couplets emphatiques à la tonalité heavy et refrain en chant crié. Sur « We Sinful Converge », le chant mélodique aux intonations gothiques mue en vociférations black, puis s’élance vers des hauteurs heavy. Épousant la versatilité progressive de « The Malevolent God », un grave chant clair à la beauté majestueuse s’y métamorphose sans rien perdre de son intensité en un grondement death puis en un cri black hargneux pour finalement conclure dans un vibrant lyrisme power metal.

Le personnel a beau changer, la qualité de l’écriture demeure une constante chez In The Woods… Les compositions de ce nouvel album ne font pas exception, prolongeant et renforçant les qualités retrouvées avec Cease The Day : le chant extrême, toujours présent, est davantage équilibré avec des parties de chant clair de toute beauté et le dynamisme de l’ensemble, épaulé par ce large nuancier vocal, est accentué. Sans renouer avec les expérimentations progressives d’Omnio et Strange In Stereo, Diversum est l’œuvre d’un groupe qui ne peut réduire son expression à une seule couleur et qui parvient, grâce à l’expérience acquise par ses membres à travers leurs projets respectifs, à agréger des styles variés d’une façon remarquablement cohérente et fluide. Cette diversité se manifeste avec panache dans « The Malevolent God », où se succèdent dans un même élan dramatique et mélodique un dark metal accablé de mélancolie mais porté vers des échappées atmosphériques et d’âpres passages black-death. On retrouve cette qualité à la fois progressive et épique dans « A Wonderful Crisis », dans un registre cependant différent, In The Woods… y dévoilant des accents hymniques quasiment power metal. Une tournure étonnante, mais rendue d’autant plus convaincante que Bernt Fjellestad la porte de sa prestation une fois encore habitée. Le pouvoir entraînant qu’il parvient à imprimer à la musique du groupe est particulièrement notable dans « Humanity », génial condensé de groove et d’extrême, d’énergie et de sombre massiveté.

On peut relever qu’un seul membre restant de son line up originel, In The Woods… aurait pu changer de nom ; on peut regretter que musicalement aussi, le groupe se soit considérablement éloigné de ce qu’il produisait dans les années 1990, mais en réalité, ce serait oublier qu’il n’a jamais cessé d’évoluer et de se transformer en combinant de diverses manières ses éléments constitutifs. C’est ce goût pour le renouvellement qu’In The Woods… résume intelligemment à travers le titre même de ce sixième album, traduction en latin de « différent », et qu’il parvient, sans oser l’audace avant-gardiste de ses jeunes années, à honorer brillamment.

Chanson « Master Of None » :

Chanson « The Malevolent God » :

Chanson « A Wonderful Crisis » :

Album Diversum, sortie le 25 novembre 2022 via Soulseller Records. Disponible à l’achat ici



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