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Live Report   

INDICA : CLAIR-OBSCUR À LA FINLANDAISE


Artistes IndicaAkentra
Lieu : Paris
Salle : Nouveau Casino
Date : 13/11/2010
Affluence : environ 250 personnes

Les cinq Finlandaises d’Indica sont des femmes de parole : six mois après l’interview dans laquelle elles nous promettaient un passage en France à l’automne, Jonsu et sa petite bande ont posé leurs valises au Nouveau Casino de Paris en ce pluvieux samedi de novembre. Si le temps laisse à désirer, l’ambiance dans la salle, elle, est exceptionnellement chaleureuse, et le public, venu des quatre coins de la France, fait un triomphe au « groupe féminin le plus célèbre de Finlande » (ce n’est pas moi qui le dis, c’est la banderole en vente au stand de merchandising).

Jugez par vous-mêmes !

Akentra, une découverte toute fraîche

La première partie du concert de ce soir n’avait été annoncée qu’environ trois semaines avant l’événement. Pour beaucoup de spectateurs, Akentra est donc une découverte toute fraîche. Pour d’autres, étrangement, c’est la principale raison de se déplacer ce soir ! En effet, en prêtant l’oreille ici et là, on réalise que certains (une minuscule minorité, mais tout de même) sont venus uniquement pour assister au show des Drouais, sans même connaître le nom de la tête d’affiche. Original…

Tant d’abnégation laissait présager une première partie exceptionnelle. Les espoirs étaient grands et par conséquent, la déception le fut tout autant. Akentra assurait ici son premier concert depuis la sortie de l’album « Asleep », mais pour votre servante, l’expérience fut loin d’être concluante. Au-delà de la musique elle-même (un rock gothique quelque peu répétitif et manquant d’enthousiasme) la présence scénique des musiciens laisse à désirer : à l’exception de Thomas Boileux à la guitare, tous restent cruellement statiques. À la batterie, Steve Tilmant, relégué dans un coin par la faute du kit d’Indica, est même carrément invisible.

Akentra

Les titres s’enchaînent sans réelle communication et le public ne semble pas vraiment adhérer. Les spectateurs répondent aux sollicitations mais l’ambiance reste moins que tiède et les commentaires de Thomas et de Lucia Ferreira, au micro, ne font rien pour améliorer les choses. Au final, ce premier concert parisien n’aura pas été à marquer d’une pierre blanche pour Akentra. Mais comme la suite du concert ne manquera pas de le prouver, le public n’avait de toute façon guère besoin qu’on le chauffe.
Indica : guirlande de Noël-style

Contrairement à leurs aînés de Tarot quelques jours plus tôt, les demoiselles d’Indica ont ratissé large et c’est devant une salle presque pleine que les musiciennes font leur entrée. Vêtue d’une cape verte à la capuche ourlée de guirlandes de Noël (NDLR : ?!), Jonsu Salomaa rejoint rapidement ses collègues et attaque un « As If » tellement pêchu qu’on en oublie bien vite l’intro un peu longuette qui l’a précédé. Avec ses sonorités orientales et ses lignes de chant punchy, le titre fait mouche et électrise la foule d’entrée de jeu. Et comme il faut battre le fer pendant qu’il est chaud, le groupe enchaîne sur « Islands Of Light », dont le nouvel arrangement orchestral n’empêche pas Jonsu d’égrener quelques notes au violon, comme au bon vieux temps de « Vuorien Taa ». La version finnoise était déjà l’un des titres les plus célèbres et les plus appréciés d’Indica, et si l’on en juge par le refrain repris en chœur par le public, cette adaptation anglaise est en train de prendre le même chemin.

Sans doute ce commentaire mérite-t-il une explication. Petit rappel pour ceux qui n’auraient pas suivi : avec leur premier album en anglais, A Way Away, à mi-chemin entre le pop-rock et le metal très soft, les jolies musiciennes nous proposent des versions « mass market » de leurs standards finlandais, sortis voilà des années dans leur pays d’origine. La quasi-intégralité de la setlist proposée ce soir se retrouve ainsi dans la langue du Kalevala sur les précédents albums du groupe. Vous avez tout compris ? Parfait, revenons donc à nos moutons.

Indica : énergie et bonne humeur

L’énergie et la bonne humeur déployées par les Finlandaises font plaisir à voir et pourraient inspirer plus d’un groupe mieux « établi ». En tête de gondole, Jonsu-la-frontwoman sautille de-ci de-là, s’adresse au public entre chaque titre et répète à l’envi combien le public de « la ville de l’amour » est extraordinaire. On a beau connaître le refrain, pour une fois, on y croit : l’émotion ne serait pas à ce point visible sur le visage de la chanteuse s’il ne s’agissait que d’une rengaine bien rodée. Mais ce qu’il y a de bien, chez Indica, c’est que tout le monde participe : Jenny (guitare), Heini (basse) et Sirkku (claviers) assurent également les chœurs et leurs micros leur permettent d’intervenir quand bon leur semble. Jonsu n’est ainsi pas la seule à communiquer avec le public et c’est un plus certain. Seule Laura se fait plus discrète mais c’est malheureusement le lot de tous les batteurs.
Indica : sourire permanent

Si les chroniques du concert relevaient du concours de longueur, il serait facile de gagner avec celle-ci, tant chaque titre interprété ce soir mériterait un commentaire. On pourrait ainsi évoquer le lancer de peluches (petite surprise préparée sur le forum français du groupe) précédant « Nursery Crimes ». Ou la formidable vague d’énergie traversant la fosse dès les premières notes de « Scissor Paper Rock ». Ou la promotion de Jonsu au rang de claviériste le temps de « Mykkä », ce qui permet à Sirkku de se consacrer à la clarinette. On pourrait également souligner le sourire permanent affiché par Jenny et Heini ou la franche impression de camaraderie qui se dégage de ces filles-là. On pourrait. D’ailleurs, on vient de le faire…

Même si Indica s’exporte aujourd’hui à l’international, les Finlandaises ne perdent pas de vue leurs origines et leurs premiers succès. Le public, ravi, aura ainsi droit à deux titres en finnois, dont « Valokeilojen Vampyyri », interprété lors des premiers concerts du groupe mais jamais enregistré avant l’album best-of sorti l’an dernier. Pour l’occasion, Jonsu se met à la guitare, exercice dont elle se sort brillamment. Ce titre très dynamique semble insuffler au groupe encore plus d’énergie, et la chanteuse finira même allongée sur scène, à la grande joie des photographes.

Jonsu Salomaa (Indica)

Après un « Wuthering Heights » qui semble décidément fait pour lui, le groupe encourage les spectateurs à participer à l’introduction de « In Passing », puis met définitivement le feu au Nouveau Casino avec un excellent « Straight And Arrow » (numéro deux sur la liste des tubes, juste derrière « Islands Of Light »). Un petit tour en coulisses pour reprendre son souffle, une petite gorgée de vodka sur le côté de la scène, et c’est reparti pour un tour avec deux titres en guise de rappels. Pour terminer leur show, les musiciennes ont choisi de faire dans le romantisme et offrent à leur public un « Eerie Eden » particulièrement inspiré et bien interprété.

Lorsque la lumière finit par revenir après une outro un poil trop longue et pleine de suspense (reviendront ? reviendront pas ?), le verdict est clair : ce soir, les Finlandaises nous ont offert un quasi-sans faute. Mention très bien, donc, avec pour seul commentaire dans la marge : « penser à raccourcir l’ontro… et à saluer ! ».

En distribuant des flyers vantant le tout nouveau site officiel français du groupe à la fin du set, un membre de la communauté Indica France faisait remarquer : « Je crois qu’on leur a donné envie de revenir ». Ce commentaire résume à merveille l’ambiance générale du concert mais le contraire est également valable : avec cette performance, les jeunes dames se sont constituées un public fidèle. Et la prochaine fois, parions qu’il faudra envisager une salle plus grande !

Indica : à une prochaine fois

Setlist d’Indica :

As If
Islands Of Light
Children Of Frost
Nursery Crimes
Scissor Paper Rock
Precious Dark
Mykkä (version anglaise)
Outside In
Wuthering Heights
Valokeilojen Vampyyri
In Passing
Straight & Arrow

Rappels :

Viimeinen Jyvä
Eerie Eden

Photos : Olivier Gestin



Laisser un commentaire

  • Bonjour,

    Ce fut un merveilleux concert auquel j’ai assisté ce samedi dernier au Nouveau Casino et j’avoue avoir été surpris par la présence sur scène de chacune des membres du groupe (INDICA)qui ont communié avec le public d’une authenticité remarquable.

    Bel article, très représentatif de l’ambiance qui régnait. Les photos sont aussi colorées que les sourires continuels de chacune des membres du groupe.

    Bye.

    [Reply]

  • Salus à tous,

    Je voulais juste souligner le super boulot de Saff pour son live report illustré par de magnifique photos qui font un rendu final particulierement à la hauteur de l’évènement.
    J’apprecie lorsque mes photos sont bien exploités !

    it’s all
    il fallait que je lache le morceaux 🙂

    @+

    [Reply]

    Salut Olivier,

    Alors sâche que Saff est toujours gage de qualité dans ses reports.
    Les photos sont au top aussi.
    Mais aviez-vous les mêmes motivations ? On sent Saff trés fan du groupe. Mais toi Olivier, des bûcherons barbus t’auraient-ils autant inspiré ? 😉

    Au fait, pour RM, c’était bien dans un report récent le line vers plus de photos orientant sur la galerie.

  • Tu notes que les deux ne sont pas contradictoires ! ^^

    [Reply]

  • Le groupe féminin le plus célèbre de Finlande ou le seul groupe féminin de Finlande ? 🙂 🙂 🙂

    [Reply]

    Saff'/RM

    Ah, viens pas chercher la petite bête, hein ! 😉

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