ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Nouvelles Du Front    Song For The Deaf   

« Jamais »


Pour la première fois, James Labrie et le claviériste Jordan Rudess ont interprété « Space Dye Vest », un titre historique de Dream Theater, encore jamais joué jusqu’à présent. Entièrement écrit par Kevin Moore (claviers) au moment de boucler l’album Awake (1994) et d’annoncer à ses collègues qu’il allait quitter la formation, ce titre extrêmement personnel est à part dans la discographie des Américains par sa mélancolie. Moore y faisait un point sur sa vie et parlait notamment de manière déguisée du décalage qu’il ressentait par rapport au groupe, alors en pleine explosion médiatique.

« Space Dye Vest » est aussi le seul morceau sur lequel on entend Kevin Moore chanter, comme nous le racontait James Labrie il y a quelques années. Anecdote qu’il nous contait avec émotion et une pointe d’humour (« d’ailleurs, je n’étais même pas au courant qu’il avait chanté dessus. Lorsque j’ai entendu le mixage final, je me suis demandé ce qu’ils avaient foutu avec ma voix pour qu’elle ressemble à ça ! »).

Certes, il ne s’agit pas de Dream Theater à proprement parler mais d’une apparition de James Labrie lors d’un concert solo de Jordan Rudess. Néanmoins, que deux membres de l’actuelle formation interprètent ce titre emblématique, chose qu’ils ne se seraient certainement pas permise – même en solo – du temps où Mike Portnoy était aux commandes, reste un évènement pour les fans. Pendant des années, le groupe – essentiellement par l’intermédiaire de son ancien leader et batteur – s’est efforcé de se détacher de ce titre (peut-être en raison d’une rancœur éprouvée à l’encontre de son texte ?) et de tuer tout espoir de voir ce titre un jour joué sur scène. C’est un morceau personnel qui ne pouvait être joué que par Kevin Moore et ce dernier n’accepterait jamais de venir l’interpréter le temps d’un concert, tant il souhaitait ne plus être associé à Dream Theater. Mike Portnoy s’était même agacé de voir les fans réclamer sans cesse ce titre et avait laissé entendre qu’il ne voyait pas ce qu’ils pouvaient bien lui trouver.

Un effort de plus de quinze ans pour donner tout son sens à l’adverbe « jamais », effort que Labrie et Rudess viennent de ruiner, signe léger que le leadership de Portnoy sur Dream Theater semblait peser sur ses collègues et que ses décisions n’étaient pas complètement approuvées par tous.

Quoi qu’il en soit, cette concrétisation live est presque décevante. Non pas pour son interprétation, tout à fait respectable de la part d’un Jordan Rudess qui a levé le pied – ou plutôt les doigts – en termes de vélocité et laissé ses glissandos intempestifs au placard. Elle est décevante à cause de la nature même de son existence : le mythe s’effondre.

Plus de place pour l’imaginaire. Quel que soit votre avis sur l’interprétation, vous ne pourrez plus imaginer « ce que ça aurait donné en live ». Certes, à « Space Dye Vest » succèdent « The Shattered Fortress » et « The Best Of Times », indissociables de la personne de Mike Portnoy, laissant un vide tout aussi frustrant. Beaucoup espéraient voir jouée dans son intégralité la série sur les alcooliques anonymes, clôturée par « The Shattered Fortress ». « The Best Of Times », hommage au père de l’ex batteur du groupe décédé en 2009, était aussi attendu pour son solo de guitare final qui avait marqué les esprits à la sortie du disque.

Mais ils viennent de nous le démontrer : le terme « jamais » n’a plus aucun sens.



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Warm-Up Hellfest @ Nantes
    Slider
  • 1/3