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Chronique   

Insomnium – Heart Like A Grave


Cela fait depuis 1997 qu’Insomnium s’adonne toujours à la même chose : le death mélodique. Progressivement, les Finlandais sont devenus des figures de proue du genre, comptant pléthore de hits et propulsés sur le devant de la scène grâce à Shadows Of The Dying Sun (2014) et Winter’s Gate (2016). Aujourd’hui, Insomnium ne compte toujours pas altérer sa philosophie, y compris avec la mise en retrait du guitariste-chanteur clair-compositeur Ville Friman ne pouvant plus conjuguer son travail et les tournées – la solution adoptée : intégrer un troisième guitariste, une sorte de doublure, en la personne de Jani Liimatainen (ex-Sonata Arctica, The Dark Element) ayant déjà officié en live. Leur huitième album, Heart Like A Grave, est autant un hommage aux poèmes et aux contes nordiques qu’à la régularité du groupe. Insomnium délivre ce que son public attend : des mélodies épiques comme s’il en pleuvait.

Si Shadows Of The Dying Sun avait accordé une place plus importante au chant clair et que Winter’s Gate présentait l’attrait d’Insomnium pour les concepts, Heart Like A Grave s’aborde de manière beaucoup plus traditionnelle. Exit les petites innovations sonores et structurelles : Heart Like A Grave installera à nouveau l’auditeur dans sa zone de confort – à commencer par l’agencement de l’album, avec ses dix titres et la traditionnelle chanson introductive d’environ trois minutes. Il suffit d’aborder la conclusion de « Valediction » pour arborer un grand sourire et cocher toutes les cases propres à la musique d’Insomnium : guitares surpuissantes, tonalité mélancolique, leads omniprésents inspirés par le heavy et la musique folk, growls caverneux ponctués de quelques éclaircies vocales, batterie rectiligne et intangible. Insomnium a suivi le chemin inverse d’un groupe comme In Flames, plus enclin à accentuer une orientation musicale déjà bien consommée qu’à la modifier entièrement. « Neverlast » est un exemple académique du genre qu’Insomnium a contribué à forger et continue de dominer, hybride entre riffs galvanisants, mélodies enivrantes et plages folk presque atmosphériques. Quand les Finlandais calment le tempo avec « And Bells They Toll », c’est pour mieux appuyer sur la corde émotionnelle, aidés sur le refrain par une voix claire lumineuse. La production est logiquement parfaite en vertu d’un savoir-faire en acier trempé : « Pale Morning Star » laisse entendre tous ses éléments, des arpèges de guitare acoustique aux cordes en passant par les nappes de clavier en arrière-plan d’un riffing lorgnant vers le black metal. Le titre illustre la capacité d’Insomnium à ciseler des compositions progressives (neuf minutes au compteur) sans perdre en intensité. Le groupe parvient à rendre plus épique ce qui l’est déjà, une surenchère bienvenue qui révèle sa subtilité lorsqu’on s’intéresse attentivement aux multiples parties qui forment le tout.

Insomnium a bien tenté quelques petites choses, à l’instar du jeu de clavier plus appuyé sur l’introduction « Wail Of The North », de la mélodie de piano mise en avant sur « Mute Is My Sorrow » et des breaks gothiques de « Twilight Trails ». Rien de réellement novateur cependant. Insomnium a juste fait preuve de davantage de franchise sur des arrangements qu’il a déjà utilisés auparavant. On parcourt un sentier balisé de la première à la dernière note, la force de l’opus résidant uniquement dans le plaisir d’attendre et de revisiter ce qu’on connaît parfaitement. C’est l’intimité avec la musique d’Insomnium qui nous tient en haleine : l’anticipation du riffing d’introduction accrocheur, du pont aux mélodies folk et de la reprise cathartique qui s’ensuit. Tout ça et plusieurs fois, quitte à provoquer parfois une saturation lors des déferlantes de « Twilight Trails » ou de la ligne mélodique entêtante de « Heart Like A Grave ».

Insomnium a refait exactement la même chose qu’il fait depuis plusieurs années déjà, en s’appuyant sur des valeurs sûres. Si on peut regretter le manque de surprise – suivant ce que l’on recherche dans un album –, personne ne peut cependant blâmer Insomnium de se travestir ou de répudier son identité, ni même de perdre ses qualités. Si après tant d’années, le groupe prend autant de soin à répéter les mêmes motifs et à conserver ses caractéristiques, c’est qu’il y a énormément d’affects impliqués. Celui d’une atmosphère nordique singulière, d’histoires qui ont marqué les musiciens et d’une immersion dans les mêmes paysages majestueux et froids. Eux ne se lassent pas, et ceux qui continuent de les écouter sont ceux qui partagent ces mêmes affinités.

Clip vidéo de la chanson « Heart Like A Grave » :

Clip vidéo de la chanson « Valediction » :

Album Heart Like A Grave, sortie le 4 octobre 2019 via Century Media Records. Disponible à l’achat ici



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  • grande fan d’insomnium depuis « Across the Dark », je viens de découvrir « Heart Like A Grave », album commandé mais toujours pas reçu… grrr… mais écouté malgré tout.
    Ces gars là ne me déçoivent jamais
    hâte de les voir à Bordeaux le 13 novembre et hâte de rencontrer d’autres fan ce jour là

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