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Live Report   

Joe Satriani dans ton salon


Artiste : Joe Satriani
Lieu : Lyon
Salle : Salle 3 000
Date : 16 novembre 2010

Mardi 16 novembre, Joe Satriani, le célèbre guitar hero, était de passage à la maison et, du fin fond d’un confortable canapé, Doc, Claude et moi-même avons apprécié le spectacle comme rarement il est possible. Tout du moins c’était l’impression que nous avions. En réalité c’était bien dans l’amphithéâtre de la Salle 3000 de Lyon, sorte de soucoupe volante sur pilotis, que le guitariste chauve s’est produit.

Arrivés à l’entrée, l’hôtesse (charmante soit dit en passant) nous remet nos invitations et s’excuse des trois places situés sur le tout premier rang juste en face de la scène. Le genre d’emplacement habituellement redouté dans un cinéma car garantissant à coup sûr le torticolis. Une fois dans l’amphithéâtre une autre hôtesse (tout aussi charmante soit dit en passant) nous accompagne à nos places. Avec Claude et Doc on se regarde les yeux scintillants découvrant devant nous trois places situés à l’exact centre, à un mètre et demi d’une scène haute, à vue de nez, d’à peine un mètre. Une immersion plus totale reviendrait à avoir les instruments entre les mains et faire le show soi-même. Mais ça, ce soir, c’est le job de Satch et sa bande. Dans des conditions aussi royales il est clair que nous ne vivons pas le même concert.

Avant toute chose, sachez que ce soir-là, à Lyon, le mélomane avait l’embarras du choix. La belle Shakira se produisait à la Halle Tony Garnier et Tricky était quant à lui au Transbordeur. Difficile de faire son choix dans de telles conditions. Il faut dire que la Colombienne aux formes généreuses, qu’elle exhibe tout aussi généreusement, possède de très bons arguments et celui qui est reconnu comme l’un des maîtres du trip hop made in Bristol ne manque pas de séduire les amateurs du genre. Mais c’est finalement le confort des fauteuils rouges qui a su convaincre notre fainéantise exacerbée en ce mardi soir. C’est donc après un moment d’hésitation que nous pénétrons dans l’amphithéâtre. Résultat : nous manquons la première partie, Ned Evett qui a, semble-t-il, conquis l’auditoire. Tant pis pour nous.

L’entracte est l’occasion pour les fans de venir en bord de scène voir les techniciens mettre en place le matériel. C’est aussi et surtout l’occasion pour eux d’approcher et mettre en photos les guitares du maître. Nombre de ces fans paraissent très jeunes. Peut-être des guitaristes en herbe initiés à la magie du New-yorkais chauve par leurs professeurs. Il faut dire qu’il n’y a pas meilleure porte d’entrée vers la six-cordes que le Satch au boogie infernal. Une technique certes hallucinante, une propreté certes irréprochable, un feeling certes éblouissant mais surtout un sens mélodique imparable et reconnaissable entre mille. Là est toute la différence avec nombre de ses compères champions du grattage de manche. Même dans ses derniers albums, largement poussifs, sa musique reste au pire « agréable » et le plaisir d’écoute est toujours au rendez-vous. Le pouvoir de la mélodie est grand et il n’est pas étonnant qu’encore aujourd’hui ce guitariste se fasse des adeptes en masse.

Le show va commencer et l’attroupement est toujours là à boucher la vue du premier rang. S’ils ne déguerpissent pas très vite rejoindre leurs places dans le fond, ce sera une distribution de coups de tatanes dans les fesses en règle par votre serviteur. C’est qu’on s’habitue vite au confort !

Ça y est ! La nuit tombe et les nuages se lèvent pour laisser place à la délicate lumière des étoiles. Justement, l’astre tant attendu ce soir peut déjà être aperçu sur le côté en train de se préparer tandis que la constellation commence déjà à se former sur scène. D’un coup c’est la claque, « Ice 9 » démarre en trombe : gros son, clair net et précis. Peut-être juste un peu trop de basse, sûrement parce qu’aussi près des planches les premiers rangs reçoivent les deux frigos Ampeg en direct. Scotchés sur leurs sièges les spectateurs en prennent plein la vue, plein les oreilles. Satch est à seulement quelques mètres : son visage se tortille, mime les notes que ses doigts appuient, s’illuminent… C’est aussi ça la particularité de beaucoup de guitar heroes : le spectacle est presque autant sur leur visage que sur scène. Très vite le public se lève poussé par l’entrain de ce premier titre. Dès le second morceau, c’est une belle surprise qui pointe le bout de son nez : « Hordes Of Lucust », titre tiré de Not Of This Earth, le tout premier album du guitariste. Celui-ci sera d’ailleurs suivi un peu plus tard dans le set par son frangin « Memories ». Quel bonheur de redécouvrir ces titres presque oubliés ! Ils prouvent que déjà vingt-cinq ans en arrière le talent était bel et bien là.

Mais ne nous enfonçons pas pour autant dans la nostalgie. Satriani a un nouvel album sous le coude, intitulé Black Swans And Wormhole Wizards, et il compte bien le mettre en valeur. Tout d’abord, le déjà incontournable « Light Years Away » confirme en live tout le bien qu’on pensait de lui dans sa version studio. Cela faisait longtemps que le guitariste ne nous avait proposé un titre aussi inspiré. Et même si le reste de l’album ne se situe clairement pas à la même hauteur, force est de constater que le mode live semble les bonifier, que ce soit le jovial « Premonition » ou « The Dream Song », un titre que Satriani a composé alors qu’il dormait (!).

Même si sept titres de ce nouvel album ont réussi à se frayer un chemin dans la setlist, il n’y a aucune crainte à avoir, les classiques sont là : « Flying In A Blue Dream », « War », « Satch Boogie », « Crystal Planet », « The Mystical Potato Head Groove Thing », « Why », « Always With Me, Always With You », etc. Le guitariste se permet même d’emmener son public en voyage : de la chaleur de l’Andalousie avec « Andalousia », on est ensuite directement transporté dans les rues cosmopolites de New York avec le bluesy « Littleworth Lane ».

L’illumination

Et qu’en est-il des autres musiciens vous me direz ? Et vous avez raison car Satriani ce n’est pas qu’un guitariste, c’est un véritable groupe constitué de talentueux interprètes. A cet égard, le premier constat qui saute aux yeux est l’absence du bassiste historique de Satch : Stu Hamm. C’est en effet un illustre inconnu qui reprend les affaires : Allen Whitman. Un bassiste au jeu plus foncièrement rock et basique mais possédant une indéniable présence. Son jeu de scène fait plaisir à voir, particulièrement lorsqu’il se permet de lâcher la bride en même temps que son médiator – ce type se révèle nettement plus démonstratif aux doigts (!) – comme sur le « Satch Boogie » endiablé ou sur le « Crystal Planet » lumineux. Malgré tout, Allen ne nous fera pas oublier le grand Stuart Hamm dont le groove slappé manque cruellement à l’appel.

A ce propos, ce soir aucun solo de basse en vue comme pourtant il était coutume avec Stu. En lieu et place, situé à la fin de « Pyrrhic Victoria », c’est un solo de piano jazzy qui sera exécuté par le brillant Mike Kennealy et porté par le reste du groupe, notamment un Jeff « the one and only » Campitelli se permettant un peu de zèle derrière ses fûts. Tant mieux, l’exercice apporte un brin de fraîcheur et de nouveauté. Il aurait par ailleurs été dommage de ne pas mettre en avant le talent de Mike (quel impressionnant CV !) dont l’apport des notes de clavier (surtout en piano) est indéniable.

Pour faire le tour complet de ce groupe millésimé 2010, presque totalement renouvelé, on se doit de parler de Galen Henson (aussi tour manager du groupe) et sa tête de loubard ainsi que son attitude je-m’en-foutiste en apparence. En apparence seulement car son sourire et les nombreuses invitations à participer en disent plus long sur son plaisir malgré – parfois – le minimalisme de ses parties. Il n’hésitera d’ailleurs pas pendant « Big Bad Moon », dernier titre avant les rappels, à transiter entre le premier rang et la scène pour motiver la foule. Il en viendra même à bout du Doc et moi-même, réticents à lever nos fesses de vieux grabataires de moins de trente ans, en nous faisant explicitement comprendre que nous étions les seuls encore assis dans toute l’assistance. Ce fut tout de même un grand signe de remerciement de sa part lorsque nous avons finalement daigné nous mettre debout. Non, merci à toi mec pour ta sympathie et ton show !

Ce n’est pas une surprise, le show se termine avec « Crowd Chant » et l’incontournable duo entre Satch et son public. Un titre clairement composé dans l’optique de mettre le feu aux concerts et qui donne un dernier souffle d’adrénaline pour accueillir le classique parmi les classiques : « Summer Song ». Une bonne partie de l’assistance vient investir le devant de la scène pour danser et chanter. L’amphithéâtre sur pilotis tangue sévèrement sous les pieds mais au final ne chavirera pas contrairement au cœur des fans comblés.

Le pouvoir de la mélodie mes amis, le pouvoir de la mélodie…

Set-list (sous réserve) :

Ice 9
Hordes Of Locust
Flying In A Blue Dream
Light Years Away
Memories
War
Premonition
Satch Boogie
Revelation
Pyrrhic Victoria
Keyboard Solo
Crystal Planet
The Mystical Potato Head Groove Thing
Dream Song
God Is Crying
Andalusia
Littleworth Lane
Why
Wind In The Trees
Always With Me, Always With You
Big Bad Moon

Rappels :
Crowd Chant
Summer Song



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