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Interview   

Jeff Walker n’a pas fini de ronger sa bonne vieille carcasse


Se reformer et produire un nouvel album dix-sept ans après, c’est presque inespéré ! Et c’est pourtant ce que Carcass a fait, de la plus belle des manières puisque, là où le temps qui passe accroît généralement les doutes sur la capacité d’un groupe à honorer son œuvre, les Anglais eux sont arrivés avec un album de Carcass pur jus, presque unanimement salué par la critique et les fans. Le secret de cette réussite ? Ne pas trop réfléchir, faire ce qu’ils ont envie faire et avoir conscience de leur passé, de leur histoire. Le bassiste chanteur Jeff Walker, interviewé ci-après, nous avoue même à quel point il était important que le batteur Ken Owen, malheureusement plus en mesure de frapper les fûts, soit de la partie.

Un album honnête et authentique dont Walker, à la fois sympathique et faisant preuve de franc-parler, nous livre les secrets. A noter que dans l’échange qui suit il sera également question, pêle-mêle, de Whitesnake, de Trivium, de Michael Amott (Arch Enemy) et de grindcore.

« Je ne crois pas que ce soit un album nostalgique mais nous avons pleinement conscience de notre passé, il le faut. Je trouve que c’est ce qui donne sa force à cet album. »

Radio Metal : Carcass a réalisé plusieurs concerts de reformation depuis 2007. Qu’as-tu pensé de ces concerts ? Ont-ils été à la hauteur de tes attentes ?

Jeff Walker (basse/chant) : Maintenant que nous jouons avec Daniel Wilding et Ben Ash, je pense que le groupe joue mieux. Au moment des concerts de reformation, je trouvais que nous étions bons mais… par exemple, nous venons de jouer en Colombie ce week-end et les concerts étaient sensationnels. Nous nous sommes donc encore améliorés.

Est-ce que la raison pour laquelle vous avez choisi de faire un album est parce que le groupe était meilleur ? Car, à un moment donné, Bill Steer disait à propos de l’éventualité d’un nouvel album que ce « serait très surprenant que cela arrive »

Eh bien, peut-être est-il surpris, car nous venons tout juste de faire un album ! (Rires) Il n’est pas le seul dans le groupe qui a dit que ça n’arriverait pas. Ce que je veux dire, c’est que j’aurais été d’accord avec lui. Mais les choses changent. On a dit quelque chose il y a dix ans et puis on a dit autre chose hier, les gens changent, tu sais. Je suppose que nous avons simplement senti le besoin de faire sortir ça de nos têtes. Nous avions les riffs et les idées, alors, pourquoi pas ?

Y avait-il un effort conscient au moment de réaliser Surgical Steel de faire en sorte qu’il soit dans la veine de Necroticism et Heartwork car c’est ce que les fans attendaient, ou est-ce que c’est ce qui est sorti naturellement ?

C’est ce qui est sorti naturellement. Nous n’avons pas trop délibéré ou réfléchi dessus. Très franchement, nous avons enregistré quinze chansons et c’est très varié, nous n’avons pas intentionnellement choisi une période ou un style de Carcass. Tu sais, en fait, nous avons essayé de faire quelque chose de neuf, mais par principe dès que nous faisons quelque chose, ça sonne comme Carcass. Nous ne nous sommes pas posés pour écouter nos vieux albums ; le fait de jouer la musique que nous faisons coule naturellement dans nos veines. Donc, s’il y a des similitudes avec Heartwork ou Necroticism ou Swansong, ou même Symphonies ou Reek, c’est une pure coïncidence. Vu sous un certain angle, cet album est une solidification de notre passé. Ce n’est pas une tentative délibérée de re-capturer quelque chose que nous avons fait. Si c’est ce que ça a donné, c’est uniquement accidentel. D’une certaine façon, je suppose que nous avons consolidé notre discographie et l’avons compressé en un album.

En fait, Carcass a traversé plusieurs styles à travers les années, donc penses-tu que cet album représente le style classique de Carcass ?

(Il réfléchit) Je ne sais pas ce qu’est le style classique de Carcass ! De toute évidence, les gens serait d’accord pour ne pas être d’accord sur le fait de déterminer quel est le style classique de Carcass. Il y a des gens qui détesteront cet album parce qu’il ne sonne pas comme Symphonies. Et pour d’autres personnes, notre style classique c’est notre troisième album, Necroticism. Il y a donc débat, n’est pas ? Tout ce que je peux dire c’est que ceci est encore un autre chapitre dans l’histoire de Carcass, car il ne sonne pas forcément comme un de nos albums précédents.

La première chanson s’intitule « 1985 » qui est l’année de formation de Carcass. Est-ce que vous avez le sentiment qu’il s’agit d’une nouvelle naissance pour le groupe ?

Eh bien, je crois que tu vas chercher un peu loin sur ce titre ! (Rires) C’est juste un truc spontané que nous avons fait en studio. Nous n’avons jamais planifié de faire ça. C’est simplement une idée que j’ai eu en trouvant ce riff. Nous l’avons appelé « 1985 » car, oui, cette musique provient de 1985. Mais c’est aussi une sorte de blague, car Bill (Steer) était un grand fan de l’album 1987 de Whitesnake. Nous nous sommes donc dit : « Faisons une chansons qui s’intitulerait 1985, comme Whitesnake ! » (Rires)

Es-tu également fan de cet album de Whitesnake ?

Ouais, nous l’étions tous dans le groupe. En fait, je préfère les trucs plus vieux, plus bluesy de l’époque Moody/Marsden plutôt que l’époque du rock moule burnes. Mais ouais, Whitesnake est un super groupe !

As-tu écouté les albums qu’a réalisé Whitesnake récemment ?

Non, ça ne m’intéresse vraiment pas. Ce qui était intéressant à propos de l’album dont on vient de parler, c’est que John Sykes faisait partie du groupe, mais, quand bien même, je préfère les trucs plus vieux et bluesy, le genre de rock plus boogie que le groupe faisait lorsque John Lord et Ian Paice en faisaient partie.

« Je ne veux pas retirer du mérite à Mike [Amott] [mais] je pense que les gens lui attribuent plus de crédit que ce qu’il en a en réalité. »

Est-ce que le fait que Surgical Steel ait été conçu et enregistré à trois vous a donné le sentiment d’être de retour à vos débuts ? Y avait-il un quelconque sentiment de nostalgie dans cet album ?

Eh bien, pour être franc, la base des albums a toujours été enregistrée à trois, peu importe qui était dans le groupe. Ça a toujours été Ken et Bill qui s’occupait de la rythmique et ensuite moi qui faisais la basse et les vocaux, peu importe quel guitariste était dans le groupe, que ce soit Michael Amott ou Carlo (Regadas), qui venaient faire les parties lead. Est-ce qu’il y avait de la nostalgie ? Oui, clairement. Je ne crois pas que ce soit un album nostalgique mais nous avons pleinement conscience de notre passé, il le faut. Je trouve que c’est ce qui donne sa force à cet album. Même s’il y a un écart de dix-sept ans, il y a clairement une lignée dans ce que nous faisons et ce que nous avons fait. Tu as mentionné la chanson « 1985 » et d’autres éléments dans l’album qui sont, comme tu l’as dit, du Carcass classique. Il y a de vieux riffs, il y a de vieilles idées de paroles, même la pochette est basée sur un vieux design. Une fois de plus je vais utiliser ce mot : nous consolidons notre position en jouant sur nos forces. Nous ne sommes pas gênés par notre passé et nous ne prétendons pas réinventer la roue. Nous avons simplement fait un album fort de Carcass. Nous avons toujours été très conscients de notre passé et nos influences; il faut l’être en tant que groupe. Il n’y a absolument rien d’original dans Carcass. Aussi influents puissions-nous être, nous avons nos influences.

Carcass a toujours eu ces titres de chansons typiques et étranges, mélangeant des termes gores et médicaux, ce qui est devenu la marque de fabrique du groupe. Comment diable inventez-vous ceux-ci ?

C’est très simple : il faut éviter l’évidence ; il faut éviter de réitérer ce que quelqu’un a dit ou fait, et il faut éviter les clichés. Si tu fais ça, tu auras l’air intelligent. Ce n’est pas aussi intelligent que ça paraît mais nous faisons exprès d’éviter de plagier les autres. Nous ne voulons pas copier ce que d’autres ont fait.

Y a-t-il un aspect humoristique derrière ça ?

Ouais, carrément. Surtout dans le nouvel album, en comparaison de Heartwork ou Swansong, ces albums manquaient d’humour. Dans les vraiment vieux Carcass il y a beaucoup d’humour noir, typiquement anglais. J’ai clairement essayé de ramener ça dans le groupe. C’est bien plus léger que ce que les gens peuvent imaginer. La musique est heavy et elle peut sonner dépressive mais il y a un côté très léger derrière ça.

Le batteur originel Ken Owen a été invité à faire un peu de chant sur cet album. Était-ce important de le voir faire partie de cet album de reformation ?

Ouais, bien sûr, je pense que c’est une question de crédibilité, c’est une question de conserver l’histoire du groupe intacte et il est important de faire en sortes que Ken ait le sentiment de faire partie de tout ça. Carcass était autant son groupe que le mien ou que celui du Bill, nous ne pouvons donc pas simplement effacer le mec de l’histoire. Ce n’est pas parce qu’il ne peut plus jouer de la batterie sur cet album qu’il faut que nous l’ignorions. Il jette une grande ombre sur cet album. Même s’il ne joue pas de la batterie dessus, on peut encore l’entendre dans la batterie, les paroles et les idées car il fait partie de tout le concept de Carcass. De nombreuses idées que les gens prennent pour acquises au sujet de Carcass sont venues de lui.

Et avez-vous poussé Daniel Wilding à jouer un peu comme lui ?

Non. La seule chose que je pense avoir fait personnellement était de le pousser à arrêter de jouer les blast beats avec une double grosse caisse. Tous les autres groupes avec lesquels il a joué ont eu ce genre de frappe poussive. Et il est important pour un groupe comme Carcass que les trucs rapides soient fait sur une seule grosse caisse, car c’est ainsi que nous avons toujours joué. Ça apporte un feeling différent au groupe et à la musique. En toute franchise, je ne lui ai jamais vraiment mis la pression. J’ai peut-être fait un commentaire une fois et je pense que Dan s’est lui même poussé dans cette direction. S’il y a une quelconque influence de Carcass dans son jeu, je crois que c’est de son propre gré. Ce n’est pas comme si moi ou Bill lui avions demandé de faire ça, il l’a fait de lui même.

Penses-tu qu’il y ait un quelconque espoir pour que Ken se rétablisse complètement et retrouve ses capacités à jouer de la batterie pour le groupe un jour ?

Il ne peut pas. Il était dans le coma il y a quinze ans et a subi deux opérations du cerveau. Pourquoi les gens imagineraient qu’il pourrait miraculeusement se remettre ? Son état est le résultat d’un embolisme cérébral. Il a été convalescent et est revenu au meilleur état de santé qu’il lui est possible. Il ne pourra jamais se rétablir complètement. Je suis désolé si je parais un peu en rogne mais c’est une une question un peu idiote. Ça me tape un peu sur les nerfs, tu sais. Car, si les gens prêtaient attention à ce qu’il lui est arrivé, ils ne se poseraient pas la question. Sa mémoire à court terme est affectée à cause de ce qui s’est passé. Je veux dire : le mec à presque perdu la vie. Et sa force physique n’est plus la même que ce qu’elle doit être pour un gars de son âge. Il a beaucoup de chance d’être vivant après ce qui est arrivé mais il ne pourra jamais se rétablir complètement à cause des dommages survenus après avoir été dans le coma. Je suis désolé, je ne cherche pas à avoir l’air d’un trou du cul mais le sujet est très sensible !

Non, pas de problème ! Je demandais simplement parce qu’on voit des fans se poser la question et puis, il y a des gens qui parfois traversent de graves accidents et traumatismes qui…

Ouais, le truc, mon ami, c’est que s’il devait se rétablir alors ça se serait produit presque immédiatement. Ça n’arrivera pas après dix-sept ans, tu sais.

« Eh bien, qu’est-ce que le grindcore ? Il y a des blast beats sur le nouvel album ! N’est-ce pas ça le grindcore ? »

Sur un autre sujet : Michael Amott et Daniel Erlandsson, qui ont participé aux tournées de reformation, n’apparaissent pas sur l’album. N’y avait-il aucune possibilité pour eux de faire à la fois Arch Enemy et Carcass ou bien n’étaient-ils juste pas intéressés pour aller plus loin avec le groupe ?

A savoir s’il y avait une possibilité ou pas, évidemment, c’est une question que tu devrais leur poser. Je suppose que leurs actions parlent d’elles-mêmes : il faut croire que ça ne les intéressait pas. En toute franchise, Mike m’a contacté lorsqu’il a découvert que moi et Bill étions en train d’écrire l’album, mais c’était trop tard. Le gars a décidé d’abandonner tout le truc, de consacrer son temps à Arch Enemy, ce qui est totalement compréhensible. Il a besoin de faire son truc et nous avons besoin de faire le nôtre, ça se comprend.

Quoi qu’il en soit, es-tu déçu que Michael Amott ne fut pas impliqué dans cet album ?

Si je suis déçu ? Non. Pourquoi devrais-je l’être ?

Car il a fait partie de deux albums qui sont désormais considérés comme les plus grands classiques de Carcass, Necroticism et Heartwork…

Eh bien, tout dépend de ton point de vue, n’est-ce pas ? Car des gens estimeront que le meilleur album était Symphonies ! (Rires) Je comprends bien où tu veux en venir mais – et je ne veux pas retirer du mérite à Mike – je pense que les gens lui attribuent plus de crédit que ce qu’il en a en réalité. Donc, suis-je déçu qu’il ne fut pas impliqué dans ce nouvel album ? Pas du tout ! Si j’étais extrêmement cynique, alors je penserais que ç’aurait été super de l’avoir sur l’album car il a une grande base de fans. Mais très franchement, je ne pense pas qu’il manque à l’album. Le processus d’écriture dans Carcass a toujours changé à chaque album donc, suis-je déçu ? Non. Je veux dire, au bout du compte, les gens peuvent aller écouter Arch Enemy s’ils veulent entendre Mike, n’est-ce pas ?

Apparemment le producteur Colin Richardson s’est retiré des sessions de mixage. Il y a une vidéo qui tourne sur Internet où on peut t’entendre pendant un concert être un peu amer à ce sujet et dire que Richardson n’a en fait pas abandonné parce qu’il était épuisé – ce qui était la raison officielle – mais pour aller mixer le nouvel album de Trivium. Étais-tu véritablement furieux après Richardson à cause de ça ?

Si ça donne l’impression d’être amer, alors les gens, de toute évidence, ne savent pas, car il n’y aucune véritable amertume dans cette déclaration. Ça a été dit sur un ton un peu léger. Bon, ce qui était un peu agaçant c’est la manière dont Colin a géré ça. En ce qui me concerne, faire cette déclaration sur scène, c’était un peu du théâtre, tu sais. Il n’y a rien de mal à mettre un peu de théâtre dans un show. A titre personnel, je pense que tout arrive pour une bonne raison. Sneap (Andy) a fait du super boulot sur le mix. Il n’y a pas de rancune ou de problème. Ça sonne très dramatique de dire : « Oh, Colin est parti pour le nouveau Trivium ! », mais je pense que les gens projettent leurs propres sentiments sur cette déclaration, plus qu’aucune intention derrière mes mots.

En fait, ce qui a rendu la chose plus dramatique encore, c’est la manière dont l’audience a réagi en huant…

Eh bien, très franchement, je savais que si on disait ça à un concert de Carcass, ça provoquerait ce genre de réaction ! (Rires) Au final, notre base de fans est différente de celle de Trivium.

Et est-ce que tu apprécies Trivium ?

Non.

Que penses-tu d’eux ?

(Il soupire et ensuite ri) Je n’ai rien à dire. Ça ne m’intéresse pas. Ils ont leurs fans ; ils sont un groupe plus mainstream. Bonne chance à eux. Je ne suis pas là pour dire de la merde sur ce groupe. Je veux dire, ce n’est pas de la musique qui est faite pour quelqu’un comme moi, de la même manière que Carcass n’est pas de la musique faite pour les fans de Trivium.

Tu le penses ?

Ouais ! (Rires)

Pourquoi pas ? Je suis sûr de connaître des gens qui écoutent Trivium et apprécient aussi Carcass…

Ouais ? Eh bien, c’est cool ! Je ne pense pas que nous partagions les mêmes sentiments artistiques. Nous écrivons de la musique pour nous-mêmes et j’ai 44 ans. Essayer de séduire un large public, des adolescents ou des gens qui sont dans leur vingtaine, ne m’intéresse pas. Si eux ça les intéresse, c’est cool ! Je ne fais pas ce que je fais pour séduire un public plus jeune.

« Tant que j’aurais le sentiment que nous avons un meilleur album en nous, alors nous continuerons. Et je pense que nous pouvons produire un meilleur album que Surgical Steel. »

Apparemment quatre autres chansons qui ne sont pas sur l’album ont été enregistrées pendant les sessions. Gardez-vous ces chansons pour un EP ou quelque chose comme ça ?

Je pense qu’à un moment donné du vieux matériel verra le jour, que ce soit un EP ou autre chose. Il a fallu que nous fournissions un titre pour le Japon et c’est toujours sympa d’avoir du matériel en réserve pour des trucs cool. Ce n’est pas un stratagème délibéré de garder des choses pour un EP mais on veut que les gens entendent ça. Je suppose donc qu’à un moment donné il faudra que nous sortions tout. Mais il était important de garder l’album en deçà des quarante minutes, car nous ne voulions pas surcharger l’auditeur avec un album long de plus d’une heure. Quoi qu’il en soit, ces titres verront évidemment la lumière du jour.

Carcass n’a jamais sorti d’album live. N’avez-vous pas pensé que ce serait une bonne idée d’enregistrer un des concerts de reformation pour le sortir ?

Ouais, on a enregistré des trucs. Mais cette idée à propos des albums live… Le fait est que les auditeurs ne sont pas forcément au courant que la plupart des choses que les groupes prétendent être du live n’est jamais du live, ils retournent en studio pour tout corriger. Et ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse de faire. Si nous devions sortir un album live ou un DVD live, alors je veux que ce soit authentique. Pour le moment, je ne crois pas que nous puissions jouer assez bien au point d’être parfait. A un moment donné, il y aura un DVD live, je suppose, mais j’aime penser que ce sera lorsque le groupe n’existera plus. Si vous voulez nous entendre en concert, vous pouvez aller sur YouTube.

Mais ce n’est pas de la bonne qualité…

Ouais, des fois c’est de la bonne qualité, des fois non. Il faut comprendre que pour faire un album live ou un DVD live dans le contexte dans lequel les gens travaillent dans l’industrie, tu dois grosso modo retourner en studio passer beaucoup de temps pour travailler sur un album, et nous n’avons simplement pas le temps ni la volonté pour ça tout de suite.

Que penses-tu aujourd’hui de l’album Swansong, qui sonnait moins agressif, et de cette époque ?

J’ai autant de place dans mon cœur pour Swansong que j’en ai pour Reek Of Putrefaction ou Heartwork. Je n’ai jamais rien eu contre cet album. L’album a pas mal mauvaise réputation mais la réalité de la situation est que les ventes dictent le contraire, et le fait que les gens généralement aiment cet album. Il a sa place dans la discographie de Carcass. Tu sais, même avec la plus grande imagination qui soit les gens ne peuvent pas dire que c’est un plus mauvais album que Reek Of Putrefaction. (Rires)

Reviendrez-vous un jour au grindcore ?

Eh bien, qu’est-ce que le grindcore ? Il y a des blast beats sur le nouvel album ! N’est-ce pas ça le grindcore ?

Je ne suis pas certain que ce soit ainsi que les gens définiraient le genre… (Rires)

Ouais, eh bien, la réalité est que nous n’avons jamais été un groupe de grindcore. C’est aussi simple que ça. D’autres gens nous ont catalogué. Je pense que ce que tu veux dire au bout du compte c’est : est-ce qu’on va un jour revenir à un album dégueulasse et mal produit ? Eh bien, j’espère pas ! (Rires) La réalité est que si nous avions enregistré Reek Of Putrefaction aujourd’hui, il aurait eu le même genre de production que Surgical Steel. C’est aussi simple.

Donc tu estimes que ce que les gens appellent grindcore est en fait un album de death metal mal produit ?

Ouais ! Ce n’est rien de plus. Je veux dire, Symphonies Of Sickness ne sonne pas ainsi car… Nous voulions qu’il sonne ainsi, mais c’est le mieux que nous pouvions faire avec le budget et le matériel dont nous disposions à l’époque. C’est la même chose avec Necroticism : nous essayions de notre mieux d’avoir le meilleur son possible mais nous étions limités par le temps, le budget et les équipements.

Penses-tu que cette reformation sera l’histoire d’un seul album ou bien as-tu le sentiment qu’il y aura plus de la part de Carcass dans le futur ?

Eh bien, au bout du compte, il faudrait que tu me demandes si je suis satisfait de cet album, et la réponse sincère est « non ». Tant que tu as le sentiment que tu peux accomplir quelque chose de meilleur, alors tu as une raison et un sens pour continuer. Tant que j’aurais le sentiment que nous avons un meilleur album en nous, alors nous continuerons. Et je pense que nous pouvons produire un meilleur album que Surgical Steel.

Qu’est-ce qui ne te satisfait pas dans Surgical Steel ?

Ce sont simplement de petites choses, tu sais. C’est juste que je ne pense pas que nous ayons encore fait notre album classique. Et tant que tu ressens ça, tu continues. Même si les gens ne tarissent pas d’éloge à l’égard de Heartwork ou adorent Necroticism ou Swansong, objectivement, je ne peux pas ressentir la même chose car je prends part au processus créatif. Je cherche toujours à me satisfaire. Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit, j’aime le nouvel album mais il n’est pas parfait. Peut-être que je cours après une carotte au bout d’un bâton et que je n’arriverais jamais à l’attraper, mais il faut que je continue. Je vois bien une direction vers laquelle nous pourrions aller. Rien ne nous oblige à faire un autre album mais tant que nous avons le sentiment de devoir le faire, alors nous le ferons. Nous n’avions aucune raison de faire un album après dix-sept ans, c’est simplement que moi et Bill le voulions.

Penses-tu qu’il te soit possible de te satisfaire d’un album ?

Probablement pas. C’est comme le chien qui pourchasse sa queue, j’imagine, mais il faut poursuivre ce but et essayer de toutes tes forces.

Et en dehors de Carcass, as-tu d’autres choses à l’horizon ?

Je suis toujours impliqué dans le groupe Brujeria. Il travaille toujours sur un album. Il faut espérer qu’il verra le jour dans les six prochain mois ou quelque chose comme ça.

Interview réalisée par téléphone le 22 août 2013
Retranscription et traduction : Spaceman

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Album Surgical Steel, sorti le 13 septembre 2013 chez Nuclear Blast



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  • Jeff croit que sa musique n’est pas fait pour séduire les jeunes métaleux, pourtant j’ai 16 ans et j’aime bien Carcass et je connais énormément de gens de mon âge qui en écoute aussi 🙂
    Sinon bonne interview, le mec est pas langue de bois du tout et ça c’est cool 🙂
    PS:comme disait Spaceman: ya bien des gens qui aiment Trivium et Carcass! J’en suit la preuve!

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  • @ Lykan : j’aurai du mal à répondre à un sondage comme ça, avec Surgical Steel, c’est comme si ils avaient un best-of de nouveauté. La production est nickel chrome, y’a rien à dire sur ce CD… Il faut faire un sondage sur les PRÉCÉDENTS albums alors ! Je vote Necroticism.

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  • Pardon, mais il me semble que ce soit « embolie cérébrale », et non « embolisme cérébral ».

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  • Très belle interview, merci.
    Les propos sont intéressants et sans langue de bois.
    Il parle beaucoup de « l’album préféré du fan de Carcass », on pourrait faire un petit sondage sur Radio Métal ! J’ouvre le bal avec Heartwork (sans aucune hésitation d’ailleurs…).

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