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Nouvelles Du Front   

Jimi Hendrix : une réincarnation en images… le son en moins


Le projet de biopic (film biographique) sur Jimi Hendrix ne date pas d’hier : après une tentative avortée en 2011 pour des causes de droits d’auteur des héritiers du gaucher fou, c’est en 2012 que le projet a vraiment pu voir le jour suite à un revirement de la société Experience Hendrix, permettant au réalisateur John Ridley de mettre en scène la vie du guitariste dans All Is By My Side, avec pour acteur principal André « 3000 » Benjamin, le chanteur d’Outkast, dont la ressemblance avec le maître sur les premières images tournées dévoilées ces derniers jours est éloquente, surtout compte tenu de l’âge avancé de l’acteur (37 ans) pour jouer un Hendrix dans sa vingtaine bien tassée, puisque le film se concentrera sur la période 1966/1967, à l’époque de l’enregistrement de l’album Are You Experienced?,jusqu’à l’explosion de l’artiste sur le devant de la scène au festival de Monterey, où se fit remarquer en brûlant sa guitare sur les planches.

Un premier extrait mis en ligne montre des échanges entre la rock star et sa grande amie Linda Keith, jouée par Imogen Poots, à la veille de Monterey, un second dépeint le moment où le futur manager du guitariste Chas Chandler tente de le convaincre d’aller chercher la gloire à Londres et où Hendrix a ses mots : « Ce n’est pas pour devenir une star. Je veux que ma musique entre dans l’âme des gens. Pour moi, c’est de la couleur. Je veux que les gens sentent la musique comme je la vois. » Le tout est filmé par John Ridley, oscarisé cette année pour le scénario de 12 Years A Slave, un vrai tremplin pour le natif de Milwaukee avant cette sortie très attendue.

Si ces presque trois minutes parviennent déjà à convaincre le spectateur qu’Andre Benjamin habite le rôle, ce qu’on sait aussi par avance et qui, a contrario, devrait quelque part nuire à l’aspect réaliste du film, c’est qu’aucun morceau original de l’artiste ne devrait y être intégré pour cause de blocage des ayants droit. Alors même si effectivement, il aurait été difficile de rémunérer les héritiers à travers la diffusion des morceaux dans le film, la famille du guitariste aurait pu se montrer plus conciliante, surtout compte tenu de la publicité pour le catalogue d’Hendrix que la sortie du biopic créerait indirectement. Certes, l’histoire se situe avant la sortie du premier album de Jimi hendrix Experience, en mai 1967, mais pas même un petit « Hey Joe », sorti fin 1966… On se repaîtra donc de reprises de Muddy Waters, Elmore James ou The Beatles…

Il est vrai que cette famille d’héritiers, à travers la société Experience Hendrix qui gère les droits de la rock star, n’est pas du genre à laisser quiconque s’approprier, ne serait-ce que des miettes de l’héritage du divin gaucher. Dommage pour le public, le film et les fans, mais l’aspect pécuniaire aura le dernier mot dans cette histoire. Alors, y aurait-il tout de même un intérêt à suivre une histoire sur un musicien de génie sans qu’elle soit décrite grâce à sa musique ? On peut légitimement se le demander. Il y a aura bien sûr une curiosité à voir certains épisodes de la vie du guitariste mort à 27 ans dans de sombres circonstances, découvrir ses relations avec son public et les grands noms de l’époque, mais il faut dire que l’absence de ses morceaux originaux pèsera sûrement lourd dans la balance au moment où les spectateurs devront se décider d’aller ou non voir le film.

Jimi Hendrix, qui représentait dans l’Amérique de la fin des années 60 et du début des années 70 l’incarnation rêvée de la subversion, se remuerait probablement dans sa tombe en apprenant qu’il tient toujours le haut du pavé, et même sur les courriers les plus officiels qui soient… En effet, l’US Postal a décidé de « timbrer » à l’effigie du maître, après Johnny Cash et Ray Charles. L’Amérique d’Obama est toujours fascinée par le Voodoo Child et lui rend aujourd’hui hommage par divers moyens. « All Is By My Side » sortira le 8 août en Angleterre, et par la suite dans le reste du monde pour remettre en haut de l’affiche celui, qui, en quatre ans de carrière au plus haut niveau, a bouleversé à jamais l’histoire du rock et de la musique.



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