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Live Report   

J’aime les morts


Artistes : Alice CooperBlackRain
Lieu : Marseille
Salle : Le Dôme
Date : 20 novembre 2010

Ha, Marseille ! Notre-Dame de la Garde veillant sur le Vieux Port. Marseille et son mistral, son soleil, ses 525 millimètres de précipitation seulement par an… et la moitié qui nous arrosait la gueule, nous inondait les pompes et détrempait nos futals en ce samedi 20 novembre. On peut dire que la Grande Bleue, on n’a guère eu l’occasion d’en apprécier les nuances. Bon, il faisait nuit au moment d’y arriver alors, pour les nuances, on n’avait pas plus d’espoir que ça.

Ce soir-là, l’Animal avait aussi rendez-vous avec deux Marseillaises qui l’auraient sans doute remis à bonne température mais d’abord il avait rendez-vous avec Alice, Alice Cooper ! Et ça, ça promettait déjà de bien réchauffer l’ambiance. Ayant achevé depuis un mois sa tournée Halloween Hootenanny en compagnie de Rob Zombie et Murderdolls, il avait aussitôt repris la route avec son Theatre Of Death itinérant qui apporta morts violentes, folie grand-guignolesque et fureur électrique en la Cité phocéenne.

Theatre Of Death Tour 2010

Un instant, je vous prie. Vous n’oubliez rien ? Mais oui, la voilà qui s’en vient et s’approche mine de rien l’inévitable, la traditionnelle et parfois si dispensable première partie. Et quoi de mieux pour préparer les spectateurs du Dôme de Marseille à un concert en compagnie d’un chanteur qui se maquille et se vêt de tant de costumes délirants qu’un groupe de glam ? Et tant pis s’il ne va pas de soi qu’Alice Cooper s’accorde réellement avec la définition du glam. En fait, BlackRain, le groupe ouvrant ce soir-là pour Alice semble même dépasser les bords de cette définition.

Alors, amis des étiquettes, laquelle s’assortirait le plus à BlackRain ? S’ils étaient japonais, nous dirions sans nous tromper qu’il s’agit de toute évidence d’un groupe de visual kei. Peut-être une esthétique contractée au cours de leur tournée au pays du Soleil Levant en 2006. Ou alors, est-ce simplement une machine à remonter le temps, véhicule idéal pour ceux qui regretteraient de n’avoir pas connu les concerts tout en couleurs de Mötley Crüe ou les années 80 en général ? Autant dire que le style de BlackRain a quelque chose de suranné.

Un goût d’obsolescence aussi dans la musique. Tant qu’à réintroduire – à défaut de réinventer – le glam, on aurait apprécié, un peu plus d’invention dans les compositions et qu’on ne nous resserve pas nécessairement une recette vieille d’au moins vingt-cinq ans. Une recette pour confectionner des tubes concentrés avec refrains entraînants que peut scander le public comme « Innocent Rosie » ou « N.A.S.T.Y », une recette qui semble fonctionner pour une part de l’assistance déjà acquise à la cause et qui en aura sans doute converti d’autres qui se seront laissés aller à la bonne humeur après avoir admis qu’on pouvait encore faire de la musique de la sorte aujourd’hui.

Après quelques instants passés à se faire transpercer par les notes suraigües qui sortent de la gorge de Swan (chanteur-guitariste), après toutes ces phrases en anglais lancées au public marseillais par un Annécien (allez comprendre…), l’apéro est terminé. On ne retiendra pas la performance d’un guitariste de peu de charisme, un batteur à l’aise dans sa position de membre effacé, mais au moins un bassiste suffisamment souriant et enjoué pour nous faire croire que le groupe est heureux d’être là. L’instant est religieux en attendant l’événement de la soirée. Certains dans l’assistance tenteront d’enjoindre le public à psalmodier le nom du pape du shock rock mais une véritable ferveur silencieuse habite la nef du Dôme tandis que les roadies s’affairent sur scène.

Alice Cooper, c’est parti !

Une dose d’excitation s’est tout de même emparée du public quand le rideau géant orné du symbole de la tournée a été monté comme un voile de mystère sur le devant de la scène mais ce n’est pas avant que les lumières déclinent que l’explosion a eu lieu. Beaucoup de fumée, décor de Halloween obligatoire, une sonnerie retentit, « School’s Out », c’est parti !

Comment décrire aujourd’hui un spectacle rôdé depuis près de quarante ans mais aussi renouvelé tournée après tournée depuis autant d’années ? Bien sûr on y va au moins pour deux ou trois choses. D’abord, cela va de soi pour tout concert : la musique. Qu’on soit un vieux fan de la première heure à la longue crinière grisée pouvant l’attester ou arborant encore son T-shirt « Hey Stoopid ! » délavé, la setlist est avant tout faite pour les fidèles, un véritable greatest hits. Les années 70 étant les plus représentées : de « I’m Eighteen » à « Under My Wheels » en passant par « Be My Lover », c’est pour moitié un spectacle « nostalgique » sinon misant sur les valeurs sûres aux accents rock’n’roll.

No More Mr. Nice Guy !

Pour la musique encore avec, là aussi, des valeurs sûres. Alice peut s’adonner à toutes les facéties possibles, assurer un show de tous les diables, sa voix est toujours parfaite, son chant n’est jamais sacrifié à l’entertainment. Le groupe est tout aussi bon, les musiciens sont posés sur des rails, ne dévient jamais – ou alors avec brio – puisqu’on ne s’arrête à aucun moment d’apprécier le show pour s’interroger sur la qualité du jeu de la team Alice Cooper. Même dans les instants de liberté, dans ces intermèdes indispensables à la mise en place de chacun des actes de la comédie noire qui se joue devant nous, les musiciens s’en donnent à cœur joie, toujours sans démériter leur place et – en particulier Chuck Garric (basse) et Keri Kelli (guitare) – assurent un véritable contact avec le public.
Fou à lier

Et le show ? Ha, mes amis, le show ! Vous vous doutez bien que c’est avant tout pour le show qu’on va voir Alice Cooper en concert. Le voir devenir fou minute après minute, le voir trucider trublions et infirmière (infirmière qui aime se frotter la ceinture de chasteté à la ponceuse en aspergeant le batteur d’étincelles) puis mourir à son tour guillotiné après avoir été ligoté dans une camisole de force ; transpercé par une seringue géante contenant probablement le « Poison » qu’il chantait juste avant ; pendu après avoir étranglé son infirmière (et fille ? On ne sait pas trop s’il s’agissait bien de Calico lors de ce concert) ; plus tard encore transpercé par un arsenal de pals d’acier alors qu’il est retenu prisonnier dans une boîte. Et chaque fois, il revit. A chaque fois, il est ressuscité, métamorphosé : d’abord avatar du Baron Samedi, plus tard araignée au toucher mortel. Un spectacle (macabre) de chaque instant.
Chuck Garric (Alice Cooper)

Cerise sur le gâteau : on ne repart jamais les mains vides d’un concert d’Alice Cooper dès lors qu’on occupe les premiers rangs. Heureux dut être celui qui est reparti avec le bâton d’Alice lancé dans la foule dès le début du show. Distribution de colliers de perles durant « Dirty Diamonds » et de billets (factices, entendons-nous bien) durant « Billion Dollar Babies » (le bébé en perdra la tête) ! Distribution de médiators en quantité peu commune de la part des zicos et distribution de badges… Et si (comme ma pomme) vous n’avez pas été assez adroit pour profiter de cette manne, il vous restait les confettis (j’en trouve encore dans mes poches).

Alors ? Concert parfait ? Certainement… si vous étiez bien placé. Car si vous fûtes dans la fosse, il vous fallait voir à travers cette forêt de bras levés pour apprécier pleinement ce Théâtre de la Mort. Même dans les premiers rangs, il était souvent difficile de ne pas manquer un petit quelque chose. Mais il ne fallait pas non plus être tenté d’assister au spectacle depuis les gradins si vous vouliez percevoir tous les détails de ce qui se tramait sur scène ; là encore, quelque chose se perdait avec la distance. Et pas de juste milieu ? De toute évidence, non. Pour apprécier le spectacle dans des conditions optimales et ne manquer aucun détail, il faudra peut-être miser sur le DVD « Theatre Of Death : Live At Hammersmith 2009 » qui pointera son nez dans les bacs français la semaine prochaine.

Alice Cooper, comme un bon vin,
encore meilleur avec l’âge.

Ne croyez pas non plus que je fus déçu. Loin de là. Je suis heureux d’avoir pu vivre ce concert. Peut-être dans une autre salle, dans d’autres conditions (et sans oublier mes protections auditives cette fois), je pourrais essayer de connaître l’expérience complète d’un concert d’Alice Cooper. Principale déception : le froid qui nous attendait encore en sortant et point de Marseillaise pour me réchauffer avant de rejoindre ma tanière lyonnaise. Mais on ne peut avoir, le même soir, Alice et d’autres merveilles.

Setlist d’Alice Cooper :

School’s Out
No More Mr. Nice Guy
I’m Eighteen
Wicked Young Man
Ballad Of Dwight Fry
Go To Hell
Cold Ethyl
Poison
From The Inside
Nurse Rozetta
Be My Lover
Only Women Bleed
I Never Cry
Black Widow Jam
Vengeance Is Mine
Dirty Diamonds
Billion Dollar Babies
Killer
I Love The Dead
Feed My Frankenstein
Under My Wheels

Rappels :

Elected
School’s Out

Photos : Richard – www.rik6666.fr



Laisser un commentaire

  • Un concert vraiment énorme! J’ai fait 9 concerts et celui la c’est le premier dans le domaine Hard Rock! J’ai fait 200 km pour venir le voir et j’en suis pas déçu! Bon c’est dommage que le son du Dome est toujours aussi mauvais. On entendait pas assez les solo, même le voix de cooper dans le refrain \Poison\ on entendait mal. Mais sinon le reste tout va bien! Le spéctacle est à couper le souffle! J’ai pu être un des chanceux à avoir un collier en argent!

    Je peux dire maintenant, putain j’ai vu Alice cooper!! Il me manquerai plus que d’aller voir Nightwish, Maiden et Motorhead pour pouvoir mourir tranquille.

    [Reply]

  • C’est Tifany Lowe l’infirmière, Calico Cooper s’est retirée à la fin du « Psycho drama tour » pour participer au tournage d’un film.

    [Reply]

    Merci a vous:)

    Pardon.

    Merci de ce renseignement

    Pour les fan: http://www.facebook.com/OfficialTiffanyLowe#!/OfficialTiffanyLowe?v=wall

  • Grand concert ! Richard, c’est rectifié pour les photos, merci à toi.

    [Reply]

    Merci a vous

  • Un show absolument énorme! A ce train là, ce n’est plus une claque ais un pain dans ta gueule! Un Alice Cooper, monstrueux de charisme, qui en impose et des musiciens à ces côtés loin de faire tache, même s’ils sont loin d’avoir le rôle principal. Et puis, la passion de Vincent Furnier sur scène est tellement palpable. Après 40 ans de carrière, c’est quand même beau (beaucoup dans les plus jeunes générations de groupes devraient en prendre de la graine au lieu d’être blasé après 2 albums)!

    Après, ce juste milieu pour le placement était bien dommage mais je me console en me disant que j’ai pu garder toute l’ambiance du placement de la fosse dans mon esprit(ce qui est quand même un principal argument pour aller se perdre au milieu de la foule) et tenter de me la « réapproprier » en regardant ce fameux petit DVD. Je sens que Papa Noël va en voir du théâtre de la mort ^^

    [Reply]

  • Merci
    Le reste a venir dans la gallérie de Radio Metal ou sur mon site directement.

    [Reply]

  • Il y a pas mon crédit pour les photos, je pense c’est juste un oublie.

    Photos : Richard – http://www.rik6666.fr

    Merci

    [Reply]

    Saff'/RM

    Surtout qu’elles sont bien belles, ces photos.

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