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Iron Maiden : lecture de The Book Of Souls


Iron Maiden - The Book Of Souls

Jamais l’attente ne fut aussi longue – cinq années – entre la parution de deux albums d’Iron Maiden. Une pause remplie évidemment de tournées mondiales, afin de défendre sur scène son nouvel album d’alors The Final Frontier (2010) ou encore de commémorer plus de 25 ans après, Seventh Son Of A Seventh Son (1988) dans un remake de la tournée Maiden England. Au terme de cette longue série de concerts, les six Anglais se réunirent pour l’écriture de leur seizième album et optèrent pour le studio Guillaume Tell situé à Paris, là même où ils mirent en boîte Brave New World (2000) et où il leur arrive encore de répéter certaines tournées. Intitulé The Book Of Souls, ce nouvel effort fut achevé à la fin de l’année 2014, mais sa parution a été repoussée pour laisser le temps à son chanteur Bruce Dickinson alors atteint d’une tumeur cancéreuse à la langue de se soigner et se rétablir en vue d’une prochaine tournée mondiale devant démarrer au début d’année prochaine. Nous avons pu écouter en avant-première ce nouveau disque tant attendu et vous proposons ci-dessous nos impressions après plusieurs écoutes consécutives. Toutefois, si vous souhaitez conserver l’effet de surprise intact jusqu’à sa sortie le 4 septembre prochain, vous avez encore le temps de quitter cette page pour ne pas lire ce qui va suivre.

Préliminairement à la découverte des premières notes, il est difficile de ne pas évoquer la pochette de The Book Of Souls crée par Mark Wilkinson sur laquelle trône fièrement Eddie, cet être indissociable de l’histoire d’Iron Maiden, mascotte étrennée inlassablement dans bon nombre de concepts visuels du groupe. Au gré des artworks, Eddie aura presque tout connu. Zonzon sous camisole d’une cellule capitonnée sur Piece Of Mind (1983), policier du futur d’une ère futuriste influencée par le film Blade Runner de Ridley Scott sur Somewhere In Time (1986), érigé en dieu de l’Egypte Antique sur Powerslave (1984), victime électrocutée et éviscérée d’une Inquisition mécanique rétro futuriste sur The X Factor (1995), ou même expédié dans l’espace sous forme d’Alien hideux sur The Final Frontier (2010), on peut dire qu’Eddie aura beaucoup voyagé à travers les lieux et les époques. Ici point de décor alambiqué pour entourer Eddie hormis un simple fond noir, bien qu’on le retrouve cette fois vêtu sommairement et grimé de maquillage, s’inspirant de la civilisation maya.

maidenbook

Et en l’occurrence, le groupe a pris la chose très au sérieux dans l’approche de la civilisation mésoaméricaine jusqu’à s’attacher les services d’un spécialiste de la question, le chercheur anglais Simon Martin, pour traduire les titres des morceaux en hiéroglyphes mayas traditionnels, ceci peut-être en vue du livre à reliure qui accompagnera l’édition spéciale et limitée de l’album. Un souci du détail qui rappelle la transposition à l’Egypte ancienne orchestrée par le groupe sur l’album Powerslave (1984). Un autre détail visuel notable tient dans la police du logo d’Iron Maiden, celle-ci revenant à l’ère classique du groupe, lorsque les lettres R, N et M du logo avaient des branches plus longues.

Ajoutés au fait que The Book Of Souls soit l’album le plus long du groupe à ce jour – 92 minutes –, qu’il recèle un morceau de clôture, « Empire Of The Clouds », d’une durée inhabituelle de plus de 18 minutes, et qui plus est composé par le seul Bruce Dickinson, ces détails ont alimenté beaucoup de discussions et de spéculations quant à un possible concept album et plus largement d’un dernier round pour Iron Maiden. Mais d’une part, en dépit d’un habillage visuel soigné et uni, il convient d’évacuer la théorie du concept album qui ne s’applique pas en l’espèce s’agissant de la musique, au vu de l’alternance des ambiances. Quant à, d’autre part, la possibilité d’un album d’adieu, nous y reviendrons en fin d’article. Mais trêve de bavardages, passons à la musique.

Disque 1 :

01. If Eternity Should Fail (8:28)

Ce morceau d’ouverture signé du seul Bruce Dickinson entretient le mystère pendant une intro montante d’une minute et trente secondes environ. Un murmure et une ligne de synthé ambiante qui se retrouvent bercés par la voix du chanteur. On est loin de la longue introduction spatiale « Satellite 15 » (The Final Frontier, 2010), qui ne faisait pas l’objet d’une piste séparée et qui suscitait l’impatience de l’auditeur pendant plus de quatre minutes avant de pouvoir goûter à la chanson-titre.

Puis on entre dans le vif du sujet avec les éléments classiques instinctivement reconnaissables du groupe, avec la basse claquante de Steve Harris qui imprime le tempo et l’architecture harmonisée des guitares. Ce premier titre en cavalcade tiendrait presque d’un « Ghost Of Navigator » (Brave New World, 2000) avec plus de velours. Sur le refrain, la patte de Dickinson est indéniable. Les intonations et le phrasé de sa voix sont parfois plus aventureux que chez les classiques de la vierge de fer, et on pense spontanément à certains pans de sa carrière solo (la chanson ayant été à l’origine composée lors des sessions de son précédent album solo, ceci explique peut-être cela).

D’ailleurs le titre est ponctué sur la fin d’un surprenant passage ésotérique, obtenu avec la superposition de plusieurs voix, faisant naître à l’esprit l’image d’un tourbillon des âmes servant de corridor pour les esprits à destination du ciel. Ce coté aérien n’est pas sans rappeler le court « Toltec 7 Arrival » présent initialement sur l’un des albums solo de Bruce (Accident Of Birth, 1997).

02. Speed Of Light (5:01)

À l’instar d’un « El Dorado » (The Final Frontier), « Speed Of Light » a tout d’un single potentiel, démarrant pied au plancher dans une veine rock’n’roll, en mid-tempo décontracté et avec la mise en avant d’une guitare chaude. L’accrocheur riff principal guide ce morceau endiablé et joyeux, avec une approche des plus classiques mais s’avérant efficace, au diapason d’une production impeccable, toujours signée Kevin Shirley, et conforme à la période post-2000 du groupe. En l’occurrence la musique témoigne d’une grande immédiateté, probablement due à la façon dont une bonne part des chansons ont été conçues, comme l’expliquait Steve Harris au magazine Kerrang, composées en studio, répétées et « directement enregistrées tant qu’elles étaient encore fraîches ». Dickinson assure au chant, même si la répétition à foison du refrain suscite quelques petits froncements de sourcil. Les quelques solos de guitares quant à eux s’enchaînent naturellement, l’occasion de s’attarder plus généralement un instant sur l’une des innovations majeures de ce seizième opus.

Rien de nouveau à ce que le combo propose de longues séquences enjouées et chiadées à trois guitares, c’est évident, mais ce jeu en triangle entre Adrian Smith, Dave Murray et Janick Gers, qui constitue depuis maintenant quelques années la charpente de la maison Maiden, atteint ici un nouveau sommet. Si les crédits musicaux de l’album montrent comme souvent une prédominance de Steve Harris, Bruce Dickinson et Adrian Smith dans la composition, les notes en shred de Gers et le grain plus émotif de Murray sont pourtant bel et bien omniprésents lorsque les trois compères de la six cordes « jamment » ensemble. Les musiciens avec chacun leur style reconnaissable se partagent davantage l’espace qu’ils ne le firent jadis, bien que la guitare de Smith paraît rester prédominante, avec des phrasés dont lui seul a le secret.

03. The Great Unknown (6:37)

Porteur d’un titre évocateur ce morceau ménage d’abord le suspense et débute comme « Isle Of Avalon » (The Final Frontier) par une ligne de basse soutenue et continue dont la sonorité et les réverbérations entretiennent la même sensation de quête médiévale. La montée de l’intrigue est lente mais à l’inverse de son prédécesseur, « The Great Unknown » saute plus vite dans le grand bain avec un Bruce Dickinson des grands jours, qui transpire l’émotion sur les couplets puis un refrain rock et heavy des plus typiques du groupe.

Aux deux-tiers s’ensuit une mélodie dont le grain et la lourdeur peuvent évoquer la gamme plus sombre de l’album A Matter Of Life And Death (2006) et notamment l’un des ponts de « These Colours Don’t Run » immédiatement suivi par un solo bluesy dont la rupture atteste de la dimension progressive qui ne quitte plus Iron Maiden depuis plusieurs albums. Le refrain, déjà magistral gagne même en efficacité pour ne pas être répété de manière sempiternelle comme sur la piste précédente. Le jeu en triangle des guitares est encore une fois généreux, les mélodies entêtantes et les solos s’envolent. Rien de de bien novateur, et curieusement tout cela semble si frais. Comme si le groupe s’adonnait à une relecture de tout ce qui fonde sa musique, mais en plus clair.

04. The Red And The Black (13:33)

Ce morceau de plus de treize minutes est une des pièces maîtresses de l’album, et l’un des plus épiques. On débute avec un solo de basse de Steve Harris, une première depuis « Blood On The World’s Hands » (The X Factor, 1995). Ce solo capte l’attention mais il ne jouit pas de la même finesse que son prédécesseur, qui utilisait en son temps des harmoniques.

Puis la construction homérique se met en place avec d’abord une amorçe soutenue digne de l’opus susvisé de 1995, puis un sentiment de voyage, d’évasion, de croisière sans retour vers le bout du monde avec une rythmique de couplet très proche, pour ne pas dire inspirée de celle de « Rime Of The Ancient Mariner ». Clin d’œil évident, car ce sont quasiment les mêmes cavalcades. La chanson est armée de paroles fortes sur fond de destin et de chance aux jeux. Le Rouge et Le Noir ne semble en l’espèce pas renvoyer directement au roman éponyme de Stendhal, mais plutôt aux couleurs des cartes à jouer ou du tapis de jeu d’une roulette de casino, bien que cette image ait aussi souvent servi de métaphore pour décrire les péripéties de Julien Sorel dans le livre.

Dickinson de son côté crève l’écran, et nul doute qu’en cas de reprise du morceau en concert il saura galvaniser le public pour qu’il entonne à l’unisson avec lui plusieurs « Oh-Ohoo-Ohoohooo » diablement contagieux.

Les instruments à six cordes pullulent encore, avec des riffs catchy et des mélodies émotives qui font songer au cœur de « When The Wild Wind Blows » (The Final Frontier). Smith, Gers et Murray alternent les gammes, et semblent toujours vouloir en faire plus et ouvrent de ce fait autant de portes dont on se demande comment ils vont les refermer. Le groupe finalement retombera sur ses pattes, bien qu’un peu de flottement ait pu apparaître le temps d’une minute aux trois quarts de cette construction progressive.

« The Red And The Black » a indéniablement tous les atouts pour offrir une spectaculaire et épique performance en concert. On n’oserait spéculer sur une reprise de ce titre devant un parterre de 80.000 personnes en pleine Amérique Centrale, berceau historique de la civilisation maya. Cette clameur tribale, cette énergie et cette chaleur, au sens propre comme au figuré, pourraient former les ingrédients, on l’imagine, d’un concert peut-être aussi marquant que le live Rock In Rio (2001).

05. When The River Runs Deep (5:52)

Passée la pièce maîtresse « The Red And The Black », s’avère plus reposante en suivant le sentier d’une promenade en mid-tempo aiguillée par une lead guitare forte, et dont les premières notes surprennent par leur coté aérien, diamantisé avant de virer dans une veine grave et « bluesy ».

Les paroles de ce bon rock endiablé s’attachent de nouveau aux thèmes récurrents de chance, de pari, de destinée. Sur la seconde moitié et comme sur les précédents titres, on assiste à une succession de ponts et solos, et tout autant d’enchevêtrements d’influences et d’époques.

06. The Book Of Souls (10:27)

C’est devenu une tradition depuis plusieurs albums, le groupe aime inclure une introduction acoustique au détour d’un morceau. Comme sur « The Legacy » (A Matter Of Life And Death) ou « The Talisman » (The Final Frontier), c’est Janick Gers qui s’y colle et entame de langoureux arpèges sur une guitare classique. La montée est lente une fois encore, le décor prend tout son temps à se construire, puis survient la basse de Steve Harris, puissante, qui martèle une rythmique NWOBHM en cavalcade.

Les éléments typiques du groupe s’enchaînent voire se déchainent faisant de ce titre éponyme un morceau très représentatif du disque.

On commence à se dire que la vierge de fer a décidé de mettre tout ce qu’elle est, et a été, dans un seul et même album. Pendant les ponts et solos, plusieurs époques entrent en collision, et nul doute que les fans connaisseurs du groupe penseront reconnaître moult et moult éléments rythmiques ou mélodiques. Un pont évoque même succinctement « Losfer Words ‘Big Orra » (Powerslave) en milieu de morceau. Difficile de se tromper en étant attentif au crochetage des notes, le clin d’œil paraît plutôt évident. Le groupe déroule des séquences qui paraissent infinies.

La chanson « The Book Of Souls » et du même coup ce premier disque, s’achèvent sur des notes acoustiques empreintes d’un certain ésotérisme.

Disque 2 :

01. Death Or Glory (5:13)

Pour commencer cette seconde partie de l’album, l’ambiance change radicalement. Un riff chaud s’empare de nous immédiatement, puis c’est à un nouveau jonglage dans les influences auquel s’adonne le groupe. La bonne humeur communicative de « Death Or Glory » peut rappeler l’entrain de « Transylvania » (album Iron Maiden, 1980). Les notes parlent, on s’y identifie très vite.

Mais hélas la torpeur des pré-refrains, en totale rupture, vident les couplets quelque peu de leur tension montante. Dickinson fait ce qu’il peut pour rendre la chose enjouée, mais c’est ensuite son refrain convenu qui apporte peut-être la première déception de l’album consistant surtout en la répétition à outrance de son titre.

Fort dommage car la profondeur musicale de « Death Or Glory » s’avère plus creusée que « The Speed Of Light » et malgré ses quelques redites, ce morceau pourrait très bien être utilisé comme single.

02. Shadows Of The Valley (7:32)

À l’instar d’un « The Red And The Black », cette vallée des ombres recèle elle aussi un énorme potentiel scénique. Dès les premières notes, l’on ressent toute cette puissance et cette grandiloquence qui ne demandent qu’à s’exprimer, voire exploser suite à un « Death Or Glory » un brin trop assagi. L’introduction mélodique croise les phrasés de début de « Out Of The Silent Planet » (Brave New World, 2000) et de « Wasted Years » (Somewhere In Time, 1986).

On ne décroche pas du morceau tant les instrumentations atteignent de nouveaux sommets sans jamais s’écrouler. On dénotera à la longue une forme d’auto influence, si on veut titiller légèrement Steve Harris et les siens, mais on reste subjugué par tant de générosité dans le lustrage mélodique et les différentes passes d’armes des trois guitaristes. Dans le coeur du morceau, les guitares sont aériennes, et le chant de Dickinson cherche les aigus. Nicko McBrain n’est pas en reste, et distille quelques effets de percussions, de mouchetis de cymbales et d’intéressants breaks. Iron Maiden nous convie au feu d’artifice, riche en clins d’œil évidents, encore nombreux à affluer, riff après riff, mélodie après mélodie. Du déjà-entendu aux oreilles des plus attentifs, mais ce qui surprend c’est la fraîcheur avec laquelle tous ses éléments reviennent.

L’ombre de l’album Brave New World plane sur cette sixième piste, habillée d’un clavier ambiant, et dont la dernière partie atteint son paroxysme dans l’émotion à fleur de peau à l’instar d’un « Blood Brothers », ne manquant pas d’occasionner un peu d’humectation dans les yeux.

03. Tears Of A Clown (4:59)

« Tears Of A Clown » est un nouveau single potentiel de l’album, en raison de sa longueur plus « raisonnable », mais aussi pour son entrain continu mais au tempo très reculé. Peut-être même un peu trop reculé, tant il apparaît plus dépouillé que « Speed Of Light » par exemple, sans groove, et qu’il se traverse sans émotion particulière.

En effet, si Dickinson dans un registre plus grave chante plutôt bien, ses déclamations semblent beaucoup plus monocordes, si bien qu’on peine à poser des repères sur ce morceau assez linéaire qui ne décolle pour ainsi dire jamais, hormis peut-être sur la seconde partie qui comporte quelques harmonies attrayantes.

04. The Man Of Sorrows (6:28)

Cette chanson dont on se demandait s’il s’agissait d’une refonte de « Man Of Sorrows » de la carrière solo de Bruce Dickinson est bel et bien une nouvelle ballade d’Iron Maiden. Bruce s’avance au micro avec éloquence. Le morceau exalte les sens comme le ferait une chanson de Scorpions mais en moins larmoyant, un registre moins habituel pour le groupe.

La pierre angulaire formée par le jeu des trois guitaristes demeure en place sur la seconde moitié, même si sur ses derniers contreforts la chanson semble dégainer énormément d’épaisseur, pour ne pas parler de lourdeur. Placé juste après « Tears Of A Clown », « The Man Of Sorrows » recèle bien quelques mélodies accrocheuses faisant taper gentiment du pied, mais finit lui aussi contaminé par une forme d’apathie.

05. Empire Of The Clouds (18:01)

Bruce Dickinson signe seul le morceau le plus long de l’album et de surcroît le plus long dans l’histoire d’Iron Maiden. En marge de sa carrière de chanteur, on sait que Bruce est un féru d’aviation, et ce depuis sa plus tendre enfance, qu’il a passée sous l’autorité d’un père militaire qui a fait toute sa carrière au sein de la Royal Air Force. Continuant de mener en parallèle une carrière de pilote de ligne, que ce soit aux commandes d’Ed Force One – le propre avion du groupe – pendant les tournées, ou à la tête de la compagnie aérienne Djibouti Airlines depuis quelques jours, Bruce a trouvé ici un thème de prédilection pour poser l’intrigue de ce morceau aux accents dramatiques.

Le texte de « Empire Of The Clouds » traite en effet d’une catastrophe aérienne, celle du ballon dirigeable britannique R101 qui se crasha sur le sol français le 5 octobre 1930 à Allonne (60) et qui tua 48 de ses passagers. Moins connue que la catastrophe du Hindenburg, cette histoire doit représenter beaucoup dans l’esprit du chanteur, et surtout trouve un écho particulier quand on songe qu’au moment de l’écriture de l’album en 2014, plusieurs catastrophes aériennes impliquant des avions de ligne étaient survenues coup sur coup. Cet hommage de dix-huit minutes s’annonce empirique. La surprise est surtout de taille, puisque la chanson débute avec une mélodie plaintive de piano. La basse de Harris vient en seconder les notes fortes. Puis un violon émouvant s’invite : une première pour Maiden !

Au bout de deux minutes d’introduction, les notes sont plus lourdement imprimées. On sent la hargne de Dickinson dans le toucher – non, plutôt le frapper – des touches du piano et cette mélodie en huit notes qui ne cesse de tourner et qui devient entêtante. L’ensemble se veut encore plus poignant quand le chant survient, à la fois narratif et plaintif. Vers les six minutes, Nicko McBrain fait monter des roulements martiaux qui accentuent la tension et la vibration émanant toujours du piano. Les guitares entrent dans la danse elles aussi dans cette longue construction progressive, étape par étape. Il y a une nouvelle montée puis un pont tout en rupture, où le jonglage entre les guitares rappelle par intermitences le cœur épique d’ « Hallowed Be Thy Name » (Number Of The Beast, 1982). Cette partie correspondrait dans l’intrigue – à la vue des paroles – à l’instant où le ballon dirigeable largue ses amarres et prend les airs pour son voyage de l’époque, entre Londres et Karachi (Pakistan).

Nicko McBrain étoffe son jeu de différents éléments, y compris en martelant différents effets de percussions et cymbales venant saccader l’ensemble. Le synthé s’invite également tandis que les guitares poignantes font penser à partir de la neuvième minute à l’un des ponts mélodiques de fin de « The Legacy » (A Matter Of Life And Death). La chanson atteint de nouveaux sommets épiques mais compte-tenu de tout ce qui précède, pour certains, elle pourrait sonner le glas d’une overdose musicale.

Soudain, en plein milieu de la quinzième minute, le scénario du morceau bascule et prend de surprise un auditeur qui aurait pu légèrement s’assoupir. Ça s’emballe à la manière d’une musique de film catastrophe. Le piano s’agite comme dans un vent de panique. On ressent les éléments se déchaîner. Dans l’intrigue de l’histoire c’est précisément l’instant où le ballon R101 se crashe. Puis le morceau retombe sur la mélodie de piano du premier couplet sur les trois dernières minutes. Bien que novateur et recelant des parties intéressantes, ce morceau – dont on peut malgré tout saluer la prise de risque du groupe – finit par s’égarer sur la longueur, et son assimilation est rendue plus difficile par les 75 minutes d’écoute précédentes. Distillant piano et violon, on soupçonne le groupe d’en faire une musique d’adieu, mais c’est sûrement mal connaître ce diable de Dickinson qui est toujours fort pour brouiller les pistes et qui nous jouerait ici encore un énième tour de passe-passe. Pour rappel, c’est lui qui était à l’origine de l’idée de faire figurer au dos de la jaquette de l’album The Final Frontier, en guise de seule photo de groupe, une image où les musiciens sont dans la pénombre, mains levées, semblant nous dire au revoir.

Conclusion :

La longueur de l’album rendait évident la scission de l’album en deux disques, une séparation qui invite l’auditeur à s’accorder un entracte précisément au moment de basculer sur la seconde partie. The Book Of Souls rassemble tous les éléments des albums post-2000, avec de très nombreux clins d’oeil au passé du groupe, au détour d’un riff, d’un solo, d’un refrain, qui contenteront ou décevront les fans selon leurs attentes respectives. S’agissant de l’atmosphère globale de l’album, on pourrait dire qu’elle conjugue la puissance et le panache d’un Brave New World, l’approche progressive de The Final Frontier ainsi que la dramaturgie sombre de A Matter Of Life And Death.

L’inspiration du groupe était-elle limitée sur cet opus ? Pas nécessairement, il faut plutôt voir dans cet album une lecture différente de tout ce qui fonde la musique d’Iron Maiden, qui s’avère ici spontanée et rafraîchissante, en somme, l’art de faire du neuf avec parfois du vieux. Jouissant d’une grande profondeur musicale, ce seizième opus met donc en lumière toutes les composantes du groupe, avec un grand partage de l’espace entre les différents musiciens. Le plaisir pour eux à jouer ensemble est perceptible, et rarement l’on aura vu le jeu à trois guitares aussi étoffé.

On reprochera seulement aux Anglais, sous couvert de leur intention à se montrer généreux, de malgré tout en faire de trop parfois. Cet album est long, très long, et sur la durée on frôle l’indigestion. Plusieurs écoutes attentives ne seront pas de trop pour en identifier et apprécier toutes les saveurs. En 2015, la vierge de fer brille quand même encore de toute sa superbe et ne faillit pas ; le groupe démontre comme toujours, album après album, que l’on peut compter sur lui.

Si d’aventure il devait s’agir d’un dernier tour de piste, ce qui est loin d’être sûr, Bruce Dickinson nous ayant lui-même avoué être désireux de continuer à faire des albums avec Iron Maiden, si tant est que l’avenir le permette, alors ce serait dans ce cas un ultime tour de piste globalement réussi, en tout cas exécuté avec honneur et sincérité.

Avec la contribution de Tiphaine Lombardelli.



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  • Je suis jeune, a peine 15 ans mais j’ai écouté des dizaines de fois chaque album (sauf peut être un ou deux ). Je suis peut être moins familier avec les débuts je vais a un festival voir la vierge de fer dans deux jour, je saurais enfin si c’est vraiment mon album prefere
    Maiden m’a surpris. Je connais la bande depuis un an seulement mon avis est surement moins valable
    Cependant je trouve l’album tout a fait intéressant de part ses mélodies et les thèmes abordées
    J’ai découvert la planète metal l’année dernière avec metallica puis maiden slipknot judas priest black sabbat et tant d’autre
    Maiden est mon groupe prefere et je pense pour longtemps encore
    Tout d’abord les chansons qui sont surcritiquer a mes yeux que ce soit de la chronique ou de les commentaires,
    Empire of the cloud juge par certain comme une purge c’est a mes yeux 18 minute de bonheur, que ce soit les parole, la musique, le thème, les mélodies. Du piano et du violon bienvenue pour le cote dramatique. Des guitarres qui souligne tous ça et une basse mémorable avec une voix interessante ( peut être fatigue ) de Dickinson.
    Tears of the clown qui n’est pas si monotone qui aborde son thème comme il faut et rend un bel hommage.
    The red and the black seul deception a mes yeux

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  • Une valeur sure!

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  • Je vois qu’il y a des pointures sur Maiden dans les parages. Je ne me permettrais pas de rivaliser, loin de là. Mais j’aimerai ajouter ma pierre à l’Eddy Fice (ah ah ah).

    Pendant des années j’ai eu peu d’album de Maiden : The Number of the Beast (Ze album), Somewhere in Time, PowerSlave (ce fut le premier grâce au film Phenomena et le passage avec Flash of The Blade de la mort qui tue 😉 ), The Final Frontier. Et puis, je ne sais pas pourquoi, depuis peu (l’an passé ou il y a 2 ans), je me suis fait presque toute la discographie sauf Virtual XI et X Factor (je n’ai pas accroché).

    J’ai vu différents live de Maiden, particulièrement celui de Rock and Ring de 2014. Je trouve que ces « papis » du Heavy Metal en ont encore sous la gratte. Je me suis attaché à ce groupe, vraiment. Je ne dirais pas que je suis un fan…..quoique… 🙂

    Alors cet album, je l’ai écouté plusieurs fois, il nécessite plusieurs écoutes de toute manière. Il n’est pas si « mauvais » comme certains peuvent le penser. Là où je suis assez d’accord avec Reck c’est sur la voix de Bruce où j’ai l’impression qu’il force un peu, iil s’aventure sur un registre musical différent, plus haut, ma foi, pourquoi pas, mais je préfère quand il a une voie plus rocailleuse, plus grave « démoniaque » dans le timbre. Ca se sentait déjà depuis certain live.

    Ce dernier album est plutôt pas mal, vu de ma récente fanitude Maidenesque. Dire que les guitares font débutant, c’est un tantinet exagéré je trouve, le trio guitaristique est plutôt bien coordonné.

    Le son Maiden que je préfère c’est celui de PowerSlave, celui de Number of The Beast, forcément qui fait partie des plus aimés je pense et à juste titre, il est même intemporel cet album. J’aime bien aussi le son de No Prayer For the Dying et aussi Dance of Death et aussi A Matter of Life and Death et aussi….bon j’arrête là. Au passage, Final Frontier est intéressant, pas si mauvais que ça vu ce que j’ai pu lire sur cet album.

    Bon allez, Je peux comprendre les super fans de telle ou telle période de Maiden, mais The Book of Souls est un bon album je trouve, perso, je m’y retrouve. La seule chose qui me gêne un peu c’est la voix de Bruce, je la préfère plus grave. Quand il va assez haut, j’ai comme l’impression que ça ne lui correspond pas trop, qu’il force, c’est ce que je disais plus haut.

    Ne boudons pas notre plaisir de ce nouvel opus qui est somme toute, pas mal du tout. J’aime cet album, na !
    De toute manière, tous ces ressentis sont subjectifs et fonction du vécu de chacun. L’essentiel est d’éprouver du plaisir, de la sensation 😉

    Bonne écoute à vous tous,

    Bisous

    [Reply]

  • J’adore les mecs qui critiquent MAIDEN qui « ose » essayer des trucs à chaque nouvel album et qui crient au génie à chaque nouveau MOTORHEAD…

    Perso j’avais aimé les derniers albums mais ma référence de ces dernières années restait Brave new world, et bien The book of souls est de ce niveau, vivement la tournée !!!

    [Reply]

  • Bon, pas facile de prendre la parole (ou l’écrit) concernant l’album de Maiden… C’est un peu comme parler politique pendant un repas de famille.

    Je suis un fan de longue date, j’ai découvert le groupe avec Killers, en 1981. Chaque année, j’ai pris une claque. The Number of the Beast, Piece of Mind, Powerslave. C’était incroyable comment ce groupe arrivait à se renouveler. J’ai adoré la période Di’Anno (Killers reste un album phénoménal) mais Dickinson a indéniablement apporté une dimension nouvelle aux compositions de Maiden, pas sûr que Di’Anno aurait pu en faire autant sur la durée.
    Quand est sorti Somewhere in Time ça a été une première déception. Tout n’était pas à jeter mais je n’éprouvais plus le même plaisir à l’écoute. Et Seventh Son n’a fait que confirmer mon ressenti. Je sais que nombreux d’entre vous considèrent cet album comme le meilleur, mais ce n’est pas mon cas. Alexander the great est la première auto-repompe de Maiden (Mariner), alors que Mariner n’était pas une repompe de To Tame a Land. A partir de là j’ai décroché, et ne me suis plus du tout intéressé à la production de Maiden. J’écoutais d’autres styles, d’autres groupes, surtout de nouvelles productions n’étant pas particulièrement porté sur la nostalgie musicale…

    Tout ce blabla pour mettre en contexte. 20 après donc, vers 2010 je m’intéresse à nouveau à Maiden, je découvre rétrospectivement le vaudeville du départ de Smith et Dickinson, l’arrivée de Baley (pauvre gars, il en a pris plein la tronche alors qu’il n’est pour rien dans cette erreur de casting), et un Maiden à trois guitaristes (hein ??!)

    Et bien j’ai été déçu. J’ai (re)découvert un groupe sans imagination, sans prise de risque, sans gniacke, donc certains titres frôlaient le grotesque. Un groupe qui ressuce les mêmes rengaines depuis 20 ans.
    Je n’ai aucune volonté de provoquer, je donne juste mon avis de FAN, car j’assume très bien ce statut… Maiden est le seul groupe dont j’ai été FAN, que j’ai écouté en boucle, sur lequel j’ai lu tout ce que je pouvais, donc j’ai maté les premiers concerts en vidéo, j’aurais du demander à Riggs d’être le parrain de ma fille 😉

    Après Seventh Son le groupe est sur la pente descendante mais est encore présent aujourd’hui en 2015. La raison, pour ce qui me concerne est très simple : Harris et Dickinson sont des chefs d’entreprise, ils ont pour le premier l’envie de durer (vaille que vaille), pour le second celle de faire du fric. D’ailleurs : jeu vidéo, bière, écouteurs, à quand le grille pain Eddie ? Il faut dire que le management (certes efficace) de Smallwood n’y est peut être pas étranger non plus…

    Je vous recommande d’écouter cette intervention de Bruce dans une école de commerce : https://www.youtube.com/watch?v=GZOrEEIbqF4
    Clairement Maiden est une marque, distincte des autres, et de la même manière d’Apple vend de l’Apple, Maiden vend du Maiden et ça tombe bien parce que personne d’autre ne peut le faire mieux qu’eux. Mais dire qu’il y a la moindre once de créativité là dedans, autant chercher un propos philosophique chez BHL.

    C’est dommage mais c’est inévitable, la plupart des groupes ont deux options : disparaitre ou s’accrocher dans le confort. Maiden a choisi la deuxième option. Personnellement c’est pas très important, mais ça en dit long sur l’enfermement dans lesquels les musiciens peuvent tomber, et ce n’est évidemment pas propre à Maiden. Rien de dure, la classe laisse la place à la routine.

    Book of souls est un disque moyen, truffé d’auto pompage, ni bon ni mauvais, juste bof. Quant à Empire of the Clouds, franchement, ce titre est indigent. Si n’importe quel groupe sortait une compo comme celle là, tout le monde s’en cognerait. Je suis d’ailleurs bluffé par les chroniques flatteuses dans les media mainstream, la campagne de com’ marche à fond.

    UP THE IRONS mais j’ai peu d’mal…

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  • Non mais vous déconnez! Je n’en suis qu’à l’écoute du premier disque et j’ai suis complètement retourné : j’ai le sentiment d’être en face du meilleur album de Iron Maiden de TOUTES les époques. Fan depuis 1987, Maiden touche enfin le rivage qu’il cherchait. Ce côté sombre et progressif est devenu tellement hallucinant dans leur deuxième partie de carrière et j’ai l’impression qu’ils se sont enfin débarrassés de tous leurs oripeaux qui les genaient aux entournures. La première moitié de Final Frontier était fade alors que la deuxième déchirait tout. Cette fois, Ils ont franchi le Rubicon. La galette est probablement supérieur à Matter of life and death et Brave New world. Non mais vous vous rendez compte !!!
    Trop long ??? Non mais je rêve.Evidemment si vous avez aimé l’album No prayer for the dying, il vaut mieux aller faire un tour ailleurs. La grande époque de Number of the Beast ???
    Bémol juste sur la prod et … Speed of light

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  • Un très bon album de Maiden riche en riffs, soli, ambiances, compos.. Bref du bon Maiden.
    Bruce Dickinson excelle du début à la fin (alors que je m’inquiétais quand Speed OF Light est d’abord sorti).
    Cette album même si je reproche la durée du dernier titre Empire OF Clouds qui n’aurait pas du dépasser les 8 minutes et le refrain une fois trop répété à la fin du titre The Red and The Black, est pour moi bien meilleur que Final Frontier et A matter OF Life and Death.
    Même si j’espère toujours un dernier opus à la Fear OF The Dark, Number OF the Beast ou Killers: plus court, hargneux et efficace, The Book OF Soûls est un grand album (4.80/5)
    Up the Irons!

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  • Moi perso je m’y connais pas du tout en ce qui concerne le boulot des producteurs et le son qu’ils apportent, donc je peux rien en dire dessus ou comparer le travail des producteurs sur The Book of Souls, The Final Frontier ou même le reste, et bien que j’aie tout écouté d’Iron Maiden je ne suis pas un fan de longue date et je ne connais pas assez chaque morceaux pour voir les « clins d’œil » ou « auto-plagiat » (selon comment on voit les choses…) disséminés dans cet album. Mais je trouve que cet album déchire tout. Parce que je kiffe TOUS les albums d’Iron Maiden, je vois pas toutes ces petites différences stylistiques que certains évoquent, pour moi ils ont tous ce même style reconnaissable entre mille (bon peut-être pas pour les années Di’Anno) et le seul truc qui change vraiment c’est lorsque Bruce n’est pas là. Musicalement j’ai autant aimé The X Factor et Virtual XI que le reste. Après, en me penchant plus attentivement je devrais pouvoir repérer toutes ces nuances évoquées… Mais en attendant, je trouve que cet album est comme les autres, c’est-à-dire fantastique. Iron Maiden a recyclé un peu toutes ses époques dans cet album ? Eh ben ça tombe bien, c’est tout ce que j’adore, et censément tout ce que n’importe quel fan d’Iron Maiden adore. Le truc qui change, c’est que c’est plus long, ET TANT MIEUX, car c’est 92 minutes de bonheur non-stop que je viens de passer !!! ALORS COMMENT ON PEUT SÉRIEUSEMENT REPROCHER A L’ALBUM D’ÊTRE TROP LONG ?!?! D’OÙ IL FRISE L’INDIGESTION ?!?! On dirait que ce chroniqueur finit par en avoir marre, et j’arrive même pas à imaginer comment c’est possible…

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  • Bon album. Bonnes surprises. D’autres moins bonnes (les solo de Gers que je supporte de moins en moins). Les deux galettes écouter d’un trait ne m’ont pas paru si longues contrairement à THE FINAL FRONTIER. EMPIRE OF THE CLOUDS j’ai adoré. Bravo les gars !!

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  • l’ album est très bon . J’ aime le chant de Bruce , plus dans les graves . Empire of the Clouds est fantastique . je ne dirais pas la même chose de The Red and the Black : il commence bien mais devient assez vite répétitif donc trop long . C’ est le point « faible » de l’ album . Une préférence pour le Disc 2 . Nous sommes dans une production moins léchée que le sublime The Final Frontier , un son rappelant parfois Piece of Mind/Powerslave . Attention , on reste dans la mouvance des derniers albums question structures et longueurs des morceaux.Les nostalgiques des 3 premiers albums resterons sans doute sur leur faim, mais il faut se rendre à l’ évidence :Tout à changé : l’ époque ,le line-up, la manière de composer , d’ enregistrer, les sujets traités, le groupe lui-même a mûri , le marché musical est a des années lumières de ce qu’ il fût au début des 80’s.
    Pour les fans de Maiden qui apprécient autant le coté progressif que leurs débuts (comme moi) , vous serez comblés.

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  • Vous me faites marrer, un fan de Maiden est heureux que son groupe sorte une galette de 92 minutes qu’il va pouvoir écouter les larmes aux yeux à chaques envolées lyrics que le band nous aura contacter, que celà soit un hommage à leur longue carrière ou via une prise de risque de 18 minutes. Par ailleurs, ceux qui veulent faire du Xerox avec TSSOSS ou SIT, oublient aussi la liberté d’un band de faire des choix artistiques.

    Fermez un peu vos clapets, et monter le son… au final c’est ce qu’il y a de mieux à faire, et pour les rageux… bah passer votre chemin vers des groupes qui de toutes façon n’arrivent pas aux chevilles de Maiden en terme de diversité de discographie, de talent, et surtout de l’image fondamentalement positive qu’ils véhiculent.

    A titre perso, je n’ai pas aimé TFF mais je n’en enleverai pas une note, car celà fait partie du background artistique, The Book of souls est à titre perso l’album que j’attendais après BNW et AMOLAD. Et j’en suis très heureux !

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  • Franchement, je me range à l’avis des plus tolérant : si vous n’aimez pas, vous pouvez le dire, mais en étant raisonnable. N’essayez pas de prétendre être objectif et évitez les termes « c’est nul » ou « c’est de la merde » ! Plutôt puéril comme discours. Vous êtes en ligne, les paroles s’envolent mais les écrits restes. Puis une critique, si elle n’essaie pas d’être constructive, ne sert à rien.
    Donc voilà mon grain de sel : la production est propre, The Final Frontier était une réussite, The Red and the Black est un morceau énorme, Maiden fait du bon Maiden et ça n’a rien de choquant (quoique prévisible) et enfin « l’auto-plagiat » ça n’a plus de sens tellement c’est dit et répété à tout bout de champ.
    Chacun son opinion, d’accord, mais si c’est une crachoir que vous cherchez, allez sur Metalsucks…

    [Reply]

    MichelMichelMichel

    Bien dit mec!

    Duncan

    Merci, je m’attendais pas à cette réaction ^^

  • Maiden Spirit dit :

    A lire les commentaires, on en revient toujours au même problème avec les vieux groupes :

    – Soit ils rompent avec leur style et on les critique pour cela (cf. Metallica à l’époque de Load et Reload notamment),
    – Soit ils poursuivent dans un style désormais classique et frisent l’auto-inspiration (ACDC, Gamma Ray… notamment), en manquant de la spontanéité des débuts… et on les critique encore…

    Bref, c’est la quadrature du cercle du groupe qui dure dans le temps… et il y a toujours des mécontents qui râlent tout le temps…
    Sérieusement, il ne faut plus attendre de Maiden un nouveau « Seventh », « Number » ou « Somewhere »… Maiden parvient toutefois à garder un niveau honnête et a été tellement pompé que les critiquer me semble peu pertinent…
    Ils restent les « vieux amis » que l’on retrouve avec un peu de nostalgie en essayant de faire ressurgir le passé ensemble, sans jamais y arriver vraiment, ce qui est normal…
    Et franchement, qu’est-ce vous attendez de Maiden??!! Qu’ils jouent de gros riff accordés en si???!!!

    [Reply]

    basspiker

    Je suis bien d’accord…
    Les soi-disant « vrais » fans de Maiden attendent qu’il refassent « 7th son » à chaque album, ceux de Metallica qu’il refassent « master of puppets », etc…
    c’est ridicule, moi je dis que le vrai fan est celui qui suit son groupe, lui reste fidèle, mais donne une critique constructive de chaque album ou concert etc., qu’il aime ou qu’il n’aime pas.
    AC/DC étant l’exception qui confirme la règle, exiger de son groupe fétiche qu’il repousse toute forme d’évolution, qu’il n’explore pas sa créativité, c’est égoïste, et c’est contre nature pour des musiciens ou des artistes en général. La musique, l’art, ce n’est pas du travail à la chaine, c’est pas un processus industriel, hormis la merde en tube qu’on entends si on allume les radios « populaires ».
    Et puis je ne vois pas ce qu’il y a de condamnable pour un groupe de reprendre, même note à note, des éléments de leurs propres compos d’albums précédents, ça leur appartient bordel ! Dream Theater (un groupe que Maiden a largement influencé soi dit en passant) le fait quasimment à chaque nouvel album sans qu’aucun vrai fan n’y retrouve quoi que ce soit à redire.
    Et puis chacun ses goûts bordel ! Perso je m’emmerde en écoutant « X Factor », bien qu’il contiennent quelques excellents morceaux. Pour moi le meilleur Maiden, celui que je préfère moi, c’est Fear of the dark. S’agissant de The Book Of souls, je le qualifierai simplement de chef d’oeuvre, c’est mon avis, et je le partage apparemment.
    Ah enfin, comme le disait Anton Ego dans Ratatouille (y en a un qui l’a cité plus bas, je rebondis) : « a bien des égards le métier de critique est facile, mais quel risque prenons nous ? »
    Alors essayez donc de pondre un album comme celui-là, ou même juste un titre, avant de se répandre en commentaires irrespectueux….
    Bon, je me le remets, pour la 10ème écoute start to finish depuis sa sortie, perso je le « digère » très bien…

  • Tu ma bien fait marré , ils reprennent presque note pour note d’anciens morceaux et c’est  » si frais  » ? c’est une blague ? et la travail d’orfèvre de Shirley , tu plaisante aussi j’espère ?

    Si compacter plusieur albums en un seuls pour toi c’est top , tant mieux .

    La création laisse place à la re-crétion super !

    Je repart écouter Anubis Gate tiens .

    [Reply]

    Romain Henriot

    « frais » n’est pas nécessairement synonyme de « novateur ». De nombreux clins d’oeils ponctuent cet album, mais sous un grain plus clair, plus frais. Je développe cette idée dans ma conclusion, peut-être ne l’avez-vous pas lue.

    Emi

    Justement ta conclusion n’est pour moi pas raccord avec la chronique , je ne la comprend pas bien , car franchement on pourrais s’amuser à noter toutes les partie  » auto plagié  » et on est loin des clin d’oeil ! Iron maiden semble intouchable , si un autre groupe se permet de « pomper » d’anciens morceaux avec autant de flagrance ( tu les à même relever dans ta chronique enfin une partie ) on hurle au scandale mais avec Iron Maiden on « revisite  » . Red and Black ne semble pas avoir été assez bon pour figurer sur X factor , y’a que le son qui change , il est encore plus mauvais qu’en 95. On ne fait pas du neuf avec du vieux à ce point la , des morceaux de plus de 7 minutes qui mélange plusieurs élément d’ancien titres (rythmique de l’un , solo d’un autre ) je trouve pas ça spontanée ni rafraîchissant , c’est plutôt triste et affligeant . En ce qui concerne Shirley mis à part « Brave New World « , je pense qu’on à pas du tout la même façon de voir son travail , sa production raw et un véritable désastre , son apport est nul . A quand un son moderne et précis pour Maiden ? ya des bon producteur du cotés des Danois… Je reste d’accord sur un point « when the river run deep  » est pas mal , même si on à l’impression d’écouter « man on the edge  » et « lord of the flies » mélangés.

    MichelMichelMichel

    Je n’attendais rien de The book of souls aprés l’énorme deception The final frontier!
    Et bien c’est véritablement une claque, et oui, je trouve cet album « frais », je te l’accorde la prod de Shirley et agacante voir meme frustrante, mais les morceaux qui composent The book sont énorme, mention spécial aux trois gratteux et surtout a Adrian, ces solos sont incroyable!
    Aprés biensur il y a une recette Maiden, des éléments qui font que le groupe est ce qu’il est aujourd’hui. Il y a des clichées mais ces clichées ont été inventé par Maiden il y a plus de 30 ans! Aprés 40 d’éxistence pondre un album pareil, moi je dis respect!
    Et marre d’entendre « Maiden ne feras plus jamais d’album comme seventh son » Merde les gars, allez écouter Paschendale, Face in the sand, The legacy, The thin line between love and hate, brighter than a thousands suns, The book of souls, The longest day, When the wild wind blows, No more lies… Autant de perles que Maiden n’aurait pas pu composer dans les années 80.
    Ces morceaux dégagent une émotion particuliére qui ne figurait pas sur les 7 premiers albums.
    J’aime le Maiden des années 2000 (a part TFF) autant que le Maiden des début!
    Enfaite les fans de Maiden sont jamais content.
    Tant pis, je trouve que cet album défonce tout!

    Emi

    J’ai jamais rien eu contre le Maiden des années 2000 mis à part que c’est la même recette depuis X factor( arpège , riff , refrains x1000 , arpège du début ) avec un son plus dégueulasse sauf sur Bnw ( y’avais quelque progrès sur FF ) La pour moi c’est limite du foutage de gueule , les morceaux sont absolument tous un mélange d’anciens titres , je ne vois pas l’intérêt si ce n’est que de s’occuper entre deux parties de golf . Iron maiden est devenu vieux et fainéant: aucune prise de risque , aucune initiative , et un producteur qui dit Amen à tout , tant que ça se vend . J’aime le groupe est c »est toujours un plaisir de les revoir mais la je trouve que c’est un peu limite .J’ai l’impression que ils on meme oublié leurs anciens titres tant ils se ressenble tous et dans le moment en on rejoué des parties en studio et ils ont trouvé que ça sonné bien .

    Reck

    Fan de Maiden depuis de très très longues années, j’attendais ce nouvel album avec impatience, avec le fol espoir d’être agréablement surpris, ce qui n’a plus été le cas depuis Brave New World (sans que cela soit non plus un chef d’oeuvre) qui marquait le retour de Bruce et Adrian.
    Une fois de plus, je suis relativement déçu du résultat, et me sens plus proche (et je suis le premier à le regretter) de l’avis d’Emi.
    Je n’ai écouté l’album que 2 fois, c’est donc encore un commentaire à chaud qui pourrait être tempéré avec le temps, mais j’ai déjà retrouvé tout ce qui m’exaspérait sur les albums post BNW.

    – Tout d’abord la production :
    Tout simplement dégueulasse… J’attends d’eux un son plus actuel, plus léché, plutôt qu’un son rock cradoc…
    Pour moi, cela manque beaucoup de profondeur et de puissance. Après, c’est surement la vision actuelle de Steve sur la façon dont doit sonner Maiden…

    – Les guitares : C’est pour moi un des gros points faibles. On dirait des débutants à la gratte qui apprennent à jouer. Je pense que c’est un peu un parti pris de sonner plus ‘brut’ mais je préfère mille fois les sonorités sophistiquées des ’80.
    Contrairement à la section rythmique, c’est pas carré, ça sonne approximatif. Les solos sont quelconques, bien moins inspirés qu’à la grande époque où chaque note avait sa place et participait à l’atmosphère du morceau. Qu’est-ce que l’on est loin des bijous d’Adrian et de Dave qui magnifiaient chaque compo de Somewhere et Seventh son !
    Je ne parle même pas de Janick (la danseuse sur scène) qui devrait arrêter les solos et se consacrer à faire le show sur scène guitare débranchée. Parler de ‘Shred’ le concernant est juste risible…

    – Les compositions : Les mélodies sont souvent d’une naïveté et d’une mièvrerie désespérantes. On dirait un mec qui apprend à jouer de la guitare. Sérieux, quand on voit les mélodies auxquelles ils nous avaient habitué dans les ’80, ça me rend fou. Les structures sont vues et revues. Pas de morceau high tempo imparable qui vous emballe dès la première écoute comme un Aces High, un Trooper. Malgré la présence de longs morceaux, pas un hymne ayant la puissance et la beauté d’un Sign of the Cross, Alexander the great, Mariner ou Seventh son. Pour l’instant, seul le dernier morceau au piano a pu piquer ma curiosité.
    Pour résumer, cela manque cruellement d’inspiration à mon gout. Quand on sait ce que ces gars sont capables de sortir, j’ai les boules d’entendre le résultat. En fait, je trouve le dernier album solo de Bruce bien plus plaisant que tous les derniers Maiden.

    – Le chant : Ce n’est plus ce que c’était. Les mélodies sont assez prévisibles et monotones. Bruce donne l’impression de forcer sur sa voix. Peut-être que les compos ne sont plus trop adaptés à sa voix. Je le trouve en tout cas plus convainquant sur son dernier album solo.

    J’ai beaucoup de mal à comprendre comment des fans de Maiden de la grande époque peuvent s’enthousiasmer de la sorte sur cette nouvelle galette. Si cet album avait été pondu par un jeune groupe, aurait-il eu droit à de telles critiques et avis élogieux ?
    Je suis persuadé que non…

    A mes yeux, ce n’est pas leur plus mauvais album loin de là, mais on est très loin de ce que j’attends d’eux.
    Je suis peut-être trop exigeant et nostalgique, mais j’ai tellement adoré le Maiden des années 80, que je ne peux me résoudre à crier au chef d’œuvre pour un tel album si loin de ce que peux produire le groupe.

    Mes propos, emprunts de déception après les espoirs que j’avais mis en cet album, sont surement un peu outranciers, j’espère donc que quelques écoutes supplémentaires me permettront de trouver certains motifs de satisfaction.

    En conclusion, et comme disait le critique Anton Ego à la fin de Ratatouille, j’ai envie de dire au groupe « Surprenez-moi !! »

    Ce n’est hélas pas avec cet album qu’ils le feront (du moins pour moi).

  • je crains le pire……de toutes façons, après le fabuleux Seventh son of a Seventh son, ils n’ont fait que doucement sombrer dans l’auto, parodie…… 🙁

    [Reply]

  • A l’image de l’album visiblement, j’ai trouvé la conclusion plus efficace que le reste de la critique. Pas inintéressant mais parfois un peu indigeste.
    Sinon je n’imaginais pas que le « petit » dernier allait avoir trait à The Final Frontier. Je suis encore plus curieux de l’entendre.
    A et pour parler de la forme, éponyme c’est qui donne son nom à. Donc Standhal donne son nom (!!) au Rouge et Noir de Standhal. Ca prête légèrement à confusion… Mais là je chipote un peu. ^^

    [Reply]

  • MichelMichelMichel dit :

    Merci pour la chronique, elle est vraiment bien foutu!

    [Reply]

  • Et Seventh Son c’est 1988 !

    [Reply]

    Spaceman

    Merci, c’est corrigé et le responsable de ces écarts de dates sera sévèrement châtié 😉

    Romain Henriot

    Effectivement… Avec mes excuses, je ne m’explique pas ces deux coquilles calendaires, hormis la fatigue. J’aperçois Spaceman enfourner le fer dans le foyer de chauffe 😉

  • Tellement pressé de découvrir ça !!

    Bon la petite remarque pour la forme : The Number Of The Beast, c’est 1982 😉 (ça c’est parce que vous avez pu écouter The Book Of Souls avant moi…)

    [Reply]

    ZNKZ

    Cette album est une pure tuerie et je trouve que l’auteur de l’article est dur sur certaines de ses impressions.
    L’album est long, mais pour le coup c’est tant mieux tant je trouve que l’album est homogène en terme de qualité ce qui ne fut pas forcement le cas par le passé.

    « Tears of a clown » décrit comme monotone et sans groove… cet avis ne peut pas être sérieux… alors oui c’est de loin le morceau le plus simple de tout l’album, et doit être dans le top 10 des morceaux les plus simples de l’histoire d’Iron Maiden mais quand même… Il tranche pas mal avec le style du groupe et c’est justement ce qui fait son charme, ça surprend, puis finalement c’est pas choquant c’est même plutôt sympa puis quand on comprend un peu mieux les paroles et les allusions faites à la mort de Robbin Williams, alors le morceau prend tout son sens (ce morceau aurait très bien pu faire partie de l’album « tyrany of souls » de Dickinson tant les sonorités m’y font penser)

    Pour le reste pas grand chose a dire, c’est excellent , j’attend d’avoir saigné l’album d’une dizaine d’écoute supplémentaire pour dire qu’il s’agit pour moi du meilleur album de maiden post ’92 voir même (soyons fous) le meilleur album.

    La musique c’est tellement subjectif, que chacun se fera son opinion et donnera son avis

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