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Live Report   

Insomnium : un cœur d’or


Cette fin d’année 2019 est chargée pour Insomnium : nouvel album, nouveau line up et nouvelle tournée. Heart Like A Grave, leur nouvel opus, est sorti le 4 octobre dernier, trois ans après Winter’s Gate. Niveau line up, Jani Lamiitainen, qui, depuis 2015, avait remplacé occasionnellement Ville Friman à la guitare, est maintenant membre permanent du groupe. Jani Lamiitainen a joué dans Cain’s Offering, The Dark Element, mais il est aussi l’un des membres fondateurs de Sonata Arctica.

Le 12 novembre, Insomnium et The Black Dahlia Murder nous avaient donné rendez-vous à l’Alhambra, pour le lancement de leur tournée européenne. Il est 20h30. La foule s’est installée tranquillement au balcon, et dans la fosse, les conversations vont bon train. On rit, on trinque, tandis qu’Amorphis résonne dans les enceintes, puis les lumières s’éteignent.

Artistes : InsomniumThe Black Dahlia Murder
Date : 12 décembre 2019
Salle : L’Alhambra
Ville : Paris [75]

The Black Dahlia Murder investit la scène, ou plutôt la demi-scène qui leur est allouée, leur espace – tout comme leur fond de scène – étant coupé par les bâches protégeant la batterie de Markus Hirvonen. « Widowmaker » résonne et Trevor Strnad lève le bras pour galvaniser la foule. Devant la scène, on ressent l’énergie du chanteur, la puissance musicale derrière lui, mais le son est brouillon et sa voix, noyée. Ce n’est clairement pas un souci pour la foule qui se déchaîne dans la fosse. Dès le troisième titre, « Contagion », c’est le chaos. Le circle pit démarre fort et l’on comprend mieux pourquoi il y avait une telle file d’attente aux vestiaires ! La fosse vibre tandis que Trevor Strnad arpente la scène comme un lion en cage. Il ne s’arrête jamais, toujours le bras levé. Avec « Warborn », le rythme ralentit et se fait plus pesant. La fosse se fige soudain, comme suspendue dans le temps, avant de repartir de plus belle. Les mouvements de la foule répondent aux invectives de Trevor Strnad. Les autres membres du groupe sont plus en retrait, chacun semble concentré sur son propre instrument. Quand Trevor Strnad prend ensuite la parole, le décalage est saisissant entre l’intensité animale de sa prestation et la légèreté dans sa voix alors qu’en riant, il invite le public à passer au merch. Puis les premières notes de « Nightbringers » se font entendre et le pit s’enflamme. Le son tourne sous les voûtes de l’Alhambra, puis accélère, et alors que Trevor Strnad se fige au centre de la scène, c’est le public qui se met à tourner. La foule scande les paroles, prend possession du lieu.

Max Lavelle, à la guitare basse, remercie la foule en français tandis que Trevor Strnadt continue à vouloir attraper le ciel. Alan Cassidy, à la batterie, semble si calme, décalé, et à l’opposé de la musique qu’il fait naître. Mais ce qui rend ce concert si vivant, c’est vraiment de sentir le lien qui se crée entre le public et le groupe. À mesure que les chansons défilent, le groupe interagit de plus en plus avec la foule, plaisante, remercie, et surtout, la complicité entre Trevor Strnad et Brian Eschbach se fait de plus en plus évidente. Et cela fait réagir le public. Le pogo est de plus en plus intense et, sur « Everything Went Black », le déchaînement est tel qu’un des spectateurs ressort avec le nez en sang. Le show se termine sur « Deathmine Divine » alors que la scène se pare d’une lumière rouge. Trevor Strnadt continue à arpenter la scène de gauche à droite, mais cette fois-ci, il tourne le dos à la salle puis tout s’éteint. Ce fut intense. Et c’est là que résonne une polka ! C’est efficace pour sortir les spectateurs de leur torpeur post-The Black Dahlia Murder. Et cela rappelle qu’un petit rafraîchissement ne serait pas de refus.

Alors que les roadies s’activent sur scène, la foule se fait plus compacte devant la scène. On discute taxonomie du Death Metal, de la place de Metallica dans les cœurs, après le Black Album, enterrement de vie de garçon, etc. Tout le monde échange et discute en attendant Insomnium. Puis la musique s’éteint, le public commence à applaudir, doucement, puis il accélère, d’une même voix, d’un même rythme. Déjà les pulsations des cœurs s’harmonisent avant l’arrivée attendue d’Insomnium. La musique d’intro démarre et le Markus Hirvonen, seul, debout derrière ses fûts, tape sur son tabouret en suivant le rythme créé par la foule. La musique d’introduction disparaît dans une distorsion et le groupe investit la scène sous les cris.

Le son est plus clair, plus subtil. Les lumières aussi. Aux premières notes de « Valediction », la foule applaudit et ce qui illumine la scène, immédiatement, ce sont les sourires des musiciens offerts au public. Leur joie d’être là est palpable. Ils naviguent sur scène avec aisance, Jani Lamiitainen et Markus Vanhala échangent leur place sur les côtés de la scène avec facilité et naturel. Leur complicité est évidente. Tandis qu’« Into The Woods » démarre, le premier pogo prend vie. Les bras se lèvent, le public chante. Cette chanson d’Across The Dark, album de 2009, emporte l’adhésion immédiate du public. Niilo Sevänen annonce alors une chanson qu’ils n’ont pas jouée depuis longtemps. Ce sera « Through The Shadows » (One For Sorrow, 2011) et la foule explose. Le solo est magique, les musiciens ont toujours le sourire aux lèvres et cela crée une ambiance à la fois chaleureuse et symbiotique avec le public. Dans la salle, on ressent qu’il se passe quelque chose de spécial, que ce moment est beau, touché par la grâce, généré par la joie de chacun de se savoir là.

Le public réagit aux chansons et le groupe réagit à la foule. « Pale Morning Star » déchaîne une nouvelle fois la foule. Les doigts de Jani Lamiitainen et Markus Vanhala courent avec naturel et aisance sur les touches. Leur passion transparaît, légère et libératrice. On vit le moment présent avec force mais les chansons semblent défiler beaucoup trop vite. Ce moment de grâce semble déjà si fugace. Niilo Sevänen remercie le public français, qui a toujours été là pour eux. Le soleil tatoué sur son bras est en accord avec le moment. Moment de calme avec « And Bells They Toll ». Les mouvements du public qui bat la mesure créent un jeu d’ombre, magnifique. La foule se meut au rythme des battements de cœur de la chanson. Markus Hirvonen fait un travail phénoménal, et c’est dans le silence que la chanson se termine. Moment suspendu dans le temps, irréel. « Mute Is My Sorrow » fait bouger au pit. Les gens sourient dans le pogo. La complicité des musiciens est tellement présente et bienveillante. Coups de pied aux fesses, doigt dans les oreilles pendant le solo de Jani, le public, attentif, le sourire aux lèvres, les regarde évoluer et s’amuser. Le concert défile avec cette impression d’en prendre plein les oreilles tout en étant dans un cocon.

Il est 21h57. « In The Groves Of Death » se termine et le groupe quitte la scène. Tout est noir et bleu. Le public hurle, siffle, applaudit et Insomnium reprend sa place sur scène. Toujours avec le sourire, ils trinquent sur scène avant de reprendre. « The Primeval Dark » déchaîne le pogo. Tout bouge, toute la fosse vibre et s’anime. Nous avons la certitude, désormais, de vivre un moment unique, que ce soit dans l’expression de l’unité du groupe ou entre Insomnium et le public. Le groupe sort à nouveau de scène. Les roadies amènent deux tabourets. Murmures dans la salle. La lumière devient blanche et la foule applaudit. Les guitares acoustiques arrivent. Markus Vanhala et Jani Lamiitainen entrent sur scène avec un chapeau de cowboy vissé sur la tête. Ils rient et discutent avant de s’installer. La foule sourit. La salle est silencieuse. Ils nous adressent un « chut » bien inutile, mais joueur, puis ils commencent à jouer « One For Sorrow ». C’est magique. La foule applaudit, doucement, comme pour ne pas briser l’instant. Puis ils saluent, chapeau bas, avant de quitter la scène à nouveau.

Jani Lamiitainen annonce la dernière chanson, « Heart Like A Grave », titre qui donne son nom au dernier album. Le public chante, calme et puissant à la fois. Le chapeau de cowboy change de tête, puis c’est l’outro. Insomnium revient une dernière fois sur scène, sans chapeau ni guitare, pour saluer la foule qui les acclame. Ils prennent leur temps pour dire au revoir, serrer des mains, échanger des sourires et ils quittent la scène de l’Alhambra, bras dessus, bras dessous, dans une complicité qui résume le concert.

Insomnium a su créer une bulle unique avec son public, un moment d’unité, choisissant avec soin des titres connus et aimés mais aussi des titres du nouvel album, efficaces. L’équilibre était parfait, le moment acoustique apprécié. Ce fut une fort belle soirée.



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  • j’étais là aussi ce 13 Novembre à Bordeaux. j’adore ces mecs, j’adore leur musique, c’est mon oxygène , un soirée hors du monde, hors du temps, quel pied !!!! Je serai au Motocultor cet été pour eux

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  • Ils ont joué la moitié ou presque du dernier album, preuve de son efficacité !
    Quel concert (bordeaux pour ma part), et très bonne découverte pour black dahlia murder

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