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Interview   

Incry : échanger et grandir


« Mieux vaut être détesté qu’ignoré » pourrait être la devise d’Incry, pour qui une critique négative, pour peu qu’elle soit bien argumentée, est une base de réflexion pour s’améliorer. Le groupe est donc très à l’écoute des retours et cherche à exploiter au maximum les possibilités d’internet pour échanger avec ses auditeurs et se faire connaître, à une époque où ce moyen de communication a tendance à flouter la différence entre groupe reconnu et groupe émergent.

Kourros, le chanteur du groupe, nous raconte que le groupe a par ailleurs eu du mal à trouver sa place sur des affiches de concert, du fait du style particulier unique qu’il pratique et a donc du souvent faire face à des publics devant lesquels il ne partait pas gagnant. Une expérience assurément formatrice qu’il a accepté d’évoquer bien volontiers dans le cadre de cet entretien.

Radio Metal : Pourrais-tu rapidement présenter le groupe ?

Kourros (chant) : Nous sommes Incry, cela fait dix ans que l’on existe. Même si c’est difficile de nous définir, pour nous, nous faisons du rock. Nous avons des influences diverses qui partent du metal et se dirigent ensuite vers le rock. Cela crée une alchimie. Nous chantons en français. Nous sommes arrivés en 2012 et l’on sort notre deuxième album qui s’appelle ‘Rock.fr’. Il est disponible depuis le 8 octobre.

Pour la promotion de cet album vous avez fait un concert avec le groupe Gotthard. Comment cela s’est-il passé ?

C’était excellent. Les mecs sont super sympa. La position de première partie est toujours délicate sachant que notre style est un style qui diffère par beaucoup de choses, notamment la langue. Finalement on s’est retrouvé face à un public prêt à écouter et à découvrir. Évidemment on ne peut pas plaire à tout le monde mais c’était une super expérience.

« Nous avons eu des problèmes au niveau des programmateurs qui au départ étaient très frileux parce qu’ils ne savaient pas du tout à quoi s’attendre. […] On fait du ‘Incry’, ce n’est pas prétentieux de dire ça, c’est seulement que notre musique est difficilement qualifiable. »

Musicalement vous avez un style bien à vous. Cela doit être difficile de vous placer sur des affiches. Est-ce quelque chose que vous avez ressenti ?

Oui très rapidement. Nous avons eu des problèmes au niveau des programmateurs qui au départ étaient très frileux parce qu’ils ne savaient pas du tout à quoi s’attendre. Ils n’ont pas envie que les gens partent en courant et je peux les comprendre. On fait du « Incry », ce n’est pas prétentieux de dire ça, c’est seulement que notre musique est difficilement qualifiable. On n’entre pas dans les chaussettes de tout le monde.

Vous avez donc plus l’habitude de jouer devant des publics qui ne sont pas forcément ralliés à votre cause et qui n’écoutent pas la musique que vous faites. Ainsi, quels sont les retours que vous avez ?

En général, quand les mecs viennent te voir après c’est qu’ils ont bien aimé, ceux qui ne viennent pas… n’existent pas ! [Rires] En réalité, ils existent car tu ne peux pas toujours avoir que des bonnes chroniques. Cela concerne également les retours au niveau de la presse. Il est aussi important de se remettre en question sur certaines choses. Les retours sont ce qu’ils sont mais je pense que c’est toujours très positif pour nous. La preuve en est que nous sommes toujours là et nous avons tenu grâce à cela, grâce à ce que les gens nous donnent en retour.

Sur votre page Facebook vous relayez absolument tout y compris les chroniques négatives. Considères-tu qu’il n’y a pas de mauvaise publicité ?

Je pense qu’à partir du moment où l’on parle de toi c’est bien. A partir du moment où tu crées un sentiment, et ce quel qu’il soit, c’est bien aussi car on ne fait pas ça pour plaire à tout le monde. En outre, d’une manière générale je peux apprécier les chroniques que j’ai vu. Mis à part quelques exceptions, ce sont des gens qui se donnent la peine d’écouter et donc à partir de ce moment là ils font bien leur travail. Ils peuvent décortiquer notre musique et nous démonter car s’ils le font bien, je dirais que c’est positif. Il faut noter que tu ne peux pas plaire à tout le monde et c’est bien pour nous. Par le passé, certaines critiques nous ont permis de comprendre certaines choses. Tu prends ce que tu as à prendre. Quand le mec te démonte sans chercher plus loin, ça ne mène à rien. En revanche, quand le mec essaie de t’expliquer pourquoi il n’aime pas et ce qu’il n’aime pas, c’est intéressant. Mais on ne fait pas ça pour que le mec vienne nous dire « c’est vraiment de la m*rde ». Nous souhaitons être écoutés, respectés pour ce que l’on fait. Après, les gens ont ensuite le droit d’aimer ou non mais ce qui est appréciable c’est quand ils tendent réellement l’oreille.

On sent dans votre groupe une volonté presque militante d’affirmer votre nationalité. Il y a déjà la présence du « .fr » dans le titre de l’album, le chant en français, la pochette etc. On dirait que vous mettez en avant votre fierté à faire du rock en France.

Pourquoi pas, ce n’est pas ce qui domine mais c’est vrai qu’il y a ça aussi.

« Je pense qu’à partir du moment où l’on parle de toi c’est bien. […] Certaines critiques nous ont permis de comprendre certaines choses. »

Que signifie l’association des termes « rock » et « fr » dans le titre de l’album ? Était-ce l’envie de vouloir valoriser une sorte de « French Touch » ou plutôt de pouvoir dire qu’il est possible de faire du rock en France ?

« French Touch » un peu moins parce que nous ne sommes pas spécialement influencés par les groupes francophones même s’il y a des groupes de metal ou de rock que l’on adore. Cependant tu évolues dans des eaux troubles, il y a beaucoup de monde au portillon, on est sur la toile, on est au même stade que monsieur tout le monde et c’est très bien comme ça. Seulement si tu veux faire de la musique et avancer il faut qu’à un moment donné tu sois communicatif au maximum. Il n’y a pas plus communicatif qu’un .fr ou qu’un point mes c…lles. Cela parle absolument à tout le monde, c’est de l’instantané et l’info passe bien comme ça. Il y a aussi chez Incry ce souci d’urgence qui se retrouve dans le titre « .fr ».

Cette allusion à internet vous symbolise beaucoup puisque vous êtes un groupe qui est extrêmement actif sur Facebook et Twitter. Vous considérez-vous comme un groupe 2.0 ?

[Rires] Je ne sais pas. Nos modèles étaient des groupes à l’ancienne donc dans nos rêves de gamins c’était plutôt « Star System » et les émissions comme ça. Finalement le monde de la musique a complètement changé alors il faut s’adapter et vivre avec son temps. En outre, on se rend compte qu’avec internet nous sommes véritablement connectés à la vie des gens, à ceux qui nous suivent sans qui d’ailleurs rien ne serait possible. Ils ont besoin de s’alimenter avec notre musique et nous avons besoin de leurs retours. Il s’agit véritablement d’un autre mode, cela a complètement muté. Avant, il y avait une énorme part de mystère. Tu découvrais un artiste qui te plaisait bien sur scène où son CD restait presque un objet fétichiste. Maintenant cela se fait au jour le jour, les mœurs ont évolué.

Beaucoup de groupes ont été obligés de se mettre à communiquer via les réseaux sociaux même si, à la base, cela ne leur plaisait pas. En ce qui vous concerne, agissez-vous de la sorte par nécessité ou est-ce plutôt un plaisir ?

Ce sont les deux. Nous avons conscience que c’est une nécessité par conséquent nous ne nous posons pas la question et nous le faisons. Cela fait partie intégrante de nos vies. Après, agir de cette manière devient comme une drogue, tu es habitué donc tu le fais. Ce n’est pas que l’on adore ça mais parfois, c’est comme tout, tu as beau aimer ton boulot à fond, par moment tu le trouveras chiant.

« On est sur la toile, on est au même stade que monsieur tout le monde et c’est très bien comme ça. Seulement si tu veux faire de la musique et avancer il faut qu’à un moment donné tu sois communicatif au maximum. »

Sur la pochette de l’album on voit la forme géographique de la France représentée sur une cible criblée de balles tout autour. De quoi la France est-elle la cible ?

Il n’y a pas une double signification à cette pochette, il y en a une quintuple. [Rires]

Le concept était de partir de quelque chose de très simple, avec deux symboles côte à côte tu vas créer quelque chose pouvant partir dans tous les sens. Sur un plan artistique je dirais qu’il n’y a rien si ce n’est le concept et que le concept est que nous sommes français, que nous chantons en français, que nous vivons en France et que l’on est bien obligé de faire avec ça ! « Rock.fr » représente ce que nous sommes car à l’heure actuelle on ne peut pas nous mettre dans une petite boîte. On a entendu bon nombre de gens nous dire « Mais non, ce n’est pas du rock, c’est du metal ! » ou « Mais non ce n’est pas du hard rock, c’est de la variété ». A un moment, on a envie de dire stop, pour nous, on fait du rock et dans ma tête je suis un rockeur ! [Rires] Pour en revenir à la pochette, l’idée de départ était d’utiliser un carton de tir. Beaucoup de choses ont été faites au niveau du visuel et vu que l’on a un groupe démocratique, cela a donné le résultat que vous connaissez. Il n’y a pas d’interprétation officielle, chacun peut avoir la sienne et elle sera automatiquement bonne. C’est important pour nous que chacun puisse faire la démarche d’avoir sa propre interprétation.

Aucun des coups de feu illustrés sur la pochette ne touche la France, est-ce que cela a une signification particulière ?

Je pense que la France peut aussi être un trou. C’est le centre de la cible et elle représente le carton plein, c’est comme si tu tirais une bonne vingtaine ou trentaine de balles au milieu ou au choix, tu changes d’armes et prends une kalachnikov. A ce moment-là tu auras un trou un peu plus gros ou alors cela fait partie de la cible et nous sommes dans la ligne de mire mais on n’arrive pas à nous toucher. On peut aller très loin dans tous les sens mais ce qui est sûr c’est que toutes les interprétations nous plaisent.

Sur votre page Facebook, vous avez adressé un remerciement à Robert Flynn (Machine Head). De quoi s’agît-il ?

Nous avons rencontré Robert Flynn au Sonisphere et après cela il a discuté avec notre manager. Il n’y a pas de grosses surprises au rendez-vous mais au moins Robert Flynn sait que l’on existe et il a notre album. Cependant, on ne va pas s’attendre à des miracles…

Avez-vous eu des retours de sa part concernant votre musique ?

Pas réellement. C’est difficile à dire car il nous conçoit plus en tant que « groupe français rencontré au Sonisphere et fan potentiel » qu’artiste en tant que tel. Cela étant dit, c’est toujours agréable d’être visualisé par Robert Flynn et qu’il suive notre actualité, apparemment c’est le cas. C’est pour nous un honneur. Voici encore un des miracles d’Internet. Comme je le disais à mon guitariste, Internet c’est un peu comme un bar remplit de vedettes ou de passionnés de la musique qui serait juste à côté de chez toi.

Interview réalisée par téléphone 13 décembre 2012
Retranscription : Isa
Photos d’illustrations : Incry.fr

Site Internet officiel d’Incry : Incry.fr
Album Rock.fr disponible en bacs.



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