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Interview   

Inglorious a de la suite dans les idées


Marchant dans les pas de Whitesnake et Deep Purple, Inglorious fait partie de ces jeunes pousses qui démontrent que le classic rock n’a pas d’âge ni d’époque. De retour avec un second album, sobrement intitulé II, comme avait pu le faire Led Zeppelin en son temps à seulement un an d’écart. Inglorious en veut et ce ne sont pas les changements de line-up qui les freinent ; c’est d’ailleurs une vieille connaissance qui a fait son retour : le guitariste Drew Lowe qui avait participé à la formation du groupe en 2014 et qui reprend son poste après le renvoi de Wil Taylor.

Nous avons retrouvé le chanteur Nathan James et le bassiste Colin Parkinson à la capitale pour nous parler de tout ceci – le changement de guitariste, l’album, sa conception et les influences -, mais aussi revenir sur l’expérience de James sur les plateaux de télé-crochets, en particulier The Voice UK. Il nous donne ainsi son sentiment sur ces émissions, ses motivations et les raisons de son « échec » qui au final n’en a pas vraiment été un.

« Quand Frontiers Records nous ont dit qu’ils voulaient un nouvel album, j’ai bêtement répondu que je pourrai le livrer pour Noël, ce qui faisait environ sept mois [petites rires]. Donc, en gros, j’étais là : ‘Les gars, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai dit au label que nous avons sept mois !’ [Rires] »

Le guitariste rythmique Wil Taylor a quitté le groupe juste après l’enregistrement de l’album. Que s’est-il passé ? Aviez-vous anticipé son départ ?

Colin Parkinson (basse) : En fait, nous avons dû l’exclure du groupe. Il n’a pas décidé de partir. Ça faisait un certain temps que ça nous pendait au nez, pendant le processus d’écriture de l’album. Il n’avait pas l’air intéressé, il a changé en fait. Nous avons eu quelques problèmes pendant la tournée aussi. Il n’a pas fourni beaucoup de travail pour le nouvel album, ou en studio.

Nathan James (chant) : Il est devenu paresseux !

Colin : Il est devenu paresseux. Il ne répétait pas ses parties. Il n’aimait pas certaines des chansons que nous faisions, qui étaient sur l’album. Donc sa prestation sur ces chansons était vraiment bâclée et j’ai dû refaire certaines de ses parties guitare.

Nathan : Sur deux chansons, c’est ça ?

Colin : Ouais, c’est vraiment dommage. Et ensuite, évidemment nous sommes partis sur la route avec Steel Panther, et c’était génial. Mais des fissures ont commencé à apparaître. Alors nous avons tous décidé qu’il fallait que nous trouvions quelqu’un d’autre.

Nathan : Quelqu’un qui pouvait jouer les morceaux correctement et quelqu’un qui avait l’esprit d’équipe et une personne sympa, et quelqu’un avec qui nous apprécions être. Nous sommes bien plus heureux aujourd’hui que nous l’étions il y a six mois. Je pense que je peux le dire sans crainte. C’est plutôt cool parce que Drew, le nouveau guitariste, est le cousin de Colin ! Ça fait donc trente ans qu’ils se connaissent ! Il connaît notre batteur depuis probablement dix ans. Il y a donc une longue histoire. Et Drew était notre premier guitariste. C’est donc parfait de le retrouver. Nous sommes tous contents, Drew aussi je pense.

Colin : Ça sonne tellement mieux. C’est parfait.

Nathan : Ça sonne génial en live. On s’éclate tellement. Vivement la suite de 2017 !

Comment a-t-il fini par rejoindre le groupe ?

Colin et moi étions dans un pub, très, très ivres [petits rires] juste avant Noël. Oh mon dieu, nous avions tellement bu ! Nous nous disions: “Mais qui est-ce qu’on va choisir ? Qui ? Genre, qui est-ce qu’on peut… Allez, on réfléchit, il faut qu’on trouve quelqu’un !”

Colin : Après ça nous est venu en même temps.

Nathan : Nous nous sommes regardés et : “Drew”. Alors je l’ai appelé pendant que j’étais déchiré et j’ai dit, “Drew, mec, écoute, j’aimerais vraiment que tu reviennes dans le groupe.” Je crois qu’il était tellement choqué qu’il était là: “Euh… quoi ?” et j’ai dit: “Je suis désolé. J’adorerais que tu reviennes dans le groupe. Est-ce que tu pourrais y réfléchir ?” Et il a dit: “Il faudrait qu’on se rencontre.” Donc trois ou quatre jours plus tard, nous sommes allés dans un pub local de mon village, un tout petit pub, nous avons bu quelques bières, nous avons parlé, et il a dit oui, il voulait revenir. C’était bien. Et c’était bien pour Drew parce que l’année dernière était une année très difficile. C’était très marrant mais c’était vraiment difficile, très intense. Nous ne logions pas dans de chics hôtels sympas comme celui-ci, nous étions dans des hôtels merdiques. Donc, pour nous, c’est vraiment bien maintenant d’accueillir Drew à un moment où il n’a pas à faire tout ça [rires].

Colin : “De quoi vous vous plaignez ? C’est cool !” [Rires]

Nathan : Il n’a pas à se plaindre ! Il est revenu directement et tout se passe plutôt bien. Nous n’avons pas de dettes, nous sommes dans une bonne situation.

Pourquoi Drew avait-il quitté le groupe à l’origine ?

Nathan : En fait, il a été écarté, mais pas par moi. Il a été écarté par quelqu’un de la maison de disques avec qui nous avons travaillé, avec qui nous ne travaillons plus vraiment. Il voulait que je trouve quelqu’un aux cheveux longs comme moi pour la guitare lead. Nous nous sommes rendus compte que c’était bien parce que si Drew ne nous avait pas quittés au début, nous n’aurions pas eu Andreas. Pour moi, tout arrive pour une raison.

Colin : Absolument.

Nathan : Et c’est la combinaison parfaite, maintenant nous avons Drew et nous avons Andreas ensemble. Nous n’avons aucune rancune, nous sommes tous des adultes, nous sommes tous des professionnels et nous voulons être dans un bon groupe. Et maintenant nous sommes dans un très bon groupe.

Apparemment, l’album a été écrit très rapidement. Vous avez déclaré que vous avez passé “trois week-ends dans le Somerset, à écrire de 9h à 17h tous les jours.” D’habitude, les groupes passent des semaines, des mois, voire des années à écrire. Est-ce que c’était votre but d’écrire l’album si rapidement ou bien ça s’est passé juste comme ça ?

Il faut que nous soyons ensemble pour écrire. Nous faisons venir Andreas de Suède au Royaume-Uni et nous aimons nous voir, nous regarder, au lieu d’avoir une personne qui fait une démo chez lui, qui fait une démo entière et après t’es là “euh…”. C’est mieux d’être au même endroit et ensuite, cette personne commence à jouer son morceau et nous disons : “Ouais, c’est pas mal, mais si on essayait comme ça ?” Et après tu le changes et ça devient quelque chose de génial, ce qui n’aurait pas été possible si tu avais été aux quatre coins du monde. En plus, ce qui est bien, quand nous nous retrouvons ensemble, quand Andreas vient, nous avons payé son vol d’avion, nous avons payé l’essence pour être ensemble… C’est du travail ! Tu dois te concentrer, tu dois écrire des chansons, et nous travaillons très bien sous pression, en tant que groupe. Quand Frontiers Records nous ont dit qu’ils voulaient un nouvel album, j’ai bêtement répondu que je pourrai le livrer pour Noël, ce qui faisait environ sept mois [petites rires]. Donc, en gros, j’étais là : “Les gars, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai dit au label que nous avons sept mois !” [Rires]

« Tous mes groupes préférés ont les meilleurs chanteurs du monde. […] Je voulais écrire des mélodies où tu pouvais entendre ma voix comme tu entends ces chanteurs. »

Colin : Pas juste l’album, mais les vidéos, tout le visuel, les paroles, tout ça…

Nathan : Absolument tout, et nous avons fait quatre-vingt concerts l’année dernière. C’était peut-être un peu trop mais nous nous en sommes sortis grâce à notre éthique de travail. Nous nous rassemblons, nous écrivons, nous rentrons en studio, nous l’enregistrons très rapidement, et ça reste de la qualité grâce à ça. Nous sommes juste…

Colin : Nous sommes juste plus concentrés pour se mettre dans l’état d’esprit.

Nathan : Nous sommes concentrés. Les gars ne sont pas sur leur ordinateur à la maison à écrire un petit truc et ensuite faire autre chose… Nous nous asseyons, nous savons ce qui va, nous savons ce qui ne va pas, si ce n’est pas bon, nous disons c’est d’la merde, arrête [petits rires], chanson suivante, nous enchaînons très vite.

Mais vous n’avez pas peur d’avoir moins de recul en travaillant de cette manière ?

Colin : Non, parce que je pense que nous sommes…

Nathan : Nous sommes un groupe de scène.

Colin : Nous sommes très objectifs sur notre propre… Concernant la matière musicale, tu veux dire ? Le contenu ? Ouais. Très objectifs. Si quelque chose ne va pas, nous n’allons pas nous leurrer, comme Nathan vient de dire. Nous voulons avancer et progresser en tant que compositeurs et musiciens et tout, nous avons un état d’esprit commun à cet égard.

Cette fois-ci, vous avez fait l’album sans compositeur extérieur et vous avez même produit l’album vous-mêmes. Est-ce que c’était important de faire en sorte que les chansons soient un pur produit du groupe, sans influence extérieure quelconque ?

Nathan : Je pense que oui. C’était génial d’avoir des compositeurs sur le premier album parce que ça a attiré pas mal de gens qui se sont dits : “Wow, ces gars travaillent avec les gars de Whitesnake ou ils écrivent avec Al Pitrelli…” C’était cool. Mais cette fois-ci, nous avions Andreas dans le groupe pour l’écriture et nous ne l’avions pas avant parce qu’il a rejoint le groupe deux semaines avant l’enregistrement du premier album. Donc cette fois-ci, nous avons pu écrire avec lui. Il avait des tonnes d’idées sur lesquelles il avait bossé, Colin avait des tonnes d’idées de son côté, en plus des idées que nous avons quand nous sommes tous ensemble, et ils jouent tous des riffs sur des guitares acoustiques. Du coup, non, c’est venu si facilement, parce qu’il y avait tellement de matière, il y a toujours beaucoup de matière. Nous avons beaucoup de chance.

Colin : Il y avait environ 25 ou 30 chansons pour cet album une fois de plus, qui étaient toutes neuves. Nous n’avons recyclé qu’une seule chanson du premier album, et c’est “No Good For You”. Elle devait apparaître sur le premier album mais elle ne sonnait pas très bien, alors nous l’avons remaniée et retravaillée parce que nous aimions la chanson et elle fonctionnait bien en concert. C’est la seule chanson plus vieille, même s’il elle avait moins d’un an.

Nathan : Elle est aussi sur notre DVD live du Download Festival de l’année dernière… ce qui est assez cool. Si tu achètes le DVD, tu peux voir “No Good For You” à ses débuts.

Comme le premier, cet album a été enregistré live et il n’y a pas d’auto-tune, pas d’overdub, pas de double tracking pour créer un son plus puissant, pas de click, etc. Comment vous préparez-vous pour un enregistrement aussi intransigeant ?

Nous répétons les chansons très intensément avant d’entrer en studio. En plus, nous ne [réfléchit]… Nous ne surjouons pas. Nous savons ce dont la chanson a besoin et nous nous respectons en tant que musiciens, donc si à un moment il faut de la guitare solo, il peut le faire, quand nous pensons que la batterie pourrait être plus intéressante à un endroit, nous le laissons faire. C’est très fluide à cet égard. Personne n’essaye d’être la star, musicalement, plus qu’un autre, nous nous respectons tous et nous respectons les opinions de chacun sur la manière dont ça doit sonner.

Depuis le dernier album, vous avez eu le temps de renforcer l’alchimie au sein du groupe. Avez-vous senti un lien plus fort entre les membres quand vous avez enregistré les chansons live cette fois-ci ?

Ouais.

Colin : Oh ouais, après toute la tournée…

Nathan : Sauf pour Wil.

Colin : Sauf pour Wil. Il n’était pas vraiment là. Mais je pense que nous le savions à cette époque de toute façon.

Nathan : Et l’album rend super bien. Nous avons eu beaucoup de chance que ça ne l’ait pas trop affecté mais je pense qu’au niveau social, c’était génial d’enregistrer l’album à Liverpool et d’être dans une ville si connue pour de la super musique, les Beatles et toutes ces choses passionnantes. Et aussi d’être dans un studio incroyable. Et pouvoir socialiser ensemble c’était très important. Nous enregistrions de 11 heures du matin jusqu’à 10 heures le soir, tous les jours, ensuite nous sortions, buvions des bières ensemble jusqu’à 3 heures et après nous rentrions au studio…

Colin : Peut-être… [Rires]

Nathan : Peut-être ! Et ensuite nous faisions pareil ! C’était ça pendant quelques semaines. Et après que vous, les gars, ayez fait toutes vos parties, c’était facile, n’est-ce-pas ?

« J’ai appris de Freddy Mercury et Axl Rose à faire un show et à ne pas avoir peur d’être extravagant, être un vrai personnage sur scène. Personne ne veut voir jouer quelqu’un qui regarde ses pieds. »

Colin : Ouais, c’était simple comme bonjour. Nous avons enregistré toutes les pistes, toutes les guitares, la basse et la batterie en trois jours et demi et ensuite nous avons juste passé deux jours à faire les claviers et percussions, et après Nathan a fait le chant. Donc ça a duré dix jours, ou deux semaines, je crois.

Nathan : Oui, et nous avons fait un festival en Belgique entre temps. Nous avions fini au studio un soir, nous avons pris la voiture pendant la nuit jusque dans le sud de l’Angleterre, ensuite nous avons pris le train, fait le concert en Belgique, avec Limp Bizkit en tête d’affiche, Slayer, Steel Panther, et nous sommes repartis juste après, nous sommes retournés directement au studio le lendemain [rires]. C’était un peu fou mais c’est comme ça que ça se passe. Nous aimons être en tournée et nous sommes impatients d’entendre les chansons en live et d’entendre le public chanter les paroles. Ça va être cool de jouer dans les festivals cette année parce que les gens nous connaissent un peu mieux que l’année dernière. Les gens étaient là « c’est qui eux ? Ils sont pas mal » mais nous étions nouveaux, alors que maintenant, les gens savent à peu près qui nous sommes. Donc ouais, c’est bien. Et je pense que ces chansons vont vraiment bien marcher en concert aussi.

Quand on écoute l’album, une chose est frappante : le mix est très propre. La basse, par exemple, a un son très audible. Diriez-vous qu’entendre la basse de cette manière est le signe d’un mix réussi ?

Colin : Ah, c’est vrai ?

Nathan : Tu dirais ça, toi ?

Colin : Je dirais que oui, il faut davantage entendre la basse [rires], plus on l’entend, mieux c’est ! C’est vraiment cool. Parce qu’elle est parfois un peu ensevelie sous les claviers, guitares et tout, n’est-ce-pas, mais en fait, je joue de la basse de manière à la faire traverser le mur des guitares et des claviers. Certains le comprennent, et d’autres pas, comme certains ingénieurs du son. Mais Kevin Shirley a travaillé avec mon héros, Billy Sheehan, qui a influencé mon jeu et mon son. Donc je pense qu’il le sait et qu’il la monte un peu.

Nathan : Kevin Shirley est tellement bon.

Colin : Je suis très content. J’ai reçu beaucoup de compliments sur le son de la basse à vrai dire, ce qui est génial en tant que bassiste, de recevoir ce genre de compliments [pouffe de rire].

La dernière fois que nous nous sommes entretenus, vous nous avez dit qu’il était possible que certaines des chansons qui n’étaient pas incluses dans le premier album le soient dans celui d’après. Est-ce qu’il vous reste des chansons de cet album qui pourraient être sur le prochain album ?

Ouais, j’ai pensé au prochain album. En fait, nous sommes rentrés avec quinze chansons, nous avons enregistré quinze chansons. Seules douze ont été finalisées, mixées, avec le chant et tout, mais ce sont trois chansons dont nous sommes toujours très fiers et que nous aimons. Elles ne s’intégraient pas bien dans l’album, il n’y avait pas vraiment de place pour elles. Donc nous avons parlé de la possibilité d’offrir une chanson ou sortir un mini EP plus tard dans l’année aux fans ou quelque chose comme ça. Ouais, c’est bien probable que nous fassions quelque chose comme ça.

L’album s’appelle II. Est-ce que c’est pour faire comprendre aux gens que c’est la continuité directe du premier album ou est-ce que c’est plus dans l’idée des premiers albums de Led Zeppelin, par exemple ?

Nathan : C’est un peu plus Led Zeppelin, ouais.

Colin : Je pense que c’est un peu des deux, cependant. Nous en avons évidemment parlé à beaucoup de monde. Je pense qu’il y a l’aspect continuité aussi. Je pense que certains groupes deviennent un peu, j’essaye de chercher un meilleur mot, mais « prétentieux ».

Nathan : Malins.

Colin : Malins et un peu trop sophistiqués en ce qui concerne les titres d’albums.

Nathan : Ce n’est pas un album de prog. C’est un album de morceaux de classic rock.

Colin : C’est un ensemble de chansons dont nous sommes très fiers. Il n’y a pas un titre de chanson qui pourrait résumer cet ensemble. C’est logique de faire comme une bibliothèque. Un, deux… c’est le plan en tout cas.

Nathan : Et ça sera très classe en vinyle sur le mur quand on en aura quatre, tu sais, genre, parfait…

Il y a beaucoup de Deep Purple Mark III et des premiers Whitesnake quand on écoute votre musique, en particulier cet album, et pas seulement au niveau du chant. Que représentent-ils pour vous ? Est-ce que vous avez tous grandi à cette école ?

Colin : Je ne pense pas que nous ayons grandi avec. C’est quelque chose que nous… Sauf Nathan, à vrai dire, il a grandi avec, c’est un grand fan. Mais j’ai plutôt grandi avec la soul et Motown et tout ça, mais ensuite je me suis impliqué dans cette musique. Quand j’ai commencé à jouer de la musique et découvrir les grands noms de la guitare, je suis tombé sur Whitesnake, Deep Purple. Je pense que ce que nous appris de ces gars, c’est un certain état d’esprit pour jouer une chanson, divertir les gens, être fidèles à nous-mêmes, avec notre son, comme nous le disions, juste avoir une guitare de chaque côté, sans en faire trop. Simplement écrire des chansons que tout le monde peut chanter, aussi.

Nathan : Pour moi, c’est le chant. Tous mes groupes préférés ont les meilleurs chanteurs du monde. David Coverdale, Glenn Hughes, Paul Rodgers, Freddy Mercury, Steve Perry de Journey. J’aime les grands chanteurs. Je voulais écrire des mélodies où tu pouvais entendre ma voix comme tu entends ces chanteurs. Quand tu écoutes “Burn”, tu entends toutes les notes dans une large tessiture, et je trouve que c’est vraiment cool. Je crois que les gens ont un peu arrêté de chanter de cette manière il y a quelques années. C’est très monotone, très facile… Facile, c’est super, mais ce n’est pas marrant ! C’est ennuyeux ! C’est ennuyeux à chanter. Alors que là, quand nous montons sur scène, ça ressemble à une séance de sport. Quand tu sors d’un concert, t’es là “whoa” [pousse un fort soupir]. Tu sens que tu as beaucoup donné et c’est un sentiment vraiment bon.

« [Dans l’émission The Voice UK,] ils recherchaient quelque chose qui choquait. Et avec moi, rien n’est choquant. Quand tu m’entends chanter, tu sais quoi ? Tu vas te retourner et je vais ressembler à une rock star. C’est ce qu’ils ont eu et ce n’est pas intéressant [rires]. »

Et qu’est-ce que tu as appris de ces chanteurs ?

Différentes choses de différentes personnes. J’ai appris de Freddy Mercury et Axl Rose à faire un show – ce sont les raisons pour lesquelles ce sont mes deux plus grands héros visuels, je suppose – et à ne pas avoir peur d’être extravagant, être un vrai personnage sur scène. Personne ne veut voir jouer quelqu’un qui regarde ses pieds. Les gens veulent voir quelqu’un qui court d’un bout à l’autre de la scène comme un fou, en paire de bottes hautes, en train d’agiter ses cheveux. Et je suppose que grâce à Glenn Hughes, David Coverdale et Paul Rodgers, j’ai appris la soul, que le rock’n’roll vient de la soul et du blues et de tous ces bons trucs. C’est là que j’ai trouvé mon amour pour la soul, et donc de Glenn Hughes, j’ai appris à chanter haut. Hughes et Gillan. C’est fascinant quand un gars chante si aigu et que tu l’écoutes, c’est une chose excitante ! C’est si étrange, c’est une chose tellement pas naturelle ! Alors, ça m’a pris du temps pour apprendre à le faire. Mais je pense que j’y arrive maintenant.

Colin : T’en es pas loin, mon pote [rires].

Nathan, tu as participé à des concours de talents comme The Voice UK et Superstar. Qu’est-ce que tu y recherchais ? Quel était ton but ?

Nathan : Je voulais que des millions de gens sachent que je savais chanter. C’est ce qui s’est passé. Je n’y suis pas allé pour gagner. Je ne veux pas gagner une émission de télé-réalité, je voulais juste que les gens m’entendent chanter. Et peut-être, après, je pourrais trouver des fans qui me suivraient, et c’est exactement ce qui s’est produit. Il y a des gens qui viennent à nos concerts qui sont mes fans depuis cinq ans. C’est ce que la télévision m’a donné, elle m’a aussi donné le Trans-Siberan Orchestra aux Etats-Unis, parce qu’ils ont vu mes vidéos de l’émission sur Youtube et ils m’ont embauché, ils m’ont fait venir aux Etats-Unis et ils m’ont donné un visa et j’ai tourné aux Etats-Unis. Je crois que j’ai joué pour trois millions de spectateurs en trois ans. Et après, j’ai fait la tête d’affiche à Wacken avec TSO, donc… Sans ça, sans la télévision, ce groupe n’aurait pas été aussi atteignable. Cela aurait été beaucoup plus difficile de convaincre une maison de disques de nous donner de l’argent en 2016. Bien plus difficile.

À l’émission The Voice, tu n’as pas été au-delà des auditions à l’aveugle. Est-ce que tu as compris pourquoi aucun des juges ne s’est retourné pour toi ?

Non ! Je ne comprendrai jamais. Je suis très content de ne pas avoir réussi, parce que si j’avais réussi, je ne pense pas que nous serions là. Je pense que les choses se seraient passées différemment. Mais, ouais, je ne comprends pas ! Personne ne m’a jamais entendu chanter et s’est dit : « ouais, c’est correct. » J’étais véritablement surpris. Ces émissions ne sont pas réelles, ce n’est pas la vrai vie.

Colin : Ce n’est qu’une mise en scène, n’est-ce pas ?

Nathan : Ouais, et le chant ne compte pas. La raison pour laquelle j’ai participé à cette émission, The Voice, c’est parce que je pensais qu’ils cherchaient une belle voix. Tu sais quoi ? Ce n’était pas le cas. Ils cherchaient une personne moche qui chantait super bien ou ils cherchaient un jeune qui chantait comme un vieux. Ils recherchaient quelque chose qui choquait. Et avec moi, rien n’est choquant. Quand tu m’entends chanter, tu sais quoi ? Tu vas te retourner et je vais ressembler à une rock star. C’est ce qu’ils ont eu et ce n’est pas intéressant [rires]. Je ressemble à ce que je chante, et ils veulent quelque chose de plus inattendu. En plus, le Royaume-Uni, en général, ne comprend pas le rock’n’roll.

Colin : Plus maintenant, non.

Nathan : Pour un pays qui a donné naissance à Zeppelin ou Sabbath, la base du rock, le marché du rock au Royaume-Uni n’est pas un endroit idéal. C’est très triste…

Qu’est-ce que tu retiens de ces expériences et de ces émissions ?

Le respect pour les fans, parce que sans eux, tu n’as rien. Si personne n’achète ton album et personne ne vient à tes concerts, tu n’es pas un artiste. C’est très simple. Il faut le faire pour les gens. Sinon, c’est juste un hobby. Je leur parle tout le temps. J’interagis avec eux sur tous les réseaux sociaux, nous avons des VIPS à nos concerts, les gens peuvent venir nous rencontrer après chaque concert. L’année dernière, nous avons rencontré tous les fans, nous avons organisé une séance de dédicaces. Je veux leur donner quelque chose en retour, parce qu’ils nous donné ça, et c’est vraiment cool.

Colin : Ils ont concrétisé notre rêve. Je sais que c’est un peu ringard de dire ça, mais c’est tellement vrai.

Nathan : C’est vraiment ça. Ces deux derniers jours, nous étions à Cologne pour parler à la presse de l’album que nous avons fait. Aujourd’hui, ici à Paris, et ce soir nous allons sortir, nous allons voir la Tour Eiffel, nous allons boire du vin, nous allons manger de la soupe à l’oignon française. Parce que des gens ont acheté notre album, nous pouvons faire tous ces trucs cools. C’est vraiment spécial et c’est quelque chose que je ferai pour toujours. Rendre la pareille à nos fans.

Interview réalisée en face à face le 14 mars 2017 par Aline Meyer.
Fiche de questions de Nicolas Gricourt et Philippe Sliwa.
Introduction : Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Clotilde Percheminier.
Photos : Ned Nazerali.

Site officiel d’Inglorious : inglorious.com.

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