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Interview   

In This Moment tisse sa toile


Avant la sortie de l’album Blood en 2012, In This Moment était au pied du mur, après avoir perdu deux membres et son manager Rob « Blasko » Nicholson. Dans l’entretien qui suit, la chanteuse Maria Brink nous explique comment après cette période difficile les doutes ont laissé place à un lâcher prise. Le groupe n’avait plus rien à perdre et s’est offert la liberté ; liberté de ton, liberté de création. Et on peut dire que la transformation s’est poursuivie avec le nouvel album Black Widow, sorti récemment via la nouvelle maison de disque Atlantic Records, où le groupe s’assume sous toutes ses facettes, surprend même parfois par ce qu’ils osent. Une formation de parfaits « entertainers » qui compte bien pousser le bouchon aussi loin qu’ils le pourront. A commencer par les shows qu’ils comptent bien rendre « de plus en plus spectaculaires », comme on avait pu le voir avec celui, impressionnant, immortalisé sur le DVD Blood At The Orpheum.

Brink nous parle donc de tout ceci, de l’album Black Widow, et fait le point sur l’état d’esprit actuel du combo et où on pourra l’attendre à l’avenir.

« C’était quitte ou double, soit notre groupe était foutu et nous devions laisser tomber ou alors c’était l’opportunité de nous libérer de toute peur et de toutes les attentes des autres, de nous réinventer et vraiment aller au fond de nous-mêmes. »

Radio Metal : Dans une interview réalisée l’année dernière, Chris Howorth avait dit que la manière dont vous aviez travaillé sur Blood était différente des albums précédents, car vous n’aviez que quelques idées et finalement vous avez composé la plupart des chansons en studio. Est-ce quelque chose que vous avez reproduit pour cet album ?

Maria Brink (chant) : Oui, nous nous sommes rendu compte que c’était cette manière de travailler qui fonctionnait pour nous, parce que lorsque nous sommes entrés en studio, nous sommes coupés du reste du monde. Il n’y avait plus que nous dans le studio, et nous pouvions créer et jouer pour nous-mêmes.

Tu as déclaré que « dans ce nouvel album il est question de trouver sa faiblesse intérieure et de la transformer en force ». Est-ce que tu es personnellement passée par ce genre de « renaissance » récemment ?

Je pense qu’il s’agit surtout de la manière dont j’ai appris à accepter la part secrète de ma personnalité. Je pense qu’on pourrait parler de ma folie intérieure. Avant, j’étais du genre embarrassée ou alors j’essayais de cacher les parties de moi-même les plus sombres ou ce que j’appellerais mon côté dément [petits rires]. Il s’agissait d’apprendre à accepter ces choses en moi et de voir leur beauté au lieu de me considérer comme sainte ou damnée, et de se rendre compte que ces côtés plus sombres et tordus de moi-même font de moi l’artiste que je suis et m’aident en donnant de l’émotion à ma musique et à ma voix.

Je suppose que le single de cet album, « Sick like Me », parle de toi ?

Ouais, la veuve noire [NDT : Black Widow, nom de leur album] et tout ce que je fais en général sont des représentations métaphoriques de qui je suis et de ce que je fais. Peu importe le genre musical, je pense que c’est très important pour un chanteur de s’assurer que l’émotion impacte ce qu’il chante. Pour moi, ce qui est le plus précieux dans notre musique c’est que ça mêle des émotions et des gens. Tu peux ressentir cette chose, ça te donne la chair de poule parce que [ce que nous racontons] est vrai et les gens s’y rattachent plus facilement.

Est-ce que ce dont nous parlions tout à l’heure, transformer tes faiblesses en forces, est aussi une métaphore concernant le groupe ; vous essayez de sortir de votre zone de confort d’un point de vue musical sur cet album ?

Non, enfin sous un certain angle probablement. Peu importe qui tu es et quel type d’art du crées, je pense que nous faisons en sorte d’évoluer en tant qu’artiste. Nous voulons conserver cet élément de surprise et cette capacité à créer quelque chose de neuf et de frais. Je suppose que nous ne voulons pas être prévisibles ou recréer le même type de choses encore et encore. Nous aimons donc permettre que ça évolue. Il s’agit surtout de laisser grandir et d’évoluer.

Vous avez ajouté de nouvelles sonorités à votre musique, vous avez changé la manière de composer vos albums et vous avez signé un nouveau contrat avec Atlantic Record. Il semblerait que vous ayez eu besoin de vous réinventer, est-ce le cas ?

Je pense que tout a plus ou moins commencé lors de l’enregistrement de notre dernier album [NDLR : Blood sorti en 2012], lorsque deux membres ont quitté le groupe et que notre management nous a laissés tomber. Il s’est produit quelque chose de vraiment particulier, dans un premier temps c’était assez traumatisant et même effrayant, mais c’était quitte ou double, soit notre groupe était foutu et nous devions laisser tomber ou alors c’était l’opportunité de nous libérer de toute peur et de toutes les attentes des autres, de nous réinventer et vraiment aller au fond de nous-mêmes. Nous pouvions faire tout ce que nous voulions sans nous enfermer dans des contraintes. Nous avons commencé comme ça dans le dernier album et nous voulions garder cette dynamique dans le nouvel opus, garder cette idée. Il s’agit de voir cette liberté, il s’agit de musique, il s’agit de faire ce que nous voulons faire sans avoir à nous dire « nous devons rester comme ça, nous devons faire ceci… »

« Je ne fais plus de concerts normaux ! [Rires] […] A partir de maintenant il y aura uniquement des grosses productions et je ne ferai pas marche arrière. »

Est-ce que vous êtes ouvert à tout, musicalement parlant, avec ce groupe ? Est-ce que nous pouvons nous attendre à ce que vous alliez plus loin dans vos expérimentations, et même faire des choses vraiment différentes de ce que vous faites actuellement ?

Je pense que nous conserverons toujours cette facette de nous-mêmes. Pour moi, tout est une question de diversité et faire un album c’est proposer un voyage émotionnel où l’on trouve toutes ces émotions que nous avons tous vécu au cours de notre vie : la tristesse, le chagrin, les sentiments intenses, les sentiments sexuels, les sentiments primitifs… J’aime beaucoup avoir un bon équilibre dans les albums, de manière à vous faire véritablement voyager. Et je pense que nous nous en tiendrons toujours à ça parce que, si on entend trop souvent la même chose au sein d’un album, ça devient ennuyeux. Je voulais que ça fasse vraiment comme des montagnes russes.

Penses-tu que vous auriez pu faire autant d’expérimentations lorsque vous étiez sous contrat avec votre ancienne maison de disque, Century Media Records ?

Ouais, à vrai dire, nous expérimentions déjà de la même manière que sur ce nouvel album sur notre précédent album. Nous allions dans tous les sens : il y avait une chanson intitulée « Whore », nous avions aussi une ballade dessus avec un lent piano…. Même lorsque nous étions au début de notre carrière, nous avions ce panel d’atmosphères, allant de passages lents et doux à des choses plus intenses et agressives. C’est ce genre d’équilibre qui rythme l’album. Atlantic Records n’a jamais cherché à nous retirer ça, et nous avions un peu peur que ce soit le cas au début. Tu sais, on entend souvent des histoires où tu composes tout un album et du jour au lendemain tu dois refaire cet album du début, ou alors tu dois composer soixante-quinze chansons, ou ils essaient de donner telle sonorité à ce que tu fais, tu vois ce que je veux dire, tu dois entendre ces histoires. Eh bien, rien de tout cela ne s’est produit, nous avons fait l’album que nous voulions faire et ils ne nous ont jamais dit qu’ils voulaient que nous fassions, ni ne nous ont dit « pourquoi n’adouciriez-vous pas ça un peu ? » Ils nous ont vraiment laissé faire ce que nous voulions, nous avions ce genre de liberté.

Jusqu’à présent, les seules dates de la tournée du Black Widow sont aux Etats-Unis. Pensez-vous venir en Europe et sur d’autres continents pour la tournée de cet album ?

Oui, absolument ! Et je pense que c’est plus ou moins l’une des principales raisons qui nous a poussé à aller chez Atlantic Records, pour avoir les moyens et le soutien, afin de pouvoir porter notre album dans le monde entier. Et c’est vraiment très important pour nous de passer par ici, d’aller à Paris (ndlr : le 25 février prochain au Trabendo) et au Royaume-Uni et dans le reste de l’Europe, en Australie et au Japon, etc. Nous voulions prendre notre musique, nos concerts, et les jouer ici et avoir la possibilité d’entrer en contact avec le public partout dans le monde, et pas seulement se restreindre aux Etats-Unis – c’est tellement limité et tellement petit, tu sais.

Puisque les gens sont habitués à vous voir aux Etats-Unis, tu n’as pas peur d’aller sur d’autres continents et de découvrir un public complètement nouveau ?

Non, ça ne me fait pas peur du tout. Je pense que si tu te reposes trop sur « comment les autres vont réagir ? » ou « et s’ils ne m’aiment pas ? » lorsque tu fais quelque chose ou que tu donnes un concert, si tu fais quelque chose avec cet état d’esprit c’est comme si tu te sabordais. Je pense que pour être fort, il faut avoir confiance en ta musique, en tes concerts et en toi. Peu importe où tu joues, c’est là que tu trouves la force et cette sorte de magie nécessaire à tout ce que tu fais. Je ne peux pas réfléchir et me dire : « Et s’ils ne m’aiment pas ? » parce que si je me dis ça, et que je vais devant la foule avec cet état d’esprit, ils seront capable de lire ça en moi, ils le ressentiront et ils ne pourront pas avoir l’expérience qu’ils mériteraient d’avoir si je doute de moi assise dans mon coin.

Vous avez sorti votre premier DVD live. Le concert sur ce DVD était très théâtral, avec une installation spéciale sur scène, différents costumes, des accessoires et des danseurs. Ce concert a aussi marqué la première apparition sur scène des Blood girls. Quelles sont vos influences en matière de concerts ?

Je crois que je suis tombée amoureuse de cette représentation et le nouveau show pour Black Widow est vraiment une grosse production. Nous voulions être en accord avec notre propre individualité, être capable de nous tenir à l’écart, de nous éloigner des autres et je pense que mes inspirations remontent loin, d’Alice Cooper à Slipknot en passant par Madonna et Michael Jackson, tous ces gens qui n’ont jamais eu peur de proposer un joli show et mettre en place quelque chose de visuel et stimulant, c’est quelque chose que j’ai toujours eu envie de faire. Je pense que je me suis un peu retenue en me demandant « est-ce réaliste ? » ou « est-ce que je peux faire ça ? » ou « est-ce que les gens vont le prendre au sérieux ? ». Et ça demande beaucoup de travail. Encore une fois, avoir ce genre de moment libérateur comme nous avons pu l’avoir, nous a permis de ne plus avoir peur et faire simplement ce que nous voulons faire. Même si nous n’en avons pas les moyens, je te jure que nous le ferons pas nous-mêmes ! Planches, marteaux, outils… Nous ferons tout ce que nous pourrons pour donner vie à cette vision [petits rires].

Est-ce que le retour à la réalité n’a pas été difficile après des concerts aussi impressionnants ? Est-ce que ça n’a pas été difficile de refaire des concerts « normaux » ?

Je ne fais plus de concerts normaux ! [Rires] Ça appartient au passé ça. A partir de maintenant il y aura uniquement des grosses productions et je ne ferai pas marche arrière, je vais aller de l’avant et faire en sorte que les concerts soient de plus en plus gros et ressemblent davantage à des spectacles, que les spectateurs soient éblouis sur le plan visuel. Je ne ferai pas marche arrière pour retourner à la normale. Sauf pour des concerts genre acoustiques et vraiment intimes, comme des concerts spéciaux. Mais les shows seront de plus en plus spectaculaires.

Interview réalisée par téléphone le 3 octobre 2014 par Metal’O Phil.
Retranscription et traduction : Mariane Monin.
Introduction : Spaceman.

Site internet officiel d’In This Moment : inthismomentofficial.com.



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  • C’est déjà Halloween ??

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  • pas terrible le dernier album…

    [Reply]

  • Franchement ce qu’ils font depuis Blood est bien meilleur qu’avant, même si A Star-Crossed Wasteland gardera toujours une place dans mon petit coeur. Les screams manquent un peu sur le dernier opus, mais cet album reste une bonne usine a tubes en puissance, et tout les nostalgiques du metal 90 à la Manson ou Zombie devraient y trouver leur compte.
    La seule chose qui me rend triste c’est de ne pas pouvoir aller les voir en concert en Février en fait surtout…
    Merci pour l’interview 🙂

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