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Nouvelles Du Front   

« Jamais, Jamais » protestaient-ils…


Ils sont sacrément culottés chez Korn ! Alors que The Path Of Totality avait créé la polémique par ses collaborations avec des artistes dubstep et qu’avec le retour de Head une partie de son public s’attend à ce que le groupe fasse un retour aux sources musclé en tirant un trait sur cette expérience, Korn, pour donner un premier aperçu de son nouvel album The Paradigm Shift, choisi le single « Never Never ». « Jamais Jamais » devaient justement se dire certains réfractaires à The Path Of Totality : voilà qui est bien vu et sacrément provocateur. Provocateur car « Never Never » fait tout l’inverse de ce qui est attendu de Korn par une frange du public. D’autant plus que Jonathan Davis n’a cessé de dire que « le prochain album de Korn sera différent du dernier », notamment dans nos colonnes où, en février 2012, il affirmait que « ça ne serait pas nécessaire de faire un autre album de dubstep, vu qu’on vient de le faire », même s’il prévoyait « quelques influences subtiles ici et là. » Or, ici, en guise de premier aperçu, le combo met clairement en évidence sa facette la plus pop, avec des réminiscences dubstep évidentes héritées de l’expérience The Path Of Totality.

Mais même si « Never Never » le représente, il ne résume certainement pas The Paradigm Shift, loin s’en faut. Un album assurément aux multiples facettes, c’en est presque un concept si on en croit les explications de Munky sur le nom The Paradigm Shift, issues du communiqué de presse : « C’est un terme qui englobe différentes perspectives. Tu peux voir une œuvre d’art sous un angle donné et cela te renvoie une certaine image. Si tu la regardes sous un autre angle, c’est une image totalement différente qui transparaît. Nous rapprochons ceci au Korn de 2013. » Et « Never Never » n’en est que le visage le plus ouvertement pop (n’en dévoilons pas trop, la chronique arrive dans quelques semaines). Un choix qui n’est donc clairement pas anodin : après tout, ils auraient très bien pu proposer un des titres dévoilés à la presse lors de la conférence au Hellfest, « Pray For Me » et « Mass Hysteria », qui auraient sans doute eu moins de mal à rassembler leur public, là où « Never Never » continuera à le diviser. Un choix qui, en définitive, sonne comme une déclaration : « Nous ne nous soumettrons jamais et assumons à 100% notre musique et nos orientations artistiques. » Et d’ailleurs, cela cadre plutôt bien avec la volonté du groupe de devenir un artiste indépendant. Indépendant des rouages des majors qui imposent leur (manque de) vision artistique, mais aussi indépendant d’un public qui croit pouvoir passer commande comme dans un vulgaire MacDo (et parfois même en repartant sans payer).

« Qui m’aime me suive », voilà la philosophie de Korn qui a, en sus, conscience qu’un public évolue au fil du temps, au fil des œuvres et des nouvelles orientations du groupe, et qu’on ne peut définitivement pas plaire à tout le monde. « On est toujours en constante évolution et on énerve certains fans, on en gagne d’autres et c’est comme ça que ça se passe. Je les aime tous, même ceux qui nous crachent dessus, parce que s’ils prennent le temps de balancer des commentaires négatifs sur nous, ça veut dire qu’on a de l’importance à leurs yeux. [rires] On ne peut pas plaire à tout le monde mais ça fait dix-huit ans qu’on est là donc je me dis que je n’en ai rien à foutre, vraiment. Je veux faire ce qui me fait plaisir et ce qui fait plaisir au groupe. Mais ça ne nous dérange pas du tout. Il y aura toujours des gens pour cracher, quoi que tu fasses », nous disais Jonathan Davis. Et tant que le plaisir de création est là, n’est-ce pas, qu’on adhère ou pas au résultat, le principal dans l’œuvre d’un groupe tel que Korn ?

Pour autant, on ne peut nier que « Never Never » s’impose de lui-même comme single par son côté sucré, dans l’air du temps et taillé pour les ondes FM. Et c’est bien là tout le propre d’un single : savoir se faire attrayant avec des atouts immédiats et, pourquoi pas, réussir à séduire des médias moins spécialisés pour étendre son rayonnement. En cela Korn fait d’une pierre deux coups : affirme son indépendance – toute son indépendance – tout en jouissant d’un single au fort potentiel d’attraction. Même si le groupe a clairement perdu en popularité depuis son âge d’or – il suffit de voir des concerts qui, ces dernières années, ne remplissaient plus autant qu’avant – il a encore assez d’assise pour faire ce qui lui chante et ça, en soi, c’est une victoire.

En tout cas, il faut bien un groupe à l’aise dans ses pompes, sûr de son œuvre, pour se permettre de jouer ainsi avec son audience. Head lui-même aurait déclaré qu’il s’agirait là du meilleur album de Korn. Effet d’euphorie des retrouvailles ? Chacun en jugera par lui-même le moment venu. En tout cas, un tel culot mérite certainement le respect.



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  • Merci Spaceman, ça fait du bien d’entendre enfin une analyse intelligente sur les derniers Korn, dont la créativité reste constante depuis les débuts. Si on est pas complètement superficiel et braqué sur la  »forme », on reconnait ce style, cette ambiance si particulière que Korn déploie, toujours, à travers des mediums musicaux variés.

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  • Game-system dit :

    J’ai l’eau ans la bouche, trop envie d’ecouter l’album!!

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  • Le retour de Head et le sample qu’ils avaient laché m’avait fait miroiter un Korn moins electronique que ce morceau, plus une ambiance lourde quasi-lounge, mais pas non plus un retour aux sources que je n’attend surtout pas. (Oui j’m’étais fait un putain de film)
    C’est vrai que c’est un beau pied de nez mais ma premiere reaction fut quand même un beau « oooh pfff »
    Passé la surprise et en l’écoutant une deuxième fois, je l’ai trouvé déjà plus sympa. Surtout le refrain. J’ai quand même hâte d’écouter l’album et de découvrir les milles et un riff et bidouillage que Head nous a concocter.

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  • pour moi qui a adoré Untouchables tout autant que Path Of Totality, j’aime beaucoup ce single!

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  • C’est bien pour ça que je suis un grand fan de Korn depuis mes 11 ans (bon j’en ai 19 aujourd’hui, je sais ça fait pas vieux mais ça l’est moins que si j’etais fan de Metallica)
    Ces mecs, ils font ce qu’ils veulent. Juste ce qu’ils veulent. Et c’est la ou je les respecte à ce point: ils ne se laissent pas influencer.
    Faut se dire que la musique d’aujourd’hui sera la musique de demain. Quand mon pere ecoute Led Zep, mon frere Metallica et moi Korn, c’est la qu’on voit bien l’evolution de la musique.
    Donc les gens qui crachent peuvent continuer. De toute maniere, la musique evoluera, que vous le vouliez ou non. Et personnellement, j’emmerde profondemment la jeunesse nostalgique d’une epoque qu’elle n’a meme pas connue.
    Vive le renouveau ! C’est tellement bon d’ecouter des trucs qui viennent uniquement de sa generation.

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