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Interview   

Jesus Volt : dépoussiérer la platine


thumbs_jesus_volt_2014_12_04_16La modernité est-elle un concept objectif ou bien dépend-elle de la perception et des attentes des gens ? La question se pose quand on observe le succès, au cours de la dernière quinzaine d’années de groupes a la sensibilité vintage, des White Stripes à, plus récemment, Blues Pills ou Rival Sons. Et ces groupes, bien qu’ils provoquent une forme de nostalgie, sont considérés comme modernes. Pour Lord Tracy, chanteur de Jesus Volt, tout est lié, le blues est moderne. La musique du groupe en est un exemple flagrant. Qualifiée de « heavy blues », elle mélange blues et rock avec des éléments musicaux de styles plus jeunes : samples, beatbox, rap, etc. Lord Tracy décrit pourtant ce mélange comme étant naturel et logique étant donné l’importance qu’a eu le blues dans le développement des musiques actuelles.

Lors de cet entretien qui s’est déroulé a l’occasion de la sortie de l’album éponyme, Lord Tracy évoque donc la démarche mais aussi le parcours du groupe, non sans une pointe d’agacement quant au rapport qu’a la France avec la musique. Le fil de la discussion nous a également amené sur le sujet de l’importance de la rythmique dans la musique ainsi que sur ce que lui inspirait sa plus grande influence pas tant musicale qu’humaine : Lemmy.

« La France n’est pas un pays où l’on ose faire des choses qui n’existent pas, et, notamment, épauler ses propres groupes. Ce n’est pas vraiment ce qu’il se passe. »

Radio Metal : En ce moment nous sommes vraiment dans un contexte musical où des groupes comme Rival Sons ou Blues Pills ont du succès et ont, en quelque sorte, recréé un effet de mode autour du blues rock et tout ce qui en est dérivé. Est-ce que cela vous a amené un nouveau public ?

Lord Tracy (chant) : Un nouveau public, je ne sais pas, mais je pense que les gens sont vraiment en demande de quelque chose qu’il n’y a plus. C’est vrai que tous les gros dinosaures aujourd’hui sont en train de mourir, cette année a été particulièrement terrible : il y a eu Lemmy, David Bowie, quelques autres sont partis, on s’attend à voir tous les autres venir… Je pense qu’il y a une vraie demande parce qu’il n’y a pas grand-chose qui remplace ça, donc les gens ont besoin à nouveau de chansons, de guitares, de trucs comme ça. Malheureusement aujourd’hui, moi qui bosse beaucoup aussi sur des concerts, ce que je vois n’est vraiment pas terrible, dans la musique actuelle.

Votre groupe existe depuis un peu plus de quinze ans, est-ce que tu pourrais nous décrire les années qu’il y a eu avant cette vague de retour vers un style old school ? Est-ce que les premières années de votre existence n’ont pas été un peu difficiles ?

Ça dépend, nous avons eu plusieurs périodes. Les premières années, cela n’était pas très difficile. Nous jouions un peu partout et lorsque nous avons monté le groupe, nous n’étions que trois. Nous n’avions pas de batteur, nous jouions un peu au gré du vent avec différents musiciens que nous rencontrions. C’était un peu l’esprit du départ. C’est grâce à cela que nous avons rencontré plein de gens différents : des DJs, des batteurs, d’autres guitaristes, pianistes… C’est ainsi que nous évoluions au départ, sur une base de trio. Je dirais que c’est plutôt maintenant que cela devient difficile. Sauf que maintenant, c’est vrai que nous nous sommes fait un nom à force d’années, de tournées, et à force de tenir le cap, parce que cela n’a pas toujours été facile. Tenir un groupe, ça n’est pas chose aisée, c’est quand même pas mal de galères. C’est comme un mariage mais sans le sexe. (rires) Donc ça n’est pas facile. Mais j’ai peut-être l’impression que les gens ont envie de revenir à quelque chose de plus réel, il y a eu beaucoup de vagues successives, notamment avec la musique électronique qui est très présente. Mais je pense que toute une tranche du public a envie de voir des gens réellement jouer en live, ce qui explique certainement ce retour de groupes comme Rival Sons, The Temperance Movement, Blues Pills, Vintage Trouble… On a tenu contre vents et marées, on a eu de grosses périodes difficiles, on a tenu coûte que coûte, et j’espère qu’on tiendra encore longtemps coûte que coûte. C’est comme un combat. Et au vu des récents événements qui se sont déroulés en France, cela nous donne encore plus la niaque pour tenir.

Il est intéressant de noter dans votre biographie, sur votre site Internet, que vous avez surtout eu du succès hors de France. Est-ce que tu saurais expliquer pourquoi ?

Je pense que c’est surtout culturel, notamment en Allemagne où il y a une plus grosse culture blues, hard rock, rock‘n’roll, metal… C’est déjà le pays d’Europe où il y a le plus gros marché musical. Je pense que la France, et les pays latins tels que l’Italie ou l’Espagne, sont moins des pays où ce genre de musique marche en général. Il faut plutôt aller en Scandinavie, en Allemagne, en Hollande, en Belgique… Ils ont plus cette culture-là.

« Le grand public ne voit souvent que l’image d’Angus Young, le soliste, mais […] le véritable génie dans AC/DC est Malcolm Young, la rythmique. »

Du coup, est-ce que ce n’est pas un peu frustrant de vous dire que vous marchez mieux que dans votre propre pays, et que chez vous, vous n’êtes pas autant acceptés qu’ailleurs ?

Eh bien, en même temps, cela nous permet d’aller manger de la bonne nourriture allemande ! (rires) Bien sûr, nous aimerions pouvoir être plus reconnus ici, mais en même temps, ça n’est pas de notre ressort. Aujourd’hui, nous sentons une vibration un peu différente, parce qu’avec cet album, c’est vraiment la première fois que nous sommes entourés comme il se doit. Mais c’est vrai qu’un pays comme la France n’est pas un pays où l’on ose faire des choses qui n’existent pas, et, notamment, épauler ses propres groupes. Ce n’est pas vraiment ce qu’il se passe en France. Souvent, on attend qu’un groupe ait du succès pour le récupérer après, et le promouvoir en France. C’est un peu le cas de tous les groupes qui ont marché, que ce soit des styles musicaux différents tels que Air, Daft Punk, et bien d’autres… Ce sont souvent des groupes qui ont d’abord été connus à l’étranger avant de revenir vers la France. On est assez frileux là-dessus, on n’ose pas trop. Après, bien sûr que nous aimerions avoir plus de succès ici, mais bon, nous allons où on nous le demande. Nous sommes déjà très heureux de faire ce que nous aimons dans la vie et je pense que ça finira par payer.

À propos de votre musique, le premier terme qui m’est venu à l’esprit en écoutant votre album, c’est « blues moderne », parce qu’effectivement c’est très blues et parfois même hyper old school. Cependant en même temps il y a un côté incroyablement moderne, hyper actuel. Ce n’est pas le premier album où vous faites ça car vous avez utilisé de la beat box et des samples en live ou avez inclus des éléments hip-hop à votre musique. Comment vous est venue cette idée d’ajouter ces éléments modernes à un style qui, au départ, était plutôt old school ?

Le blues étant quand même la base de la plupart des musiques qu’on écoute aujourd’hui, il nous a semblé logique que des musiques plus actuelles reviennent vers des trucs blues. C’est marrant ce que tu me dis, parce que selon certaines personnes, ce n’est pas du tout blues. Par exemple, les gens qui sont spécialistes dans le blues trouvent que ce n’est pas du tout un album blues. En fait, Marc Opitz, avec lequel on travaille pour la deuxième fois, nous définit comme un groupe de heavy blues. On pourrait s’apparenter quelque part à une sorte de stoner, mais plutôt dirigé blues car nos influences sont assez diverses. On adore le hard rock seventies, ça c’est clair. En même temps, AC/DC en son temps a amené le blues sur des terres plus dures, car fondamentalement, AC/DC reste un groupe de blues rock, finalement. De même que ZZ Top a aussi amené le blues en d’autres contrées. Pour nous, ça reste assez important d’avoir cette base, même si elle n’est pas toujours évidente, parce que c’est pour nous une base d’écriture assez solide. Après, on aime toujours bien faire le contraire de ce qu’on nous dit de faire, un peu comme à l’école (rires). On parle de blues, si on joue dans un festival de blues, on prendra un malin plaisir à jouer plus rock’n’roll, de même que si on joue dans un festival de hard rock, on leur mettra un peu de blues. On aime bien aller un peu à contre-courant.

Tu m’as parlé du fait que certains spécialistes blues trouvent que vous ne faites pas du blues. Du coup, quels autres types de retours as-tu eus de la part de fans un peu old school, notamment par rapport à tous les éléments modernes que vous avez amenés ? Est-ce que cela a été bien pris ou avez-vous eu des frileux ?

Pour l’instant, les réactions que l’on a sur cet album sont toutes positives, avec, et c’est assez marrant, plein de sortes de retours mais complètement différents. Par exemple, aujourd’hui, une personne qui nous interviewait, qui trouvait qu’il y avait du Dire Straits dans notre musique… Bon, pourquoi pas… (rires) ça n’a jamais été un groupe phare pour nous mais les gens entendent plein de choses assez différentes. D’ailleurs, on s’est aperçus que selon l’ordre dans lequel tu écoutais cet album, il pouvait être très différent. Il peut être assez hard rock, comme il peut être très blues. La liste que nous avons faite pour cet album-là, nous l’avons faite parce qu’on trouvait qu’il y avait des morceaux qui s’enchaînaient particulièrement bien mais si tu t’amuses à les mettre dans un ordre différent, à mettre les morceaux de la fin au début, tu verras que la couleur générale prend une autre tournure.

Est-ce que cet effet-là était voulu ?

Oui, pas mal. Il a surtout fallu arriver à se mettre d’accord entre nous, ce qui n’est pas toujours évident. (rires) Nous n’étions pas toujours d’accord sur l’idée de comment faire l’album, si on commençait par deux ou trois morceaux très rentre-dedans, puis continuer sur des trucs plus blues, ou autre… Mais je pense que nous sommes tombés sur un bon équilibre. En effet, on y a pensé. Le gros du travail a surtout été sur les compositions et sur le studio lui-même qu’on a fait avec Marc Opitz cette fois-là, parce qu’il s’est vraiment investi d’une manière totale quand il a vu que c’était le groupe qui produisait l’album financièrement – puisque nous nous sommes retrouvés à être obligés de le faire car les gens avec qui il travaillait nous ont lâchés deux ou trois semaines avant qu’on entre en studio – au début, cela a été très dur d’accepter cela, et au final, je pense que ce sera une chance pour nous car cela nous permet de travailler aujourd’hui avec des gens qui ont été plus compétents que par le passé. Mais le gros du travail a surtout été dans le fait que, on trouve que tous les morceaux sont très bien, on a justement tout dépouillé pour que cela soit au plus proche de ce que l’on est, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on a appelé cet album « Jesus Volt ».

« Souvent, quand je me demande ce que je dois faire pour être honnête avec la musique, je m’en réfère à [Lemmy]. »

Est-ce que tu penses que le blues est un style ayant un côté intemporel qui lui permet de traverser les décennies ? Un peu comme vous le faites puisque finalement vous avez pris une base blues et vous en faites une version 2016…

Oui, du moins, pour ce genre de musique. J’apparente au blues le hard rock, le rockabilly, le rock’n’roll, le heavy metal, puisque souvent, dans le heavy, il y a un cheminement. Souvent, les anglo-saxons ont une base blues même quand ils font du metal ou autre, on ne l’entend pas, mais c’est quand même un dérivé de cette musique-là, donc, oui, effectivement, pour ce style de musique. On ferait de l’électro ou autre, peut-être pas. Après, c’est souvent simplement l’habillage qui fait qu’on trouve ça moderne ou pas. Aujourd’hui, il y a des groupes qui sont modernes pour le public et qui sont tout sauf modernes, finalement. Si on regarde le succès des White Stripes, ce n’est qu’une ressassée, sauf que c’est la manière de raconter leur histoire qui a fait que l’on a trouvé ça moderne. Les Black Keys, c’est pareil, c’est un groupe extrêmement vintage, il y a beaucoup de groupes à l’heure actuelle qui sont là-dedans, c’est juste la façon dont ils racontent leur histoire qui fait que ça sera moderne ou pas mais ça reste toujours, en gros, les mêmes bases. À peu près tout a été inventé, et après c’est juste une façon de mettre ensemble qui fait que ça sera moderne ou pas. Aujourd’hui, on a tous des influences très variées, ça peut aller du metal, comme tu disais, au hard rock, au rockabilly, un peu du funk seventies, du vieux old school blues, en plus, il y a quand même beaucoup de styles de blues assez différents.

C’est vrai que, finalement, la modernité est un concept très subjectif. Un concept qui dépend surtout des attentes du public étant donné que les gens qui sont en attente d’un style un peu old school vont avoir tendance à dire, qu’effectivement, les White Stripes proposent une musique hyper moderne, parce que c’est un peu l’envie globale du moment.

… Alors qu’il n’y a rien de plus old school que les White Stripes. C’est quand même tous les codes des années 60-70, de même que dans le visuel, et autres. Jack White, il le dit lui-même, travaille avec beaucoup de vieilles gloires du rock’n’roll, il a travaillé avec Tom Jones, il travaille avec T-Bone Burnett etc.

Vous avez depuis quelque temps un batteur au sein du groupe. Qu’est-ce que cela a apporté en termes de dynamique de groupe et d’écriture ?

Ça a changé beaucoup de choses. C’est surtout la basse-batterie qui a changé. M. Hurtu, qui est arrivé à la batterie il y a maintenant cinq ans, s’est calé réellement avec notre bassiste, ce qui n’était pas le cas avec les batteurs précédents que nous avons eus. C’est surtout cela qui a changé, parce que la rythmique, c’est vraiment quelque chose d’important. Des groupes comme AC/DC sont la preuve vivante que c’est extrêmement important. Une base rythmique solide, c’est toutes les fondations d’une maison musicale. Donc oui, cela a changé beaucoup de choses. Nous sommes tous plus dans les mêmes vibrations musicales, si je puis dire, parce que nous avons tous maintenant les mêmes influences, ce qui n’était pas le cas auparavant. Les influences étaient peut-être plus éclatées. Dans un groupe, on fait toujours des concessions. Il y en a toujours un qui veut jouer des morceaux plus rapides, un autre qui veut jouer des morceaux plus lents… Aujourd’hui, de ce côté-là, on est beaucoup plus en phase.

C’est drôle que tu parles d’AC/DC car c’est vrai que les gens ne se rendent pas forcément compte à quel point toute l’efficacité d’AC/DC repose sur la section rythmique. Quand tu écoutes des morceaux comme « Hells Bells » ou « Back In Black », la basse et la batterie sont ensemble mais même la guitare suit les pêches (ndlr : les notes les plus accentuées). Ce qui fait que toutes les pêches du morceau sont jouées par le groupe ensemble, ce qui crée un effet rythmique sur le public qui est irrésistible.

Le grand public ne voit souvent que l’image d’Angus Young, qui est le soliste, mais tous les gens qui font de la musique ou qui apprécient AC/DC réellement savent très bien que le véritable génie dans AC/DC est Malcolm Young, qui est la rythmique. Il a posé des jalons, c’est juste phénoménal. La basse-batterie-guitare rythmique d’AC/DC… Je prends un exemple, tu mets n’importe quel groupe dans un bar, d’un seul coup tu mets AC/DC, tout le monde tape du pied sans s’en rendre compte. Pour moi, c’est comme James Bond, en musique. Plein de gens peuvent ne pas aimer le hard rock mais ils aimeront AC/DC parce qu’ils ont la science du rythme. La musique, c’est quand même beaucoup de rythme. C’est de l’harmonie mais c’est quand même fait pour danser ou headbanger.

« Je ne connais pas de groupe que j’écoute et qui n’ait pas de réalisateur artistique. C’est souvent le problème des groupes de rock en France, ils ne prennent pas en considération cela. »

Vous avez travaillé avec différents producteurs, dont un que tu as cité, Marc Opitz, mais vous avez aussi travaillé avec Tony Cohen qui a notamment produit Nick Cave. Marc Opitz, lui, a justement travaillé avec AC/DC. Qu’est-ce que ces producteurs de groupes prestigieux ont apporté au groupe ?

Tony Cohen était plus un ingé-son, il n’était pas vraiment un producteur au sens où l’est Marc Opitz. Quand on a travaillé avec Tony Cohen, lui ne changeait pas les structures des morceaux, il n’allait pas aussi loin. Marc Opitz est vraiment un producteur. Il a travaillé avec AC/DC à l’époque de Powerage, il a fait Let There Be Rock et Powerage en tant qu’ingénieur du son, il a ensuite produit Angel City, il a produit INXS, il a travaillé avec KISS, Alice Cooper… Mais il est beaucoup plus exigeant. Si nous arrivons avec une structure de morceau, et qu’il voit que ça ne fonctionne pas, nous retravaillons les rythmiques, nous retravaillons toutes les structures, voire même nous retravaillons tous les textes avant la prise. En ça il est beaucoup plus exigeant. C’est quelqu’un qui s’investit de manière totale et complète.

C’était votre envie à vous, de le laisser s’investir ?

Oui. C’est exactement la même comparaison que l’on pourrait faire avec quelqu’un qui voudrait faire un film mais qui n’aurait pas de metteur en scène. Je pense qu’un groupe qui n’a pas de producteur ou de réalisateur artistique, ne peut pas avoir la même vision. C’est un metteur en son, et pour ça, il faut souvent passer par retravailler les arrangements, retravailler les structures… Je ne connais pas de groupe que j’écoute et qui n’ait pas de réalisateur artistique. C’est souvent le problème des groupes de rock en France, ils ne prennent pas en considération cela.

Il semble que vous ayez une relation assez particulière avec l’Australie. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu ?

On a une relation particulière parce que déjà, on a toujours aimé le côté rude et gras du rock australien. Quand on avait douze ans et qu’AC/DC est arrivé, on a vu ça comme un OVNI. Des groupes comme Rose Tattoo, Angel City, AC/DC, et plein d’autres groupes, même dans le punk-rock avec le côté garage-pop rock de certains groupes. Lorsque le hard rock est devenu un peu à paillettes avec des groupes comme Mötley Crüe, je me suis plus tourné vers l’Australie, c’est clair. Donc on a eu l’occasion d’être signés en Australie et d’aller faire une tournée là-bas, on a rencontré Tony Cohen avec qui on a travaillé, et il s’est trouvé que quand nous avons fait l’album précédent nous cherchions un producteur, un réalisateur artistique, et il s’est trouvé que nous avons lu une interview qui parlait de Powerage où il y avait Marc Opitz. Je l’ai contacté et cela a été un coup de chance. C’était un peu été le hasard mais en même temps, au final, c’était assez logique.

Je ne sais pas si c’est fait exprès ou pas mais sur votre page Facebook, dans la catégorie « intérêts musicaux », il y a marqué « Motörhead », et juste « Motörhead ». Alors du coup, que représente Motörhead pour vous en tant qu’influence pour que ce soit mis en valeur comme ça ?

Alors, sur l’album précédent, nous avons fait un morceau qui s’appelle « Kilmister », qui est un hommage à Lemmy. Nous sommes de gros fans de Motörhead. La musique que l’on fait n’est pas forcément proche de Motörhead, puisqu’elle est plus blues et autres, mais c’est un groupe, pour ma part, que j’idolâtre. J’ai toujours été un grand fan de Lemmy, non seulement par sa musique que par son mode de vie, par la façon qu’il a d’aborder la vie, son honnêteté vis-à-vis de la musique… Souvent, quand je me demande ce que je dois faire pour être honnête avec la musique, je m’en réfère à lui. Après, nous avons des influences plus diverses, c’est clair. On peut jouer du blues ou du rock’n’roll, et écouter du metal extrême, ou du jazz de la bossa nova, ça n’est pas incompatible. Motörhead, oui, surtout pour ma part, a une grosse influence.

Peux-tu nous parler du nom du groupe, ce qu’il signifie, et comment vous l’avez trouvé au départ ?

C’est moi qui ai trouvé ce nom-là. Quand on a commencé le groupe, j’avais fait une liste de noms et j’étais parti du constat que je cherchais quelque chose que, dans le nom, les gens puissent reconnaître, puisque ce serait déjà un nom connu. J’étais donc parti de l’idée de « Jésus », et nous avions plein de noms différents, à la base. Il y avait des trucs assez délirants, « The Jesus Hitler Show » … (rires) Cela nous emmenait à des trucs plus politiques, il y aurait peut-être eu des soucis… Et donc, dans cette liste, il y avait « Jesus Volt », et on trouvait assez fun d’opposer une icône religieuse à l’électricité, pour le rock’n’roll. (rires)

Et par rapport à ton pseudo « Lord Tracy », déjà, pourquoi avoir choisi de fonctionner avec un pseudonyme ? Et pourquoi celui-là ?

Je ne sais pas si tu as apprécié les films d’auteurs des années 1980 aux Etats-Unis mais c’est de ce côté-là qu’il faut chercher, puisqu’il y avait une grande actrice qui s’appelait Tracy Lord. Mon nom vient de là.

Vous êtes un groupe parisien, et ce soir, il y a le concert de Eagles Of Death Metal à l’Olympia (interview réalisée le 16 février 2016). Est-ce que vous allez y aller ?

Moi, je vais y aller, d’autant que le groupe de première partie, White Miles, est le groupe qui était également au Bataclan, et c’est le groupe qui ouvrira pour nous à Paris au Trabendo, le 17. Il se trouve qu’on les a contactés parce qu’on aimait bien leur musique, et nous ne savions même pas que c’étaient eux qui étaient en première partie d’Eagles Of Death Metal le 13 novembre quand il y a eu ces attentats. Donc oui, on termine la journée d’interview, et moi, je vais m’y rendre, puisque je devais aller au Bataclan, mais je n’y ai pas été pour une raison familiale. Et puis, c’est d’une part un groupe que j’aime bien, que j’ai envie d’aller voir, et ça me paraissait aussi important d’y aller.

C’est un acte militant d’aller à ce concert-là ?

Je pense, oui. Pour moi, le rock’n’roll a toujours été militant. Ce n’est pas parce qu’on parle de politique, que c’est plus militant qu’autre chose. Par exemple, quand on parlait de Motörhead et qu’on parlait de Lemmy, pour moi c’est un vrai militant, ce mec-là. Il a décidé de prendre sa vie en main et de faire vraiment ce qu’il aimait. Et son discours il était de dire aux autres « Je ne veux pas que vous soyez comme moi, je veux que vous soyez comme vous, vous avez envie d’être ». Moi, c’est ça qui m’a touché chez ce mec-là.

Interview réalisée par téléphone le 16 février 2016 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Robin Callas.
Introduction : Philippe Sliwa.

Site officiel Jesus Volt : jesusvolt.com.



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