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Chronique   

Insomnium – Shadow Of The Dying Sun


Insomnium est synonyme de catharsis. Rien d’intimiste, absence de ténuité. Trois credo sous-tendent chacune des compositions du groupe : l’épique, la nostalgie et la puissance ; un titre doit donner envie de sauver le monde s’il en est un. Leurs armes ? Ostinato sur crash, double-pédale ascendante et rythmique plombée agrémentée d’une touche mélodique. Une touche seulement. Recette éculée pour certains, adulée par d’autres. Cependant on se doit d’être franc, attend-on autre chose de la part des Finlandais ? Non. Écouter Insomnium, c’est désormais rechercher une forme d’expertise.

Ainsi leur sixième opus, Shadow Of The Dying Sun, donne avant tout l’impression d’une machine extrêmement rodée sûre de ses rouages, nullement altérée par le départ du guitariste Ville Vänni. L’intro instrumentale « The Primeval Dark » fait paradoxalement office d’ouverture in medias res. Section rythmique en titane, section mélodique qui lui est parfaitement calquée. Épique et puissance, toujours. Le reste de l’ouvrage ne déstabilise aucunement. L’alternance d’accalmies et de passages brutaux est omniprésente, le tout sur des structures qui vont crescendo. Mention spéciale à « While We Sleep », dont les plages calmes subtilement placées font toute la force du titre. Insomnium persiste dans son utilisation plus contrastée du chant initiée principalement lors de l’album précédent. Le refrain clair de « Lose To Night » en témoigne. Des influences black se font sentir à plusieurs reprises et enrichissent la palette rythmique de l’album, flagrantes à l’écoute de « Black Heart Rebellion » et de « The River ». « Collapsing Words » fait office d’exercice académique et délivre tous les codes de composition des Finlandais (tension, refrain grandiloquent et conclusion qui contreplaque magistralement riff lourd et lead-guitar). Et puis il est présent ce titre. Celui qui condense toute l’efficacité du groupe à l’image d’un « Mortal Share » (album Above the Weeping World, 2005). « Ephemeral » remplit à merveille ce rôle : rentre-dedans, concis, précis. Le titre éponyme de l’album sert de conclusion et délivre une fin quasi-harmonieuse avec ses chants doublés, avant de faire retomber l’intensité de tout l’album sur une plage finale atmosphérique.

Insomnium ne surprend donc à aucun moment. Les structures sont répétitives, les procédés toujours les mêmes, les tempos similaires (à l’exception des quelques passages black) et il est très malaisé de faire émerger un titre par rapport à un autre. Rechercher l’innovation chez les Scandinaves ne reviendrait qu’à retenir quelques secondes d’un morceau et à disserter sur le son utilisé à un moment précis, sur les backing-vocals ou autres « cosmétiques » employés. Raisonner ainsi serait se méprendre. C’est le statut désormais reconnu d’orfèvre du death mélodique du groupe qui est à prendre en compte. Délivrer la même chose soit mais le faire extrêmement consciencieusement et efficacement. Qu’apporte au final Shadow Of The Dying Sun ? Du réchauffé ou de l’exemplarité selon les tempéraments. Et une touche mélodique. Une touche seulement.

Ci-dessous le clip de « While We Sleep » :

Album Shadows Of The Dying Sun, sortie le 28 avril 2014 chez Century Media Records.



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