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Chronique   

Intronaut – The Direction Of Last Things


Intronaut - The Direction Of Last ThingsIntronaut est un groupe d’une certaine discrétion, estimé par ses pairs et qui a tourné avec certaines pointures, à savoir Mastodon, Between The Buried And Me et Tool, avec lesquelles il entretient des accointances musicales évidentes. Habitual Levitations (2013), comme Valley Of Smoke (2010) avant lui, avait reçu un excellent accueil de la part des critiques, à raison. Intronaut proposait quelque chose de rare, un mélange d’influences progressives et jazz qui ne donne pas lieu à un simple enchevêtrement de plans avec pour seule cohérence une transition paresseuse. Habitual Levitations frôlait l’excellence. The Direction Of Last Things, le dernier opus des Californiens, fait bien plus que l’atteindre.

La première réussite d’Intronaut est d’avoir su conserver un line-up stable, tant la virtuosité des musiciens est à rappeler. La basse fretless de Joe Lester et le jeu aussi créatif que précis du batteur Danny Walker constituent sans aucun doute l’une des sections rythmiques les plus prolifiques et solides de la musique metal actuelle. La complémentarité des guitaristes Sacha Dunable et Dave Timnick est quant à elle quasi académique. Tout cela, Habitual Levitations le démontrait déjà. Ce que The Direction Of Last Things apporte, c’est un esprit de concision et une volonté de captiver l’auditeur de manière plus directe, en témoigne une production supérieure à tous les autres opus du groupe, plus ample et puissante, tout en conservant l’essence naturelle des instruments : merci Devin Townsend.

Terminées les expérimentations, Intronaut délivre son savoir-faire sans aucune hésitation. Brutal, mélodique, atmosphérique, les sept titres de l’ouvrage se distinguent les uns des autres et s’appréhendent aisément. L’ouverture « Fast Worms » ne tergiverse pas, Intronaut rentre directement dans le vif du sujet avant de s’adonner à un pont jazzy et son solo de fretless : c’est certain, le groupe sait appliquer sa recette sans faux-pas. Pour reprendre les dires de ces derniers, l’important est de créer l’effet « easter egg », soit cacher plusieurs éléments au sein d’un autre les englobant. Intronaut reste ainsi fidèle à sa ligne de conduite : susciter l’effort de l’auditeur. Les 8 minutes de « The Unlikely Event Of A Water Landing » ou de « Digital Gerrymandering » fournissent assez de matière. Pour autant, Intronaut ne veut pas donner dans le cérébral sans contenance. La conclusion de « Digital Gerrymandering » et ses lignes de guitare fait partie de ces moments de musique que l’on réécoute plusieurs fois pour frissonner ne serait-ce que trente secondes, trente petites secondes qui justifient à elles-seules de se procurer l’album. Surtout, Intronaut sait organiser son propos, entrecoupant deux titres purement progressifs par une pièce metal de premier ordre tel « The Pleasant Surprise » et un riff à la Gojira.

Même le « point faible » d’Intronaut, à savoir les lignes de chant qui autrefois avaient un placement plus proche d’un groupe comme Isis et Neurosis – c’est à dire plus épars et basé sur les impulsions rythmiques -, a fait l’objet d’un approfondissement. Sacha Dunable est davantage présent, davantage travaillé aussi (les harmonisations sur « The Unlikely Event Of A Water Landing »), parfois poignant à l’image du refrain scandé du titre éponyme. Les voix hurlées illustrent enfin la force des riffs qu’elles soutiennent, à l’image de certaines envolées sur « Sul Ponticello » qui rappelle des moments du Pelagial (2013) de The Ocean. L’outro de « City Hymnal » qui clôture l’album ne viendra pas le démentir.

Non, The Direction Of Last Things ne semble pas accuser de défauts. Il en a certainement car chacun apprécie la musique à sa manière, simplement ils semblent écrasés par la qualité de la musique que propose Intronaut. Toutes les lectures sont possibles, les férus de technique y trouveront leur compte, ainsi que ceux qui ne cherchent que le simple plaisir d’une émotion. Oui, c’est ce genre d’album qui pourrait donner envie de se lancer dans l’apprentissage de la musique et qui procure une forme de fierté d’aimer le metal.

Album The Direction Of Last Things, sorti le 13 novembre 2015 via Century Media Records.



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