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Interview   

Inglorious voit l’avenir en grand


Nathan JamesNathan James, ce nom ne vous est peut-être pas familier. Pourtant, il s’est frotté au public populaire anglais via ses passages dans les télé-crochets The Voice puis Superstar en 2012. Néanmoins ces références télévisuelles resteront anecdotiques (il n’a pas dépassé le stade des auditions à The Voice) car, surtout, Nathan James a été enrôlé par le Trans-Siberian Orchestra et pris sous l’aile de l’ex-Scorpions Uli John Roth. Des expériences avec lesquelles le chanteur a pris du galon et a appris le métier de rockeur professionnel. Si bien qu’il a développé un certain goût pour la compagnie des musiciens de haut standing et décidé qu’il était temps pour lui de lancer son propre groupe baptisé Inglorious. Un groupe qu’il veut voir marcher dans les pas des grands du classic rock, à commencer par le rapport organique et authentique à la musique.

C’est ainsi que dans l’entretien qui suit, le chanteur nous parle de ce premier album qui émane d’une passion indéfectible pour le rock véritable, avec ses idoles en ligne de mire, comme pour se rappeler ce qui fait la force de cette musique, et une vraie fierté de voir certaines pointures du genre non seulement saluer son initiative mais également y prendre un peu part.

Inglorious by Nedim Nazerali

« Beaucoup de gens aiment cette musique et apprécieraient l’écouter et assister à un concert où les membres du groupe ont dans les vingt ans et non pas plus de soixante-dix ans [petits rires]. »

Dans ta carrière, tu as eu l’occasion de jouer avec de célèbres artistes et groupes, tels que Jeff Scott Soto, Uli Jon Roth, Steve Vai et le Trans-Siberian Orchestra. Peux-tu nous dire en quoi ces expériences ont été bénéfiques pour toi, en tant qu’artiste ?

Nathan James (chant) : Ça m’a appris à être capable de jouer sur une grande scène ; je pense que c’est quelque chose que les personnes de mon âge n’ont pas l’opportunité de faire. Surtout qu’avec Trans-Siberian Orchestra, nous avons joué devant jusqu’à vingt mille personnes par représentation et cet été au Wacken, il y a avait jusqu’à quatre-vingt mille personnes. Donc, j’ai vraiment appris à jouer et à communiquer avec un grand public, ce qui est très important, car tous mes héros, comme Freddie Mercury, David Coverdale, Axl Rose, c’est ce qu’ils font, ce ne sont pas que des chanteurs, ce sont aussi des interprètes.

Dans un premier temps, comment as-tu fait pour te produire avec d’aussi prestigieux artistes ?

J’ai été repéré par le Trans-Siberian Orchestra. Ils ont vu une de mes vidéos sur YouTube et m’ont envoyé à Miami pour une audition et j’ai ensuite décroché le boulot. Ils ont obtenu mon visa et j’ai commencé la tournée la même année. C’était super et ce grâce au pouvoir de YouTube. Ensuite, d’autres personnes ont vu mes vidéos. Un jour, j’ai eu un coup de téléphone de l’agent d’Uli Jon Roth, me disant : “Écoute, Uli aimerait que tu chantes une chanson avec lui.” Et j’ai dit “D’accord !” [Petits rires] J’ai ensuite fait un album avec lui. Plein d’opportunités incroyables se sont présentées uniquement grâce aux vidéos que j’ai publiées sur YouTube.

Comment le projet Inglorious est-il né ? Est-ce que tu as ressenti le besoin, après avoir joué pour ces différents artistes, de monter ton propre projet ?

Ouais, absolument. Je voulais créer un groupe. Je voulais créer un groupe comme ceux que j’aime. Je voulais retrouver… Surtout au Royaume-Uni, ça manque, il n’y a pas de groupe qui veut être comme Led Zeppelin, Queen ou AC/DC, tous ces groupes que nous aimons tous. Personne ne le fait ! Puis, je me suis dit que si je pouvais trouver d’assez bons musiciens, je le ferai. Parce que, c’est la musique que j’adore. En plus, je pense que beaucoup de gens aiment cette musique et apprécieraient l’écouter et assister à un concert où les membres du groupe ont dans les vingt ans et non pas plus de soixante-dix ans [petits rires].

Peux-tu nous présenter les musiciens avec lesquels tu joues dans le groupe ?

Oui, le groupe est composé de Phil Beaver à la batterie qui est incroyable. Il est gaucher, ce que je trouve assez classe, il a une longue barbe et est le meilleur ami du bassiste. Ils ont joué ensemble pendant dix-sept ans. Son nom est Colin Parkinson. Quand ils étaient adolescents, ils avaient signé un contrat avec la maison de disques de Mick Fleetwood, mais ils ont finalement été lâchés. Ils ont fait quelques tentatives [dans le business] mais ils sont la section rythmique la plus en place que je connaisse ! Tu ne peux pas rivaliser avec dix-sept ans de collaboration. L’autre guitariste est aussi du Royaume-Uni, il s’appelle Wil Taylor. Il est du nord de l’Angleterre. Je l’ai découvert grâce des amis qu’on a en commun. Nous avons planifié une audition, il est venu et a été splendide ! Il joue avec une Gibson Firebird, qui est une guitare qui a vraiment de la gueule. La seule chose qui a été dure à trouver, c’est le guitariste soliste. Je ne parvenais pas à en trouver en Grande-Bretagne. Je ne parvenais pas à trouver une personne capable de faire ce que je voulais ! Après avoir joué avec des artistes tels qu’Uli Jon Roth, Al Pitrelli et Joel Hoekstra, tu développes le besoin d’être entouré de bons musiciens. J’ai alors demandé à mon meilleur ami, qui habite en Suède, de me donner le nom du meilleur guitariste qu’il connaissait et il m’a parlé d’Andreas Eriksson. Je l’ai donc appelé, je lui ai demandé s’il voulait venir pour une audition et a dit “oui”. Il est donc venu et nous a époustouflés ! Il n’a pas quitté le pays, il est resté et a enregistré l’album avec nous.

Tu as d’abord présenté ton projet via la vidéo de “Burn” de Deep Purple. Pourquoi as-tu choisi de présenter une reprise à la place d’une nouvelle chanson ? Est-ce que cela signifie que cette chanson, en particulier, représente l’essence de ce que tu essaies de faire ?

Exactement ! La raison pour laquelle nous avons choisi la chanson “Burn” de Deep Purple, c’est parce que Deep Purple est notre plus grande influence et que c’est une chanson difficile à faire correctement, elle est très difficile à chanter. Nous l’avons faite car nous avons voulu montrer aux gens que nous étions capables de jouer live et qu’il existait un jeune groupe qui était effectivement bon dans ce contexte. C’est à cent pour cent live, sans overdub, sans auto-tune, c’est une unique prise du début jusqu’à la fin. C’est ce que je voulais faire et je pense que j’ai réussi. Nous avons eu de nombreuses critiques positives et les gens ont aimé, surtout Steve Lukather, il nous a dit que c’était génial.

Inglorious - Inglorious

« Les gens t’observent, ils t’encouragent et veulent que tu réussisses. Ça entraîne une grosse pression au moment de monter sur scène. […] C’est exactement comme avec un boxeur. »

Vous avez publié une vidéo pour la chanson “Until I Die”, où on peut voir un boxeur en train de se préparer pour un combat. Dirais-tu que se préparer pour un concert de rock ‘n ‘roll, c’est comme se préparer pour un combat de boxe ?

Absolument ! Je pense que si tu demandes aux chanteurs et à n’importe quels musiciens, ce sera la même réponse : les gens t’observent, ils t’encouragent et veulent que tu réussisses. Ça entraîne une grosse pression au moment de monter sur scène. Soir après soir, tu dois assurer. Donc, je pense que c’est exactement comme avec un boxeur. Tout est une question de détermination et je suis vraiment déterminé à faire ça. J’ai quitté le Trans-Siberian Orchestra pour me concentrer sur ce groupe. C’est un groupe de cinq gars, qui sont très égalitaires dans le projet. Nous écrivons tous les chansons, nous avons produit l’album nous-mêmes, et oui, nous allons nous battre, nous allons faire en sorte que tout le monde le sache que ce groupe existe.

Dirais-tu que l’univers de l’industrie musicale est très difficile, et que si tu veux réussir dans le monde musical tu dois devenir un combattant ?

Oui, absolument, et tu dois travailler dur. Je pense que la chose la plus importante est que tu dois travailler dur pour devenir bon. Si tu veux devenir un grand guitariste, travaille ! Si tu veux être un grand chanteur, travaille ! Tu dois prendre le temps et apprendre. Car, c’est ce qu’on a tous fait. Ce que je veux dire, c’est que Steve Vai n’a pas pris sa guitare et est tout de suite devenu le meilleur guitariste du monde [petits rires]. C’est la même chose pour Steve Lukather, pareil pour tous ces mecs, ils ont travaillé, ont appris leurs leçons et c’est ce que chaque membre de mon groupe a fait.

Dirais-tu que tu continueras à chanter du rock’ n’ roll jusqu’à ta mort, comme le sous-entend votre chanson « Until I Die » ?

Oui, je le ferai [rires] ! Du moment que je peux chanter et parler, je le ferai jusqu’à mes quatre-vingts ans.

Peux-tu nous en dire plus sur le processus d’écriture de l’album ? Car, comme tu l’as dit, tous les membres du groupe ont écrit la musique, donc comment ça a marché entre vous ?

Quelques uns d’entre eux écrivent et m’envoient une démo et me renvoient un morceau instrumental sur lequel poser le chant. Lorsqu’ils faisaient ça, j’étais encore en tournée en Amérique, donc tous les soirs, après chaque concert avec TSO, j’allais à ma banquette dans le bus et j’écrivais des paroles et des mélodies. Ensuite, je leur renvoyais la version avec mon chant. Après la tournée, quand je suis retourné chez moi, nous avons [fait appel à] quelques co-auteurs. Nous avons alors fait une chanson avec Neil Fairclouph, qui joue actuellement de la basse avec Queen ; nous avons travaillé ensemble et nous avons écrit la chanson “Inglorious”. J’ai aussi écrit une chanson avec Joel Hoekstra de Whitesnake, que nous avons écrite quand nous étions en répétions avec TSO, on s’est juste assis un jour et nous avons écrit une chanson qui s’est retrouvée sur l’album. Ensuite, j’ai écrit deux chansons avec Al Pitrelli qui a écrit les riffs. Puis, nous avons fait des chansons avec tout le groupe. Le groupe a écrit six ou sept chansons pendant que j’étais en Amérique, plus deux dernières, “Holy Water” et “Until I Die”, que nous avons écrites ensemble. Ces deux chansons, nous les avons faites tous ensemble dans une pièce chez mon manager. Un jour, nous étions là-bas et les riffs nous sont simplement venus et nous avons fini par écrire deux superbes chansons qui sont désormais sur l’album. Mais, en fait, nous avons écrit trente chansons et nous en avons retenues onze pour constituer l’album, c’était celles qui fonctionnaient le mieux pour le groupe.

Que pensez-vous faire avec les chansons restantes ?

Quelques unes d’entre elles, peut-être, se retrouveront sur le second album mais c’est juste que, des fois, tu commences à écrire des chansons et tu ne sais pas trop où elles vont [petits rires]. Parfois, aussi, certaines chansons sont un peu trop joyeuses ou elles ne correspondent pas à l’album. C’est un album qui sonne assez mature, il a un côté maussade, il n’y est pas que question de sexe, drogues et rock’ n’ roll avec un rythme rapide et direct. Je pense que Steven Tyler l’a bien dit lorsqu’il a dit : “Certains gars sont occupés à se branler. Nous sommes occupés à baiser !” [Rires]. Je trouve que c’est une très bonne citation car je ne veux pas écrire des chansons qui sont uniquement joyeuses, entraînantes et rapides pour séduire les radios. Je veux écrire des chansons que les gens peuvent ressentir et écouter avec un disque vinyle, dans leur salon, assis sur leur canapé juste pour apprécier l’album, apprécier le talent et la façon dont ça a été enregistré, parce que nous l’avons enregistré en live.

Inglorious by Nedim Nazerali

« De nos jours c’est très facile de tricher. C’est tellement facile de faire semblant d’être bon quand beaucoup ne le sont pas. »

A propos de ça, tu as dit que la plupart des albums classiques et mythiques étaient géniaux parce qu’ils ont été enregistrés en live, d’une façon organique. Est-ce que cette sensation te manque dans les albums et les groupes d’aujourd’hui ?

De nos jours, oui, car c’est très facile de tricher. C’est tellement facile de faire semblant d’être bon quand beaucoup ne le sont pas. Alors que sur notre album, tout a été enregistré en une seule fois. Il y a très, très peu d’overdubs. Mon chant a été réenregistré mais la batterie, la basse, la guitare, les claviers, tout s’est fait dans une seule pièce en même temps, et il n’y a pas de piste de clic ou quoi que ce soit.

Selon toi, pourquoi les gens, de nos jours, se préoccupent autant de paraître parfait et préfèrent sacrifier ce qui les rend humain dans la musique ?

Je n’en ai aucune idée mais je trouve que c’est de la merde [petits rires] ! Je n’aime pas ça. Tous mes albums préférés ne sont pas comme ça, il n’y a pas des centaines de couches de guitare et ce n’est pas parfaitement maîtrisé. Les albums que nous aimons comme ceux de Deep Purple, Led Zeppelin, ou l’album Northwinds de Coverdale, ce sont d’excellents albums qui sonnent vivants et palpitants ! Et ça manque ! Dès que tu mets tout sur une piste de clic, dès que tu bornes les gens à travailler comme des robots, tu perds beaucoup d’énergie. Avec un peu de chance, les gens entendront cette énergie quand ils écouteront notre album.

Est-ce que tu voulais que cet album soit authentique, même si cela implique de garder des erreurs sur l’enregistrement ?

Oui, carrément ! Il y a quelques erreurs, les gens les entendent et nous le disent [petits rires], mais on le sait ! Je voulais que les gens entendent ma voix. Je ne voulais pas que les gens entendent une voix qui ne correspond pas à la façon dont je sonne réellement. Je voulais que les personnes qui écoutent l’album viennent au concert et entendent exactement ce qu’ils ont écouté sur l’album, car il n’y a pas assez de groupes capables de ça.

Vous avez commencé à faire quelques concerts. Peux-tu nous dire comment le public a réagi ?

C’était génial. Les concerts ont été supers. Les critiques ont été très positives, même Brian May, qui a regardé une de nos vidéos, nous a dit que nous étions une jeune [version] de Deep Purple avec un nouveau [son mais] très classique, avec de supers musiciens et une belle voix. Nous avons donc déjà de très bons fans ! Et nous avons hâte de partager plus de chansons avec les gens, deux chansons sont seulement disponibles pour le moment mais avant que l’album ne sorte en février, tout le monde aura la possibilité de l’écouter en entier.

Interview réalisée par téléphone le 26 novembre 2016 par Philippe Sliwa.
Retranscription et traduction : Céline Hern.
Photos promo : Nedim Nazerali (2 & 4).

Site officiel d’Inglorious : www.inglorious.com.



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