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Nouvelles Du Front   

Iron Maiden : la Trooper à la conquête du monde


Il n’était pas parvenu à siéger avec son beau T-shirt Iron Maiden sur le dos, mais il a finalement trouvé un autre moyen de ramener la Vierge de Fer dans la Chambre. Mike Weatherley, c’est en quelque sorte, pour les Anglais, leur Patrick Roy. Et le regretté député du Nord, grand défenseur de la cause metal à l’Assemblée Nationale, se serait probablement, sur ce point, très bien entendu avec son homologue britannique, membre du parlement sous les couleurs du Parti Conservateur anglais.

En effet, Weatherley, à la fois fan d’Iron Maiden et d’Ale, l’une des fameuses sortes de bière, ce qui en soi fait déjà de lui un député pas comme les autres, a décidé de mettre en avant la nouvelle bière Trooper, récemment commercialisée par Iron Maiden, au Strangers’ Bar, le bar de la Chambre des Communes, équivalent de l’Assemblée Nationale, où siègent les Membres du Parlement. Ainsi, entre deux séances musclées de débats sur des sujets brûlants, les grands représentants du peuple anglais pourront se rafraîchir avec une Trooper et ramener indirectement un peu de Maiden dans la Chambre.

Bien sûr, il ne s’agît pas là d’un député qui use de son pouvoir d’élu uniquement pour concilier ses goûts musicaux et en matière de boissons (enfin, on l’espère pour ses électeurs). Il profite, dans ce cas seulement, de l’ouverture offerte sur la carte du bar à des « bières invitées », programme permettant, comme le parlementaire l’explique sur son site internet, d’attirer l’attention sur des productions petites ou indépendantes venues de tout le Royaume-Uni. Et il encourage donc tous les brasseurs locaux à contacter le bar pour saisir l’opportunité de se faire ainsi connaître au comptoir très select de ce débit de boisson.

Néanmoins, « petite », la bière Trooper, lancée le 9 mai dernier à la Brasserie Cheshire au Royaume Uni, ne l’est pas car elle fait un véritable carton outre-manche. Depuis qu’elle a été lancée dans une chaîne de supermarchés anglaise à travers le pays, les ventes ont explosé et le buzz marketing est énorme. Étant donné que le produit surfe sur le fanatisme des fans de Maiden, plutôt énorme de l’autre côté du Channel, le succès est assuré : les fans s’affichent sur les réseaux sociaux avec la fameuse bière ou même devant les rayons vidés des magasins. Il faut dire que l’imagerie développée autour de cette bière, dont l’étiquette reprend le fameux artwork de ce single de 1983, est particulièrement attrayante pour les fans du groupe mais aussi pour les adeptes d’originalité et de têtes de morts, un concept visuel très à la mode ces dernières années.

Pourtant, à en croire David Bremner, le monsieur Marketing de la brasserie Robinsons, qui a produit 13,3 millions de pintes de bière l’année dernière, le succès de la bière estampillée Iron Maiden vient surtout de sa grande qualité : « Personne n’a jamais lancé une bière au Royaume Uni avec un tel potentiel. La demande continue de grandir à chaque fois que quelqu’un la goûte. C’est purement dû à la qualité de la bière et son très bon goût. » Pourtant il ne cache pas qu’il est difficile d’estimer les ventes dans les mois et années à venir de cette bière. Car même si elle a un goût exceptionnel, ce que nos lecteurs qui l’ont goûté pourront confirmer ou infirmer, il est évident que la brasserie profite de l’effet d’annonce de l’arrivée d’un produit original sur le marché, ainsi que de l’effet merchandising, à savoir une volonté des fans de se procurer un exemplaire d’un objet avec le logo Iron Maiden dessus. Un effet marketing qui, s’il atteint des sommets rapidement, risque de retomber assez vite.

Mais en dehors de l’aspect merchandising évident, il y a cependant eu une vraie volonté des membres du groupe à s’impliquer dans un produit auquel ils tiennent. Ainsi, Bruce Dickinson, le chanteur du groupe, s’est personnellement investi dans le projet, au point d’être stressé par la réussite du produit et de son lancement, comme il l’a confié : « J’ai toute ma vie été un fan de la bière traditionnelle anglaise ; j’ai cru mourir quand on nous a demandé de créer notre propre bière. Je dois dire que j’ai été très nerveux : les Robinsons sont les seules personnes que j’ai eu à auditionner en trente ans. » Et il a été ravi de leur travail : « Leur magie a été de créer ce mariage alchimique de goût et de texture qu’est la Trooper. Je l’adore. » Même si on croirait plus avoir affaire à un commercial de brasserie qu’à un mythique chanteur de heavy metal, on peut gager de la sincérité de la démarche du bonhomme dans sa volonté de faire un bon produit.

Et les brasseurs, soutenus par le groupe, sont à l’assaut du marché mondial : Sovereign, le distributeur international de Robinson, s’apprête à servir la Trooper dans 184 pays du monde où l’on aurait montré un intérêt pour cette nouvelle étiquette de boisson houblonnée. Petite anecdote quant à l’exportation de la Trooper vers la Suède, un pays fervent consommateur de metal et de bière : les brasseurs Robinson ont dû quelque peu modifier l’étiquette de la bière (cf. ci-dessous) pour pouvoir la vendre dans le pays. En effet, une loi suédoise interdit d’intégrer des éléments de guerre, d’armes ou d’agression sur les étiquettes d’alcool. Les responsables Marketing ont donc du faire marcher leur méninges pour trouver un stratagème pour se mettre en accord avec la loi du pays, alors que l’artwork de The Trooper montre la mascotte Eddie, habillée en soldat anglais et prêt à en découdre. Le visuel est donc resserré sur la tête d’Eddie de façon à ce que l’on ne voit plus son habit de soldat, ni son drapeau anglais. Les Suédois peuvent se rassurer : ils auront leur Trooper, ainsi que les Américains, qui viennent d’en autoriser l’importation. Pour la France, c’est à notre connaissance pour le moment uniquement sur Internet que les consommateurs pourront la trouver. Et ainsi la déguster, avec modération, bien sûr.



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